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[quote="Arioch"][i] Voilà maintenant plusieurs mois que Mael Felagund arpentait les grand chemins du Nouvel Empire ou plutôt ces régions disloquées dans des querelles intestines incessante. Tantôt à pied, tantôt pris sous l'aile d'une caravane itinérante... le jeune homme de 25 ans contemplait de nouveau les vastes terres cultivés autour d'Audréa qu'il avait laisser quelques années auparavant à l'âge de 20 ans. L'homme passa une main dans de longs cheveux noirs tombant aux delà de ses épaules et leva ses yeux marron/vert en direction de la capitale. Bientôt, le timide chemin de terre stigmatisé par les nombreux passages de charrettes laissa place à une route constitués de pavés dépareillés. Mael était vêtu d'un ensemble noir constitués d'une paire de bottes, d'un pantalon ainsi que d'une chemise ouverte de deux cran à cause de la chaleur de cette journée ensoleillée. Une longue bande de tissu noire lui servait de ceinture et descendait de sa hanche droite jusqu'au genou. A son dos, une épée de bonne facture glissée dans un fourreau de cuir, noir lui aussi. L'homme était enfin aux portes de le capitales et poussa un long soupir à l'attention des hautes murailles, qui rivalisaient d'audace avec les plus hautes tours de la cité. Cette cité... il ne la connaissait que trop bien. Il y était née. Cinq années ont passé depuis son enrôlement au sein de l'armée. Cinq années de fuite. Fuir, toujours fuir... mais fuir quoi au final ? Sa maudite mère... ces maudits murs... cette maudite armée... Oui. Voilà pourquoi il fuyait, mais n'était-il pas temps de tourner la page ? Ses nombreux voyages avait laisser en lui quelques marques indélébiles et lui avait appris bien des choses sur la vie... Ouvert d'esprit et curieux de nature, ce jeune homme possédait entre ses mains les cartes de son avenir... encore fallait-il les abattre. S'il y a bien une chose que lui avait appris ses périples, c'était de relativiser. Il n'était pas devant cette ces murs par le grès du hasard, non, il était là dans un but précis. Reprendre les travaux de son père sur les forces occultes et découvrir qui était réellement ce dernier. Mael s'engouffra dans l'immense capitale et se fraya un chemin à travers les ruelles grouillante de passant aussi agités que des poux sur la tête d'un vagabond. L'homme repris peu à peu l'habitude des cités surpeuplés en évoluant dans cette masse compacte et s'interrogea sur les modalités d'un hypothétique hébergement de longue durée. Décidément, la ville avait bien changé en six ans. Mael était déjà perdu depuis bien longtemps quand il saisit le bras d'une jeune femme pour lui éviter un facheux incident avec une diligence. [/i] - Il faut faire attention ici. Tout le monde se presse absorbé par leur pensée et ne se soucie pas des autres... dit le jeune homme. [i] La jeune femme se retourna et Mael eut l'impression de recevoir un coup de masse d'arme sur la tête. Il resta tétanisé l'espace de quelques seconde perdant ainsi son sourire que la femme lui rendit tardivement. Non... ce n'était pas possible... cela ne pouvait pas être elle. Elle était morte depuis quatre ans. Le jeune homme n'entendait plus rien autour de lui, pas même cette superbe femme devant ses yeux... Cette dernière tourna subitement les talons et se dirigea vers un soldat, sûrement Saelite jugea Mael. L'homme dut se cramponner au pan de mur délabré à coté de lui pour ne pas tomber. Cette vision irréelle était-elle le fruit de son imagination ? Son parfum était certes différent, mais son regard ne le trompait pas... ou du moins, une parcelle de lui même l'espérait. [/i] -Claris... murmura dans le vide Mael.[/quote]
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Revue du sujet
Arioch
Posté le: Lun Avr 06, 2009 8:01 pm
Sujet du message:
- Alors, par quoi on commence ?
interrogea la jeune femme.
L'annaliste jeta un coup d'oeil derrière lui, en direction du manoir. Il pensa à Shadee, et était soulagé d'avoir eu la confirmation de sa présence. Pourtant, il ne comptait plus provoquer une rencontre avec elle. Il ne comptait plus lui faire subir les hantises de son passé. Il n'était quand même pas si égocentrique... non ?
Mael prit soudainement la parole :
- Je suis arrivé ici par un enchaînement d'évènements incongrus qui dépasse un peu les normes de la réalité, et qui me pousse à réfléchir davantage sur la notion du hasard. A ma connaissance, je n'ai pas de liens avec ce manoir, ni avec l'homme aux statuettes... aussi, il serait agréable de commencer par le début.
*...avant de parler de vos motivations, historienne ?*
Mael espérait que la jeune femme se montre bavarde et attendit sa réaction. Devmente semblait plus détendu mais continuer à afficher un visage intrigué. L'annaliste ne savait pas encore si la présence de cet homme pouvait le faire confondre avec un autre des étudiants du cénacle. Et puis, qui pouvait dire que l'homme accepterait d'aider les deux intrus, une fois qu'il aurait entendu ce qu'il souhaiter de la part de la jeune femme ?
Isak Devmente
Posté le: Dim Mar 29, 2009 8:32 pm
Sujet du message:
- J’imagine que je n’ai pas vraiment le choix…
murmura Isak presque pour lui-même.
Je ne peux m’empêcher de vous croire,
continua-t-il en se tournant vers la jeune femme.
Sans savoir pourquoi, j’ai l’impression qu’il se trame quelque chose de pas clair par ici, ça pue le mystère à plein nez. Moi qui n’ai jamais mis les pieds si loin de Numide, je ressens pourtant que ça n’est pas seulement dû à l’air du coin. Peut-être que c’est juste une forme de paranoïa ou un quelconque mauvais semblant, mais mon inconscient me titille trop pour que j’abandonne cette occasion. Ma conscience, elle, me dit que c’est trop facile, que même votre arrivée n’est pas vraiment une coïncidence. Vous nous manipulez sans doute, mais tant pis. J’ai grand besoin qu’on m’éclaire.
Le jeune homme soupira et baissa les yeux au sol. Avant même d’avoir quitté la région de Vémente, il avait pressenti que ça n’était pas une bonne idée. Il regretta un instant de ne pas être resté avec Marwan et Eddy, bien au chaud dans sa routine quotidienne. A cette heure ci, il aurait sans doute été au sous-sol d’une guinguette près de la caserne à draguer sans retenue quelques jeunes coureuses, du genre qui fantasment sur la moindre cicatrice d’un soldat. Avec celles-là au moins, pas besoin de craindre une quelconque fourberie… Leurs caboches sont d’ordinaire aussi vides qu’une chapelle à Cassandre. Les quelques pensées nostalgiques du jeune homme s’évanouirent rapidement et celui-ci braqua de nouveau son regard sur la demoiselle savante :
- Isak Devmente, parmi les meilleurs combattants de Numide,
ajouta le duelliste non sans fierté excessive.
Il faut croire que vous avez de la chance !
- Très flattée,
riposta Isabelle avec sarcasme.
Puisqu’il va tout de même bien falloir que je gagne votre confiance, je vous propose de vous faire rapidement une petite ébauche de la situation. Alors, par quoi on commence ?
Ajouta-t-elle en s’adressant aux deux hommes.
