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Quand le chemin compte plus que le but du voyage...
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Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région des Marches, le Notus et le Sahel
 
Eléa
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Personnage joué :
Eléa
 
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MessagePosté le : Mar Mai 30, 2006 10:43 am    Quand le chemin compte plus que le but du voyage... Répondre en citant Envoyer un message privé

L’aube étendait ses timides rayons sur les bords du lac Autan, parant les arbres de teintes irisées et pastelles et faisant scintiller la surface de l’eau d’une multitude de reflets argentés. Eléa respira profondément l’air matinal et s’éloigna lentement de la hutte qu’elle venait de quitter et ce pour un très long moment, peut-être même que quand elle y reviendrait la grande tente du Chaman qu’elle se forçait à ne pas regarder aurait changé d’occupant… Elle savait qu’Elendor en ce moment même, guettait les petits bruits qui trahissaient le départ de la jeune atrewlienne. Ils s’étaient fait leurs adieux la veille et tout était dit mais elle savait que le vieux chaman souffrait de la laisser partir ainsi, à l’aventure. Elle repoussa les larmes qu’elle sentait naître dans ses yeux et se dirigea vers le discret sentier qui s’éloignait du campement en direction de l’unique langue de terre qui reliait l’îlot au continent.
L’air était frais encore, elle frissonna en posant les yeux sur l’onde claire qui venait mourir doucement en écume légère de chaque côté de l’étroit passage. Elle traversa et commença à contourner le fleuve par le nord pour éviter la ville de Venisca ; rencontrer des agéliens avec qui elle partageait un peu de sang ne l’enchantait guère déjà alors des humains ! Elle marcha ainsi pendant plusieurs heures avant de s’arrêter un moment pour se reposer un peu.
Assise sur un rocher sous le couvert des arbres d’un bosquet qui se trouvait là fort à propos, elle réfléchissait. Le but de son voyage lui apparaissait si lointain, si flou… Elle sortit de son sac un parchemin roulé précautionneusement, fit sauter l’attache nacrée et déroula ce qui s’averrait être une ancienne carte sur la roche près d’elle. Puis, elle se pencha pour l’étudier plus attentivement. Après le lac Autan, une petite tache bleue symbolisait le lac Frénèse qu’elle devrait longer pour quitter la région des lacs pour la plaine de la région des Trois Marches, qu’elle devrait traverser pour atteindre la Chaîne des Epines. Là il lui faudrait trouver un passage, un col pour passer l’obstacle sans trop de mal. Elle pourrait ensuite se reposer quelques jours à l’abri des eaux du lac Turquoise. Elle continuerait enfin vers l’est pour gagner la péninsule d’Agélie et sa capitale Esper où elle était censée porter un message de paix aux agéliens… Une diplomate, voilà finalement ce qu’Elendor avait fait d’elle.
La situation des peuples fohtères allaient de mal en pis, les territoires déserts où ils trouvaient refuge jadis se faisaient de plus en plus rare, les forçant à vivre en des lieux excentrés où les conditions de vie étaient de plus en plus difficiles et où les ressources naturelles s’amenuisaient saison après saison. La génération d’Eléa n’aurait pas à souffrir de cet état de faits mais pour les suivantes, cela risquait de poser problème. Il fallait donc trouver un accord avec les autres habitants d’Arkantis pour que chacun puisse vivre en paix, sans que l’éternelle volonté farouche d’expansion territoriale finisse par réduire les peuples minoritaires à néant. Il devenait donc urgent de rentrer en contact avec les deux races majoritaires, celles qui faisaient montre plus qu’aucune autre de velléité de conquérir le monde. Le plus simple était de commencer par les agéliens, tout de même moins offensifs et violents que les humains. Elle se demanda dans quelle mesure le fait d’avoir du sang agélien dans les veines pourrait lui être d’une quelconque aide… Chez les atrewliens, cela ne lui avait jamais paru agréable… Elle murmura :


- Moi, la créature au sang mêlé, je viens à vous pour proposer la paix…

Un drôle de sourire naquit au coin de ses lèvres :

*Evidemment si ma vue pour eux est une insulte je ne vois pas comment…*

Elle prit le parti de remettre à plus tard ces théories hasardeuses, après tout Elendor était un sage et elle se devait de lui faire confiance. Ses doigts se promenaient à la surface de la carte, ils glissèrent et s’arrêtèrent sur un nom promesse d’émerveillement pour elle : Cassandre… A sa demande, son tuteur lui avait maintes fois conter l’histoire de la ville. Cela la fascinait depuis qu’elle avait trouvé au fond de vieux coffres contenant toutes sortes de reliques en tous genres, des gravures sur coquillages représentant les majestueuses bâtisses de la ville des artistes. Elle songea qu’elle pourrait éventuellement faire un petit, un tout petit détour pour au moins apercevoir la cité aux merveilles comme elle l’appelait étant enfant. Si seulement les humains n’étaient pas maîtres là-bas… Elle secoua la tête pour se forcer à sortir de la rêverie qui menaçait de l’entraîner dans les limbes attirantes de l’étrange état entre la veille et le sommeil où elle se perdait parfois comme au-delà d’elle-même et du monde qui l’entourait… Elle se mit en devoir de replier soigneusement la carte et la rangea dans sa sacoche, puis se mit debout et reprit sa route agitée par de sombres pensées.



Quelques jours s’écoulèrent ainsi, chacun semblable au précédent, suite ininterrompue d’interminables heures de marches entrecoupées de moments de repos à la fréquence très aléatoire. Et toujours le même scénario le soir venu, se mettre à la recherche d’un abri pour passer la nuit, parfois un arbre creux, parfois une faille entre des rochers ou une hutte faite de roseaux. Le paysage ne changeait pas réellement mais pour un œil exercé il était facile de voir que les rives du lac Autan abandonnaient peu à peu leur végétation drue pour une parure plus légère signifiant la proximité du fleuve reliant le lac Autan au lac Frénèse.
Eléa frémit, avoir contourné le lac lui permettait de passer plus au nord de Venisca et de diminuer considérablement les chances d’une rencontre inopportune mais cela ne les rendait pas nulles pour autant, un risque subsistait. S’arrêtant pour se restaurer un peu elle réfléchit au problème :


*Voyager de nuit ? Cela présente l’avantage de ne croiser personne sur ma route… D’un autre côté, si les gens ne sortent pas de nuit ils ont sûrement une bonne raison…*

Elle soupira ne sachant pas quel parti prendre et s’étendit pour un instant sur un lit de mousse au pied de l’arbre où elle avait fait halte… Elle ouvrit les yeux dans un sursaut, tout était sombre, elle avait dû s’assoupir…

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Zéphyrine
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MessagePosté le : Lun Juin 05, 2006 9:50 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le Lac Autan était inhabituellement calme aujourd’hui…
Peut-être était pour ne rien dissimuler de la danse acrobatique à laquelle se livrait un somptueux Dragon Bleu et une jolie Prêtresse. Le vaillant animal rasait la surface du lac à une allure surprenante et surtout terrifiante pour la jeune femme qui le chevauchait. Cette dernière luttait de toutes les façons possible pour ralentir le fougueux et sauvage écailleux. Elle faisait se lever ça et là de monstrueuses vagues mais le dragon les évitait toutes les unes après les autres. Il se jouait des efforts de sa compagne dont les yeux aussi bleu que l’eau ou même le ciel pouvait faire pour ralentir sa course folle.

