Profil
Se connecter pour vérifier ses messages privés
Connexion
Accueil du site
Rechercher
Liste des Membres
Liste des Personnages
Liste des Lieux
S'enregistrer
Arkantis Index du Forum
/
L'Ancien Empire
/
La région des Marches, le Notus et le Sahel
Poster une réponse
Nom d'utilisateur
Sujet
Smileys
Voir plus de Smileys
Couleur:
Défaut
Rouge foncé
Rouge
Orange
Marron
Jaune
Vert
Olive
Cyan
Bleu
Bleu foncé
Indigo
Violet
Blanc
Noir
Taille:
Très petit
Petit
Normal
Grand
Très grand
Fermer les Balises
[quote="Isak Devmente"][color=#BD0000]« Ah… mon jeune ami, laisses-moi donc te conter mes ordinaires tourments. »[/color] [i]La voix était calme, légère et chantante. D’un bois frêle et subtil, la flûte cristalline valsait plus qu’elle ne vibrait dans les airs tumultueux et indiscrets de l’auberge. Un accent musical s’attardait au creux de ses respirations, accompagnant ses paroles à l’ombre du frisson comme les rayons d’allégresse d’une humeur ensoleillée. Elle était de ses mélodies qui trouvent même leur exultation dans la nostalgie noctambule, se nourrissant du fiel et de l’amer pour les retranscrire quelques octaves au dessus dans la gamme de l’émouvante poésie. Chaleureuses et apaisantes, ses articulations embrassaient avec gourmandise le sourire de ses lèvres afin de disperser autour un écho lénifiant à qui voulait bien le cueillir. L’homme semblait vaste et limpide. Il apprivoisait la couleur de ses mots tel le musicien se jouant du timbre et des nuances de son instrument. Les fines rigoles qui creusaient le coin de ses yeux céladons offraient à son visage le même zèle qui habitait ses intonations, changeant ainsi l’éclat de son teint en une rosace pigmentée qui rappelait l’éclisse de sa mandoline. Le sillet, lui, se reflétait en contrebas au détour d’une bouche à la fois volubile et distinguée, étirant des cordes hyalines prêtes à résonner galamment.[/i] [color=#BD0000]« Vois-tu, je suis pris sous le joug d’un inconstant maléfice. Mais pour te brosser les traits de ce pernicieux trouble qui me ronge, il me faudra d’abord revenir à sa genèse. J’ai aujourd’hui quarante-deux ans et cela fait déjà plus d’une vingtaine d’automnes que j’assume sa dévorante présence, plus d’une vingtaine d’hivers qu’il me glace la raison, plus d’une vingtaine d’étés qu’il m’embrase les veines et plus d’une vingtaine de printemps qu’il renaît chaque jour de mes visions charnelles. »[/color] [i]Echappant ces joyeuses notes d’amertume, l’interprète caressa de ses doigts cornés le palissandre verni de sa petite guitare. Oscillant au trémolo de sa voix, son récit s’engageait comme celui d’un homme qu’une vie largement entamée avait gâté de son expérience. A l’inverse, le brin d’emportement qui tressautait entre chacune de ses paroles diffusait l’impression d’une interminable jeunesse nichée au fond de son cœur épanoui.[/i] [color=#BD0000]« Il me faut bien avouer que j’ai profité d’une naissance bienheureuse. Entre les bras d’une mère aimante et sous la tutelle d’un père fortuné, mes caprices d’enfants ne furent jamais justifiés, des caprices en somme… Point de malheur n’a entamé mon existence juvénile, point de mort n’a dévoré ma jeunesse et je ne connaît que très peu le goût salé de ces ruisseaux qui naissent parfois sous les paupières guignardes des chérubins. Cependant, cependant, mon cher ami, la rançon de la félicité finit toujours par émerger d’une portée trop harmonieuse, entonnant à son tour ses refrains ambitieux. Et cette mélopée va souvent crescendo, s’enrichit de bémols au fil des mesures, orchestrant des ardeurs au fin fond de vos intentions. Ainsi, adolescent, je me suis délecté de duos amoureux teintant à l’unisson un passé sans rancœur avec les couleurs luxurieuses de mes premières passions. »[/color] [i]Le regard échappé entre deux poutres de pin, l’homme laissa sa fantaisie s’égarer un instant dans les bras de flatteuses rêveries, apposant la sourdine sur le flot lyrique de son souffle. Le point d’orgue vacilla sensiblement au sommet de ses songes transits avant de s’emporter à nouveau sur le lit conciliant d’un discours allegro.[/i] [color=#BD0000]« Liesse… Liesse mon amour, toi qui m’a fait compter ma première effluve divine. Ton enchantement m’a engagé bien plus loin que tu n’osais l’espérer. Depuis que ta délicieuse morsure m’a conduit sur des rivages féeriques, voila que j’erre sans cesse, de sérénade en psalmodie sur les remous incertains de la plus enivrante symphonie, grâce éternelle et infini sensualité, source de mon intarissable tentation. Ma musique ne s’attache plus maintenant qu’à ces trésors et je m’efforce de leur rendre hommage avec tout l’entrain qui leur est dû, mais pour toujours désormais, mes cantabiles se verront prisonniers de cet engouement sans silence… J’aime ! Sans suite et sans complément, verbe éclatant dans sa solitude, lorsqu’il se suffit à lui-même et n’offre à son sens aucune régularité. Et elles me brûlent ces tigresses rouges et dorées qui habitent mon corps. Je me consume de leurs caresses décousues et confuses, je crée des lambeaux d’existence de ce feu tourmenté. Mes chants pincés les accompagnent et j’observe toujours les mêmes flammes s’entremêler sous mes cordes. Je ne vénère que cette fièvre qui me pousse à incendier les foyers, à calciner la chair et à flamboyer encore. »[/color] [i]Le conteur esquissa ensuite un sourire de plume, alors que l’ocarina de sa voix faisait mourir ses ondées sur la tonique d’une gamme enjouée, rappelant ainsi qu’il n’y avait point de plus chaleureux maléfice que celui qui était le sien. Noire et grise, le pas lourd et compact, une seconde silhouette le surprit par l’arrière. Celle-ci avait l’humeur pressée et les intentions précises. Sa gorge épaisse raclait contre sa voix, écaillant de fortes paroles, rêches et raboteuses.[/i] [color=darkgreen]« Elden Barcarol ! Bon sang c’est vrai, tu t’es même traîné jusqu’en Notus ! J’osais à peine y croire quand l’padré m’a annoncé la nouvelle. »[/color] [i]Le beau parleur laissa le silence répondre à sa place. Son regard se perdit à nouveau, en aval cette fois, détaillant avec minutie chaque recoin vermoulu du parquet où siégeaient les semelles de ses épaisses bottes noires. Il avait l’accoutrement distingué d’un homme de goût, mais ses mains usées ainsi que son instrument faisaient mentir sa tenue de gentilhomme. L’autre pinchard reprit.[/i] [color=darkgreen]« Héhé ! T’as pas changé à c’que j’vois ! A peine un verre et v’la déjà qu’tu racontes ta vie à un parfait inconnu… T’as d’la chance qu’celui-là soit plus poli qu’les autres tiens ! Enfin bon, tu nous a quand même tiré d’un sale guêpier hier, on aurait pas pu continuer bien longtemps notre affaire sans tes… “talents de diplomate”. D’ailleurs tiens, v’la ta paye. Mais dis-moi, tu t’en vas faire quoi maintenant ? »[/color] [i]Elden saisit la petite bourse de cuir tendue vers lui, releva les yeux sur sa présumée connaissance et tâcha de ne pas gâcher l’éclat amical de son teint. Toujours défiant la plus douce des musiques, de fines vibrations s’élevèrent à nouveau dans l’atmosphère criarde de l’endroit.[/i] [color=#BD0000]« Je ne sais pas, je pourrais sûrement tirer parti de cette escale à Venisca. J’ai entendu dire que depuis l’ébrèchement des frontières de ce royaume, beaucoup de personnes par ici sont à la recherche d’un guide pour l’ancien Empire.[/color] [color=darkgreen]- Ha ! Pour sûr, on a suffisamment voyagé dans l’temps, ça doit t’faire un sacré carnet de route ! T’a sûrement moyen d’en tirer quelques sous. »[/color] [i]Trop tard, l’attention du musicien trompait déjà les paroles du badaud pour valser avec une toute autre compagne. Sa présence était forte, ses vêtements noirs et légers flottaient dans la pièce au simple tempo d’une démarche andante. Livide et opaline, sa peau se faufilait dans les airs, avivant à son contact des milliers de flammes perçantes derrière les pupilles de l’homme captivé. Remarquant la distraction de son interlocuteur, l’effronté le coupa finalement.[/i] [color=darkgreen]« Ah ça ! C’est bien sûr que c’est toi tout craché. Toujours les mêmes intérêts ! »[/color][/quote]
Options
Le HTML est
Désactivé
Le
BBCode
est
Activé
Les Smileys sont
Activés
Personnage mis en scène:
Non précisé
"Nabot"
La République de Midian
Les Loups de la République
Poochy et Garvin
Lieu de l'action:
Non précisé
L'Empire du Sahel
Désactiver le BBCode dans ce message
Désactiver les Smileys dans ce message
Question Anti-Robot
Cette question est malheureusement nécessaire pour éviter aux robots d'effectuer du SPAM, sur ce forum.