Arioch
Posté le: Dim Mar 29, 2009 6:47 pm
Sujet du message:
- Impossible ? Ah mon jeune ami, si vous saviez combien de pauvres bornés ont pu affirmer ça avant vous… Je vois que nous avons tous les trois des intérêts à servir ici et que vos esprits ont soif de connaissances. Laissez-moi vous refaire mon offre : je satisfait votre curiosité aux mieux, vous assurez ma sécurité. Alors ?
Isabelle s'était montrer plus mordante dans ses propos, ce qui ne manqua pas d'amuser intérieurement Mael. Pouvait-il cependant lui confier les vrais raisons de son intrusion ? Cela n'effleura même pas l'esprit de l'annaliste, trop précieux de garder un peu de sa crédibilité déjà écorné à l'égard de ses lubies nocturnes.
Il observa un moment le visage de la jeune femme, puis s'éclaircit la gorge.
- Cela me parait presque honnête, dit Mael en esquissant un sourire. S'empêtrer dans un évènement aux répercutions historiques sans que l'on sache à quoi s'attendre, il n'y a rien de mieux pour stimuler la créativité et la coordination des mouvements. Je me ferais une joie de tenir dans mes annales le jour où j'ai décidé de répondre favorablement à vôtre demande aussi salvatrice qu'inconsciente. Qu'en pensez-vous ?
demanda-t-il au jeune homme distingué.
C'est à vous de trancher, il me semble, dit-il en souriant.
Isak Devmente
Posté le: Ven Mar 27, 2009 10:00 pm
Sujet du message:
- Des recherches…
Reprit Isabelle en adoptant un ton légèrement condescendant.
Encore un de ces jeunes arrogants qui croit pouvoir tout découvrir,
se dit-elle intérieurement.
- Je ne suis pas certaine que vos travaux présentent un quelconque intérêt pour notre salut,
continua la prétendue savante en détaillant Mael qui avait davantage l’air d’un vagabond que d’un magicien.
Mais vous pourrez toujours me raconter, ça aura au moins le mérite de me faire rire un peu. Quant à la sahélite, je laisse le soin de répondre à notre excité du fourreau, je n’étais pas au courant pour cette histoire d’embuscade.
- Si vous voulez parler de cette fille qui accompagne la troupe du vieil homme du désert, il me semble qu’elle est saine et sauve.
Sans trop savoir pourquoi, Isak était intimement persuadé que ces deux personnes n’étaient en rien liées à la précédente agression de leur convoi. Ne se sentant pas vraiment menacé, il renquilla sa lame dans son étui.
Mettant en évidence la statuette d’argile qu’elle tenait encore entre ses mains, la jeune femme alterna son regard entre les deux interlocuteurs en relançant la conversation.
- Ces petites sculptures aux allures curieuses m’ont moi aussi intrigué bien longtemps. En fin de compte, j’ai fini par comprendre que ça n’était qu’un jeu. Il fallait bien que Cravensfeld se distraie lui aussi…
- Un jeu ?
Questionna Isak qui s’attendait à mieux.
- Exactement ! Quand on commande à la providence, on doit sûrement avoir pas mal de choses amusantes à offrir au monde,
répondit Isabelle avec un air complice.
Tenez, prenez ces effigies par exemple, je suis prête à vous parier que neuf personnes sur dix à l’intérieur de cette grande bicoque ont déjà été interloquées par l’une d’elle.
- Vous voulez dire qu’on en voit partout ?
- Non ! Je veux dire que la majorité de ceux qui sont présents ici en ce moment ont de près ou de loin leur destinée liée avec celle de ce bon vieux Sigmund. Destinée liée égal statuette, compris ?
- Impossible,
rétorqua le duelliste avec suffisance,
ces histoires de destinée ça me passe très loin au dessus. Je n’avale pas ça une seule seconde !
- Impossible ? Ah mon jeune ami, si vous saviez combien de pauvres bornés ont pu affirmer ça avant vous… Je vois que nous avons tous les trois des intérêts à servir ici et que vos esprits ont soif de connaissances. Laissez-moi vous refaire mon offre : je satisfait votre curiosité aux mieux, vous assurez ma sécurité. Alors ?
Arioch
Posté le: Ven Mar 27, 2009 7:46 pm
Sujet du message:
Alors que Mael s’était fait surprendre en train de se glisser en douce vers le manoir, une voix féminine désamorça la tension.
- Vous avez tous les deux l’air de savoir vous battre…
dit une silhouette sortant de l’ombre, le combat, ça n’est pas mon affaire !
La suite de ses paroles intéressèrent fortement les oreilles de l’annaliste. La jeune femme se présenta sous le nom d’Isabelle Ferlane, une historienne versée dans les phénomènes ésotériques.
Les pupilles de Mael s’agrandirent sous le coup de l’annonce. Il ne croyait pas véritablement aux signes et aux forces du destin, mais il était heureux de constater que son impulsion du moment ne l’ai pas envoyé sur une mauvaise piste. Tant pis si les recherches de son père se trouvait à Audréa, dans les anciens appartements de sa famille.
La jeune femme s’adressa particulièrement à l’annaliste :
- J’imagine également que vous n’avez pas encore la moindre idée du guêpier dans lequel vous vous être fourrés tous les deux en arrivant ici, mais comme vous ne m’avez pas l’air de sombres idiots, vous avez dû sentir que quelque chose se trame sous ces évènements. C’est colossal ! Historique ! Il faudrait avoir perdu l’esprit pour ne pas vouloir en être… mais comme vous vous en doutez, tout ça n’est pas sans danger. Quand on vient à parler de pouvoir, on n’est plus rien si l’on ne dispose pas de la force adéquate. Comment dire… je recherche des personnes capables de me défendre en ces circonstances.
*C’est juste, je n’ai pas la moindre idée de ce en quoi je m’engage, mas c’est trop tard pour faire marche arrière et vous m’incitez à en savoir plus…, forcément.*
L’épéiste menaça la jeune femme et cette dernière lui montra un objet dans un coffret en bois qui le laissa bouche bée.
*Qu’est-ce que c’est ?*
La femme annonça qu’elle avait des réponses et parla ensuite d’un certain Sigmund Cravensfeld avec une certaine fébrilité. Il ne savait pas si cette femme allait-lui assurer un passe droit pour l’intérieur du manoir, mais il se trouvait qu’elle était un alibi plus crédible que sa seule curiosité –ou inconscience, c’est au choix. Elle était de toute évidence liée d’une manière ou d’une autre à ce qui se tramait ici, et avait réussit à déstabilisé son interlocuteur… Mael décida consciemment de profiter de ce moment.
- Je ne voudrait pas vous importunez, mais qu’allez vous faire désormais ? interrogea Mael. Comptez vous me menacer de nouveau avec votre épée, une fois que vous aurez fermé votre bouche tombante ? Je m’appelle Mael Felagund, dit-il en s’adressant à la jeune femme. Je suis au courant pour l’attaque de vôtre caravane, dit-il en reposant son regard sur le duelliste, je l’ai suivi jusqu’ici car je craignais pour la vie d’une sahélienne qui vous accompagnait, une dénommée Shadee.
*C’est en partie vrai, après tout*
- Et puis, comme vous, je n’en doute pas, j’ai quelques intérêts personnels qui justifie ma présence ici. Je fais justement des recherches sur les arts ésotériques...
