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Les quatre folies de Cravensfeld
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Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région du Calice
 
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé



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Isak Devmente
 
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MessagePosté le : Sam Mai 13, 2006 7:15 pm    Les quatre folies de Cravensfeld Répondre en citant Envoyer un message privé

Les quatres folies de Cravensfeld
Partie I - Le cénacle d'Helmess


Cela faisait maintenant vingt bonnes minutes que le professeur Ghanaz avait quitté son bureau sans donner d’indications particulières. Isak restait immobile sur son confortable fauteuil de cuir ocre, baladant anxieusement son regard qui s’arrêtait tour à tour sur chaque bibelot décorant la pièce.

En face de lui, suspendus à la tapisserie brodée, au dessus d’un secrétaire en ébène, quelques vieux parchemins encadrés attestaient du périlleux cursus qu’avait suivi le propriétaire de l’endroit. Etudes en médecine nouvelle, langues mortes de l’ancien empire, psychologie des races, thèse d’Histoire contemporaine, autant de belles formules vouées à inspirer le respect des cadets qui laissaient admirative notre jeune recrue. Derrière lui, une peinture sombre représentait en aquarelle un visage gris et avisé, stéréotype banal des grands messieurs que l’on avait l’habitude d’observer sur les toiles des universités. Sur le côté, dans un coin du cabinet, une étagère de bois clair se démarquait par sa luminosité et exposait de multiples petits objets reluisants accompagnés de plaques dorées finement gravées.

Nerveux d’impatience, Isak resta encore pantois quelques minutes, faisant vibrer la plante de ses pieds sur le parquet lisse, puis se décida enfin à se lever. Il étira ses muscles un instant, fixa l’unique porte par laquelle le professeur s’était éclipsé et s’avança timidement vers le meuble d’exposition.

Sur le premier blason poli, il reconnut sans le moindre mal le sceau calligraphique de l’Arkantis : un grand A décoré, décerné par l’ordre d’épistole, en récompense à de hautes œuvres littéraires. La vision de ce trophée ne tarda pas à lui remémorer son école d’origine, où il avait déjà pu en contempler de similaires, exposés derrière de prestigieuses vitrines.

Ici, à Audréa, tout paraissait bien plus grandiose que dans sa ville natale. Dès son arrivée, il avait pu s’émerveiller des rues étincelantes de la capitale et se perdre au milieu des façades aguicheuses d’une architecture nouvelle. Voyant cette cité telle qu’on la lui avait décrite, Isak s’était alors senti doublement fier d’avoir été dépêché depuis Numide afin de pouvoir suivre une formation particulière destinée à ceux que les académiciens appelaient très froidement “de forts potentiels”.

Le regard du jeune homme poursuivit sa course le long des étagères, jonchées de distinctions en tout genres, sans prêter d’attention particulière à aucune d’elle. Soudain, poussé contre le coin du meuble et a moitié masqué par une imposante coupe d’argent, un petit bibelot terni suscita sa curiosité. Celui-là ne luisait pas comme tout les autres, et pour cause, il semblait fait d’argile ou de glaise crasseuse. Il représentait une forme indistincte qui rappelait vaguement un mammifère quadripode élancé, peut-être une biche ou un animal d’une espèce voisine. La sculpture était clouée sur une épaisse plaque de bois carrée et seule une petite inscription y figurait, taillée à même le socle : “en mémoire de Sigmund Cravensfeld, honorable sauveur de toutes les races des terres de l’empire”.

De toute évidence, Isak se trouvait face à un inévitable paradoxe, mais son esprit s’était déjà mis à bouillonner d’imagination. Ses yeux ne pouvait plus se détacher de l’étrange figure et s’attardaient sur chacun de ses recoins. Aussi modeste puisse-t-il paraître, cet objet dégageait une aura très particulière, une odeur mystique, la même que l’on retrouve au sein de vieux ossements déterrés après quelques milliers d’années, aussi pourris que précieux.

Si le professeur Ghanaz n’avait pas déboulé dans la pièce quelques instants plus tard, le jeune garçon aurait probablement pu rester encore un long moment immobile devant l’étonnant artefact. Le vieux bougre entra en hâte dans son bureau, la mine refrognée et le souffle court. Il n’avait définitivement pas l’allure qui correspondait à son statut. Au lieu de pendre avec élégance sous une bouche aux paroles si avisées, sa barbe touffue et grisonnante lui donnait l’air d’un enseignant de seconde classe largement plus absorbé par son métier que par son image. Il prit une grande inspiration tout en époussetant d’un revers de la main sa chemise grisâtre de mauvaise coupe.

- Ouh ! Je vous prie de m’excuser. J’étais demandé urgemment par un collègue, expliqua l’homme en se rasseyant à son bureau. Saviez vous que les Boros raffolaient du thé à la menthe ? Surprenant n’est-ce pas !

Effectivement surpris et ne sachant que répondre, Isak se contenta de hocher la tête timidement. L’humilité n’était pas dans ses habitudes, mais l’endroit et le personnage l’intriguaient grandement, tant par son expérience que par ses manières. De plus, il n’avait entendu parler des guerriers Boros qu’en de très rares occasions et cela s’étendait bien au-delà de son domaine de connaissance.

- Bien, repris le professeur après quelques secondes de silence, ou en étions nous ? Ah oui, voyons voire cette lettre.

Ses mains plissées mais vigoureuses saisirent une enveloppe au cachet déjà rompu et d’apparence familière aux yeux de la nouvelle recrue. C’était la marque de la faculté des sciences de Numide, là où il avait étudié jusqu’à présent. Le vieillard attrapa la missive qu’il déplia avec soin et se mit à marmonner entre ses dents.

- Cher monsieur Walter Ghanaz, veuillez tout d’abord accepter mes nobles bla bla bla… sachez que je me vois contraint de bla bla bla… si vous bla bla bla, je crains bla bla bla… et que bla bla bla vous en serait très reconnaissant. Aaah, soupira-t-il, ce bon vieux Digols est toujours aussi doué pour les belles paroles ! Oh, voila ce qui nous concerne : aussi je vous demande de bien vouloir accueillir en personne ce brillant élève, Isak Devmente, afin qu’il puisse s’accoutumer rapidement à vos mœurs ainsi qu’à vos locaux. Je vous serais également gré de bien vouloir prêter une attention toute particulière à son intégration et au bon déroulement de son apprentissage au sein de l’université de la capitale. Avec tous mes remerciements, en espérant que bla bla bla… soyez sûr que bla bla bla, bla bla bla.

A peine le professeur avait-il reposé la lettre sur son bureau que le jeune garçon se trouva à nouveau submergé d’interrogations. De prime abord, il trouvait plutôt étrange un tel excès d’attention à son égard de la part d’un établissement où il avait toujours été encouragé à la prise d’initiative personnelle et habitué à une grande débrouillardise. Ensuite, il avait beau passer en revue tous les administratifs avec lesquels il avait eu à prendre contact avant son départ, le nom de Digols lui était totalement inconnu.

- Parfait, continua le professeur en se forçant à adopter un ton semi mielleux, et bien nous y voila ! Je suis fort heureux d’avoir été chargé de cette tâche. Il paraîtrait que…

L’ancien se pencha en avant pour s’approcher de son interlocuteur, hésita quelques secondes et termina finalement sa phrase en chuchotant furtivement.

- Il parait que je fais parfois peur aux nouveaux arrivants, enfin… plutôt que… je ne suis pas le meilleur représentant de l’esprit de cette université.

Il se redressa d’un geste sec et adopta de nouveau une voix normale.

- Enfin, que voulez-vous… nos valeurs ne sont plus ce qu’elles étaient ! Toujours est-t-il que j’étais vraiment impatient de vous rencontrer. Saviez-vous que certains vont même jusqu’à dire que vous pourriez être le précurseur d’une nouvelle discipline ? Héhé, j’imagine qu’il y a de quoi être fier.

Le professeur Ghanaz était apparemment de cette race de savant excentrique qui parlait toujours un peu de trop et qui n’attendait pas réellement de réponse à la majorité de ses questions. Isak, toujours en proie à une rare timidité, secoua encore la tête et rétorqua de la première banalité qui lui vint à l’esprit. Tous deux bavardèrent encore quelques minutes d’un entrain difficilement réciproque, puis le vieil homme proposa à sa recrue de l’accompagner dans une brève visite de l’établissement.

Tout paraissait immense et luxuriant, les couloirs auraient pu accueillir des régiments entiers et chacun de leurs recoins recelait de fins ornements et de tapisseries en velours étincelantes de propreté. Ils traversèrent le grand hall, passèrent devant quelques amphithéâtres et s’engagèrent dans plusieurs allées toutes aussi riches les unes que les autres.

Enfin, après avoir essuyé les nombreux bavardages de son guide concernant telle ou telle anecdote historique, Isak posa le pied devant la porte qu’il allait sûrement franchir le plus souvent au cours de son séjour dans la capitale. Elle était bien sûr toute aussi reluisante que les galeries qui permettaient d’y accéder et arborait une récente plaque dorée dont l’intitulé donnait bien du charme à l’endroit : “Aile sud-est, art de la guerre et des nouvelles techniques martiales”.

- Ah oui, remarqua le professeur en oubliant de renouveler la chaleur de sa voix, c’est une section qui suscite de grands intérêts, l’attraction montante des études contemporaines.

Il marmonna ensuite sans conviction quelques mots qui visiblement lui irritèrent la gorge en se dégageant.

- Depuis qu’ils ont décidé de considérer cela comme une science... nous recevons de plus en plus d’élèves comme vous. Malheureusement, beaucoup se sont éloigné de la voix du savoir véritable, soupira-t-il pour finir.

Encore une fois sans réponse et sous le poids d’une récente culpabilité vis-à-vis des paroles du savant, le jeune homme trouva refuge à son esprit en s’attelant à contempler de nouveau la porte prestigieuse dont il avait tant rêvé du fond de son internat côtier. S’il s’apprêtait aujourd’hui à la franchir, il ne le devait qu’à lui-même. Aujourd’hui, prisonnier entre deux toiles de maîtres et les verbiages d’un vieux rat de bibliothèque, il savait qu’il avait tout intérêt à se tenir tranquille, mais il n’en avait pas toujours été ainsi.

