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[quote="Azeem El'Bakshir"][i]Alors que la foule hurlait et l’insultait, Juan, resta impassible. Son épée, pointée vers le géant blond, semblait l’inviter du bout d’un bras parfaitement immobile à venir s’empaler sur sa lame. Le Norvaskien pour sa part, profitait que le public lui fut toute acquis pour parader, faisant le tour de l’arène, gratifiant d’un nouveau coup de pied le jeune erysmatien qui s’était effondré contre le mur circulaire de la fosse et hurla des défis dans le plus pur esprit barbare à son adversaire. Le manchot resta néanmoins de marbre face aux provocations, se contentant de pivoter souplement afin de conserver son arme entre le géant et lui-même. Brusquement au milieu d’un nouveau défi, le Norvaskien chargea avec une vitesse surprenante pour un homme de sa corpulence. Avant que le foule ne réalise que le combat venait de débuter, le barbare avait parcourue la distance le séparant de son adversaire, prit appuie sur son pied droit a quelques centimètre de la pointe de l’épée, et balança sa hache d’un coup qui aurait suffi à sectionner un homme en deux. Mais le lourd tranchant ne rencontra que l’atmosphère malsaine du bon Samaritain. Au dernier moment, Juan exécutât un bon surprenant sur le coté, se mettant hors de protée d’un bon mètre de son adversaire. Le manchot recula quelques peu et repris sa position, imperturbable, épée pointé vers le géant tendis que celui ci retrouvait son équilibre après avoir été emporté par son élan. Le Norvaskien afficha un rictus mauvais avant de charger de nouveaux. Arrivé devant son adversaire, il feinta un coup vers la droite puis balança sa hache de l’autre coté, espérant intercepter Juan dans sa fuite. Le manchot anticipa le coup, se fendit en avant dans un éclair argenté puis bondit en arrière, esquivant le tranchant de quelques millimètres. Le barbare mis de nouveaux quelques seconde à retrouver ses appuies que Juan mis à profit pour s’éloigner de plusieurs pas. Ce n’est qu’une fois son geste enfin maitrisé que le Norvaskien s’aperçu de la longue trainé rouge qui lui barrait le torse. La coupure n’était que superficiel mais le sang qui s’en écoulait la rendait parfaitement visible au public, blessant profondément l’ego du barbare. Dans un hurlement de rage il chargea de nouveau son adversaire lançant sa hache dans un puissant cout horizontal. Juan attendit le coup, immobile, puis, au dernier moment esquiva d’un bon puissant sur le coté, se réceptionna souplement se fendit d’un bond en avant, imprimant une nouvelle marque sanglante sur le corps musclé de son adversaire qui frappait une nouvelle fois dans le vide avant de se mettre prudemment hors de porté. Cette fois la foule, oubliant que le manchot défendait l’Erysmatien, se fendit en exhortation. Le nouveau spectacle inattendu que leur proposait le nouvel arrivant se révélant fort à leur gout. Autour de la Fosse les paries étaient relancés. Malgré la concentration que Juan s’employait à conserver afin de réussir ses passes, il ne put empêcher un insidieux courant de nostalgie progresser en lui. Certes l’arène où il se trouvait était à mille lieux de l’Arène de Sanriqua. Autant comparer l’autel d’une secte hérétique avec la Sainte basilique d’Ohm elle même. Néanmoins, la clameur du public, l’ardeur du combat, l’excitation d’attendre le dernier instant pour esquiver les coups de son adversaire, ainsi que la frustration qui se lisais sur le visage de celui-ci, ramenèrent Juan bien des années en arrière. Des années d’une autre vie où il n’était pas seulement Juan, mais Juan Don Esteban, le prodige de Sanriqua qui avait enflammé tout le pays par son arrogance et ses combats spectaculaires. Il avait affronté les terribles Toros Inpèlla dans une arène en liesse devant ses passes toujours plus audacieuses. Mais il avait fini par être aveuglé par son propre mythe et, en dépit des avertissements de ses maîtres, avait oublié que les Toros Inpèlla, malgré une vague ressemblance qui leur donnait leur nom, n’était pas des taureaux et devaient être craint, et traité avec le plus grand respect conformément aux traditions du royaume. Cette folie de jeunesse avait finit par lui couté très chère. Juan chassa sa nostalgie. Revoir ce qu’il avait perdu lui était toujours douloureux, même bien des années après. Malgré tout, il avait toujours conservé un certain sens du spectacle, et pour une fois qu’il avait l’occasion de l’exprimer, Juan ne comptait pas s’en priver. Apres de nouvelles passes spectaculaires, laissant quelques coupures sur le corps impressionnant de son adversaire et de profondes blessures dans son égo, le manchot acquis définitivement le public à sa cause. [/i][/quote]
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Revue du sujet
Azeem El'Bakshir
Posté le: Lun Juin 29, 2009 9:03 pm
Sujet du message:
Juan supportait péniblement l’erystmatien tout en parcourant de mieux qu’il pouvait les sombres corridors des sous-sols du Bon Samaritain. En plus du jeune homme, son unique bras valide se devait de tenir son épée qu’il refusait de remettre au fourreau pour ne pas se retrouver sans défense au détour d’un couloire hostile. Aussi devait-il se passer de l’aide appréciable qui lui aurait fournie une torche ce qui rendait sa progression sur le sol irrégulier plutôt périlleuse.
- Juan…
souffla l’erysmatien.
Laisse moi ici, je trouverais… la sortie. Dit à mon Oncle que j’ai succombé… Il te croira.
- Désolé Señor, mais j’en doute… et faite silence. Vous savez bien que je ne peux mentir au Sénateur.
Reprit Juan dans un murmure.
Et il suffit de vos délires, votre oncle ne nourrit plus de colère pour vous.
- Tu es un Dakrie, Juan, tu ne peux pas comprendre…
Au loin des bruits de combats parvenaient jusqu'à eux après s’être répercutés d’innombrable fois le long des murs humides si bien que Juan était incapable de dire si ceux-ci venaient de devant ou de derrière lui. Il hâta un peu plus le pas.
Concentré pour ne pas bêtement trébucher, il ne vit pas tout de suite que le corridor qu’il suivait faisait un coude et mit quelques secondes à se rendre compte de son imprudence. Pire, il distingua à quelques mettre devant lui deux silhouettes dans la pénombre. Réagissant vivement, il laissa tomber l’Erysmatien qui eut juste assez de conscience pour tituber jusqu’au mur le plus proche pour y prendre appuie tendit que Juan pointa son épée en direction des deux inconnues.
Un bref moment de tension passa durant lequel les deux groupes s’évaluèrent, tachant de distinguer la nature de l’autre dans la faible lueur que diffusait péniblement une troche lointaine. Juan perçu rapidement qu’un des deux inconnues était une femme tendit que l’autre torse nu, semblait plutôt appartenir aux innombrables esclaves qui croupissaient dans ce lieu maudit. Quoi qu’il en soit il y avait peu de chance qu’ils appartiennent à la milice de l’établissement et, bien que sur leurs gardes, ils ne semblaient pas ouvertement hostiles. Le manchot, détendit quelque peu son bras, sans pour autant baisser complètement son épée.
- Señorita et Señor,
commençât-il avec son fort accent des Marches.
Je serais votre obligé si vous daignez bien nous indiquer la sortie. Mon compagnon ne tiens pas vraiment à rester ici d’autant qu’il a grand besoin de soins...
Maej'tei
Posté le: Mar Juin 02, 2009 10:25 pm
Sujet du message:
Vingt petites minutes avant…
Kohan, dans les cachots, était toujours séquestré avec les autres. Juan n’avait pas encore sauvé le neveu de Gordevaï. Rachel, la journaliste, ne s’était pas encore faufilée dans les souterrains. Et même Azel, toujours dans l’arène, venait à peine d’achever son adversaire.
Hugues Labotte, quant à lui, n’avait toujours pas répondu à la proposition du curieux inconnu, Laust.
- Regardez moi ça mon ami !
lui lança-t-il en désignant du regard Azel.
Je crains fort que votre offre ne tienne plus la route ! Ce Rajiendel est un bougre têtu ! Il ne veut plus combattre et croit pouvoir le décider quand ça lui chante. Il ne mérite même pas que je lui balance une chaussure… même si elle ne m’appartient pas.
Laust ne répondit rien. Après tout, c’était inutile.
Une fois que deux soldats emmenèrent Azel vers les dessous secrets du Bon Samaritain, les minutes s’écoulèrent au rythme des perles de sang déversées dans les arènes. D’autres distractions furent mises en place, ainsi qu’un autre combat très peu intéressant que Labotte considéra vulgairement comme étant un simple « bouche-temps ». Les esclaves désignés pour la lutte semblaient épuisés, offrant du même coup une prestation beaucoup plus molle que la précédente. Les parieurs aussi parurent se fatiguer, et les échanges monétaires s’essoufflèrent de facto. Même Labotte se surprit à miser moins, en venant même à se demander si ces esclaves n’étaient pas les derniers qu’avaient à proposer le Bon Samaritain…
Ce fut alors qu’il entraperçut, au sein de la foule et après plusieurs minutes d’un étrange ennui, Gilles, le Cicérone. Il ne put passer à côté de l’occasion. Il bondit de sa place, redressa son corps boudiné afin de se tenir debout et beugla :
- Mon Vieux Cicérone ! Viens là ! Mes pièces te réclament !
Un rire gras émana de sa gorge gonflée tandis qu’il se rasseyait lourdement. Cicérone, rapide pour son âge, rappliqua de suite à l’annonce d’argent. Le sourire édenté, il demanda :
- Que puis-je pour monseigneur ?
- Ha ! Bien… Dis-moi… C’est tout ce que le Bon Samaritain a à offrir comme spectacle ? Des squelettes se cognant crâne contre crâne ?
- La prestation ne plaît-elle pas à Monseigneur ?
s’enquit Cicérone de sa voix espiègle.
- Tu deviens dure de la feuille mon Vieux Cicérone. Non, ce combat est d’un ennui mortel. Où est ce Rajiendel ? Qu’il vienne combattre de nouveau dans son arène ? Bon dieu ! Je veux le voir le bide ouvert !
- Ah… Je crains fort que ce ne soit pas possible. Azel Rajiendel fait des siennes en ce moment même…
- Plaît-il ?
balança Labotte intrigué.
Que cela veut-il dire ?
- Hélas, Monseigneur, je ne suis pas habilité à dévoiler ce genre d’informations.
Cicérone fit un léger clin d’œil à son plus fidèle client. Labotte rit de nouveau fortement, comprenant l’allusion de son informateur. Quelques secondes plus tard, un paquet de pièces passaient de main en main avec une banalité déconcertante. Cicérone approcha son visage taillé à la faux, glissant tout bas :
- Là-dessous, c’est l’hécatombe. Le quartier des esclaves est, ironiquement, vide d’esclaves. Ils se sont tous échappés… ou presque.
Cicérone désigna sèchement de la tête le combat qui se déroulait mollement dans l’arène.
- Selon certains dires,
poursuivit Gilles le Cicérone,
ce serait Azel rajiendel le responsable de tout ce foutoir. Les hommes de la sécurité ont bien du mal à arrêter l’hémorragie. Enfin… bref ! Je me dois de vous laisser monseigneur, les affaires m’attendent. Il me faut me renseigner davantage ! Passez tout de même une bonne soirée. Un conseil, les catins du premier, elles, ne se sont pas enfuies…
Labotte regarda le vieillard s’en aller aussi rapidement qu’il était arrivé. L’idée de retrouver une prostituée à l’étage lui plut quelques secondes, avant que son entrejambe ne se plaigne d’épuisement… Il reconsidéra alors les probables activités auxquelles il pouvait assister, remarquant finalement que l’inconnu était toujours assis à ses côtés. Une autre perspective s’approchait de lui. Une perspective nouvelle et excitante. Il la peaufina encore un peu, du moins, autant que son cerveau baigné de graisse le lui permettait. Il tourna alors son visage vers Laust, l’inconnu.
