Tark
MessagePosté le: Ven Nov 07, 2008 8:14 pm    Sujet du message:

- Amindou !

Tark se précipita sur son vieux compagnon pour tenter d’empêcher sa rencontre avec le sol. En vain. Le guerrier s’empressa alors de retourner sans grande délicatesse le vieillard sur le dos, celui-ci ne semblait pas blessé mais son visage était livide, ses yeux clos et son front brûlant. Que faire ? Le Boros considéra son ami un instant, observant ses symptômes tout en cherchant bêtement quelque chose à faire. C’était un combattant, pas un soigneur. Il avait élevé pour prendre des vies, par pour la préserver. Son regard se perdait autour de lui à la recherche d’une solution jusqu’à ce qu’il se pose sur Shivara.

- Il n’y a aucune comédie, ni la moindre confrérie ! Alors tu vas me faire le plaisir de faire quelque chose pour sauver Amindou ou d’aller chercher de l’aide !

Le Boros avait aboyé son ordre d’une voix teintée de toute la puissance du peuple gardien de Nurk-Barg Hank.

- Je te préviens, s’il arrive quoi que ce soit à cet homme par ta faute, tu en payeras les conséquences !...

La voix de Tark-Ban Than avait atteint une intensité qui laissait clairement comprendre que ses menaces n’avaient rien de paroles en l’air. De plus, son mal de crâne n’avait toujours pas lâché le guerrier. Pire, la douleur n’allait pas en s’amenuisant ce qui ne favorisait pas la patience du Boros, déjà peu porté sur la souplesse.

- Va ! Tout de suite !

Tark s’était recroquevillé sur le petit corps malingre du vieillard qu’il tenait dans ses énormes bras. La tête baissé sur lui, il cherchait une prière à prononcer mais rien ne lui venait. Toujours ce mal de crâne…
Amidou, que pouvait faire le Boros sans lui ? Sur ces terres il était son guide, son interprète dans ce monde inconnu. Tark pouvait se permettre de se blesser, il était solide et pensait être à même de pouvoir de révéler d’à peu près n’importe quoi. Mais ce vieux sorcier avait l’air si faible, il fallait le protéger, un rien semblait pouvoir le tuer. Pourtant à cet instant précis le guerrier se sentait affreusement faible et impuissant, ce qui ne faisait qu’alimenter sa frustration, sa colère, sa haine de cet endroit, si loin de chez lui où tout était si simple…

Le Boros releva la tête et poussa un hurlement inhumain qui lui déchira les cordes vocales. Tout ce monde était pourri, laid, injuste, incompréhensible, il ne méritait qu’une chose : être détruit.
 

 Azeem El'Bakshir
MessagePosté le: Ven Oct 31, 2008 5:09 pm    Sujet du message:

Le sentiment d'urgence qui avait permis à Amindou de se relever et de lancer son défit s'estompait rapidement le laissant épuisé par son combat dans le monde-autre. Alors qu’à son tour le boros se remettait sur pied pour venir le soutenir, le sorcier s'appuya plus fermement sur son bâton pour ne pas s'écrouler par terre. Il y avait quelque chose qui n’allait pas avec le guerrier. Amidou s’en rendit compte rapidement sans pour autant parvenir à identifier ce qui avait changé. Cela l’irrita d’autant plus qu’il avait l’étrange impression que cela aurait dû lui sauter aux yeux. Son esprit, surmené par l'expérience qu'il venait de vire, menaçait de sombrer dans l'inconscient et il dû abandonner ses préoccupations quant à son compagnon car la voyageuse commençait à parler de manière agressive. Il essayait tant bien que mal de se concentrer sur ce qu’elle disait mais il avait beaucoup de peine à empêcher à la fois sa langue natale de venir parasiter sa compréhension des phrases et ses anciennes inhibitions face à la langue que son peuple considérait comme maudites.

Amindou n'était pas sûr d'avoir bien suivi les paroles de l'étrangère. Il avait comprit qu'elle s'appelait chiavaraelzamet et elle était la fille d'Amalelzametdisalis. Il ne pensait pas pouvoir se souvenir de ces noms. Elle ne semblait pas au courent de la mauvaise magie du village d’Hamblock, et puis, cela lui revenait maintenant, le chef avait parlé d’un sorcier et pas d’une sorcière. En même temps cette femme était apparue déguisée en homme. Peut être que cela pouvait être elle après tout... Le vieil homme avait de plus en plus de mal à organiser ses pensées. En fait il ne s’y essayait même plus, trop absorbé par le fait de rester conscient tout en ouvrant son esprit pour permettre à sa connaissance intuitive de l’Arkantis de ressurgir du fond de son être, là où tout enfant de son peuple apprenait à la refouler. Il avait l’impression d’essayer d’attraper des lucioles avec un petit filet perché sur une planche de bois instable flottant dans une étendu marécageuse entouré de grand mangeur… Une situation guère confortable. Néanmoins, à force d’effort et de concentration, il avait reussi à comprendre qu'elle désirait détruire plusieurs choses. D’abord lorbe dont Amindou ignorait tout mais qu’il soupçonnait vaguement d’avoir un lien avec la mauvaise chose ombre. Il y avait aussi la confrériedezara et les assassindezara que l'étrangère voulait détruire. Pourquoi cette femme voulait elle tout détruire ? Peut être que si elle n’était pas un Homa’aga, elle faisait partir des esprits destructeurs d’Astafara ! Mais dans ce cas Haskooma l’aurait consumée ! Alors pourquoi parlait elle à se point de destruction ? Peut être était-elle un esprit vengeur de Papa Jamala ? Du Grand Maître ? Non le Grand Maître ne se mêlait jamais des historie des hommes. Oui mais de l’histoire des Boros ? Amidnou n’en savait rien et son esprit saisit de vertige tournait beaucoup trop vite pour qu’il ne s’en préoccupe. Alors que le sol oscillait de plus en plus rapidement et de plus en plus haut, l’esprit d'Amindou connu une subite illumination, à moins que cela n’est été soufflé par son arrière grand oncle. La femme voulait détruire la mauvaise chose-ombre.


- Oui Oui, Très bonne idée détruire mauvaise chose ombre ! lança-t-il sans trop savoir s’il avait crié ou murmuré.

Oui c’est ça qu’il faut faire se dit-il avant que le sol ne vienne brutalement à sa rencontre.

 

 Kara
MessagePosté le: Mar Oct 28, 2008 9:39 am    Sujet du message:

Le monologue du sorcier à peine fini, Shivara sentait la colère qui lui montait au nez. De quel droit ce vieux gâteux lui tenait ce discours empli d’accusations ?