Si vous ête déficient visuel ou que vous n'arrivez pas à répondre à la question, merci de prendre contact avec un
Administrateur
.
Question Anti-Robot:
Quel est le résultat de l'opération arithmétique de la ligne 2 ?
(129-115) * 12=?
18+38+48=?
Utilisez uniquement des chiffres dans votre réponse. Par exemple, si le résultat est cinq, entrez le chiffre
5
.
Votre réponse: *
La réponse est sensible à la case.
Revue du sujet
Eléa
Posté le: Dim Mar 18, 2007 11:29 am
Sujet du message:
Ils traversaient les plaines et les heures… Le silence leur était un doux compagnon… Parfois, leurs regards pensifs s’attardaient sur une plante… Un animal quelconque… Le léger grattement de la plume sur le parchemin venait ensuite faire écho à leur étonnement muet et la jeune atrewlienne n’avait pas besoin de se retourner pour savoir que l’annaliste officiait… Notant scrupuleusement dans ses carnets précieux du savoir accumulé l’héritage des générations futurs… Peut-être était-ce cela la survie des espèces… De vagues croquis représentant les diverses caractéristiques des choses et des êtres, des annotations sur leurs différences majeures… Eléa se demandait dans quelle mesure ce qu’elle avait commencé pourrait avoir le moindre impact sur le cycle immuable de la vie sur Arkantis… Après tout, en étant totalement honnête, il ne restait qu’une poignée de fohtères en regard des dizaines de milliers de représentants des autres races…Alors sa quête ne relevait-elle pas davantage du devoir de mémoire que de la réelle sauvegarde d’une espèce condamnée depuis des générations déjà ?
Elle se laissa doucement glisser dans ses pensées alors que le froid de plus en plus présent contribuait à anesthésier toute réaction en elle…
Mael :
« - Les montures auront du mal à tenir avec cette température, dit Mael péniblement à travers son tissu. Le vent et le froid vont sûrement avoir raison d’elles. Mieux vaut se faire à l’idée de faire le reste de notre voyage à pied, en prenant le strict nécessaire... »
L’atrewlienne soupira, elle savait que le jeune homme avait raison… Ils se tenaient au pied de la montagne dont le col se perdait dans les nuages immobiles… Ils devraient bientôt quitter la route pour commencer l’ascension… Sur leur droite au loin, elle perçut du mouvement et se concentra sur les petites tâches sombres qui avançaient vers eux. Cette route était celle qui contournait les montagnes et étaient surtout fréquentée par des marchands itinérants… Elle fit signe à son compagnon de mettre pied à terre et, tout en surveillant du coin de l’œil la progression de la caravane, commença à défaire ses paquetages. Elle vida un grand sac qui contenait des lainages et y plaça des provisions, des racines et des plantes médicinales et une grosse couverture. Dans son sac qu’elle portait en bandoulière, elle ne conserva que sa carte, une petite dague, la bourse et les lettres d’introduction remises par la grande prêtresse de Venisca. Elle enfila enfin les vêtements les plus chauds qu’elle trouva et posa dessus une lourde cape dont elle rabattit la capuche sur ses boucles brunes, cachant sa peau pâle dans l’ombre et ne laissant apparaître que le bas de son visage. Ainsi équipée, elle termina de refermer les sacoches des chevaux et les flatta doucement, meurs murmurant remerciements et encouragements aux oreilles…
Enfin, les marchands furent à portée de voix. S’assurant d’un regard que Mael en avait fini lui aussi avec son équipement, elle héla la roulotte de tête. Bientôt, celle-ci s’arrêtait à sa hauteur et un homme d’âge moyen la saluait :
Homme :
« - Ola voyageurs… Qu’y a t-il pour votre service ?
Eléa :
- Allez-vous en Notus ?
Homme :
- Si fait… Nous allons y négocier nos paniers et nos outils sculptés… Au grand marché de Vénisca…
Eléa :
- Deux pièces d’or pour vous si vous y ramenez ces bêtes… Vous vous rendrez au palais de la grande prêtresse et demanderez les écuries… Là on saura de quoi il retourne et vous aurez droit à une récompense pour votre peine… Est-on d’accord ? »
Le marchand se gratta le menton, la proposition semblait correcte et l’idée de retirer avantage d’un service qui ne lui coûterait rien lui était fort agréable… Tendant la main :
Homme :
« - Mais oui… On l’est… »
La jeune atrewlienne y déposa les deux pièces promises, ils se saluèrent et tandis que la caravane prenait la direction des terres habitées du Notus, les deux voyageurs entamaient les pentes rocailleuses…
Arioch
Posté le: Dim Jan 28, 2007 9:17 pm
Sujet du message:
Plusieurs heures s’étaient écoulées depuis leur dernière conversation et l’annaliste s’enfonçait de plus en plus dans ses cauchemars personnels et ses interrogations. Ses réflexions s’arrêtaient seulement lorsque son regard s’attardait sur la jeune femme, avançant désormais en tête en guise d’éclaireur.
Mael restait néanmoins quelque peu alerte sur son environnement, il n’avait pas encore perdu de vu sa mission première. Il ne devait rien arriver à cette atrewlienne et si le passage dont elle parlait était aussi dangereux qu’elle prétendait, il devrait être là au bon moment.
*Je ne dois pas faiblir... peu importe mon avenir, je dois me concentrer sur le présent. Il le faut.*
Parfois, l’annaliste essayer de griffonner quelques notes sur ses livres. Il décrivait sommairement la faune et la flore locale, s’essayant à des comparaisons plus ou moins fondées avec d’autres espèces. Mais ce qu’il voulait surtout savoir, c’était le mode de vie de ces Atrewliens. Leurs coutumes, leur mode de vie, apprendre les rudiments de leur langue...