- Hum… Peut-être ai-je parlé trop rapidement, mon ami,
avoua Labotte en affichant un sourire niais entre ses deux joues ballonnées.
Je saurais vous récompenser généreusement si vous traquiez ce Rajiendel, ce bougre têtu dont je vous parlais toute à l’heure… Vous voyez ce que je veux dire ?… Tenez…
Il glissa sa main dans son veston trempé de sueur et en extirpa quelques pièces agonisantes. Le tintement discret qu’elles émirent résonna comme une plainte étouffée par le vacarme de la foule. Elles tentèrent d’attendrir le cœur de l’inconnu, suppliant Laust de bien vouloir les sauver de l’étreinte poisseuse du ventripotent. Leur visage, normalement scintillant, luisait grassement sous les lumières vicieuses des arènes, attendant le verdict.
- Bien sûr, l’autre moitié vous sera versée lorsque le travail sera dument effectué. Je vous demanderai seulement d’éliminer le malotru qui agit en défaveur du Bon Samaritain, Azel Rajiendel. Lorsque ce sera fait, prévenez moi en vous rendant à l’Auberge Des Trois Fautes. Nous mènerons ensemble le cadavre de ce pourri jusqu’au tenancier des lieux.
Evidemment, Labotte avait eu une idée qu’il jugeait comme étant tout simplement grandiose pour s’attirer les grâces du propriétaire. En effet, il ordonnait à cet inconnu de tuer Rajiendel, et, tous deux, par la suite mèneraient son corps devant les yeux du gérant. Ce dernier, le remercierait alors grandement et, pour lui montrer sa gratitude, lui permettrait sans doute quelques privilèges dans son établissement. De plus, Labotte, par souci d’économie, offrirait généreusement son assassin comme esclave ce qui lui permettrait, d’une part, de récupérer la petite fortune qu’il exhibait à cet instant même sur sa paume ; d’autre part, de combler la perte d’esclaves ce soir et ; dernier point, de profiter davantage de la générosité et de la future amitié du gérant. Sans conteste, les profits seraient non négligeables. Evidemment, l’inconnu ne devait se douter de rien.
Labotte sourit.
Sans élégance, il tendit sa main vers l’assassin qu’il désirait employer. Les pièces agonisaient sur sa paume molle tandis que ses yeux épiaient l’expression insondable de l’inconnu.
Juste à côté, une oreille féminine s’était tendue, ayant déjà tout entendue de la discussion entre Labotte et Le Vieux Cicérone. Elle cherchait, en plus de ça, à subtiliser la richesse de la conversation entre l’inconnu et le dépravé. Le brouhaha des gradins était semblable au passage des badauds dans une grand-rue d’Audréa. Imposant, frénétique et continuel. Et, tel le petit larron dérobant à la volée dans chaque poche trop large ou chaque besace trop pendante, Eleanor laissait son ouie fouillée discrètement dans les musettes du tapage. Ses oreilles agrippèrent quelques pièces de monnaie correspondant à quelques précieuse bribes de phrase et, peu à peu, constituant son petit pécule, elle déchiffra le contenu de la conversation. Elle comprit alors la vilenie de la fortune qu’elle possédait entre les mains…
L’homme dont parlait Labotte, ce même Rajiendel, était devenu celui qu’il fallait abattre en priorité. Il en était tout autrement pour Eleanor. Elle aussi s’était surprise à s’intéresser aux dires du Vieux Cicérone, en allant même jusqu’à soutenir, intérieurement, le dit Rajiendel. Ses raisons étaient simples. Pour une fois en ces lieux, un individu accomplissait quelques actes que l’on pouvait considérer comme bons… Libérer les esclaves étaient sans doute quelque chose qui avait quitté l’esprit des clients du Bon Samaritain depuis de longues décennies sans doute ! Alors, entendre son débauché de mari payer la mort du libérateur comme on achète une vulgaire baguette de pain, l’insupporta. Elle savait pourtant qu’elle devait taire ses opinions, le laisser mener à bien ses affaires pourries, sans quoi il la punirait de la pire des manières. Une fois de plus. Mais elle n’avait pas été élevée de la sorte, et son caractère en dénotait franchement. Elle se mordilla quelque peu la lèvre inférieure, se retenant de dénoncer l’injustice. Elle ferma les paupières quelques secondes et inspira une bonne bouffée d’air, tentant de conserver ses lèvres closes. Néanmoins, entendre de nouveau la voix pâteuse du bourgeois pervers fut de trop. Elle lança froidement :
- Si commander le meurtre de ce Rajiendel est bon pour le devenir du Bon Samaritain, peut-être serait-il bon pour le devenir du monde que vous commandiez le vôtre.
Cette réplique, tel un couteau, eut l’effet de trancher net la conversation entre les deux hommes. Labotte se retourna lentement, plongeant ses yeux minuscules dans ceux de son épouse. Il afficha un sourire en coin, se rappelant que ce qu’il détestait en elle était également ce qui l’excitait le plus : son insolence.
Il répondit :
- Ma douce, ma douce… voyons. Laissez les hommes parler affaires entre eux et contentez-vous de vous taire je vous prie.
Labotte s’apprêta à se retourner vers l’inconnu.
- Et si je ne le fais pas ? Ordonneriez-vous également à cet étranger de m’assassiner ?
La colère, mêlée irrémédiablement à la peur, commençait peu à peu à gagner la gorge de la jeune femme. Sa voix en était affectée, se ponctuant de quelques trémolos vainement cachés.
- Ne soyez pas sotte ma douce. Sinon, oui, je le crains fort, votre disparition sera méritée.
- La mienne peut-être. Mais celle de ce Rajiendel ? Hein ? En quoi vous octroyez-vous le droit de détruire le peu de bonté qui réside en ce monde ? Vous n’être que… qu’…
- Oui, ma douce ? Que suis-je… ? …Je vous écoute.
Dame Eleanor partait dans une tirade passionnée et, elle le savait, défendait beaucoup plus que ce simple Azel Rajiendel. Elle défendait sa propre condition. Peut-être que le fait de voir ce regain d’espoir au sein des lieux suprêmes du péché lui ouvrait les portes d’une nouvelle force. Celle qui l’avait abandonnée depuis longtemps. Néanmoins, ce soir, elle avait aussi conscience d’une chose bien moins heureuse : elle était allée trop loin. Alors, juste pour défendre le peu de fierté qu’il lui restait, elle décida de finir ce qu’elle venait de commencer…
- Vous n’êtes qu’un pauvre con.
Le sourire de Labotte se dissipa telle une goutte d’encre en plein océan. Et les vagues, furieuses, n’y arrangèrent rien. Celles-ci déformèrent le visage du bourgeois dans une grimace colérique terrifiante. Il s’empressa de lever sa main, puis de la rabaisser rageusement jusqu’à ce qu’elle gifle avec fougue la joue pâle de son épouse. Cette dernière fut vulgairement projetée hors de sa place. La tempête fut de courte de durée, mais suffisamment violente pour taire toute objection.
Dame Eleanor releva les yeux, enfonçant son regard dans ceux de son mari. Elle voulut offrir la même dureté à l’inconnu, Laust. Lui montrer qu’une femme pouvait résister aux courroux d’un despote aussi durement qu’un homme. Mais lorsque les deux regards s’effleurèrent, elle ne parvint pas à y mettre toute la puissance qu’elle souhaitait. Une main glaciale et invisible lui effleura l’échine, remonta son cou et remua de manière infime ses cheveux blonds. Elle sentit un frisson arracher petit à petit sa peau de porcelaine et ne put s’empêcher de couper sa respiration. Cela ne dura qu’un temps fugace, puis, d’un geste sec, Labotte lui ordonna de se remettre en place. Plus secouée par les yeux de l’inconnu que par la violence de son mari, elle se rassit…
Le bourgeois, quant à lui, se tourna finalement vers son interlocuteur, offrit de nouveau sa paume couverte de quelques pièces, et balança :
- Alors, ce travail… L’acceptez-vous ?
Eléa
Posté le: Lun Juin 01, 2009 1:00 pm
Sujet du message:
Rachel considérait l'homme qui lui faisait face, un sourire teinté de cynisme flottant sur les lèvres.
- Vous comptez me suriner le gras avec ce couteau à beurre ?
interrogea-il d'un ton narquois.
Vous voulez peut-être que je vous prête le mien ?
questionna-t-il en posant sa rapière contre sa gorge.
A vrai dire, au vue de la tournure et du ton que prenait la conversation, Rachel se serait fait un plaisir de tester la lame émoussée du couteau qui tremblait toujours dans sa main, mais plus tout à fait à cause de la peur... Elle n'était pas dupe, encore un de ces criminels qui se découvrent un sens moral... S'il avait été aussi dangereux et implacable que son expression tentait de le faire croire, la jeune femme savait qu'elle serait déjà morte.
- Je suis charpentier. Je sais pas ce vous aviez l’intention de faire en ramenant vos petites fesses dans ce rade, mais vous devez être au courant que personne n’aime les fouineuses. Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit, non ? Vu votre démarche. Si vous voulez vivre et sortir de là, suivez moi… mais pas de trop près, voulez-vous ? Mon domestique n’a pas eu le temps de me faire prendre de bain ce matin.
La journaliste ne peut réprimer un sourire ironique:
- Oh, c'est vrai que vous semblez tout à fait à votre aise vous en revanche... Mais dîtes-moi... N'étiez-vous pas dans une arène à vous faire "suriner le gras" il y a quelques vingt minutes? Suis-je bête, vous êtes un vrai seigneur dans les parages...
La jeune femme marqua une pause, toisant le criminel.
Laissez mes « petites fesses » où elles sont voulez-vous et changez donc de ton tant que vous y êtes... Parce qu'au cas où vous n'en auriez pas conscience, vous n'êtes pas mieux loti que moi ici...
Rachel se sentit soulagée... Pas rassurée pour autant mais cracher son venin l'aidait toujours à évacuer les tensions. Elle pesa la pour et le contre... Suivre un homme dangereux n'était certes pas ce qu'Ethan aurait qualifié d'option raisonnable mais emprunter un autre chemin ne se révélerait sans doute pas plus malin. En outre, lui coller aux basques pourrait peut-être faire avancer l'enquête... Même si son arrogance le rendait insupportable... La journaliste l'emporta sur la femme et elle résolut de suivre l'homme.
- Je devrais y survivre... Le manque d'hygiène n'est pas ce qu'il y a de plus nauséabond en vous... cracha t-elle se remettant en marche.
Les rumeurs arrivaient jusqu'à eux, se répercutant contre les murs de pierre et Rachel se demanda encore combien de temps il faudrait aux gardes pour tomber sur eux? Les cris étouffés, la présence de l'homme... Elle comprit qu'il s'était passé quelque chose d'inhabituel.
*On dirait bien une révolte qui gronde...*
La jeune femme ne savait pas ce qui serait le plus ennuyeux... Croiser les esclaves et leur rage ou les gardes et leurs armes... Elle était surtout inquiète de se retrouver prise entre deux feux, aussi pressa t-elle le pas et fut fort contrariée lorsque l'homme fit brusquement volte face.
