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Quand le chemin compte plus que le but du voyage...
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Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région des Marches, le Notus et le Sahel
 
Eléa
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MessagePosté le : Mar Juil 11, 2006 7:39 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le froid régnant dans la ruelle à cette heure tardive finissait de réveiller Eléa qui, peu à peu, recouvrait ses esprits. Elle revit la surface miroitante du lac, puis le tapis de mousse sur lequel elle s’était assoupi. Elle fronça légèrement les sourcils, une partie de sa mémoire lui échappait encore, contre-coup de son étourdissement sans doute. Elle finit par se souvenir l’apparition de la belle Notusienne, puis curieusement plus rien… Plus rien jusqu’à présent, et l’étrange sensation d’avoir raté quelque chose, c’était comme avoir fait un saut dans le temps et l’espace, elle se souvint du soleil de la fin d’après-midi qui inondait les bords du lac de cette lumière si particulière dans ces contrées, du contact de ses chauds rayons sur sa peau… Elle réalisa alors qu’elle tremblait, elle avait froid. Comment était-elle arrivée là, dans cette sombre et froide ruelle ? Autour d’elle, de drôles de bâtisses construites en dure qui s’élevaient sur plusieurs étages, elle sentit le contact de quelque chose de dur sous elle, elle tata le sol et découvrit avec surprise que sa main ne rencontrait ni terre, ni herbe mais des espèces de pierres polies et toutes de dimensions à peu près égales. Si la curiosité n’avait pas été si forte et peut-être aussi l’engourdissement provoqué tant par son malaise que par le froid, un sentiment de panique aurait pu prendre possession d’elle… Ses yeux se posèrent alors sur les deux femmes qui s’affairaient près d’elle, il y avait là la belle prêtresse qu’elle avait déjà observé lors de ses baignades interdites et dont le doux visage trahissait une certaine inquiétude ; elle tenait encore la gourde de laquelle elle avait fait couler le filet d’eau qui avait eu raison de l’étourdissement de la jeune hybride. A côté d’elle, légèrement en retrait, se tenait une autre jeune femme, au teint blafard pour une humaine, autant qu’Eléa pouvait en juger, elle était habitué à la pâleur des Atrewlien mais chez eux il s’agissait d’une certaine normalité ; cette femme en revanche avait l’air presque souffrante et cela donnait à son expression quelque chose qui s’apparentait à de l’anxiété. Elle était vêtue de noir et portait les cheveux court à l’exception de trois longues tresses qui serpentaient dans son dos et qui, à présent qu’elle se penchait en avant pour mieux observer Eléa, lui passaient au-dessus des épaules et reposaient contre sa poitrine. Eléa aurait voulu leur parler, leur dire les mots qui se pressaient sur ses lèvres mais ne parvint à articuler aucun sons, une légère émotion voila ses yeux, elle venait de prendre conscience d’une autre présence…
La suite se passa comme à travers un brouillard, la jeune femme en noir se releva et marcha à la rencontre du nouvel arrivant qui s’avéra être un humain vêtu de noir, ce qui expliquait qu’Eléa ait eu du mal à le distinguer dans la pénombre. Des cheveux noirs flottaient sur ses épaules ajoutant à son air un peu fantaisiste ; il n’avait d’yeux que pour la créature… La créature, Eléa, qui suivait son regard ouvrit de grands yeux ; elle n’avait pas réalisé qu’un dragon se trouvait si près… En Notusienne, elle n’était pas effrayé par ces majestueuses créatures, mais en sentir un si près… Elle se souvint alors du contact chaud et se rendit compte qu’elle avait « ressentit » la présence bienfaisante de la merveilleuse créature. Un pâle sourire éclot sur ses lèvres exsangues.


Homme en noir : - Je m'apelle Mael Felagund, annaliste itinérant. Une sorte de euh... écrivain si je puis m'exprimer ainsi...

Il semblait chercher quelque chose au fond de son sac et se tortillait visiblement gêné mais l’Atrewlienne n’aurait su dire pourquoi.


Homme en noir : - Hum... voilà ce que j'ai... mais aucune de ces plantes ne possèdent de propriétés médicinale… Veuillez m'excusez si mes manières sont grossières, je viens de Cassandre et je ne connais absolument pas cette région...

Cassandre… Eléa ne saisit pas le sens de l’échange entre les deux humain, un mot venait de la replonger dans les limbes du souvenir… Cassandre… Du plus profond de son inconscient, un souvenir se battait pour remonter à la surface… Mais quoi exactement ? Elle eut la sensation pourtant de ne pas l’avoir enfoui depuis si longtemps, comme si ce souvenir flottait encore autour d’elle… Personne ne semblait avoir vu que l’espace d’un instant, sa pâleur avait été accentué par le voile qui avait tenté de se déchirer au fond de ses yeux mais… L’espace d’un instant seulement…
Elle sentit quelqu’un s’affairer à ses côtés et tenta de fixer à nouveau son attention sur ce qui se passait ici et maintenant, dans cette obscure ruelle de cette ville d’humains…


Femme en noir : - Buvez ça, vous irez rapidement mieux.

Eléa réalisa que c’était à elle que s’adressait la femme qui lui tendait un bol duquel s’élevait une forte odeur de plantes écrasées.

Femme en noir : - Vous n’avez rien à craindre, ce n’est pas toxique. Elle fronça les sourcils. Si ça vous rassure je peux en boire avant vous

Elle insistait et Eléa eut un sourire d’excuse :

Eléa : - Non… Non ce ne sera pas nécessaire je vous remercie…

Elle prit le bol entre ses mains tremblantes et le porta à ses lèvres. Le goût âcre des plantes lui souleva le cœur mais elle respira et se força à boire quelques gorgées de la mixture visiblement préparée à son intention… Elle sentait tous les regards peser sur elle et le tressaillement s’accentua…
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Ailin
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MessagePosté le : Mar Aoû 22, 2006 1:01 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Un parfum délicieux caressa ses sens, infiltrant les interstices de la fenêtre entrouverte, porté par la douce clarté du matin. Ailin était assis, désespérant de la blancheur du parchemin qui reflétait la source tarie de son inspiration. C'était comme si la fontaine scintillantes d'idées ne laissait plus voir que le fond immaculé et aseptisé de ses entrailles autrefois teintées d'images incertaines et colorées. Formes qu'il se plaisait à rectifier, à reproduire. Larmes d'intellect, chimères merveilleuses de ses songes; elles lui manquaient. Il resta coi, encoûté par l'arôme enchanteur qui flottait dans l'air épais de son atelier, brise légère et irréelle écartant l'écrasante amertume de cette atmosphère pesante, empreinte de la solitude. C'était comme un oiseau planant sur les lueurs roses de l'aurore, son esprit allongé entre ses plumes vaporeuses enveloppées d'un élixir aérien et éphémère, l'oiseau se fondait dans l'horizon et il fusionnait avec l'infini comme un instant d'éternité, comme une poussière d'étoile insignifiante et pourtant si vaste...Tout un monde s'écoulait à travers cette unique fragrance, language subtil du divin...

