ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 
  Retourner à l'accueilAccueil du site   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Afficher la liste des personnagesListe des Personnages   Afficher la liste des lieuxListe des Lieux   S'enregistrerS'enregistrer 

 

Les quatre folies de Cravensfeld
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante

Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région du Calice
 
Shadee
Aiguise sa plume



Messages : 239
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Mer Juin 07, 2006 10:34 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Un bruit sourd avait retenti et tout s’était enchaîné très vite. Shadee contemplait encore la pointe de la flèche qui avait perforée le bois de la diligence, surprise, alors que Fadel et Azeem étaient déjà dehors à donner des instructions et se lançaient au combat. Elle revint à elle en entendant les siens hurler leur cri de guerre. Elle se sentit vraiment stupide d’être restée là alors que sa place était maintenant aux côtés des soldats à repousser l’attaque.
Elle sortit de la diligence tenant fermement le kindjal qu’on lui avait donnée. Elle n’avait jamais utilisé la moindre arme, aujourd’hui serait une première donc.

Dehors, des cris, des entrechoquements de lames, des ordres donnés à tout va et des étincelles rouges. Parmi les hommes qui combattaient elle reconnut les tissus rouge et ocre de l’Afar et des autres sahélites. Ils n’avaient pas besoin de son aide, c’était évident. Elle jeta de rapides regards et remarqua un groupe d’étudiants qui faisaient de leurs mieux pour se débarrasser des cavaliers verts auxquels ils étaient confrontés. En les prenant par surprise elle leur permettrait peut-être de prendre le dessus profitant d’un moment d’inattention.

Elle s’élança et regretta amèrement de ne pas avoir l’occasion de se changer. La robe entravait ses mouvements. Elle s’arrêta à mi-chemin et d’un coup net et précis fendit les côtés du vêtement au niveau des jambes. Plus ou moins satisfaite, elle reprit sa course remontant la file de diligences et en arriver à la tête. Au niveau de la deuxième, elle sauta et prit appui sur une des roues pour se hisser jusqu’au toit. Grimper, escalader, elle en avait l’habitude et n’eut aucune difficulté à le faire. Elle avança et aperçut le cavalier visé. Elle sauta de son perchoir et assena un grand coup sur la tête de l’homme avec la poignée du kindjal dans sa chute. Il tomba à terre presque instantanément. L’étudiant hocha la tête en guise d’approbation et fila aider les autres. Shadee, quant à elle, laissa l’homme à terre. Elle n’avait aucune raison de le tuer puisqu’il n’était plus une menace. A vrai dire, l’idée de tuer quelqu’un ne l’enchantait pas vraiment et tant qu’elle pourrait l’éviter elle le ferait.


- Ya Hya Chouhada ! Longue vie aux Combattants ! cria quelqu’un que Shadee identifia comme l’Afar.

La jeune femme fit le tour de la voiture pour constater que les guerriers se faisaient peu à peu encerclés par les étudiants et autres personnes qui avaient pris part au combat. Azeem et Fadel semblaient être la source d’un sentiment d’encouragements et de confiance qui enveloppaient à présent les jeunes gens. Les professeurs aussi inspiraient un sentiment de supériorité. Elle eut l’impression que tant qu’ils seraient là, l’idée de défaite ne leur viendrait jamais à l’esprit.

Soudain elle sentit quelqu’un derrière elle et se retourna vivement esquivant au dernier moment d’un recul de l’épaule une lame qui manqua de trancher le bras droit. Mais l’adversaire était plutôt rapide et habitué aux combats et lui fit face plantant son épée, droit devant lui. Elle échappa de nouveau à l’attaque et la lame vient se planter dans le bois du carrosse. Elle eut à peine le temps de sortir le kindjal de son fourreau que l’arme s’abattit de nouveau sur elle. Elle bloqua l’attaque non sans difficultés avec le fourreau et percuta l’homme d’un violent coup de pied dans le ventre. Il recula sans vaciller pour autant. Cette fois-ci elle attaqua assénant des coups vifs et rapides, agitant son arme devant elle. Le cavalier ne fut pas une seule fois touché par ses tentatives de lui porter un coup. Le dernier fut contré aisément et il lui entailla l’épaule au passage.

Essoufflée et grimaçant de douleur, elle douta d’elle-même. Etait-elle donc si incapable que ça ? A quoi servirait-elle si elle n’était même pas capable de se battre convenablement ? Avaient-ils raison ? Aurait-elle dû retourner chez elle ? Elle n’avait pas sa place ici ?

Elle recula vivement pour éviter un nouvel assaut. Esquiver. Elle ne savait faire que ça. Alors elle s’exécuta encore et encore jusqu’à ce qu’il réussisse à la frapper une nouvelle fois. Au visage cette fois-ci. Un coup de poing heureusement pour elle. Shadee tomba à terre la lèvre fendue où du sang s'écoulait déjà et attrapa une poignée de terre poussiéreuse qu’elle lança au visage de l’homme en se retourant vers lui. Celui-ci lâchant un râle passa sa main sur ses yeux pour tenter de se débarrasser de ce qui l'aveuglait. Elle en profita pour lui porter un coup aux chevilles ce qui le fit tomber également. Elle ne ramassa pas son arme. Inutile, elle ne savait pas s’en servir correctement. Profitant d’un moment de faiblesse de son adversaire elle donna un coup de pied dans sa main pour lui faire lâcher l’arme et un autre qui n’aboutit pas car l’homme avait roulé et s’était relevé. Elle se sentit moins faible d’un coup, ou plutôt ne voulait pas admettre qu’elle l’était, reprenant confiance en elle et ses capacités. Elle en avait, elle le savait au fond d’elle-même. Simplement la confiance avait manqué et l’avait un peu déstabilisée.

Elle serra les poings et ils reprirent le combats mais à mains nues. Des poings sont beaucoup plus faciles à diriger qu’une arme et ils ne lui firent pas défaut. Elle réussit à prendre le dessus après un début plutôt catastrophique. Après quelques enchaînements plus où moins efficaces, elle lui porta un coup qui le fit vaciller quelques instants et attrapant la poignée de la porte du véhicule à côté duquel ils se trouvaient elle ouvrit violement la porte et l’homme se la prit de plein fouet. A peine réalisait-il ce qui s’était passé qu’elle lui envoya son poing aussi fort qu’elle fut au visage où elle sentit à la fois ses os craquer et le nez du guerrier casser sous la pression. Le sang gicla et inonda le visage du soldat. Elle le bouscula et saisit une pierre assez grosse tandis qu’il était encore à terre. Elle l’assomma définitivement un coup à la tête.


Elle attendit un instant mais comme il ne bougeait plus, elle souffla de soulagement. Elle gémit et contempla sa main rougit et gonflée. Elle s’était fait extrêmement mal en lui donnant le dernier coup au visage. Shadee grimaça mais se concentra plutôt sur l’entaille causée par l’épée de son agresseur. Le sang s’écoulait tout le long de son bras et tâchait sa robe par la même occasion. Il fallait arrêter ça avant que ça ne devienne gênant. N’ayant rien d’autre sous la main, elle se contenta de déchirer un morceau de son vêtement et pansa sa blessure avec, serrant le nœud le plus fort qu’elle put. Cela devrait tenir à moment. Elle enjamba le cavalier vert et récupéra son arme à terre ainsi que le fourreau dans lequel elle replaça le kindjal. Puis, prenant une grande inspiration repartit à l’attaque en espérant que cette fois-ci elle se débrouillerait un peu mieux.
 
Revenir en haut
Zéphyrine
Modérateur



Messages : 268
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Mer Juin 14, 2006 12:23 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Un brouhaha régnait dans la diligence dans laquelle était monté Zéphyrine. Pourtant, elle doutait en être la cause. Elle s’était mise à l’écart, blottie dans un coin, les yeux semi fermés, l’esprit ailleurs…
Ses longs cheveux bruns cascadaient sur dos et ses épaules comme si ils étaient une mer agitée par un vent violent. Les longues vagues dissimulaient à moitié son visage qui paraissait enfantin alors que mille questions l’assaillaient, la bouleversaient…

Tous ces gens étaient si différent d’elle… Beaucoup de jeunes personnes semblaient avoir son âge et pourtant elle se sentait si vieille… Le poids de ses responsabilités envers son royaume et son peuple lui écrasait les épaules. Ils semblaient tous si libres… Elle soupira et laissa glisser un fin doigt sur l’un de ses tatouages, symbole de ses fonctions, emblème de son choix…

Renversant, la tête en arrière pour se détendre la nuque, elle laissa son regard se perdre… Remontant ses genoux contre sa poitrine, elle les serra contre son buste comme si elle recherchait une protection. Elle se sentait si seule… tellement seule que son seul désir était de retourner se lover contre la présence rassurante de son frère Dragon… de se mêler à son peuple… de serrer contre son cœur les enfants qui avec tout leur amour lui offre une fleur ou un baiser… de se laisser à aller méditer sur l’île de Venisca… de retourner chez elle…
Elle n’aspirait qu’à sentir contre sa peau la chaleur d’un soleil familier, le souffle d’un vent complice…

Un nouveau soupir lui échappa ainsi qu’une larme cristalline qui se faufila, traîtresse sur la peau satinée de sa joue. Finalement, une fois retombée la curiosité des premiers instants voilà que sournoisement se glisse la peur de l’inconnu. Elle rouvrit ses yeux azurs qui humides ressemblait à deux Oasis abandonnées sur un visage malheureux quand retentirent le martèlement de nombreux sabots.