- Vous avez quelque chose d’utile dans votre sac ? Comme un peu de tabac ?
- Est-ce que j'ai l'air d'un marchand de tabac?
Lâcha t-elle calmement, jetant un bref regard nerveux par dessus son épaule, les bruits leurs rappelant qu'ils n'étaient pas seuls leurs parvenaient de plus en plus distinctement.
Puis, fixant l'homme dans les yeux:
- Mais je vous promets que si l'on sort d'ici vivant, je vous offre une livre du meilleur tabac que vous n'aurez jamais fumé, chiqué ou... tout autre chose que vous pourriez vouloir en faire!
Il n'eut pas le temps dé répondre, des pas rapides résonnèrent derrière eux. Rachel se retourna, fixant avec anxiété le coude qu'ils venaient de franchir...
Arioch
Posté le: Sam Mai 30, 2009 12:53 pm
Sujet du message:
-Journaliste... lâcha t-elle d'une voix la plus assurée possible. Je... Suis journaliste... Mais vous, qui êtes-vous?
Le criminel jeta un regard derrière lui, puis sur le couteau de la jeune femme qu’elle tenait en évidence. Il adressa un sourire de biais à la journaliste qui s’était acculé d’elle-même contre le mur derrière elle.
- Vous comptez me suriner le gras avec ce couteau à beurre ?
interrogea-il d'un ton narquois.
Vous voulez peut-être que je vous prête le mien ?
questionna-t-il en posant sa rapière contre sa gorge.
Je suis charpentier. Je sais pas ce vous aviez l’intention de faire en ramenant vos petites fesses dans ce rade, mais vous devez être au courant que personne n’aime les fouineuses. Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit, non ? Vu votre démarche. Si vous voulez vivre et sortir de là, suivez moi… mais pas de trop près, voulez-vous ? Mon domestique n’a pas eu le temps de me faire prendre de bain ce matin.
Sans lui adresser plus d’attention que nécessaire, Azel emboîta le pas sur la journaliste, et s’arrêta soudainement pour faire volte face.
- Vous avez quelque chose d’utile dans votre sac ? Comme un peu de tabac ?
Il sourit de toute ses dents et imagina son frère en train faire de même, ce qui ne manqua pas de l’agacer.
*Allons nous trouver une sortie*
~Au même moment, le patron des lieux~
Elden Elrod caressait sa barbe grisé par les années, qu’il entretenait soigneusement avec une rigueur et une discipline d’ancien militaire. Il pouvait voir sa belle chevelure clairsemée d’argent et légèrement ondulé –que seul les hommes de goût du Nouvel Empire comme lui savait entretenir– dans le fond du verre qu’il nettoyait distraitement à l’aide d’un chiffon souillée de sueur.
Il jeta un coup d’œil aux poivrots du dimanche après-midi qui noyaient leurs vers intestinaux à l’aide d’alcools ambrés. Se pouvait-il qu’ils restent dans leur coin jusqu’à ce que les derniers pète-plus-haut soient parqués à l’étage ou au sous-sol ? Il songeait depuis un bon moment à les expulser avant qu’ils ne se mettent à provoquer une bagarre… ces minables récidivistes qui commençaient à lui devoir du pognon avec les filles, allaient peut être se retrouver les quatre fers en l’air avant de perturber quoi que ce soit dans la soirée. Il ne pouvait pas se permettre de perdre des clients à cause de ça.
*Faut que je prévois large pour ce soir, que les assoiffées des fosses puissent tous se vider après le spectacle, j’vais faire un prix sur les filles éclopées.*
Il pris une bouteille de sous le comptoir et se servit dans le verre qu’il venait de nettoyer. Il remarqua son comptable Soop, un homme qu’il jugeait de faible prestance et qui se prétendait médecin à l’occasion.
Pas de doutes. De toute évidence, il courrait vers lui. Elrod soupira, puis s’empressa de vider son verre en crispant sa gorge.
Le comptable posa ses mains contre le comptoir et se pencha vers le gérant du Bon Samaritain qui l’accueillit d’un sourire figé.
- Elden
,
lança-t-il en reprenant son souffle,
je crois que nous avons un problème dans les corridors.
Le gérant se servit un deuxième verre en grognant et le bu d’une traite.
- Pourquoi tu viens me les broyer pendant que je réfléchis à ma soirée ?
- Elden,
dit en soupirant le comptable,
vous savez par quel mystère je pourrais réclamer mon argent pour le sale boulot de la semaine dernière ?Cela commence à être irritant.
- Hé
,
l’interpella le gérant en pointant son index sur la poitrine de son interlocuteur,
ne m’insulte pas sous mon propre toit, tu va pas me traiter de mauvais payeur, non ? Sale petite...
Elrold s’arrêta un instant et se pencha à son tour.
- Tu va me dire quel genre de problème c’est, reprit-il lentement, et si ça mérite que tu viennes m’emmerder derrière mon comptoir. Si c’est pas le cas, je te garantie que tu ressortira les pieds devants.
Soop se permit de sourire et Elrod se jura intérieurement de régler définitivement son cas un de ces jours.
- Le problème, Elden, vient de vos cellules, il semble qu’elles aient un peu de mal à se fermer. Ils ont retrouvés quatre de vos hommes en très mauvais état. Des mesures sont déjà en train d’être prises. Ils n’iront pas bien loin, bien que vous n’êtes pas sans savoir qu’à cause de vos affaires récentes, nous manquons d’effectifs pour la sécurité aujourd’hui.
- Tu plaisantes, j’espère.
- J’aimerai bien, il y a plusieurs esclaves en liberté en ce moment, je n’ai pas plus de détails mais il semble que Rajiendel en fait partie.
Le gérant leva un sourcil et fit le tour du comptoir en prenant une rasade d’alcool à même le goulot de la bouteille, avant de s’essuyer sur son avant bras nu. Il se racla ensuite la gorge et reboutonna son gilet noir.
*Faut que j’aille voir à l’étage pour caresser tout le beau monde, une fois ça réglé… *
- Tu va rester ici accueillir les gens à ma place, je vais voir directement ce qu’il se passe.
ordonna discrètement le gérant en rejoignant le comptable.
- Ce n’est pas mon travail, Elden.
- Arrête de te plaindre sale con,
lui lança-il en lui tournant le dos pour se diriger dans la cuisine,
et dit à Janus de me rejoindre. Ah, et arrête de répéter mon prénom où je vais devoir te casser les dents un de ces jours !
Le gérant siffla à l’encontre d’un garde qui s’était posté dans l’escalier menant à l’étage et s’engouffra dans la porte à double battant. L’odeur de la viande en train de cuire dans de larges marmites de cuivre lui emplit les narines et lui donna envie de se servir dans la réserve de charcuterie. Après tout, il pouvait bien se permettre de profiter de sa situation, au vu de ses efforts pour rester en vie afin d’amasser le plus d’oseille, et ce, avant de prendre définitivement congé de ses nobles activités, en bon samaritain respectable qu’il était. Mais il verrait cela plus tard… pour l’instant, il fallait se concentrer sur cette petite plaisanterie.
Elden envoya valdinguer à l’autre bout de la pièce un tabouret qui traînait devant lui –manquant de peu de renverser une casserole fumante au contenu douteux- et s’empara d’un sabre long, accroché au dessus d’un jambon légèrement fumé. Les cuisiniers connaissaient par cœur la musique, et firent ce qu’ils avaient de mieux à faire : Ils continuèrent leurs préparatifs dans l’indifférence la plus totale.
- Vous vous rendez compte parfois, du nombre de pique assiette que j’engraisse chaque jour pour faire tourner cette boutique ?
interrogea-il sans attendre de réponses.
J’ai envie de vomir rien qu’à voir la tronche de certains.
Le Samaritain contourna les fourneaux, et bouscula sans ménagement un petit morveux de quatorze-ans qui faillit s’ébouillanter avec l’eau frémissante qu’il transportait. Enfin, il ouvrit une trappe sur le sol et s’y engouffra aussi sereinement qu’il le serait à sa sortie du milieu, dans son bac de baignoire, en charmante compagnie qui plus est.
C’est d’un pas assuré, le menton relevé et le regard fier, qu’il posa le pied sur l’escalier qui le menait dans le saint des saints pour le patron qu’il était, son petit vivier personnel qui lui rapportait tant pour si peu de frais. C’était tellement simple. D’un côté, une manne quasi-inépuisable de nouveaux riches venant de toutes les capitales du monde civilisé pour s’offrir du bon temps, de l’autre, l’une des plus anciennes monnaies d’échange que le monde d’Arkantis ait abrité en son sein : Les Arkantiens. En ajoutant à cela les commodités d’usages à l’étage, il avait sous la main un savant mélange qui établissait chaque jour davantage son succès depuis de nombreuses années dans la région.
*Si il y a une justice, Ohm, fait que je ne me sois pas casser le cul pour rien*
Balrog
Posté le: Mar Mai 19, 2009 7:37 pm
Sujet du message:
Sa vision revint.
Il remarqua qu'il n'était pas seul enfermé comme un animal, il y avait là quelques autres hommes de tout âges. Il remarqua cependant quelques caractéristiques communes, ils étaient tous sales et terrifiés.
Il jeta un œil sur son mollet qui lui rappelait depuis peu qu'il était blessé. Par chance le carreau ne s'était pas planté mais avait entaillé profondément le muscle et le sang déjà sec avait arrêté l'hémorragie. Cependant il lui était impossible de marcher normalement et courir lui était parfaitement inaccessible.
- Bienvenu en enfer gamin !
dit le vieil édenté de la cellule d'en face.
Au ton employé pour dire cette phrase Khoan compris que le vieillard avait longuement réfléchit à ces mots afin que l'accueil des "petits nouveaux" soit du plus bel effet.
*Bon... Il me faut une solution, c'est impossible, je ne peux pas finir ici...*
Pas le temps de réfléchir d'avantage, déjà des bruits de pas se faisaient entendre dans le lointain et son compagnon d'en face se tapissait dans le coin le plus sombre qui lui était offert.
Un homme au ventre lacéré sortit le premier de l'obscurité d'un couloir, suivit de prés par deux gardes. Khoan vit que l’un d’entre eux tenait une sorte d’arc au bout d’un manche en bois, un mécanisme était également visible. Toute son attention se porta sur l’objet en question. Impossible de détacher son regard. Il avait déjà vu, enfant, quelques armes sur des soldats mais celle-ci jamais.
Il ne tarda pas à la voir à l’œuvre.
En un instant il vit l’esclave saisir l’arme, la pointer en direction d’un garde et décoché une courte flèche dans l’œil de ce dernier. Il fut saisit par la précision et la rapidité de l’homme. Voilà tout ce qu’il avait fuit depuis des années, la violence, la mort, la haine. Etourdit par cette prise de conscience, ce qui suivit lui paru hors du temps et de l’espace. Plus de son, aucune image n’était retenue par sa mémoire. Une incapacité totale à produire une quelconque pensée s’était emparée de lui.
Il reprit ses esprits. Les détenus s’enfonçaient dans un couloir sombre et face à lui, sur le sol, il remarqua l’étonnant arc. Il le fixa. Étrangement, l’esclave lui avait ouvert la porte et laissé une arme, il ne savait pas s’en servir certes, mais au moins il avait une chance. L’homme, qu’il avait d’abord pris pour un humain sans considérations, venait peut-être de lui sauver la vie.
Il fallait maintenant se sortir de là. Il se redressa et ramassa l’arme et les projectiles. Il sortit de sa cellule.
Quel couloir prendre ? Fallait-il suivre les esclaves ? Valait-il mieux tenter seul sa chance ?