« Homa quoi ? Je ne sais ce que c’est alors qui peut dire si je le suis ou pas. L’ombre que tu nommes mauvaise-chose-ombre, est l’esprit de Rahlmar, comme si tu ne le savais pas. C’est pourtant bien toi qui vient de le libérer, au risque de tout détruire avec ta magie, toi et ton compagnon y compris. Qui fait de la mauvaise magie ici, si ce n’est toi ?
Son serviteur ? Te moques-tu ? Je ne suis pas un de ces assassins de Zara. Je détruirais l’orbe quoi qu’il m’en coûte et si tu comptes m’en empêcher il te faudra me tuer d’abord ! Tu exiges mon nom, mais … »


L’attention de Shivara fut alors attirée par le guerrier qui se relevait. Il semblait furieux, prêt à en découdre. Instinctivement, la jeune voleuse, adopta une posture défensive, attendant de voir si un nouveau combat allait débuter. S’ébrouant de ce qu’il venait d’endurer, le géant semblait être redevenu lui-même. Pourtant, Shivara en doutait. On ne ressortait jamais indemne d’une possession. Elle le savait bien. Des traces indélébiles du maléfice récent se feraient bientôt jour.

Finalement, à son tour le guerrier exigeait son nom. Shivara en frissonna de colère. Elle détestait qu’on lui dise quoi faire, encore plus qu’elle se voie exiger une chose. Elle se para d’un masque de dureté, les traits tendus, comme prête à en découdre de nouveau… Ses doigts crispés sur le pommeau de son arme toujours dans son fourreau.

Mais après tout, quelle importance, tout frère de Zara, après avoir entendu ce qui s’était passé ici saurait qui elle était. Toujours contractée sur son arme, elle s’exclama d’une voix qui ne laissait aucun doute sur son humeur, ponctuant chacune de ses phrases d’un silence :

« Je suis Shivara El’zameth, fille d’Amal El’zameth d’Istalis…
J’ai juré de détruire l’orbe, l’esprit qui s’y cache et toute la confrérie de Zara avec….
Alors maintenant, si vous êtes des leurs, cessez votre comédie et arrêtez de faire croire que vous êtes là pour défendre ce village ! »

 

 Tark
MessagePosté le: Mer Oct 15, 2008 4:25 pm    Sujet du message:

- Raaaaah… !

Le lourd guerrier se releva en poussant un long grognement caverneux. Émergeant d'un trou noir cauchemardesque, il avait mal partout. Ses membres étaient engourdis comme s’il sortait d’un sommeil de plusieurs lunes et surtout, il avait l’impression que son crâne allait exploser telle une calebasse de ginouf. Comme si quelque chose l’avait pénétré et avait cherché à le dévorer. Le dévorer de l'intérieur pour le vider et le remplacer par "autre chose".
Peu à peu les derniers évènements lui revinrent, et dès que Tark-Ban Than fût totalement redressé il chercha le danger des yeux. Seulement celui-ci semblait s’être évaporé. Le guerrier qui retrouvait le contrôle de son corps fît craquer ses épaisses articulations.
Le Boros l’avait mauvaise et ça se voyait, cela faisait deux fois qu’il se faisait avoir et à chaque fois de façon obscure. La pierre de métal, puis cette ombre... vivante... Il y avait encore bien des choses que Tark ne saisissait pas dans cet empire. Un premier constat s'imposait néanmoins tout de suite: il détestait la magie !

Le regard encore quelque peu embrumé du Boros se posa sur Amindou visiblement éreinté, et il comprit qu’une fois de plus le vieux sorcier lui avait sauvé la mise. Le guerrier voulu remercier son compagnon de route mais tous deux avaient encore un problème sur les bras.
C’est en direction du mystérieux « Ravashi » qu’Amindou n’avait pas attendu pour assaillir d'interrogations, que Tark tourna enfin la tête. Ce dernier ne pouvait pas le blâmer, des explications sur ce qui venait de se passer étaient plus que nécessaires. De plus, s’il ne voulait plus être pris par surprise, le Boros devait apprendre, à commencer par la véritable identité du voyageur. Il appuya d’une voix grave la dernière question du sorcier.

- Ton nom !

Qui qu’il soit, il avait vivement intérêt à répondre. La patience de Tark-Ban Than était largement entamée, et même s'il se sentit rapidement bien mieux, le Boros ressentait comme une redoutable envie frapper quelqu'un...
 

 Azeem El'Bakshir
MessagePosté le: Dim Juin 29, 2008 6:03 pm    Sujet du message:

Son combat dans le monde-autre achevé, l’âme du sorcier retrouva son corps et la conscience d’Amindou renoua avec le monde-homme. Le retour au monde physique ne fut pas progressif, mais, comme à chaque fois, extrêmes brutal. C’était un instant particulièrement périlleux durant lequel une grande partie des novices perdaient la vie. Même des sorciers avec des années d’expérience devaient encore luter contre la peur panique, contre le violant déferlement de perceptions qui assaillait l’esprit alors que la conscience cherchait à s’adapter et à se répartir entre le monde-homme et le monde-autre. L’espace d’un instant Amindou ressentit intensément chaque fibre de son être, chaque muscle, chaque nerf. Dans cette multitude de sensations il du faire bouger lui-même ses organes pour respirer, faire battre son cœur et vivre. Il garda soigneusement les yeux fermés mais chaque son semblait onduler, tantôt fort, tantôt faible, évoluant dans des dissonances inextricables. Il ne fallait pas paniquer, ne pas se laisser emporter par l’hyper conscience, ne pas se noyer dans la saturation de ses sens. Petit à petit le corps d’Amindou reprit néanmoins ses automatismes, sa conscience revint à un niveau normal, les sons reprirent consistance et le sorcier put enfin ouvrir les yeux. La femme-qui-cache-son-nom l’observait, épée au fourreau dans une position qui ne démontrait pas d’agressivité immédiate mais tout en conservant une profonde méfiance. Amidou tata le sol autour de lui jusqu'à ce que sa main rencontre son bâton avec l’aide duquel il entreprit de se remettre sur ses vieilles jambes. La tête lui tournait encore atrocement et tous ses muscles semblaient ankylosés mais il sentait que le danger était passé… Il clopina jusqu’au talisman d’Hojimbo arraché à son bâton qu’il ramassa et entreprit de vérifier les fines gravures avec un regard soupçonneux pour l’assistance. Une fois rassuré il fit disparaître le talisman dans sa grande besace et se tourna vars la voyageuse alors qu’a son tour Tark commençait à se relever.

- Tu n’es pas Homa’aga ! Lui lança-t-il presque accusateur. Et ce n’est pas Bhalan qui envois ? poursuivit-il pas encore franchement convaincu de son erreur. Pourquoi tu es là ? D’où viens mauvaise-chose-ombre ? Mauvaise chose ombre puissante et dangereuse ? Tu es serviteurs mauvaise chose ombre ! Accusa le sorcier comme si l’idée venait soudain de frapper son esprit. Tu viens faire mauvaise magie avec mauvaise chose ombre ? Amindou lança un regard entendu au chef du village. Tu viens du village d’Hamblock pour faire mauvaise magie ? Je préviens, chef a promis disque-qui-échangent-tout pour protéger village contre mauvais magie Hamblock ! Le sorcier secoua d’une manière démonstrative son bâton, faisant greloter tout les talismans. Puis soudainement, il le planta dans le sol et transperça la jeune femme du regard. Il venait de se souvenir de quelque chose d’important… Quel est ton nom ?
 

