J'avais depuis longtemps cessé de compter les lunes, le temps était une notion importante, je le savais, c'est le temps qui divisait une année, qui nous offrait les saisons. Par le temps que nous avions des journées, mais les heures le décompte du temps de manière plus précise m'était entièrement inconnu.
La notion d'heure me paraissait abstraite, nous avions la journée pour nous occuper. Si vraiment nos journées se trouvaient fragmentées par les activités, nous prenions appui sur le cycle du Soleil, Yen nous guidait.
Déjà à Karish j'avais entendu parler de cette notion, sans pour autant comprendre de quoi ils parlaient. Quand je raconterai quelles inventions et procédés incroyables ils avaient mis au point pour mesurer le temps.
Tout comme moi ils n'en comprendraient pas l'utilité, peut être ces gens croient-ils pouvoir ainsi se l'approprier.
Mais le temps n'appartient qu'à Yen. Yen nous offre le temps, Yen nous offre les saisons, Yen nous offre les nuits pour nous reposer, et les journées pour travailler ses fruits.
Je savais que j'étais parti avant la saison des tempêtes, mais ils ne connaissaient pas tout cela ici, j'étais dans un pays où le désert avait laissé place à une terre fertile. Des vergers, des plantations, des forêts, une vie riche et épanouie. On se rendait à Cassandre, je m'étais enrôlé comme berger, j'apprenais beaucoup.
J'étais étranger, surtout Sahelite, mais j'avais quitté mon turban, et vêtements du désert, j'avais vite compris que j'étais mal vu ainsi, de ce fait, je m'habillais chichement, je ne demandais jamais un gros salaire, j'étais sérieux et motivé. Ils baissaient un peu leur garde, content de leur supériorité, car oui ils se sentaient supérieur à moi car ils m'apprenaient des choses de tous les jours. Je gonflais leur égo, j'étais sociable sans être trop bavard, je tenais ma langue, je posais des questions qui les amusait, j'étais un peu le centre de l'animation de la caravane.
Chose qui ne me déplaisait pas, j'apprenais leur langue assez rapidement, et je leur racontais des histoires d'horizons lointains, ma vie.
Pour ma part, j'étais presque comblé, je découvrais un monde, je ne me sentais pas capable de décrire ce que je voyais. Dans quelques villages, mon innocence fut perçue comme une faiblesse, et plus d'un voyou tenta ma crédulité, mais finit par tâter de ma poing.
Je m'habituais assez bien à ce mode de vie nomade, je m'occupais rarement de chasser, je devais faire ce que l'on me disait de faire, et l'on m'offrait de la nourriture.
On approchait de la destination finale, ils décidèrent de faire halte près du Lac Turquoise.
J'avais déjà vu la mer sur les côtes d'Istalis, un désert d'eau qui sentait le sel.
J'avais même vu une petite tempête comme ils m'avaient dit, des vagues hautes comme trois fois les dunes les plus hautes que j'ai pu gravir. Elles se fracassaient dans un bruit de tonnerre. J'avais eut peur autant que j'avais été fasciné.
Ce lac me semblait presque aussi grande, j'en devinais à peine l'autre rive, mais il était aussi calme que le désert, le vent dessinait quelques vagues. L'eau était pure, et sa couleur paradisiaque.
Nous étions proche d'un petit village de pêcheur. Je remerciais Yen pour mon voyage sans anicroche et pour ce qu'elle m'offrait de voir. |
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