Outre ses origines, il aurait aussi voulut percer le mystère qui semblait l’habiter. Ses yeux, quand il croisait son regard, hésitaient entre la rêverie et une présence certaine. Peut être que tout comme lui, la mission qu’on lui avait confiée la retenait encore un peu aux réalités de ce monde. Peut être qu’elle aussi fuyait quelque chose, au bout du compte.
Il aurait voulut lui poser tout un tas de questions, mais il tenait à respecter son intimité, tout comme elle respectait la sienne. Il s’était habitué à sa présence, calquant parfois inconsciemment sa respiration sur la sienne tout en l’observant calmement pendant qu’elle guidait distraitement sa monture.
Paradoxalement, le vagabondage incessant de Mael et sa fonction d’écrivain semblait le rendre de moins en moins sociable avec le monde qui l’entourait. Stagnant encore et toujours dans un passé qui agissait dans un perpétuel mouvement d’attraction et de répulsion.
Il lui semblait parfois que ce n’était qu’à travers la mort qu’il trouverait le repos, expiant enfin ses péchés et oubliant à jamais ses démons. Mais pouvait-il se permettre d’abandonner ? Il ne savait plus quoi en penser.
Mael sortit de sa sacoche un volume de ses annales. Il en caressa machinalement la couverture mais ne l’ouvrit pas. Il ne savait plus trop quoi y écrire. L’inspiration se tarissait au fil des kilomètres ; elle semblait peu à peu endormie par le froid qui augmentait en intensité, obligeant le couple de fortune à s’habiller plus chaudement. L’annaliste remit le livre à sa place et accéléra un peu l’allure de son cheval enfin de se placer à coté de la jeune femme.
La chaîne de montagne des épines n’était qu’à quelques kilomètres, sa silhouette irrégulière se dessinait d’entre les roches informes.
- Mon affirmation va vous paraître un doux euphémisme en vue de ce qui nous attend dans quelques heures, mais il commence à faire très froid.
Il n’attendait pas de réponse de la part de la jeune femme et concentra son regard vers l’horizon. Les heures passèrent et ils se heurtèrent aux premières pentes abruptes. L’homme s’était couvert la gorge et la bouche d’un tissu de laine épais, offert gracieusement par la Dame de Venisca. Un vent glacial balayé l’endroit. L’air s’engouffrait dans les roches polies par ce dernier et renvoyait aux oreilles des deux voyageurs une plainte à la fois agressive et mélodieuse.
- Les montures auront du mal à tenir avec cette température, dit Mael péniblement à travers son tissu. Le vent et le froid vont sûrement avoir raison d’elles. Mieux vaut se faire à l’idée de faire le reste de notre voyage à pied, en prenant le strict nécessaire...
Il ne pouvait dire si la jeune femme l’avait compris, elle regardait de tout son aplomb le col enneigé de la montagne.
Ailin
Posté le: Mer Jan 17, 2007 7:45 pm
Sujet du message:
Ce soir là, le sommeil n'avait aucun attrait et les draps étouffait son corps de leur étreinte. Ailin demeurait assis dans cette chambre dont les murs l'oppressaient. Les bougies s'étaient éteintes, il ouvrit la fenêtre et sourit aux étoiles. D'ici, il voyait la rue s'enfuir vers la plaine, constellée de flambeaux à l'éclat silencieux. Le pays ne semblait être qu'un songe en clair obscur, coiffé d'astres et de nuées. La nuit se mêlait au ciel et à la terre, recouvrant les chemins, dévorant les sommets. La fraîcheur le caressa, un frisson déposé sur sa peau du bout des lèvres, dérangeant ses cheveux tressés. Le jeune atrewlien enfila un manteau de soie et s'enfuit sans prendre le temps de le fermer. Le corridor ressemblait à une scène, debout sur leurs piédestals, les statues jouaient. Immobiles. Le silence étirait l'ombre de leurs gestes sur les murs blancs et à leur tour les spectres obscurs répondaient. Sans dire mot. Au milieu de ces acteurs, un angoisse sourde s'empara de lui comme si sa présence dérangeait. Les bras de marbre paraissaient vouloir l'étreindre pour ne jamais le lâcher. L'écho de ses pas disparu, les fantômes pleurèrent leur unique spectateur. En silence.
Le souffle chargé de vapeur, les yeux humides à cause du froid, Ailin s'abandonnait à cette froide nuit. Sa chair tremblait jusque dans ses fondations, mécontente de cette mauvaise attention mais l'esprit, fermé à toutes suggestions, n'aspirait qu'à s'éloigner de ces quatres murs de marbre. Il s'immisca hors du jardin par un chemin dérobé, pieds nus et fébrile; le sentier pierreux se couchait de surprise sous ses pas assurés. La végétation l'effleurait à chaque instant, sans répis ses sens s'épanouissaient en frissons nerveux jusqu'à dessiner un sourire sur ses lèvres pincées. Pas un murmure ne vînt troubler sa retraite si ce n'est le bruissement des feuillages, la route serpentait dans les bois jusqu'à l'orée où la plaine s'étendait à perte de vue. L'atrewlien se reposa contre le tronc épais d'un chêne. Le paysage se plia à l'examen de son regard, monotone, il s'hérissait à l'horizon. Les pics pouvaient tenir entre ses doigts. La voûte pleurait l'encre du ciel sur la terre à moins que ce soit ses propres larmes qui troublaient sa vision. La nostalgie habillait les étoiles de nuées laiteuses, éphémères et délicates. Parfois, Ailin voyait des visages sans trait flotter dans l'immensité obscure comme quand il était enfant.
Son enfance...Elle était comme ces nuages, présente dans sa mémoire mais transparante et floue. Les couleurs s'étaient enfuies, loin du royaume des hommes. Là où peut être, il ne les reverrait jamais. Ailin écrasa une perle humide sur sa lèvre, le goût légèrement salé lui rappelait la mer. Cette nuit, il avait rêvé qu'il se consumait.
L'atrewlien ressera les pans contre lui, une mèche descendit contre son front et distraya son attention un instant. Elle semblait vouloir le consoler. Une minuscule coccinelle s'y était réfugié. Le corps rubicond dissimulait tant bien que mal les ailes membraneuses de l'insecte, rouge d'embarras. Chaque point reflétait la douce aura du soir comme une perle de nuit égarée. L'écarlate vibra quand il voulu toucher ses parures et l'animal s'enfuit, de peur qu'il ne dérobe l'un de ses bijoux. Ailin demeura jusqu'à l'aube, suspendu entre songe et éveil. Séduit, ému et malheureux.
Eléa
Posté le: Dim Déc 17, 2006 5:27 pm
Sujet du message:
Elle avait quitté l’eau sombre avec regret mais les lueurs dansantes du feu, promesses de chaleur, lui semblèrent attirantes malgré tout. S’approchant, elle surpris le regard, étrange, du jeune homme posé sur elle. Se sentant démasqué, il eut un sourire confus et détourna les yeux pour la voûte étoilée…
Eléa prit place auprès du foyer et profita simplement de l’élément brûlant, moment de bien-être comme en offre la vie à ceux qui savent ce qui est important…
La présence près d’elle ramena son esprit à l’instant présent, ce jeune homme était décidément une énigme pour l’atrewlienne… Il flottait dans son regard une tristesse résignée et pourtant, il avait accepté de l’accompagner et ses yeux s’étaient allumés l’espace d’un instant tout à l’heure… Alors… Quelle cicatrice pouvait bien se cacher derrière ce sourire absent ?