 Kara
MessagePosté le: Mar Juin 24, 2008 4:20 pm    Sujet du message:

Stupéfaite, Shivara vit le géant bondir sur l’ombre mortifère.
Ne savait-il donc pas ce qu’il risquait ?
Il lui sembla le temps d’un battement de cil, que l’esprit maudit s’en réjouissait. Enveloppant entièrement le guerrier, l’ombre allait se ruer sur son âme offerte si facilement.
N’était-il pas le complice du sorcier ?
Il lui suffisait d’attendre afin que l’esprit de Rahmal la possède, au lieu de cela, il avait bondi s’exposant à de terribles conséquences. L’action inattendue du géant remettait tout en cause. Il était là immobile pris au piège de la toile maléfique, le souffle court.
Respirait-il seulement encore ?
La couleur de sa carapace prenait un teint grisâtre signe indubitable que l’âme maudite était en train de prendre possession de l’inconscient. L’esprit prisonnier de la sphère y avait été enfermé des siècles laissant la haine et la colère croître tout au long des années. N’ayant été convoqué qu’une poignée de fois pendant sa captivité, la rage démesurée avait consumé, à chaque fois, rapidement le réceptacle physique qu’il avait choisi. Toutefois pour son plus grand plaisir, il avait, à loisir, profité de cette éphémère liberté pour détruire et massacrer. Le guerrier, protégé de cette incroyable carapace, ferait sans doute une enveloppe des plus endurantes et des plus féroces.
Comment allait maintenant réagir son compagnon ?
Encore pétrifiée d’étonnement, la jeune femme s’attendait à une nouvelle attaque lorsqu’elle vit le sorcier fouiller dans son sac de voyage et sortir deux infâmes morceaux de chair sanguinolents.
Qu’était-ce ?
On aurait dit des langues, arrachés à quelque pauvre victime. Elle reconnaissait bien les manières des frères de Zara, cruelles et sanglantes. S’apprêtant à subir un nouveau maléfice, Shivara se mit en garde, bien décidée à ne pas plier devant son adversaire. Ce dernier concentré sur ses incantations restait immobile et contre toute attente s’effondra brutalement au sol. Le visage de la jeune femme se figea de saisissement, sa bouche s’entrouvrant dans un « O » de surprise non formulé. Elle n’y comprenait plus rien. Mais elle n’allait pas bêtement laisser passer sa chance. Le guerrier aux prises de l’ombre, son compagnon au sol inconscient, elle avait l’avantage alors qu’un instant auparavant elle se voyait morte. Elle se devait d’en profiter, de faire payer à l’invocateur ce qu’il avait déclenché, ce à quoi il allait condamner le village en ayant appelé Rahlmar. S’avançant vers le sorcier tout en contournant le géant et l’ombre maléfique, elle brandit son épée vers la gorge de l’homme étendu prête à l’achever. Le corps de celui-ci paraissait déjà sans vie. Hésitante, Shivara se tourna de nouveau vers les ténèbres enveloppant le guerrier. L’ombre grisâtre de la carapace gagnait en noirceur et le nuage mortifère avait déjà doublé de volume, lorsque, tout à coup, une chose incroyable se produisit sous ses yeux. Son esprit refusait de croire ce qu’elle voyait. Il était impossible que cela soit, tout simplement. S’essuyant du revers de la manche et se forçant à accommoder sa vue qui la trompait certainement, elle observait les ténèbres se replier sur elles-mêmes. Elle avait beau se convaincre de l’impossibilité de cet incroyable retournement de situation, il avait lieu, là, devant elle. Le nuage réintégrait la sphère, se tortillant comme si une volonté propre se débattait et luttait afin d’y échapper, mais quelque chose ou quelqu’un la forçait et était en passe de remporter la victoire. Les dernières volutes disparaissaient réintégrant la sphère maléfique qui retrouvait sa couleur d’origine.
Comment était-ce possible ?
Le sorcier semblait épuisé comme s’il avait mené un combat invisible à aux yeux de la jeune femme. Le guerrier, quand à lui, libéré de l’emprise de l’esprit maléfique était retombé à terre. Sa carapace avait retrouvé sa couleur semblait-il, comme si tout ce qui s’était passé n’avait été qu’une illusion. Le guerrier qui avait été levé dans les airs par la force maléfique s’était retrouvé brutalement au sol, sonné après la possession de son corps. Méfiante, Shivara tenait encore le sorcier en respect du bout de sa lame, sa main tremblante de cet étrange retournement de situation.
Se pouvait-il que le frère de Zara, comprenant son geste ait renvoyé son maître dans sa prison ? Non, c’était incohérent. Cela ne ressemblait pas à la confrérie.
Étudiant avec un nouveau regard ses deux adversaires, elle commençait à douter. Le guerrier qui reprenait vie remuait déjà. Elle devait se décider vite. Les achever tout de suite, alors qu’elle avait le dessus, ou attendre et essayer de comprendre au risque de sa vie et de la réussite de sa quête. Appuyant toujours la lame de l’épée sur le sorcier à terre, elle n’arrivait pas à se résoudre à l’achever aussi froidement. Surprenant du coin de l’œil le guerrier qui l’observait, elle décida finalement de rengainer son épée au fourreau. Retournant vers l’endroit où la pierre était tombée, elle la ramassa précautionneusement et la replaça dans son écrin tombé non loin. Accroupie, la boîte en main, elle se mit en position d’attente, observant tour à tour et sans un mot le guerrier et le sorcier.
Pourvu qu’elle ne regrette pas son choix…
 

 Azeem El'Bakshir
MessagePosté le: Sam Aoû 18, 2007 4:27 pm    Sujet du message:

Amindou, encore sous le coup de la soudaine et inexplicable défection d'Haskooma, ne dû son salut qu'à l'intervention d'un autre de ses esprits. Amuln, le guerrier d'obsidienne, que l'on disait arrière arrière petit neveu de Papa Jamala lui même investi soudain la vieille chair du sorcier au moment même où la lame de son adversaire sifflait vers son visage. Sous l'impulsion d'Amuln, Amindou leva vivement son bâton qui, rayonnant de la puissance des esprits, détourna l'arme sans en subir le moindre dommage, ce qui ne fut pas le cas du vieil homme dont la joue s'ouvrit d'une balafre écarlate mais heureusement peu profonde.
Dans son mouvement, l'Homa'aga enchevêtra néanmoins son flamberge dans un des nombreux talismans accroché au bâton. Le talisman d'Hojimbo, parmi les plus puissants de la collection du sorcier, qui rapprochait les deux mondes et favorisait le passage de l'un à l'autre entra étrangement en résonance avec la sphère rouge que portait la jeune femme. Amindou ressentit les profondes perturbations qui jaillirent soudainement dans l'autre-monde aussi bien qu'il vit dans le monde-homme l'ombre glacial et inquiétante qui se propageait depuis la sphère devenu d'un noir profond.
Devant cette menace indubitablement maléfique, Amindou senti fondre sa fureur et prêta enfin l'oreille aux avertissements de son arrière grand oncle.