Isak Devmente
Posté le: Dim Mar 08, 2009 5:40 pm
Sujet du message:
Un petit halo de lumière rectangulaire se dessina distinctement au fond du couloir jusque-là plongé dans l’obscurité la plus totale. Au milieu des vieilles pierres jonchées de toiles d’araignées et couvertes d’une mousse verdâtre, une silhouette s’avança lentement, remuant la puanteur ambiante de sa longue robe de mage dont les fines broderies dorées combattaient la pénombre en reflétant les quelques lueurs d’un chandelier fébrile.
La marche précise et prudente esquiva quelques fines flaques d’un mélange putride apparentée à de l’eau croupie à laquelle devait se mêler poussière et moisissures ainsi que quelques gouttes vermeilles témoignant de l’horreur de l’endroit. Arrivé au niveau d’un croisement perpendiculaire, l’Alter se retrouva à flanc de mur, devant une modeste porte de fer rouillée seulement munie d’une mince ouverture en son milieu dont la forme rappelait celle d’une meurtrière. Il frappa plusieurs coups secs contre le métal froid et héla d’un ton écœuré qui trahissait son désir d’inspirer le moins possible de l’oxygène puant qui l’entourait.
- Cravensfeld !
On entendit l’écho se dissiper au loin, un léger couinement de rat qui se sauvait vers l’obscurité des autres dédales tortueux, puis enfin, le tintement d’une lourde chaîne qui provenait de l’autre côté de l’ouverture. Le silence malsain s’installa de nouveau et se mêla aux émanations fétides pour nouer encore plus l’estomac du magicien. Il s’empressa alors d’agiter un large trousseau qu’il arracha de son ceinturon sur lequel étaient entremêlées un grand nombre de clés grossières toutes aussi rouillées les unes que les autres. Après avoir trifouillé un moment interminable l’amas de ferraille cliquetant, l’homme enfonça l’une d’elle dans la serrure qui s’offrait à lui. Le loquet gémit de vieillesse et coulissa non sans peine avant que, dans un lourd claquement, le battant ne cède, s’ouvre et libère une nouvelle vague abjecte chargée de pestilence cadavérique.
Le mage toussa aussitôt de dégout et, après un premier pas machinal de recul s’aventura finalement à l’intérieur de la cellule. Tendant son chandelier vers un coin sombre, il révéla un corps défraichi et effondré dans la crasse duquel se dispersaient de multiples chaînes fixées aux murs par des anneaux qui semblaient démesurés au regard de la silhouette efflanquée qu’ils retenaient prisonnier.
L’Alter, seconde autorité en place au sein des Archas, avait toujours voué fidélité au Patriarche et par conséquent entretenait lui aussi une haine farouche envers Sigmund l’hérétique. Il se faisait, malgré son périple inconfortable dans ces souterrains, une joie de venir le chercher en personne afin de le mener à l’échafaud.
- C’est l’heure de ta mort.
Du sol boueux s’éleva alors une voix faible et rauque déformée par le collier d’acier qui étouffait la respiration du jeune condamné.
- Ca n’est pas encore l’heure.
Farfouillant à nouveau dans son trousseau désordonné, l’Alter libéra un à un les membres du prisonnier de ses lourdes attaches. Attrapant fermement le corps de celui-ci, il l’entraîna violemment dans le couloir en le poussant avec force. La silhouette trébucha de faiblesse et s’effondra aussitôt sur les dalles, une joue directement plongée dans une flaque nauséabonde. Sans échapper le moindre râle, Sigmund se redressa en tremblant et lança à son geôlier d’une voix qui ressemblait déjà plus à la sienne.
- J’ai presque cru que tu voulais m’égorger sur place.
- Silence ! Ta sentence doit être applaudie par tous. J’aimerais te voir agoniser dans cette pourriture mais je me contiendrais.
Répondit le mage avec un rictus de sadisme.
- Pourtant… moi je n’hésiterais pas à te crever ici même…
- Tais-toi jeune bâtard !
Coupa-t-il furieusement en attrapant de nouveau le malheureux par l’épaule.
Alors que l’avertissement résonnait encore, le liquide méphitique à leurs pieds se souleva brutalement pour former un amas de crasse molle en lévitation au dessus du sol. L’Alter trancha l’air d’un rapide revers de main et la flaque chancelante jaillit alors avec force vers le visage du prisonnier qui virevolta et s’écrasa une nouvelle fois à terre.
- Jaune et blanche et rouge et verte et bleue et noire… murmura l’homme au sol.
- Qu’est-ce que tu marmonnes, vipère ?
- Jeune et blanche et rouge et verte et bleue et blanche encore…
Le vieux mage eu un vertige saisissant et entailla l’obscurité de son chandelier.
- Bleu et jaune, rouge et blanc, vert sanglant…
Ses pupilles se dilatèrent, le sol devenait incertain, au loin il voyait une couche de gris s’avancer promptement.
- Rouge ! Bleu ! Vert ! Jaune ! Blanc maintenant !
La tache distante était toute proche, elle enveloppait son esprit, ses yeux fondaient sous sa vivacité.
- Vert si jaune, bleu à rouge… et noir !
L’alter sentit alors un lourd serpent métallique le prendre au coup. La rouille de cette chaîne se condensait sur sa nuque et étriquait ses os. Puis ce fut la chaleur, d’abord tiède, puis brûlante, puis l’intolérable douleur du métal rougeoyant qui s’incrustait sous sa peau. L’air fétide n’était plus palpable. Il n’y avait plus d’air. Il n’y avait plus rien. Il était mort.
*********
- Vous avez tous les deux l’air de savoir vous battre…
Une jeune femme rousse vêtue d’un long manteau mauve se libéra de l’obscurité et s’avança entre les arbres, toisant les deux hommes à travers ses larges lunettes rondes. Isak et Mael détournèrent le regard l’un de l’autre, surpris par cette arrivée qui coupa brusquement leur altercation.
- …moi, le combat, ça n’est pas mon affaire !
Voyant que le duelliste pointa instinctivement sa lame dans se direction, l’inconnue tenta de lui adresser un franc sourire et reprit :
- Pardon de vous surprendre ainsi… mon intention n’était pas de vous effrayer. Je me nomme Isabelle Ferlane, je suis historienne, spécialisée en phénomènes ésotériques. Vu les affaires actuelles, j’imagine qu’il ne va pas être aisée de gagner votre confiance.
Déportant son regard sur Mael, la jeune femme se força à adopter un air complice en changeant le ton de sa voix pour un pseudo chuchotement qui se voulait confident.
- J’imagine également que vous n’avez pas encore la moindre idée du guêpier dans lequel vous vous être fourrés tous les deux en arrivant ici, mais comme vous ne m’avez pas l’air de sombres idiots, vous avez dû sentir que quelque chose se trame sous ces évènements. C’est colossal ! Historique ! Il faudrait avoir perdu l’esprit pour ne pas vouloir en être… mais comme vous vous en doutez, tout ça n’est pas sans danger. Quand on vient à parler de pouvoir, on n’est plus rien si l’on ne dispose pas de la force adéquate. Comment dire… je recherche des personnes capables de me défendre en ces circonstances.
En entendant ce discours, Isak ne put s’empêcher de sourire à son tour. Tout le monde ce soir semblait agir de façon saugrenue. Lui qui était habitué aux bas quartiers de Numide, où les gens apprennent d’abord à se méfier des autres, se retrouvait dépassé par les évènements.
- Donne-moi une seule bonne raison de ne pas t’enfiler sur le champ cette lame au travers da la poitrine.
Isabelle, sentant la tension de son interlocuteur, fit tomber le sac de voyage qu’elle portait sur son dos et l’ouvrit lentement, sous les yeux alertes du jeune homme.