L’immense animal mythique s’éleva alors et vint se poser sur la rive sablonneuse. La jeune fille dont les longs cheveux bruns étaient complètement emmêlés sauta à terre et se laissa tomber assise tournant le dos à sa belle monture.


*Zéphy tu as encore d’énormes progrès à faire* murmura dans sa tête la voix profonde du dragon qui souffla doucement dans le cou de la Prêtresse.

-Tu triches Zéphyr! Tes exercices sont tous de plus en plus dur! Venisca va finir par me démettre de mes fonctions si tu continu à me ridiculiser de la sorte.

La jeune femme s’était relevé ses beaux yeux brillant de mille feu. Elle glissa nerveusement ses doigts dans sa longue chevelure pour essayer d’en démêler les nœuds. Elle du même redresser l’étrange diadème qui ornait son joli visage.

-Tu as vu à la vitesse ou tu allais? Comment voulais-tu que je puisse faire quoi que se soit efficacement?

*Allons, tu ne vas pas me dire que mon anciennement sont inutiles petite sœur?*

Zéphyrine soupira et se blottit tout contre le majestueux Dragon d’Autan. Elle ferma les yeux un instant se reposant tout contre la force rassurante qui la couvait d’un regard aussi doux que pouvait en avoir un animal tel qu’un dragon. Lorsqu’elle rouvrit ses prunelles azur, elle ne pu empêcher son regard s’accrocher à l’ombre lointaine du Manoir de Pampero, la demeure de la Reine qui dirigeait le Notus. Plus loin encore elle devinait les formes de Venisca la capitale qui porte le même nom que la déesse qui protège le royaume.
Mais ses pensées furent interrompues par la voix mentale de Zéphyr son frère dragon que la Magie liait à elle pour l’éternité.


*Zéphy je ressent une présence inconnue par là bas*

Il lui désigna de noble mouvement de tête le lieu qui l’intriguait.

-Ah oui tu crois ça? Ben on n’a qu’à aller voir!

Zéphyrine s’élança alors vers l’arbre que lui avait désigné son compagnon. Le dragon s’éleva dans les airs pour semblait-il la surveiller. Il pu donc avant elle découvrir le corps endormi et il se mit à planer loin au dessus de lui, son regard ne cessant de fixer la jeune Prêtresse.

Cette dernière arriva bien longtemps après lui auprès de l’endormie qui par ailleurs venait de rouvrir ses beaux yeux. Surprise Zéphyrine ne pu retenir un « Oh! » de stupeur.
Jamais elle n’avait entendu dire qu’une aussi jolie et mystérieuse femme pouvait exister…

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Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.

La vie n'est rien sans Mystère et Secret...

Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG!
 
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Eléa
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MessagePosté le : Mar Juin 06, 2006 12:17 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

L’eau fraîche enveloppait son corps et elle admirait les majestueux coraux orangés qui peuplaient les fonds du lac par endroit… Les anciens avaient l’habitude de dire que des soupçons de douleur pure s’étaient mêlés aux larmes de Venisca glissant parfois ces avatars rougeoyants dans l’eau de chagrin destiné à former le lac Autan… Eléa aimait ce genre de légendes, en digne fille adoptive d’Elendor, elle ne s’était jamais laissé aller à mettre en doute les origines du monde et croyait fermement que les quatre éléments en était seuls responsables… Pour l’instant elle nageait et comme à son habitude, ramassait des coquillages nacrés reposant au fond du lac. Elle taquinait gentiment quelques poissons chats et des fleurs d’algues translucides s’accrochaient à sa longue chevelure ébène, la parant de reflets scintillants au soleil qui perçait la surface de l’eau. Elle se laissait porter par l’onde claire et flottant entre deux eaux, sur le dos, elle fixait ses grands yeux sur les lueurs éblouissantes qui appartenaient au monde du dessus…Ses pulsations s’accélérèrent dans ses veines, une sensation de froid la saisit, tout devint noir…
Elle ouvrit les yeux dans un sursaut, tout était sombre, elle avait dû s’assoupir…

Emergeant difficilement des limbes cotonneuses du sommeil, Eléa essaya de se redresser combattant la torpeur qui hésitait à la laisser s’échapper, tentant jalousement de la retenir entre ses amoureuses griffes. Elle mit un moment à réaliser que la vision qui se dressait devant elle, n’en était pas une. Le
« - Oh ! » prononcé par cette dernière acheva de ramener la jeune hybride dans le monde des vivants. Instinctivement elle eut un mouvement de recul qui l’accula contre le tronc de l’arbre derrière elle. Elle resta ainsi quelques secondes où le silence sembla devoir durer une éternité…
Elle détailla la nouvelle venue, apparemment humaine mais curieusement, Eléa ne ressentait pas réellement de craintes face à elle, il lui semblait d’ailleurs l’avoir déjà aperçu…
Les souvenirs se bousculèrent dans sa mémoire ; elle nageait seule au milieu de lac, contemplant le vol majestueux de quelques dragons bleus qui semblaient jouer avec le vent. Elle aimait à jouir du spectacle des étranges créatures qui peuplaient les bords comme l’intérieur du lac, c’était comme assister au miracle de la création en spectatrice privilégiée. Elle souriait aux nuages, suivant le vol inspiré d’un noir corbeau de la Borée lorsque son regard tomba sur une étrange embarcation qui fendait la surface de l’eau, la ridant à peine, en direction de l’île interdite… Eléa savait que la navigation était interdite mais parfois, rarement d’ailleurs, ce genre de barque rituelle accostait non loin du temple de Venisca, son père adoptif lui avait révélé que les humains s’adonnaient à certains rites consacrant leur foi à leurs dieux et en l’occurrence, à leur déesse. Intriguée, Eléa s’était approché discrètement et avait alors vu une jeune femme débarquer et se diriger vers le temple, levant au-dessus d’elle un coffret à offrandes. Sa démarche digne et assurée couplée à ses riches vêtements de procession avait séduit l’atrewlienne qui l’avait suivie des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse, avalée par la grandeur du temple sacré…
Et voilà que ce souvenir se tenait debout devant Eléa, la regardant avec surprise. Sa peau, couleur de pêche, respirait la santé et la vie en plein air, la rencontre avec le vent, le soleil et faisait ressortir de façon étonnante la couleur azur de ses yeux qui exprimaient une franchise et une intelligence rassurante, malgré les traits décidés de son visage, donnant à l’ensemble une impression de bienveillance. Un diadème trônait sur son front fin et retenait une cascade de cheveux brun qui semblaient batailler pour s’en échapper. Eléa soupira, ne pouvant s’empêcher de comparer la peau mate de la jolie humaine à sa propre pâleur presque fantomatique pensa qu’il n’était pas étonnant que les humains n’aiment guère son peuple, la différence effrayant toujours celui qui ne sait pas voir au-delà de l’enveloppe.
Elle se rendit compte que son silence défiait la plus élémentaire courtoisie et esquissa un sourire d’excuses. Se relevant lentement elle réfléchit à ce qui était en train de se passer, enfin quelque chose arrivait, quelque chose qu’elle avait attendu et redouté toute sa vie…
Elle se sentit faible soudain, tout se mit à tourner autour d’elle, le vert de la végétation se fondant dans le bleu du lac, les sons ne lui parvinrent plus et ses jambes refusèrent de la porter… Elle s’effondra et roula sur le sol, sans connaissance.