Le divin, ce mot résonna à travers son délire jusque dans les plus profonds abysses de son esprit et comme une chandelle dissipant les ombres, il effaça quelques unes des ténèbres que les drogues avaient laissées dans leurs sillage, marque irréversible de l'oubli. Un nouvel espoir naquit dans son coeur, sa mémoire était un univers inconnu, s'ouvrant petit à petit sur les secrets de ceux qu'il aspirait plus que tout au monde à revoir. Une légende vint chatouiller ce que les autres appelaient son génie. Glissant le long de ses nerfs comme un frisson glacé, jusqu'à ses mains qui s'animèrent, comme prises de convulsions incontrôlables. Le mythe se coucha sur le papier à mesure que la pointe de charbon dansait entre les craquelures de la toile, le chant des anciens dont les notes coulaient à la manière d'un courant inépuisable. Il rennaissait.

Une nymphe se tenait allanguie dans le lit d'un torrent. Sa peau encore pâle se ceignit d'un coloris ocre-bleu, lorsque des doigts d'Ailin, s'écoulèrent les gouttes d'aquarelles. Son regard se perdait vers l'Est, vers la mer. Souligné par la courbure de ses cil fardés de noir, entrouverts sur les liasses azurées de ses yeux magnifiques. Son immense chevelure cascadaient en boucle d'argent perlées d'écume, se mêlant à une robe de soie bleue qui étreignait à peine la silhouette évanouie dans les remous. Les traits et les plis se mélangeaient avec le courant, décrivant les sillons des larmes joyeuses de la terre. La créature serrait une fleur contre son coeur. Une rose dont les pétales se paraient de nuances multiples, carmin et mauve. Cerclés d'éclairs cuivrés et de bronze, un liseré cinabre enlassait la base de la corolle. L'esprit de l'eau s'ennivrait de son parfum, ce parfum qui râvissait son auteur. Cet émerveillement s'installa dans son sourire, celui qu'Ailin décela dans le miroir posé devant lui. Les couleurs, vivaces et effaçées à la fois, se figèrent quand l'eau sécha. L'Atrewlien sourit et ouvrit pleinement le battant de la fenêtre.

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Eléa
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MessagePosté le : Dim Nov 05, 2006 5:32 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

[HRP voilà c'est reparti... Ne pouvant pas attendre plus longtemps Zéphyrine, je me résouds le coeur lourd à continuer sans elle... En accord avec Azeem et pour les besoins de l'histoire je ferai agir le personnage de la grande prêtresse de Vénisca jusqu'à ce que nous quittions le Notus=)]


La scène était presque surréaliste… Les badauds commençaient à s’approcher malgré l’heure tardive, attirés par cet étrange attroupement et par le bruit qui s’était répandu comme une traînée de poudre de la présence de la grande prêtresse… Certains pensaient avec espoir que peut-être elle leur ferait la grâce d’une bénédiction…
Eléa perçut comme dans un songe la venue de nouveaux protagonistes, restant légèrement en retrait. Le dragon ne sembla pas apprécier beaucoup de devenir soudain une sorte d’attraction, ces créatures de nature fière ayant du mal à se laisser approcher par le commun des mortels… Sur un geste discret de Zéphyrine, il prit son envol pour échapper à la curiosité des habitants. La jeune fille parut décider qu’il suffisait pour ce soir et elle claqua des mains. Aussitôt, une petite porte dérobée s’ouvrit dans la grille menant à sa demeure. Quelques domestiques en livrées impeccable se précipitèrent et sur ses instructions, éloignèrent la petite foule avec douceur et invitèrent de façons courtoises mais néanmoins sans appel, la jeune femme en noir et le jeune annaliste à les suivre. Quand à l’atrewlienne, ils l’aidèrent à se remettre debout et la soutinrent jusque dans l’imposante bâtisse qui abritait la grande prêtresse de Vénisca des regards du peuple…
Les choses se déroulèrent sans heurt, presque en silence et avec une efficacité déconcertante. Les « invités » furent logés chacun dans une chambre confortable, on prit soin de leur faire porter des plateaux de victuailles en leur faisant comprendre que leur hôtesse ne les reverrait pas avant le lendemain et qu’ils étaient priés de se reposer… Ils s’exécutèrent… Que faire d’autre ?
Eléa ne vit pas le repas frugal qu’on lui avait réservé, lorsque la gouvernante frappa discrètement à sa porte elle n’obtint pas de réponse, la jeune hybride déjà recueillie dans les bras de Morphée.

Ce ne fut que le lendemain, qu’éveillée par la chaleur d’un rayon de soleil sur le visage, qu’Eléa intimidée, découvrit la chambre… Le lit à baldaquin dans lequel elle reposait, les rideaux ajourés, les fauteuils capitonnés… La jeune atrewlienne se demanda comment on pouvait vivre dans un endroit dont ni le sol, ni les murs n’étaient en contact avec la nature… Elle voulut sortir du moelleux édredon mais se découvrit relativement dévêtue. Elle s’empourpra et jeta un regard autour d’elle… Des « vêtements » étaient disposés au pied du lit, visiblement à son intention… Il s’agissait d’une robe et d’un bustier sans doute à la mode vénicienne… Ne découvrant nul part trace de ses effets personnels, elle se résolu à enfiler ceux-ci… Passant devant un miroir, elle se trouva une drôle d’allure et elle se demanda ce que dirait Elendor s’il la voyait ainsi… Un sourire amusé flotta quelques instants sur ses lèvres…
Derrière elle, la porte s’ouvrit doucement et se retournant, elle vit major d’homme qui, lui ayant demandé si elle avait bien dormi, lui déposa un plateau sur lequel elle découvrit des fruits, du miel, du pain blanc et du fromage. Lui ayant stipulé que Zéphyrine la recevrait un peu plus tard, il lui souhaita de manger de bon appétit et se retira. Elle picora donc, tout en continuant à détailler l’intérieur de la pièce… Ici une console de marbre rose, là-bas un secrétaire de bois sculpté… Tout paraissait si confortable et tout lui était si étranger…


Une heure plus tard, ayant profité d’une étrange pièce nommée : « salle d’eau », l’atrewlienne suivait le major d’homme à travers les couloirs et les étages, jusqu’à un salon richement décoré où il la laissa installée sur une méridienne. Quelques instants plus tard, la grande prêtresse faisait son entrée et s’approchait de la jeune hybride de sa démarche digne :

Zéphyrine : « - J’espère que vous avez pu vous reposer à loisir… Je m’en voudrais que vous ne vous sentiez encore un peu faible…

Eléa hocha la tête en signe de dénégation :

Eléa : -Je vous en remercie mais rassurez-vous, je me porte comme un charme ce matin… »


Zéphyrine parut la jauger du regard et, apparemment rassurée repris :

Zéphyrine : « - Eh bien… Peut-être pourriez-vous satisfaire ma curiosité en me disant ce qu’une atrewlienne faisait seule sur les rives du lac ?