Isak traversait le vingt-et-unième printemps d’une vie que l’on ne peut que qualifier de mouvementée. Né à Numide une trentaine d’année seulement après la grande révolution, il appartenait sans conteste à la génération croissante des jeunes émancipés, en conflit direct avec une grande partie des autorités qui tentaient de profiter de la mise en place de l’ère théurgique pour imposer leurs influences. Se faisant de plus en plus discrètes avec le temps, ces luttes de pouvoir avaient presque cessées de toucher la population moyenne, mais étant l’unique petit fils du duc de Vémente, province de sa ville natale, le pauvre garçon s’était retrouvé au cœur des péripéties engendrées par la crise.

Assassinés dans le but évident de revendiquer leur place légitime, ses parents l’avaient mis au monde suite à “une regrettable erreur d’appréciation” et ne lui avaient guerre dévoué plus d’affection de leurs vivants que de leurs morts. Au cours de ses premières années, l’obligation qu’il avait d’appartenir à un milieu mondain, croisé avec un sérieux manque d’attention, avaient fait de lui un enfant de très fort caractère, néanmoins capable d’user de ses bonnes manières pour satisfaire nombres de ses caprices.

L’autonomie qu’il avait ainsi acquise malgré lui révéla cependant quelques avantages non négligeables dans la suite de ses apprentissages. En effet, après le décès de ses tuteurs et une longue période d’errance dans une misère dont il n’avait auparavant pas conscience, il rejoignit les rangs de l’école militaire de Numide où il se découvrit rapidement des facilités pour un style de combat tout particulièrement surprenant. On y retrouvait à la fois le raffinement de son éducation première et la force de sa volonté à s’imposer par tous les moyens.

Là où la plupart des élèves s’attelaient à suivre rigoureusement les préceptes d’un art martial en le travaillant au maximum, Isak passait la plupart de son temps à la recherche des mouvements les plus simples et rapides pour venir à bout de ses adversaires sans facéties inutiles. Une technique sans philosophie, sans discipline, mais terriblement efficace.

L’idée fut d’abord bien mal reçue par ses maîtres d’armes, mais le diplôme que le jeune homme visait s’obtenait à la suite d’épreuves pratiques que ce dernier semblait toujours réussir avec une commodité déroutante, et, par conséquent, rien ne pouvait justifier un éventuel blâme à son attention quant à ses “méthodes de travail”. Au fil des années, Isak peaufina de plus en plus ses talents personnels, jusqu’à prouver à ses instructeurs qu’il ne faisait pas seulement preuve d’une vive bestialité, mais également d’une grande précision et d’une remarquable anticipation des gestes de ses adversaires au combat rapproché.

De la controverse à la consécration, il n’y a parfois qu’un pas. Ainsi, celui que l’on avait populairement surnommé “la brute agile” se fraya finalement un chemin honorable parmi les combattants les plus reconnus de son école.

Lorsqu’Isak se battait en duel, il n’était pas rare qu’il se livre à d’habiles esquives, recherchant la moindre faille dans la garde de son opposant, et ainsi que le premier coup qu’il porte lui offre une victoire sans suspens. Sa nonchalance apparente au combat avait agacé plus d’un puriste des arts martiaux, mais dissimulait toujours une profonde concentration.

Le professeur Ghanaz enroula ses doigts flétris autour de la poignée argentée de la fameuse porte, avant de faire pivoter celle-ci autour de ses gonds dans un léger bruit de feutrine. Il fit signe au jeune homme de s’engager dans le couloir et lui emboîta aussitôt le pas, refermant derrière lui avec autant de délicatesse que précédemment.

Bien que toujours aussi abondante d’ornements, cette nouvelle galerie était décorée dans un style plus belliqueux. Les bustes finement sculptés avaient ici laissé leur place à des statues de soldats armés de longues lances s’élevant vers un plafond blanc et voûté. Les murs étaient recouverts de tableaux représentant des scènes de guerres historiques et d’armes en tout genres. Epées longues, hallebardes, arbalètes et fusils s’affichaient sur les cloisons et donnaient à l’endroit toute l’ambiance que l’on pouvait s’attendre à y trouver.

Après encore quelques enjambées, les deux hommes s’engouffrèrent dans la pièce principale de l’aile sud-est : la salle d’Oren, un amphithéâtre reconverti en arène de combat depuis l’entrée des nouvelles techniques martiales dans la grande famille des sciences. Cette innovation était surtout due au fait que ces nouvelles formes de combat s’appuyait bien souvent sur des phénomènes ésotériques, et si le terme de “pouvoir magique” était encore rarement employée dans l’enceinte de l’université, c’était bel et bien sur cela que tout l’intérêt était porté. Une poignée d’autres hommes, tout comme Isak, avaient obtenu suffisamment de prestige militaire pour adhérer à un programme d’étude très particulier qui se voulait être le seul cursus scolaire destiné à enseigner le maniement de l’énergie mystique.

Dans les gradins, quelques personnes de styles et d’âges variés semblaient patienter plus ou moins nerveusement, absorbés par la couleur de leurs semelles ou les yeux tourbillonnants dans les airs. Au milieu de l’estrade, un homme très distingué était assis à une table, le regard plongé dans un épais dossier de cuir mauve.

- Pas d’étourderie, chuchota le professeur à sa recrue, c’est Helmess Gandon, le directeur de notre établissement. Il nous a dit vouloir énoncer un discours à l’attention de “son élite”, continua le vieux en grimaçant. Allez donc vous asseoir près des autres.

Isak allait décidément de surprise en surprise. Il ne se sentait pas des plus à l'aise et cette visite improvisée qui tournait en allocution officielle ne contribuait pas à défaire son impression qu’il se passait quelque chose d’étrange. Ecoutant cependant les conseils de son guide, il se dirigea vers le centre de la pièce et trouva rapidement une assise. Aussitôt, Ghanaz disparut dans le couloir par lequel ils étaient arrivés.


~ HRP ~
Je suis tout heureux de poster mon premier RP sur le forum ! J’ai eu l’idée de cette histoire récemment, j’espère qu’elle vous plaira. Evidemment, vous êtes tous les bienvenus pour y répondre. Wink

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Posto ergo sum
 
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



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Azeem El'Bakshir
 
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MessagePosté le : Ven Mai 19, 2006 6:04 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Azeem, assit au premier rang de l’amphithéâtre, attendait stoïquement le discours du directeur de l’établissement. Silhouette à la mine sévère et fière, l’homme du désert contrastait de part sa mise avec les autres personnes présentes. Vêtu de son abaya rouge par-dessus laquelle était jetée une cape jubba ocre et coiffé d’un turban dans les même teintes, l’homme évoquait, par sa simple tenu, les immensités désertique du Sahel et semblait presque dégager une odeur de silice, de poussière et de mystère. Derrière la barrière de ses amples vêtements apparaissait une peau brune prématurément ridée par le soleil, le sable et le vent. Azeem lissa sa barbiche d’un air méditatif tout en parcourant, d’un regard critique, le haut plafond baroque de l’imposante salle. Démesuré, vulgaire et tape à l’œil étaient les premiers mots qui lui étaient venus à l’esprit lorsqu’il avait découvert l’architecture d’Audréa.

Dans son inspection il croisa le regard d’Abdelhak, un des hommes qui l’avaient accompagné dans son voyage vers le nord. Le Soldat se tenait immobile dans les ombres feutrés de l’amphithéâtre et ne le quittait pas des yeux. Azeem était de plus en plus effrayé par le changement qu’il sentait s’opérer chez ceux qui le suivaient. Azeem El’Alim, Azeem le Sage, c’était le crie de guerre qu’avait utilisé son escorte lorsqu’ils furent assaillit par des assassins du Madhina. Le sage. Azeem soupira intérieurement. Où donc avait été sa sagesse alors que, sous ses yeux, le Madhina avait enserré son peuple dans ses filets sans qu’il ne s’en aperçoive ? Où donc avait été sa sagesse lorsqu’il avait fallut contrer leur influence ? Aujourd’hui il n’était plus sur de mériter ce titre, pas plus qu’il ne se sentait de taille devant la responsabilité qui lui incombait. N’avait-il pas été aveuglé par sa propre légende, par sa propre gloire, lui qui n’asspirait qu’à l’expérience et à la connaissance. N’avait il pas prit goût à la victoire et au commandement ? Est-ce que sa décision de partir en personne chercher le soutien des puissants royaumes du nord était réellement sage ? N’aurait-il pas du rester au camp d’Ichwan qui abritait les réfugiés et les déserteurs qui fuyaient l’oppression du Madhina ? Azeem ne pouvait pas se mentir à lui-même. Il avait conscience que ses longs Hajj dans le désert et son éloignement du palais ne lui avaient guère permis de s’exercer à la diplomatie. Fajir El’Kadir, son cousin, aurait fait un choix plus sûr mais Azeem n’était pas parvenu à supporté cette dévotion de plus en plus pesante qui l’entourait. Certain avait même vu en lui le Madhi annoncé par la religion de Yen. Il ne pu s’empêcher de frissonner devant ce blasphème. Avait il eut peur ? Lui, la Main Droite de Yen, le conquérant de Melkhar et d’Iséliis, avait-il fait preuve de lâcheté devant ses responsabilités ? Oui, il devait le reconnaître

Mais je n’ai jamais désiré le pouvoir, pensa t-il avant de se reprendre. Naïf est celui qui croit que Yen le dirigera sur les chemins qu’il désire. Est ce là la leçon qu’Il me donne ? Aurais-je dû me préparer à l’éventualité d’accéder au trône un jour ?

Ô, Nazir, mon prince, mon ami. Pourquoi ne pas m’avoir suivit ? Tu avais été formé au pouvoir, moi je n’étais qu’un voyageur du désert, un ermite en quête de savoir.