Un étrange spectacle aurait été offert à la vue du voyageur égaré cette nuit-là. Une jolie prêtresse chevauchant un grand dragon bleu, une mystérieuse créature évanouie reposant sur son encolure. Le mythique animal se posa en douceur sur les pavés d’une ruelle jouxtant la demeure de Zephyrine, qui préférait éviter l’entrée principale pour ne pas attirer l’attention sur son « invitée ». Par chance, une fois n'étant pas coutume, l'exubérante Chatoya s'était laissée convaincre par sa sobre et capricieuse compagne de ne pas étendre sur le royaume une trop grande clarté cette nuit-là et l'obscurité régnait sur la ville. La grande prêtresse autour d'elle jeta un coup d’œil, personne ne s'attardait dehors à cette heure tardive, seule des carrés de lumières se découpant sur une façade sombre témoignaient de la vie secrète des clients de l’auberge non loin…

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Shadee
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MessagePosté le : Mar Juin 06, 2006 9:38 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Une jeune femme sortit de l’auberge. Elle était vêtue de vêtements souples et noirs. Un pantalon léger et ample qui avait été serré au niveau des chevilles et jusqu’à la moitié des mollets par de fins rubans de même couleur entrecroisés, et un haut sans manches près du corps qui avait la forme d’un cache-cœur. Elle portait également des bracelets de force d’un cuir fin qui lui recouvraient totalement les avant-bras. Seul celui de droite se prolongeait sur le dessus de sa main d’un triangle de tissu dont l’extrémité se finissait par un anneau passé à son majeur. Ses traits étaient fins et sa peau d’une extrême blancheur, presque maladive. Dans le halo de lumière s’échappant de l’auberge, on pouvait également apercevoir sa chevelure aussi sombre que sa tunique. Ses cheveux étaient relativement courts, ils lui arriveraient au menton s’ils n’étaient si ébouriffés. Trois longues tresses partaient de son occiput pour venir mourir entre ses reins.

Elle respira une bonne bouffée d’air frais et laissa s’échapper un profond soupir. Elle se posait beaucoup de questions, se sentait seule et perdue. Elle ne savait que faire. Elle était sortie. Mais pour aller où ? Où chercher des réponses quand vos souvenirs et votre mémoire vous font défaut ?

Dans un geste d’apitoiement, elle se laissa tomber contre le mur puis glisser lentement pour se retrouver assise à terre. Elle sentit une présence près d’elle et sans tourner la tête observa la ruelle du coin de l’œil. Ce qu’elle vit la surprit énormément mais après ce qu’elle venait de vivre, elle se dit que finalement elle n’était pas plus étonnée que ça. Un énorme dragon bleu accompagné de deux femmes, toutes deux magnifiques comme tirés d’un rêve. L’une d’entre elles était allongée sur le dos de la créature. Elle s’étonna que sa vue fut si bonne et précise avec une telle obscurité mais son attention fut rapidement attirée par son bracelet-serpent dont les yeux s’étaient mis à étinceler étrangement. Ce n’était pas la première fois qu’il agissait de façon bizarre… Les évènements anormaux semblaient se succéder à une vitesse impressionnante…depuis sa chute ?


~Flashback~ Quelques heures plutôt.


Noir et silencieux. Plongée dans un tel monde, privée de ses sens et de son esprit, enveloppée par les ténèbres, elle ne réfléchissait pas, elle ne souffrait pas, elle n’était ni perdue ni effrayée. Elle flottait simplement dans cet espace qu’on aurait pu appeler « Chaos » sans rien attendre, sans désir de s’y échapper. A vrai dire, ce silence était reposant, elle aurait pu rester ici…une éternité.

Un point lumineux se dessina à l’horizon. Et il grandit, encore et encore jusqu’à ce que ce halo de lumière soit aveuglant. Elle ne tenta rien bien que gênée par ce soudain changement et se sentit tomber plongée à nouveau dans le noir. Puis, la lumière réapparut mais moins violente et sa vue devint de moins en moins floue. Au bout de quelques minutes et à force de cligner des yeux, elle put distinguer clairement le plafond et les poutres qui le soutenaient.

Soudain, une douleur vint perturber sa contemplation. Une douleur bien ciblée à la tête. Elle trouva la force - sans vraiment sans rendre compte - de porter une main à son crâne et caressa du bout des doigts un tissu ressemblant vaguement à du coton. Il était humide à un certain endroit. Elle ramena sa main à portée de vue pour constater que ses doigts s’étaient teintés de rouge. Du sang ? Oui, surement.

Elle laissa retomber son bras qui rebondit au contact de ce qu’elle pensait être le sol. L’effet de surprise lui fit réaliser qu’elle était allongée sur un lit. Elle ne savait pas où elle était mais était sûr d’une chose, il avait eu un accident et quelqu’un avait prit la peine de la soigner et de la placer dans cette chambre. De longues minutes passèrent sans qu’elle ne se décide à bouger. Mais finalement elle se redressa difficilement. Sa blessure la faisait souffrir si elle bougeait trop rapidement. Elle grimaça tout en observant la pièce qui à présent avait pris un tout autre visage. A gauche, une porte fermée. A droite, une fenêtre ouverte qui donnait sur la rue pour autant qu’elle puisse en juger.

Elle détourna les yeux du ciel orangé qui était bien la seule chose qu’elle pouvait admirer de là où elle se trouvait, pour les poser sur quelque chose des plus étranges. Une petite fille rousse dans une robe de mousseline blanche était assise sur la chaise face à elle. Depuis quand était-elle là ? Comment était-elle entrée sans même qu’elle ne remarque sa présence ni ne l’entende? Elle n’osa pas vraiment parler espérant que l’enfant le fasse à sa place mais il n’en fut rien. Cette gamine dégageait quelque chose d’étrange. Elle était là, puisqu’elle la voyait, mais semblait aussi se trouver à des milles d’ici. Son visage était fixe et de marbre. Et sa peau si livide qu’elle se fondait d’une façon terrifiante à son vêtement. On aurait dit une poupée de porcelaine.


- Et bien ! Vous êtes enfin réveillée !

Une voix rauque et pourtant féminine la fit sursauter. Elle lâcha du regard l’enfant pour regarder la femme qui avait fait irruption dans la pièce. Elle avait des airs de parenté avec la petite fille. Les cheveux roux ne faisaient que confirmer son intuition.

- Vous avez eu de la chance tiens ! Une chute comme celle là ! On a bien cru que vous étiez morte, le crâne brisé… Mais dites-moi comment vous appelez-vous ?

La question semblait des plus banales et pourtant elle se rendit compte qu’elle ne savait répondre. Cet oubli l’inquiéta et la maîtresse de maison poursuivit.

- Vous ne vous en souvenez plus ? … Peut-être avez-vous une idée de ce que vous faites ici, à Venisca ?

