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[quote="Isak Devmente"][i]Douze pommes et trois noisettes entières, c'est tout ce qu'il fallait à la grande Olga pour nourrir ses esclaves pendant quatre semaines. 27 plants de Trampelle dans ses jardins pour se protéger des démons et au moins trois incantations à l'Hangus, matin, midi et soir...[/i] Alors qu'Isabelle achevait à pied les derniers kilomètres qui la séparait du charmant petit hameau d'Albe-Sur-Ranov, son esprit nerveux s'occupait à réciter en boucle les histoires populaires venues de tous horizons dont elle était particulièrement friande. Mais au delà des contes et légendes qui lui trottaient dans la tête, il n'était pas, dans tout l'ancien empire, de fait occulte, de théorie établie ni de magicien reconnu dont l'existence échappait encore à la connaissance de la jeune femme. Du moins, c'est ce qu'elle se plaisait à prétendre. Contemplant avec excès la pierre du trouveur qu'elle tenait aux creux de sa paume, ses souvenirs l'assaillirent de milles questions. Qu'allait donc devenir sa vie et cette carrière brillante qu'elle avait toujours imaginé maintenant qu'elle s'était fait mettre à pied de l'université d'Audréa ? A cette pensée, Isabelle esquissa un rictus de contrariété. [i]Tout ça pour un bête complot d'incapables...[/i] Pourrait-elle supporter longtemps que son savoir ne soit que si vulgairement exploité ? Ce travail de mercenaire savante ne lui convenait pas tout à fait et depuis que Logar l'avait abandonné pour affaires personnelles, elle ne se sentait pas vraiment l'étoffe d'endosser seule la mission. De plus, elle commençait à se douter d'une quelconque supercherie de la part de cet homme qui avait choisi de s'éclipser du jour au lendemain, et si monsieur Noir lui avait donné pour mission de garder un œil sur le Fohtèrion, elle savait bien que ça n'était pas seulement un caprice de paranoïaque. [i]Non, s'il avait vraiment voulu me doubler pourquoi m'aurait-il laissé la pierre du trouveur ? Ne le laisse pas trop en découvrir, c'est ce qu'a dit le patron. J'ai confiance en sa capacité à retrouver le livre, mais son aptitude à fourrer son nez partout est au moins aussi grande ![/i] Une autre pensée ne tarda pas cependant à redonner un peu d'optimisme à la réflexion d'Isabelle. Si tout se passait bien, et malgré les délits qu'elle aurait sans doute à commettre, elle connaitrait bientôt l'euphorie de tenir entre ses mains un ouvrage si précieux qu'elle se demandait encore si elle aurait l'audace de s'y plonger. Le troisième tome d'une inestimable quadrilogie, sans doute le volet le plus riche de savoir écrit par la main de Sigmund Cravensfeld, n'était plus qu'à quelques heures de marche. Le yeux toujours rivés sur le médaillon rougeoyant, la jeune femme accéléra la cadence de ses pas. Elle était loin d'être la seule à avoir étudié, déchiffré, dévoré et réétudier les moindres textes qui faisaient mention du dit enchanteur, mais son désir le plus brûlant avait toujours été de mettre le doigt sur un indice, de dénicher un signe, de découvrir ne serait-ce qu'une bribe d'information supplémentaire qui lui permettrait de prendre le devant de la course. Inutile de préciser qu'elle n'avait pas hésité une seconde lorsque l'occasion inespérée d'un travail qui consisterait à retrouver [i]La Lypémanie du Devin[/i] s'était offerte à elle. Pour s'immerger dans les écrits, lire entre les lignes et y dénicher l'invisible, Isabelle était la meilleure. Elle avait ce talent depuis toujours et n'en était pas peu fière. Elle échappa un sourire d'orgueil. Une fois que le bouquin n'aurait plus de secret pour elle, se tiendront bien enfouis dans son cerveau des trésors de connaissance dont seuls les plus avertis pourront estimer l'infinie valeur. Comme guidé par l'instinct profond, elle avait toujours cru en la véracité des travaux de cette figure légendaire qu'était l'auteur du livre tant convoité. Puisse-t-elle penser juste, elle serait peut-être un jour en mesure d'affirmer que par la force de l'esprit, rien n'est irréalisable, pas même braver les quatre Impossibles...[/quote]
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Revue du sujet
Isak Devmente
Posté le: Ven Mai 23, 2008 2:56 pm
Sujet du message:
- Comment ça à Bribe ?! C'est impossible !