Certes sa réputation et sa position de légitimité sur le trône du Sahel, conséquence de l’assassina du Roi et de son héritier, pouvait avoir de l’influence, mais si sa réputation l’avait précédé dans la région des marches, à tel point que le royaume de Thorons, ancien ennemie, lui offre l’exil, force est de constater que dans le nord l’accueil avait été glacial. Pour la plupart des gens de cette parti de l’ancien empire, la révolution ésotérique n’avait pas suffit à effacer trois mille ans da propagandes Impérial qui faisait des gens du désert l’Ennemie, les agents des démons qui avait juré la destruction des fidèles d’Ohm. Encore aujourd’hui devait circuler des histoires sur « les manières horribles dont ces sauvages massacraient les nobles soldats impériaux venu leurs apporter les bienfaits d’Ohm ».

Malgré son rang, son statut de réfugier politique et ce qu’il avait à offrir, il s’était heurté à l’administration du Nouvelle Empire qui lui avait refusée audience auprès de l’empereur et n’avait même pas consentit à avertir ce dernier de sa présence. C’est lors d’une discussion animée avec un haut fonctionnaire, au moment où Azeem allait perdre patience, qu’Helmess Gandon était intervenu. Le directeur s’était poliment excuser d’avoir écouter leur conversation et proposa à l’homme du désert de l’introduire à la cour si celui ci acceptait de participé à l’inauguration de la nouvelle discipline de l’université d’Audréa.

- « Vous savez, la plupart des élèves ont déjà une grande expérience dans l’art du duel », avait-il argumenté, « mais on raconte que les styles de votre peuples sont si différant de ce que nous pouvons voire dans notre…hum… notre… euh… civilisation, et il serait très formateur pour eux que vous acceptiez un rôle de consultant »

Azeem n’était pas sûr de ce qu’attendait de lui le directeur de l’université, mais il l’avait néanmoins suivit. Les différents réseaux d’informations, auxquels il avait eu accès avant son exile, démontrait que dans le nouveau jeux des pouvoirs, les universités des différant royaumes tendaient à jouer un rôle croissant et obtenir le soutien de l’Université d’Audréa pourrait le sortir de l’impasse dans laquelle il se trouvait actuellement.

C’est ainsi qu’Azeem El’Bakshir se retrouva à patienter au sein de l’amphithéâtre, inconfortablement assis sur un fauteuil, chose peu habituel pour quelqu’un du Sahel.
 
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Zéphyrine
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MessagePosté le : Ven Mai 19, 2006 11:20 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

L’amphithéâtre ressemblait plus à une arène de combat qu’à un lieu où se réunissent de jeunes gens pour étudier des sciences. Et cette atmosphère la rendait mal à l’aise. Cet endroit sentait la testostérone et le désir d’être le plus fort. Elle se demandait bien comment certains pouvaient perdre leur temps à s’affronter. Elle ferma les yeux et se laissa glisser en arrière. Mais, cet instant de court repos ne dura que quelques secondes car elle décela une infime présence qui lui était bien plus que familière… Ce n’était pas la même mais elle n’était guère différente…

-Par Venisca… que fait la Magie dans ce lieu? Murmura-t-elle, pensive.

Elle glissa ses doigts fins à la couleur de pêche dans ses longs cheveux bruns, faisant s’entrechoquer les délicates perles dorées qui ornent les bijoux accrochés à son bras gauche. Son regard azur détailla à nouveau la salle et un sourire malicieux étira ses délicates lèvres de corail. Elle comprenait pourquoi Elle l’avait envoyé ici. Jamais, elle n’avait quitté le Notus et voilà que les frontières à peine rouvertes on l’envoyait à Audréa, une grande capitale dont elle ne connaissait rien. Non pas rien car la Magie était de la partie… Et quoi de plus envoûtant et de passionnant pour une prêtresse? Et pas n’importe laquelle… La Grande Prêtresse de Venisca la Déesse des Vents.

Celle qui fut choisie pour sa grande maîtrise des particules de l’air, du vent alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille. Elle fut recueillit par une vieille femme qui était au service de la Reine de Notus et elle grandit dans le grand manoir noir de Pampero. Ses capacités furent décelées par celle qui avant elle détenait le titre qui à fait d’elle à seulement 18ans une légende Notussienne. Belle et exceptionnellement douée dans l’art de la Magie, elle est la personne la plus respectée après la Reine et Venisca elle-même. Qui aurait crue qu’une orpheline le deviendrait? Sûrement pas elle…

Toute sa jeunesse, elle n’avait cessé de remplir son rôle de jeune servante et d’apprentie magicienne. Jamais elle n’aurait pensé devenir l’égale de celle qui lui a tout appris. Mais, aujourd’hui, elle était la…
Grande Prêtresse inconnue totalement inconnue à Audréa. Personne ne s’inclinait devant sa tenue de voiles blancs, devant ses tatouages ou ses bijoux. Elle n’était qu’une inconnue bien mystérieuse… Et, elle devait l’avouer cet anonymat était plutôt plaisant.

Un sourire illumina son doux visage tendit que ses mains agiles lissaient avec lenteur les plis de sa jupe. La présence de la Magie en ce lieu était donc la seule raison de sa présence ici… La Reine ne l’avait pas envoyé dans cette capitale par hasard. Elle était heureuse de cette confiance et elle était flattée de voir qu’elle était libre de ses choix. Elle devait découvrir par elle-même le mystère qui malicieusement plane… Ainsi donc, elle n’était qu’une envoyée du Notus devant découvrir les secrets d’Arkantis…

Certaine de la raison de son voyage, elle se tourna vers l’homme qui lui servait de guide et lui sourit. La lettre de la Reine la présentait comme une apprentie magicienne et elle désirait que cette dernière puisse augmenter ses connaissances en matière de Magie. Mais, elle se rendait compte que malgré son faux statut elle impressionnait quand même cet inconnu. Elle se demanda si c’était sa tenue ou ses pied nus ou encore son diadème…

Elle laissa son regard ciel courir l’amphithéâtre et elle vit que tous ici étaient différents. Que se soit par la culture ou la tenue. Cela la rassura quelque peu et elle se renfonça dans son siège pour se concentrer sur l’homme debout au milieu de l’estrade complètement obnubilé par le volume de cuir posé sur sa table.

_________________
Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.

La vie n'est rien sans Mystère et Secret...

Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG!
 
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Logar/Lucy
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Logar Sleivan
 
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MessagePosté le : Sam Mai 20, 2006 1:30 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

- Sir Loren... Altar, c'est bien cela ? lança le réceptioniste, quelque peu hésitant.

Son interlocuteur simplement hocha la tête, sans ajouter un mot. La confusion se lisait sur le visage du jeune homme lisant le parchemin introduisant l'émissaire impérial dans l'Université. Ses mains tremblaient légèrement, et les seuls bruits de la petite pièce étaient ceux des frossements nerveux du document officiel. Ce n'était pas tant ce qu'il y avait écrit qui rendait notre jeune homme nerveux, car il va sans dire que les visites d'officiels impériaux sont monnaie courante dans l'université de la capitale, et ce n'était pas non plus le contenu du message en lui-même que le jeune homme n'avait pas encore lu.
Le fait est que Logar Sleivan, même sous un nom d'emprunt, était des plus impressionnant. Et il l'était encore bien plus dans une petite pièce fermée, avec pour seule distance entre lui et son interlocuteur un espace bien trop faible pour se sentir en sécurité de la hache, de l'épée, du poignard... et de toutes autres armes que le vieil homme devait encore avoir sur lui.


- Bien, bien...donc, vous êtes là pour... le jeune réceptioniste détaillait la feuille à haute voix, mal à l'aise dans sa toge d'étudiant de dernière année effectuant ce travail pour payer quelques bijoux aux dépensières femmes d'Audréa... récupérer le Livre Du Dernier Royaume d'Ohm...ah oui, la treisième édition datant d'un siècle après Prodige, par un intellectuel s'étant arraché les yeux en signe d'ouverture à Sa parole...oui, oui je vois... il a été sanctifié après, non ?

- L'empereur m'envoie, et sa mission ne saurait souffrir aucun délais. Logar parlait fermement, pressant le jeune homme.

- Euh, oui bien sûr, pardonnez mon égarement. Le Livre se trouve dans une des salles annexes de la Grande Bibliothèque des Religions, elle est sous bonne garde et...

- Permettez-moi de vous interrompre et de vous évitez la pénible lecture de mon ordre de mission, au vue de toutes les digressions que vous engendrez. La bonne garde dont vous me parlez avec fierté ne satisfait plus Sa Majesté, et je suis chargé de mené cette sainte relique d'Ohm dans un monastère de l'Inquisition en Junov.

Le jeune réceptioniste hocha la tête, tout en continuant de parcourir la lettre du regard. Dans sa main droite, il jouait avec la bague impériale que lui avait tendue "Loren" en même temps que la missive, signalant sa position d'agent personnel de l'Empereur.
Puis il passa une main dans ses cheveux, se mordant légèrement la lèvre inférieur.


- Messire.. je crois néanmoins que votre mission devra bien attendre quelque peu... En effet, les clefs menant à l'annexe sont uniques, et pour le moment, elles sont en possession du maitre de conférence de la Salle d'Oren... qui va justement donner une conférence sous peu. [Le jeune homme fronça les sourcils un instant.] Mais dîtes-moi, comment se fait-il que l'empereur mène une de ses reliques hors du territoire impérial ?

- Vu que votre curiositié semble infinie, je vais tâcher de vous satisfaire. Il se trouve seulement que de tels affaires d'Etat ne doivent pas être ébruités, et que votre silence sera des plus judicieux, pour que votre vie ne s'achève point prématurement. Il serait évidement bien dommage que la populace entende que l'Empereur voit sa grandeur faiblir au point de devoir acheter le calme des ses ex-province à coup de reliques sacrées, n'est-il pas ?

Logar ne cachait dorénavant plus son énervement, et il se leva du siège où il avait été jusque là calmement assis. Il se pencha jusque devant le réceptioniste pour lui prendre vivement des mains missive et bague impériale, que le jeune homme fixait un peu trop au goût du mercenaire.