-Châtiment!

Ce fut le mot qui fusa une fois, les chevaux arrêtés. La Prêtresse frissonna à ce mot et laissa sortir surpris et affolés ses compagnons de voyage. Elle resta quelques secondes seule avant de se lever enfin telle une panthère se réveillant à peine. Elle sauta avec grâce à terre et pâlit à la vue des corps des cochers. C’était une attaque, une attaque lancée par des cavaliers tout vêtus de vert. Le silence régna jusqu’à celui qui semblait être le chef prenne enfin la parole.

-Nous venons récupérer le livre ! Nous savons votre but, abandonnez, vous n’y parviendrez pas.

Zéphyrine haussa ses fins sourcils. Mais que racontait donc cet hurluberlu? De quel livre parle t-il donc? La jeune fille n’eut guère le loisir de s’étendre sur les questions qui s’emparaient telles des lianes vivantes de son esprit. Le Magicien Haydar fit voler de leurs selles les cavaliers. Et sa seule préoccupation fut de deviner comment il avait réaliser ce sort! La Magie, douce drogue qui vivait constamment en elle, la consumant tout en la faisant vivre. Elle ne pensait qu’à ça! Elle ne pensait qu’à son désir de la maîtriser toute entière et d’ainsi réaliser ce qu’aucune autre Grande Prêtresse n’avait pu réussir!

Le premier carrosse subit l’assaut des soldats désormais à terre mais armés jusqu’au dents. Quelques uns se jetèrent sur les autres voyageurs. Un cavalier ayant réussi à rattraper son cheval fonçait droit sur Zéphyrine et ses compagnons. Ces derniers hurlant de terreur montèrent se réfugier dans la diligence.

Mais, un sourire malicieux étirant ses lèvres de corail, la jolie et apparemment si fragile Prêtresse se plaça devant le véhicule. Ses yeux au rythme du claquement des sabots sur le sol laissaient leur couleur virer violement. Ils étaient aussi noirs qu’une mer déchaînée par une tempête, aussi brûlant et terrifiant qu’un typhon. Une bise commença à souffler…
L’étalon mener par son cavalier renâcla et pila. Piétinant, il n’osait plus faire le moindre pas malgré les sollicitations furieuses du soldat.

La bise se transforma… elle prit de l’ampleur…
Le vent désormais soufflait avec force, soulevant les brindilles et les feuilles autour de Zéphyrine et de le destrier n’osait traverser ce mur invisible.

Le cavalier leva alors son épée et hurla de rage avant d’abattre le plat de sa lame contre le flan brun de l’étalon qui terrifié se dressa sur toute la hauteur des ses postérieurs, les sabots de ses antérieurs battant l’air. Surpris, le soldat chuta et tomba tête la première. Retombant sur ses membres le cheval frémissant baissa sa fine et noble tête entre ses longues jambes avant puis jeta avec force une ruade sur le corps de celui qui l’avait frappé.

Le vent était retombé depuis plusieurs secondes quand le bel étalon bai cessa de trembler et s’avança vers Zéphyrine. Elle posa avec douceur ses doigts fins sur le doux nez satiné de l’animal. Un léger souffle de vent glissa dans les longs crins noirs de l’étalon et sur son harnachement qui glissa et chuta de son dos.

Féline, Zéphyrine sauta sur le dos du destrier et l’éloigna des combats. Elle ne savait pas se battre et elle ne savait si elle pouvait faire usage de ses dons. Elle tremblait d’inquiétude même si la présence du cheval la calmait quelque peu. Elle ne savait si elle pouvait être utile…

A nouveau tant de questions l’assaillaient…

_________________
Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.

La vie n'est rien sans Mystère et Secret...

Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG!
 
Revenir en haut
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé



Personnage joué :
Isak Devmente
 
Messages : 432
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Ven Oct 20, 2006 9:38 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Reprenant ses esprits, Isak eut à peine le temps d’esquiver un coup fauchant la poussière dans sa direction pour se retrouver à plat ventre sur le sol. Le nez dans la boue séchée, il n’eut cependant aucun mal à diriger sa main droite vers les lames qui habillaient son dos de reflets argentés. Le cavalier avait fouetté les airs avec tant de vigueur qu’il s’en trouva déstabilisé, les épaules en avant et le corps désaxé. Vif et acharné, l’homme en vert virevolta, le pommeau de son arme tressauta entre ses doigts et l’épée farouche se retrouva de nouveau face au jeune garçon.

Trop tard, ce dernier était plus rapide, bien plus rapide. Le sourire de l’agresseur s’estompa rapidement lorsqu’il réalisa qu’une courte dague polie s’était déjà invitée à travers sa poitrine. Sournoisement, la douleur cuisante n’apparût que quelques secondes plus tard, le temps de sentir son sang couler le long de ses hanches, le temps de sentir ses genoux trembler.

Prenant à peine le temps d’observer la scène, Isak saisit vivement une nouvelle lame par-dessus son épaule, la plus longue cette fois, pour la pointer en direction d’un autre fanatique assaillant qui le chargeait avec fureur. Dans un fracas de métal, les armes s’entrechoquèrent de nombreuses fois, décrivant des passes habiles et maîtrisées qui tailladaient le vent de leurs danses implacables. Comme à son ordinaire, le jeune élève conservait une défense à toute épreuve. Chaque assaut se voyait contré avec un flegme remarquable, ce qui poussait l’ennemi à porter des coups de plus en plus violents, envenimant ses attaques qui commencèrent peu à peu à échapper à la dextérité pour servir la frénésie.

Une épaule levée trop haut, une garde trop ouverte, Isak reconnut l’instant qu’il attendait depuis le début de ce duel. Un pas en arrière, le cavalier ne rencontra que du vide en frappant, mais son bras fut emporté vers l’avant par un geste soudain du jeune militaire qui l’entraîna dans son demi tour. Repérant au sol le cadavre de sa dernière victime dans lequel sa dague était encore fichée, ce dernier s’accroupit aussitôt pour ramasser l’épée et la fit brusquement filer dans la direction de son opposant qui vint s’empaler de lui-même sur l’objet acéré en cherchant à reprendre pied. A l’image de son confrère, il s’écroula inanimé sur le sol alors que deux rigoles de pourpres nuancées se mêlaient dans les fins cratères du chemin aride.

L’élève prit alors le temps de regarder autour de lui. Il parvint juste à apercevoir six silhouettes se dégager du bord de la route avant de se jeter à nouveau à terre. On entendit l’air siffler, puis d’atroces cris de douleur. Dans son esprit, la situation devenait critique. C’était la première fois qu’il se battait sans vraiment savoir pourquoi. Loin des salles d’entraînements vétustes, des règlements de comptes sans gloire au détour de sombres ruelles, il se retrouvait sur un véritable champ de bataille. Malgré le sentiment de force qui l’envahissait, il sentait son cœur battre fort contre sa poitrine, la sueur ruisselait sur ses joues et le sang dans ses veines était en proie à un étrange bouillonnement. Il prit soudain conscience que c’était toute sa vie qu’il risquait désormais. Il découvrit l’envoûtante poigne du véritable instinct de survie alors qu’autour de lui ses collègues tombaient tour à tour. Il devait bien l’admettre, il aimait cette sensation.

Ces quelques pensées perdues au milieu du tumulte de l’affrontement furent coupées par une voix forte qui retentit bien au dessus des bruits de métal et des cris.

- Houtja ! Reculez ! Formez une ligne ! Ne laissez pas l’ennemi vous entraîner en avant. Toi et toi sur la gauche ! Toi portes-toi à droite !

Quel qu’il soit, cet homme des sables semblait connaître la situation et ses ordres inspiraient confiance. Il venait de le désigner d’un doigt exagérément autoritaire, mais il n’y avait pas de temps à perdre en fierté inutile. Isak obéit aussitôt et engagea de nouveau le combat avec l’un des mystérieux cavaliers tandis que trois autres étudiants se dirigeaient vers les archers qui résistaient de trop.

- Ya Hya Chouhada ! Longue vie aux Combattants ! Reprit la voix de l’improvisé commandant.