Venisca ? Ce nom ne lui était pas totalement inconnu et pourtant elle ne parvenait pas à savoir vraiment où se trouvait cet endroit. En fait, elle ne se souvenait de rien. Absolument rien. La raison de sa présence ici, son accident, les lieux, son identité et même sa propre apparence lui étaient à présent étrangers. Elle ne parvenait pas à se souvenir…

Devant ce silence et l’air perdue de la jeune femme, la dame secoua la tête d’un air désolé et se tut. L’amnésique quant à elle croisa le regard de l’enfant, elle se sentit étrangement moins mal et en oublia presque l’énorme problème auquel elle se trouvait confrontée. A cet instant seule la petite visiteuse comptait.


- Pardon mais… Je…, elle observa d’un coin de l’œil la fillette toujours assise, Qui-est-ce ?

- Qui donc ?

- La petite fille qui…

- Ah ! coupa la femme. Vous parlez de mon enfant, sa voix se teinta de tristesse, ma petite Emilie… elle indiqua du doigt un portrait posé sur une table près du lit. Elle nous a quittés… l’année dernière.

Le cœur brisé, elle ne put plus longtemps retenir un sanglot. Cette révélation eut un double effet sur la jeune femme. Elle fut choquée de cette nouvelle si brusque et se sentait gênée d’avoir réveillé de tels souvenirs aussi douloureux pour son hôte. Cependant toujours le regard rivé sur ce portrait de la défunte, ses yeux s’étaient écarquillés. Elle se tourna de nouveau vers la petite fille dans un sentiment de surprise et de terreur. Si cette enfant était morte… Comment pouvait-elle être là ?

La femme s’excusant quitta la pièce plutôt précipitamment visiblement trop bouleversée. Elle la laissa donc seule avec la morte qui ne bougeait toujours pas. Que faire? S’enfuir ou bien… ? Malgré cette situation étrange et effrayante dans l’absolu, elle ne se sentit pas tout à fait mal à l’aise comme si c’était du déjà vécu. Elles se regardèrent un instant et Emilie bougea enfin. Elle tendit sa petite main vers elle et pointa du doigt un endroit particulier. La jeune femme baissa les yeux et remarqua pour la première fois un bracelet à son poignet. Le bijou représentait un serpent argenté, les yeux faits de deux pierres noires. L’animal faisait le tour de son poignet revenant au point de départ en se mordant la queue. Lorsqu’elle toucha du doigt la tête du serpent, celui-ci lâcha sa queue et se glissa jusqu’au creux de sa main pour s’immobiliser de nouveau et reformer le bracelet. Devant ce phénomène étrange, la première réaction naturelle aurait été de pousser un cri de surprise et de lâcher le bijou. Cependant elle n’en fit rien. Ca aussi, ça ne lui était pas étranger. Elle manipula l’objet et crut apercevoir quelque chose au dos. Elle le rapprocha de son visage et put lire :


« Gabrielle ».


~ Retour à l’instant présent ~


Elle avait voulu questionner le fantôme mais il avait disparu. Finalement, elle avait remercié l’esprit au fond d’elle-même de lui avoir offert un nom.

Le scintillement s’arrêta laissant une grande curiosité à l’égard de ces personnes non loin d’elle. Il avait réagit à leur présence, elle en était sûr. Peut-être pourraient-elles l’aider à retrouver la mémoire. Gabrielle se releva et alla à la rencontre des deux femmes. Elle avait remarqué que, malgré elle, elle avait tendance à toujours se déplacer dans les zones d’ombres près des murs d’un pas léger, prudent et rapide.

Arrivée à leur hauteur, elle se laissa impressionner par l’imposante carrure du dragon et distraire par l’autre… créature… qui dormait sur son dos. Elle mit du temps à répondre aux regards interrogateurs qu’on lui adressait mais sa langue se délia enfin et elle put au moins se présenter.


- Bonsoir, Ma Dame, je me nomme Gabrielle et j’espérais… que vous pourriez me venir en aide.
 
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Ailin
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MessagePosté le : Jeu Juin 08, 2006 1:22 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La main tendue vers l'éphémère, les penseurs de marbre courtisaient la nuit. Sous leurs voiles, ils soupiraient. Au milieu de cette foule immobile, un parchemin de cuir allongé devant lui, Ailin hésitait et la procession silencieuse des flacons se massait sur le rebord de la table. Délicatement, ses doigts s'aventurèrent dans le cyan et survolant la feuille, des larmes célèstes donnèrent naissance à l'horizon. Quelques nuées s'immiscèrent dans l'unicité, alors que l'azur s'oubliait dans l'immaculé. Un perle éclatante hésita, suspendue à sa peau, elle semblait soucieuse. D'un hochement, l'atrewlien la rassura et elle s'abandonna au vide sans un cri. Elle esquissa le zénith et les nuages égarés se lovèrent au creux de ses lueurs. Le jeune homme s'autorisa un regard par delà la fenêtre entrouverte, la fierté pointait dans son regard, heureux de contempler le soleil et la lune au même instant. Le sirocco s'introduisit dans le salon , les draps frémirent,et fuyant l'intrus, les ombres se réfugièrent dans les plis. Des spectres parèrent les cieux de mauve et d'orangé quand Ailin sema la pluie vermeille. Perdu dans le temps, l'astre confondait passé, présent et futur de ses parures aquarelles. Sa mémoire s'effeuillait, fragmentée. Et chaque moment prenait forme dans les couleurs, comme si la réalité se déclinait dans les teintes. Nuances oubliées, nostalgie prisonnière d'un coeur à jamais loin des siens.

Dans sa tête s'écoulaient les vestiges de sa mémoire délabrée, désireux de combler ce vide inhérent à son existence. Un frisson parcouru son dos et il déboutonna le veston, livrant aux rayons nocturnes sa peau nue, que la sueur faisait briller. Cette douce frénésie hérissait les motifs marquant son torse, dans un récipient allongé il déversa de l'eau de jade et y trempa une ficelle. Avant qu'elle ne se noie, Ailin l'y retira et coucha une île en dégradé de verts sur le recto, donnant l'illusion d'être balayée par un vent de face dont les courants serpentaient entre les taillis qu'il détailla à l'aide d'une griffe d'ivoire. Bientôt les tentes se profilèrent sur les versants de leur promontoire, exhibant leurs bannières avec une retenue presque orgueilleuse. De nacre et d'argent, elles s'habillèrent alors que l'inlassable souffle malmenait l'intimité des frêles intérieurs. L'ocre cercla les rivages où s'attardait un cygne et c'est au sein des roseaux que le prince lacustre trouva son refuge. Alors que le pinceau soulignait son noble regard, l'atrewlien y décela la surprise puis le reproche. Sentiments involontaires...Il se souvint...On l'avait prévenu, cette délégation secrète, il n'aurait pas dû s'y trouver. Dans l'onde, se fondirent les reflets pastels du vertige, de l'excitation. Le coeur en équilibre sur le fil de l'interdit comme un joyeux funambule, ses pulsations se hâtaient dans ses veines, elles s'enfuirent là où la raison s'absente.