Avec un regard froid et supérieur, il ordonna au lieu de parler.

- Eh bien monsieur, vous voilà donc assez au courant des affaires de notre Empire. Ayant pris conscience de la tâche qui est la mienne, conduisez-moi donc sans tarder à cette conférence. Et débrouillez-vous ensuite pour m'arranger la présence du maître pour m'ouvrir cette annexe dès la fin de son discours.
 
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Shadee
Aiguise sa plume



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MessagePosté le : Sam Mai 20, 2006 11:18 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Une jeune fille aux longs cheveux noirs vêtue d'une robe légère blanche sortit d'un petit bâtiment coincé entre deux imposantes structures dont la puissante architecture était remise en question par de larges fissures. Elle rabattit un voile de lin sur sa tête pour se protéger du soleil et se mit en route, d'une marche décidée et rapide. Elle venait de finir ses heures au dispensaire. Elles lui avaient parues interminables d'autant plus qu'elle avait un singulier rendez-vous après. Après quelques minutes passées à travers le dédale de ruelles de Karish, elle arriva enfin à l'artère principale puis à la place du Temple. Elle s'y arrêta un instant pour le contempler. Elle baissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure. Un mélange de sentiments se bousculaient dans son esprit sans qu'un d'entre eux ne parvint à prendre le dessus. Elle reprit son chemin et entra finalement dans un petit immeuble où des enfants jouaient aux osselets devant la porte. Ils s'arrêtèrent de jouer pour l'acceuillir. Les enfants connaissaient bien la jeune fille et l'appréciaient beaucoup. Elle échangea de brèves paroles avec eux le sourire aux lèvres bien que son esprit ne soit pas aussi léger.
Elle finit par entrer et monta rapidement l'escalier après une marque d'hésitation. Elle frappa à une porte à moitié usée par la secheresse et le sable qui parvenait à s'infiltrer à l'intérieur grâce à la fenêtre toujours ouverte en face de celle-ci.


"- Entrez."

Une voix forte et grave. Un homme se trouvait dans cette pièce. La jeune fille poussa la porte qui grinça en même temps qu'elle s'ouvrait.

"- Shadee... Tu as fait attention qu'on ne te suive pas? Si on savait les informations que je te donnes, le Madhina nous ferait brûler pour trahison et complicité."

Shadee hocha la tête, le visage grave et sérieux. L'homme était âgé d'une quarantaine ou cinquantaine d'années. Il était plutôt grand et bien bâti et dégageait une certaine présence intimidente. Une large cicatrice déformait les traits durs de son visage. Shadee ne lui avait jamais demandé d'où venait une telle blessure. Elle était de nature plutôt curieuse mais elle savait très bien lorsqu'elle devenait déplacée. C'était le cas ici. L'homme lui désigna une chaise et s'installa sur celle d'en face.

"- Merci, commença Shadee. Merci pour tout ce que tu fais pour moi. "

Ses yeux verts brillèrent intensément et l'homme parut gêné.

"- C'est normal... Même si cette fois-ci ce que tu m'as demandé était vraiment un peu trop poussé. Il marqua une pose mais reprit vivement voyant qu'elle allait parler. Je sais que je n'ai pas à te dicter ta conduite mais es-tu vraiment sur que c'est une bonne idée? Nassia et moi serions vraiment désolés si quelque chose t'arrivait et la voie que tu as choisie est inévitablement risquée et dangereuse.

- Je sais ça... Elle regarda par la fenêtre, les yeux plongés sur le paysage qui s'étendait devant elle. J'y ai longuement réfléchi et ma décision est prise. Je ne reviendrai pas en arrière."

Il souffla résolu à lui dire ce qu'elle voulait savoir.

"- Dans les terres reculées, on dit que parmis les réfugiés d'El Sayal se trouve celui qui autrefois fut la Main Droite de Yen... Un grand soldat... Il désirerait venger les siens et faire tomber le Madhina...

- Comment!? Comment le trouver!? Dis-le moi je t'en prie!"

Shadee s'était agenouillée devant lui et avait saisi ses mains. Si cet homme dont parlait Jafal était capable de l'aider à venger sa famille, elle devait le trouver et lui demander de la laisser lui apporter son aide pour venger les leurs du Madhina. Jafal fut surpris d'une telle réaction et bafouilla un peu.

"- Je... Je sais qu'il était parmis les réfugiés mais d'après certaines rumeurs il serait parti. Vers le Nord.

- Pourquoi aller vers le nord?

- On dit qu'il est allé à la Capitale du Nouvel Empire.

- Nouvel Empire??"

Shadee se releva méditative. Allait-il demandé de l'aide lui aussi? A d'autres royaumes? S'il était parti du Sahel, cela compliquait bien ses affaires mais n'entamait pas pour autant sa détermination.

"- J'irai!"

Jafal la regarda surpris.

"- J'irai à la Capitale du Nouvel Empire s'il le faut. Je retrouverai cet homme et je le persuaderai de me laisser l'aider.

- Soit, que Yen veille sur toi et t'aide dans ta quête."

Ils reprirent leur conversation et Jafal lui expliqua comment aller au Nord. Il l'aiderait à s'y rendre en parlant à des commerçants qui travaillaient avec lui. Tout se passa très vite et une semaine à peine après cette conversation Shadee était en route pour Audréa. Elle regardait défiler le paysage désertique propre au Sahel tout en réfléchissant à comment retrouver l'homme. Elle se rendit compte qu'elle ne connaissait même pas son nom. Cela compliquerait sa tâche s'était évident mais elle réussirait. Elle espérait aussi que sa visite surprise ne cause pas trop de désagréments. Tant de pensées qui l'inquiètaient mais renforcaient sa volonté de le retrouver. Finalement elle se mit à rêvasser à ces terres inconnues, aux paysages idylliques que son père adopif lui avait contées lorsqu'elle était enfant.
Elle voyagea ainsi pendant près de deux semaines. Alors qu'elle s'endormait le commerçant hurla que la Capitale était proche ce qui la réveilla complétement. Elle se leva et descendit de la charette encore en mouvement. Elle était là, belle et grande, la Puissante Audréa.
 
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Isak Devmente
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MessagePosté le : Dim Mai 21, 2006 5:51 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Sans arrêt, Isak jetait des regards partout dans la salle. Le plafond, le tissu des assises, le plancher, le directeur, il avait déjà tout vu et revu autour de lui et commençait sérieusement à s’impatienter. D’autres gens étaient arrivés au cours de son attente et presque une vingtaine de personnes étaient à présent en train d’attendre en plein cœur d’un silence nerveux. Tous avaient des visages bien distincts et semblaient venir d’un coin du continent aussi éloigné que le jeune homme.

Assit deux places à peine à sa gauche, un autre étudiant d’environ une vingtaine d’années profitait du moelleux de son siège affalé dans celui-ci, la mine excitée et les yeux volages. Quelques rangées en contrebas, un homme portant un turban et un long vêtement rubis demeurait immobile et pensif depuis son arrivée modeste mais remarquée.

La porte de l’amphithéâtre brassa à nouveau de l’air. Un gaillard apparemment habitué des lieux pénétra dans la pièce d’un pas confus, suivi de près par une jeune fille brune à la tenue immaculée, arborant une étrange couronne.

Hum… charmante… pensa Isak en la détaillant du regard avec un sourire aussi léger que la tenue de la demoiselle. Cette dernière quitta également son guide et vint s’asseoir non loin de là.

Enfin, un son timide s’éleva de l’estrade. Sa chaise racla le parquet, ses jambes se déplièrent et Helmess Gandon se leva, attirant tous les regards sur sa personne. Il toussa poliment afin de s’échauffer la voix puis s’adressa à son auditoire.

- Messieurs dames, gens de tous horizons, je tiens tout d’abord à vous souhaiter la bienvenue dans notre chère université d’Audréa. Concernant ceux qui nous arrivent de terres fort éloignées, j’espère que vous avez fait bon voyage jusqu’à notre belle cité.

L’homme articulait ses mots distinctement mais parlait sur un ton qui semblait plutôt sincère. Son discours résonnait avec chaleur dans les gradins de la salle.

- Laissez-moi exprimer la grande fierté que je ressens aujourd’hui en inaugurant une discipline nouvelle et prometteuse, car nous savons depuis bon nombre d’années déjà que c’est la fibre même de notre existence. Quelques-uns d’entre vous manquent encore à l’appel, mais j’ose espérer qu’ils sauront nous rejoindre sous peu. Comme vous vous en doutez certainement, il m’a été difficile de mener ce projet à terme, et notamment d’obtenir l’autorisation de l’empereur lui-même, car vous savez combien il m’est pénible de fréquenter la cour royale !

Le directeur souria un instant à l’assemblée, puis reprit sur un ton plus sérieux.

- Car en effet, l’apprentissage de l’occultisme n’est pas une mince affaire et ce dernier souffre encore aujourd’hui de l’appréhension d’un bon nombre de personnes, et je ne parle pas seulement de l’opinion publique. Cependant, il me parait primordial qu’un sujet aussi brûlant prenne également sa place au milieu du panel de matières très riche qu’un établissement comme le notre se doit de proposer. Comme vous l’avez constaté, il ne nous est malheureusement possible d’ouvrir cette section qu’à l’attention d’une élite militaire, et ce pour la raison évidente que nous ne savons nous-même pas vraiment à quoi nous attendre quant au résultats de cette excitante expérience. Ayant sélectionné…

L’orateur fut coupé en plein milieu de sa phrase par un nouveau battement de la porte d’entrée. Un jeune homme accablé de milles excuses et se pliant presque en deux pour tenter de passer inaperçu apparut timidement dans l’encadrement de celle-ci, poussé en avant par un vieil homme imposant à la démarche magistrale.

- Sir… Sir Lor… Loren Altar, bégaya le pauvre réceptionniste rougissant en osant à peine croiser le regard du directeur.