La résistance, ainsi organisée, se montra beaucoup plus efficace et les étranges cavaliers vêtus de vert se trouvèrent rapidement dispersés et encerclés. L’homme du désert se battait avec l’ardeur de dix soldats, ce qui eut pour effet de regonfler le moral des jeunes guerriers. La situation, bien que totalement inattendue, démontrait sans mal le niveau militaire élitiste des élèves du cénacle et l’Afar était loin de faire exception.
Bientôt, un grondement sourd se fit entendre. Un nouvel éclat foudroyant inonda de lumière le champ de bataille pendant une fraction de seconde, éblouissant chacun de ses occupants.

Lorsque les pupilles furent à nouveau aptes au regard, l’affrontement avait cessé. Haydar Nobuo se tenait au centre, solidement campé sur ses jambes, son bâton fermement pointé vers un corps fumant qui gisait au sol. A l’extrémité de celui-ci, un globe de cristal éclatant avait vraisemblablement été la source de l’étourdissant sortilège. En conservant cette position, le magicien plongea sa main dans la poche droite de son costume et en sortit une pièce de chiffon noir qu’il noua autour de la sphère scintillante.

Une fois la tension retombée et les esprits apaisés, on s’intéressa enfin à l’identité des agresseurs. Les corps furent dépouillés avec soin, démasqués et examinés. En comptant les six archers, ils étaient au nombre de dix-sept au total et aucun d’entre eux ne pu être reconnu par qui que ce soit. Sur chaque épaule, tatouée juste au dessus de la poitrine, tous les cavaliers arboraient une marque représentant un rectangle traversé d’une ligne oblique. Mis à part cela, rien ne permit d’identifier la moindre personne de quelque manière que ce soit.

L’ambiance était pesante. Une organisation inconnue s’était fixée pour but d’empêcher le cénacle de mener à bien son projet. Il n’est jamais aisé de savoir que l’on veut votre mort. Le périple commençait à peine et déjà neuf jeunes étudiants avaient succombé.
_________________
Posto ergo sum
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Dim Oct 22, 2006 4:32 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le combat cessa dans un éclaire aveuglant lorsqu'un des professeurs utilisa ses pouvoirs occultes pour tuer le dernier assaillant. Azeem ne pu réprimer un frisson de colère devant cette utilisation aussi ouvertement sacrilège de telle puissance mystique. Il se retint néanmoins d'exercer lui même la divine sentence. Yen châtiera cet homme impie lorsqu'Il le jugera. Néanmoins une telle vision le conforta sur son choix. Il devait empêcher ces Houtjas irresponsables de commettre des actes irréparables pouvant menacer Sa création. Les étudiants commençaient à réaliser ce qui venait de se produire alors que l'excitation du combat se dissipait peu à peu. Certain d 'entre eux, assistés des professeurs, cherchaient déjà à en savoir plus sur les étranges agresseurs et sur leurs non mois étranges motivations. L'Afar détourna son regard sévère de la scène lorsque Fadel se rapprocha de lui.

- Afar ? Questionna l'homme en montrant du doigt une silhouette parmi l'agitions du convois.

Azeem mit quelques secondes avant de reconnaître Shadee qui se tenait droite, la robe déchirée, l'épaule bandée d'une étoffe imbibée de rouge et tenant dans sa main le kindjal qu'elle avait reçu la veille. Le sahélite fronça les sourcils un peu plus qu'a l'accoutumer alors que dans son dos retenti des bruits de sabots. Il se retourna pour faire face à Abdelhak qui se dirigeait vers lui, monté sur son coursier.


- Afar ? Demenda le soldat, Karim est auprès de Yavarid, son cheval. Les démons vert lui ont porté de mauvais coups... le soldat marqua un long silence avant d'agiter doucement la tête de gauche a droite. C'était une bête honorable qui l'a servi fidèlement depuis notre exile, j'en suis témoin. Il aimerait que ce soit la Larme de Yen qui lui apporte délivrance.

- Bien. Dis à Karim que j'arrive,
répondit Azzem avant de se retourner vers Fadel pour lui poser la main sur l'épaule. Occupes toi de Shadee et vois s'il elle doit prendre part au Thafir.

L'afar suivit le cavalier vers l'orée de la foret où s'était dérouler le combat contre les arbalétriers. Au milieu des cadavres des assaillants se démarquait le large corps du cheval, couché sur le flanc et agité d'une respiration difficile. Karim se tenait auprès de sa monture et ne releva pas la tête avant qu'Azeem ne l'ai rejoint. Le soldat adressa un remerciement silencieux à son commandent et s'écarta. Ce dernier caressa doucement la bête puis repéra le coeur aux battements irréguliers. Il prit une longue inspiration et enfonça avec fermeté la lame translucide de son cimetière au travers de la poitrine de l'animal qui lança un dernier soupir avant de s'éteindre. Karim lança une brève prière et toucha une ultime fois la dépouille de son compagnon.

- Yen saura reconnaître sa bravoure finit Azzem avant de se diriger de nouveau vers les diligences. Viens, nous devons rejoindre Fadel et Abdelhak pour le Thafir, puis après un long soupir, et peut être Shadee.

Alors qu'ils arrivaient aux coté des diligences Fadel vient à leur rencontre suivit de Shadee.

- Afar ? Elle dit s'être battu avec cet homme, commença le lieutenant en désignant un corps étendu au coté d'une des roues de la deuxième voiture. Après elle fut prise dans la fureur du combat, elle ne sait plus...

Azeem fit un signe de la main en direction de l'homme dont le visage était ensanglanté, le nez visiblement brisé et la tête auréolée d'une flaque rouge. Fadel s'accroupit et toucha la gorge de l'assaillant avant de faire non de la tête.

- Il vit encore dit-il.

Azeem fronça une nouvelle fois les sourcils et lança un bref regard à Shadee avant de revenir à son lieutenant.


- Prends son fardeau, commanda-t-il, elle te le devra.

Fadel acquiesça gravement, raffermi sa prise sur son kidjal et enfonça d'un coup sec la lame sous la mâchoire du guerrier pour transpercer le cerveau. L'homme fut agité d'un bref spasme avant de rendre son dernier soupir. L'afar se tourna vers Shadee en lui désignant le cadavre de la main.

- Tu ne peux et tu ne dois laisser la vie sauve à tes ennemies. Dans un combat chacun apprend énormément sur l'autre. Si tu permets à ton adversaire de survire alors tu l'as rendu plus fort, plus dangereux, tu lui as enseigné tes forces, tes faiblesses et comment te vaincre. Tu lui donnes l'occasion de te détruire. Un ennemie mort n'en n'est plus un, vivant il est une menace, épargné il est ta mort. Si à l'avenir tu dois te battre encore, n'oublie jamais cela, il n'y aura pas toujours quelqu'un pour porter ton fardeau. Aujourd'hui tu as une dette envers Fadel. Tu l'honoreras. Maintenant nous devons prendre part au Thafir pour alléger nos âmes de leurs fardeaux. Assistes-y et si, aujourd'hui tu à pris une vie, participes y.

Azeem se dirigea vers ses hommes et ensemble ils se tournèrent vers le soleil, vers l'oeil impitoyable de Yen qui endurcissait et jugeait les hommes. Ensemble, ils s'agenouillèrent dans la poussière, déposèrent devant eux les armes souillées avec lesquelles ils avaient combattu et sortir un morceau d'étoffe blanc qui, pour tous, était déjà imbibé de sang séché. Alors seulement les voix unies des sahélites s'élevèrent.

- Yen. Aujourd'hui nous avons combattu. Nous avons combattu et nous avons tué. Nous avons combattu et nous avons tué sur la voix du juste. Juges nos âme et délivres nous du fardeau des morts tombées sous nos lames. Juges nous et laves nos yeux du sang que nous avons versé. Juges nous pour les corps dont s'est nourrit ta fille, la grande salamandre, pour qu'elle puisse nous offrir sagesses et connaissances. Aujourd'hui nous avons combattu et nous avons appris, nous avons appris et nous nous somme renforcé, nous nous sommes renforcé et nous servons la voix du juste. Que nos âmes soient libérées du fardeau des morts car nous avons agit sur la voix du juste. Que nos yeux, comme nos lames, soient lavé du sang versé.

Les sahélites passèrent le morceau d'étoffe sur leurs armes afin de nettoyer le sang puis reprirent.

- Nos âmes sont purifiées et nos yeux sont lavés mais le sang versé reste dans nos coeur pour nous apprendre et nous renforcer. Toujours nous porterons le fardeau de ceux que nous avons tué et seul Yen nous en délivrera lorsqu'Il nous jugera à l'ultime instant.

Les hommes du désert observèrent plusieurs minutes de silence et de prière personnelles puis lancèrent ensemble, tout en se relevant et en rangeant leurs armes dans leurs fourreaux.

- Ya Hya Chouhada !

Azeem épousseta rapidement sa robe rubis puis se tourna vers ses hommes pour distribuer ses ordres.