- Je vous assure mademoiselle, les affaires de Monsieur doivent être livrées dans la journée. Malgré toute ma bonne volonté, je ne peux rien pour vous à l'heure qu'il est.
Isabelle grimaça et pesta de rage ! La déception était telle qu'elle avait même senti une seconde une envie de meurtre Logar-ithmique s'insinuer en elle. Elle abandonna rapidement l'idée. Égorger quelqu'un de sang froid, comme elle avait vu son collègue le faire de multiples fois, puis continuer à paraître tout à fait naturel le restant de la journée lui paraissait simplement impensable. Remerciant finalement l'homme de maison qui venait d'éclairer la traitrise de son acolyte, elle décida de s'aérer un instant dans le village afin de calmer ses aigreurs avant de repartir pour Bribe, espérant pouvoir encore faire quelque chose afin de ne pas passer pour une parfaite incapable aux yeux de monsieur Noir.
La route qui séparait Albe-sur-Ranov et Bribe lui parût bien plus interminable que la veille. La jeune fille faisait traîner l'impression qu'à chaque seconde Logar avait le temps de disparaître cent fois dans la nature avec son précieux butin en poche. Si c'était le cas, elle aurait perdu à la fois la confiance de son employeur et son espoir d'en découvrir davantage à propos de Cravensfeld.
Finalement, les toits des premières maisons en bordure de la ville entamèrent leur lente apparition à l'horizon. Isabelle remercia du mieux qu'elle pu le marchand à qui elle avait dû se forcer à faire du charme pour profiter de sa carriole et se dirigea prestement vers la vitrine du brocanteur qu'ils avaient visité auparavant. Évidemment, le magasin était fermé et tout le bâtiment avait été plongé dans les ténèbres. A quoi s'attendait-elle ? Elle avait vu Logar vider le sang du pauvre homme sur le plancher avant de poignarder sa femme qui tentait de s'enfuir par une porte dérobée, toujours avec le flegme qui lui était caractéristique.
Contournant le patté de maison, elle s'assura que personne ne pouvait l'observer puis brisa un carreau de fenêtre afin de pouvoir se faufiler à l'intérieur. L'endroit puait encore la mort. La jeune femme alluma une vieille lampe à huile qu'elle trouva sur le comptoir et tomba nez à nez avec le registre du marché, laissé là ostensiblement. Elle l'ouvrit à la page qui correspondait aux quelques jours précédant leur dernière visite et remarqua rapidement qu'une feuille avait été arrachée en hâte.
Ne trouvant rien d'autre sur les lieux, et la nuit commençant à tomber, elle décida de prendre un peu de repos à l'auberge la plus proche. Après avoir payé sa chambre, alors qu'elle allait enfin pouvoir profiter du confort d'un lit digne de ce nom, elle fut cependant interpelée par le tenancier des lieux.
- Mademoiselle... Isabelle ?
La jeune femme virevolta, intriguée, puis se contenta d'un oui discret.
- Dieu merci vous êtes facilement reconnaissable à votre chevelure ! Un homme à laissé ceci pour vous ce matin.
Et l'aubergiste lui tendit une petite note froissée gribouillée en hâte. Dépliant le papier avec curiosité, elle se trouva finalement sans voix :
« J'ai récupéré le livre pour Noir comme convenu. Rejoins-moi au Manoir de Cravensfeld.
Bon courage la bleue,
Fohtèrion. »
Logar/Lucy
Posté le: Mar Mai 20, 2008 4:04 pm
Sujet du message:
Logar donna quelques coups de pieds pour faire bouger la caisse en face de lui, et ainsi pouvoir mieux caler ses jambes avec un grognement satisfait. Le vieux mercenaire était appuyé en équilibre précaire à deux mètres du sol entre des caisses de marchandises, bien que cela ne semblait pas le gêner outre mesure : il pestait juste sur le fait qu’une échelle aurait été cent fois plus pratique. Il craqua une allumette et tira sur sa pipe. Il garda le tabac un moment dans sa bouche avant de le souffler avec plaisir.
Logar tira une autre bouffée tout en lisant à la lumière du foyer : l’acte de transport mentionnait le numéro 124. Alors, alors… quelques bouffées plus tard, Logar avait mis la main sur la caisse en question. En sifflotant, il fit glisser la hache qui était à sa ceinture et se mit à arracher les planches de bois qui le séparait de son butin. La nuit était totalement tranquille, l’entrepôt était grand et vide, pas de soucis à se faire.