Le patriarche s’avança davantage et traversa noblement la pièce pour venir s’asseoir au premier rang, face au centre de l’estrade. Son guide s’éclipsa aussi rapidement qu’il pu en refermant le passage derrière lui avec autant de discrétion que possible.

Isak se redressa sur son siège pour observer mieux la scène et sentit soudain une main lui frôler l’épaule.

- On croise vraiment des gus bizarre en ce moment ! Lui lança son voisin de gauche avec un clin d’œil amical.
- Celui là est de l’église, ça se lit clairement sur son visage d’exécuteur ! Répondit le jeune homme en chuchotant d’un air complice.
- Possible ! Et ce Gandon, ça m’a tout l’air d’un biscornu lui aussi ! Enfin…
- Tu n’es pas d’ici non plus ? Interrogea Isak.
- Si, si, un audréen de pure souche ! J’ai fait quelques années dans la garde impériale et j’ai obtenu la permission de me présenter ici. Et toi ?
- Ecole militaire de nu…

Ils furent tous deux coupés par un toussotement du directeur destiné à recadrer l’attention sur lui. Ce dernier jeta un regard indifférent au sir Altar et continua son discours.

- Je disais donc, ayant sélectionné ce que je considère être l’élite dans le domaine de la maîtrise physique, j’espère ainsi éviter tout débordement quant au caractère particulier de cet apprentissage. Je souhaite cependant sincèrement qu’il n’y ai pas lieu de s’alarmer et que cette nouvelle section devienne bientôt une référence commune en matière de sciences occultes. Je tiens toutefois à féliciter chacun d’entre vous pour avoir atteint cette excellence et à vous encourager à être parmi les premiers à faire partie de cette nouvelle génération de culture, le premier cénacle occulte de l’université d’Audréa ! Nous avons également l’honneur de compter parmi nous le sir Azeem El’Bakshir, noble combattant de la région du Sahel, qui a accepté de se joindre à nous pour une durée indéterminée afin que nous puissions jouir d’une plus grande diversité d’approche de l’art auquel vous allez devoir vous confronter.

Helmess courba légèrement la nuque en désignant du regard l’homme vêtu de rouge assis non loin en face de lui.

- Mais trêve de bavardages, venons en directement à ce qui vous intéresse ! Laissez-moi vous présenter les personnes sans l’appui desquelles je ne me trouverais pas devant vous aujourd’hui et qui portent la lourde responsabilité de vous introduire au domaine mystique : Elbor De Marchas, Lhuna Etchevan et Haydar Nobuo.

Deux hommes et une femme apparurent du fond de l’estrade et s’avancèrent vers le directeur qui s’écarta de quelques pas. L’un d’entre eux semblait très distingué et avait à peu près la quarantaine. Il était vêtu d’une tunique grise finement brodée et ses longs cheveux bruns étaient coiffés en chignon comme c’était la mode chez les gens de la cour.

- Bonjour à tous, commença-t-il. Je me nomme Elbor De Marchas, fidèle de la cour d’Audréa et serviteur de l’Empereur lui-même. Je ne connais malheureusement pas grand chose à ce qui suscite en vous tant d’intérêt, mais j’ai été porté garant du bon fonctionnement de cette éducation peu commune. Par conséquent, je vous suivrais tout au long de votre périple afin de pouvoir témoigner devant notre souverain du déroulement de ce nouvel apprentissage qui a causé une si grande controverse en son sein.

Quelques murmures s’élevèrent aussitôt de l’audience. Le voisin d’Isak se pencha à nouveau vers lui.

- Il a dit “périple” ?
- J’en ai bien l’impression…
- Aussi, continua l’homme en élevant la voix, je vais tâcher de me montrer le plus discret possible afin de ne pas dénaturer votre cursus. Je vous souhaite une bonne réussite à tous, soyez sûr de l’investissement considérable que la royauté apporte à ce projet et dont je suis l’incontesté représentant.

Il s’écarta ensuite pour laisser place au deuxième homme, d’un style tout autre, bien qu’à peu près du même âge. Celui-là portait un costume ocre recouvert d’une longue cape bleu nuit qui accompagnait à la perfection l’expression étrange de son regard. Son crâne découvert ne possédait pas le moindre cheveu et sa main droite jouait lentement avec un long bâton de bois noueux, surplombé d’un chiffon noir enroulé autour de son extrémité. Il s’adressa à l’assemblée avec une voix surprenante de par sa douceur profonde.

- Bien bien bien… mon nom est Haydar Nobuo et je suis très heureux de me trouver parmi vous, ce qui représente pour moi un accomplissement non négligeable. En effet, c’est un grand honneur que mes services et mes compétences magiques soient ainsi reconnues par un organisme officiel et souhaitées pour votre formation. J’aspire fortement à transmettre mon savoir et j’espère que vous tous ici présents saurez trouver autant de confiance en ma personne que ce cher Helmess Gandon.

Le magicien lança un regard aimable au directeur qui buvait chacune de ses paroles avec une attention toute particulière.

- Je dois toutefois vous mettre en garde. L’enseignement auquel vous prenez part n’est comparable à aucun autre qu’il vous a été donné de suivre à ce jour. Il requiert non seulement une concentration à toute épreuve, mais également un lourd investissement spirituel et une ouverture très large concernant les forces invisibles qui nous entourent. C’est pourquoi, aux vues du défi que je me suis lancé, consistant à vous introduire du mieux possible aux arts occultes, je demanderais à ceux d’entre vous qui ont la moindre appréhension concernant cette expérience nouvelle de se retirer dès maintenant de la formation. Il est évident qu’une telle activité de conscience ne peut trouver de succès que suite à l’engagement total de celui qui l’entreprend.

Personne ne bougea dans l’amphithéâtre et un silence de mort s’installa quelques secondes. Bien que fort charismatique, Haydar inspirait une crainte inhabituelle qui laissait de marbre les deux jeunes hommes. Cette mise en garde insistante ne faisait que leur rappeler qu’ils s’engageaient sur des chemins largement inconnus.

- Comme vous l’avez sûrement deviné suite à l’intervention de M. De Marchas, nous n’aurons malheureusement pas la chance de pouvoir demeurer très longtemps en cette enceinte gorgée de savoir. En effet, mon enseignement a été approuvé par l’Empereur lui-même, à ma grande surprise je dois l’avouer, à la seule condition que celui-ci se tienne à une certaine distance des murs de sa cité. Aussi, nous avons décidé, ma consoeur et moi-même, de profiter de l’occasion pour vous mener vers un lieu propice aux accomplissements mystiques qui se trouve être à quelques jours à peine au sud de la capitale, en bordure de la grande forêt d’Arasley. C’est une imposante bâtisse ayant appartenu à une longue lignée de nobles où vous pourrez être logés avec tout le confort requis, le temps d’apprendre les bases nécessaires à votre futur voyage initiatique, lequel nous n’avons pas encore pris le temps de définir.

Une vague de surprise parcourut à nouveau la salle, clairement lisible sur la plupart des visages alentours. Isak commençait à se demander s’il avait fait le bon choix ou s’il venait encore de se fourrer dans un guêpier sans nom. Tout, du magicien aux personnes au milieu desquelles il se trouvait, contribuait à créer une ambiance des plus étrange et déroutante.

- Pour finir, reprit Haydar, je vais laisser la parole à celle qui a accepté de m’assister dans ma tâche, afin qu’elle vous présente diverses formalités.

Il s’écarta à son tour pour rejoindre le directeur et la femme restante s’avança au devant de la scène. Elle paraissait avoir seulement une trentaine d’années et portait des habits sombres, amples et discrets qui laissaient à peine entrevoir ses formes. Autour de son cou tombait ostensiblement une longue chaîne sans pendentif et ses cheveux cours et châtains ébouriffaient son allure. Elle se fit entendre d’une voix claire mais hésitante.

- Et bien… bonjour chers amis. Je suis Lhuna Etchevan… Je viens d’une petite bourgade très loin au sud-est d’ici, et là-bas j’ai été bercé depuis mon enfance par des connaissances magiques. D’ailleurs j’ai longtemps été contrainte à les cacher, euh… et donc aujourd’hui je suis heureuse de pouvoir en parler librement et même de les retransmettre en toute… comment dire… sérénité.

Les paroles de cette oratrice de fortune eurent au moins le mérite de détendre l’atmosphère suite aux trois discours formels qui venaient d’être énoncés. Elle continua cependant avec la même nonchalance.

- Bien, donc nous allons d’abord nous retrouver au manoir Cravensfeld où nous avons choisi de commencer les bases. Un groupe de diligences partira demain dans la matinée pour nous emmener là-bas, et le voyage nous prendra environ trois jours en contournant la forêt d’Arasley. Euh… je crois que c’est à peu près tout ce qu’il vous faut savoir pour le moment. Soyez présent donc demain matin à neuf heures devant l’entrée ouest de l’université. On se reverra bientôt. D’ici là, profitez de votre soirée.

L’étrange réunion s’acheva sur cette note légère qui laissa cependant à nouveau place à un certain étonnement. Chaque présentation s’était faite plutôt brève et Isak ne savait plus que penser de cette rebondissante mascarade. Après tout, il ne connaissait pas grand-chose sur ces trois personnes et eux-mêmes ne semblaient pas vraiment certains de leurs agissements. Des gens de l’assemblée commencèrent à se lever et la pièce se vida peu à peu. Le jeune homme acheva de faire connaissance avec son collègue audréen et fut rassuré d’observer que lui aussi, malgré ses origines locales, semblait tout aussi perdu.

Ils quittèrent tous deux la salle en bavardant et rejoignirent leurs quartiers provisoirement établis dans l’internat de la faculté afin de se préparer pour le lendemain. Ce ne fut que quelques heures plus tard qu’Isak fut replongé brusquement dans un profond état pensif comme cela lui arrivait souvent. Cela se produisit après que Deren, sa nouvelle connaissance, lui rappela l’intitulé de leur prochaine destination.
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Logar/Lucy
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MessagePosté le : Lun Mai 22, 2006 4:42 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Si jamais Logar avait accaparé quelque atention de l'orateur, le directeur semblait dorénavant ignorait le vieil homme assis au premier rang qui le fixait intensément. Monsieur Gandon était visiblement occupé à échanger quelques mots amicals avec ses collègues tout en se dirigeant vers la sortie de l'amphithéâtre derrière sa chaire.