- Vous venez d’Audréa il me semble. C’est ce bon vieux Walter Ghanaz qui vous a reçu, sans doute, un personnage étonnant n’est-ce pas ? Vous pourriez sûrement m’épargner car…
La femme se tut un instant et plongea les mains dans son bagage. Elle y dénicha un vieux coffret de bois qu’elle s’empressa d’ouvrir. A l’intérieur, confiné entre deux coussinets sur un lit de feutrine, trônait une statuette qu’Isak reconnut immédiatement et qui acheva de le déconcerter. Il s’était déjà trouvé nez à nez avec ce même artefact, représentation d’un animal indistinct, le jour de son arrivée dans l’université de la capitale, sur une étagère, dans le bureau du professeur qui l’avait accueilli.
- …j’ai sans doutes quelques réponses qui vous intéressent.
D’étonnement, le jeune homme fit presque tomber son arme au sol et se mit à bafouiller péniblement :
- Comment… comment savez-vous…
Isabelle, satisfaite par l’effet qu’elle venait de causer, lança sur un ton triomphant :
- Vous vous rendrez bientôt compte qu’il n’est pas dans la nature de Sigmund Cravensfeld de laisser les choses au hasard…
Arioch
Posté le: Mar Déc 09, 2008 12:10 am
Sujet du message:
- Des supérieurs ? Je ne crois pas que l’on puisse appeler ça des supérieurs dans un tel contexte… et même avec toute ma bonne volonté je ne vois pas comment je pourrais vous faire entrer dans ce manoir sous ma responsabilité. Vous cherchez des réponses ? Je suis curieux de savoir à quel propos mais quel qu’il soit je n’ai… Je n’ai d’ailleurs pas la moindre idée de ce que peut être un analyste itinérant.
Mael afficha un léger sourire. Est-ce que cet homme cherchait à gagner du temps ? De toute façon, si une quelconque alerte était donné, il atteindrait malgré tout son but. Il savait ce qu'il aurait à faire le moment venu.
- Un homme un peu fou, j'imagine. Je ne vous demande pas de vous porter garant de ma personne. Je voudrais simplement pouvoir entrer et m'expliquer. Que comptez-vous faire ?
L'annaliste déplia ses doigts près de son foulard noir et attendit la réponse du jeune homme. Il ne percevait pas vraiment de menace de sa part, mais il se disait qu'il valait mieux rester sur ses gardes. Il se demandais d'ailleurs où pouvait être les hommes qui avait utilisés de la sorcellerie sur les hommes masqués.
Ailin
Posté le: Mar Nov 11, 2008 9:49 pm
Sujet du message:
Ailin détailla brièvement son hôte, l'homme croisa son regard à travers l'unique cercle de verre qu'il venait de remettre en place. L'air du soir était frais, si agréablement que l'indigène en frissonnait d'aise. L'inconnu venu leur ouvrir, à lui et son cocher, les mena à travers le vaste domaine jusqu'à l'entrée du manoir. Trois tentes constellaient le jardin, les lumières n'y avaient pas été éteintes si bien qu'elles éclaboussaient les alentours d'or et de rouge. Des ombres s'en détachaient, troublée par le rideau de pluie qui venait de commencer à tomber. Ailin ajusta son paquetage et tendit sa paume à l'ondée. Les gouttelettes emplirent le creux de sa main, glissèrent entre ses doigts et le long de son avant-bras. Leur langage lui était étranger, elles empruntaient des chemins inhabituels sur sa peau et pourtant, la sensation demeurait la même. Une simple caresse et son cœur battait plus fort, la pluie amenait des nouvelles des siens. L'indigène les imaginait lors de leur périple pour rejoindre l'océan, ne laissant derrière eux que de vagues empreintes et, il l'espérait en un sens, la tristesse d'avoir perdu l'un des leurs. Amère était la solitude mais chacune des perles d'eau nourrissait ses souvenirs et ravivait la joie d'avoir un jour été libre. Les regrets perdirent bientôt leur sens, les années diluaient les images gravées dans sa mémoire. Ailin referma son poing et s'intéressa au majordome qui lui fit signe de le suivre. Il entra donc dans le manoir, curieux et un poil maussade.
Ils croisèrent bien peu de personnes dans les couloirs, de grandes fenêtres déversaient des rayons d'opale sur les tapis recouvrant le sol. Les murs de pierre s'étaient vus habillés de tapisseries aux couleurs ternies par le temps, Ailin les observait de ses yeux bicolores tout en marchant. Quelques chandeliers parsemèrent leur périple, ainsi qu'un gigantesque miroir. La démesure feutrée du manoir paraissait un peu timide face à l'extravagance de Cassandre mais l'atmosphère conserva une fraîcheur très agréable jusque dans la chambre qui lui fut attribuée. Ailin ignorait totalement dans quelle partie du bâtiment l'homme l'avait conduit mais n'en dit rien. Il s'assit tout simplement sur le lit et remercia son hôte d'un sourire timide. Le battant de chêne se referma sur la tranquillité de son nouveau refuge. Vaguement oppressé, l'indigène retira ses vêtement qu'il jeta nonchalamment sur le sol et s'en alla regarder par la fenêtre ronde sculptée à même le mur. Le domaine ondulait doucement sous le vent nocturne, des lambeaux de brumes s'accrochaient au sommet des arbres. Le verrou cliqueta quand Ailin l'ouvrit et le tintement de l'eau sur les toits emplit la pièce de sa douce sonate.
Ailin défit ses affaires et disposa ses tableaux un peu partout dans la chambre, sur le petit secrétaire, au-dessus de l'armoire, contre le mur à même le sol, au dessus de son lit... Puis dans le petit bureau qui restait, il rangea ses outils et deux ou trois carnets. Pris d'un soudain intérêt, l'atrewlien se saisit de l'un d'eux ainsi que d'un fragment de craie noir. Il appliqua le pigment sur toute la feuille sans prendre soin de chasser les gouttes échappées de ses cheveux trempés. Au contraire, de la pointe d'un pinceau il les écrasa délicatement pour nuancer son œuvre. Des franges se dessinèrent petit à petit, il délimita un large cercle qu'il remplit ensuite d'un soupçon bleu pâle. La teinte se diffusa dans l'eau au gré du hasard puis se fixa quand le papier sécha. Partout l'obscurité initiale s'était craquelée en une multitude de constellations. Ailin passa une grande partie de la nuit à regarder les étoiles pour perfectionner le croquis. Il le laissa sur le plan de travail, sous la bienveillance de la Lune et alla s'endormir dans son lit. Les étoiles peintes brillèrent jusqu'à l'aube, il semblait qu'un peu du halo des astres y avait été emprisonné.
Quelqu'un frappa à la porte. L'indigène s'arracha à l'étreinte du sommeil et vint ouvrir. Le majordome souleva les sourcils de surprise face à la nudité du jeune atrewlien mais délivra son message, sans accrocs.
"Les professeurs ont pris connaissance de votre venue et souhaiteraient vous rencontrer. Ils m'ont prié de vous demander d'emporter vos œuvres. J'attendrai ici que vous vous prépariez puis je vous conduirai à eux."
Ailin s'exécuta et emboita le pas de son guide, sa besace sous le bras et le cœur léger.