Un sourire illumina la bouche du Fohtèrion alors qu’il se remémorait sa bonne fortune.
La Pierre du Trouveur les avaient menés, Isabelle et lui, à Bribe où ils trouvèrent un brocanteur qu’ils avaient rapidement envoyé rejoindre ses ancêtres (cette fois-ci, il avait aussi dû éliminer la femme du marchand, mais ça n’avait pas posé de problème). Après avoir fait le petit rituel du pendule sur une carte de l’Ancien Empire, la Pierre avait désigné leur prochaine destination : Albe-Sur-Truc. Logar en avait royalement marre, et il espérait que cette fois-ci les livres de comptes du marchand lui en apprendraient plus que ceux du précédent.
Par la barbe d’Ohm, il avait été verni ! Le brocanteur venait de vendre le livre avec une importante commande de meuble, et si l’acheteur était déjà rentré à Albe-Machin, les biens n’y partaient que par le bateau marchand du lendemain : en attendant, les marchandises étaient stockées dans l’entrepôt de Bribe.
Isabelle, toute fascinée qu’elle était par la magie de la Pierre, avait accepté de laisser Logar régler « quelques trucs qui ne la regardaient pas ici » (il avait rajouté une excuse du genre : « comme si quelqu’un comme moi n’avait qu’un seul contrat en cours ! » d’un ton énervé). Logar ne doutait pas de l’intelligence de la fillette et elle finirait par se poser des questions sur le chemin jusqu’à Albe-Bidule, mais entre temps Logar aurait eu le temps de trouver la Lypémanie du Devin.
Non pas que Logar avait envie de doubler Noir. L’ancien inquisiteur ne savait même pas de quoi traitait ce livre. Par contre, ce qu’il savait, c’était que jamais auparavant Noir ne lui avait fourré un associé dans les pattes pour le surveiller. Et ça, il n’aimait pas du tout. Si le livre était si important que ça, il y aurait moyen de faire cracher quelques pierres précieuses en plus à Noir.
Pour le moment, Logar était en train de bourrer sa troisième pipe. Il avait décidé d’ouvrir le livre tout en restant sur son perchoir dans l’atelier. La faible lueur éclairait des mots comme « Cravensfeld », « Impossibles », « Enigmes » et « Pouvoir » (celui-là n’était pas dit en fait, mais ce livre puait la puissance à des kilomètres).
Des choses étaient en train de se jouer. Des choses qui dépassaient la simple récupération de reliques antiques pour des collectionneurs en mal d’amour propre ou de sorcellerie de pacotille.
Là, c’était quelque chose de grand.
Là, ça valait le coup.
Là, c’était comme au bon vieux temps.
Alors comme ça, ce cher Cravensfeld il avait un manoir hein ?
,
dit Logar tout haut en finissant sa pipe.
Isak Devmente
Posté le: Lun Mai 19, 2008 12:18 pm
Sujet du message:
Douze pommes et trois noisettes entières, c'est tout ce qu'il fallait à la grande Olga pour nourrir ses esclaves pendant quatre semaines. 27 plants de Trampelle dans ses jardins pour se protéger des démons et au moins trois incantations à l'Hangus, matin, midi et soir...
Alors qu'Isabelle achevait à pied les derniers kilomètres qui la séparait du charmant petit hameau d'Albe-Sur-Ranov, son esprit nerveux s'occupait à réciter en boucle les histoires populaires venues de tous horizons dont elle était particulièrement friande. Mais au delà des contes et légendes qui lui trottaient dans la tête, il n'était pas, dans tout l'ancien empire, de fait occulte, de théorie établie ni de magicien reconnu dont l'existence échappait encore à la connaissance de la jeune femme. Du moins, c'est ce qu'elle se plaisait à prétendre.
Contemplant avec excès la pierre du trouveur qu'elle tenait aux creux de sa paume, ses souvenirs l'assaillirent de milles questions. Qu'allait donc devenir sa vie et cette carrière brillante qu'elle avait toujours imaginé maintenant qu'elle s'était fait mettre à pied de l'université d'Audréa ? A cette pensée, Isabelle esquissa un rictus de contrariété.
Tout ça pour un bête complot d'incapables...