Apres tout, il n’avait guère confiance en son peuple, il aurait sûrement plus de chance si …
Une porte s’ouvrit et deux gardes apparurent. Ils virent Khoan au milieu de la pièce.
- Toi tu bouge pas et tu pose cette arbalète sur le sol !! Maintenant !!
*Arbalète … arbalète … c’est un nom curieux…*
Voyant que Khoan ne réagissait pas, le plus jeune des deux gardes s’avança épée tirée du fourreau.
- Elle n’est pas chargée !
- Bon débarrasse moi de ce sac de fumier.
Déjà le second avait baissé sa garde et se dirigeait vers les couloirs à la recherche d’autres fuyards. Le plus jeune s’approchait, serin, il allait une fois de plus exécuter un esclave récalcitrant, la routine.
Khoan le fixait du regard.
*Je ne peux pas mourir ici … je dois sortir de là …*
Il n’aurait pour rien au monde tué un autre humain par plaisir ou par vengeance mais dans le cas présent c’était une situation finalement assez banale pour lui, tuer ou être tuer. Pas plus. Le retour à la simplicité de la vie sauvage. Il fut étonné de se sentir si à l’aise tout à coup, toute cette peur qui l’habitait depuis sa rencontre avec les soldats c’était envolée.
Khoan sourit de se sentir si bien, alors que l’épée s’élevait et s’apprêtait à lui ôter la vie.
Qu’il est bon de se sentir libre.
L’épée amorçait sa descente.
Ce qu’attendait Khoan et en quoi il avait une confiance aveugle remontât soudainement des profondeurs de son être, l’instinct.
Il serra fortement le manche de l’arbalète et, avant que le fil de la lame ne trouve sa chair, d’un rapide revers il ficha l’extrémité de l’arc dans l’orbite du malheureux. Il se servit de ce point d’ancrage pour déporter son adversaire et le faire chuter au sol. Le cri de douleur du garde déchira l’obscurité du lieu et fit sursauter le second. Ce dernier fixa son collègue avec effroi, le regardant se tortiller au sol dans une fine couche de sang fraîchement jaillie. Khoan savait qu’il n’avait pas droit à l’erreur avec sa blessure, il n’était pas aussi agile qu’il l’aurait voulu et l’effet de surprise était passé. Il s’éloigna du corps maintenant inerte en boitant, laissant une traînée rougeâtre couler de l’arme qu’il tenait toujours dans sa main. Enhardit par la vision du handicap de son adversaire et par le désir de vengeance, le deuxième garde s’élança en direction de Khoan. Il poussa un cri de rage tout en courant et, avant qu’il n’atteigne sa cible, reçu l’arbalète au visage. Khoan profita de sa surprise pour se saisir d’un carreau et le lui planter dans la cuisse. Le garde chuta au sol ventre contre terre et avant qu’il n’eut pu se retourner le jeune homme bondit sur lui, entoura son cou de ses bras et serra. L’homme se débattait, c’était bien naturel, mais Khoan savait que rien n’y changerait, une fois dans cette position aucune proie n’était en mesure de se sortir de cette étreinte mortelle. Le calme revint dans la pièce et l’on put entendre de nouveau le bruit étouffé de la foule. Khoan se releva en prenant garde à s’appuyer sur sa jambe valide. C’était la première fois qu’il tuait un autre homme et, malgré le fait qu’il n’ait eu d’autres choix, un sentiment de culpabilité l’envahit. Il en était là, seul avec cette terrible sensation de s’être fait ingérer par le monde barbare des Hommes et d’être redevenu l’un des leurs.
Plus que jamais déterminé à se sortir de là, il saisit une hachette au ceinturon du garde et s’enfonça au hasard dans l’un des couloirs obscurs …
Azeem El'Bakshir
Posté le: Lun Mai 18, 2009 7:36 pm
Sujet du message:
Juan avait toujours été doué pour ressentir le public et même si celui du bon samaritain n’avait rien du raffinement des gens du royaume de Torosco, il pouvait parfaitement sentir qu’il était arrivé à l’apogée de sa prestation. Le Norvaskien était un ennemi puissant et sans doute un bon guerrier mais Juan avait passé sa jeunesse à perfectionner ses talents d’esquives d’abord en combattant les formidables taureaux qui faisaient la réputation du royaume de Torosco, puis face aux redoutables Toros Inpèlla. Comparé au terrible prédateur des plaines de la région des marches, les réactions humaines paraissaient aussi claires à Juan que si celui-ci lisait directement dans l’esprit de son adversaire. Ensuite, échapper à l’attaque n’était qu’une question de réflexe. La frustration et la rage qui embrasaient le regard du barbare commençaient à faire doucement place au désespoir et à la fatigue. Parmi les nombreuses blessures qu’avaient pu lui infliger le manchot, certaines étaient profondes et saignaient abondamment, vidant petit à petit le colosse de sa vigueur. Celui-ci avait fini par épuiser ses ressources dans ses tentatives infructueuses de toucher son adversaire et semblait pour l’heure désemparé, reprenant de plus en plus difficilement son souffle, il hésitait dorénavant à repasser à l’attaque, laissant l’initiative à Juan qui était obliger de venir chercher le combat. Cela risquait désormais de devenir ennuyeux, et Juan ne voulait pas laisser au public le loisir de se rappeler le sort de l’Erysmatien. Il était temps de conclure sa macabre représentation.
Juan s’approcha du jeune homme toujours à terre et qui se remettait difficilement de son supplice. Le manchot invita d’un geste le public à se prononcer sur la vie ou la mort de son adversaire. Profitant alors des cris et des exhortations du public qui levaient leur pousse baissé pour réclamer le sang du barbare, Juan donne ses instruction à l’Erysmtatien sans le regarder, tout en faisant mine de parader.
- Señor, j’attaque et vous disparaissez vite par la porte et m’attendez derrière.
Assister à sa propre mise à mort réveilla l’orgueil du barbare, lui qui avait exécuté cette même sentence de bien nombreuses fois dans cette arène ne pouvait tolérer d’être cette fois ci dans la position du condamné. Dans un hurlement de rage il lança ses dernières forces dans une charge soudaine. Sans prendre le temps de vérifier si le jeune homme exécutait ses instructions Juan répondit en se lançant à son tour contre son adversaire. Le barbare arma son bras et se déporta sur la gauche pour frapper de toute sa rage l’insolant mais son bras ne lui obéissait plus. Avant qu’il n’eut le temps de comprendre pourquoi sa vie s’éteignit comme soufflé et lorsqu’il heurta violemment le sol, il était déjà mort. Le public mis un petit temps avant de comprendre que Juan avait touché le Norvaskien en plein cœur avec une célérité et une précision extraordinaire. La lame avait frappé avec force, passant entre les cotes du barbare pour ressortir aussi vite et permettre au manchot de s’effacer de la trajectoire de son adversaire qui s’écroula quelques mettre plus loin.
Après un salut de rigueur mais sans joie accompagné d’une prière à Ohm, Juan s’empressa de quitter ce lieu de mort en franchissant à son tour la lourde porte qui donnait dans les souterrains et les cachots de Bon samaritain. Derrière il retrouva son jeune protégé que deux gardes s’apprêtaient déjà à ramener en cellule. Les hommes de main n’eurent pas le temps de féliciter leur nouveau gladiateur pour son spectacle que l’épée de Juan les foudroya sur place. Le manchot releva prestement l’Erysmatien de son bras valide pour s’enfuir aussi vite que le pauvre homme le pouvait. Reprenant peu à peu ses esprits le jeune homme parvint à articuler entre deux halètements.
- Juan… Juan, pourquoi tu es ici ?
- Parce que votre oncle m’a demandé de vous sauver Señor.
- Me sauver… Je ne crois pas que le terme convienne…
- Cela ce n’est pas à moi d’en juger Señor, maintenant taisez vous et gardez votre souffle pour marcher.
Tant bien que mal les deux hommes progressèrent dans les sombres souterrains du Bon samaritain à la recherche d’une sortie.
Ailin
Posté le: Sam Mai 16, 2009 11:27 pm
Sujet du message:
L’air glacé du soir le prenait à la gorge, alourdissant sa respiration de fumerolles gris-blancs. Ethan était serein. Cette journée passée loin de la civilisation l’avait éreinté. Le vendeur, un homme désagréable à l’esprit un peu trop simple au goût du jeune homme, n’avait accepté d’accéder à ses exigences que sous la menace de représailles. En général, quelques piécettes suffisaient à motiver les simplets pourtant, mais cette fois-ci même le poids du regard écrasant de l’Audréain n’avait fonctionné. Heureusement, le statut privilégié d’Ethan donnait quelque consistance à d’éventuelles promesses peu engageantes et le commerçant s’était finalement plié à ses demandes. Cette situation qu’il jugea très irritante faisait bouillir son sang, tout ce temps perdu à bavasser avec un être si paresseux. C’était la dernière fois qu’ils se croiserait. La confiance qu’Ethan accordait à ses fournisseurs avait la fragilité du givre qui recouvrait les herbes au bord de la route, et d’une pensée rageuse, il venait de l’écraser. Malgré tout ce mécontentement, il tapota sa besace de nouveau pleine de flacons et de sachets. Satisfait, il franchit les portes de la capitale et se rendit à son atelier. Arrivé devant la porte, il remarqua qu’elle était verrouillée, ainsi Rachel n’était pas là. Dommage pensa-t-il, elle aurait su calmer ses humeurs. La jeune femme était la seule et unique personne capable de déchiffrer le visage éternellement hautain de son compagnon, les imperceptibles changements qui le parcouraient à la manière de murmures libérés dans la tempête n’avaient aucun secrets pour elle.
A l’instant où il fermait la porte derrière lui, son attention se posa sur un petit bout de papier posé sur la table à sa gauche. Impeccablement plié, légèrement parfumé, le mot ne pouvait venir que d’elle. Ethan sourit intérieurement, intrigué par ce geste inhabituel voire même un peu inquietant; le jeune homme ouvrit la missive et la parcourut lentement. L’écriture soignée lui révéla les intentions de l’auteure et à mesure qu’il assimilait chaque phrase, ses sourcils se fronçaient et les restes de sa bonne humeur s’effilochaient.
*Dans quels ennuis es-tu encore allée de plonger Rachel…*
Un soupir lui échappa, les derniers évènements se bousculaient dans son crâne. Vexé, il glissa le papier dans la poche de son veston et se dit en lui-même qu’elle n’avait qu’à se débrouiller seule. Après tout, son travail à lui prenait une tournure aussi grisante que l’intérêt soudain que la jeune journaliste exprimait à propos de cet établissement où elle s’était rendue… Le Bon Samaritain…Peut importait, il avait d’autres obligations…
Quelque peu apaisé, Ethan ouvrit une fenêtre puis s’occupa de ranger ses récentes acquisitions dans les étagères qui parsemaient les quatre murs du laboratoire. L’air un peu rance se rafraîchit peu à peu et Ethan s’en désintéressa au profit de divers croquis sur lesquels reposait son invention si extraordinaire : le monocle. Il dévissa le bouchon d’un flacon rempli d’un suc sombre et en préleva l’équivalent de quelques gouttes au moyen d’un tube à piston.