- Karim, tu voyageras avec nous dans la diligence jusqu'à Cravensfeld. A notre arrivé Abdelhak tu retourneras à Audréa pour rejoindre Al'Rasha . Tu reviendras avec Rahal et quatre chevaux en plus des votre. Il est hors de question que nous nous abaissons une fois de plus à voyager dans ces engins de torture houtja.

Les hommes du désert acquiescèrent avec un léger sourire et se dirigèrent vers leur diligence à l'exception d'Abdelhak qui fut ravi de disposer de sa monture. Un fois assit dans la voiture, Azeem fixa longuement Sahdee.

- Il est fort inhabituel de voir une femme sahélite se battre. En te donnant cette arme je ne pensait pas qu'un jour tu en aurais l'usage. Cela me déplaît mais si tu dois de nouveau t'en servir, alors tu devras savoir comment en user. Nous t'apprendrons. Pour l'heure nous avons de quoi soigner ta blessure mais je crains que tu doives attendre jusqu'à notre arrivé.
_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Shadee
Aiguise sa plume



Messages : 239
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Ven Oct 27, 2006 1:34 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

- Il est fort inhabituel de voir une femme sahélite se battre. En te donnant cette arme je ne pensais pas qu'un jour tu en aurais l'usage. Cela me déplaît mais si tu dois de nouveau t'en servir, alors tu devras savoir comment en user. Nous t'apprendrons. Pour l'heure nous avons de quoi soigner ta blessure mais je crains que tu doives attendre jusqu'à notre arrivé.

Shadee ne dit rien, acquiesçant de la tête qu’elle ne releva pas de suite.
Les mots de l’afar résonnaient encore à ses oreilles, durs et implacables. L’avait-elle déçu ? Surement… Elle revit encore Fadel achevé l’homme qu’elle avait combattu et laissé au sol. Il avait pris son « fardeau » mais au fond n’était-elle pas elle-même un fardeau pour eux ? Elle ne savait pas utiliser le kindjal, elle n’était pas capable de tuer quelqu’un qui n’aurait pas hésité à le faire, lui. Comment avait-elle eu la prétention de penser un instant offrir son aide, elle, jeune femme inexpérimentée dans la maîtrise des armes, à des soldats, qui avaient surement menés plus de combats qu’elle n’en ferait jamais en une vie ?

Elle n’avait pas tué aujourd’hui, ni jamais auparavant d’ailleurs, et ne participa pas au Thafir mais cependant elle s’était tenu là, derrière eux, debout et droite, la tête comme maintenant, baissée et sans dire un mot, accompagnant de ses pensées leur prière.

Une secousse la fit revenir à elle et sans un mot, ni un regard sur les autres occupant de la diligence, reposa son regard sur le paysage qu’elle trouvait bien plus sordide qu’avant et ramena de nouveaux ses jambes en partie dénudées vers elle, indisposée par le « confort » de la diligence.
Shadee posa sa main sur sa blessure, des larmes perchées aux bords des yeux sans pourtant se décider à tomber à moins qu’elles ne furent retenues par une force invisible, la volonté de la jeune femme à ne pas, encore une fois, se montrer vaincue. L’entaille, relativement profonde, la lançait inlassablement et lui rappelant perversement sa défaite.


Au bout d’un temps, elle se risqua à regarder l’Afar tandis qu’il parlait avec un autre passager. Son visage était grave et semblait fatigué. Fatigué, non pas de cette fatigue qui vous prend après un effort physique mais celle d’un homme las. Et c’est en le regardant avec une vision différente, après l’avoir vu combattre, qu’elle se demanda un instant s’il n’avait jamais trouvé la paix. Elle détourna les yeux en croisant les siens. Elle ne pourrait pas soutenir son regard avant la fin du voyage… au moins.


[Hrp/ oui je sais c'est très très court mais c'est dur de s'y remettre... la prochaine fois, je travaillerai mon poste davantage, promis. Pour l'heure il faudra se contenter des restes lointains de l'inspiration qui jadis me faisait écrire des pavés entiers xD ]
 
Revenir en haut
Takal Wandh'elanel
Aiguise sa plume



Messages : 234
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Mer Nov 15, 2006 6:43 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Bientôt une semaine... une semaine qu'elle avait quitté suite aux massacres qu'elle avait commis de ses petites mains. Talyanne commençait à manquer d'énergie. Bien sûr elle pouvait être très rapide, très forte et endurante. Mais elle ne savait nullement comment s'y prendre correctement pour chasser d'autant plus que dans son esprit commençait à s'immiscer le doute sur ce qu'elle était. Pourquoi les enfants qu'elle avait vu dans les rues ne parvenaient-ils pas à résister à la force des personnes plus âgées qu'eux ? Pourquoi eux avaient-ils des "parents" ? Pourquoi était-elle la seule à avoir, en cas de grosse fatigue, d'une source d'énergie plus importante qu'un bon repas ? Pourquoi... Talyanne secoua vivement la tête et bloqua presque instinctivement son esprit, de fait que le doute fut emmuré et que son visgage ne montra plus aucun sentiment. Son corps s'afaiblissait et il lui fallait au plus vite se nourrir. Elle marcha donc en portant soigneusement son long manteau plié dans ses bras, à l'abris des branches et des ronces. Le reste de ses vêtements était en piteux état mais curieusement elle portait une réelle attention au manteau. Au détour d'un rocher elle déboucha sur un large chemin de terre quand elle entendit un son qui venait dans sa direction. Elle s'écarta du centre du chemin et attendit. Soudain un cavalier apparu au virage tout proche. Il ne tarda pas à la voir et s'approcha. Les yeux de la fillette brillaient à nouveau tant son corps demandait de quoi tenir encore un peu plus longtemps, le temps de trouver un lieu plus hospitalier. Elle fonça vers le cavalier maintenant à terre mais sa force et sa vitesse n'y fit rien. L'homme qui semblait vétu comme un habitant du désert dont elle avait vu un ou deux représentants dans sa petite ville, semblait très adroit au combat et son expérience eut raison de Talyanne qui tenta de se débattre et s'arrêta immédiatement quand le métal froid vint toucher sa peau. Elle se calma, se releva avec l'aide de l'homme et tituba un peu. Cette dernière semaine l'avait épuisée et elle n'évita une chute face contre terre que grâce au cavalier qui la prit, et monta avec elle sur son cheval. Qui qu'était cette petite fille il ne se sentait visiblement pas de l'abandonner là, il lui faudrait demander conseil... à son Afar... Parti en éclaireur il devait de toute façon retournait vers la caravane.

(HRP : bon j'essai de me mettre un peu dans ce rp... mais là j'ai le bus à prendre... je sens que je vais avoir du mal au début, personnage pas facile à maitriser je pense mais j'espère vraiment y arriver et prendre du plaisir avec Wink )
_________________
Takal l'Incontrôlable

Talyanne La Petite
"La mort fait partie du cycle de la vie... cette fillette sera le résultat d'une expérience qui va briser pour une unique fois cette chaîne" © Le Mage Fou
 
Revenir en haut
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé



Personnage joué :
Isak Devmente
 
Messages : 432
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Sam Nov 18, 2006 5:19 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

- Allons, allons mes amis, un peu de calme je vous prie. Nous sommes réunis cette après midi pour discuter du sort de ce garçon, et non pour exprimer un jugement trop hâtif…

Le vieux sage du village avait bien du mal à raisonner la foule gueularde qui s’était réunie autour de la grande place. Retenant fermement l’enfant aux poignets ligotés, il tentait de résorber la colère du peuple qui avait définitivement trouvé son bouc émissaire.

- Faut pas chercher, c’est un démon ! Qu’on le coupe en p’tit morceaux pour le donner à la rivière ! S’éleva la voix tapageuse d’un homme qui brandissait le poing.
- Ouaaais, répondit une autre avec fièvre, qu’on s’en débarrasse de c’gamin, ça règlera tous nos problèmes ! Depuis quequ’temps on a qu’des emmerdes par ici !


La foule retentit d’approbation et d’autres bras se hérissèrent.

- Il dit rien, même ses parents en veulent plus ! Et pis tout le monde l’a vu, tout le monde le sait qu’il conspire avec les monstres d’la jungle. Y’a toujours eu des choses pas claires à Nuxen. Lui, y reste muet comme un hambark, et la dernière fois c’est trois jours qu’il a disparu du village, trois jours ! Ce garnement, c’est leur espion, j’en parierais mes seltons !
- Laisses-le nous papy ! On va bien s’en occuper, ricana un homme à l’avant de la meute avant de s’approcher un peu plus près.


Malgré toute sa bonne volonté, l’ancêtre ne parvint pas à contenir les quelques hommes qui le bousculèrent violemment pour lui arracher le jeune enfant. Cependant, ce dernier restait de marbre sous le tumulte accablant. Il fut jeté brutalement dans la foule qui le saisit aussitot de toute part et l’entraîna loin de l’estrade.

- Mort au petit Cravensfeld ! Tonna l’impitoyable assemblée.