Eléa rosit légèrement, ainsi la notusienne avait vu en elle malgré sa différence :

Eléa : - A vrai dire, c’est une longue histoire et je ne sais par où commencer… Je suis envoyée par mon peuple, à la rencontre des représentants de notre monde… Mon but est d’atteindre Esper dans la péninsule d’Agélie… Je dois en effet m’entretenir d’une affaire gravissime avec leur consul… »

Zéphyrine écoutait attentivement… Eléa lui découvrit ensuite les raisons d’une telle démarche, lui expliquant le problème rencontré par les fohtères pour subsister, les nombreuses guerres et expansions territoriales ayant mises à mal les territoires fohtères… La grande prêtresse, l’air grave, écoutait Eléa lui raconter les conditions de vie devenues difficiles des atrewliens entre autres… Elle songea que ces créatures étaient ses voisines en quelques sortes…

Quand la jeune hybride se tut, le silence s’installa entre les deux femmes mais pas le silence pesant marqué par la gêne, plutôt un silence complice où leurs deux âmes communiaient… Zéphyrine se décida, elle ne pouvait décemment accompagner la jeune hybride mais elle pouvait en tous cas lui offrir son aide dans la mesure du possible… Mais lui fournir une escorte notusienne… Les autres régions risqueraient de le prendre comme un affront…


Zéphyrine : « - Vous pourrez partir dès demain à l’aube, cela nous laisse la journée pour organiser votre périple… Je vais vous faire préparer ce dont vous aurez besoin… Vos effets personnels vous seront rendus dès ce soir, les laveuses s’en occupent. Vous aurez également des vivres et des manteaux chauds… Les nuits sont particulièrement froides en montagne…

Elle sonna et envoya quérir les autres invités, avec eux aussi, elle devait s’entre-tenir…
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Shadee
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MessagePosté le : Ven Nov 10, 2006 5:11 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Lorsqu’elle se réveilla en sursaut, l’aube n’avait pas encore montré le bout de son nez. Sa respiration saccadée accompagnait les tambours incessants de son cœur. Elle chercha rapidement des yeux l’homme à la robe violette qui avait voulu l’attraper, mais, reconnaissant peu à peu le décor de la chambre somptueuse qu’on lui avait hospitalièrement mise à disposition pour la nuit, elle comprit avec soulagement que ce n’était qu’un rêve. Laissant sa tête retomber mollement sur l’oreiller, elle prit le temps de chasser les dernières images persistantes de ce qu’elle considérait comme un affreux cauchemar. Existait-il réellement ou bien n’était-ce que le fruit de son imagination ? Sa mémoire lui faisant défaut, elle ne put pas « fouiller dans ses souvenirs » la moindre trace de cet homme qui l’effrayait tant. Elle abandonna l’idée de répondre à cette question et elle se mit à réfléchir spontanément à la rencontre étrange de la veille. Qui était-elle cette créature qu’elle avait aidée ? Et pourquoi son bracelet avait-il « réagit » en sa présence ? Elle leva son bras à portée de vue au dessus de sa tête et contempla le serpent argenté qui lui ornait le poignet.

« Etrange… »

Ayant retrouvé son calme, elle se redressa vivement pour se retrouver assise en tailleur sur le lit. Elle n’avait prit la peine que d’enlever ses bottes et avait gardé ses vêtements pour dormir. Même le lit, elle ne l’avait pas défait. La pièce était encore plongée dans l’obscurité, la seule source de lumière était les faibles rayons d’une lune à moitié cachée par les nuages, qui se frayaient un chemin à travers les rideaux pourpres de la chambre. Cette obscurité n’était pas un problème, elle y voyait parfaitement bien. Se penchant sur le bord du lit, elle saisit le sac noir et le vida devant elle négligemment.
Le contenu l’intrigua quelque peu. Des petites bourses en cuir, soigneusement fermées, de même qu’une boite de taille moyenne, grossièrement forgée. Elle poussa un peu de la main ces dernières et trouva des vêtements usés qui emballaient récipients et divers outils de voyage. S’intéressant de plus près à la boîte, elle se heurta à une serrure fermée. Fouillant dans ses affaires, à la recherche d’une clé qu’elle ne trouva pas, elle mit la main sur un morceau de cuir replié et attaché par un petit morceau de ficelle. Elle défit le nœud et l’ouvrit. Il s’agissait en fait d’un petit set de crochetage. D’un geste naturel et presque automatique elle saisit deux des instruments soigneusement rangés dans des lamelles creuses prévues à cet effet et ramena le petit coffret devant elle. Sans qu’elle ne put l’expliquer, il lui fallu moins de temps pour l’ouvrir que se rendre compte de la facilité avec laquelle, elle avait usé des instruments. Mais, la curiosité prenant le dessus, elle mit cette pensée de côté et se concentra sur le contenu enfin dévoilé.
Plusieurs fioles étaient alignées, coincées dans des petites cases de bois recouvert de fourrures à poil raz. Toutes ces fioles étaient pleines, intactes, n’ayant visiblement servie qu’une fois ou deux et en très petites quantités. En dessous, dans une case plus étroite et longue placée perpendiculairement aux autres, une pipette. En examinant de plus près, les cases lui paraissaient bien moins profondes que la boîte elle-même et instinctivement elle essaya de soulever le dessus. Chose peu surprenante qu’il y découvrit un double fond. Dedans, une même rangée de fiole, mais vide cette fois ci ainsi que deux récipients en verre. Elle les examina rapidement avant de reposer la partie supérieure dessus pour s’intéresser de nouveau aux fioles et surtout à leur contenu. Véronal, curare, cigüe, arsenic et autres noms de produits qui ne lui disaient absolument rien et pourtant dont elle connaissait – comment ? – les effets…
Prise de panique, elle rangea le tout et referma le cadenas précipitement. Restant un instant, le cœur battant devant cette vérité dont elle ne voulait pas, elle reprit ses esprits et regarda autours d’elle de peur qu’on l’ait surpris.
Gabrielle, rassurée à première vue, descendit du lit et enfila ses bottes. Puis, se précipita à la fenêtre. Elle n’était qu’au premier étage. La voie semblait libre. Elle retourna rassembler ses affaires – pas question de rester plus longtemps ici – et revint à la fenêtre pour l’ouvrir. S’assurant une dernière fois que personne ne regardait, elle sauta, retombant souplement sur ses pieds et fila à travers les haies fleuries du jardin, disparaissant dans l’obscurité dissipée avec les premiers rayons du soleil.
 