La seringue métallique s’inséra doucement dans le trou opéré sur le pourtour du cercle de bronze qui constituait le corps du monocle, le tintement familier le rassura un peu. Ethan regarda la fine aiguille se frayer un passage au travers de l’écran translucide, pénétrant le liquide distendu par la tranche. A mi-chemin, il stoppa son geste et retînt son souffle. Ses pensées se dispersaient dans son crâne, il serra les dents comme pour retenir les insurgées mais ses phalanges blanchies par l’effort ne parvinrent pas à réprimer le frisson qui le traversa de part en part. Pleine de rage, d’inquiétude et de cynisme, la vague le décontenança un instant. L’intervalle fut juste suffisant pour l’injection soit trop brutale, au sein de la pellicule aqueuse le peu de sève écarlate que contenait la seringue se répandit de manière chaotique. Saisi d’une soudaine fascination, Ethan regarda la rivière de sang s’écouler lentement le long de la rue dont il avait enfermé le reflet dans sa mixture. Les pavés s’imprégnèrent du fluide rouge, c’était comme si les deux images se mélangeaient. L’illusion lui apparut saisissante bien qu’imparfaite, cette symbiose, cette interaction graphique, il devrait la perfectionner mais il tenait une piste nouvelle et excitante. Un prétexte parfait pour aller rejoindre son incorrigible acolyte.
Sur le chemin qui menait à l’office des diligences de la capitale, Ethan ne pensait qu’à montrer son incroyable découverte à son amie. Il resserrait les pans de son manteau doublé de laine au niveau de son cou, l'étoffe avait été traitée de manière à donner l’illusion qu’une hermine immaculée était venue se réfugier sur ses épaules, quand un carrosse manqua de le renverser. Maudissant le cocher pour sa négligence, il décida de finalement cheminer le long des murs afin d’éviter d’être de nouveau la victime de l’incompétence des autres. Arrivé au bureau, on lui annonça que le dernier attelage venait de quitter la ville et que le prochain ne partirait que le lendemain, à l’aube.
« Le cocher a intérêt se tenir prêt au départ aux premières lueurs du jour. Si vous me décevez encore, je vous causerai bien plus d’ennuis que vous m’en infligez en ce moment. »
L’avertissement proféré d’un ton neutre fut appuyé d’un regard inquisiteur, à travers les iris incroyablement clairs de ses yeux transparaissait une colère noire. Il quitta la pièce à pas lents, ferma le battant après son passage sans aucune précipitation comme pour donner plus de crédibilité à sa menace. L’air sûr de lui, il rejoignit ses appartements...
Le voyage lui parut abominable, sans cesse malmené par le tangage de la cabine, il n’était parvenu à se concentrer sur ses notes de botanique et d’ocultisme (science élevée au rang d’art nommée par ses soins). Le Bon Samaritain se montra aussi hostile que le décrivait sa réputation, Ethan avait l’air d’un prince au sein de cette atmosphère malsaine. Son monocle fixé à la ceinture à la manière d’une épée et enveloppé d’un grossier morceau de tissu, de nombreuses seringues et clés métalliques scintillaient sur l’écharpe de cuir qu’il portait en bandoulière, à cette dernière il avait attachée sa besace pleine de divers produits. Il se faufila dans la foule sans mal, peu de monde n’osait affronter ses yeux à l’éclat quasi-surnaturel ou se frotter à ses allures de prédateur.
*Rachel, nous avons désormais quelques comptes à régler tous les deux, taches d’en sortir indemne.*
Eléa
Posté le: Lun Mai 11, 2009 12:59 pm
Sujet du message:
Rachel avançait prudemment, cherchant mentalement à se repérer par rapport à la disposition de l'étage supérieur, mais ce n'était pas chose aisé si l'on considérait qu'à première vue, le sous sol devait être plus étendu qu'en surface... Impossible donc d'en déduire si l'endroit où elle se tenait correspondait à la rue... Ou bien même à un autre bâtiment.
*Bon d'accord... Si je sais pas où je suis... Je ne sais pas non plus où je vais...*
Elle continua néanmoins son chemin silencieux, après tout, l'inconnu lui semblait pour l'instant une meilleure option que se mêler à ce qui devait être une rixe, à en juger par les bruits sourds et les cris étouffés qui parvenaient encore parfois jusqu'à elle.
Le couloir décrivit une légère courbe et une ouverture se dessina dans la roche. La jeune femme jeta un rapide coup d'oeil et, ne voyant personne, entra dans la pièce. Enfin, le mot réduit correspondait mieux à l'étroit espace qu'elle découvrit. Presque vide, ce renfoncement ne comptait qu'une vielle table poussiéreuses autour de laquelle trois chaises avaient été abandonnées dans la précipitation d'après ce que la journaliste pouvait en juger. Un mégot fumait encore sur le rebord d'une assiette contenant par ailleurs des restes de quelque chose d'indéfinissable. Des chopes en métal étaient renversées, rependant ça et là leur contenu vermeille. Un couteau malpropre trônait, planté dans une miche de pain rassie et quelques feuilles de papier jaunies étaient éparpillées sur le sol. Rachel s'en saisit prestement et constata qu'il s'agissait de ce qui ressemblait à une liste.
*Des noms... Des sommes d'argent... Hum...*
La jeune femme savait qu'elle n'avait pas de temps à perdre, elle fourra les papiers dans son sac et, se saisissant du couteau, elle quitta la pièce.
Réfléchissant malgré elle à se découverte...
*Il se pourrait bien qu'il s'agisse là d'achats...*
D'achats... L'idée la fit frémir de dégoût. Mais il fallait se rendre à l'évidence, tout ces combats, toute cette boucherie... Il fallait bien que les « esclaves » viennent de quelque part... Et le bon samaritain n'ayant pas qu'une activité saisonnière, il devait falloir un nombre de victimes considérable pour faire marcher cette "juteuse" affaire!
*Allons bon... Dans quoi t'es-tu encore fourrée cette fois?*
Une telle activité... Sans aucune enquête officielle, la journaliste savait bien ce que cela signifiait, cet état des choses convenait parfaitement à tout un chacun dans cette ville... Ce qui sous-entendait qu'il n'y avait aucune aide à entendre en cas de besoin autrement dit, il fallait sortir à tout prix. Rachel n'était pas spécialement peureuse mais elle commença à regretter d'être partie si vite, sans prendre le temps d'expliquer où elle se rendait... Elle pensa à Ethan...
*Bon d'accord... Je te l'accorde... Tu avais raison, je suis folle... Folle à lier.*
Le visage de son ami, avec sa moue désapprobatrice passa devant les yeux de Rachel et elle sourit malgré elle.
*Bien... Après tout, on a connu pire... Enfin je crois...*
Elle se remit en marche, toute son attention tendue vers l'avant, guettant le moindre signe qui trahirait l'imminence d'un danger. Mais celui-ci surgit inopinément par derrière...
Elle pressentie vaguement quelque chose, peut-être un quart de seconde avant l'attaque, une espèce de picotement sur la nuque mais il était déjà trop tard. Elle n'eut pas même le temps de crier.
Bonjour, je crois que nous n’avons pas encore fait connaissance. Qui êtes-vous ?
La main qui lui intimait le silence l'empêchait de reprendre son souffle... Elle tenta de ne pas se laisser gagner par la panique. Puis elle sentit l'étau se relâcher de sorte qu'elle put articuler:
-Je n'ai pas pour habitude de répondre à des questions, une arme sous la gorge...
Elle se dégagea et fit face à son agresseur, trouvant un appui contre le mur derrière elle pour ne pas montrer qu'elle tremblait, tendant machinalement le couteau devant elle en position de défense. Elle reconnut l'homme qui se tenait à présent devant elle. Elle en fut un peu rassurée, après tout, il était dans l'arène... Il n'était donc pas un garde mais un esclave comme les autres... Il ne la dénoncerait pas...
*Il était dans l'arène...*
D'un autre côté, il n'avait donc rien à perdre non plus. Rachel le revit égorger son adversaire... Le jugeant dangereux, elle résolu de ne pas le pousser à des extrémités auxquelles elle préférait ne pas trop penser.
-Journaliste... lâcha t-elle d'une voix la plus assurée possible. Je... Suis journaliste... Mais vous, qui êtes-vous?
Arioch
Posté le: Dim Mai 10, 2009 11:30 pm
Sujet du message:
- Les clés sont sur ce type !
Azel soupira, il n’allait quand même pas perdre son temps avec ça ? Si jamais d’autres gardes se ramenaient… en même temps, les libérer pouvait peut-être se révéler un avantage non négligeable. Il n’était pas forcé de les amener avec lui et ils pourraient très bien servir de distraction pour couvrir sa propre fuite. Ni vu, ni connu dans le chaos que provoquerait leurs révoltes. L’armurerie n’était pas loin, il suffirait d’y aller pour que tous s’arment et puisse se défendre.
*Je suis la voix de la raison…*
Sans dire un mot, Azel revient près de Boiteuse qui continuait de s’étouffer et chercha sur lui la clé des esclaves qu’il trouva facilement dans une de ses poches. Au moment de partir, l’homme masqué lui agrippa le bras et essaya de parler, en vain. Rajiendel se dégagea de son étreinte et lui prit des mains son arbalète - qu’il avait honteusement tenté de réarmer gauchement entre temps – ainsi que son carquois, puis se mit à ouvrir les cellules une par une.
- J’vais vous libérer,
dit Azel,
mais ça veut pas dire qu’on est les meilleurs amis du monde… chacun pour soi… vous n’avez plus qu’à prendre les armes là où elles se trouvent…
- Dans l’armurerie,
précisa un esclave.
- Bien vu, génie,
ironisa Azel tout en ouvrant cette fois la porte de l’homme qu’il avait remarqué plus tôt.
Il constata cependant qu’il était blessé à la jambe et cela n’allait certainement pas lui faciliter l’évasion.
*Désolé pour toi…*
- Tiens, fais en bon usage,
dit-il à l’inconnu en lui balançant l’arbalète.
Une fois le petit manège terminé et les quelques esclaves libérés, Azel s’engouffra dans un des couloirs, dans l’intention de laisser les autres se débrouiller sans lui.
- Il y en a d’autres ! Aide nous à faire le ménage !
Et voilà, Azel soupira de nouveau, sachant qu’en faisant sa « bonne action » du jour, les gens attendraient plus de lui qu’il ne pouvait, ou plutôt, qu’il ne voulait leurs en offrir. Faisant fi de cette remarque, il allait continuer sa course dans le couloir qui reliait les arènes entre elles, mais une patrouille de gardes l’en dissuada. Pas le choix, il rebroussa chemin et emprunta un autre couloir tandis qu’il entendait les esclaves se concertait entre eux pour établir un plan.
*Qu’est-ce qu’ils foutent ? Ils vont rester dîner ?*
La rapière en évidence, Rajiendel longea le mur et essaya de se faire plus discret en maîtrisant la pression de ses pas sur le sol. L’exercice, plutôt facile avec de l’entraînement, devenait particulièrement éprouvant après s’être fait rouer de coup durant de longues minutes. A cette pensée, il fit son possible pour contenir un toussotement.
*Ca te ferait bien marrer, si tu me voyais Zack, hein ?*
~Audréa, deux ans plus tôt~
Azel, habillé d’un long manteau noir, longeait la cour intérieure d’une grande bâtisse d’avant la renaissance, aux murs lézardés par le temps. En passant sous les arches de pierres polies qui supportait l’édifice, il prit dans ses main une boite en fer dont il sortit une cigarette au tabac mal tassé. L’énième de sa journée. Il l’alluma machinalement à l’aide d’une allumette qu’il balança ensuite dans un bosquet plus loin.
- Déjà là ?
interrogea une voix familière derrière son dos.
- Tu es en retard, répondit-il, sans se retourner.