La foule diffuse peupla peu à peu l'îlot. Les courbes s'amusèrent dans les ombres, les silhouettes se détâchèrent du fond et de clair-obscur, elles s'ornèrent. On voyait les corps affairés, frôlant les flammes dansantes des foyers et portant les amphores sur leurs épaules. Femmes et hommes se précisaient sous les coups d'instrument, fuyant la réalité des contours ils oublièrent la perspective. La chair pâle figée dans l'instant, pleurait sa nudité livrée aux regards. Les marques tribales s'appausèrent du bout d'un stylet en fer blanc et le cuir frissona mais toujours insatisfaite, la peau se fit blafarde ainsi vêtue d'echymoses. Ailin soupira et munit d'un pinceau fin, il habilla la capricieuse. Fardée de robes ou de pagnes, de parures et de plumes, elle sourit. Soudain, sa mémoire s'enlisa et s'effacèrent les visages. Le peuple de l'eau se suspendit dans l'oubli comme des spectres dans la brume et le vide se distilla dans le coeur de l'atrewlien. Ses mains tremblèrent, de fureur et de rage, il tenta de déchirer les voiles qui occultaient son souvenir, en vain...Il délaissa le tableau, en proie au désespoir, il s'attarda dans la contemplation du ciel. Ce noir l'intriguait, il observa son oeuvre. Un femme s'était penchée vers lui mais sa figure n'exprimait rien, il s'empara d'une brosse. Fébrile, comme un savant face à l'aboutissement de ses recherches, il dessina de long cheveux d'ébène jusqu'à ses reins. Aussitôt, Ailin revit la beauté des traits qui avaient surpris son intrusion, emprunts d'une douce indulgence mêlée à l'inconstance des atrewliens. Ses yeux, bleus tous les deux, déclinaient toutes les nuances de l'azur à la lueur du jour. Une robe cérémonielle épousait ses charmes, ornée de perles et de rubans, elle dansait sous la brise chaude laissant entrevoir les ombres que dessinait sa silhouette. Cette femme portait en elle une différence, séduisante et mystérieuse, plus encore par l'importance de son rang. Un long silence en prélude, il esquissa un geste simple. Et déposant son doigt sur les lèvres de la jeune femme, il entendit une voix qui appelait. Ses murmures résonnaient encore comme des carillons dans sa tête, elle s'occuperait des gardes avait-elle dit, en s'éloignant, les quelques éclats cyan virevoltant dans l'obscurité de sa chevelure. Elle garderait donc son secret, qui aujourd'hui ne représentait plus grand chose à part cet essentiel, cette inconnue s'était liée à lui à travers son "mensonge". C'était une personne comme on en rencontre rarement et il pleura cette amitié, que les secondes avait emporté.

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Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
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Zéphyrine
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MessagePosté le : Jeu Juin 08, 2006 11:39 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La sublime créature tirée d’un sommeil profond fut plus que surprise de se retrouver face à face avec la Prêtresse qui ne pu retenir son étonnement. La peur que son apparition provoqua chez la semi-atrewlienne un sentiment qui n’avait envahi son cœur qu’une seule fois dans sa jeune vie. L’envie de serrer contre son cœur la malheureuse et de lui apprendre l’amitié. Un soupir lui échappa et elle pensa à Sai…

Pendant quelques secondes qui semblaient s’être détachées de l’espace temps habituel, elle resta figée sur place à regarder l’atrewlienne. Celle-ci semblait s’être perdue dans de bien lointaines pensées…
Lorsqu’elle revint auprès de l’arbre contre lequel elle était appuyée et face à Zéphyrine, elle tenta de se relever, vacilla et chuta…

Quand Zéphy se pencha sur le corps allongé, elle ne pu que voir que la belle femme avait perdu connaissance.


*Zéphyr descend s’il te plait, elle s’est évanouie..*

Le Dragon se laissa glisser dans les airs dès qu’il reçut le message de sa sœur. Il se posa avec délicatesse à ses cotés et lui souffla avec tendresse dans les cheveux. La jeune fille posa sa main sur son compagnon et caressa ses écailles bleues sombres.

-On ne peut pas la laisser ainsi, il faut la ramener en ville. Tu veux bien l’accepter sur ton dos?

Zéphyr posa son regard d’acier sur la Prêtresse et hocha la tête. D’un geste souple de la main, Zéphyrine fit s’élever et léviter le corps sans connaissance pour le poser avec délicatesse sur le dos de mystique animal. Et sans perdre de temps, elle monta et murmura:

-Allons-y…


Il était tard lorsque les trois drôles de compagnons arrivèrent en ville. Zéphyr se posa en souplesse dans la rue qui menait à la porte arrière de la demeure blanche de la Grande Prêtresse de Venisca. Cette dernière n’eut pas le temps de mettre pied à terre car une jolie jeune femme s’approcha tel une ombre.

- Bonsoir, Ma Dame, je me nomme Gabrielle et j’espérais… que vous pourriez me venir en aide.

Zéphyrine sauta à terre et posa son regard ciel sur Gabrielle, la jeune fille ne semblait pas savoir à qui elle avait affaire. Cela arrangeait celle qui était la troisième femme la plus vénérée dans le Notus…
Elle lui sourit avec douceur tout en rejetant ses longs cheveux dans son dos avant de lui répondre.


-Bonsoir Gabrielle. On m’appelle Zéphy. Je vous aiderai volontiers si vous me racontez ce qui vous arrive.

Elle inclina avec grâce la tête qui souligna l’air bienveillant qui la caractérisait souvent.
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Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.

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Le Notus
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Shadee
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MessagePosté le : Ven Juin 09, 2006 10:00 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

- Bonsoir Gabrielle. On m’appelle Zéphy. Je vous aiderai volontiers si vous me racontez ce qui vous arrive.

Gabrielle, d’un seul regard, analysa les moindres détails de son apparence. Ce fut comme un reflexe incontrôlable. Elle aurait pu sans difficultés la décrire complètement sans omettre un seul point, un seul pli de son vêtement, une seule pierre de son diadème qui malgré l’obscurité trouvait, on ne sait où, assez de lumière pour scintiller.
Elle avait une excellente mémoire. Quelle ironie pour quelqu’un qui était amnésique…
La jeune femme se sentit soudain un peu stupide de demander à cette Dame qu’elle ne connaissait absolument pas une quelconque aide. Elle ne fut même pas certaine qu’on puisse faire quelque chose pour elle.


- Je ne vais pas mentir ni tourner autours du pot. J’ai eu un accident et ma mémoire a été complètement effacée...

Elle s’arrêta un instant. Qu’allait-elle devenir ?... Elle reprit.

- Aussi étrange que cela puisse paraître, ce bijou s’est mis à réagir à votre approche. Elle tendit le bras, présentant le bracelet qu’à présent elle ne quittait plus des yeux. Je ne sais pas ce que cela signifie mais c’est la seule chose qu’il me reste et je pense qu’il est capable de me montrer où chercher pour recouvrer ma mémoire perdue.

Ces dernières paroles avaient perdu en intensité et avait sonné sur ses lèvres comme un murmure.

- Mademoiselle !!