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Ailin
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MessagePosté le : Dim Nov 12, 2006 1:50 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le soir s'étirait doucement dans ses draps de flanelles, mauves et gris, recouvrant le jour de ses étoffes cotonneuses. Les étoiles perçaient l'obscurité une à une, dardant les nuages d'un regard espiègle. Lentement, le monde se laissait séduire par Morphée. Ailin s'aventurait dans le dédale d'un jardin, en proie à des chimères qui rongeaient son sommeil. Les cheveux en bataille sous le vent, il se laissait aller torse nu sous la fraîcheur du soir. Quelques rayons de Lune se réfugiaient à ses tatouages azurés, chaque caresse faisant frissonner l'Atrewlien. Les corolles se fermaient à son passage comme effrayées par l'éclat surnaturel de sa peau, opaline sous la clarté du crépuscule. Quelques poissons timides s'aventuraient à la surface des bassin et leurs écailles chatoyaient à la rencontre des astres, irisant les piscine bordées de nénuphars. Loin de l'agitation de la journée, le monde semblait retrouver une quiétude apaisante pour le jeune homme qui ressentait encore l'âpre douleur du manque. Le bruissement des feuilles murmuraient des souvenirs à son coeur, contines de son enfance passée au bord de l'eau. Le tintement des fontaines, la caresse glacée du vent, tout cela le ressourçait bien mieux qu'une nuit de sommeil. Les constellations contaient des histoires lui étant inconnues, il regretta d'avoir dédaigné l'enseignement du vieux chaman. A l'abris d'un saule, il s'immisca dans l'eau claire d'un bassin. Un râle de plaisir vibra dans sa gorge car elle était glaciale et la caresse humide fit battre son coeur plus vite. Ailin plongea entre les roseaux, à la poursuite d'un poisson fardé de voiles et d'étoffes translucides où dansaient mille couleurs. La réalité à travers l'élément aquatique était si merveilleuse, floue, fuyante comme les rêves et tel un digne représentant de son espèce, il aimait à s'y oublier.

C'est ainsi qu'il attendit le jour, perché sur le rebord carrelé de la piscine, à contempler la silencieuse procession de sa muse. Le chant des oiseaux accompagna l'aube qui rêvassait au loin et il s'enfuit. L'esprit apaisé et emplit de bonheur, prêt à créer de nouveau...

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Arioch
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MessagePosté le : Dim Nov 12, 2006 11:11 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Qui aurait pu prévoir qu’une simple escale amène l’annaliste à rencontrer autant de personnes mystérieuses ? Il y avait bien sur, ce dragon, partit beaucoup trop vite au goût de Mael, et ces femmes... chacune possédant un charme bien particulier.
Oui, en faisant les cent pas dans sa chambre d’hôte, le jeune homme se disait qu’il avait été incroyablement chanceux ce soir là. Il s’arrêta brusquement en plein milieu de la pièce et éclata de rire.


- Bon sang ! Il faut absolument que je note cela dans mes annales !

Il s’approcha ensuite de l’unique fenestron et appuya son front contre la vitre.

*J’espère que l’atrewlienne se porte mieux...*

Il défit le ruban dans ses cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules.

*Le dragon...*

Il retourna vers le lit et enleva sa chemise noire, pour finalement se laisser tomber en arrière. C’est alors qu’il prit conscience du luxe de la pièce. Pour un simple vagabond, cette chambre était digne d’un prince. Depuis combien de temps il n’avait pas dormi dans un lit confortable ? Cela en était presque gênant.
Il n’était qu’un étranger après tout, mais la femme en blanc lui avait offert le gîte, sans rien lui demander. Ce n’était pas l’aristocratie Audréanienne qui aurait fait de même. A cette pensée, Mael fronça les sourcils.
Des souvenirs encore douloureux remontaient à la surface, une fois de plus. Il s’endormit quelques minutes plus tard, épuisé par la marche, et rêva.

Sa mère lui faisait face. Seule, dans les ténèbres environnantes. Une grande femme au visage dur et froid. Tout de noir vêtu.


- Qui est-tu ? articula-t-elle.

Mael baissa la tête et serra ses poings.

- Ton fils, dit-il, la mine sombre.

- Non. Tu n’es qu’un étranger à mes yeux.

Une larme au coin de l’œil, le jeune homme releva la tête. Sa mère lui lança un regard méprisant.

- Si tu t’acharnes dans cette voie, tu rejoindras ton père sur l’échafaud.
Cette phrase fit naître dans le cœur de Mael un terrible vide, glacial.

- Et ne pleure pas, je t’en prie ! Les faibles ne sont pas dignes de nôtre sang !

La voix de sa mère devenait de plus en plus lointaine et le jeune homme s’éloignait d’elle progressivement, à moins que ce ne soit elle qui s’éloignait de lui. Mael se laissa tomber à genoux, un mal rongeait lentement l'essence même de son âme.

- Claris... chuchota-t-il. Où es tu ?

Seule le silence lui répondit. Il était seul, comme toujours, encore perdu dans les brumes obscures de son passé.

Mael se leva le lendemain matin de bonne heure. Assis au bord de son lit, il fixait le sol, l’air absent. Un plateau de nourriture était posé sur sa table de nuit, mais il n’y avait pas touché.


- Claris... murmura-t-il en posant sa tête contre ses genoux.

L'annaliste se leva péniblement et se traîna jusqu'à la porte, tout en boutonnant sa chemise. Il réajusta sa longue ceinture de tissu pour la faire pendre sur sa hanche droite et tourna la poignée. Il s'arrêta en pleine action comme pris d'une révélation.

*Les annales.*

Au moment de retourné à son affaire, quelqu'un toqua à la porte. Un homme entra alors, un domestique probablement, au vu de ses habits.

- Je vois que vous êtes rêveiller monsieur, vous êtes convié à l'étage inférieur par la maîtresse de maison. Si vous voulez prendre la peine de me suivre...

Mael suivit alors l'homme puis descendit les escaliers, en essayant de se donner un air moins pitoyable. Il ne prit pas la peine de réattaché ses cheveux et entra dans la salon, sur un geste du domestique, où l'attendait -plus ou moins- l'attroupement de la veille.
L'homme s'approcha de la jeune femme en blanc et lui chuchota quelque chose à l'oreille. C'est alors que Mael remarqua qu'il manquait la jeune fille en noir.
 