Un homme, ressemblant fortement à Azel, lui aussi habillé d’un manteau noir, le contourna pour lui faire face. Il arborait une cicatrice qui avait creusé ce qui avait du être un profond sillon, de sa lèvre supérieur à l’œil droit.
- Alors, allons-y Rajiendel,
dit-il.
Les deux hommes marchèrent jusqu’à une porte, où se trouvait posté un garde qui dormait à moitié sous son chapeau à large bord.
- Réveille toi, clampin,
ordonna Azel.
Le garde sursauta, releva son chapeau et porta une main à la garde de son épée. Mais l’homme à la cicatrice arrêta son geste avant de lui planter une dague dans la carotide.
- Vous…
dit le garde péniblement.
- Et oui, « Nous »,
laissa traîner le balafré.
Il retira la dague et regarda Azel droit dans les yeux. Ce dernier, avec une nonchalance qui aurait pu paraître insupportable aux yeux de beaucoup de monde, tira une bouffée sur sa cigarette et rejeta la fumée sur le garde avant qu’il ne glisse contre le mur.
Puis, comme tout être un tant soit peu éduqué en ce bas monde, il fit ce que les normes sociales dictaient aux hommes depuis l’invention de l’espace clos : Il frappa à la porte.
Un individu ventripotent et au collier de barbe négligé lui ouvrit au bout d’un moment.
- Quoi encore, t’es pas foutu de rester…
L’homme s’arrêta net en dévisageant les deux compères et blêmit. Sans attendre d’autre réaction de sa part, Azel rentra, tandis que son acolyte poussa de la main le résident au fond de son salon, en prenant soin de rentrer le cadavre tout frais avant de fermer la porte.
- Vous… vous êtes les frères Rajiendel ?
Dans la pièce tristement décorée, qui semblait plus faire office de planque qu’autre chose, se trouvait déjà trois hommes et une femme. Les trois étaient installés sur un empilement de matelas, la femme, assise à même une table posée contre le mur. Ils n’avaient clairement pas l’air d’être une menace, et pour l’instant, la seule crainte des Rajiendel semblait fonctionner à merveille pour les tenir tranquille.
- Je n’aime pas ce patronyme,
dit Zackarie en grimaçant.
- Ce « patronyme » ?
reprit Azel.
Où est-ce que tu vas chercher ces conneries ?
Zack sourit de toutes ses dents. S’il voulait montrer sa bonne humeur, c’était raté, il ressemblait plus à un requin carnassier qu’autre chose.
- Ecoutez,
dit un des hommes en se levant,
on peut…
- Toi tu fermes ta gueule et tu te rassois gentiment !
ordonna Azel, en élevant la voix.
C’était un adolescent, un petit blondinet qui devait avoir dans les dix-sept ans, mais il n’y a pas d’âge pour les emmerdes. Les Rajiendel savaient par expérience qu’ont pouvaient en avoir des tas bien avant d’avoir du poil au menton.
- Vous savez pourquoi nous sommes ici ?
interrogea Zackarie.
Si je me souviens bien, toi c’est Seelix,
dit-il à l’homme ventripotent.
Il sortit un papier de sa poche et lit à haute voix les noms gribouillés dessus, pendant qu’Azel savourait sa cigarette.
- Nous avons un Leoden, un Paul et le boutonneux s’appelle Yvan, j’ai mis juste ?
Ils acquiescèrent gravement.
- Par contre,
rappela Azel,
on connaît pas la demoiselle aux mitaines.
- C’est vrai, tu peux me dire qui tu es, ange abîmée par le temps ?
questionna Zack.
- Pe… personne…
- C’est une catin,
dit Seelix.
- Ah, alors vous preniez du bon temps ?
demanda A. Rajiendel, sans attendre de réponse.
J’ai une question pour vous, les chauds-lapins. Vous avez conclu un marché avec Elrod et… oh, allez disons le clairement, vous avez essayer de la lui mettre bien profond en vous tirant avec son argent. Et vous êtes tellement idiot que vous prenez quand même le temps de restez en ville pour tirer un coup aux frais de la princesse.
- Alors que vous savez qu’Elden se fâche très vite,
renchérit Zackarie en haussant les épaules.
- Alors que vous savez qu’Elden se fâche très vite ?
reprit Azel en feintant l’étonnement.
Il marqua une pause.
- Vous avez vraiment cru pouvoir vous en sortir ?
interrogea-il avec son ton le plus condescendant.
Seelix suait à grosse goutte et ses compagnons n’en menait pas large non plus. De toute évidence, ils ne savaient pas comment réagir.
- On comptait rembourser Elrod,
se risqua le ventripotent,
tout lui redonner dans l’après-midi. On a commis une erreur, mais c’était juste un emprunt théorique ! J’vous jure qu’on voulait pas le voler au final, cet argent.
- Dis-moi Zack, est-ce qu’on ressemble à des foutus péquenauds de paysans consanguins ?
- Je pense pas Azel, alors pourquoi il nous traite comme tel ?
- Prenez tout !
s’exclama Seelix.
Prenez tout l’argent… et la catin aussi !
A. Rajiendel se rapprocha de lui, en lui collant pratiquement la cigarette dans le nez. Il n’avait pas l’air d’apprécier l’odeur, mais ne pipa mot –peut être une once de bon sens se tapissait encore dans son esprit amputé par la peur.
- Oh, mais c'est ce qu’on va faire Seelix, on va prendre l’argent et on va le ramener à Elden Elrod, comme prévu. Pour la catin, par contre, vu sa tronche, ça sera sans moi. Où est l’argent ?
- S… sous les matelas !
- Quelle bonne planque les gars !
s’exclaffa Zackarie, en indiquant d’un geste aux trois hommes de soulever la literie.
Les bandits amateurs échangèrent des regards affolés et s’exécutèrent.
- Il en manque un peu,
précisa Yvan le boutonneux.
Un de ses compagnons lui lança un regard noir, et Seelix sembla se décomposer sur place.
- Il en manque… un peu ?
reprit Azel en écrasant sa cigarette par terre.
Les deux frères soupirèrent en même temps et ouvrirent leurs manteaux, avant de s’emparer chacun de deux cimeterres, cachés à l’intérieur.
- Laissez-nous arranger ça,
ironisa Zackarie en souriant de toutes ses dents.
La prostituée laissa échapper un petit couinement.
~Médréla, actuellement~
Les cris des combattants continuaient de résonner dans la pierre, la boucherie devait continuer de plus belle dans les arènes. Rajiendel longeait toujours le mur, lorsqu’il aperçut le dos d’une femme qui se tapissait dans l’ombre. Vu son attitude, il pariait sur une intruse… en tout cas quelqu’un qui ne devait pas se trouver là. Elle avançait prudemment, certes, mais pas assez à l’évidence. Bien sûr, elle ne devait pas s’attendre à ce qu’un autre homme fasse de même. Lentement, il s’approcha d’elle, ne voulant prendre aucun risque pour l’instant.
Puis, au moment où il sentit qu’elle allait se retourner alors qu’il était assez près, il mit sa main contre la bouche de la jeune femme pour l’empêcher de crier –ou autre- et la tint en joue avec la rapière.
Il parla lentement, d’une voix distincte :
- Bonjour, je crois que nous n’avons pas encore fait connaissance. Qui êtes-vous ?
Il relâcha doucement son étreinte quand il sut sa surprise passée.
Eléa
Posté le: Dim Mai 10, 2009 4:38 pm
Sujet du message:
Les sifflements et les grognements fusèrent et se répercutèrent contre les parois de l'immense salle lorsque le vainqueur mis son adversaire à mort, allant par là à l'encontre de la volonté générale... Rachel réprima avec difficulté mouvement d'humeur, que ces gens étaient donc stupides! Elle songea qu'il eut été amusant de voir l'étendu de leur courage s'ils avaient dû se retrouver dans cette arène... Individuellement bien entendu, face à l'un des combattants.
*La nature humaine est ainsi faite... Du moins... parfois*
La jeune femme secoua la tête pour chasser ses considérations inutiles pour s'intéresser aux moyens d'accès aux arènes.
*Hum... Ce chemin me semble un peu risqué mais... En l'occurrence... Pas d'autre option... Donc...*
Resserrant sa cape autour d'elle-même, la jeune femme soupira mais entreprit néanmoins de se rapprocher discrètement de son but, empruntant les marches inégales qui menaient les gradins au plus près du niveau du sol. Ce faisant, elle prenait soin de se fondre dans la masse, ne bousculant surtout personne.
*Règle numéro un en investigation... Devenir transparente... Ou presque*
La manoeuvre s'avéra plus aisée qu'il n'y paraissait, l'attention des gens se reportant sur les autres combats ou sur quelque rixe entre spectateurs n'ayant apparemment pas le même favoris. Rachel atteignit les abords immédiats des arènes au moment où l'excitation atteignait son paroxysme à quelques mètres de là, lorsqu'un homme bondit au beau milieu d'un combat.
*Hum... Peut-être ta seule occasion ma vieille*
La jeune femme saisit son moment, après un regard circulaire, elle escalada le muret, plus bas à cet endroit, puis se retenant de ses mains aux aspérités, se coula de l'autre côté jusqu'à être assez bas pour se laisser tomber souplement sur la terre battue. En une poignée de secondes, elle fut à la vieille porte, appuyant de tout son poids sur le battant, elle le sentit céder.
*Pas verrouillée*
Entre-baillant à peine les lourds panneaux de bois, elle se glissa de l'autre côté, et, refermant derrière elle, se faufila dans l'ombre pour faire le point. Elle était passée, et cela n'avait pris que quelques secondes... Une minute et demi maximum, jugea t-elle. Rachel savait bien qu'elle n'aurait pas beaucoup de temps mais elle se dit qu'avec un peu de chance, elle pourrait apprendre quelque chose d'intéressant avant d'être repérée. Elle bénit mentalement les bourreaux qui, n'ayant pas idée que quelqu'un puisse être assez téméraire pour s'introduire dans le coeur de la bête, n'avaient pas pris la peine de verrouiller la porte derrière eux et, souriant malgré elle, se prépara à longer l'étroit couloir qui s'ouvrait devant elle.
Des torches brûlaient, accrochées aux murs, directement creusés dans la roche, dispensant une lumière approximative, se mouvant entre les ombres. La jeune femme nota que même si cela participait à créer un atmosphère un peu effrayante, cela avait du moins l'avantage de dissimuler au besoin son ombre sur les murs. Elle avança ainsi quelque mètres puis déboucha sur un espace dégagé à partir duquel partaient trois nouveaux couloirs.
*Hum... Bien ma veine*
Rachel hésita un instant, ne sachant quel chemin choisir. Tendant l'oreille, il lui sembla percevoir quelques bribes de « conversation » venant du couloir de gauche.
« - Je sais pas ce que t’as eu en tête en égorgeant ce type... mais ils vont t’en faire baver mon mignon.
- Vu que j’ai perdu mon pote de beuverie, tu voudrais pas me tenir un peu compagnie ? ... J’ai du mal à m’endormir tout seul.
- T’auras pas le temps pour ça, j’espère que tu aimes les surprises.
- Quoi, tu me présentes enfin ta cousine ? »
Les voix semblaient distantes de quelques mètres, dix tout au plus. La jeune femme enregistra l'information, comprenant ce que cela impliquait pour elle... Elle n'était pas censée se trouver là et son salut ne se trouvait certainement pas dans cette direction.
*Si je vais par là, je sais que je vais surprendre quelque chose... Mais je risque fort de me faire prendre aussi...*
Soupesant ses maigres chances d'échapper aux gardes si elle choisissait cette voix, la journaliste résolu qu'il valait mieux pour l'heure éviter l'affrontement. Elle s'engouffra donc dans le couloir du centre, espérant tout bas ne pas avoir à le regretter.