Pourrait-elle supporter longtemps que son savoir ne soit que si vulgairement exploité ? Ce travail de mercenaire savante ne lui convenait pas tout à fait et depuis que Logar l'avait abandonné pour affaires personnelles, elle ne se sentait pas vraiment l'étoffe d'endosser seule la mission. De plus, elle commençait à se douter d'une quelconque supercherie de la part de cet homme qui avait choisi de s'éclipser du jour au lendemain, et si monsieur Noir lui avait donné pour mission de garder un œil sur le Fohtèrion, elle savait bien que ça n'était pas seulement un caprice de paranoïaque.
Non, s'il avait vraiment voulu me doubler pourquoi m'aurait-il laissé la pierre du trouveur ? Ne le laisse pas trop en découvrir, c'est ce qu'a dit le patron. J'ai confiance en sa capacité à retrouver le livre, mais son aptitude à fourrer son nez partout est au moins aussi grande !
Une autre pensée ne tarda pas cependant à redonner un peu d'optimisme à la réflexion d'Isabelle. Si tout se passait bien, et malgré les délits qu'elle aurait sans doute à commettre, elle connaitrait bientôt l'euphorie de tenir entre ses mains un ouvrage si précieux qu'elle se demandait encore si elle aurait l'audace de s'y plonger. Le troisième tome d'une inestimable quadrilogie, sans doute le volet le plus riche de savoir écrit par la main de Sigmund Cravensfeld, n'était plus qu'à quelques heures de marche.
Le yeux toujours rivés sur le médaillon rougeoyant, la jeune femme accéléra la cadence de ses pas. Elle était loin d'être la seule à avoir étudié, déchiffré, dévoré et réétudier les moindres textes qui faisaient mention du dit enchanteur, mais son désir le plus brûlant avait toujours été de mettre le doigt sur un indice, de dénicher un signe, de découvrir ne serait-ce qu'une bribe d'information supplémentaire qui lui permettrait de prendre le devant de la course. Inutile de préciser qu'elle n'avait pas hésité une seconde lorsque l'occasion inespérée d'un travail qui consisterait à retrouver
La Lypémanie du Devin
s'était offerte à elle.
Pour s'immerger dans les écrits, lire entre les lignes et y dénicher l'invisible, Isabelle était la meilleure. Elle avait ce talent depuis toujours et n'en était pas peu fière. Elle échappa un sourire d'orgueil. Une fois que le bouquin n'aurait plus de secret pour elle, se tiendront bien enfouis dans son cerveau des trésors de connaissance dont seuls les plus avertis pourront estimer l'infinie valeur.
Comme guidé par l'instinct profond, elle avait toujours cru en la véracité des travaux de cette figure légendaire qu'était l'auteur du livre tant convoité. Puisse-t-elle penser juste, elle serait peut-être un jour en mesure d'affirmer que par la force de l'esprit, rien n'est irréalisable, pas même braver les quatre Impossibles...
Logar/Lucy
Posté le: Jeu Mai 08, 2008 10:43 am
Sujet du message: La lypémanie du devin
LOGAR SLEIVAN
Logar Sleivan (le vieux mercenaire) et Isabelle (une jeune femme rousse avec de grandes lunettes et un long manteau à capuche mauve) poussèrent la porte du magasin. La boutique semblait vendre à peu près tout et n'importe quoi, avec pour seul constante une qualité médiocre. On était dans un village le long du fleuve Ranov, entre Audréa et Bribe, un coin plutôt tranquile.
En plus des deux nouveaux arrivants, on pouvait compter trois personnes dans la boutique : deux clients et le gérant. Logar fit grincer ses dents : Pourvu que notre homme soit le gérant, pensa-t-il très fort.
L'air d'inspecter les étalages, Logar passa près de chacune des personnes tout en jettant des coups d'oeil à sa main droite où se tenait bien en vue un bout de papier qui aurait pu passer pour une liste de course. Et où se tenait surtout bien cachée (les lumières ésotériques ne suscitent toujours trop de questions), un pendentif orné d'une Pierre du Trouveur.
Le rougeoiement se fit plus vif aux abords du gérant. Parfait !
La scène dura le temps qu'il fallut aux deux clients habituels pour sortir de la boutique. Logar prit ensuite une sculpture de Boros, qui ressemblait plus à un golem en fait, et la déposa sur le comptoir avec un aimable sourire.
- Dîtes-moi, c'est un joli petit établissement que vous avez là. Avec un étage en plus. Peut-on y jeter un oeil également ?