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Eléa
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MessagePosté le : Dim Nov 19, 2006 11:02 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Eléa regardait distraitement par la fenêtre, semblant absorbée dans ses pensées. En fait, elle était vaguement inquiète, avoir parlé de ses projets avec la prêtresse lui démontrait à quel point sa mission était ambitieuse. Dans un monde régit par les hommes et assimilés, comment un atrewlienne seule aurait le pouvoir de faire changer les choses quand rentrer en contact avec ses plus proches voisins s’était avéré si difficile ?
Zéphyrine se demandait encore comment venir en aide à Eléa lorsque la porte s’ouvrit sur le jeune annaliste qui resta gauchement debout à l’entrée, ne semblant visiblement pas quoi faire de lui-même…
Le majordome s’approcha d’elle et lui murmura quelques mots à l’oreille. Zéphyrine fronça les sourcils. Ainsi donc, l’étrange jeune femme apparemment amnésique s’était évaporée… La chambre avait été retrouvée vide, la fenêtre donnant sur le jardin grande ouverte.
Eléa l’interrogea du regard.


Zéphyrine : « - Eh bien… Il semblerait que notre jeune amie d’hier soir nous ait faussé compagnie… »

L’image de Gabrielle passa devant les yeux d’Eléa, après tout, elle lui était venu en aide, car c’était en partie grâce à sa décoction que l’atrewlienne se sentait mieux aujourd’hui. Elle s’aperçut que le jeune homme semblait intéressé aussi par la nouvelle. Elle croisa son regard et rosit légèrement, se rendant compte qu’elle devit avoir l’air étrange dans ces vêtements qui n’étaient pas ceux de sa race. Elle baissa les yeux et regardant les lames claires du parquet prononça comme pour elle-même :

Eléa : « - Que les esprits de l’eau veille sur elle… »

Zéphyrine fut la première à se reprendre :


Zéphyrine : « - Eh bien… Nous penseront à elle plus tard, pour le moment ma chère, vous avez une mission à remplir et je compte bien vous y aider de mon mieux… »

Eléa acquiesça :

Eléa : « - Vous avez raison votre grandeur… J’ai d’ailleurs assez abusé de votre bienveillante hospitalité… »

La grande prêtresse sourit avec indulgence :

Zéphyrine : « - Allons voyons… Nos soyez pas si protocolaire… Vous ne m’avez ennuyée en aucune façon… » Se tournant vers le jeune homme elle reprit : « - Vous qui êtes annaliste itinérant… Je suppose qu’aller par les routes ne vous effraie pas… Cette jeune femme que voilà doit se rendre en terre agélienne pour une mission diplomatique de la plus haute importance… Seriez-vous assez bon pour l’y accompagner ? Bien entendu, je vous rendrais grâce de votre bonté d’âme d’une confortable compensation pécuniaire… Voyez-vous, ma position m’interdit de lui fournir une escorte officielle… Je souhaite néanmoins qu’elle nous revienne saine et sauve et vous demande instamment de satisfaire à ma requête… »
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Arioch
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MessagePosté le : Lun Nov 20, 2006 12:33 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael observait la scène devant lui, ne sachant que faire d’autre, quand enfin la femme en blanc trancha le silence.

- Eh bien… Il semblerait que notre jeune amie d’hier soir nous ait faussé compagnie…

*Hum... vraiment...*


La femme en blanc passa outre cet évènement et interpella la jeune atrewllienne.

- Eh bien… Nous penseront à elle plus tard, pour le moment ma chère, vous avez une mission à remplir et je compte bien vous y aider de mon mieux…

Quelle mission ? L’annaliste n’était visiblement pas au courant de cette partie là.

*Mais bon sang, qu’est-ce que je fais ici ?*

Le jeune homme tritura machinalement la ceinture de tissu noire qui pendait sur sa hanche. Ses pensées étaient déjà ailleurs.

- Vous avez raison votre grandeur… commença la jeune femme. J’ai d’ailleurs assez abusé de votre bienveillante hospitalité…

*Moi aussi d’ailleurs...*

- Allons voyons… coupa l’autre femme. Ne soyez pas si protocolaire… Vous ne m’avez ennuyée en aucune façon…


Elle se tourna ensuite vers Mael. Surpris de cette soudaine attention, il redressa son torse.

- Vous qui êtes annaliste itinérant… Je suppose qu’aller par les routes ne vous effraie pas… Cette jeune femme que voilà doit se rendre en terre agélienne pour une mission diplomatique de la plus haute importance… Seriez-vous assez bon pour l’y accompagner ? Bien entendu, je vous rendrais grâce de votre bonté d’âme d’une confortable compensation pécuniaire… Voyez-vous, ma position m’interdit de lui fournir une escorte officielle… Je souhaite néanmoins qu’elle nous revienne saine et sauve et vous demande instamment de satisfaire à ma requête…

Sa position ? Mission diplomatique ? L’agélie ? Escorte ? Mael regretta de n’avoir pas touché à son petit-déjeuner. L’annaliste après un moment de réflexion s’éclaircit la gorge.

- Hum... De toute évidence, il doit me manquer une partie des informations. Certes, les routes ne me font pas peur, je ne suis qu’un vagabond... mais avant de vous demandé les tenants de cette mission... puis-je simplement vous demandez qui vous êtes ? Vous m’avez offert le gîte sans me poser de questions. Je vous en remercie. Mais avant de partir vers l’inconnu, il me semble nécessaire d’en savoir un peu plus...

L’homme s’interrompit, ne voulant froisser quiconque, et attendit patiemment.
 
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Eléa
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MessagePosté le : Lun Nov 20, 2006 10:13 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Zéphyrine fronça légèrement les sourcils puis un large sourire s’épanouit sur ses lèvres. L’aplomb avec lequel ce jeune homme demandait des comptes en toute innocence, sans se préoccuper des convenances, c’était rafraîchissant au fond. Son regard rempli d’indulgence sourit à Mael :

Zéphyrine : « - Si votre première interrogation devra rester sans réponse, tout au moins pour l’instant, je peux en revanche aisément satisfaire votre curiosité quand à la seconde…Je me nomme Zéphyrine, grande prêtresse du Notus et vous êtes dans mon humble demeure… »

La jeune femme sembla réfléchir, pesant soigneusement les mots qu’elle allait prononcer :

Zéphyrine : « - Vous avez j’en suis certaine remarqué que notre jeune amie appartenait au peuple des fohtères nommé atrewlien. Pour faire simple elle a un statut de diplomate… Et c’est tout ce que vous aurez à savoir, votre mission à vous en revanche sera de veiller sur elle… Vous assurer que rien de fâcheux ne lui arrive et qu’elle arrive à destination sans avoir été inquiétée… »