Arioch
Posté le: Ven Mai 08, 2009 10:34 pm
Sujet du message:
- La vie !
Azel semblait reconnaître l’imbécile qui avait prononcé la sentence et lever favorablement son pouce. Peut-être était-il un habitué des lieux ? Quoi qu’il en soit, la foule reprit bientôt les paroles de l’homme qui affichait sans embarras sa suffisance sur son visage, et ce, dans la pure traditions des notables pourris jusqu’à l’os, qui engrossaient les prostituées à l’étage et s’amusaient ensuite en commentant le déchaînement de violence qui s’opérait dans le sous-sol.
*Alors, c’est comme ça que ça doit se passer ? La volonté du peuple ?*
Azel, qui connaissait la plupart des règles implicites de l’endroit, résuma ses pensées à deux possibilités. Obéir, au risque de voir le combat reprendre et de se retrouver dans une position inconfortable… ou désobéir, et recevoir sa sentence plus tard, le temps nécessaire aux organisateurs de préparer un joli tableau morbide pour le criminel qu’il était.
Il relâcha la pression du couteau sur la gorge de l’esclave qu’il tenait toujours à sa merci.
- Je ne sais pas si tu as des Dieux à tes cotés,
chuchota Azel à l’oreille du combattant,
mais on dirait que le destin va me donner raison…
- Je suis entre les mains de Ohm.
- …dit toi que ce n’est qu’un choix tactique, rien de personnel.
Azel tendit le cou de l’esclave et lui trancha la gorge, tout en le maintenant fermement afin de maîtriser ses derniers soubresauts. L’homme essaya de parler mais ne pu sortir qu’un horrible râle, couvert par les injures du public.
Un des participants venaient de snober la foule et ses attentes, trahissant de ce fait le contrat officieux qui liait chaque combattant à cette dernière. Et en faisant cela, Rajiendel savait bien qu’il allait s’attirer les foudres de tous, mais il pourrait probablement se rattraper en accomplissant un autre « haut fait » pour ces corniauds. Le sang appelle le sang comme dirait Zackarie.
*Allez, même les salauds ont besoin d’un peu de chance, parfois...*
Il fit son possible pour éviter les projectiles qu’on lui lançait – des gobelets et des chaussures – alors que le corps de l’infortuné esclave tombait comme un pantin désarticulé sur la pierre poli et poussiéreuse de l’arène.
Des tambours résonnèrent ici et là dans le public, puis un groupe de percussionnistes s’installa près de l’arène d’Azel, avant d’entamer un rythme à consonance tribal qui soulagea le criminel. Le combat était normalement écourté.
Il s’avança vers la foule et s’attarda sur les marques qui striaient son ventre. L’esclave n’y était vraiment pas allée de main morte, mais le ventre à cela de bon qu’il peut être très résistant s’il est suffisamment entraîné, et dans le cas d’Azel, sa « profession » l’avait obligé à maintenir une bonne condition physique.
La douleur était de plus en plus intense à mesure que ses muscles se refroidissait, il se jugeait cependant plutôt chanceux de ne pas avoir reçu de dégât interne. Il savait qu’une rate explosé étant particulièrement handicapante, l’hémorragie survenant entraînant inévitablement la mort. Audréa avait bien des médecins qualifiés pour ce genre de complications –les joies de la guerre ayant améliorer considérablement la médecine sous la bannière de l’empire- mais ce n’était clairement pas dans ce trou puant qu’il pourrait en trouver un.
Rajiendel releva la tête, et, sans qu’il ne sache réellement pourquoi, il eut soudainement envie de pleurer. Quelque chose lui étreignait la poitrine et l’empêchait de respirer. Sa conscience sembla vaciller un instant et il fut pris d’une violente quinte de toux. Lorsqu’il retira le poing qu’il avait posé devant sa bouche, il remarqua le sang très sombre qu’il y avait laissé. Hémorragie ? Il reprit lentement son souffle, avec difficulté.
Le panneau de la porte vermoulue glissa, et quelqu’un y passa un drapeau rouge cette fois. La porte s’ouvrit et Azel leva ses bras en croix. Cela lui rappelait ironiquement le symbole d’une secte Cassandrienne qui prêchait la parole d’un Dieu unique, par l’intermédiaire d’un prophète cloué vivant sur deux madriers. Il lâcha son couteau et se retourna pour faire face à deux hommes - dont boiteuse-à-vie qui le tenait en joue avec une arbalète légère. Le même bourreau masqué s’avança vers lui et lui fit signe d’avancer, avant de ramasser le couteau et le mettre à sa ceinture.
*A bientôt les cinglés, j’en ai pas fini avec vous.*
Azel quitta l’arène sous les cris désormais mitigés du public. Les gardes l’amenèrent dans l’endroit où se trouvaient les dizaines de cellules des esclaves. Il en remarqua un qui agrippait fermement les barreaux en fers qui le maintenait enfermé. Il avait un air plus… sauvage, ce qui changeait un peu des clochards habituels que les hommes d’Elden ramassait dans les caniveaux.
- Je sais pas ce que t’as eu en tête en égorgeant ce type,
commença Boiteuse,
mais ils vont t’en faire baver mon mignon.
- Vu que j’ai perdu mon pote de beuverie, tu voudrais pas me tenir un peu compagnie ?
demanda Azel.
J’ai du mal à m’endormir tout seul.
- T’auras pas le temps pour ça, j’espère que tu aime les surprises.
- Quoi, tu me présentes enfin ta cousine ?
interrogea Azel en souriant de son air le plus arrogant.
L’homme masqué s’éclaircit la gorge et administra un coup de crosse au criminel qui tomba à genoux.
*Et bien, c’est finalement arrivé…*
Azel souriait mentalement à présent, sans perdre de temps une fois le choc passé. Il jeta un coup d’œil furtif derrière lui et se saisit du couteau que portait à la ceinture le bourreau avant de le lui planté dans le genou. Il se releva avec vivacité, saisit d’un sursaut d’adrénaline, et assena un coup de coude dans l’œil de l’autre garde qui fondait déjà sur lui. Tout aussi rapidement, il dégagea l’arbalète du bourreau d’un revers d’une main, agrippa sa tête avant de la balancer vers les barreaux de cellule les plus proches. Sonné, il appuya malgré tout sur la gâchette de son arme, mais Azel réussit à retenir de justesse le carreau en saisissant fermement le mécanisme de sa main gauche. Du coin de l’œil, il vit l’autre garde revenir à la charge avec sa rapière. Il pointa alors l’arme du bourreau sur son camarade et relâcha son emprise afin de laisser partir le morceau de bois et de fer.
Puis, sans prendre le temps de voir si sa dernière manœuvre avait réussit, il enfonça son poing droit dans le larynx de la boiteuse masqué qui le serait effectivement durant le reste de sa vie ingrate. Il retira ensuite le couteau du genou et se retourna vivement, prêt à en découdre de nouveau, pendant que l’homme masqué s’étouffait bruyamment… mais vit que le carreau était planté dans l’œil du deuxième garde.
*Deux fois d’affilés dans le même œil, pas mal Azel, pas mal.*
Il se retourna vers Boiteuse et sourit.
- Bon, c’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance, mais avoue que c’était bien joué Boiteuse.
Il n’eut pour réponse qu’un râle disgracieux. Tant pis, il ramassa la rapière sur le sol et s’apprêtait maintenant à quitter aussi simplement le « Bon Samaritain » qu’il y était entré.
Enfin, presque.
La dizaine d’esclave qui se tenait silencieuse jusqu’à présent l’interpella.
- Libère nous !
cria un pauvre homme au visage tristement émacié.
- Les clés sont sur ce type !
lança un autre en désignant Boiteuse.
Rajiendel, qui était déjà en train de quitter la pièce sans se retourner, s’arrêta… qu’allait-il faire ? Partir seul… ou accompagné ?
Eléa
Posté le: Mer Mai 06, 2009 10:56 pm
Sujet du message:
L'air vicié et la moiteur qui remontaient comme de la bouche de l'enfer même la saisirent alors qu'elle s'engageait dans les escaliers étroits qui, vraisemblablement, menaient vers ce que l'humanité suintait de plus décadent.
Prise de vertige l'espace d'un instant, la jeune femme reconsidéra ce qui l'avait amené là...
Le soleil déclinait encore assez tôt en cette saison, et Audréa semblait toujours un peu léthargique à cette époque de l'année. Les hivers glacials comptaient néanmoins ce petit quelque chose de féerique, les étés s'allongeaient mêlant leurs moiteurs sensuels à la vie nocturne et artistique d'une capitale florissante, même les printemps bruissaient de l'impatiente clameur précédant quelque renouveau... Et il y avait les automnes... Rachel devait bien l'avouer, cette saison dédiée à la nostalgie n'avait rien pour lui plaire. Les arbres se paraient d'or... Et après? C'était pour mieux faire oublier à quel point la vie même se mourait d'ennui... Ethan avait quitté la ville pour aller s'approvisionner en quelques produits aux noms barbares dont il avait besoin pour ses images et, privée de leurs longues heures de bavardages paresseux dans la pénombre de ce que la jeune femme appelait le "laboratoire", Rachel sentait monter en elle un besoin urgent de fixer son attention sur quelque chose... N'importe quoi pourvu que ça remue... Ce fut donc avec reconnaissance envers l'univers entier qu'elle découvrit une missive d'un de ses informateurs ce matin là au courrier.
*Même s'il s'agit du hagbar
(équivalent arkantien du yéti)
je jure que j'enquête!*
Le pli contenait trois mots: le bon samaritain...
Rachel comprit néanmoins le sens du message. Elle avait en effet, quelques semaines auparavant, questionné quelques uns de ses indicateurs sur d'étranges rumeurs qui filtraient au sujet de la bourgade de Médréla et manifestement, elle tenait entre ses doigts le point de départ de son enquête.
Après avoir mis ses affaires en ordre pour les trois semaines à venir, laissé un mot pour qu'à son retour, Ethan ne s'inquiète pas de ne pas la trouver, obtenu de son patron au journal un congé, elle rassembla quelques effets dans un sac de voyage en toile et revêtit pour l'occasion une blouse de coton sombre sur des pantalons en cuir souple et des bottes confortables; sans oublier d'y glisser sa dague favorite. Se plantant devant son miroir, elle dérangea ses cheveux afin de se débarrasser du brushing parfaitement lisse faisant fureur dans la capitale et se souriant à elle-même:
- Bien... Enfin un peu d'action...
Elle s'enveloppa dans une cape de toile cirée et quitta son appartement pour attraper la dernière diligence pour Cassandre...
* Prochain arrêt: Médréla... Ses champs, ses anciennes casernes... Ses cris dans la nuit...*
Rachel secoua légèrement la tête pour chasser les brumes qui s'étendaient sur ses pensées et acheva de descendre les marches...
Il lui fallu quelques minutes pour s'acclimater à l'étrange espace qu'elle découvrit, interdite. Toutes sortes de personnages criaient, se bousculaient, se défiaient, invectivant d'autres personnes en contrebas. Se frayant un chemin à travers ce labyrinthe de corps avinés, la jeune femme s'aperçut bientôt qu'elle se trouvait en fait dans des gradins, surplombant une, ou plutôt trois arènes...
Elle chercha des yeux les chemins d'accès, notant au passage certaines personnes dans l'assemblée qui, elle en auraient juré, devaient faire partie d'une espère de "service d'ordre", semblant plus préoccupé par ce qui se passait dans la salle que par ceux qui saignaient en bas. Car c'était bien de cela qu'il s'agissait... De sang...