Mael :
« - - Vous m’apparaissez comme une femme bien mystérieuse, mademoiselle. »
Eléa, encore toute à ses interrogations ne répondit que par un regard à peine plus appuyé… « Mystérieuse » ? Cela ne tenait-il donc pas uniquement à son appartenance à l’une des races les plus secrètes d’Arkantis ? La jeune femme se demanda dans quelle mesure ce fait n’intervenait pas dans la décision du jeune homme de l’escorter… Après tout, cela ne lui offrait-il pas un excellent moyen d’en apprendre davantage sur les us et coutumes des Fohtères ? Loin de déplaire à Eléa, cela la satisfaisait au contraire car après tout, quel meilleur façon de prouver au monde que sa race était riche de savoir ancestral, de croyances respectables et avait le droit de survivre autant qu’une autre ? Le bruissement de la plume sur les feuillets du carnet de Mael inscrivait l’histoire en profonds sillons dans l’esprit de la jeune femme… Elle eut voulu lui dire à quel point ce qu’il faisait, sans s’en rendre compte, était important pour elle et pour le monde et que l’histoire n’oublierait sans doute pas son nom… Mais à quoi bon ? Les choses les plus grandes n’étaient-elles pas celles qui, à leurs naissances, paraissaient les plus insignifiantes ? Si d’ici quelques siècles, la mission d’Eléa portait ses fruits, il faudrait encore bien des révolutions pour que ceux qui avaient dévoué leurs existences à cette noble cause ne soient rattrapés par la notoriété illusoire du monde…
L’engourdissement provoqué par la chaleur dans chaque membre de son corps entraînait l’atrewlienne de plus en plus loin dans les méandres tortueux de ses pensées… Elle ne voulut plus lutter…
Un rayon de soleil plus taquin que ses camarades vint réchauffer les paupières closes de la jeune femme qui ouvrit les yeux sur un jour nouveau et visiblement éclot depuis peu. Elle rejeta une couverture qu’elle ne se souvenait pas d’avoir pris et mit quelques minutes à émerger totalement et à comprendre où elle était. Tournant la tête, elle vit Mael encore endormi, non loin d’elle et du foyer duquel ne s’élevait plus qu’un mince filet de fumée grise. Elle se leva et alla au bord de l’eau pour faire un brin de toilette. Elle en ramena un peu qu’elle répandit sur les cendres. Elle utilisa ensuite le reste d’eau encore chaude pour faire infuser quelques plantes et réveilla le jeune homme avec douceur. Ils ouvrit les yeux sur le sourire reconnaissant de la jeune femme. Elle lui offrit un peu de l’infusion et ils emballèrent leurs affaires rapidement. Ils se mirent en route peu après et cheminèrent en silence, mais, loin d’être pesant et gêné, ce nouveau silence était preuve d’intimité. Ils pouvaient cacher leurs failles, taire leurs peurs les plus profondes, le fait de passer tant de temps côte à côte leur offrait une sorte de pacte de non intrusion dans leurs vies secrètes tout en les rapprochant l’un de l’autre et cela, sans avoir à rendre de comptes… Ils apprendraient à se connaître mais déjà, la confiance s’était installée… Le relief parut changer un peu lorsqu’ils atteignirent enfin la plaine et ses étendues désertiques à perte de vue… Eléa savait que ce ne serait pas le plus difficile de leur périple, cependant, l’idée de quitter l’élément liquide pour s’enfoncer dans les terres l’effrayait un peu…
Mael :
« - Avant notre départ de Venisca, vous m’avez parlé d’un chemin spécial... un raccourci ou quelque chose de ce genre."
La jeune femme se reprit, elle n’était pas seule…
Mael:
" - Pouvez vous me l’indiquez sur cette carte et m’en parler un peu plus... ?"
Elle rendit son sourire au jeune homme et s’intéressa à la carte qu’il lui montrait. Celle-ci était apparemment plus récente que celle qu’Elendor avait confié à Eléa. Elle reconnut cependant les sommets de la chaîne des Epines et posa le doigt sur un infime serpentin se confondant avec les reliefs.
Eléa :
« - Ce chemin… S’il existe toujours n’est généralement emprunté par personne ou presque… Peu de gens en connaissent l’existence et à vrai dire, le passage du col est si malaisé que ceux qui en ont eu vent se refusent à tenter l’aventure… Le passage est étroit et il y règne un froid mortifère… Je suis désolée de vous entraîner là-haut… Si vous ne vouliez pas m’y suivre… je comprendrais parfaitement… »
Elle fixa le jeune homme dans les yeux, guettant sa réaction et cherchant une réponse à sa question détournée… Elle était consciente du danger et se refusait à l’imposer à l’annaliste.
Eléa :
« - De toutes façons, vous avez la traversée de la plaine pour y réfléchir… »
Arioch
Posté le: Dim Déc 17, 2006 3:59 pm
Sujet du message:
Mael s’était assis en tailleur devant le feu de bois et regardait avec attention les flammèches danser dans les airs. Il entendit un léger bruissement et vit que l’atrewlienne avait plonger dans les eaux du lac. Il sourit et se concentra de nouveau sur le feu.
- Cette femme...
L’annaliste s’allongea sur le dos et assista à la naissance de l’astre lunaire qui étendait patiemment ses rayons argentés sur ce coin de nature sauvage. Il entendit la jeune femme sortir de l’eau et se dirigé vers la source de chaleur. Il tourna la tête et se laissa surprendre à admirer pendant un instant ses charmes.
Elle croisa son regard et il lui adressa un sourire confus. Il reposa finalement sa tête contre une grosse pierre et laissa dérivé son esprit.
Aucun nuage ne se risquait à apparaître sur ce ciel étoilé et Mael décida d’en saisir l’instant sur ses annales. Ces dernières lui servaient, certes, à consigner des connaissances encyclopédiques, mais aussi pour y laisser des impressions personnelles à la manière d’un carnet de bord.
Il se redressa alors et ouvrit machinalement sa besace de cuir. Il sortit un des précieux volumes à la couverture craquelée par les nombreux voyages et l’ouvrit sur une page vierge. Il jeta un regard à la jeune femme qui le regardait à présent curieusement et sortit de son sac une bouteille d’encre ainsi qu’une vieille plume noircie.
- Vous m’apparaissez comme une femme bien mystérieuse, mademoiselle.
Le silence s’installa de nouveau et Mael enleva le bouchon de liège de la bouteille. Voyant que la jeune femme ne lui répondait pas dans l’immédiat, il entreprit de couché sur le papier ses premières impressions.
Bruissement de feuille. La plume gratte le papier et y laisse ses premières tâches d’encre.
Mael releva la tête et vit la jeune femme assoupie à coté du feu. Il la regarda songeur puis se leva en fermant son bouquin.
*Vous allez attraper froid.*
Il se dirigea vers les chevaux et prit une couverture qu’il posa ensuite délicatement sur le corps humide de l’atrewlienne. Il resta un moment près d’elle puis se dirigea vers les abords du lac. Il s’assit sur une vieille souche et s’imagina en train de flotter sur l’eau. Il sourit et regarda de nouveau le ciel.
Il se remémorait le visage de Claris, au milieu de toutes ces paysannes dans cet hôpital de fortune. Elle était rayonnante comme à son habitude et il ne voyait qu’elle.
-
Tu es guéri maintenant... alors pourquoi reste tu ici ? interrogea t-elle.
- C’est le seul moyen de te voir, tu le sais bien.
- Tu ne va pas pouvoir rester sur ce lit indéfiniment. Ils vont t’enlever...
- Ne t’inquiète pas, je ne partirai pas. Je te le promet.
Elle baissa la tête et posa une main frêle et moite sur le bras de Mael.