- Haha, beaucoup de gens s'y trompent mon bon monsieur. L'étage n'abrite en fait aucun stock, nous y vivons avec ma femme et ma fille. Elles sont adorables. Je les appellerais bien pour vous les présenter mais elles sont parties cueillir des fruits des bois pour la confiture de Madame Dugenoux.
(l'aubergiste avait un ton encore plus niais que celui qu'avait employé Logar)
- Comme c'est mignon...
Il répond tout seul alors que je n'ai pas posé mes questions, j'adore les petits marchands.
Isabelle avait déjà vérouillé la porte de la boutique et placé l'écritau "Fermé".
Logar alla tout aussi vite : il attrapa l'homme par la machoire, il lui plaqua la tempe sur son comptoir, puis il l'égorgea tout en gardant fermement sa main sur la bouche du malheureux.
Isabelle vint poser ses coudes sur le meuble, à côté de la tâche qui s'élargissait peu à peu pendant que Logar imbibait la Pierre du Trouveur d'un peu de sang frais.
- Et si jamais il y avait eu sa femme et ses enfants à l'étage ?
demanda-t-elle, avec une simple curiosité dans sa voix.
- Ca n'aurait rien changé du tout. Ne l'ais-je pas tué en silence ?
argumenta Logar avec un haussement d'épaule.
Et si vous voulez aussi me demander comment je m'y serai pris si jamais la Pierre avait désigné un des clients, eh bien j'ai toujours mon insigne d'inquisiteur. Je peux arrêter qui je veux et le conduire où je veux sans que peu de monde s'en offusque.
Après une légère pause, il ajouta :
Et vous, si peu de réaction à la vue de votre premier cadavre ? Noir m'a pourtant bien dit que vous étiez une bleue.
- Mmm... Non, rien. En fait je m'en fiche. Je n'ai jamais eu beaucoup de considération pour les autres de toute façon. C'est la magie qui m'intéresse. Uniquement la magie. D'ailleurs à ce sujet, ça ne vous dérange pas de renier les principes d'Ohm en utilisant des méthodes de sorcières ? Une pierre qui, lorsqu'on la trempe dans le sang d'une personne morte puis que l'on utilise la technique du pendule sur une carte avec la visualisation mentale d'un objet étant entré en possession de la victime, on obtient la position du propriétaire suivant ou à défaut la position de l'objet, ça ne froisse pas trop votre code de conduite ?
Logar partit d'un éclat de rire. Puis il alla prendre le chiffon qui servait à essuyer les bibelots pour se nettoyer les mains du sang du pauvre homme avant de sortir, justement, une carte.
- Jeune et naïve. Si je ne savais pas que vous êtes une experte, malgré vous être faîte virée des cours de l'Université d'Audréa, je me demanderai pourquoi Noir a insisté pour que vous m'accompagnez. Enfin, pour votre culture personnelle, sachez que mon code de conduite a toujours été des plus permissible. Et que l'Inquisition faisait montre de beaucoup de tolérance envers les outils ésotériques, en coulisse. Vous croyiez vraiment l'Inquisition assez stupide pour se priver d'un moyen rapide et sûr de trouver les sorcières à envoyer sur le bûcher ?
- Mais...
commença Isabelle...
la Pierre du Trouveur n'indiquerait pas systématiquement les sorcières, mais aussi toutes les personnes qui auraient été en contact, après la victime, avec l'objet, un chaudron par exemple.
- C'est là où le volet officiel entre en jeu : dans le temps, on brulait pour bien moins que pour le simple fait d'avoir touché à un chaudron de sorcière !
Le pendule finit par s'immobiliser à Bribe.
- Allez, espérons que Bribe soit la bonne destination, et qu'on y trouve pas seulement un autre gus à tuer.
grommela encore Logar.
- Je vous rappelle que la première personne que l'on a éliminée, d'après Monsieur Noir, était entrée en possession du livre il y a moins de 3 semaines. Cela nous fait seulement une chaîne de 3 semaines à remonter,
fit Isabelle, plus optimiste.
- Ben ce satané tome de La Lypémanie du Devin, il change de mains un peu trop souvent à mon goût.
[HRP] Note La Pierre du Trouveur : apparition d'un petit objet ésotérique non unique. Si besoin, j'en ferai la description du fonctionnement de manière plus claire, de l'historique et d'où se les procurrer dans L'Histoire d'Arkantis.[/HRP]
Thème visuel par Zeph
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