Isak Devmente
Posté le: Lun Oct 13, 2008 11:42 pm
Sujet du message:
Avec une violence furieuse et autoritaire, le patriarche frappa du poing sur son large bureau parfaitement ciré, ce qui eut pour effet de faire vibrer et tinter les multiples chandeliers, fioles, éprouvettes et autres verreries qui s’y trouvaient disposées selon une organisation minutieuse.
- Comment oses-tu faire preuve d’une telle insolence ! Tu accomplis certes des choses qui impressionnent les fidèles, mais tu n’es qu’un jeune parasite qui n’a toujours pas trouvé sa place parmi nous. Je ne me laisserais pas leurrer par quelques fausses manifestations de foi, pas plus que par des postulats irrecevables sortis tout droit des lubies d’un factieux de ton espèce !
Malgré les vociférations du Père, le jeune homme se tenait exagérément raide en plein milieu du directoire, sans montrer une seule marque de culpabilité, ce qui ne faisait qu’ajouter des galons à son audace. S’il se permettait une telle conduite, c’est que nombreux déjà étaient les adeptes à entrevoir la vérité dans le courroux de leur maître. Lui qui s’était fait la réputation d’un flegme redoutable avait depuis quelques mois peu à peu livré ses humeurs à la colère et se laissait à présent battre à son propre jeu par un de ses anciens protégés gavé d’arrogance.
Pour expliquer cette soudaine chute, les membres des Archas ne voyaient qu’une seule raison plausible, car l’unique chose autrefois susceptible de faire céder le patriarche à l’emportement était la remise en question de son autorité suprême sur la communauté. En effet, les grands pouvoirs dont Sigmund avait fait preuve depuis son arrivée, ainsi que son regard nouveau sur les sciences occultes, avait rencontré une importante popularité au sein des disciples, à la grande indignation des plus rétrogrades. Il faut préciser que depuis son apparition mise en scène par Alban Lordan, le jeune homme jouissait d’une certaine « notoriété divine » semblable à celle d’un envoyé du destin ou d’un messie pour une quelconque religion.
- Le père fondateur de notre confrérie a lui-même a énoncé ces axiomes ! Et toi, jeune méprisant, tu prétends que ses lois, sur lesquelles s’est fondé notre patrimoine, sur lesquels tous nos préceptes reposent, sur lesquelles nul n’a encore jamais porté la main…
le vieil homme cessa un instant son homélie et déglutit bruyamment.
Tu prétends que ces lois sont erronées ? Mais qui es-tu pour montrer tant d’orgueil ?! Cela fait maintenant une quinzaine d’années que nous t’avons accueilli ici et que tu profites de notre protection, mais cette fois ta petite mutinerie dépasse les limites du tolérable !
Voila comment, après avoir été condamné pour dissidence, le jeune prodigue fut enfermé en vue d’être exécuté selon les rites occultes de la communauté.
*********
- Je vous prie de bien vouloir me faire entrer pour m’expliquer auprès de vos supérieurs. Je peux déposer mon épée à terre si vous le désirez. Cela vous convient-t-il ?
Isak fut surpris par l’apparente authenticité de cet individu. Il devait tout deux avoir à peu près le même age mais de ses paroles transpirait une certaine naïveté qui avait au moins pour mérite de montrer qu’il n’avait rien prémédité de son apparition nocturne.
*Je ne suis pas votre ennemi en tout cas, c’est déjà ça… ? aucun espion ou voleur censé n’aurait pu trouver une réplique aussi pauvre.*
Sans pour autant détourner le regard de l’inconnu, le duelliste donna un peu de mou à sa garde et sa lame pointa vers le sol. Il leva ensuite légèrement son autre main à hauteur de hanche afin de sentir le fines gouttes de pluies s’abattre sur ses paumes.
- Des supérieurs ? Je ne crois pas que l’on puisse appeler ça des supérieurs dans un tel contexte… et même avec toute ma bonne volonté je ne vois pas comment je pourrais vous faire entrer dans ce manoir sous ma responsabilité. Vous cherchez des réponses ? Je suis curieux de savoir à quel propos mais quel qu’il soit je n’ai…
se souvenant qu’il serait tout de même plus sage de ne pas en révéler trop quant à leur séjour en ces lieux, Isak fit mine de chercher ses mots quelques secondes puis reprit sur un ton légèrement plus conciliant.
Je n’ai d’ailleurs pas la moindre idée de ce que peut être un analyste itinérant.
*********
Alors que la lune offrait quelques faibles rayons aux reflets du fleuve Ranov, un homme en costume noir et blanc longea les rives du domaine Cravensfeld tandis qu’un nouvel appel troubla la tranquillité des berges.
- Héla ? Je conduis l’artiste envoyé par Dame Lystéria…
Ses pas le menèrent jusqu’à un large portail en fer forgé qui barrait la route à une carriole discrètement fondue dans la nuit. Dévoilant une épaisse clé argentée, l’employé de maison réajusta son monocle avant de glisser l’objet dans la fente du cadenas qui solidarisait les deux lourds battants. Entrouvrant tout d’abord à peine la grille, de manière à pouvoir se faufiler dans l’ouverture, il se présenta devant le cocher et adressa une timide révérence à l’artiste qui attendait en retrait, chargé de ses effets personnels.
Après avoir échangé quelques mots ainsi qu’une lettre cachetée du sceau de l’université, le serviteur s’empressa d’ouvrir plus largement le portail avant de guider les deux hommes vers l’entrée principale du manoir.
- Nous avons préparé une chambre pour messire Ailin. Si vous le désirez, nous pouvons immédiatement vous faire parvenir quelques réjouissances préparées dans la soirée par notre cuisinier,
précisa-t-il à l’indigène qui semblait davantage intéressé par la pluie qui commençait peu à peu à imposer son rythme sur l’herbe des jardins alentours.
Vous pourrez dès demain rencontrer les principaux protagonistes de votre séjour dans ce domaine.
Se tournant ensuite vers le cocher, il continua.
- Quant à vous, vous pourrez également trouver repos ici pour cette nuit. Un lit vous sera préparé dans les quartiers du personnel. J’envoie immédiatement le garçon d’écurie pour dételer votre véhicule.
Takal Wandh'elanel
Posté le: Lun Juin 16, 2008 9:28 am
Sujet du message:
FOUILLEZ UNE NOUVELLE FOIS BANDE D'INCAPABLE. CES PARCHEMINS N'ONT PAS PU SE VOLATILISER.
Une bande de mercenaire aux visages barrés de cicatrices et portants des armes ternies par le sang de leurs victimes mettaient à sac les quelques pièces de ces catacombes dans lesquelles ils étaient arrivés un peu plus tôt. Le cadavre d'un vieillard aux traits cadavériques dont le teint pâle contrastait avec son sang dans lequel il gisait à présent et quelques serviteurs difficilement identifiables. C'était ce qu'il restait des occupants des lieux.
Celui qui semblait être le chef vociférait depuis bientôt une heure, poussant du pied les cadavres se trouvant sur son passage.
VOUS DEUX LÀ, RETOURNEZ FOUILLER LA PIÈCE D'À CÔTÉ ET VOUS TROIS CELLE DU FOND !
Il devait trouver ces écrits. La consigne qui leur avait été donné était très clair lorsqu'ils avaient rencontrés leur commanditaire...
*************
Un jour plus tôt. Un riche marchand discutait avec des mercenaires dans la salle privée d'une taverne.
Messieurs, le nom de Cravensfeld vous évoque t-il quelque chose ?
Il sourit à la réponse négative de ses interlocuteurs.