- Ne fait pas de promesses que tu ne pourras pas honorer.
L’homme baissa les yeux et son visage s’assombrit.
- Claris... Je...
Elle intima le soldat de se taire en mettant son index sur ses lèvres et partit sans croiser son regard.
Mael jeta une pierre dans le lac. Avait-il laisser derrière lui son passé ? Non, bien sur que non. Il l’avait espéré pourtant mais au fond de lui, cela lui paraissait normal. Après tout ce devait être ça, son châtiment. Il devait souffrir du souvenir de cette femme, et cela toute sa vie. Ce n’était que la juste punition pour ne pas avoir respecter sa promesse.
L’homme revint lentement vers le feu qui déclinait progressivement et se coucha à même le sol.
Le lendemain, ce fut la jeune femme qui le réveilla de bonne heure et ils se mirent de nouveau en route. Après quelques heures de voyages, Mael s’arrêta et s’approcha de la jeune femme, une carte à la main.
- Avant notre départ de Venisca, vous m’avez parlé d’un chemin spécial... un raccourci ou quelque chose de ce genre.
Il lui sourit et reprit.
- Pouvez vous me l’indiquez sur cette carte et m’en parler un peu plus... ?
*Ah oui et aussi, pourquoi une mission diplomatique ? Avons-nous des ennemis ? Ahem... et surtout, qui êtes vous ?*
L’annaliste, interdit, attendit la réponse de la jeune femme.
Eléa
Posté le: Jeu Nov 30, 2006 7:59 pm
Sujet du message:
Le soleil allait bientôt atteindre son zénith lorsque les voyageurs atteignirent les abords du lac Frénèse. Eléa frémit malgré elle à la vue de l’onde claire… L’élément qui rassemblait toutes ses croyances lui avait manqué le long de l’Aiguillon, étroit fleuve reliant le lac Autan à son voisin le plus proche… Il sembla donc à l’atrewlienne qu’elle respirait mieux et elle s’abandonna à la contemplation de la végétation qui différait sensiblement de l’ouest du Notus. A ses côté, l’analyste chevauchait en silence, paraissant parfois arrêter son regard sur Eléa qui préférait lui laisser croire qu’elle ne remarquait rien… L’hybride se demandait combien de temps l’homme tiendrait sans engager la conversation… Rester muette n’était pas un problème pour Eléa qui, en plus d’appartenir à l’une des races les plus sauvages du monde, cultivait en outre un goût tout particulier pour la solitude, ne ressentant en conséquence aucun besoin de communiquer sur ses sentiments et impressions…
Les heures s’égrenaient lentement et il devenait évident qu’ils n’atteindraient pas la plaine s’étendant entre la Région des Marches et la Grande Vallée de Corride. Eléa soupira, bien que les chevaux généreusement offert par la grande prêtresse lui permettraient d’accélérer l’allure, la jeune diplomate ressentait pourtant de l’impatience et si la volonté seule avait pu lui faire parcourir les plus grandes distances en un battement de cil, elle aurait déjà atteint Esper depuis des heures…
Le jour commençait à décliner et les chevaux montraient des signes de fatigue, aussi Eléa bien que partagée entre l’importance de sa mission et sa compassion pour les bêtes qui lui rendaient un si grand service, décida de donner à ses dernières la priorité et signifia la halte à son compagnon. Elle se laissa glisser à terre souplement et fit quelques pas, trouvant agréable de pouvoir un peu se dégourdir les jambes. Elle avait choisi de s’arrêter tout près d’un bosquet au bord de l’eau et après avoir chercher un moment, avisa une vieille branche à laquelle elle attacha la longe de leurs montures qu’elle laissa libre de se reposer après les avoir flatter avec douceur.
Elle jeta un regard d’envie à l’eau calme mis se résolu finalement à s’occuper du campement pour la nuit. Aidée de Mael, elle rassembla du bois mort qu’elle lui laissa le soin d’embraser et sortit des sacoches de cuir dont les formes rebondies dénotait l’envie de Zéphyrine qu’ils ne manquent de rien pendant leur voyage, un peu de lard fumé, du pain à la mie grise, des fromages secs qu’elle déposa à côté du foyer avant d’aller ramasser quelques algues qu’elle mit à mijoter dans un récipient en fonte, un peu de soupe chaude leur ferait le plus grand bien, les nuits étant fraîches dans la région…
Les lueurs roses du crépuscule les surprirent comme ils terminaient de dîner et l’atrewlienne admira les nuances irisées tracer de longues et élégantes courbes sur le fleuve miroitant… S’approchant de l’eau pour rincer les écuelles, elle ne put se retenir davantage et s’enfonça dans l’eau sombre sans que le moindre remous put trahir son incursion dans le royaume des profondeurs…
Elle plongea et se sentit revivre, s’amusant de quelques reflets, jouant avec un poisson chat et frôlant le sable fin du fond du fleuve…
Elle avait perdu la notion du temps et il fallut qu’un rayon de lune traverse le miroir de l’eau pour capter son regard pour qu’elle reprenne ses esprits et consente à regagner la surface. Là, elle se laissa flotter un moment sur le dos, admirant les lunes, se demandant quand elle les reverrait… Puis elle nagea vers la rive et se hissa entre les roseaux, frissonnant au contact de l’air frais de la nuit. Elle lissa ses chevaux pour en faire glisser les gouttes qui l’avaient suivi et s’approcha du feu pour se réchauffer…
Arioch
Posté le: Mer Nov 29, 2006 8:29 pm
Sujet du message:
- Allez maintenant… Et que Vénisca veille sur vous… laissa traîner la prêtresse.
Mael s’attarda sur son visage, il pu y lire un regard protecteur, bienveillant.
*Quel étrange femme... j’espère être digne de ses vœux.*
L’annaliste s’inclina, respectueusement, du haut de sa monture d’ébène.
- Je ferais ce qui est nécessaire pour cette jeune femme. Merci encore pour votre hospitalité, elle ne sera pas oublié.
Il se retourna, une légère brise faisait voleter ses cheveux et, bientôt, les premiers rayons de soleil percèrent les sombres nuages, irradiant peu à peu l’horizon. Sentant la chaleur sur son visage, il ferma les yeux et respira profondément avant de les rouvrir quelques secondes plus tard, sur la jeune atrewlienne.
Il lui sourit et, silencieux, donna une légère talonnade sur le flanc du cheval, qui se mit à avancer lentement.
*Et bien, essayons de profiter de cette nouvelle journée de... vagabondage ?*
L’homme rie intérieurement. Non, il ne s’agissait plus d’errance, il s’agissait à présent d’un voyage, d’un véritable voyage... avec un but et une petite perspective d’avenir. Chose qui lui manquait terriblement depuis sa fugue et son engagement dans l’armée impériale.
L’atrewlienne, maintenant à ses cotés, le regarda longuement. Que pensait-t-elle ? Elle se demandait peut être si cet écrivain allait être capable de l’accompagner. Peut être avait-elle raison. Peut être avait-elle tord. Mael ne se faisait pas de soucis pour cela en tout cas.
Il avait quelques ressources et cette femme, bien que frêle d'aspect, dégageait une certaine aura.
Une aura étrange, qui était cependant au goût de Mael. Une femme forte sûrement. Il aimait cela. Mais il y avait autre chose...
*Bah... la route sera longue, nous aurons sûrement un peu de temps pour faire connaissance.*
Il sourit intérieurement, puis réellement cette fois, en direction de la jeune femme qui regardait le soleil se lever.