La grande prêtresse fit une pause, Eléa en profita pour intervenir :

Eléa : « - Bien entendu rien ne vous oblige à accepter… J’étais en chemin lorsque nous… Nous sommes rencontrés… Ainsi donc vous voyez que seule ou accompagnée… J’accomplirai ma mission… Ne vous sentez surtout pas obligé de prendre fait et cause pour moi… La seule chose que je puis vous révéler c’est qu’il s’agit de la survie d’un peuple tout entier… »

Ayant dit ce qu’elle avait à dire, l’atrewlienne se mura dans le silence, les dernières heures avaient été riches en rebondissements et elle se demandait en quoi son destin s’en trouvait changé, vieille croyance de son peuple de croire obstinément que le hasard n’avait pas sa place dans le déroulement d’une vie…

Zéphyrine en profita pour agiter une petite clochette creusée dans un nacre irisé. Quelques instants plus tard, un domestique en livrée entra, portant un plateau sur lesquels des tasses fumantes invitaient à la dégustation. Après avoir servit une infusion d’algues brunes, il se retira et Zéphyrine reprit :

Zéphyrine : « - Eh bien… Prenez le temps d’y penser jeune homme… Le départ est prévu pour demain à l’aube… Faites-moi savoir votre réponse avant ce terme je vous pris… »

La grande prêtresse sirota ensuite le liquide brûlant, faisant la conversation en parfaite maîtresse de maison, régalant ses invités d'anectodes diverses sur la région, sans plus faire allusion au sujet qui les intéressait…
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Arioch
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MessagePosté le : Ven Nov 24, 2006 10:29 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael regardait le fond de sa tasse, pensif. Grande prêtresse du Notus hein ? Il avait vaguement entendu parler d’une telle personne... mais il n’avait jamais eu l’occasion de se documenter sur le sujet.

Fouiller dans les vieilles encyclopédies de son père n’avait pas remplacé des mois et des mois de recherche ethnologiques dans les terres lointaines. L’annaliste le savait par expérience, il valait mieux vérifier par soi même la véracité de ses sources.

Aussi, il aurait bien voulu questionner la prêtresse sur différents sujets relatifs à sa fonction, mais il y avait plus important à débattre.


* D’habitude ce sont des mercenaires que l’on paie pour servir d’escorte, pas des écrivains... en même temps, ce n’est qu’une mission diplomatique... mais sont-ils en guerre ?*

La perspective de cette hypothèse n’enchantait pas particulièrement Mael, mais pouvait-il laisser cette jeune femme traverser tout Arkantis toute seule ? Bien sur que non.

Et puis de toute façon, cela serait une occasion pour en apprendre plus sur le peuple de cette femme ainsi que les relations politiques qu’ils entretenaient...

Au bout d’un moment, ne voulant pas paraître impoli, il sortit de son mutisme en s’éclaircissant doucement la gorge.


- Il me semble qu’il ne serait en effet pas très prudent de laisser cette jeune femme toute seule, pour un voyage aussi long. Aussi, j’accepte votre requête, dit-il en inclinant légèrement la tête vers la prêtresse.

Mael posa sa tasse sur la table et se leva.

- La bonne nouvelle, reprit-il, c’est que nous allons voir du pays. La mauvaise, c’est que ce voyage sera long et sûrement pénible. Je n’ai pas ma carte en tête, mais il va falloir longer une chaîne de montagne.

Il fit une pause et caressa son bouc.

- Hum... et il va falloir prendre des chevaux...

*J’espère que l’atrewlienne sait monter à cheval... au pire elle montera derrière moi*


Le jeune homme se tourna de nouveau vers la maîtresse de maison.

- Et bien... je crois que j’ai assez abusé de votre hospitalité, dit-il en s’inclinant. Je vais vous laisser et faire quelques préparatifs pour demain.

Il sourit franchement, puis, embarrassé, tourna les talons pour sortir de la pièce. Il s’arrêta soudainement, refit face aux deux femmes et passa une main derrière sa tête.

- Oh et, hum... pour l’argent, ce n’est pas la peine... je ne suis pas un mercenaire, juste un écrivain... vagabond.
 
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Eléa
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MessagePosté le : Ven Nov 24, 2006 11:47 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael: "- Oh et, hum... pour l’argent, ce n’est pas la peine... je ne suis pas un mercenaire, juste un écrivain... vagabond."

Zéphyrine ne put réprimer un sourire en entendant les paroles du jeune homme, elle conserva néanmoins son sérieux :

Zéphyrine : « - Je n’ai en aucune manière voulu vous offenser croyez-le bien, il n’en demeure pas moins cependant que j’ai à disposition des moyens considérables que je souhaite mettre au service de ma jeune amie, ne pouvant malheureusement pas faire plus… Je vous fournirai donc tout ce dont vous pourriez avoir besoin pour ce voyage… Y compris les chevaux bien entendu… »

Interrogative, elle se tourna vers Eléa qui s’empourpra légèrement :

Eléa : « - Oh… Bien sûr, je suis tout à fait capable de monter à cheval… »

Rassurée sur ce point, la grande prêtresse reprit :


Zéphyrine : « - Voilà qui est parfait, vous aurez donc deux montures disposition ainsi qu’un cheval pour porter vos bagages… Quand à l’argent, il vous en faudra… Je ne vous donnerai cependant pas énormément pour ne pas vous exposer de trop aux valeurs de grands chemins, je vous remettrai en revanche des lettres d’introduction pour certains diplomates notusiens chez qui vous pourrez vous rendre et qui pourvoiront à vos besoins en temps voulu… »

La jeune femme sembla réfléchir, avait-elle pensé à tout ? Laisser l’atrewlienne parcourir le vaste monde ne lui plaisait guère mais elle n’avait pas le choix, elle comprenait parfaitement l’importance de la mission reposant sur les épaules d’Eléa et se rangeait à l’avis d’Elendor… Cependant, la jeune hybride avait l’air si fragile… Ne s’était-elle pas évanouit à sa seule vue ?
Ainsi Zéphyrine sombrait-elle dans de peu rassurantes considérations alors que le principal sujet de son inquiétude paraissait se concentrer sur tout autre chose… La route à suivre…


Eléa : « - Pardonnez-moi mais… Nous ne longerons pas vraiment la première chaîne de montagnes… En fait… Il existe un passage… Il n’est pas… aisément praticable mais… Suffisamment pourtant pour que l’on puisse l’emprunter même avec des chevaux… Cette option offre en outre l’avantage non négligeable de nous conduire directement au lac Turquoise où nous pourrons nous reposer quelques jours… »

Zéphyrine fixa le visage décidée de sa nouvelle protégée et dût se rendre à l’évidence, celle-ci était bien plus forte que ce qu’elle imaginait. Elle soupira et reprit :


Zéphyrine : « - Ce me semble un bon itinéraire… Des vêtements chaud vous seront donc remis à tous deux pour que vous soyez parés à toute éventualité… Bien je vous verrai donc à l’aube… »

Elle se leva et quitta le salon pour aller écrire les missives dont les voyageurs auraient besoin et donner les ordres pour les préparatifs, laissant le majordome s’occuper de raccompagner ses invités à leurs appartements. Plus tard, elle vint voir Eléa dans sa chambre et discuta longuement avec elle, lui enseignant, dans le peu de temps dont elles disposaient, le principal de ce qu’elle aurait à savoir pour affronter le monde extérieur, ne l’a quittant que fort tard dans la nuit.