- Ah ! Vois ce que tu as fait idiot ! Voilà ton véritable ennemi ! Crois moi maintenant, la femme-qui-cache-son-nom n'est que ce qu'elle paraît être. Et maintenant tu dois vaincre cette chose-esprit-que-l'on-ne-connait-pas.

Amindou s'éloigna prudemment de l'ombre sans cesse grandissante tout en réfléchissant à toute vitesse, rassemblant ses connaissances des esprits maléfiques. Mais que connaissait-il des esprits et de la magie de ce monde de l'autre coté des montagnes ? Ni lui, ni ses esprits ne pouvaient connaître son nom. Tark fur le premier à régir avec son ardeur habituel. Le guerrier bondit droit sur l'ombre cherchant à l'agripper de ses poings nus. L'imposante créature ne put cependant trouver aucune prise sur l'entité éthérée et la traversa pour finalement s'effondrer sur le sol visiblement inconscient.
La jeune femme avait dit que l'esprit s'appelait Rahlmar, mais comment la croire, comment pouvoir lui faire confiance à elle qui détenait une telle chose ? Amindou se souvint du lien qu'il avait fait entre nez cassé et sa bande et la jeune femme, ce lien existait il en avait été sûr mais il se pouvait qu'il ne soit pas de connivence. Alors que l'ombre ne semblait pas s'intéresser à lui pour le moment, Amindou fouilla à toute allure dans sa grande besace pour en extraire les langues qu'il avait volé aux hommes que Tark avait tués. Il les sortit des feuilles qui les protégeaient de la putréfaction et les enfila avec dextérité sur un épais fil tressé de lianes au moyen d’une aiguille en os jaunie. Tenant le macabre collier dans la main droite il le fit se balancer vivement tout en incantant pour appeler à lui l'esprit des morts qui privés de leur langue devaient subir mille tortures dans le royaumes d'Astafara. Trop heureux d'échapper pour quelques instants à leurs supplices, les âmes se présentèrent dans l'autre-monde. Le sorcier par l'intermittence de son arrière grand oncle, qui seul pouvait comprendre les morts, leur demanda de l'aider en échange de leur langue pour qu'il puissent enfin être jugés par Astafara et que cesse leurs tourments. Le deux esprits acceptèrent.


- Nez cassé connait la chose-esprit dit l'arrière grand Oncle, il avait des relations avec ceux qui le servaient. La femme-qui-cache-son-nom l'avait dérobé et les gens qui servent la chose-esprit recherchent la femme-qui-cache-son-nom pour lui reprendre la chose-esprit. Il ne sait pas comment la vaincre mais dit qu'elle s'appelle Rahlmar. La femme-qui-cache-son-nom a dit vrai. La sphère doit être un Goonlja qui le retenait prisonnier. Je sens encore sa magie.

Amindou savait comment emprisonner les esprits dans un Goonlja et même si la sphère ne ressemblait à rien à un Goonlja, il décida cette fois de faire confiance à son arrière grand oncle. Dans le monde-homme, le corps du sorcier s'effondra sur le sol comme foudroyé alors que le vieil homme envoya toute son âme dans l'autre monde pour y livrer bataille, espérant que la femme-qui-cache-son-nom n'en profiterait pas pour lui porter un mauvais coup. L'arrière grand oncle ordonna au deux âmes des voleurs de se jeter sur la chose-esprit. Bien que surpris par cette attaque, Rahlmar dissipa rapidement les âmes faibles des morts qui retournèrent dans le royaume d'Astafara. Néanmoins l'ancêtre d'Amindou put de ce fait fondre sur la nébuleuse de lumières rouges qui marquait l'image de la sphère dans l'autre-monde sans être inquiété par la chose-esprit. Amindou étira alors son âme jusqu'à que sa conscience forme un voile immense dans l'autre-monde. La sensation était terriblement déplaisante, il avait l'impression que tout son être était aplati, prêt à se déchirer pour voler en éclat dans le néant. Sa conscience était réduite à un mince pellicule, terriblement diminué tout en étant extraordinairement étendu. Amindou sentit la présence rassurante de Kamman qui lui donnait de la force et permettait à son âme-voile de ne pas se déchirer. Alors le sorcier se rapprocha de la chose-esprit et l'engloba. Rahlmar lutta contre cette présence soudaine qui l'enveloppait, qui l'emprisonnait mais encore faible il ne put déchirer l'âme-voile. Aider par Kamman, Amindou rassemblant sa conscience distendu, resserrant et rassemblant son âme, lui redonnant sa forme originel ce qui comprima la chose-esprit de plus en plus. Rahlmar redoubla d'effort pour s'échapper mais il n'était pas encore habituer à cet univers et le vieil homme n'en était pas à sa première lutte dans l'autre monde et l’entité maléfique ne put que rétrécir. Si bien que l'arrière grand oncle qui avait fusionné avec la sphère-qui-est-un-Goonlja avala la chose-esprit. Alors l'âme d'Amindou reprit enfin sa forme normal au grand soulagement de se dernier qui put se préparer à retrouver son corps. Pour finir, l'arrière grand oncle jaillit de la sphère-qui-est-un-Goonlja laissant Rahlmar de nouveau emprisonner à l'intérieur. Dans le monde-homme, l'ombre sembla un instant agitée de spasmes avant de se contracter lentement mais inexorablement pour finir par disparaître entièrement dans la sphère qui retrouva sa couleur rouge.
 

 Tark
MessagePosté le: Dim Aoû 12, 2007 9:28 pm    Sujet du message:

Dans ce genre de situation, l’éducation de Tark lui avait inculqué qu’il valait mieux rester à l’écart. D’une part, intervenir au milieu d’un duel relevait selon un guerrier Boros de la pire impolitesse ; et d’autre part, il n’avait pour le moment aucune raison valable de s’en prendre à « Ravashi ». Amindou s’était fourré seul dans cette confrontation et il s’en sortirait de la même façon. Et ce même si Tark n’approuvait tout ce déballage d’agressivité qu’à moitié. En effet quiconque aurait prit la peine d’écouter un tant soit peu les divers arguments des deux belligérants aurait immédiatement compris que tout cela ne reposait que sur un malheureux quiproquo. Néanmoins, même si c’était le cas de Tark-Ban Than, celui-ci n’en laissait rien paraître, désireux encore une fois de ne pas se mêler des affaires des autres.