*Tout ceci risque d’être enrichissant.*
Il enleva le fourreau contenant son épée de son dos et le glissa dans un emplacement prévu sur la selle. Ils avancèrent alors, dépassant les grilles de la demeure de la prêtresse, mettant fin à la luxuriante flânerie de la veille.
En franchissant symboliquement le portail, Mael espérait y laisser son passé, ses peurs, ses doutes et son chagrin. Il se surprit même à laisser s’échapper un soupir de soulagement. Il voulait aller de l’avant, une bonne fois pour toute.
Mais le passé vous rattrape toujours, et partir en compagnie de cette femme pour un semblant de quête ne signifiait finalement qu’une chose pour l’annaliste. Il fuyait. Encore et toujours, car il n’était pas encore prêt.
Eléa
Posté le: Ven Nov 24, 2006 11:47 pm
Sujet du message:
Mael:
"- Oh et, hum... pour l’argent, ce n’est pas la peine... je ne suis pas un mercenaire, juste un écrivain... vagabond."
Zéphyrine ne put réprimer un sourire en entendant les paroles du jeune homme, elle conserva néanmoins son sérieux :
Zéphyrine :
« - Je n’ai en aucune manière voulu vous offenser croyez-le bien, il n’en demeure pas moins cependant que j’ai à disposition des moyens considérables que je souhaite mettre au service de ma jeune amie, ne pouvant malheureusement pas faire plus… Je vous fournirai donc tout ce dont vous pourriez avoir besoin pour ce voyage… Y compris les chevaux bien entendu… »
Interrogative, elle se tourna vers Eléa qui s’empourpra légèrement :
Eléa :
« - Oh… Bien sûr, je suis tout à fait capable de monter à cheval… »
Rassurée sur ce point, la grande prêtresse reprit :
Zéphyrine :
« - Voilà qui est parfait, vous aurez donc deux montures disposition ainsi qu’un cheval pour porter vos bagages… Quand à l’argent, il vous en faudra… Je ne vous donnerai cependant pas énormément pour ne pas vous exposer de trop aux valeurs de grands chemins, je vous remettrai en revanche des lettres d’introduction pour certains diplomates notusiens chez qui vous pourrez vous rendre et qui pourvoiront à vos besoins en temps voulu… »
La jeune femme sembla réfléchir, avait-elle pensé à tout ? Laisser l’atrewlienne parcourir le vaste monde ne lui plaisait guère mais elle n’avait pas le choix, elle comprenait parfaitement l’importance de la mission reposant sur les épaules d’Eléa et se rangeait à l’avis d’Elendor… Cependant, la jeune hybride avait l’air si fragile… Ne s’était-elle pas évanouit à sa seule vue ?
Ainsi Zéphyrine sombrait-elle dans de peu rassurantes considérations alors que le principal sujet de son inquiétude paraissait se concentrer sur tout autre chose… La route à suivre…
Eléa :
« - Pardonnez-moi mais… Nous ne longerons pas vraiment la première chaîne de montagnes… En fait… Il existe un passage… Il n’est pas… aisément praticable mais… Suffisamment pourtant pour que l’on puisse l’emprunter même avec des chevaux… Cette option offre en outre l’avantage non négligeable de nous conduire directement au lac Turquoise où nous pourrons nous reposer quelques jours… »
Zéphyrine fixa le visage décidée de sa nouvelle protégée et dût se rendre à l’évidence, celle-ci était bien plus forte que ce qu’elle imaginait. Elle soupira et reprit :
Zéphyrine :
« - Ce me semble un bon itinéraire… Des vêtements chaud vous seront donc remis à tous deux pour que vous soyez parés à toute éventualité… Bien je vous verrai donc à l’aube… »
Elle se leva et quitta le salon pour aller écrire les missives dont les voyageurs auraient besoin et donner les ordres pour les préparatifs, laissant le majordome s’occuper de raccompagner ses invités à leurs appartements. Plus tard, elle vint voir Eléa dans sa chambre et discuta longuement avec elle, lui enseignant, dans le peu de temps dont elles disposaient, le principal de ce qu’elle aurait à savoir pour affronter le monde extérieur, ne l’a quittant que fort tard dans la nuit.
Les premières lueurs de l’aube dissipaient à peine les ombres de la nuit que trois chevaux piaffant d’impatience étaient amenés dans la cour pavé de la demeure de la grande prêtresse de Vénisca. A l’intérieur, les flambeaux brûlaient depuis des heures, tout était fin prêt et les voyageurs n’eurent qu’à se laisser équiper et guider par les serviteurs, sans réaliser vraiment qu’ils étaient sur le point de sortir de l’espace préservé, refuge offert par Zéphyrine.
Ils allaient se mettre en route lorsque la jeune femme les rejoint sur le perron. Elle salua Mael en s’inclinant et s’approchant d’Eléa, lui prit les mains :
Zéphyrine :
« - Revenez-nous surtout… »
Elle lui glissa quelques parchemins cachetés et une bourse pareille à celle qu’avait reçu Mael un peu plus tôt des mains du majordome.
Les deux jeunes femmes se regardèrent longuement :
Eléa :
« - Merci… Encore… Merci pour… Pour tout... »
Leurs voix tremblaient :
Zéphyrine :
« - Alors bonne route petite sœur du Notus… »
Elle fit un pas en arrière, libérant ainsi le passage et engloba les deux voyageurs d’un regard presque maternel :
Zéphyrine :
« - Allez maintenant… Et que Vénisca veille sur vous… »
Eléa croisa le regard de Mael et les premiers rayons d’un soleil encore timide les accompagnèrent vers l’inconnu…
Arioch
Posté le: Ven Nov 24, 2006 10:29 pm
Sujet du message:
Mael regardait le fond de sa tasse, pensif. Grande prêtresse du Notus hein ? Il avait vaguement entendu parler d’une telle personne... mais il n’avait jamais eu l’occasion de se documenter sur le sujet.
Fouiller dans les vieilles encyclopédies de son père n’avait pas remplacé des mois et des mois de recherche ethnologiques dans les terres lointaines. L’annaliste le savait par expérience, il valait mieux vérifier par soi même la véracité de ses sources.
Aussi, il aurait bien voulu questionner la prêtresse sur différents sujets relatifs à sa fonction, mais il y avait plus important à débattre.
* D’habitude ce sont des mercenaires que l’on paie pour servir d’escorte, pas des écrivains... en même temps, ce n’est qu’une mission diplomatique... mais sont-ils en guerre ?*
La perspective de cette hypothèse n’enchantait pas particulièrement Mael, mais pouvait-il laisser cette jeune femme traverser tout Arkantis toute seule ? Bien sur que non.
Et puis de toute façon, cela serait une occasion pour en apprendre plus sur le peuple de cette femme ainsi que les relations politiques qu’ils entretenaient...
Au bout d’un moment, ne voulant pas paraître impoli, il sortit de son mutisme en s’éclaircissant doucement la gorge.
- Il me semble qu’il ne serait en effet pas très prudent de laisser cette jeune femme toute seule, pour un voyage aussi long. Aussi, j’accepte votre requête, dit-il en inclinant légèrement la tête vers la prêtresse.
Mael posa sa tasse sur la table et se leva.
- La bonne nouvelle, reprit-il, c’est que nous allons voir du pays. La mauvaise, c’est que ce voyage sera long et sûrement pénible. Je n’ai pas ma carte en tête, mais il va falloir longer une chaîne de montagne.
Il fit une pause et caressa son bouc.
- Hum... et il va falloir prendre des chevaux...
*J’espère que l’atrewlienne sait monter à cheval... au pire elle montera derrière moi*
Le jeune homme se tourna de nouveau vers la maîtresse de maison.