La ruade fut terrible. Plusieurs hommes saisirent des rondins de bois pour fustiger le faible corps recroquevillé. Il fut lynché avec une hargne cruelle, projeté au sol, heurté, stigmatisé physiquement et verbalement, et même quelques femmes aux allures de sorcières se jetèrent sur le pauvre garçon pour le frapper à leur tour.

Soudain, un violent coup de tonnerre résonna au dessus de l’attroupement et chaque pair d’yeux se souleva pour contempler le ciel avec inquiétude. Le vacarme avait été d’autant plus surprenant que la saison était sèche et le ciel azur. Profitant de cette occasion, le gamin condamné parvint à se dégager de l’emprise d’un gaillard en tirant d’un coup sec sur ses poignets.

- Regardez, malheur à nous ! Retentit une nouvelle voix. Les oiseaux volent en présage !

La foule quitta définitivement l’enfant des yeux pour s’attarder sur le signe du destin porté par les airs et incontestablement synonyme d’un malheur prochain. Aussi vivement qu’il put, le petit Sigmund se faufila entre les corps étendus vers les nuages afin de prendre la fuite. Cavalant aussi vite que lui permettaient ses courtes jambes, il s’éloigna de ses bourreaux avec autant de force que l’instinct de survie pouvait en donner.

Entre deux sanglots, une femme porta un regard curieux sur le mioche et remarqua la cavalcade endiablée, mais avant que l’on ai le temps de le poursuivre, le jeune cravensfeld avait été englouti par la lisière de la forêt la plus proche. On ne le revit plus jamais.


*********


Isak trouvait à la fois déroutant et sinistre qu’Haydar ne se formalise pas davantage du décès de neuf de ses élève. Les trois professeurs se réunirent brievement avant de repartir et leur colloque discret arriva à la conclusion qu’un message devait être mandé par mathalys à l’université d’Audréa afin qu’un examen approfondi de la situation soit effectué et qu’une scépulture digne soit dispensée aux victimes.

Les autres compagnons du cénacle, en revanche, semblaient profondément affectés par l’évenement et l’idée d’un éventuel abandon de la courte mais sanglante aventure se répandit comme une trainée de poudre au sein des jeunes personnes. Selon toute apparence, le magicien en charge de l’expédition semblait craindre tout particulièrement que son groupe soit dissout et mis tout en œuvre afin de réconforter les étudiants. Chose inévitable, quelques élèves sûrement en proie à trop d’émotion choisirent de renter dans la capitale plutot que d’en supporter d’avantage. L’une des diligence leur fut désignée tandis que le reste du cortège s’apprêtait à continuer sa route vers le manoir Cravensfeld.

L’ambiance était pesante et funeste, aussi funeste que les places vides que les morts avaient laissées dans les voitures. La route vers le sud sembla interminable, mais Isak était incapable d’en apprécier objectivement la longueur.

Après une nuit complète de voyage, alors que le bois de l’étrange escorte reflétait petit à petit les premiers rayons du soleils, les véhicules franchirent enfin le fleuve Ranov pour s’arrêter sur ses rives, bordés par une batisse aussi imposante que la forêt qui l’encerclait.

Le jeune combattant s’extirpa avec plaisir de son étouffante cabine et se réjouit de l’herbe fraîche et verdoyante qui s’étendait sous ses pieds. Le manoir était a dix mille lieux de l’image entébrée qu’il avait pu s’en faire suite aux histoires de Melle Etchevan. Contrairement à toute attente, c’était un château aux formes élancées et gracieuses, fait de pierres claires et engageantes. Sa toiture couverte d’ardoises bleutées arborait une armature d’acier reluisante qui lui rappela même l’illustration d’un compteur pour enfant qu’il avait pu voir à Numide. Une longue allée de craie blanche délimitée de pins accueillants séparait encore le groupe d’une large porte qui était vraissemblablement l’entrée principale du bâtiment.

- Soyez les bienvenus dans la région d’Arasley, lança Haydar sur un ton plus jovial qu’à son ordinaire et chargé d’excitation. Je vous présente le manoir Cravensfeld. Rassurez-vous, nous sommes attendus. Vous prendrez bientôt conscience de combien cet endroit est agréable, d’ailleurs je vais vous laisser en juger par vous-même.

Pour la première fois depuis plusieurs heures, l’esprit d’Isak fut traversé par une pensée positive. L’endroit était rayonnant, l’air était beaucoup plus respirable que dans les cités où il avait l’habitude de vivre et il se sentait enfin rassuré d’avoir entrepris ce périple farfelu. Son attention fut rapidement attirée par une fine plaque dorée apposée contre un pilier de pierre, non loin de là.

« Manoir Cravensfeld
Lieu de foi
Séminaire du savoir occulte »

_________________
Posto ergo sum
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Jeu Nov 23, 2006 11:25 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Abdelhak ne se sentait guère à l'aise sur ce chemin bordé de grands arbres. Pour un natif du désert avoir un champ de vision si limité dans une région périlleuse était terriblement dérangent. Et puis cette humidité... Le cavalier frissonna et resserra les pans de sa cape juba sur son corps. Toutefois, il trouva un pue de soulagement en imaginant les sévisses que ses compagnons subissaient dans les voitures. Pour rien au monde il n'aurait échangé sa place pour se retrouver enfermé dans ces boites roulantes tout aussi dangereuses qu'inconfortables. Alors que le sahélite avait une pensée pour Karim, son frère d'arme, qui, en plus d'avoir perdu sa fidèle monture, devait subir pareil épreuve, il repéra des mouvements dans la végétation des bas cotés. Particulièrement méfiant depuis les événements de la veille, Abdelhak mit pied à terre et prit son cimeterre dans une main, tenant de l'autre les rênes de son cheval. Sur ses gardes, il entreprit de s'avancer en direction des bruits suspects quand une fillette fit soudainement irruption sur la route. Le soldat n'eut guère le temps de s'étonner de la présence d'une enfant en pareil endroit qu'elle se jeta sur lui avec une lueur dès plus malsaine dans les yeux. Par pur réflexe, Abdelhak se déporta sur le gauche pour éviter la petite créature qui dévia également sa course pour essayer de le percuter. Le guerrier tourbillonna, faisant voler ses étoffes dans lesquelles se perdit la fillette. Désorientée, elle redoubla de violence, faisant montre d'un force incroyable pour un enfant, à tel point que le sahélite n'eut d'autre choix que de poser sa lame courbe sur le coup chétif pour espérer la tenir en respect. Le contacte de l'acier sembla lui ramener la raison et elle se calma presque aussitôt. Elle leva un regard chargé de désespoir sur le visage grave du cavalier avant de sombrer subitement dans l'inconscient. Le sahélite la rattrapa juste à temps afin d'éviter qu'elle ne s'effondre sur le sol boueux.

Abdelhak resta ainsi un long moment, contemplant ce corps que rien ne semblait distinguer des autres enfants du même ages mais qu'il avait vu agité des signes du démon. Il prit une grande inspiration et remit son cimeterre au fourreau avant prendre en main son kindjal. D'un geste résolue il resserra sa prise sur l'enfant et posa la pointe de sa lame sous le petite mâchoire. La gamine semblait dormir calmement, épuisée et peut être aussi, étrangement apaisée pour une raison obscure. Devant cet étrange spectacle, le sahélite sentit sa résignation s'évaporer aussi vite que de l'eau sur le sable brûlant du désert. De nouveau, il prit une profonde inspiration.


-Yen puisse bannir à tout jamais ce démon !

Mais son bras flancha. Sa lame ne bougea qu'à peine, faisant à peine perler une légère goutte de sang de la gorge offerte. La main du guerrier se mit à trembler. Il avait vu le démon habiter les yeux de l'enfant, mais dans ces même yeux, juste avant qu'elle ne s'éfondre, il avait vu... il avait vu...

- Aïda !

Le nom s'échappa dans un soupire des lèvres serrées du cavalier alors qu'il laissa retomber son bras le long de son corps avec à peine la force de tenir le kindjal entre ses doigts. Bien sûr ce n'était pas elle. Elle avait la peau bien plus sombre, le visage plus anguleux et plus sec, mais il avait retrouvé les même yeux profonds d'où avait émané, l'espace d'un instant, tristesse et incompression. Ces émotions même qu'il avait lu dans le regard de sa fille lorsqu'il avait fuit Karish, il y a de cela des années. Jasaa, sa femme, et Aïda étaient restées là bas, sous la protection de son père. Il n'avait eu que quelques secondes, à peine, pour leur dire adieu alors que dehors les flammes s'élevaient de plus en plus haut et que les rue se teintaient de sang. Depuis il n'avait plus eu de nouvelles, mais pas un jour ne s'écoulait sans qu'il ne prie pour elles. Et aujourd'hui, cette enfant se présentait à lui, avec les même yeux, le même regard. C'était comme si, l'espace d'un battement de coeur, un lien s'était crée entre le temps et l'espace, entre cette petite et sa fille. Il n'avait pas eu la force de briser ce lien, d'appliquer la divine sentence, son bras avait faillit. Tuer cette enfant, c'était tuer sa fille. Impossible. Il ne pouvait même pas se résigner à l'abandonner là malgré le maléfice qu'il avait vu briller dans ces même yeux. Peut être pour la première fois de sa vie, Abdelhak était en proie à un profond désarrois. Même alors qu'il lui avait fallu quitter femme et enfant pour suivre Azeem, il n'avait pas hésiter. Son choix avait alors été limpide, dicté par les impératif de sa foi, renforcé par la confiance qu'il avait dans le porteur de la larme de Yen. Mais aujourd'hui...