Logar n'allait pas le laisser s'esquiver aussi facilement, et le pire c'était que ce maudit page n'avait même pas prévenu ce fichu directeur qu'il devait lui parler.
Bref, on put entendre un violent bruit de métal provenir du premier rang, et toute la salle se figea un instant. Logar venait de de "poser" la pointe de son fourreau sur le sol de dalle, pour signaler "humblement" sa présence, au grand malheur des dalles en question.

Monsieur Gandon arrêta sa conversation pour pulvériser le vieil homme du regard, ce dernier le lui rendant bien. Quelques instants passèrent sans qu'aucun des hommes ne prennent la peine de s'expliquer. Finalement, la patience de Logar fut la première à craquer et, dans une grimace de mécontement, il finit par jetter sa bague sur la chaire en face du directeur. Puis l'envoyé impérial croisa les bras sur sa poitrine en signe d'impatience.


- Un émissaire de l'Empereur... lacha le directeur, avec un manque de respect évident pour le comportement que le dit émissaire s'accordait. Bien, venez donc me rejoindre dans le couloir, nous y serons à notre aise pour discuter, vu que votre patience ne semble point vous permettre de m'accompagner jusqu'à mon bureau.
- Ravi de voir que l'on se comprend parfaitement, monsieur le Directeur. commenta Logar sur un ton aussi acerbe, tout en se levant.


. . .


Plus tard dans la soirée, la plupart des chercheurs de l'Université allèrent consulter la lettre impériale justifiant la mission de Loren, que le directeur avait conservé comme preuve au qu'à où l'empereur s'amuse ensuite à affirmer que l'Université avait "négligement perdu un antique ouvrage"... cela n'étonnerait même plus Monsieur Gandon dans le contexte actuel.
Et on put donc entendre de nombreux professeurs pester contre les décisions impériales : la sécurité des ouvrages de l'Université n'était pas optimale ? Et puis quoi encore ?!

Quoiqu'il en soit, le Livre du Dernier Royaume d'Ohm était parti en même temps que "le sir Loren Altar".
 
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Shadee
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MessagePosté le : Lun Mai 22, 2006 9:50 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Shadee le souffle court devançait de plusieurs mètres le convoi de marchandises qui l'accompagnait depuis Karish. Entre le pas et la course, elle progressait sur le bord de la route dont la texture avait changé depuis quelques jours déjà. Elle laissa les herbes hautes lui caresser les jambes jusqu'aux genoux et s'extasia d'un paysage verdoyant pour ainsi dire inexistant de là où elle venait. Tout ça, l'herbe, les fleurs, les arbres aux feuillages généreux, était nouveau voir inconnu. Bien sûr elle avait déjà vu des illustrations d'artistes vagabonds ou encore écouté leurs récits. Mais se retrouver face à ce qui n'était encore pas si longtemps une vague idée sollicitant son imagination, avait un côté fantastique et idyllique.

Elle ralentit sa marche lorsque les portes de la capitale furent proches laissant les commerçants la rattraper progressivement. Ils pénètrèrent tous ensemble dans l'enceinte de la ville et la jolie verdure fit place aux gigantesques bâtisses de marbre blanc. Shadee ne put que s'émerveiller davantage de la splendeur des constructions. Un des marchands lui fit signe de ne pas trop s'éloigner. Elle pouvait facilement se perdre dans la foule qui affluait dans les rues. Quelques personnes plus attentives ou peut-être plus curieuses que d'autres la dévisagèrent amusées. Elle supposait que sa tenue n'était pas très courante dans une ville du Nord et encore moins à la capitale bien que ce fut un carrefour commercial important pour autant qu'elle pouvait en juger. Ici et là des hommes étaient venus des quatres coins du continent pour apporter leur produits luxueux aux Dames d'Audréa ou leur artisanat aux plus modestes. Certains interpellaient les passants les incitant à s'approcher, contempler leurs marchandises et qui sait, faire affaires.

La jeune femme suivait de près le vieil homme qui l'avait mené jusqu'ici. Ils avaient convenu de rester ensemble jusqu'à ce qu'elle trouve l'homme en question. Durant son voyage, elle avait réussi à en apprendre un peu plus sur celui qu'on surnommait la Main Droite de Yen, et notament son nom, élément très utiles lorsqu'on recherche quelqu'un. Les récits et anecdotes du vieillard n'avaient fait que peindre un portrait des plus élogieux du soldat et avait fait naître une espèce d'admiration en elle. Etait-il si grand et sage qu'on le prétendait? Serait-il capable de soulager les maux du peuple de Sahel en reprenant le pouvoir au Madhina? Elle espérait tous les jours un peu plus et tous les jours son sourire devenait plus radieux.


- Comment vais-je le retrouver ici? Tout est si grand et il y a tellement de monde...

Elle devint pensive. Elle n'avait pas pensé à ce petit détail qui bien que petit avait tout de même son importance. L'homme haussa des épaules d'un air désolé. Son aide s'arrêtait ici. Il ne pouvait plus rien d'autre mis à part lui fournir de quoi se loger en attendant et la ramener à Karish si sa recherche s'avérait infructueuse. Les hommes au services du marchands, ses fils et neveux pour être plus clair, installèrent leur échoppe et commençait déjà à vider les charettes. On lui conseilla d'interroger les autres marchands présents. Peut-être que quelques uns avaient aperçu l'homme recherché. Il ne pouvait pas passer inaperçu, son teint et sa tenue différant tellement de celles des habitants. Après avoir reçu quelques pièces du vieillard, elle se mit en route. Les premiers essais ne furent pas très concluant. La plupart des gens n'écoutaient pas ses questions et se contentaient d'eassayer de lui vendre leurs babioles, bijoux ou autres. Un même tenta de lui acheter son collier. Elle refusa bien entendu.

- Je recherche un ou des hommes du désert étant arrivés récemment ici... Les auriez-vous vu?

Voilà la question qu'elle répétait encore et encore aux passants, vendeurs et même soldats. Toujours des hochements de tête en guise de réponse. Parfois elle s'attardait à réaliser une description approximative qui n'avait pas plus de succès. Et pourtant, après quelques heures, une personne lui donna enfin une réponse tant attendue. Oui, il avait vu des hommes venant des terres du Sud mais il ne put donner d'autres indications que le lieu de la rencontre. Elle remercia et suivit ses indications. Cependant à force de chercher sans trouver, la lassitude eut raison d'elle et elle se laissa tomber sur un bord de fontaine épuisée. La ville était bien trop grande et il y'avait bien de personnes pour y retrouver quelqu'un. Elle commença à désespérer et se pencha, la visage caché entre ses mains tandis que les conversations, les bruits de pas sur le pavé, les cliquetis en tout genre et les murmures de la fontaine la berçaient dans un sentiment de solitude et d'impuissance croissant.
 
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Azeem El'Bakshir
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MessagePosté le : Mar Mai 23, 2006 5:48 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Azeem fut dès plus surpris du discours et de la présentation de ce qui semblerait être les professeurs de cette fameuse discipline dans laquelle il faisait figure de « consultant ». Quelle vanité dans leur approche des forces mystiques et quelle ignorance ! Pour les gens du Sahel les forces occultes ont toujours été une réalité ainsi qu’un sujet dont personne n’aurait jamais osée parler à la légère. Jamais de termes aussi vulgaire que « magie » n’étaient utilisés pour qualifier l’Art, cadeau de Yen aux pieux et héritage immémoriaux de leur culture. Les vagues d’excitations qui semblaient émaner des futurs étudiants l’exaspérèrent encor un peu plus. Comment ces jeune gens à la mine si légère pouvaient prétendre au droit à de telles connaissances ? Pour un homme tel qu’Azeem, tout cela était révoltant et dangereux.

Il avait eut, lui meme, la grand chance d’étudier l’Art auprès d’Hyjir durant son long séjour dans le désert profond. Malgré son sérieux habituel et son talent naturel, Azeem savait qu’il n’avait qu’entrevu qu’une infime fraction des savoirs que les mystiques du Sahel passent leur vie entière à étudier en ermite. Il avait longuement hésité à s’engager sur cette voix, mais son rang et ses devoirs envers le prince Nazir le lui avaient interdit.

Azeem se questionna sur les intentions du directeur à son égard. Attendait-il de lui qu’il monnaye les secrets de son peuple en échange du soutien de l’Empereur ? Stupide. L’homme du désert préférait voir le Madhina régner durant encor mille ans plutôt que de laisser tomber un tel savoir entre des mains impures.

Quoi qu’il en soit tout cela l’inquiétait. Yen seul sait ce que ces jeunes ignorants pouvaient être capable de faire, fussent ils tous membre de l’élite de l’ancien empire. Azeem savait qu’il venait d’assister à un tournant majeur dans la vulgarisation des arts occultes et les avertissements donnés par ce Nobuo ne suffisaient en rien à le rassurer.

Alors que la salle résonnait du brouhaha dû au mouvement lancé par la fin du discours, Azeem se leva à son tour et fit un signe de tête presque imperceptible à Abdelhak. Le lieutenant accourut pour se camper en face de son maître.

- Afar El’Bakshir ? dit il en s’inclinant respectueusement.

- Abdelhak, ce qui se trame ici me semble dangereux, aussi bien pour le Sahel que pour toutes les créatures de Yen. Ce serait manquer de clairvoyance de penser que nous avons assisté à cela par les faits du hasard. Je dois accompagner ces gens. Je partirais avec la diligence. Tu me suivras à cheval avec Karim. Vas trouver Al’Rasha, dit lui que je lui laisse le commandement des hommes. En mon absence il devra essayer de s’introduire à la cour, ou du moins trouver les intermédiaires adéquats. Rahal fera la liaison entre nous. Exécution.