Ainsi, les bras croisés, Tark avait paisiblement observé Amindou et l’étrange voyageur que l’on croyait possédé par un esprit maléfique (c’était du moins ce que le Boros avait compris du charabia du sorcier). Ce dernier avait d’ailleurs l’air d’en vouloir tout autant à Amindou, mais pour des raisons aussi différentes qu’obscures. Le vieux sorcier et « Ravashi » s’étaient d’abord menacés puis avaient commencé à se porter des coups dénués d’envergure qui confirmaient ce que Tark s’était laissé croire à propos des petits êtres à la peau nue et molle : c’étaient de piètres combattants. Il existait sans doute une élite militaire qui pouvait faire exception mais de toute évidence ces deux là n’en faisaient pas partie.
Seulement Amindou bénéficiait de ses techniques de sorcellerie, et comme Tark si attendait, le dit sorcier n’avait pas tardé à en faire usage. Plus le temps passait et plus le guerrier était étonné par les capacités de ce qu’il croyait au départ n’être qu’un vieillard sénile et rabougri. Néanmoins, malgré l’apparente puissance de son tour Amindou n’était pas parvenu à prendre le dessus, et Tark qui appréciait les duels dynamiques aux bottes inventives et aux parades audacieuses commençait à s’ennuyer quelque peu en regardant ce pastiche de duel qui ne répondait à aucun de ses critères. Le Boros n’avait d’ailleurs pas prêté grande attention à l’orbe que tenait précieusement « Ravashi », ne s’agissant pas pour lui d’une arme valable.

Il fût cependant obligé de s’y intéresser davantage lorsque ce dernier poussa un cri en jetant à terre sa sphère rouge qui virait au noir.
Qu’est ce que c’était encore que ce coup là ? Tark lança un œil interrogateur à son compagnon de route.

-Rahlmar ? Qu’est ce que…

Le sorcier n’avait rien à répondre tandis que l’autre de son côté paraissait terrifié par l’orbe à présent entouré d’une ombre. Il racontait des choses aussi incompréhensibles que celles d’Amindou lors de ses délires. Tark s’approcha, curieux et ne voyant pas quel danger pouvait provenir d’une ombre. Après tout il y avait des ombres partout, même un arbre faisait de l’ombre, et c’était souvent bien pratique.
C’est alors qu’il sentit le danger, la formidable puissance qui émanait de l’orbe, une puissance obscure et affamée. Amidou ne s’était pas trompé, il y avait quelque chose de mauvais dans tout ça. « Ravashi » s’était mis en garde, Tark-Ban Than voulu faire de même. Il voulu porter la main au manche de sa lame avant de réaliser que celle-ci n’était pas à sa place. Le guerrier déstabilisé se rappela soudain qu’il avait laissé son arme chez les paysans.
Il n’avait pas le temps de retourner la chercher, et il n’était d’ailleurs pas du tout sûr que Naoudine le laisse faire. De toute façon qu’est ce qu’une épée aussi immense et affûtée soit-elle pouvait bien faire contre un ennemi immatériel ? L’ombre prenait à présent la forme d’une main menaçante prête à s’emparer de tout ce qui passerait à sa portée. Tant pis pour la politesse, Tark serait les dents et les poings devant à cette force fascinante face à laquelle il ne supportait de rester inactif plus longtemps.

Le Boros ne sentit presque pas le picotement qui parcouru tout son corps jusque sous sa carapace lorsqu’il sauta sur l’ombre dans l’espoir vain de la maîtriser. Enserré par une force invisible, il eut un instant le souffle coupé.
 

 Kara
MessagePosté le: Sam Aoû 11, 2007 10:58 am    Sujet du message:

Le choc avait surpris la jeune voleuse. Une onde, telle une vague irréelle, cependant destructrice, l’avait complètement pénétrée en quête d’une prise sur son esprit. Chaque parcelle d’elle-même avait été meurtri par le toucher destructeur d’un invisible agresseur. Une douleur insupportable l’avait fait se mettre à genoux, du sang dans la bouche. Et tout s’arrêta net, sans qu’elle en comprenne la raison. Elle tremblait encore du choc. Ainsi donc, ce fossile putréfiant possédait de réelles ressources magiques. Ce n’était pas avec ça qu’il allait la briser. Dévisageant son adversaire qui semblait contrarié de l’arrêt soudain de son attaque, elle fut prise d’un éclat de rire des plus saugrenus dans telle situation.

« C’est tout ce dont tu es capable ? Les tiens m’ont fait déjà bien pire, ne le sais-tu donc pas ? »

Se relevant avec lenteur, Shivara observait les deux hommes immobiles. Essuyant du revers de la main le filet de sang qui s’écoulait, elle affichait un sourire éclatant à son adversaire. Resserrant sa prise sur la garde de son arme, elle l’approcha verticalement de ses lèvres, un salut qu’elle exécutait avant chaque combat. Levant son coude, la flamberge était maintenant à l’horizontale prête à frapper. Aussi véloce et agile qu’elle pouvait l’être, la voleuse s’élança vers le sorcier surpris. Le géant ne semblait pas vouloir intervenir. Shivara n’eut pas la moindre hésitation, elle fendit l’air du tranchant de sa lame. Le sorcier allait payer. Son épée dansait dans les airs et n’attendait que le chant du sang. Pourtant au lieu de tailler son ennemi, la lame percuta, dans un choc sourd qui fit trembler son poignet, le bâton du sorcier. Il avait réussi à parer son attaque trop prévisible sans doute. Shivara porta tout son poids sur son arme, mais le sorcier rabougri avait plus de force qu’il n’y paraissait. Le tranchant parvint toutefois à lui entailler la joue, faisant perler une goutte cramoisie. Le sourire de Shivara s’élargit.

« Sang pour sang. »

Un des grigris de l’envoûteur s’entortillait autour de sa lame. Elle rompit alors le contact en sectionnant la cordelette qui la retenait. La voleuse recula d’un pas, se mettant en relative sécurité et entreprit de libérer sa rapière de la guirlande impertinente s’aidant de la main qui tenait toujours la sphère rubiconde. Au contact du grigri, son précieux otage commença à irradier de la chaleur. Shivara en lâcha aussitôt la guirlande et rouvrit la main qui emprisonnait le globe. Le voile blanc s’obscurcissait et devenait nuit, avalant tout le rouge qui constituait encore la boule. Surprise, la voleuse était comme hypnotisée par ce qu’il se produisait devant elle. La chaleur devenait intolérable. Une grimace de douleur avait remplacé son sourire. La brûlure était terrible. Elle ne put retenir sa main qui abandonna la sphère. Cette dernière ne se brisa pas en rencontrant le sol, ce qui aurait mieux valu pour eux. Elle n’en fut même pas ébréchée. Les yeux affolés, Shivara ne faisait plus garde à la riposte qu’allait bientôt exécuter son adversaire. Son attention était entièrement acquise sur l’objet à terre devenu complètement noir. La peur s’était emparée d’elle. Une ombre se libérait…