Finalement il se convinquit, plus qu'il ne prit une réelle décision, qu'il devait confier son trouble à son Afar. Le soldat savait que c'était un manière de fuir sa responsabilité, de ne pas assumer un choix impossible, mais il ne pouvait envisager d'autre solution.

Le sahélite rangea son arme dans son fourreau et retourna auprès de son cheval qui, insensible au dilemme de son maître, était parti brouetter les herbes du bas coté. Déjà, au loin, le bruit infernal des roues des calèches s'approchait de plus en plus rapidement. Abdelhak prit une robe dans son paquetage et y enveloppa le petit corps. Il se remit en scelle, tenant les reines d'une main et maintenant l'enfant devant lui de l'autre. Le cavalier éperonna sa monture qui reparti aussitôt au galop.

Bientôt ils quittèrent la foret pour rejoindre la rive d'un fleuve sur laquelle s'étendait le domaine de Cravensfeld.

_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé



Personnage joué :
Haydar Nobuo
 
Messages : 432
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Mar Mai 20, 2008 10:41 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

C'était le front sévère mais la démarche toujours aussi lente et distinguée que le patriarche descendait l'escalier central du castel. Le marbre opalin des marches sous ses pieds donnait un second éclat à ses jambières en daim bleutées alors que la rampe d'ébène camouflait une main froissée par le temps. Arrivé au bas du perron, il lança un regard glacial à l'homme bien plus jeune qui s'y tenait, immobile, sans même s'autoriser un battement de cil. Derrière-lui, une vingtaine d'autres visages à l'air inquiet se faisaient témoins de la scène.

Le grand hall était étincelant de perfection dans son architecture autant que dans sa tenue. De fins ornements dorés couraient avec grâce et légèreté le long des murs blancs tandis que de nombreuses bougies serties de chandeliers ambrés les illuminaient. Sur le sol, tout aussi lisse et immaculé que le reste, seules quelques larmes d'enfant venaient défier la pureté nacrée des épais carreaux d'albâtre. Le rimèle, mêlé à une crasse d'au moins sept jours et de quelques filets de sang, pouvait presque s'entendre heurter la surface polie du carrelage tellement le silence était présent dans la pièce.

- Tu m'a fait demander, Alban ? commença le vieux magicien d'une voix sèche et rauque qui résonna entre les arches.

L'occasion était particulière par le simple fait qu'il était très rare que le patriarche déserte ses quartiers à la demande d'un frère de second grade, et la raison en était fort simple. Chacun savait qu'il n'était pas de bon goût de déranger le tout puissant sans une raison adéquate pour le justifier. Aussi, nul ne risquait jamais de voir s'envoler bêtement l'estime si durement gagnée auprès de sa hiérarchie. Cependant, Alban Lordan, ou plutôt Alban l'ardent, comme il était déjà surnommé par ses compères, n'était pas vraiment de nature peureuse.

- Oui, père bienveillant. rétorqua-t-il avec assurance. J'ai trouvé cet enfant près du grand obélisque. Après avoir manqué de le tuer, j'ai désobéi de mon plein gré à nos lois et ai choisi d'épargner sa vie.

Quelques sursauts suivis de murmures s'élevèrent du groupe en retrait avant que l'homme ne puisse continuer.

- J'ai pris une telle liberté en espérant servir la pérennité de notre faction, mais soyez sûrs que j'assumerai quoiqu'il arrive cette responsabilité. J'attends donc à présent de votre part la plus grande attention...

Sans ajouter un mot de plus, Alban retira le gant de velours ocre qui habillait sa main gauche, puis s'accroupit lentement sur le sol tout en fixant avec précision le corps juvénile recroquevillé sur le marbre qui gisait au milieu du hall. Apposant calmement sa main à plat sur les dalles, il donna trois tapes sèches sur celles-ci. La première fit à peine naître quelques étincelles qui se dissipèrent aussitôt en d'infimes volutes de fumée au creux de ses phalanges adroites. La seconde fut une mère bien plus féconde et donna vie à de multiple petits crépitements qui embrasèrent la pointe de ses doigts pour leur donner l'aspect de braises rougeoyantes. Enfin, le dernier coup fit jaillir une intense flamme qui se refléta vivement sur le carrelage et s'éleva dans les airs à mesure que l'élémentaliste se redressait, la paume toujours tendue devant lui et tournée vers le bas.

Après quelques secondes, l'homme lança brutalement sa main vers l'enfant et son oeuvre s'anima soudain, entamant une propagation rapide en direction du malheureux qui releva alors péniblement la tête, alarmé par la lumière et la chaleur dégagée. Le déplacement du feu mystique gagna de plus en plus en célérité. Il ne restait plus que quelques secondes avant que l'étuve n'atteigne la chair boueuse mais intacte du gamin. Réagissant à l'instinct de survie, ce dernier tenta de lutter contre son épuisement pour fuir l'agression fiévreuse qui menaçait de le réduire en cendre, mais son pied nu et maladroit glissa sur le marbre lisse et il s'écroula à nouveau sur le sol dans un fort claquement de peau. Cédant à la panique, il serra lui-même sa tête entre ses bras, couvrant du même coup des yeux ruisselant de larmes sûrement autant dues au désespoir qu'à l'intense fournaise qui transperçait ses paupières.

Bientôt, le mur incandescent arriva au niveau du gamin qui se mit à hurler de terreur. Le cri retentit fort, si fort qu'il transperça les airs d'une pointe d'aberration pénétrante qui rebondit sur les arches comme un appel salvateur à toutes les puissances du monde. Aussitôt, le brasier se sépara en deux et esquiva ainsi le petit corps rétracté qui suait à grosse gouttes, le laissant là, s'étouffant d'agitation, tandis que les flammes se laissaient mourir un peu plus loin sur le marbre rayonnant.

S'en suivit un lourd, très lourd silence pendant lequel chacun échangea des regards avec autant de visages déconcertés que possible. Finalement, le patriarche gratifia Alban d'un sourire satisfait.

- Intéressant, confirma-t-il. Très intéressant...


*********


Le regard perdu par la fenêtre de sa chambre, Haydar épiait les étoiles, songeur. Observant l'immobilité du monde au dehors, ses pensées philosophaient entre l'infini du ciel et la béatitude de la terre. Comment s'imaginer que quelque part dans cette campagne, camouflé au milieu d'un équilibre serein, se cachait le pouvoir ; le pouvoir prodigieux ; le paroxysme des pouvoir.

Le groupe avait été accueilli aussi chaleureusement que prévu et le manoir était aussi riche et somptueux qu'on le lui avait décrit. Ils avaient eut droit à un repas de roi et à des couches de première qualité. Pour cela au moins, l'empereur n'avait pas menti !

Pour le reste, mise à part l'attaque sur la route, tout jusqu'à présent avait marché selon son souhait, et le désagrément avait au moins eu l'avantage de lui permettre de constater que l'aptitude au combat de ses recrues était digne de ses attentes. Il espérait seulement que ce serait suffisant. Ce bon vieux Sigmund n'est sûrement pas du genre à se laisser berner par de simples soldats...

Laissant voguer son esprit sur de bien vastes sujets, il caressa machinalement le lourd volume recouvert de cuir sombre qui ne l'avait pas quitté depuis bien longtemps et dont s'échappaient de multiples parchemins gribouillés intercalés entre les pages. Époussetant d'un revers de main le titre en lettres d'or usées gravé sur la couverture, il le relut une nouvelle fois dans sa tête, tâchant d'y mettre intérieurement toute l'importance possible.

« La lubie de l'apprenti »

Il lui avait fallu bien du temps pour dénicher le livre, mais finalement, il avait trouvé. Il lui avait fallu bien du temps pour venir à bout de ses secrets cryptiques, mais finalement, il avait trouvé. Il lui avait fallu bien du temps pour imaginer comment entamer cette quête, mais finalement, il avait trouvé. A présent, tous les éléments étaient réunis, et malgré la précision millimétrique avec laquelle il avait réfléchi à chaque détail, il ne pouvait s'empêcher de sentir son coeur s'emballer dans sa poitrine. Lui ? En proie à la nervosité ? S'il n'y avait pas eu tant de puissance à la clé, il aurait pu croire à un mauvais sort d'un collègue quelconque.