Rachel se pencha un peu en avant pour découvrir ce qui se passait dans l'arène la plus proche.
Un jeune homme était attaché et subissait les coups d'un étrange bourreau, lui-même entravé par de lourdes chaines. La jeune femme se crispa pour ne laisser aucune prise à la nausée qui menaçait de s'emparer d'elle davantage à chaque nouveau coup porté.
*Allons ma vieille... C'est pas le moment de jouer les vierges effarouchée... On en a vu de bien pire...*
Elle respira et, tout en continuant à noter mentalement chaque détail de ce qui l'entourait, elle se prit à s'intéresser bien plus qu'elle ne l'aurait voulu à la sanglante scène qui se déroulait quelques mètres plus bas. Elle se rangea inconsciemment du côté du jeune homme, puisque sans défense c'était lui qui faisait figure de victime. Elle tressaillit alors qu'elle crut la dernière heure de l'inconnu venu et retint son souffle, ne pouvant détacher son regard du visage du supplicié. Elle respira plus librement lorsque un homme, le visage dissimulé par un masque noir vint le libérer de ses entraves et, soupesant mentalement les chances de son "champion", en vint à se réjouir, concluant que finalement, il n'était peut-être pas perdu. Elle eut conscience d'avoir vu juste quand le jeune homme sembla s'animer; d'absent à son propre calvaire il devint sûr de lui, interpelant son adversaire, déversant sur lui piques et sarcasmes... Rachel en était persuadée, même si les cris autour d'elle l'empêchait d'entendre, elle reconnaissait sur le visage écarlate de l'esclave les traces de la honte... Le pouvoir des mots... Oui Rachel connaissait bien cela. Bientôt, son favori prit définitivement l'avantage, et bien qu'elle eut pitié de l'autre homme quand ses dents se répandirent sur le sol dans un torrent de sang, elle fut soulagé lorsqu'il fut à la merci de son adversaire...
Azeem El'Bakshir
Posté le: Dim Avr 26, 2009 1:51 pm
Sujet du message:
Alors que la foule hurlait et l’insultait, Juan, resta impassible. Son épée, pointée vers le géant blond, semblait l’inviter du bout d’un bras parfaitement immobile à venir s’empaler sur sa lame. Le Norvaskien pour sa part, profitait que le public lui fut toute acquis pour parader, faisant le tour de l’arène, gratifiant d’un nouveau coup de pied le jeune erysmatien qui s’était effondré contre le mur circulaire de la fosse et hurla des défis dans le plus pur esprit barbare à son adversaire. Le manchot resta néanmoins de marbre face aux provocations, se contentant de pivoter souplement afin de conserver son arme entre le géant et lui-même. Brusquement au milieu d’un nouveau défi, le Norvaskien chargea avec une vitesse surprenante pour un homme de sa corpulence. Avant que le foule ne réalise que le combat venait de débuter, le barbare avait parcourue la distance le séparant de son adversaire, prit appuie sur son pied droit a quelques centimètre de la pointe de l’épée, et balança sa hache d’un coup qui aurait suffi à sectionner un homme en deux. Mais le lourd tranchant ne rencontra que l’atmosphère malsaine du bon Samaritain. Au dernier moment, Juan exécutât un bon surprenant sur le coté, se mettant hors de protée d’un bon mètre de son adversaire. Le manchot recula quelques peu et repris sa position, imperturbable, épée pointé vers le géant tendis que celui ci retrouvait son équilibre après avoir été emporté par son élan.
Le Norvaskien afficha un rictus mauvais avant de charger de nouveaux. Arrivé devant son adversaire, il feinta un coup vers la droite puis balança sa hache de l’autre coté, espérant intercepter Juan dans sa fuite. Le manchot anticipa le coup, se fendit en avant dans un éclair argenté puis bondit en arrière, esquivant le tranchant de quelques millimètres. Le barbare mis de nouveaux quelques seconde à retrouver ses appuies que Juan mis à profit pour s’éloigner de plusieurs pas. Ce n’est qu’une fois son geste enfin maitrisé que le Norvaskien s’aperçu de la longue trainé rouge qui lui barrait le torse. La coupure n’était que superficiel mais le sang qui s’en écoulait la rendait parfaitement visible au public, blessant profondément l’ego du barbare. Dans un hurlement de rage il chargea de nouveau son adversaire lançant sa hache dans un puissant cout horizontal. Juan attendit le coup, immobile, puis, au dernier moment esquiva d’un bon puissant sur le coté, se réceptionna souplement se fendit d’un bond en avant, imprimant une nouvelle marque sanglante sur le corps musclé de son adversaire qui frappait une nouvelle fois dans le vide avant de se mettre prudemment hors de porté.
Cette fois la foule, oubliant que le manchot défendait l’Erysmatien, se fendit en exhortation. Le nouveau spectacle inattendu que leur proposait le nouvel arrivant se révélant fort à leur gout. Autour de la Fosse les paries étaient relancés.
Malgré la concentration que Juan s’employait à conserver afin de réussir ses passes, il ne put empêcher un insidieux courant de nostalgie progresser en lui. Certes l’arène où il se trouvait était à mille lieux de l’Arène de Sanriqua. Autant comparer l’autel d’une secte hérétique avec la Sainte basilique d’Ohm elle même. Néanmoins, la clameur du public, l’ardeur du combat, l’excitation d’attendre le dernier instant pour esquiver les coups de son adversaire, ainsi que la frustration qui se lisais sur le visage de celui-ci, ramenèrent Juan bien des années en arrière. Des années d’une autre vie où il n’était pas seulement Juan, mais Juan Don Esteban, le prodige de Sanriqua qui avait enflammé tout le pays par son arrogance et ses combats spectaculaires. Il avait affronté les terribles Toros Inpèlla dans une arène en liesse devant ses passes toujours plus audacieuses. Mais il avait fini par être aveuglé par son propre mythe et, en dépit des avertissements de ses maîtres, avait oublié que les Toros Inpèlla, malgré une vague ressemblance qui leur donnait leur nom, n’était pas des taureaux et devaient être craint, et traité avec le plus grand respect conformément aux traditions du royaume. Cette folie de jeunesse avait finit par lui couté très chère.
Juan chassa sa nostalgie. Revoir ce qu’il avait perdu lui était toujours douloureux, même bien des années après. Malgré tout, il avait toujours conservé un certain sens du spectacle, et pour une fois qu’il avait l’occasion de l’exprimer, Juan ne comptait pas s’en priver. Apres de nouvelles passes spectaculaires, laissant quelques coupures sur le corps impressionnant de son adversaire et de profondes blessures dans son égo, le manchot acquis définitivement le public à sa cause.
Balrog
Posté le: Jeu Avr 23, 2009 7:14 pm
Sujet du message:
Une journée comme les autres dans une forêt qui borde le nouvel Empire. Khoan était maintenant tapit sous des racines depuis une heure, immobile, silencieux. Un spectacle tout à fait nouveau s’offrait à lui et ne manquait pas de retenir son attention, une vingtaine de soldats de l’Empire s’attelaient à démonter leur campement. Les tentes étaient roulées et placées sur des charrettes, les chevaux étaient nourris et du bois rassemblé pour le repas du midi. Cela faisait des années que Khoan n’avait pas vu de soldat et malgré le mélange de peur et d’excitation qui l’habitait, il ne pouvait s’empêcher de rester à les observer. La curiosité avait toujours eut raison de lui, elle passait avant la faim, la soif, ou encore le sommeil. Cela dit la journée était déjà bien entamée et le jeune homme n’avait encore pas trouvé de quoi se nourrir. Il décida donc d’être raisonnable et de se mettre en quête d’un quelconque sanglier pour son repas du jour.
Soudain une sensation bien connue l’envahit. Une montée d’adrénaline caractéristique qui ne l'avait jamais trahit.
* Quelqu’un approche ... *
Khoan se releva rapidement, jeta un coup d’œil autour de lui, et se rassit. Il put compter cinq soldats qui approchaient.
Il entendit :
-Sergent ! Quelque chose derrière le talus !
-Allez, deux hommes de front, les deux autres me contournent tout ça. Si ça se mange je le veux sur le feu pour midi.
Dans sa tête tout bascula, la tranquillité laissa place à l’instinct de survie, il faillait prendre une décision. Il considéra les choix qui s’offraient à lui et en une fraction de seconde il comprit que rien, cette fois, ne pourrait le sortir de ce guêpier. La solution la moins risquée cependant restait la fuite.
Il n’attendit pas plus longtemps. Il se dressa soudainement et couru vers la droite du talus, il s’élança à toute vitesse dans le tremplin qu’offrait ce dernier et une fois au sommet, d’un bond, il décolla du sol pour retomber en pleine poitrine d’un des soldats. Celui-ci culbuta en arrière et, avant qu’il n’eut pu comprendre quoi que ce soit, entendit son sergent crier :
- ARRETEZ MOI CE BATARD !!
Une flèche fut décochée. Lorsque Khoan l’entendit fendre les airs il sentit une douleur aigue dans le mollet et le sol parut se dérober sous le pas qui suivit. Il chuta brutalement dans un soulèvement de poussière.
Celle-ci retomba lentement au sol, lui permettant, de seconde en seconde, de voir plus distinctement les hommes approcher. Khoan tenta lamentablement de ramper mais le sergent avançait déjà d’un pas assuré et lui assena un coup d’épée rangée dans son fourreau.
D’abord une douleur intense, puis la perte de la vue, puis plus rien…
… Rien, puis le bruit de pas de chevaux, puis enfin une douleur intense.
Le réveil fut particulièrement désagréable et la sensation laissée par le sang séché sur son visage ainsi que dans sa bouche n’y était pas étrangère. Mais le pire était cette douleur récurrente dans sa tête qui l’empêchait littéralement de se repérer dans l’espace. Il n’avait aucune idée d’où il se trouvait ni combien de temps c’était écoulé depuis qu’il était inconscient.
- Regardez moi ça, notre cher ami se réveille ! Graam tu peux le remercier pour t’avoir ridiculisé.
Ce que sentit Khoan après ces mots lui semblât être un coup de bâton ou un objet dans ce genre, en tout cas ce dont il était sûr c’était qu’il l’avait reçu dans les côtes.
Après quelques minutes il revint à lui et se rendit alors compte qu’il était dans une cage pour animaux à l’arrière d’une charrette. Horreur, les humains qu’il avait décidé de fuir étaient en train de le ramener dans leur monde malsain. Il se leva d’un coup et saisit les barreaux, il secoua la cage dans tous les sens, vaine entreprise. Il ne pouvait pour autant s’empêcher de tout tenter pour se sortir de là.
Fuir, fuir à tous prix, il ne pouvait pas retourner dans cet univers qu’il méprisait tant.
Le sergent fit un signe de la tête. Un soldat s’approcha de la cage avec une lance qu’il tenait à l’envers.
Douleur, voile noir, rien …
Cette fois le bruit de gouttes tombant sur le sol vint le chercher dans le néant. Pendant un temps qui lui paru infiniment long, il se rapprocha peu à peu d’un état de conscience normal, percevant de plus en plus de chose. Il revenait à lui.
Il faisait froid et humide, au loin, étouffé par les murs alentours, il entendait le vacarme d’une foule, perpétuel brouhaha qui vint remplacer le bruit de goutte à goutte. Il voyait trouble. Il longea donc les murs de pierre et arriva contre des barreaux métalliques.
* Mais dans quoi je me suis fourré ?! *
Thème visuel par Zeph
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