« Qu’avez-vous fait, sombre imbécile ?
Même les frères de Zara savent qu’il ne faut pas éveiller Rahlmar ! »


La voleuse terrorisée, restait toutefois là, un masque déterminé sur le visage. Était-ce le sortilège ? Le contact avec le grigri ? La combinaison des deux ? Peu importait maintenant. Elle ne laisserait pas l’esprit de Rahlmar tout détruire, comme autrefois. Tant qu’il resterait un esprit éthéré, elle ne pourrait rien faire, tout au plus le distraire. En contre partie, il n’avait que peu d’emprise sur le monde physique sous cette forme, malheureusement, son pouvoir corrupteur était très puissant. Il pouvait provoquer de nombreux massacres, juste en manipulant des esprits faibles. La voleuse doutait qu’il puisse être détruit sous cette forme. De plus, il aimait à se servir d’âmes qu’il capturait comme bouclier. Mais cette forme ne le satisfaisait que très peu. Rahlmar préférait donner la mort lui-même. C’est seulement au moment où il prendrait possession d’un corps qu’il serait affaibli. L’acte lui demandait quantité d’énergie et pendant un court laps de temps, la lutte contre l’esprit qu’il possédait le rendait vulnérable. Tuer l’hôte renverrait l’esprit dans sa prison de verre, mais condamnerait une nouvelle âme au même sort que Lara. Elle ne pouvait faire autrement et, surtout, ne pas se souvenir sinon sa main faiblirait. L’esprit, goûtant à sa nouvelle liberté comme du miel divin, était avide de vie. Il semblait hésiter à choisir un hôte.
Était-ce elle qu’il avait choisi ? Si tel était le cas, son ennemi avait été bien malin. En la tuant, il récupérerait leur précieuse idole et se débarrasserait d’elle par la même occasion. Elle était impuissante face à l’ombre noire qui s’épaississait entre elle et les deux hommes. Une main ténébreuse se formait et se dirigeait vers elle. Maudissant le sorcier et ce qu’il avait provoqué, Shivara se mit en garde, prête à subir son destin...
 

 Azeem El'Bakshir
MessagePosté le: Mar Juil 31, 2007 8:33 pm    Sujet du message:

A l’extérieur Amindou se préparait à l’inévitable combat. Il avait ouvertement défié le Homa'aga et nul doute que celui ci viendrait l’affronter maintenant que sa véritable nature avait été percé à jour. Le vieil homme chantait d’une voix forte, agitant son bâton en rythme pour appeler ses esprits à ses cotés. Il convoqua Amuln, Kamman, Moonga, Haskooma et bien sûr Tojolkoli, son arrière grand oncle qui, bien que toujours vexé, ne pouvait se soustraire aux serments et rituels qui le liaient à Amindou. Le vieil homme était transfiguré, voûté et exténué quelques minutes plus tôt, il était maintenant débordant d’une force nouvelle et terrible alors que les esprits lui communiquaient leur puissance puisée dans l’autre-monde. Il était Amindou Mobotolmé, le sorcier le plus puissant des marais et jamais Bahlan ne parviendra à le surpasser même avec l’aide d’un Homa'aga. Il n’hésiterait pas à faire appelle à Astafara lui même s’il le fallait. Le prix en serait colossal mais qu’importe, il vaincra le mauvais esprit et il utilisera le lien qui devait existé entre lui et Bahlan pour tuer son rival. Ah ! Le crapaud noir, il avait monté son peuple contre lui à force de perfidie et même alors qu’Amindou était en exile et marqué des cornes, il cherchait encore à lui nuire en envoyant un des pire rejeton d’Astafara ! Mais ce soir Bahlan allait mourir, son arme et sa malice retourné contre lui.

Enfin la voyageuse sorti de la maison du chef suite à l’imposante colère de Naoudine. Le Homa'aga se tourne vers lui et brandi une étrange sphère rouge en criant en Arkantis. Mais pour Amindou en pleine transe, cette langue était redevenu celle des démons, des esclavagistes qui avaient asservie son peuple avant qu’Hojimbo ne les délivre. La comprendre c’était risquer son âme. Cependant, et malgré son regard fixé sur l’autre monde, Amindou vit clairement la femme poser sa dague sur la sphère rouge. Nul doute que cette dernière aller lui jeter un sort. Le sorcier balaya un nouvel avertissement de son arrière grand oncle et lança sur le Homa'aga tout la force de Haskooma. Amindou sentit la puissance colossal de l’esprit millénaire gronder dans l’autre monde et se jeter sur la jeune femme. Haskooma était le tueur de mauvais être, un des esprits les plus puissants auquel Amindou pouvait faire appel, nul rejeton d’Astafara ne pouvait lui faire face. Le sorcier espérait seulement qu’Haskooma ne détruise pas entièrement le Homa'aga, qu’il laisse une morceau de la conscience putride afin qu’il puisse remonter jusqu'à Bahlan. La jeune femme fut saisit d’un tremblement aussi violant que chaotique alors que l’esprit percuta son reflet dans l’autre monde tendit qu’une douleur au-delà de tout ce qu’elle avait connu traversa son corps, comme si chacune de ses cellules venaient d’exploser alors que son âme était impitoyablement disséquée. Puis brutalement plus rien. La jeune femme se retrouva à genoux sur le sol, visiblement indemne si ce n’est un mince filet de sang s’échappant de sa bouche… Amindou resta horrifié. Le Homa'aga aurait du hurler et se consumer alors que son âme était déchiré par la puissance d’Haskooma. Au lieu de ça son esprit était parti. L’avait-t-il trahi ? Ce pouvait-il que Bahlan est lui aussi pu s’attirer les faveurs de Haskooma ? Impossible ! A la lisière de sa conscience entre les deux mondes Amindou put entendre le rire narquois de son arrière grand oncle ce qui finit de mettre le sorcier dans une rage noire.

 

 Kara
MessagePosté le: Mar Juil 24, 2007 6:30 pm    Sujet du message:

La violence de la réaction du sorcier fit sursauter la voleuse qui se recula et saisit le pommeau de son arme, machinalement. Elle ne s’était pas attendu à telle réaction, mais sa colère, effet immédiat des questions qu’elle avait posé ne pouvait signifier qu’une chose. Le sorcier faisait partie de la confrérie, sans nul doute. Et maintenant, il devenait agressif car il l’avait démasqué. Gagnant à cet instant la sortie, il lui promettait magie et souffrance.
Magie ? Avec cet accoutrement, Shivara en aurait presque souri si elle n’était pas si en colère contre le sorcier. Il n’avait rien d’un mage surpuissant qui faisait trembler la cour d’Istalis. Néanmoins, il ne fallait pas sous-estimer le bougre.
Souffrance ?
Des souffrances ? Comme si vous ne l’avez pas déjà fait ?
Que pourriez vous m’infliger d’autre ? la mort ? Ha Ha Ha !!!