Espérons que la princesse soit aussi rayonnante qu'on le dit... et que les gamins seront à la hauteur. Sinon... quel autre moyen aurait-je ?
_________________
Posto ergo sum
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Jeu Mai 22, 2008 8:50 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

S’étalant sur la pelouse bien entretenue du Manoir Cravensfeld, trois tentes couleur de sable frémissaient dans la légère brise du soir. Des chambres avaient été prévues pour Azeem et sa suite mais les Shaelite avaient préféré se tenir à l’écart et rester réunie plutôt que de se disperser dans la grande maison. Assit sur un coussin ocre, l’Afar fixait distraitement le petit brasier qui crépitait au dessous d’une bouilloire en argent d’où commençait à s’élever des volutes de vapeurs. Abdhallak et Fadel s’était retirés sous une tente pour se reposer du voyage alors que Karim occupait son tour de garde en apprenant à Shadee les rudiments du combat au Kindjal. La jeune femme avait troqué sa robe déchirée par les combats par des vêtements empruntés dans les affaires des Sahelites et qu’elle avait ajustés à sa constitution plus faible au moyen de rubans et d’autre bout d’étoffes qu’elle avait put dénicher. La blessure qu’elle avait reçu à l’épaule avait été soignée dès leur arrivé au manoir. L’entaille était profonde mais propre et nette. Grâce au baume, la Sahélite devrait cicatriser rapidement et ne pas garder de séquelle.

Azeem regarda un moment Shadee imiter les mouvements du soldat. Elle manquait encore de technique et d’assurance dans ses gestes mais l’afar pouvait voire en elle une fougue et une soif d’apprendre qui transparaissait dans les mouvements qu’elle effectuait avec une agilité remarquable. Karim dû s’en apercevoir aussi car il passa rapidement à des enchaînements plus complexes. Non loin derrière eux se dressait le vaste perron du Manoir éclairé par deux lampadaires au sein desquels vacillaient des lampes à huile. La clarté diffuse rendait visible quelques volutes de fumée qui émanaient d’un petit groupe d’étudiants qui échangeaient leurs impressions sur les événements de la journée et sur leur nouveau lieu d’étude.

Azeem regardait les jeunes hommes s’agiter sans vraiment les voir, ses pensées revenaient sans cesse à l’enfant qu’Abdahllak avait trouvée sur la route et qui dormait toujours dans la plus petite tente. Qu’est ce que le soldat avait bien pu voir dans cette gamine pour y déceler les signes du Démon ? Et dans ce cas comment expliquer son incapacité à appliquer la divine sentence alors que l’enfant était en son pouvoir. Azeem savait que, plus que tout autre, Abdhallak n’aurait pas reculé devant son devoir sans une bonne raison. Une excellente raison même. Azeem soupira discrètement. Depuis sa rencontre avec le directeur de l’université il avait l’impression de faire face à une série d’événements qui ne pouvait être que coïncidence. Il y’eu déjà sa rencontre fortuite avec le directeur qui lui permit de découvrir les dangers de l’entreprise Houtja, puis l’arrivé de Shadee, l’attaque des fanatiques en vert, et finalement cette enfant étrange sortie de nul part, sans oublier l’effervescence d’énergie qui semblait irradier de toute part, de ce lieu, des étudiants, des professeurs, de toute chose qui se passait depuis deux jours. Aujourd’hui, ce soir, Azeem se sentit plus que jamais investit de son rôle de Main droite de Yen. Il sentait presque les regards impitoyables de Yen porté sur lui, comme si la pièce qu’Il avait écrite avait commencée avec l’arrivé de l’Afar à Audréa et qu’Azeem venait seulement de comprendre que c’était lui qui tenait le premier rôle. Qu’il était le centre du Nexus qui attirait et provoquait ces évènements pour une raison que Yen seul pouvait appréhender. Mais peut être que le centre du Nexus était ailleurs… Que ce qui se déroulait ici n’avait laissé d’autre choix à Yen que de l’envoyer ici, de le laisser se faire attirer, entraîner par ces forces qui le dépassaient et qui venaient de quelqu’un ou de quelque chose d’autre. Quoi qu’il en soit, Azeem sentait ses choix diminuer, comme s’il pénétrait dans un tunnel et qu’il n’avait plus d’autre solution que de suivre la route déjà tracée, sans autre échappatoire que d’aller au bout. Tout cela l’angoissait.


Qui à creusé le tunnel ? Qui trace la route ?


Il espérait que la journée de demain puisse l’éclairer sur ce que comptait faire les Houtjas et sur ce qu’ils attendaient de lui.


Puisse Yen m’éclairer et me conduire sur la voix du Juste.

_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Logar/Lucy
Modérat-d'égout



Messages : 146
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Lun Mai 26, 2008 4:47 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Au cours du voyage qui l’amena jusqu’au manoir, Logar avait eu le temps de voir sa résolution fondre comme de la neige au soleil : il allait droit dans un repère de sorciers et sans aucun plan solide en tête. Les habitants des villages menant à Cravensfeld lui avaient appris qu’un groupe d’étudiants de l’Université d’Audréa étaient sur place, mais qu’on y trouvait aussi des sahélites, un mathalys et même une femme du Notus ! En plus, il paraîtrait qu’ils avaient subis une attaque d’un groupe inconnu !

Logar avait vite fait le rapprochement avec la réunion à laquelle il avait assistée avant de voler un livre d’Ohm. Se pointer là-bas l’air de rien n’était pas possible, on lui poserait trop de questions et avec le Mathalys présent, son numéro d’émissaire impérial ne tiendrait pas 3 secondes. Il était trop dangereux d’aller voir les têtes pensantes de l’Université : qui savait à qui allait leur allégeance ?
Par contre, le sahélite, un Afar nommé El’Bakshir, et la femme du Notus étaient là pour diplomatie et jouissaient donc d’un statut particulier. Etant étrangers, l’histoire de Cravensfeld devait leur être inconnue et par conséquent ils devaient être neutres dans cette affaire. S’il y avait un coup à jouer, c’était avec eux.

Logar sortit du bois et se dirigea vers les tentes, tout en gardant ses mains derrière la tête dans une attitude pacifique. Les sahélites en poste ne mirent pas longtemps à le remarquer, et ils allèrent à son encontre tout en le tenant en respect de leur arme.
Ils allaient sûrement lui demander les raisons de sa présence ici, mais à peine commencèrent-ils à ouvrir la bouche que Logar prit la parole.


- Sahélites, je dispose d’informations susceptibles d’intéresser l’Afar El’Bakshir. Sa présence à Cravensfeld n’est pas due au hasard et l’affaire est plus complexe qu’un simple voyage organisé par une université. Dîtes-lui que Logar Sleivan désire s’entretenir avec lui sur le sujet.
Et par la même occasion, vous pourrez informer la représentante du Notus de la tenue cette réunion, cela l’intéressera elle-aussi.


Le vieux mercenaire n’avait plus qu’à espérer que la curiosité de l’Afar le pousserait à accepter.
Les fenêtres du Manoir étaient voilées par des rideaux qui empêchaient de voir à l’intérieur, mais Logar se doutait que des universitaires, étudiants ou professeurs, allaient finir par le remarquer.

_________________
Logar Sleivan, plus connu du nom de son épée le "Fohtèrion". Vieux mercenaire suivi par des rumeurs : magies, meurtres, chantages et même immortalité...

Lucy Al'Helfein, 8 ans. Fille unique du Conseiller au Commerce de la République de Midian.
 
Revenir en haut
Arioch
Modérabruti



Messages : 476
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Lun Mai 26, 2008 8:19 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael suivait toujours avec détermination la piste des caravanes. Il avait accéléré son rythme de déplacement afin de rattraper son retard. Il s’estimait n’être qu’à une ou deux heures de différence quand il rencontra, sans s’arrêter, plusieurs jeunes garçons à l’air terrorisés. L’un d’eux arborait une large estafilade au travers du visage. Le sang qui s’en écoulait empourprer sa chemise de lin, mais ce qui frappa l’homme sur son cheval fut son regard.
Il avait le regard vide de celui qui venait de tuer un homme pour la première fois.
Mael n’avait pas pris la peine de leurs demander des informations, il savait que c’était les caravanes. Quelque chose s’était passée et la jeune femme qu'il poursuivait bêtement était peut-être en danger.
L’annaliste donna une talonnade au flanc de sa monture et partit au galop sans plus attendre. Au bout d’une demi-heure, il atteignit le lieu de ce qui avait du être une bataille. Des corps jonchaient le sol, encore frais. Les caravanes avaient donc bel et bien été attaquées. Il descendit de son cheval et lui donna à boire. La bête qu’il chevauchait était satisfaisante mais elle n’était pas faite pour courir aussi rapidement sur de longues distances. Il devait donc prendre soin d’elle afin de ne pas être ralenti par la suite.
Une fois cette tâche accomplie, Mael inspecta le lieu avec minutie à la recherche de la jeune femme. De jeunes académiciens encore boutonneux s’étaient figés dans des postures grotesques. Certains semblaient encore surpris de ne pas avoir eu assez de chance ce jour là.
Au-delà des élèves et des gardes, il distingua clairement les agresseurs. Quelqu’un les avaient fouillés sans grand ménagement et les avaient dépossédés de leur masque de soie noir. Certains portaient de graves brûlures qui devaient être l’œuvre d’un homme de magie. Il souleva un des agresseurs et découvrit un étrange motif sur l’épaule gauche. Un rectangle traversé par un trait dans sa diagonale.
Etrangement, ce tatouage rappelait quelque chose à Mael, mais il ne savait pas trop quoi exactement.