Les premières lueurs de l’aube dissipaient à peine les ombres de la nuit que trois chevaux piaffant d’impatience étaient amenés dans la cour pavé de la demeure de la grande prêtresse de Vénisca. A l’intérieur, les flambeaux brûlaient depuis des heures, tout était fin prêt et les voyageurs n’eurent qu’à se laisser équiper et guider par les serviteurs, sans réaliser vraiment qu’ils étaient sur le point de sortir de l’espace préservé, refuge offert par Zéphyrine.
Ils allaient se mettre en route lorsque la jeune femme les rejoint sur le perron. Elle salua Mael en s’inclinant et s’approchant d’Eléa, lui prit les mains :


Zéphyrine : « - Revenez-nous surtout… »

Elle lui glissa quelques parchemins cachetés et une bourse pareille à celle qu’avait reçu Mael un peu plus tôt des mains du majordome.
Les deux jeunes femmes se regardèrent longuement :


Eléa : « - Merci… Encore… Merci pour… Pour tout... »

Leurs voix tremblaient :


Zéphyrine : « - Alors bonne route petite sœur du Notus… »

Elle fit un pas en arrière, libérant ainsi le passage et engloba les deux voyageurs d’un regard presque maternel :

Zéphyrine : « - Allez maintenant… Et que Vénisca veille sur vous… »

Eléa croisa le regard de Mael et les premiers rayons d’un soleil encore timide les accompagnèrent vers l’inconnu…
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MessagePosté le : Mer Nov 29, 2006 8:29 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

- Allez maintenant… Et que Vénisca veille sur vous… laissa traîner la prêtresse.

Mael s’attarda sur son visage, il pu y lire un regard protecteur, bienveillant.

*Quel étrange femme... j’espère être digne de ses vœux.*

L’annaliste s’inclina, respectueusement, du haut de sa monture d’ébène.

- Je ferais ce qui est nécessaire pour cette jeune femme. Merci encore pour votre hospitalité, elle ne sera pas oublié.

Il se retourna, une légère brise faisait voleter ses cheveux et, bientôt, les premiers rayons de soleil percèrent les sombres nuages, irradiant peu à peu l’horizon. Sentant la chaleur sur son visage, il ferma les yeux et respira profondément avant de les rouvrir quelques secondes plus tard, sur la jeune atrewlienne.

Il lui sourit et, silencieux, donna une légère talonnade sur le flanc du cheval, qui se mit à avancer lentement.


*Et bien, essayons de profiter de cette nouvelle journée de... vagabondage ?*

L’homme rie intérieurement. Non, il ne s’agissait plus d’errance, il s’agissait à présent d’un voyage, d’un véritable voyage... avec un but et une petite perspective d’avenir. Chose qui lui manquait terriblement depuis sa fugue et son engagement dans l’armée impériale.

L’atrewlienne, maintenant à ses cotés, le regarda longuement. Que pensait-t-elle ? Elle se demandait peut être si cet écrivain allait être capable de l’accompagner. Peut être avait-elle raison. Peut être avait-elle tord. Mael ne se faisait pas de soucis pour cela en tout cas.
Il avait quelques ressources et cette femme, bien que frêle d'aspect, dégageait une certaine aura.

Une aura étrange, qui était cependant au goût de Mael. Une femme forte sûrement. Il aimait cela. Mais il y avait autre chose...


*Bah... la route sera longue, nous aurons sûrement un peu de temps pour faire connaissance.*

Il sourit intérieurement, puis réellement cette fois, en direction de la jeune femme qui regardait le soleil se lever.

*Tout ceci risque d’être enrichissant.*

Il enleva le fourreau contenant son épée de son dos et le glissa dans un emplacement prévu sur la selle. Ils avancèrent alors, dépassant les grilles de la demeure de la prêtresse, mettant fin à la luxuriante flânerie de la veille.

En franchissant symboliquement le portail, Mael espérait y laisser son passé, ses peurs, ses doutes et son chagrin. Il se surprit même à laisser s’échapper un soupir de soulagement. Il voulait aller de l’avant, une bonne fois pour toute.
Mais le passé vous rattrape toujours, et partir en compagnie de cette femme pour un semblant de quête ne signifiait finalement qu’une chose pour l’annaliste. Il fuyait. Encore et toujours, car il n’était pas encore prêt.
 
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MessagePosté le : Jeu Nov 30, 2006 7:59 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le soleil allait bientôt atteindre son zénith lorsque les voyageurs atteignirent les abords du lac Frénèse. Eléa frémit malgré elle à la vue de l’onde claire… L’élément qui rassemblait toutes ses croyances lui avait manqué le long de l’Aiguillon, étroit fleuve reliant le lac Autan à son voisin le plus proche… Il sembla donc à l’atrewlienne qu’elle respirait mieux et elle s’abandonna à la contemplation de la végétation qui différait sensiblement de l’ouest du Notus. A ses côté, l’analyste chevauchait en silence, paraissant parfois arrêter son regard sur Eléa qui préférait lui laisser croire qu’elle ne remarquait rien… L’hybride se demandait combien de temps l’homme tiendrait sans engager la conversation… Rester muette n’était pas un problème pour Eléa qui, en plus d’appartenir à l’une des races les plus sauvages du monde, cultivait en outre un goût tout particulier pour la solitude, ne ressentant en conséquence aucun besoin de communiquer sur ses sentiments et impressions…

Les heures s’égrenaient lentement et il devenait évident qu’ils n’atteindraient pas la plaine s’étendant entre la Région des Marches et la Grande Vallée de Corride. Eléa soupira, bien que les chevaux généreusement offert par la grande prêtresse lui permettraient d’accélérer l’allure, la jeune diplomate ressentait pourtant de l’impatience et si la volonté seule avait pu lui faire parcourir les plus grandes distances en un battement de cil, elle aurait déjà atteint Esper depuis des heures…

Le jour commençait à décliner et les chevaux montraient des signes de fatigue, aussi Eléa bien que partagée entre l’importance de sa mission et sa compassion pour les bêtes qui lui rendaient un si grand service, décida de donner à ses dernières la priorité et signifia la halte à son compagnon. Elle se laissa glisser à terre souplement et fit quelques pas, trouvant agréable de pouvoir un peu se dégourdir les jambes. Elle avait choisi de s’arrêter tout près d’un bosquet au bord de l’eau et après avoir chercher un moment, avisa une vieille branche à laquelle elle attacha la longe de leurs montures qu’elle laissa libre de se reposer après les avoir flatter avec douceur.