- Et bien... je crois que j’ai assez abusé de votre hospitalité, dit-il en s’inclinant. Je vais vous laisser et faire quelques préparatifs pour demain.
Il sourit franchement, puis, embarrassé, tourna les talons pour sortir de la pièce. Il s’arrêta soudainement, refit face aux deux femmes et passa une main derrière sa tête.
- Oh et, hum... pour l’argent, ce n’est pas la peine... je ne suis pas un mercenaire, juste un écrivain... vagabond.
Eléa
Posté le: Lun Nov 20, 2006 10:13 pm
Sujet du message:
Zéphyrine fronça légèrement les sourcils puis un large sourire s’épanouit sur ses lèvres. L’aplomb avec lequel ce jeune homme demandait des comptes en toute innocence, sans se préoccuper des convenances, c’était rafraîchissant au fond. Son regard rempli d’indulgence sourit à Mael :
Zéphyrine :
« - Si votre première interrogation devra rester sans réponse, tout au moins pour l’instant, je peux en revanche aisément satisfaire votre curiosité quand à la seconde…Je me nomme Zéphyrine, grande prêtresse du Notus et vous êtes dans mon humble demeure… »
La jeune femme sembla réfléchir, pesant soigneusement les mots qu’elle allait prononcer :
Zéphyrine :
« - Vous avez j’en suis certaine remarqué que notre jeune amie appartenait au peuple des fohtères nommé atrewlien. Pour faire simple elle a un statut de diplomate… Et c’est tout ce que vous aurez à savoir, votre mission à vous en revanche sera de veiller sur elle… Vous assurer que rien de fâcheux ne lui arrive et qu’elle arrive à destination sans avoir été inquiétée… »
La grande prêtresse fit une pause, Eléa en profita pour intervenir :
Eléa :
« - Bien entendu rien ne vous oblige à accepter… J’étais en chemin lorsque nous… Nous sommes rencontrés… Ainsi donc vous voyez que seule ou accompagnée… J’accomplirai ma mission… Ne vous sentez surtout pas obligé de prendre fait et cause pour moi… La seule chose que je puis vous révéler c’est qu’il s’agit de la survie d’un peuple tout entier… »
Ayant dit ce qu’elle avait à dire, l’atrewlienne se mura dans le silence, les dernières heures avaient été riches en rebondissements et elle se demandait en quoi son destin s’en trouvait changé, vieille croyance de son peuple de croire obstinément que le hasard n’avait pas sa place dans le déroulement d’une vie…
Zéphyrine en profita pour agiter une petite clochette creusée dans un nacre irisé. Quelques instants plus tard, un domestique en livrée entra, portant un plateau sur lesquels des tasses fumantes invitaient à la dégustation. Après avoir servit une infusion d’algues brunes, il se retira et Zéphyrine reprit :
Zéphyrine :
« - Eh bien… Prenez le temps d’y penser jeune homme… Le départ est prévu pour demain à l’aube… Faites-moi savoir votre réponse avant ce terme je vous pris… »
La grande prêtresse sirota ensuite le liquide brûlant, faisant la conversation en parfaite maîtresse de maison, régalant ses invités d'anectodes diverses sur la région, sans plus faire allusion au sujet qui les intéressait…
Arioch
Posté le: Lun Nov 20, 2006 12:33 am
Sujet du message:
Mael observait la scène devant lui, ne sachant que faire d’autre, quand enfin la femme en blanc trancha le silence.
- Eh bien… Il semblerait que notre jeune amie d’hier soir nous ait faussé compagnie…
*Hum... vraiment...*
La femme en blanc passa outre cet évènement et interpella la jeune atrewllienne.
- Eh bien… Nous penseront à elle plus tard, pour le moment ma chère, vous avez une mission à remplir et je compte bien vous y aider de mon mieux…
Quelle mission ? L’annaliste n’était visiblement pas au courant de cette partie là.
*Mais bon sang, qu’est-ce que je fais ici ?*
Le jeune homme tritura machinalement la ceinture de tissu noire qui pendait sur sa hanche. Ses pensées étaient déjà ailleurs.
- Vous avez raison votre grandeur… commença la jeune femme. J’ai d’ailleurs assez abusé de votre bienveillante hospitalité…
*Moi aussi d’ailleurs...*
- Allons voyons… coupa l’autre femme. Ne soyez pas si protocolaire… Vous ne m’avez ennuyée en aucune façon…
Elle se tourna ensuite vers Mael. Surpris de cette soudaine attention, il redressa son torse.
- Vous qui êtes annaliste itinérant… Je suppose qu’aller par les routes ne vous effraie pas… Cette jeune femme que voilà doit se rendre en terre agélienne pour une mission diplomatique de la plus haute importance… Seriez-vous assez bon pour l’y accompagner ? Bien entendu, je vous rendrais grâce de votre bonté d’âme d’une confortable compensation pécuniaire… Voyez-vous, ma position m’interdit de lui fournir une escorte officielle… Je souhaite néanmoins qu’elle nous revienne saine et sauve et vous demande instamment de satisfaire à ma requête…
Sa position ? Mission diplomatique ? L’agélie ? Escorte ? Mael regretta de n’avoir pas touché à son petit-déjeuner. L’annaliste après un moment de réflexion s’éclaircit la gorge.
- Hum... De toute évidence, il doit me manquer une partie des informations. Certes, les routes ne me font pas peur, je ne suis qu’un vagabond... mais avant de vous demandé les tenants de cette mission... puis-je simplement vous demandez qui vous êtes ? Vous m’avez offert le gîte sans me poser de questions. Je vous en remercie. Mais avant de partir vers l’inconnu, il me semble nécessaire d’en savoir un peu plus...
L’homme s’interrompit, ne voulant froisser quiconque, et attendit patiemment.
Eléa
Posté le: Dim Nov 19, 2006 11:02 pm
Sujet du message:
Eléa regardait distraitement par la fenêtre, semblant absorbée dans ses pensées. En fait, elle était vaguement inquiète, avoir parlé de ses projets avec la prêtresse lui démontrait à quel point sa mission était ambitieuse. Dans un monde régit par les hommes et assimilés, comment un atrewlienne seule aurait le pouvoir de faire changer les choses quand rentrer en contact avec ses plus proches voisins s’était avéré si difficile ?
Zéphyrine se demandait encore comment venir en aide à Eléa lorsque la porte s’ouvrit sur le jeune annaliste qui resta gauchement debout à l’entrée, ne semblant visiblement pas quoi faire de lui-même…
Le majordome s’approcha d’elle et lui murmura quelques mots à l’oreille. Zéphyrine fronça les sourcils. Ainsi donc, l’étrange jeune femme apparemment amnésique s’était évaporée… La chambre avait été retrouvée vide, la fenêtre donnant sur le jardin grande ouverte.
Eléa l’interrogea du regard.