Gabrielle se retourna surprise pour découvrir l’aubergiste, la mère d’Emilie, courir hors de son établissement, un sac à la main qu’elle agitait frénétiquement au dessus de sa tête. Elle arriva essoufflée mais toujours avec ce sourire chaleureux mais le regard intrigué.
Gabrielle en connaissait la cause, la femme lui en avait déjà parlé lorsqu’elle était descendue dans la salle principale. Elle lui avait même tendu un miroir pour qu’elle constate par elle-même qu’à son œil gauche, une anomalie en forme de croissant tâchait de noir son iris bleu. « On dirait une deuxième pupille » lui avait dit l’aubergiste.

Repensant à se détail, elle détourna son regard sur l’objet et la femme lui remit le fameux sac entre les mains.


- C’est à vous… Elle essaya de reprendre du souffle… J’ai… J’ai oublié de vous le remette tout à l’heure.

Gabrielle l’observa attentivement. Il paraissait de bonne qualité et était dépourvu d’ornement ou de broderie. Simple, léger et résistant.

« Parfait pour des voyages... »

- Merci… commença Gabrielle qui s’arrêta soudainement.

L’aubergiste, les yeux ronds observait Zephy avait un mélange d’admiration et d’inquiétude. Elle bafouilla un peu et se courba plus que nécessaire en guise de salut. Elle releva les yeux, ses joues avaient soudainement rosi et elle parla avec difficulté.

- Vous êtes… Vous êtes… Par Venisca ! Vous êtes…

Elle ne réussit jamais à finir sa phrase et Gabrielle, sans cacher son étonnement et sa curiosité, observa Zephy en attendant de savoir qui elle pouvait bien être pour imposer un tel respect et une telle admiration.
 
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Isak Devmente
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MessagePosté le : Lun Juin 12, 2006 11:29 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

« Ah… mon jeune ami, laisses-moi donc te conter mes ordinaires tourments. »

La voix était calme, légère et chantante. D’un bois frêle et subtil, la flûte cristalline valsait plus qu’elle ne vibrait dans les airs tumultueux et indiscrets de l’auberge. Un accent musical s’attardait au creux de ses respirations, accompagnant ses paroles à l’ombre du frisson comme les rayons d’allégresse d’une humeur ensoleillée. Elle était de ses mélodies qui trouvent même leur exultation dans la nostalgie noctambule, se nourrissant du fiel et de l’amer pour les retranscrire quelques octaves au dessus dans la gamme de l’émouvante poésie. Chaleureuses et apaisantes, ses articulations embrassaient avec gourmandise le sourire de ses lèvres afin de disperser autour un écho lénifiant à qui voulait bien le cueillir.

L’homme semblait vaste et limpide. Il apprivoisait la couleur de ses mots tel le musicien se jouant du timbre et des nuances de son instrument. Les fines rigoles qui creusaient le coin de ses yeux céladons offraient à son visage le même zèle qui habitait ses intonations, changeant ainsi l’éclat de son teint en une rosace pigmentée qui rappelait l’éclisse de sa mandoline. Le sillet, lui, se reflétait en contrebas au détour d’une bouche à la fois volubile et distinguée, étirant des cordes hyalines prêtes à résonner galamment.


« Vois-tu, je suis pris sous le joug d’un inconstant maléfice. Mais pour te brosser les traits de ce pernicieux trouble qui me ronge, il me faudra d’abord revenir à sa genèse. J’ai aujourd’hui quarante-deux ans et cela fait déjà plus d’une vingtaine d’automnes que j’assume sa dévorante présence, plus d’une vingtaine d’hivers qu’il me glace la raison, plus d’une vingtaine d’étés qu’il m’embrase les veines et plus d’une vingtaine de printemps qu’il renaît chaque jour de mes visions charnelles. »

Echappant ces joyeuses notes d’amertume, l’interprète caressa de ses doigts cornés le palissandre verni de sa petite guitare. Oscillant au trémolo de sa voix, son récit s’engageait comme celui d’un homme qu’une vie largement entamée avait gâté de son expérience. A l’inverse, le brin d’emportement qui tressautait entre chacune de ses paroles diffusait l’impression d’une interminable jeunesse nichée au fond de son cœur épanoui.

« Il me faut bien avouer que j’ai profité d’une naissance bienheureuse. Entre les bras d’une mère aimante et sous la tutelle d’un père fortuné, mes caprices d’enfants ne furent jamais justifiés, des caprices en somme… Point de malheur n’a entamé mon existence juvénile, point de mort n’a dévoré ma jeunesse et je ne connaît que très peu le goût salé de ces ruisseaux qui naissent parfois sous les paupières guignardes des chérubins.

Cependant, cependant, mon cher ami, la rançon de la félicité finit toujours par émerger d’une portée trop harmonieuse, entonnant à son tour ses refrains ambitieux. Et cette mélopée va souvent crescendo, s’enrichit de bémols au fil des mesures, orchestrant des ardeurs au fin fond de vos intentions. Ainsi, adolescent, je me suis délecté de duos amoureux teintant à l’unisson un passé sans rancœur avec les couleurs luxurieuses de mes premières passions. »


Le regard échappé entre deux poutres de pin, l’homme laissa sa fantaisie s’égarer un instant dans les bras de flatteuses rêveries, apposant la sourdine sur le flot lyrique de son souffle. Le point d’orgue vacilla sensiblement au sommet de ses songes transits avant de s’emporter à nouveau sur le lit conciliant d’un discours allegro.

« Liesse… Liesse mon amour, toi qui m’a fait compter ma première effluve divine. Ton enchantement m’a engagé bien plus loin que tu n’osais l’espérer. Depuis que ta délicieuse morsure m’a conduit sur des rivages féeriques, voila que j’erre sans cesse, de sérénade en psalmodie sur les remous incertains de la plus enivrante symphonie, grâce éternelle et infini sensualité, source de mon intarissable tentation.

Ma musique ne s’attache plus maintenant qu’à ces trésors et je m’efforce de leur rendre hommage avec tout l’entrain qui leur est dû, mais pour toujours désormais, mes cantabiles se verront prisonniers de cet engouement sans silence… J’aime ! Sans suite et sans complément, verbe éclatant dans sa solitude, lorsqu’il se suffit à lui-même et n’offre à son sens aucune régularité.

Et elles me brûlent ces tigresses rouges et dorées qui habitent mon corps. Je me consume de leurs caresses décousues et confuses, je crée des lambeaux d’existence de ce feu tourmenté. Mes chants pincés les accompagnent et j’observe toujours les mêmes flammes s’entremêler sous mes cordes. Je ne vénère que cette fièvre qui me pousse à incendier les foyers, à calciner la chair et à flamboyer encore. »


Le conteur esquissa ensuite un sourire de plume, alors que l’ocarina de sa voix faisait mourir ses ondées sur la tonique d’une gamme enjouée, rappelant ainsi qu’il n’y avait point de plus chaleureux maléfice que celui qui était le sien.

Noire et grise, le pas lourd et compact, une seconde silhouette le surprit par l’arrière. Celle-ci avait l’humeur pressée et les intentions précises. Sa gorge épaisse raclait contre sa voix, écaillant de fortes paroles, rêches et raboteuses.