*Etait-ce dans les archives de père ? Tout ces symboles ésotériques perdus au milieu de ses livres poussiéreux et écornés... je ne me rappelle plus. Si seulement j’avais pu en apprendre plus lors de mon séjour à Audréa.*

Il se releva et contempla une nouvelle fois la scène du combat en se grattant la tête, pensif.

*Dans quel périple vais-je me trouver si je continu ma route ? J’ai l’impression que tout cela va m’attirer un tas d’ennuis.*

Il se hissa de nouveau sur sa monture et la fit reprendre sa route d’un trot rapide, en lui évitant de passer près d’un de ses congénères qui étalait ses tripes au coucher de soleil.
L’annaliste n’avait pas trouvé de traces de la jeune femme à son grand soulagement. Mais ces hommes qui avaient attaqués la caravane le perturber encore. Ils n’avaient pas vraiment l’air de bandits de grand chemin, ils semblaient trop bien équipés. Des mercenaires peut-être ? Quels étaient leurs employeur alors ?
Sachant pertinemment qu’il ne pourrait répondre à ces questions dans l’immédiat il s’efforça de vider son esprit, sans grand succès.


*Je vais peut-être devoir me battre. Et s’il le faut vraiment, il faut que je sois prêt à manier le Dja’kan*

A cette pensée, il toucha machinalement la bande de tissu noir qui lui servait de ceinture et qui pendait sur sa hanche droite. Son contact était doux et sécurisant, comme à chaque fois.
Une heure passa et le soir était tombé quand Mael arriva au terme de son travail de pisteur. Les traces grossières des caravanes avaient quitté le chemin principal pour s’engouffrer dans un sentier tout aussi large qui menait à un imposant manoir.
Mael, plus résolu que jamais, attacha sa monture à un arbre et fit le reste du trajet à pied. Il prit soin d’être le plus discret possible. Aussi, il s’écarta légèrement du chemin pour se cacher parmi les ombres des arbres environnants.
Il marcha bientôt à couvert une fois arrivé à la lisière de la forêt qui entourait l’imposante propriété. Elle devait être plutôt joli pour un spécialiste de l’Ancien Empire, mais elle rappelait beaucoup trop à l’annaliste son enfance dans la Capitale de la région. Tout en refoulant ses souvenirs, il se demandait si ce qu’il faisait en ce moment en valait la peine.

*Je me demande si j’ai eu raison de venir jusqu’ici. Je crois bien que cette histoire avec cette jeune femme m’a fait perdre la raison. Et puis, si je veux reprendre les recherches de mon père et en savoir plus sur la magie, il faudrait peut-être mieux que je...*

Mael se raidit. Quelqu’un se trouvait derrière lui, à quelques mètres.


* Imbécile, après cette attaque, ils ne doivent pas plaisanter avec la sécurité. Il vaudrait mieux que je me retourne et que je m’explique immédiatement... avant de me prendre une lame au travers de la gorge.*
 
Revenir en haut
Takal Wandh'elanel
Aiguise sa plume



Messages : 234
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Mar Mai 27, 2008 7:36 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Faute d'avoir pu se rassasier du Sahelite et de son énergie Thalyanne ne parvenait pas à récupérer des forces. Ainsi malgré les soins que lui apportait le garde qui s'était vu confier la fillette pour quelques heures, celle-ci tenait à peine debout. Elle sentait tout ses muscles la tirer, et elle lutait pour ne pas sauter à la gorge du jeune homme qui tentait désespérément de trouver un moyen de la remettre sur pied. Si elle le tuait elle ne pourrait pas tenir une minute face aux hommes qui occupaient le camp et elle en était bien consciente.
À force de lutter contre cette irrépressible envie elle finit par s'épuiser et sombra à nouveau dans l'inconscience.
Elle ne reprit ses esprits qu'à la nuit tombée et lorsqu'elle ouvrit les yeux ceux-ci scintillaient de la même lueur bleue-argenté malsaine que lors de sa rencontre avec l'éclaireur de la caravane. Durant son sommeil des barricades s'étaient levé dans son esprit, empêchant le moindre sentiment et la moindre émotion de se faire un chemin jusqu'à ses pensées. Elle se leva titubante, sortit de la tente et se dirigea vers l'un des chevaux. Malgré le danger que cela pouvait représenter elle ne pouvait plus tenir, cependant au moment où elle allait mordre l'animal un étudiant passa à proximité. Celui-ci perdu dans la poésie qu'il semblait écrire eu à peine le temps de crier que déjà son énergie l'abandonnait....

(hrp : bon c'est moyent mais j'ai pu le temps et j'ai énormément de mal :s vite je dois courir en cours maintenant ^^, tout comme j'vais devoir courir reprendre des cours de rp xD)
_________________
Takal l'Incontrôlable

Talyanne La Petite
"La mort fait partie du cycle de la vie... cette fillette sera le résultat d'une expérience qui va briser pour une unique fois cette chaîne" © Le Mage Fou
 
Revenir en haut
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé



Personnage joué :
Isak Devmente
 
Messages : 432
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Jeu Mai 29, 2008 9:56 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Depuis l'attaque du convoi, Isak n'avait pas quitté ses lames une seule fois. Leur présence rassurante lui donnait une impression de force subconsciente et les sensations envahissantes de fureur qu'il avait découverte en combattant ces inhabituels ennemis l'avait submergé d'assurance. Se battre, il était fait pour ça. Il l'avait compris en entrant dans les rangs de Numide, mais n'en avais jamais été aussi sûr qu'aujourd'hui. Au bout de ses doigts s'attardaient encore les frissons causés par le métal aiguisé pénétrant dans la chair tendre de ses proies, tandis que ses mains virevoltaient entre les quatre pommeaux enfichés élégamment dans la besace rigide qu'il portait en bandoulière.

Profitant encore des derniers restes de l'enivrante bataille, le jeune homme se promenait dans les jardins aux abords du manoir sous une lune timide. Il respirait à plein poumon cet air épargné des crasses de la ville tout en avançant à pas lents et feutrés le long des allées et des buissons bien découpés, n'ayant aucun soupçon à propos de quoi le lendemain serait fait. Un soupçon tout autre vint cependant l'arracher brutalement à ses rêves.

Aux abords d'un passage étroit, là où le parc ressemblait davantage à une foret, il remarqua une silhouette dissimulée par la nuit qui se faufilait entre les arbres. Comme il n'avait pas lui-même été remarqué et toujours sur ses gardes depuis le précédent incident, Isak se décida à pister l'individu avec autant de discrétion qu'on avait pu lui apprendre. Il s'engagea entre les branchages en prenant soin de ne pas se faire trahir par le sol terreux et incertain. Sa curiosité le poussa malheureusement à se rapprocher de plus en plus près de sa cible et il fallut qu'une brindille se mette à craquer juste au moment où il était à découvert, entrainant dans son rythme autant de feuilles mortes qui pouvait se froisser à proximité.

La silhouette s'arrêta net. Trop tard, le jeune homme ne pouvait plus reculer. Il n'avait qu'un instant pour réfléchir. Agressif ? Impassible ? Diplomate ? Il n'avait aucune idée du comportement à adopter. Il avait peut-être simplement sous ses yeux un employé du domaine qui profitait tout comme lui de la fraîcheur du soir. Oui, mais si c'était encore un de ces assassins qui voulait s'en prendre au cénacle pour une raison quelconque. Déjà trois secondes venaient de s'écouler, il n'y avait plus de temps pour penser.

Isak tira brutalement une lame, dont le raclement acheva de révéler totalement sa présence, et la pointa vers l'inconnu.

« Que fais-tu là, rôdeur ? »
_________________
Posto ergo sum
 
Revenir en haut
Montrer les messages depuis    
 
 
Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région du Calice Page 3 sur 5
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante
 
 
Réponse rapide :

Nom d'utilisateur : 


 

Sauter vers   

Vous pouvez poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum

 
 

Thème visuel par Zeph Powered by phpBB © 2004, 2005 phpBB Group       Traduction par : phpBB-fr.com