Elle jeta un regard d’envie à l’eau calme mis se résolu finalement à s’occuper du campement pour la nuit. Aidée de Mael, elle rassembla du bois mort qu’elle lui laissa le soin d’embraser et sortit des sacoches de cuir dont les formes rebondies dénotait l’envie de Zéphyrine qu’ils ne manquent de rien pendant leur voyage, un peu de lard fumé, du pain à la mie grise, des fromages secs qu’elle déposa à côté du foyer avant d’aller ramasser quelques algues qu’elle mit à mijoter dans un récipient en fonte, un peu de soupe chaude leur ferait le plus grand bien, les nuits étant fraîches dans la région…

Les lueurs roses du crépuscule les surprirent comme ils terminaient de dîner et l’atrewlienne admira les nuances irisées tracer de longues et élégantes courbes sur le fleuve miroitant… S’approchant de l’eau pour rincer les écuelles, elle ne put se retenir davantage et s’enfonça dans l’eau sombre sans que le moindre remous put trahir son incursion dans le royaume des profondeurs…

Elle plongea et se sentit revivre, s’amusant de quelques reflets, jouant avec un poisson chat et frôlant le sable fin du fond du fleuve…
Elle avait perdu la notion du temps et il fallut qu’un rayon de lune traverse le miroir de l’eau pour capter son regard pour qu’elle reprenne ses esprits et consente à regagner la surface. Là, elle se laissa flotter un moment sur le dos, admirant les lunes, se demandant quand elle les reverrait… Puis elle nagea vers la rive et se hissa entre les roseaux, frissonnant au contact de l’air frais de la nuit. Elle lissa ses chevaux pour en faire glisser les gouttes qui l’avaient suivi et s’approcha du feu pour se réchauffer…

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MessagePosté le : Dim Déc 17, 2006 3:59 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael s’était assis en tailleur devant le feu de bois et regardait avec attention les flammèches danser dans les airs. Il entendit un léger bruissement et vit que l’atrewlienne avait plonger dans les eaux du lac. Il sourit et se concentra de nouveau sur le feu.

- Cette femme...

L’annaliste s’allongea sur le dos et assista à la naissance de l’astre lunaire qui étendait patiemment ses rayons argentés sur ce coin de nature sauvage. Il entendit la jeune femme sortir de l’eau et se dirigé vers la source de chaleur. Il tourna la tête et se laissa surprendre à admirer pendant un instant ses charmes.
Elle croisa son regard et il lui adressa un sourire confus. Il reposa finalement sa tête contre une grosse pierre et laissa dérivé son esprit.

Aucun nuage ne se risquait à apparaître sur ce ciel étoilé et Mael décida d’en saisir l’instant sur ses annales. Ces dernières lui servaient, certes, à consigner des connaissances encyclopédiques, mais aussi pour y laisser des impressions personnelles à la manière d’un carnet de bord.

Il se redressa alors et ouvrit machinalement sa besace de cuir. Il sortit un des précieux volumes à la couverture craquelée par les nombreux voyages et l’ouvrit sur une page vierge. Il jeta un regard à la jeune femme qui le regardait à présent curieusement et sortit de son sac une bouteille d’encre ainsi qu’une vieille plume noircie.


- Vous m’apparaissez comme une femme bien mystérieuse, mademoiselle.

Le silence s’installa de nouveau et Mael enleva le bouchon de liège de la bouteille. Voyant que la jeune femme ne lui répondait pas dans l’immédiat, il entreprit de couché sur le papier ses premières impressions.

Bruissement de feuille. La plume gratte le papier et y laisse ses premières tâches d’encre.

Mael releva la tête et vit la jeune femme assoupie à coté du feu. Il la regarda songeur puis se leva en fermant son bouquin.


*Vous allez attraper froid.*

Il se dirigea vers les chevaux et prit une couverture qu’il posa ensuite délicatement sur le corps humide de l’atrewlienne. Il resta un moment près d’elle puis se dirigea vers les abords du lac. Il s’assit sur une vieille souche et s’imagina en train de flotter sur l’eau. Il sourit et regarda de nouveau le ciel.

Il se remémorait le visage de Claris, au milieu de toutes ces paysannes dans cet hôpital de fortune. Elle était rayonnante comme à son habitude et il ne voyait qu’elle.


- Tu es guéri maintenant... alors pourquoi reste tu ici ? interrogea t-elle.

- C’est le seul moyen de te voir, tu le sais bien.

- Tu ne va pas pouvoir rester sur ce lit indéfiniment. Ils vont t’enlever...

- Ne t’inquiète pas, je ne partirai pas. Je te le promet.


Elle baissa la tête et posa une main frêle et moite sur le bras de Mael.
- Ne fait pas de promesses que tu ne pourras pas honorer.

L’homme baissa les yeux et son visage s’assombrit.

- Claris... Je...

Elle intima le soldat de se taire en mettant son index sur ses lèvres et partit sans croiser son regard.

Mael jeta une pierre dans le lac. Avait-il laisser derrière lui son passé ? Non, bien sur que non. Il l’avait espéré pourtant mais au fond de lui, cela lui paraissait normal. Après tout ce devait être ça, son châtiment. Il devait souffrir du souvenir de cette femme, et cela toute sa vie. Ce n’était que la juste punition pour ne pas avoir respecter sa promesse.

L’homme revint lentement vers le feu qui déclinait progressivement et se coucha à même le sol.

Le lendemain, ce fut la jeune femme qui le réveilla de bonne heure et ils se mirent de nouveau en route. Après quelques heures de voyages, Mael s’arrêta et s’approcha de la jeune femme, une carte à la main.


- Avant notre départ de Venisca, vous m’avez parlé d’un chemin spécial... un raccourci ou quelque chose de ce genre.

Il lui sourit et reprit.

- Pouvez vous me l’indiquez sur cette carte et m’en parler un peu plus... ?

*Ah oui et aussi, pourquoi une mission diplomatique ? Avons-nous des ennemis ? Ahem... et surtout, qui êtes vous ?*


L’annaliste, interdit, attendit la réponse de la jeune femme.
 
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