« Elden Barcarol ! Bon sang c’est vrai, tu t’es même traîné jusqu’en Notus ! J’osais à peine y croire quand l’padré m’a annoncé la nouvelle. »

Le beau parleur laissa le silence répondre à sa place. Son regard se perdit à nouveau, en aval cette fois, détaillant avec minutie chaque recoin vermoulu du parquet où siégeaient les semelles de ses épaisses bottes noires. Il avait l’accoutrement distingué d’un homme de goût, mais ses mains usées ainsi que son instrument faisaient mentir sa tenue de gentilhomme. L’autre pinchard reprit.

« Héhé ! T’as pas changé à c’que j’vois ! A peine un verre et v’la déjà qu’tu racontes ta vie à un parfait inconnu… T’as d’la chance qu’celui-là soit plus poli qu’les autres tiens ! Enfin bon, tu nous a quand même tiré d’un sale guêpier hier, on aurait pas pu continuer bien longtemps notre affaire sans tes… “talents de diplomate”. D’ailleurs tiens, v’la ta paye. Mais dis-moi, tu t’en vas faire quoi maintenant ? »

Elden saisit la petite bourse de cuir tendue vers lui, releva les yeux sur sa présumée connaissance et tâcha de ne pas gâcher l’éclat amical de son teint. Toujours défiant la plus douce des musiques, de fines vibrations s’élevèrent à nouveau dans l’atmosphère criarde de l’endroit.

« Je ne sais pas, je pourrais sûrement tirer parti de cette escale à Venisca. J’ai entendu dire que depuis l’ébrèchement des frontières de ce royaume, beaucoup de personnes par ici sont à la recherche d’un guide pour l’ancien Empire.
- Ha ! Pour sûr, on a suffisamment voyagé dans l’temps, ça doit t’faire un sacré carnet de route ! T’a sûrement moyen d’en tirer quelques sous. »

Trop tard, l’attention du musicien trompait déjà les paroles du badaud pour valser avec une toute autre compagne. Sa présence était forte, ses vêtements noirs et légers flottaient dans la pièce au simple tempo d’une démarche andante. Livide et opaline, sa peau se faufilait dans les airs, avivant à son contact des milliers de flammes perçantes derrière les pupilles de l’homme captivé. Remarquant la distraction de son interlocuteur, l’effronté le coupa finalement.

« Ah ça ! C’est bien sûr que c’est toi tout craché. Toujours les mêmes intérêts ! »
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Arioch
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MessagePosté le : Sam Juin 24, 2006 11:56 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Voilà maintenant plusieurs mois que Mael Felagund était parti de Cassandre l'exubérante, la grande cité au rayonnement artistique reconnu de part le monde. Le balais incessant des échoppes colorées et des superbes danseuses du cabaret lui avait laisser d'agréables souvenirs et il avait prit beaucoup de plaisirs à retranscrire par écrit les moeurs de ses habitants dans ses annales. Ses annales, ses précieuses annales. Ces bouquins à la couverture de cuir craquelée et aux pages jaunies par les voyages et le temps. Ces livres étaient tout pour lui. Absolument tout, au point qu'il lui arrivait de négliger sa propre personne pour eux. Il caressa presque amoureusement du bout des doigts la sacoche de cuir qui pendait sur sa hanche gauche comme pour se rassurer de sa présence.

Cette passion pour l'écriture, il l'avait acquise lors de ses études à Audréa durant sa jeunesse. Une jeunesse passée sous la tutelle de son défunt père à étudier l'art ésotérique ainsi que la littérature. Oh oui, il aimait cette vie, mais cette dernière lui fut arraché brutalement lors d'une froide soirée d'automne.

Mael contemplait l'astre lunaire, la mine sombre, tout en avançant. Ses pas s'enfonçaient dans la terre meuble et après plusieurs heures de marche il arriva enfin aux abords d'une route. De profond stigmates striaient cette dernière due à l'érosion naturelle et l'annaliste s'y engagea en espérant trouver un semblant de civilisation ainsi qu'un repas chaud à son terme.
Au fur et à mesure de sa progression, le chant des grillons s'intensifiait comme pour mettre fin au flot incessant de souvenirs qui défilaient dans son esprit. L'homme passa un main dans ses long cheveux noirs afin d'enlever une mèche un peu trop gênante à ses contemplations et sourit finalement en découvrant assis au creux d'une souche un vieillard torse nu, fumant la pipe.


- On ne peut marcher en regardant les étoiles quand on a une pierre dans son soulier, déclara l'inconnu en laissant échapper une volute de fumée.

Mael s'approcha de l'homme et le salua poliment en s'inclinant. De toute gestuelle de salutation et de politesse, c'était la seule qui lui semblait la plus sûr pour aborder un inconnu dans une région du même acabit. Le vieux fumeur inclina lui aussi sa tête après un long silence où il observa l'annaliste, il consenta finalement à lui adresser de nouveau la parole non sans décrire quelques cercles de fumée avec sa longue pipe en bois.

- Que faîtes vous dans le Notus étranger ?

- Vous êtes perspicace vieil homme,
répondit Mael en esquissant un sourire, j'erre depuis quelques mois sur les routes et je voudrais savoir ou était l'auberge ou le refuge le plus proche afin d'y reprendre quelques forces, ajouta t-il.

Mael portait une chemise noire aux manches retroussées au niveau des coudes ainsi qu'un pantalon de la même couleur. Une longue bande de tissu noire lui servait de ceinture et descendait de sa hanche droite jusqu'au genou. A son dos se trouvait une épée de bonne facture, glissée dans un fourreau de cuir. Ce n'était en effet pas l'allure d'un modeste paysan.

- Droit peut sembler ton but soldat de l'ombre, mais sinueuse est la route pour y parvenir, dit l'homme avec mystère.

- Soldat de l'ombre ? reprit l'annaliste en levant un sourcil.

- Cette route mène vers une ville où se trouve quelques établissements qui pourrait vous convenir étranger.

- Je vous remercie
, dit Mael en s'inclinant, puis-je vous offrir un repas chaud pour ce soir ?

Un silence s'installa et le vieil homme déclara dans un nuage de fumée:

- Ton hospitalité est apprécié, soldat de l'ombre, mais mon esprit m'indique une tout autre route.

- Soit, je vous remercie pour l'information vieil homme , conclut Mael en s'inclinant de nouveau.

L'annaliste s'éloigna, songeur, et redoubla d'effort physique pour atteindre la ville le plus rapidement possible. Cette derniere pointa enfin le bout de son nez au bout d'une heure et la route principale l'ammena directement vers une place ou trônait une fontaine. Il s'y abreuva un moment afin de reposer ses mollets endoloris. L'homme reprit finalement la marche, mais finit par se perdre à travers les ruelles sombres de la ville. Les passants se faisaient rares mais le bon sens voulait que Mael demande son chemin. Ce qu'il allait faire quand il aperçut une bâtisse qui ressemblait au vu des bruits de choppes, à une taverne. Peut être offrait-elle aussi le gîte ?

*Bon sang, il serait dommage de passer la nuit avec les rats... hein ? Mais qu'est ce que...*

Mael n'en croyait pas ses yeux. Une bête presque aussi grande que la bâtiment faisait face à un groupe de personnes.... un dragon ! Il n'en avait jamais vu et instinctivement il porta la main à la sacoche contenant ses annales. Il fallait décrire ce qu'il voyait. A moins que...