Parfait. Voyez-vous il semblerait qu'un vieux fou soit parvenu à rendre la vie à une enfant morte selon des rumeurs qui semble bien réelles. J'aimerais que vous allier le retrouver et que vous lui demandiez de vous remettre les parchemins comportant les fruits de son travail ainsi que les copies de ce Cravensfeld. Si il refuse torturez le, s'il ne répond toujours pas tuez le et fouillez de fond en comble l'endroit de ses recherches... Si vous voulez la prime, trouvez moi ces écrits.
***********
Une voix rocailleuse perça les ténèbres des souterrains.
Il y a une dalle complètement instable ici, venez m'aider.
Après quelques minutes de bataille avec la lourde pierre les mercenaires trouvèrent enfin ce qu'ils étaient venus chercher : des parchemins gardés bien plus précieusement que tous les autres et rangés dans un grand coffret en métal.
Le visage du marchand s'illumina lorsqu'il vit les mercenaires revenir vers lui avec le coffret. Il l'ouvrit avec des gestes fébriles et jeta un coup d'oeil à plusieurs parchemins avant de s'arrêter net sur l'un d'entre eux. Un sourire mauvais déforma son visage.
Messieurs, si une seconde prime vous intéresse prenez ce parchemin et retrouvez moi la fillette qui y est décrite.
.
************
Très loin des lieux où un danger naissait pour elle, Thalyanne après avoir caché le corps du jeune victime de sa soif était retourné dans la tente discrètement et attendait que le garde vienne voir comment elle allait. Son visage avait retrouvé l'innocence des filles de son âge.
Ailin
Posté le: Dim Juin 15, 2008 8:05 pm
Sujet du message:
Il pleuvait dru ce soir là. Ailin attendait sur le balcon, il aimait ces liens qui se tissaient entre le ciel et lui comme l'étreinte de souvenirs qui demeuraient hors de portée. Le jeune homme n'était vêtu que de simples chausses de lin car les sillons glacés le nourrissaient corps et âme, les gouttelettes suivaient les lignes imprimées sur sa peau par affinité, elles semblaient y retrouver le réconfort que l'indigène puisait en elles. Ces chemins les menaient vers une destinée plus clémente que la pierre de la terrasse, froide et immobile. Peut être n'était ce que l'esprit quelque peu romantique d'Ailin qui leur intimait de suivre ces sentiers, pourtant il était convaincu de partager l'intimité d'un être, si intangible soit-il, en la présence de l'élément liquide. L'Atrewlien pouvait écouter les murmures, apprécier les caresses des heures durant, ne craignant ni le froid ni les regards. Il recueillit sur ses paumes jointes un peu de cet être à part et en bu une gorgée. L'eau étancha sa soif, elle était fraîche et pure, elle avait le goût du temps passé et de la nostalgie. Le monde semblait las, Cassandre était morne dans ses toilettes grises. Les toits ruisselaient de mille insatisfactions, regrets et ennuis. Les jardins avaient été deserté et subissaient le déluge, les fontaines échangeaient les souhaits espérés en l'échange d'une pièce. Privée de toute présence, la cité résonnait encore de l'extravagance de ses habitants.
" Bonsoir Ailin, c'est un bien mauvais temps pour oser sortir.
- Bonsoir Dame Lystéria. Il est à mon goût plus qu'opportun. Quelle est donc votre motivation pour venir ainsi braver la pluie ?
Elle rit de sa voix aux accents d'une rivière sauvage et profonde, nombres d'impressions s'y tapissaient sans pouvoir être entendues. Seul son amusement ne troublait le silence, l'insolence innocente de son protégé égayait son quotidien depuis quelques mois déjà. L'étrange symbiose entre Ailin et l'averse pris fin à l'instant où il se tourna vers son hôte, l'eau glissa sur lui, indifférente. C'est comme si un voile subtil était tombé des épaules du jeune indigène pour éclabousser le sol. Lystéria apprécia le phénomène sans dire mot puis serra son poignet pour redresser son ombrelle.
- C'est parce que je suis au sec, un état qui vous sied moins que celui dans lequel vous êtes, semble-t-il.
En effet, le blanc de l'unique vêtement du jeune homme en dévoilait plus que ne le voudrait la pudeur pourtant Ailin ne s'en importuna pas et interrogea Lystéria du regard. Il avait le visage fermé, cette intrusion ne lui plaisait nullement. L'interessée, demeura silencieuse un instant et conclut par un léger sourire. Arpès tout, elle était maîtresse en son manoir. Suite à la mort d'Erawan d'une tragique maladie et fascinée par ses incroyables aquarelles, elle avait recueilli Ailin soupçonnant bien plus qu'un simple talent. Dame Lystéria était célèbre à Cassandre pour sa fortune évidemment, mais pour son intérêt vis à vis des arts occultes et de leur émancipation après la chute de l'empire. Elle possédait l'une des plus vastes bibliothèques de la région du Calice ainsi qu'une influence considérable sur la noblesse de la ville des arts. Femme de goût et raffinée, elle vivait seule jusqu'à ce qu'Ailin ne croise sa route.
- J'ai à te parler d'une affaire qui m'intrigue beaucoup. Rejoins moi à l'intérieur, je t'attendrai dans le petit salon à l'étage."
~Mon très cher ami,
Je vous prie de pardonner mon absence lors de votre conférence, un regrettable contre temps m'en a empêchée...~
Les mots cheminaient dans sa tête comme l'aquarelle s'écoulait de son pinceau. Ailin dessinait un croquis, un portrait. Le noir dilué d'eau imbibait le papier domptant d'un bâtonnet une épaisse chevelure bouclée, soulignant de khôl un regard impérieux et sage, arquant les lèvres d'un sourire à peine esquissé.
~...J'ai l'immense plaisir d'offrir cette modeste donation à votre établissement afin que puissiez continuer à paver les sentiers du savoir, je salue vos efforts...~
Le décors prit forme, allongé sur la feuille comme un rêve fugace. Le miroir s'altéra, le reflet devint une ombre grossière où se mélangèrent de splendides tapisseries murales, l'éclat de quelques chandeliers, le visage de celle qui s'y mirait. Ailin avait mis trop d'eau. Sa concentration s'émoussait, une chaleur étouffante régnait dans la cabine où il voyageait. Et puis, son esprit était ailleurs. Il soupira.
~...Certaines rumeurs sont parvenues jusqu'à moi, à propos des projets qui sont les vôtres. Je ne vous connaissais pas si friand des choses occultes, j'étais si enthousiaste à l'idée de pouvoir apporter mon aide à l'expédition organisée par votre université qu'une idée m'est venue. J'ai sous ma protection un artiste incroyable, je puis affirmer que ses œuvres particulières attiseront votre intérêt...~
Il plia le portrait puis le rangea dans vieux classeur, déçu et rageur, le jeune homme ne parvenait à s'ôter les derniers évènements de l'esprit. Le directeur de l'université d'Audréa répondit promptement au courrier que sa maîtresse lui envoya, il se disait ravi et honoré du coquet montant de la donation de celle-ci mais se montrait très évasif quant à l'expédition prétextant sa minime importance. Dame Lys, ainsi que ses amis l'appellent, s'empressa de lui faire parvenir un billet dont Ailin ne connut jamais le contenu. Sans doute y menaçait-elle d'ébruiter les informations en sa possession, sous le couvert d'une indignation empreinte de déception face à la trahison de son 'très cher ami'. C'est ainsi qu'Ailin partit pour la région d'Arasley, un message du directeur à l'attention des responsables du cénacle en poche.