Son sang s’échauffait ; une rage contenue ne demandait qu’un signe d’elle pour se déverser sur l’homme. Elle en oubliait même toute prudence. La fuite était l’option de la raison, pourtant se retrouver face à l’un d’eux, l’attirait à l’extérieur comme un insecte par la flamme d’un feu de camp. Son cœur se réjouissait même d’une joie sauvage à plonger sa lame dans le corps de cet illuminé. L’affrontement était devenu inévitable.
Sans doute, serait-elle terrassée par le géant, qui lui faisait l’effet d’un rude guerrier, s’il venait à se mêler à la lutte. Mais sa furie la dominait. Elle ne pouvait se détourner de ce combat, même si l’issue semblait des plus sombres. Pourtant, elle ne se rappelait pas l’avoir vu armé. Avait-elle une chance contre lui, même ainsi ? En dépit de cela, elle avait ce besoin irrépressible de massacrer ce représentant de la secte. Des remous agitaient l’assistance et la maîtresse de maison explosa, chassant tous les étrangers. Le destin en avait décidé ainsi.

Le visage fermé, Shivara se releva et se dirigea vers la sortie. Adressant un bref hochement de la tête en guise de salut, elle tourna le dos à l’assemblée, déterminée à affronter le sorcier. S’arrêtant un instant sur le pas de la porte, elle détacha d’elle l’encombrant ballot. Elle ne voulait pas être gênée dans ses mouvements lors de l’explication. La voleuse en extirpa le précieux coffret et l’observa un instant, fascinée par le pouvoir qu’il avait sur sa vie. Fait dans un bois exotique, il était renforcé par des coins de métal cuivré et muni d’un mécanisme de fermeture à code. Trois molettes qui se mouvaient sur elles-mêmes, gravées de symboles étranges, en garantissaient le secret.
Si elle devait faiblir, elle détruirait le contenu. Elle s’en fit la promesse. Leur laisser le récupérer serait plus terrible que la mort. Franchissant la porte, ultime obstacle la séparant de ce qui l’attendait, elle jeta sur le côté le ballot inutile et garda en main le coffret.

Affichant un air farouche, elle défiait du regard le sorcier. Convaincue de l’identité de l’offenseur, elle s’exclama de sa voix de femme, surprenant quelque peu les spectateurs massés à l’intérieur. En cet instant, elle ne voulait plus paraître, mais être elle-même.

« Assassin de Zara, je sais pourquoi tu es là ! Je suis bien celle que tu cherches.
Mais sache que tu ne l’auras jamais. Plutôt le détruire que te laisser le prendre… »


Ouvrant le couvercle doucement, elle dévoila une sphère qui semblait être de verre d’une couleur rouge sang, voilée de lait. Elle l’en sortit laissant tomber son écrin. Serrant l’objet dans sa main gauche, elle posa sa main sur le pommeau de sa rapière et la sortit du fourreau.

« Et maintenant, je suis prête. Voyons ce que ta magie va me faire ! »
 

 Tark
MessagePosté le: Ven Juil 13, 2007 7:00 pm    Sujet du message:

La lumière de la lune était douce, tamisée derrière quelques fins nuages qui passaient rapidement sur la longue toile bleu marine du ciel. C’était une belle soirée de la saison chaude et on pouvait entendre les insectes des prés entamer leur mélodie du crépuscule…

Les cris d’Amindou à l’intérieur de la baraque tranchèrent singulièrement avec cette poésie reposante et eurent vite fait de tirer Tark-Ban Than de sa courte réflexion. D’où il était le Boros avait entendu son compagnon de route hurler comme Nurk-Barg Hum qu’on égorge. Et avant même que Tark ne puisse tenter de comprendre quoi que ce soit, il vit bondir le sorcier – bâton à la main - vociférant des menaces contre le voyageur qui venait d’arriver. Il était apparemment question d’un mauvais esprit et du fait qu’il fallait le tuer sans attendre. Amindou avait l’air des plus motivé pour accomplir cette noble tâche.


- Ah ? Se contenta de répondre le Boros qui ne savait vraiment quoi penser ni faire d’autre.

Une minute, Tark-Ban Than n’avait senti aucune présence maléfique quelle qu’elle soit, et ce voyageur qui s’était certes montré tout au plus un peu curieux n’avait absolument rien d’un mauvais esprit. Nurk-Barg Hank en aurait informé son serviteur si jamais ça avait été le cas. Le soleil avait tapé fort aujourd’hui, et à l’âge que devait avoir Amindou ce genre de choses ne pardonne pas. D’un autre côté, il était clair que le sorcier en connaissait bien plus long au sujet des esprits que Tark. Peut-être avait-il été capable de déceler ce que le Boros n’avait put voir.
Quoiqu’il en fût Tark-Ban Than était décidé à ne pas laisser assassiner ce mystérieux voyageur avant qu’on ne sache exactement de quoi il en retournait. Non pas que la vie de ce Ravashi paraissaient extrêmement précieuse pour Tark, mais il se disait surtout qui si on commençait à tuer tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin, il n’y aurait bientôt plus personne à interroger à propos d’une éventuelle attaque de la jungle sacrée.
L’imposant guerrier s’interposa donc entre le sorcier vindicatif dont les yeux avaient l’air de lancer des éclairs et le voyageur. Il posa sa grosse main sur la poitrine d’Amindou pour le retenir.


- Attends une minute mon vieux, du calme. Qu’est ce qui te fait croire que c’est un mauvais esprit ?

Tark en profita pour inspecter à nouveau le voyageur. C’était vrai même s’il n’avait pas vraiment l’air d’un esprit malfaisant ce Ravashi avait l’air plutôt louche. On sentait bien qu’il cherchait à dissimuler quelque chose. Il reprit :

- Ce n’est pas que je ne veux pas te laisser nous en débarrasser. Mais il faut être sûr, surtout s’il accepte le duel…

Le guerrier entendait par là un duel à la façon dont se confrontent ces congénères de la jungle. Chez les Boros, le duel est presque un acte sacré placé sous le signe de l’Archonte, et la majorité des différents ce règlent par le biais de ces combats à mort. Celui qui gagne est celui qui à raison, pour la simple et bonne raison que c’est lui que Nurk-Barg Hank a laissé vivre. Dans le cas présent donc, pour Tark si Amindou se trompait il avait toutes les chances de périr lors que la confrontation. Et le guerrier Boros n’avait aucune envie de perdre son guide.
Les autres personnes comme le Hamal, son épouse et les gardes tiraient eux aussi de drôles de têtes. On n’aurait trop su dire s’ils étaient fâchés ou inquiétés par tous ces étrangers qui n’arrêtaient pas de menacer tout le monde. Naoudine craqua finalement.


- Dehors ! Tout le monde dehors ! Immédiatement ! Etripez-vous entre vous si ça vous chante mais faites-le hors de chez moi ! Quittez ma maison ! Quittez mon village ! Hors de ma vue, barbares !!!
 