Le soldat partit transmettre les ordres au pas de course non s’en s’être incliné une nouvelle fois. Azeem se rendit compte alors du silence qui s’était soudainement abattu sur l’amphithéâtre suite à un bruit retentissant. L’homme du désert observa avec curiosité le défit silencieux qui opposait les deux hommes.

Quels barbares…

Suite à cet incident, le sahelite prit calmement la direction de la sorti de la grande salle. Il gravit dignement les escalier de l’amphithéâtre sans se départir de sa position droite et fière, la main gauche refermé sur la garde de son cimeterre pour, finalement, se retrouver dans le grand couloir où s’éternisaient quelques groups d’étudiants épars. En le voyant, Fadel un des ses hommes, se dirigea rapidement vers lui, avec, dans son sillage, un jeune femme dont l’allure ne laissait que peu de doutes sur ses origines.

- Afar ? J’ai trouvé cette jeune femme dans les rues de la ville. Elle se nome Shadee. Elle posait des questions sur vous et dit venir de Karish pour vous rencontrer.

Tout en parlant le soldat fit un discret signe de la main pour signifier à son général que la nouvelle venue ne représentait pas de danger immédiat. Azeem posa un regard sévère sur la jeune femme tout en faisant durer son silence. Karish. L’ombre du Madhina planait elle au dessus d’elle ? Les apparences jouaient en sa faveur mais les radicaux étaient retors et ne reculairnt devant peu de chose. l'Afar n’aurait pas été étronné qu’ils osent pervertir un femme. Il détacha son regard de Shadee pour se retourner face à son soldat.

- Si elle fuit le Madhina qu’elle se rende au camp d’Ishawaln. Fadel, vas trouver les marchands que nous avons rencontrés. Ils doivent s’y rendre, payes les ce qu’il faut pour qu’ils l’escortent.

Reportant son attention vers la jeune femme, Azeem s’adressa directement à elle.

- Bien. Tu as fais une longue route pour me voir. Maintenant je suis devant toi. Que veux tu ?
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Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

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Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
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Shadee
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MessagePosté le : Mar Mai 23, 2006 8:00 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Après un instant à être restée assise à observer les passants, écouter des brides de conversations et finalement à réfléchir, elle se leva d'un bond comme si elle avait retrouvé un nouvel élan d'enthousiasme. Elle regarda furtivement autours d'elle pour finir face à la fontaine, ou plutôt à l'imposant bâtiment qui se trouvait derrière. Elle n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être mais était sûr d'une chose: c'était un lieu important. L'eau jaillissant de la fontaine, claire et sintillante sous le soleil, donnait un peu plus de charme et de beauté à l'endroit. Plusieurs jeunes gens en sortir en masse. Il y avait du avoir une réunion ou quelque chose de semblable. Quoiqu'il en soit ce n'était pas l'objet d'interêt pour le moment.

* Yen, je t'implore, envoie moi un signe, guide moi dans cette ville qui m'est inconnue*

Elle avait fermé les yeux et croisé les mains les ramenant sontre sa bouche dans un geste de prière. Lorsqu'elle les rouvrit, son regard se figea. Cet homme, cet homme qui venait de sortir pour ce mêler à cette foule, il venait du Sahel... Etait-ce celui qu'elle recherchait? Ne le quittant pas des yeux elle s'élança à travers la foule pour le rejoindre. Il y'avait à peine vingt-mètres à parcourir et pourtant cela lui semblait si loin. Elle bouscula plusieurs personnes s'excusant au passage mais elle n'allait pas assez vite à son goût. Il fallait qu'elle se dépêche sinon elle le perdrait de vue.
Shadee arriva enfin à s'échapper de la masse et dans son élan s'apprêtait à traverser une rue dont elle n'avait pas soupçonné l'existance. Au moment d'avancer, elle se sentit saisie par les épaules et tirée brutalement en arrière. Une diligence passa au même moment sous ses yeux. Un peu plus et elle se serait fait renversée par manque d'inattention. Ce petit incident lui fit perdre de vue l'homme du Sud. Elle le chercha rapidement du regard mais rien à faire... Elle l'avait perdu.


- Il faut faire attention ici. Tout le monde se presse absorbé par leur pensée et ne se soucie pas des autres...

Elle sursauta. Elle avait totalement négligé la personne qui l'avait sauvé. Elle se retourna et se retrouva face à un jeune homme de son âge environ. Il lui adressa un léger sourire qu'elle mit du temps à lui rendre.

- Pardonnez-moi, je ne vous ai même pas remercié pour m'avoir éviter un accident stupide. Je ne faisais pas attention...

Elle s'arrêta trouvant subitement inutile de s'expliquer et d'entamer une conversation. Elle s'inclina soudainement devant l'homme pour lui montrer sa gratitude ajoutant à cela un "merci" des plus formel mais sans pour autant perdre de sa grâce. Elle se redressa pour lui adresser une dernière bénédiction sous le nom de Yen. Le garçon parut à la fois surpris et gêné de toutes ces démonstrations mais n'osa pas l'interrompre.

- Je ne...

- C'est lui!

Shadee avait vivement coupé la parole à son "sauveur" pour s'exclamer à voix haute tandis qu'elle venait de repérer de nouveau le soldat.

- Pardonnez-moi c'est urgent. Merci encore.

Elle se mit à courir laissant planter là le brave garçon et rattrapa cette fois-ci plus aisément son compatriote. Elle l'interpella sous son regard surpris. Le souffle court, elle lui demanda s'il était celui qu'on nomme Azeem El'Bakshir et après une réponse négative, elle lui exposa brièvement sa situation insistant sur le fait qu'elle devait parler à l'homme en question. Le soldat fut un peu réticent au début mais finalement lui demanda de le suivre. Quelques minutes plus tard, elle pénètrait dans le Hall du bâtiment qu'elle avait contemplé près de la fontaine et se retrouvait face à celui tant cherché.
Il était bien plus grand et impressionant qu'elle ne l'avait imaginé. C'était donc lui dont le Madhina parlait si souvent dans ses annonces publiques? Son coeur s'emballa un peu. Elle se sentait comme une enfant face à un inconnu. Elle se demanda même si elle arriverait à parler.


- Bien. Tu as fais une longue route pour me voir. Maintenant je suis devant toi. Que veux tu ?

Sa voix résonna dans le hall. Elle fut surprise et essayait de rassembler le peu de courage qui lui restait pour lui donner une réponse cohérente et claire. Elle déglutit dicrètement et se lança encore hésitante.

- Je... Je veux vous aider dans votre combat.

Elle avait retrouvé confiance en elle et affichait un regard sérieux presque sévère. Ce n'était pas le moment de se laisser impressioner. Elle perdrait toute crédibilité autrement et il la renverrait à Karish sans l'écouter plus.

- S'il vous plaît, laissez-moi me joindre à vous. Je ne serais pas un fardeau. Je sais me battre, je connais l'art de la dissimulation et de l'esquive.

Elle soutenait son regard bien que cela lui demandait un effort terrible. Il l'intimidait énormément.
 
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Arioch
Modérabruti



Personnage joué :
Mael Felagund
 
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MessagePosté le : Mar Mai 23, 2006 10:06 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Voilà maintenant plusieurs mois que Mael Felagund arpentait les grand chemins du Nouvel Empire ou plutôt ces régions disloquées dans des querelles intestines incessante. Tantôt à pied, tantôt pris sous l'aile d'une caravane itinérante... le jeune homme de 25 ans contemplait de nouveau les vastes terres cultivés autour d'Audréa qu'il avait laisser quelques années auparavant à l'âge de 20 ans.

L'homme passa une main dans de longs cheveux noirs tombant aux delà de ses épaules et leva ses yeux marron/vert en direction de la capitale. Bientôt, le timide chemin de terre stigmatisé par les nombreux passages de charrettes laissa place à une route constitués de pavés dépareillés.

Mael était vêtu d'un ensemble noir constitués d'une paire de bottes, d'un pantalon ainsi que d'une chemise ouverte de deux cran à cause de la chaleur de cette journée ensoleillée. Une longue bande de tissu noire lui servait de ceinture et descendait de sa hanche droite jusqu'au genou. A son dos, une épée de bonne facture glissée dans un fourreau de cuir, noir lui aussi.

L'homme était enfin aux portes de le capitales et poussa un long soupir à l'attention des hautes murailles, qui rivalisaient d'audace avec les plus hautes tours de la cité. Cette cité... il ne la connaissait que trop bien. Il y était née. Cinq années ont passé depuis son enrôlement au sein de l'armée. Cinq années de fuite. Fuir, toujours fuir... mais fuir quoi au final ? Sa maudite mère... ces maudits murs... cette maudite armée... Oui. Voilà pourquoi il fuyait, mais n'était-il pas temps de tourner la page ?

Ses nombreux voyages avait laisser en lui quelques marques indélébiles et lui avait appris bien des choses sur la vie...
Ouvert d'esprit et curieux de nature, ce jeune homme possédait entre ses mains les cartes de son avenir... encore fallait-il les abattre. S'il y a bien une chose que lui avait appris ses périples, c'était de relativiser. Il n'était pas devant cette ces murs par le grès du hasard, non, il était là dans un but précis. Reprendre les travaux de son père sur les forces occultes et découvrir qui était réellement ce dernier.

Mael s'engouffra dans l'immense capitale et se fraya un chemin à travers les ruelles grouillante de passant aussi agités que des poux sur la tête d'un vagabond. L'homme repris peu à peu l'habitude des cités surpeuplés en évoluant dans cette masse compacte et s'interrogea sur les modalités d'un hypothétique hébergement de longue durée.

Décidément, la ville avait bien changé en six ans. Mael était déjà perdu depuis bien longtemps quand il saisit le bras d'une jeune femme pour lui éviter un facheux incident avec une diligence.


- Il faut faire attention ici. Tout le monde se presse absorbé par leur pensée et ne se soucie pas des autres... dit le jeune homme.