~...Votre dévouée Dame Lys.~
Le jeune homme s'empara de l'enveloppe qui se trouvait à côté de l'esquisse ratée, elle portait le cachet de cire de l'Université d'Audréa, se souvenant qu'il ne devait pas l'ouvrir s'en désintéressa. Quelques unes de ses œuvres étaient également rangées dans ce classeur, les plus surprenantes. La première figurait les lacs Turquoise et Espera au crépuscule, veillés par une Cassandre rouge et lumineuse. Les détails étaient si soignés que s'il vous prenait l'envie d'incliner la feuille, quelques gouttes s'en écouleraient, échappées des lacs endormis. La seconde montrait la chaîne des Epines sous un zénith éclatant, les pics flamboyaient d'un blanc intense et pur et leurs flancs s'habillaient de vastes forêts émeraude. Sa particularité résidait dans le cadre dessiné tout autour, en de très rares endroits le papier semblaient s'être changé en granite rose, minéral que l'on trouve essentiellement en ces montagnes qui bordent la région du Calice. Les deux autres étaient moins grandioses, l'une représentait un petit salon où deux personnages conversaient autour d'un feu de bois et l'autre dévoilait Cassandre sous un ciel grisâtre, vue depuis une fenêtre grande ouverte. Si vous vous penchiez sur la première, une douce chaleur vous embaumerait et sur la seconde, une brise annonciatrice d'orage vous soufflerait au visage. Pourtant ces impressions étaient bien moins intenses que l'eau coulant du papier. Ces quatre peintures étonnantes avaient été choisies par Lystéria pour illustrer les étrangetés dont était capable Ailin. Il les contempla un instant puis referma le classeur. N'en pouvant plus de l'atmosphère confinée du véhicule qui n'arborait aucun ornement afin de ne pas attirer l'attention, l'indigène en ouvrit la portière et d'une périlleuse acrobatie grimpa sur le toit avant de refermer la cabine d'un coup de talon. De surprise, le cocher manqua de les faire sortir de la route ce qui ne manqua pas de beaucoup amuser Ailin. Ils arrivèrent au manoir à la nuit tombée, l'édifice n'était qu'une vague silhouette engloutie dans l'obscurité. Les jardins étaient constellés de quelques lueurs, là où se dressaient autant de tentes. Ce détail surprit l'Atrewlien qui repensa aux siens et resta immobile à regarder ces éclats de souvenirs posés sur l'herbe du domaine. Un grand portail leur barra bientôt la route. L'indigène fut donc contraint de descendre de son promontoire et lorsqu'il récupéra ses affaires dans la carriole (une besace de tissu, un classeur et une arme circulaire) le cocher héla dans l'espoir que quelqu'un vienne leur ouvrir.
Azeem El'Bakshir
Posté le: Mer Juin 04, 2008 2:39 pm
Sujet du message:
Azeem se rappelait effectivement avoir vu cet homme dans l’amphithéâtre de l’université d’Audréa ainsi que la confrontation qui l’avait opposée avec le directeur. Il n’y avait guère portée d’attention, les disputes entre houtja ne l’intéressaient pas et si le vieil homme ne l’avait pas mentionnée, il n’aurait pas fait le lien. Un houtja est un houtja et tous se ressemblent… Il se força plusieurs fois à la patience pour ne pas interrompre le flot de paroles blasphématoire de ce Loren Altar, ou Logar Sleivan, peut importait. De même il dut intimer plusieurs fois ses hommes au calme grâce à plusieurs signes discrets et toujours anodins pour ceux étranger à sa suite. Jamais le Madhina, même dans sa folie mégalomane, n’aurait oser utiliser de tels pouvoirs. La vie après la mort, un des blasphèmes ultimes devant le face de Yen. Azeem réprima à grande peine un frisson de fureur, ces choses là ne devaient même pas être évoquées, même pas être entendues au risque de flétrir l’âme des plus pure. Et cet homme là venait sous sa tente lui proposer d’obtenir de tel connaissance, pire lui conseiller de s’en servir. L’Afar ne se faisait guère de doute sur les réelles motivations des religieux du Madhina ni sur leur soif de pouvoir mais ils n’étaient certainement pas assez fous pour utiliser tel pouvoir, autant se trancher la gorge eux même. N’importe quel Sahélite, de l’El Sayal ou du Madhina, préférerait brûler Karish plutôt que de laisser un seul de ces hypothétiques blasphémateurs en vie… Sa mission était à présent claire. Yen l’avait mené jusqu’ici pour qu’il détruise ces connaissances, pour qu’il s’assure que personne ne puisse jamais les utiliser. Peut être que Yen avait même provoqué la guerre civile du Sahel dans ce seul but… Dans le seul but que des sahélites se trouvent ici, en ce moment, pour empêcher ce désastre...
Mais pour l’instant Azeem devait contenir sa juste colère s’il voulait avoir une chance de parvenir à ses fins. Il espérait que ses hommes comprendraient et sauraient canaliser leur fureur. Mais l’afar leur faisait confiance, comme eux lui faisaient confiance. Ils les avaient choisit pour l’accompagner autant pour leur talents de combattant que pour leur intelligence. Logar avait finit de parler et attendait visiblement une réponse à son offre. Azeem s’accorda quelques secondes de réflexion supplémentaires avant de prendre la parole.
- Je me souvient effectivement de toi mercenaire. Et je doute que tu ne sois ici que dans le but de t’informer. Mais qu’importe. Si les pouvoirs que tu décris existent alors ils nous seront d’une grande utilité pour libérer le Sahel du Mahdina. Dans le cas contraire, et comme tu l'as justement fait remarquer, l’El Sayal recherche des alliances et cela était le but initial de ma venu dans ces terres. Aussi j’accepte ta proposition. Tu seras désormais notre conseiller pour la région du Calice. Ce qui ne signifie en rien que nous te faisons confiance. Disons que pour l’instant nous servons tout deux nos propres intérêts. Si tu le souhaites tu peux rester parmi nous ce soir. Mais nous n’avons que la tente ou nous stockons nos affaires à te proposer. Celle-ci,
Azeem engloba la tente sous laquelle il se trouvait d'un large geste,
n’offrira le repos qu’aux fidèles de Yen, quant à l’autre…
Azeem marqua une légère pose et jeta un regard à Abdhallak.
Mieux vaut l’éviter…
Logar/Lucy
Posté le: Ven Mai 30, 2008 1:34 pm
Sujet du message:
Logar laissa le temps à l’Afar de savourer sa gorgée de thé. Puis il prit la parole avec sérieux et respect pour l’assemblée sahélite qui l’écoutait.
Un instant, il hésita à employer le tutoiement par manque de diplomatie, mais le chef des hommes du désert l’avait déjà tutoyé et Logar voulait être traité sur un pied d’égalité et non comme quelqu’un venant mendier des faveurs.
- Ton verbe est à la hauteur de la réputation qu’on en fait, Azeem Le Sage. Je te prie d’excuser mon ignorance et mon allusion au Notus, je pensais que la position actuelle de l’El’Sayal impliquait plus de souplesse.
La phrase pouvait être interprétée comme un reproche même si le vieux mercenaire avait parlé du ton de l’ignorance, ainsi Logar leva immédiatement sa main droite en signe de paix. Il ne souhaitait pas être interrompu avant d’avoir fini.
Et il rangeait dans un coin de son esprit que la représentante du Notus était ici incognito… il aurait dû demander plus de précisions à son informateur.