Zéphyrine :
« - Eh bien… Il semblerait que notre jeune amie d’hier soir nous ait faussé compagnie… »
L’image de Gabrielle passa devant les yeux d’Eléa, après tout, elle lui était venu en aide, car c’était en partie grâce à sa décoction que l’atrewlienne se sentait mieux aujourd’hui. Elle s’aperçut que le jeune homme semblait intéressé aussi par la nouvelle. Elle croisa son regard et rosit légèrement, se rendant compte qu’elle devit avoir l’air étrange dans ces vêtements qui n’étaient pas ceux de sa race. Elle baissa les yeux et regardant les lames claires du parquet prononça comme pour elle-même :
Eléa :
« - Que les esprits de l’eau veille sur elle… »
Zéphyrine fut la première à se reprendre :
Zéphyrine :
« - Eh bien… Nous penseront à elle plus tard, pour le moment ma chère, vous avez une mission à remplir et je compte bien vous y aider de mon mieux… »
Eléa acquiesça :
Eléa :
« - Vous avez raison votre grandeur… J’ai d’ailleurs assez abusé de votre bienveillante hospitalité… »
La grande prêtresse sourit avec indulgence :
Zéphyrine :
« - Allons voyons… Nos soyez pas si protocolaire… Vous ne m’avez ennuyée en aucune façon… » Se tournant vers le jeune homme elle reprit : « - Vous qui êtes annaliste itinérant… Je suppose qu’aller par les routes ne vous effraie pas… Cette jeune femme que voilà doit se rendre en terre agélienne pour une mission diplomatique de la plus haute importance… Seriez-vous assez bon pour l’y accompagner ? Bien entendu, je vous rendrais grâce de votre bonté d’âme d’une confortable compensation pécuniaire… Voyez-vous, ma position m’interdit de lui fournir une escorte officielle… Je souhaite néanmoins qu’elle nous revienne saine et sauve et vous demande instamment de satisfaire à ma requête… »
Arioch
Posté le: Dim Nov 12, 2006 11:11 pm
Sujet du message:
Qui aurait pu prévoir qu’une simple escale amène l’annaliste à rencontrer autant de personnes mystérieuses ? Il y avait bien sur, ce dragon, partit beaucoup trop vite au goût de Mael, et ces femmes... chacune possédant un charme bien particulier.
Oui, en faisant les cent pas dans sa chambre d’hôte, le jeune homme se disait qu’il avait été incroyablement chanceux ce soir là. Il s’arrêta brusquement en plein milieu de la pièce et éclata de rire.
- Bon sang ! Il faut absolument que je note cela dans mes annales !
Il s’approcha ensuite de l’unique fenestron et appuya son front contre la vitre.
*J’espère que l’atrewlienne se porte mieux...*
Il défit le ruban dans ses cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules.
*Le dragon...*
Il retourna vers le lit et enleva sa chemise noire, pour finalement se laisser tomber en arrière. C’est alors qu’il prit conscience du luxe de la pièce. Pour un simple vagabond, cette chambre était digne d’un prince. Depuis combien de temps il n’avait pas dormi dans un lit confortable ? Cela en était presque gênant.
Il n’était qu’un étranger après tout, mais la femme en blanc lui avait offert le gîte, sans rien lui demander. Ce n’était pas l’aristocratie Audréanienne qui aurait fait de même. A cette pensée, Mael fronça les sourcils.
Des souvenirs encore douloureux remontaient à la surface, une fois de plus. Il s’endormit quelques minutes plus tard, épuisé par la marche, et rêva.
Sa mère lui faisait face. Seule, dans les ténèbres environnantes. Une grande femme au visage dur et froid. Tout de noir vêtu.
- Qui est-tu ?
articula-t-elle.
Mael baissa la tête et serra ses poings.
- Ton fils
, dit-il, la mine sombre.
- Non. Tu n’es qu’un étranger à mes yeux.
Une larme au coin de l’œil, le jeune homme releva la tête. Sa mère lui lança un regard méprisant.
- Si tu t’acharnes dans cette voie, tu rejoindras ton père sur l’échafaud.
Cette phrase fit naître dans le cœur de Mael un terrible vide, glacial.
- Et ne pleure pas, je t’en prie ! Les faibles ne sont pas dignes de nôtre sang !
La voix de sa mère devenait de plus en plus lointaine et le jeune homme s’éloignait d’elle progressivement, à moins que ce ne soit elle qui s’éloignait de lui. Mael se laissa tomber à genoux, un mal rongeait lentement l'essence même de son âme.
- Claris... chuchota-t-il. Où es tu ?
Seule le silence lui répondit. Il était seul, comme toujours, encore perdu dans les brumes obscures de son passé.
Mael se leva le lendemain matin de bonne heure. Assis au bord de son lit, il fixait le sol, l’air absent. Un plateau de nourriture était posé sur sa table de nuit, mais il n’y avait pas touché.
- Claris... murmura-t-il en posant sa tête contre ses genoux.
L'annaliste se leva péniblement et se traîna jusqu'à la porte, tout en boutonnant sa chemise. Il réajusta sa longue ceinture de tissu pour la faire pendre sur sa hanche droite et tourna la poignée. Il s'arrêta en pleine action comme pris d'une révélation.
*Les annales.*
Au moment de retourné à son affaire, quelqu'un toqua à la porte. Un homme entra alors, un domestique probablement, au vu de ses habits.
- Je vois que vous êtes rêveiller monsieur, vous êtes convié à l'étage inférieur par la maîtresse de maison. Si vous voulez prendre la peine de me suivre...
Mael suivit alors l'homme puis descendit les escaliers, en essayant de se donner un air moins pitoyable. Il ne prit pas la peine de réattaché ses cheveux et entra dans la salon, sur un geste du domestique, où l'attendait -plus ou moins- l'attroupement de la veille.
L'homme s'approcha de la jeune femme en blanc et lui chuchota quelque chose à l'oreille. C'est alors que Mael remarqua qu'il manquait la jeune fille en noir.
Ailin
Posté le: Dim Nov 12, 2006 1:50 am
Sujet du message:
Le soir s'étirait doucement dans ses draps de flanelles, mauves et gris, recouvrant le jour de ses étoffes cotonneuses. Les étoiles perçaient l'obscurité une à une, dardant les nuages d'un regard espiègle. Lentement, le monde se laissait séduire par Morphée. Ailin s'aventurait dans le dédale d'un jardin, en proie à des chimères qui rongeaient son sommeil. Les cheveux en bataille sous le vent, il se laissait aller torse nu sous la fraîcheur du soir. Quelques rayons de Lune se réfugiaient à ses tatouages azurés, chaque caresse faisant frissonner l'Atrewlien. Les corolles se fermaient à son passage comme effrayées par l'éclat surnaturel de sa peau, opaline sous la clarté du crépuscule. Quelques poissons timides s'aventuraient à la surface des bassin et leurs écailles chatoyaient à la rencontre des astres, irisant les piscine bordées de nénuphars. Loin de l'agitation de la journée, le monde semblait retrouver une quiétude apaisante pour le jeune homme qui ressentait encore l'âpre douleur du manque. Le bruissement des feuilles murmuraient des souvenirs à son coeur, contines de son enfance passée au bord de l'eau. Le tintement des fontaines, la caresse glacée du vent, tout cela le ressourçait bien mieux qu'une nuit de sommeil. Les constellations contaient des histoires lui étant inconnues, il regretta d'avoir dédaigné l'enseignement du vieux chaman. A l'abris d'un saule, il s'immisca dans l'eau claire d'un bassin. Un râle de plaisir vibra dans sa gorge car elle était glaciale et la caresse humide fit battre son coeur plus vite. Ailin plongea entre les roseaux, à la poursuite d'un poisson fardé de voiles et d'étoffes translucides où dansaient mille couleurs. La réalité à travers l'élément aquatique était si merveilleuse, floue, fuyante comme les rêves et tel un digne représentant de son espèce, il aimait à s'y oublier.
C'est ainsi qu'il attendit le jour, perché sur le rebord carrelé de la piscine, à contempler la silencieuse procession de sa muse. Le chant des oiseaux accompagna l'aube qui rêvassait au loin et il s'enfuit. L'esprit apaisé et emplit de bonheur, prêt à créer de nouveau...
Thème visuel par Zeph
Powered by
phpBB
© 2004, 2005 phpBB Group Traduction par :
phpBB-fr.com