La jeune femme se retourna et Mael eut l'impression de recevoir un coup de masse d'arme sur la tête. Il resta tétanisé l'espace de quelques seconde perdant ainsi son sourire que la femme lui rendit tardivement. Non... ce n'était pas possible... cela ne pouvait pas être elle. Elle était morte depuis quatre ans. Le jeune homme n'entendait plus rien autour de lui, pas même cette superbe femme devant ses yeux...

Cette dernière tourna subitement les talons et se dirigea vers un soldat, sûrement Saelite jugea Mael. L'homme dut se cramponner au pan de mur délabré à coté de lui pour ne pas tomber. Cette vision irréelle était-elle le fruit de son imagination ? Son parfum était certes différent, mais son regard ne le trompait pas... ou du moins, une parcelle de lui même l'espérait.


-Claris... murmura dans le vide Mael.
 
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



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MessagePosté le : Mer Mai 24, 2006 1:47 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Azeem fut dans un premier temps surpris. Une femme désirant se battre n’était pas une chose des plus commune au Sahel, pas plus que de voyager à vrai dire. L’hostilité du désert avait poussé tout au long des générations les sahelite à prendre grand soin de leurs femmes moins résistantes aux dures conditions du désert. Au file des ages cela était devenu dans l’ordre des chose, les femmes restaient à l’ombre des villes ou des villages pendant que les hommes prenaient soins des oasis et des minces bandes de terre cultivable le long du Yensinit, le fleuve que les impériaux avait renommé la Ride. . Elles partageaient leurs temps entre les arts, la littérature et le soin de leur beauté. La religion de Yen prônait le plus grand respect pour la gante féminine et il était du devoir de chaque homme de veiller à leur confort.

Un sourire amical et sans moquerie se dessina sur les traits sévères d’Azeem, c’est cependant d’un ton ferme qu’il répondit à la jeune femme qui lui faisait face.

- Jeune fille, j’ai sous mes ordres un millier d’hommes qui vouent une haine farouche au Madhina, ce sont des réfugiés, des déserteurs, des idéalistes, mais tous sont des soldats accomplis, des vétérans qui m’ont accompagnés à la guerre. Certain se bâtent depuis plus d’années que tu n’en a vu. Si tu veux m’aider, rends toi au camps d’Ichwan où ce sont rassemblés ceux de notre peuple qui refusent le dictat du Madhina. Là bas ils auront besoin de ta jeunesse et de ta dévotion. Ton courage est étonnant, peu de femme aurait fait un tel voyage. Je te donnerais une lettre que tu pourras remettre à mon cousin El’Kadir. Il trouvera des taches à la hauteur de la force de ton engagement. Fadel, raccompagnes là.

L’officier saisi doucement mais fermement le bras des jeunes filles pour la conduire aux marchands qui devait faire route vers le camp d’Ichwan.

- Je saurais me souvenir de ton acte, Shadee la Fervente.
_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
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Shadee
Aiguise sa plume



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MessagePosté le : Mer Mai 24, 2006 4:09 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Les paroles de l'homme furent reçues telle une claque par la jeune fille. Il la renvoyait au Sahel sans rien de plus. Avait-elle fait tout ce chemin pour rien? Est-ce que la raison de son renvoi était en rapport avec son sexe? Etait-ce... parce qu'elle était une femme?

- ... au camps d'Ichwan... souffla t'elle.

Alors que le soldat qui l'avait amené lui attrapait le bras, elle revint à la réalité.

- ...Non... Attendez... commença t'elle tandis que le soldat la tirait déjà vers la sortie. Vous ne pouvez pas...

Trop tard, El'Bakshir avait déjà tourné les talons s'éloignant avec un de ses officiers. Elle pria le dénommé Fadel de la lâcher, il refusa poliment. Ils étaient donc vraiment déterminés à la renvoyer. Elle resista et se débattit violement de telles manières que l'homme fut contraint de s'arrêter pour la maîtriser. Il lui dit d'arrêter mais elle ne l'écoutait pas.

- Lâchez-moi ! dit-elle. Puis pour attirer l'attention, elle se mit à hurler. Ne me renvoyez pas! Je vous en prie!

Le soldat ne la lâcha pas pour autant mais elle avait réussi à attirer de nouveau l'attention d'Azeem El'Bakshir qui s'était retourné pour voir ce qu'il se passait. Elle écrasa le pied de Fadel et le bouscula. Il la laissa enfin et elle se précipita vers le chef rebel. Des hommes l'arrêtèrent de nouveau, lui tenant les bras pour l'empêcher d'aller plus loin. Azeem s'approcha le regard sévère, elle avait peur de sa réaction mais ne renonça pas pour autant.

- Vous ne comprenez pas... Aider le peuple de Sahel comme vous voudriez que je le fasse ne changera rien.

Elle s'était calmé et affichait une mine desespérée. Elle poursuivit.

- J'ai fait ce que je pouvais pour aider les gens là-bas. J'aidais dans un dispensaire des bas quartiers, là où les habitants ne sont même plus traités comme des hommes mais comme des nuisibles. Le Madhina se moque bien d'eux. Il n'apporte aucune aide et pour que le dispensaire continue d'exister, j'ai été contrainte d'agir comme une vulgaire voleuse. Voler les hauts dignitaires pour payer des médicaments et de la nourriture que l'on redistribue après. Mais ça ne sert à rien, les maladies ne cessent pas... Les enfants meurent de faim pendant que ceux qui se clament serviteurs de Yen gaspillent l'argent à des choses futiles. Ils agissent en hypocrites pour nous faire taire. Devant le peuple, ils disent prier Yen pour leur miséricorde et sauver leur âmes. Derrière, ils affirment à ceux qu'ils contrôlent que ces pauvres sont punis par Dieu pour leurs pêchés, qu'ils méritent leurs vies malheureuses et que leurs souffrances purifieront peut-être leurs âmes... Je les ai déjà entendu... Elle s'arrêta un instant pour ravaler un sanglot. Je ne peux plus rester à contempler ces gens mourir sans rien faire. Je veux me battre pour eux et pas reprendre un rôle que je jouais déjà à Karish, au dispensaire...

Ses yeux étaient humides et leur couleur n'en fut que plus vive. Elle sentit l'étreinte se relâcher et elle se laissa tomber à genoux aux pieds de l'homme.

- Je vous en supplie, laissez-moi rester à vos côtés. Enseignez moi ce que je ne sais pas. Je n'ai rien à vous offrir en échange si ce n'est ma vie. Mais qu'importe si cela est le prix pour leur donner la foi et l'espoir.

Un grand silence s'installa dans le Hall. Même les personnes qui ne faisaient que passer s'étaient arrêté face à ce spectacle des plus intriguants. Elle savait qu'après ça, elle ne pourrait plus rien faire s'il refusait une nouvelle fois. Avait-elle été assez convaincante cette fois-ci?
 
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Azeem El'Bakshir
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MessagePosté le : Mer Mai 24, 2006 7:59 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Azeem s’était détourné de la jeune fille pour régler quelques détailles en rapporte avec son voyage lorsque un puissant crie retentit derrière lui. Il se retourna juste à temps pour voir Shadee se débarrasser de Fadel et courir vers lui. Le soldat se lança à sa poursuite mais l’Afar lui fit signe de rester sur place. La jeune fille voyant qu’Azeem était disposer à l’écouter se calma un peu et se lança dans un long discours.
Ni la sincérité de Shadee ni sa motivation à combattre la Madhina ne semblait faire aucun doute, mais ce qui retint avant tout l’attention d’Azeem était la contestation des ses ordres par une jeune femme sorti de nul ne sait où. Il fit signe à ses hommes de la relâcher et elle tomba à ses pieds. L’homme du désert la regarda un instant alors que ses pensées s’attardaient sur la signification de ce qu’il venait de voir.

- Releves toi Shadee.

Le jeune femme obtempéra et Azeem plongea son regard dans les yeux de la jeune fille. Il vit sa détermination ainsi que le respect qu’il lui imposait. Pourtant cela n’avait rien avoir avec la dévotion frisant le fanatisme dont faisaient preuve ses hommes et qui effrayait de plus en plus l’homme du désert. Shadee n’avait pas hésitée à braver son ordre parce qu’elle pensait qu’il ne servirait pas la cause qu’elle s’était fixer. N’était ça pas ce dont il avait besoin ? Quelqu’un pour lui rappeler son devoir en ce moment de doute. Pouvait elle être son aiguillons qui n’hésiterait à pas le contredire s’il s’écartait du juste chemin ? Azeem réfléchit au destin qui avait amené cette fille près de lui à cette instant précis. Etait il sage d’y voir juste un coïncidence ?

- Aider notre peuple comme tu l’as déjà fait ne changera rien effectivement, mais est ce inutile pour autan ? A quoi servirait le changement si ceux qui le désire ne survive pas pour le voir ? Tu est jeune Shadee, et tu as beaucoup à apprendre. Combattre pour une cause n’est pas forcement servir cette cause. Tu devras méditer sur cela.

Azeem détourna son regard de la jeune fille pour le poser sur Fadel qui approchait derrière elle.

- Fadel, donnes lui ton kindjal. Dorénavant, Shadee l’Ardente fait parti de ma suite.

Le soldat s’arrêta, quelque peu surpris mais fini par tendre son épée courte à la jeune femme avant de reculer respectueusement de trois pas. L’Afar reporta alors son attention sur Shadee qui regardait l’arme recourbée qui trônait dans ses mains.

- Tu vas m’accompagner à Cravensfeld, je crains ce que ces gens peuvent faire dans leurs recherches impies. N’oublies jamais que même si nous combattons le Madhina, nous ne devons jamais oublier notre devoir sacrée envers la création de Yen. Je ferais pression pour que tu sois accepté dans leurs cours. Tu devras me rapporter ce que tu vois et ce que tu entends, mais soit des plus prudentes avec ce qu’ils t’enseigneront. Ces choses risquent d’être bien plus dangereuse que tout ce auquel tu à pu faire face et peuvent menacer ton âme même. Seul ta foi te sauveras.

Doit-il vraiment en être ainsi ? Yen fasse que j’ai interprété Ses signes de la manière dont Il l’entendait.
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Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

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