- Si ma mémoire est bonne, nous nous sommes déjà aperçus à l’Université d’Audréa. J’y étais un émissaire impérial, du nom de Loren Altar. Mon vrai nom est Logar Sleivan, mais beaucoup me connaissent sous celui du Fohtèrion. J’effectue divers contrats en échange de rémunération.
Logar n’avait pas besoin d’en dire plus, l’imagination des hommes comblerait les facettes de son métier de manière bien plus complète que tous ses discours.
Néanmoins, je suis ici de ma propre initiative car des choses sont en train de se jouer et il serait imprudent de ne pas, au minimum, s’en tenir informé.
Or, ma précédente prestation en tant qu’émissaire impérial auprès des universitaires me dessert maintenant : si mes renseignements sont bons et qu’un mathalys est bel et bien présent ici, ce déguisement ne tiendra pas bien longtemps. Le problème étant que je ne connais les rouages qui ont mené à l’élaboration de cette expédition, je préfère donc négocier avec vous, Sahélites, dont la provenance étrangère vous fait apparaître à mes yeux comme neutres dans ce nœud d’intrigues. Même si, ton esprit l’a bien remarqué, quelqu’un doit tirer avantage de ta présence ici.
Ce que je vous demande est simple : votre délégation jouit d’une certaine indépendance et je souhaite en bénéficier pour me mêler à cette expédition sans avoir à m’étendre en justifications sur mon identité et les raisons de ma présence. Acceptez de prendre Loren Altar sous votre responsabilité en tant que Consultant à propos de la Région du Calice, et donnez moi matière à le prouver aux universitaires sans qu'ils osent le contester.
Logar venait de poser ses exigences. Maintenant, il lui fallait donner assez de services et de garanties comme monnaie d’échange.
- Le motif sous-jacent de cette expédition est la résolution d’énigmes. A caractère occulte, bien entendu. Peut-être votre présence ici n’est due qu’à votre approche différente de la « magie », pour mieux saisir tous les aspects du problème lorsqu’il se présentera.
Cravensfeld était un puissant mage dont la légende veut qu’il aurait réussit à dépasser les limites théoriques des sciences ésotériques, telles que la manipulation du temps ou la vie après la mort. On appelle ces limites les 4 Impossibles.
Bref… ce savoir est contenu dans 4 livres protégés par des énigmes, mais aussi des pièges et autres épreuves plus ou moins mortelles. L’une d’elle doit sûrement se trouver dans ce manoir, mais j’ignore de quel Impossible il s’agit, mais ce n’est pas celui qui permettrait de procurer la bonne fortune.
Selon moi, une telle expédition en direction de Cravensfeld et réunissant la fine fleur militaire des ex-provinces impériales n’a pu être déclenchée que par des personnes désireuses de s’approprier ces savoirs. Au vu de l’importance du savoir supposé de Cravensfeld, je suppose que ce n’est pas une opération que l’on peut effectuer en sous-main. D’où mon aversion pour aller voir directement le groupe d’universitaires où se trouve, d’après moi, quelqu’un qui en sait plus qu’il n’en dit.
Je suis toutefois indécis sur l’implication de la famille de nobles résidant au Manoir.
L’attaque dont vous avez été victimes montre également qu’il n’y a pas qu’une seule partie qui joue sur ce tableau. Il parait que les hommes étaient tatoués, si vous me fournissait une description du motif, peut-être pourrais-je vous remonter quelques informations.
Vu que tout cela traite d’arts occultes de grande puissance, je suppose que les Archas ne doivent pas y être étrangers.
Y voir clair dans cette affaire est essentiel pour vous, Sahélites.
Tout d’abord pour le pouvoir que vous pourriez en retirer, et qui vous sera utile à faire tomber le Madhina. Mais de même pour éviter que d’autres ne se l’approprient : qui sait si, à l’issue de quelques transactions, vos ennemis viennent à être en possession de la manière de briser les Impossibles.
Mais votre plus grand risque est que l’affaire s’ébruite. Comment compterez-vous mener les négociations pour obtenir le soutien des provinces contre le Madhina, après avoir été mêlés à la découverte d’un tel pouvoir par les mains d’on-ne-sait-encore-qui ?
Le vieux mercenaire marqua une pause.
- Je vous ais fourni quelques informations, qui j’espère vous satisfont, comme preuve de mon utilité. Et je m’engage à vous fournir celles que je glanerai par la suite ou à répondre, dans la mesure de mes connaissances, à vos interrogations.
De plus, même si cela n’est que supercherie, je peux me révéler un Consultant de la région du Calice plutôt compétent et mes contacts sont nombreux.
Peut-être ne sont-elles pas des organisations officielles, mais j’en connais plusieurs qui aimeraient voir disparaître le régime de répression du Madhina.
Je vous offre de futures relations et des portes ouvertes pour l’El’Sayal, Prince.
Logar conclut là. Un autre point particulier lui venait à l’esprit, et il avait été assez général dans ses explications au final. Le vieux mercenaire préféra attendre que le Sahélite reprenne la parole.
Par contre, on ne lui avait toujours pas offert de thé et il espérait que cela n’était pas synonyme de refus de sa proposition.
Arioch
Posté le: Ven Mai 30, 2008 12:12 am
Sujet du message:
Une lame se tira brusquement derrière le dos de Mael.
*Il est peut être trop tard pour le dialogue. Mais si je blesse cette personne, je ne pourrais plus rien faire ici.*
Il savait qu’il mettrait trop de temps pour porter une main dans son dos afin de saisir son épée.
Il n’avait d’autre choix que de compter sur le foulard noir. Il esquissa un léger mouvement de poignet vers sa hanche droite et savait à ce moment qu’il n’aurait aucune peine à bloquer une attaque de son agresseur.
- Que fais-tu là, rôdeur ?
interrogea l’inconnu derrière lui.
Mael stoppa net son geste. Le dialogue était ouvert et il voulait saisir cette chance. Il se tourna lentement pour faire face à la voix mystérieuse tout en gardant ses doigts près de sa ceinture. Cette dernière venait d’un jeune homme aux habits sombres et distingués. Sa peau très pâle brillait timidement sous le reflet de la lune, tout comme son épée pointée vers la poitrine de l’annaliste.
*Maintenant, il faut parler, sinon le combat est inévitable*.
- Qu’est-ce que je fais là ?
répéta Mael.
*Bonne question...*
- Je ne suis pas vôtre ennemi en tout cas, c’est déjà ça. Mais comme vous vous en doutez, je ne suis pas là par hasard. Je suis annaliste itinérant et je suis ici pour trouver des réponses. Etant donné que ma phrase précédente ne vous conviendra pas, je vous propose une chose. Je vous prie de bien vouloir me faire entrer pour m’expliquer auprès de vos supérieurs. Je peux déposer mon épée à terre si vous le désirez.
*Après tout, pourquoi ne pas se mettre à l’aise et trinquer ?*
- Cela vous convient-t-il ?
Impossible de prédire à l’avance la réponse du jeune homme mais il lui semblait que les ennuis, s’il devait en avoir, ne viendraient pas de lui, mais plutôt de ce manoir richement décoré. Une fine pluie commença à s’abattre dans la pénombre alors que le ciel se couvrait.
En quelques seconde, l’échange entre les deux hommes se tenait dans une obscurité beaucoup plus prononcé.
*Les cartes t’appartiennent, inconnu...*
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