 Azeem El'Bakshir
MessagePosté le: Lun Juil 09, 2007 6:48 pm    Sujet du message:

Amindou ne lâchait toujours pas la nouvelle venue des yeux ce que cette dernière remarqua immanquablement. Le sorcier s'était à peine rendu compte de la disparition du Boros, alors que dans son esprit la réplique de la voyageuse tournait en boucle : « Mais peut-être que vous, Amindou, avez rencontré les gens dont je parle ? » La remarque n'avait rien d'anodine, le ton que Shivara avait employé avait quelques chose de sarcastique. Elle savait. Elle savait, ou du moins se doutait fortement, qu'Amindou avait effectivement rencontré ces personnes. Pour le sorcier il était claire que la jeune femme faisait allusion aux voleurs, aux mauvais hommes qui l'avaient attaqué, volé pour finalement essayer de le tuer. Malgré l'opinion contraire de son arrière grand oncle, Amindou fut, cette fois, persuadé que cette étrangère était venu pour lui nuire. Elle avait manipulé ce « Nez cassé » et celui ci ayant échoué grâce à l'intervention de Tark, elle était venue en personne et derrière elle, le veille homme voyait Bahlan. Il avait du envoyer un esprit posséder cette femme, dévorer son âme et la soumettre, quoi qu'en dise son arrière grand oncle. Que cela demeure caché à son ancêtre signifiait que son rival avait beaucoup progressé durant les dernières années...

- Par les milles testicules d'Astafara ! Jura Amindou dans sa langue natal en se levant soudainement, faisant sursauter tout les convives. Jamais il ne sera plus puissant que moi ! Jamais ! Le fils de crapaud noir !

En cette instant, tout les regards furent braqués sur le sorcier qui repoussa violemment son siège pour rejoindre d'un bond le mure derrière lui où était appuyé son bâton afin de se saisir de ce dernier. Le vieille homme fit alors aussitôt volte face, transperça Shivara du regard avant d'agiter dans sa direction son lourd morceau de bois tout en maugréant dans sa langue des paroles totalement inintelligibles pour le reste de l'assemblé.

- Je suis plus puissant ! Finit-il par crier en Arkantis, Oui ! Oui, plus puissant que ton maître ajouta-t-il à l'adresse de la jeune femme alors que ses innombrables talismans grelottaient dans un parfait désordre.

Hamal, craignant que son autorité soit à nouveau bafouée, fut le premier à réagir.


- Du calme vieil homme ! ordonna-t-il en haussant la voie pour couvrir le ramdam provoqué par le sorcier. Vous commencez à m'échauffer vous deux étrangers et vous abusez de mon hospitalité poursuivit-t-il sur un ton plus menaçant après un rapide coup d'oeil à la porte pour s'assurer de l'absence du boros.

Amindou foudroya le chef d'un regard si noire que ce dernier fut prit d'un mouvement de recule involontaire.


- Tu défends Mauvais esprit ! Pas de magie pour toi ! Cria-t-il au chef avant de repointer son bâton accusateur sur Shivéra. Mais magie pour toi ! Oui, Oui ! Magie pour toi et grandes souffrances !

Sur ce, le sorcier tourna les talons et sorti prestement laissant derrière lui les convives médusés et dans une incompréhension total. Dehors, le vieil homme retrouva le boros apparemment en pleine introspection.

- Mauvais esprit ici, dans nouvelle femme. Lança-t-il à son compagnons. Mais je suis plus puissant, je vais le tuer ajouta-t-il avec un sourire cruel.
 

 Kara
MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2007 1:32 pm    Sujet du message:

Assise devant les deux étonnants compagnons, Shivara mangeait ses pois lentement, se laissant ainsi tout le loisir de réfléchir à la situation dans laquelle elle se trouvait lorsque le géant lui répondit. Sa voix était ferme et franche, mais un quelque chose semblait l’agacer. Il ne paraissait pas être un de ses êtres fuyants bien au contraire. Son étrangeté, mise à part, il n’avait rien en commun avec ceux qu’elle voulait éviter.

Ainsi le géant est un boros, un de ces guerriers si mystérieux qu’on en connaît à peine le nom parmi les miens.
« Rassure-toi Tark-Ban Than. Ma curiosité ne t’importunera pas plus. »
Après tout, je suis comme lui, je n’ai guère envie de raconter ma vie non plus.


Laissant le géant s’éloigner sans dire mots, elle se concentra sur son compagnon toujours attablé qui restait silencieux et l’observait avec insistance. Amindou l’avait appelé le guerrier. Elle n’aimait guère l’attention soutenue que le sorcier lui portait lorsqu’elle aperçut un flamboiement inquiétant dans ses yeux.

Que signifiait-il ? Pouvait-il l’avoir démasqué ? Ces yeux qui m’épient comme s’il attendait une quelconque attaque. Se peut-il que je me sois trompée et qu’il soit avec eux ? La prudence voudrait que je me lève et quitte ce lieu. Mais s’il fait vraiment parti de leurs traqueurs, m’en aller lui laisserait le loisir de prévenir ses compagnons. Dans quel guêpier me suis-je encore fourrée ? Il aurait peut-être mieux valu que j’évite ce village.

Elle restait là immobile, tout comme lui. Pouvait-il avoir manipulé le géant pour qu’il l’aide dans sa tâche ? Rendue nerveuse par le regard inquisiteur du sorcier, Shivara fut soulagée de l’interruption du chef de village. Raffermissant sa voix, elle dut toussoter légèrement avant de pouvoir lui répondre.

« Un axe majeur ? avec seulement trois voyageurs ? »

Ayant compris l’ironie masquée, elle affichait un léger sourire courtois. Profitant de l’occasion que lui offrait Hamal, elle ajouta :
« Mais peut-être n’avons-nous pas été les seuls ? J’ai cru apercevoir des voyageurs bien particuliers en venant ici. »
Tu manques désespérément de finesse. C’est stupide, si le sorcier en fait partie, il saura de qui tu parles. C’est trop tard maintenant, assume.
« Mais peut-être que vous, Amindou, avez rencontré les gens dont je parle ? »


Ses sens en alerte, Shivara sentait le regard oppressant de l’homme sur elle. Elle refréna à grand-peine son désir de sentir le pommeau de sa lame dans sa main. Ne pouvant sortir de la salle, aussi vite, sans éveiller les soupçons, elle répondit en éludant le plus possible les questions du chef.

« Je ne suis que de passage ici. Mes affaires m’appellent dans divers endroits de votre pays. Je suis sans doute un peu à l’écart de l’axe principal, mais j’aime prendre mon temps et flâner dans les campagnes environnantes. Quand à rencontrer qui que se soit, cela ne sera pas nécessaire. Je vous remercie d’autant de sollicitudes à mon égard. Je ne pensais pas de toute façon m'éterniser ici.»