*Oserai-je ? Cette bête à l'air domestiqué et ne semble pas inspirer la crainte auprès de ces bipèdes... Rah, ne te pose plus de questions imbécile ! Vas-y !*

Tant pis pour le prudence, l'ecxitation chez l'annaliste était à son comble. Pour lui, les dragons n'étaient que de vagues descriptions dans les encylopédies profanes -et poussièreures- de son père.

Mael avança d'un pas décidé vers le groupe d'individu et la bête leva vers lui une tête majestueuse. Ses écailles, d'un bleu reflétant à merveille les rayons de la lune, étaient toutes parfaitement imbriquées sur son corps massif. Il fallait noter cela. Ces écailles devaient fournir une protection adéquates contre les attaques et, de part leurs agencement, favoriser l'aérodynamisme afin de ne laisser aux vents le moins de prises d'air possible. Quant à ses ailes ? Combien mesuraient t'elle ? Les détails de cette analyse sommaire se bousculaient dans l'esprit du voyageur qui confrontait déjà, fidèle à ses habitudes, la réalité ou du moins le constat, et ses sources personelles. L'homme ne prêta aucunement attention aux autres personnes et s'arrêta contemplatif, une fois de plus, à une dizaine de mètres de la bête légendaire.


*Le repas chaud attendra...*
 
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Zéphyrine
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MessagePosté le : Dim Juin 25, 2006 7:29 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Lorsque l’aubergiste la salua avec respect et perdit tout contenance en remarquant sa présence, Zéphyrine du faire appelle à toute sa constance pour ne point montrer la gêne que cela lui occasionnait. Elle inspira discrètement une grande bouffée d’air fraîche et bloqua son esprit à celui de Zéphyr. Intérieurement il ne cessait de la taquiner et elle le savait il attendait de sa part une réaction digne de son rang…

Zéphyrine sourit avec douceur à la pauvre femme et lui répondit d’une voix douce:


-C’est bien moi chère fille du Notus. Remets toi de tes émotions et que Venisca veille sur toi et ta famille!

Elle hocha avec la tête avec grâce pour ponctuer ses dires et se faisant ses longs cheveux bruns cascadèrent élégamment sur ses épaules. Elle ne laissa pas à la femme le temps de se remettre de ses émotions et la congédia d’un geste doux.

Lorsqu’elle eu disparut dans son auberge, la jeune prêtresse sauta du dos du grand dragon bleu qui effleura avec tendresse le front de sa protégée.


*Tu as réagit comme il le fallait ma sœur mais désormais la jeune fille à nos cotés doit se poser nombres de questions!*

Zéphy posa sa main sur une écaille dure et luisante et se tourna vers Gabrielle tout en lui souriant.

-Excusez de mettre aussi vite fin au présentations mais notre amie ne se sent pas bien. Auriez vous un peu d’eau?

Pendant ce temps, Zéphyr s’était abaissé puis couché, ce qui permit aux jeunes filles de descendre la belle inconnue du dragon. Elles l’allongèrent au sol et firent glisser un peu de liquide cristallin entre ses lèvres.

Le Dragon qui s’était relevé souffla au moment où l’évanouie entrouvrait les yeux. Quelqu’un approchait…

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Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.

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Eléa
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MessagePosté le : Dim Juin 25, 2006 9:44 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le vent qui berçait l’île, chantant entre les roseaux, les senteurs douces qu’exhalaient certaines variétés de fleurs qui préféraient n’éclorent que la nuit, véritable ode à l’astre lunaire… Le sable glissant sous ses pieds nus puis l’eau sombre et plus lisse qu’une nappe de soie… Elle avait levé les yeux… Les étoiles qui scintillaient haut dans le ciel, si haut… Eléa avait l’impression qu’elle ne pourrait jamais les atteindre et pourtant ce jour là, elle devait en rencontrer…

Le vent qui soufflait, fouettant son visage et entremêlant ses longs cheveux ébènes… La surface miroitante du lac qu’elle ne connaissait pas encore, pas de jour du moins… Les regards curieux sur son passage, elle qui semblait si différentes parfois au milieu des autres atrewliens… Les longs conciliabules, les promesses échangées… La fraîcheur de la brise, si attirante… Tellement plaisante après la moiteur régnant sous la grande tente qui abritait la rencontre et donc ce que la société atrewlienne comptait de personnages les plus influents…
Elle s’était promenée sur la plage, marchant dans ses propres pas, suivant inconsciemment le chemin parcouru la nuit précédente… La ligne d’horizon lui donnait le vertige, lui rappelant que le vaste monde ne cessait pas de respirer même alors que son peuple, lui, était presque à l’agonie… Ou le serait bientôt en tous cas… Dans quelques générations à peine… Mais qu’était-ce que quelques générations au regard de l’éternité ? Elle avait senti qu’on l’observait… Elle était donc revenu à pas lents vers le campement ; puis avait décidé de contourner la grande tente pour éviter de s’offrir aux regards des atrewliens venus en délégations officielles et qui s’affairaient pendant que leurs chefs discutaient de l’avenir de leur monde…
Quelques pas encore, la mince ouverture qui trahissait une entrée latérale, elle avait pénétré là s’attendant à trouver les lieux vides à cette heure du jour mais s’était arrêtée, interdite… Devant elle les étoiles…
Des étoiles brillants au fond d’un regard aquatique… Un souffle, puis les voix derrière elle, on l’appelait… Un mot, il aurait suffit d’un mot de sa part et les étoiles se seraient éteintes… Sans s’en rendre compte elle s’était approchée… Un geste emprunt d’innocence avait scellé leur destin, il avait simplement posé son doigt sur les lèvres d'Eléa… Le temps avait suspendu son cours l’espace d’un instant qui resterait gravé dans le marbre de l’éternité. Elle avait ensuite commis l’impensable, attirant l’attention des gardes pour laisser la vie continuer d’irriguer les veines de celui qui avait su regarder à travers sa différence… Peut-être le seul ami qu'elle ait jamais eu... Et elle ne savait même pas son nom...

Le vent qui soufflait… L’eau qui chantait… L’eau élixir de vie qui coulait entre ses lèvres… Eléa ouvrit les yeux… Elle sentit un souffle chaud.
Dans un léger brouillard, elle vit la belle notusienne penchée sur elle mais elle n’eut aucune crainte tant les yeux inquiets semblaient lui dire « tout va bien ». Elle se redressa avec peine et vit une deuxième femme qui l’observait. La pensée lui traversa l’esprit que pour quelqu’un qui n’avait jamais approché d’humain d’aussi près elle se trouvait à présent dans une bien étrange posture. Elle remua les lèvres mais aucun son ne s’en échappa, elle venait de prendre conscience d’une autre présence et dans la ruelle sombre, elle avait du mal à distinguer l’homme qui s’avançait…

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Shadee
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MessagePosté le : Mer Juin 28, 2006 2:15 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Gabrielle n’avait pas tout suivi à ce qui venait de se passer. Cette jeune femme était donc quelqu’un d’important dans cette ville ? L’attitude respectueuse, presque soumise de l’Aubergiste, la prestance et l’élégance de Zephy le confirmaient parfaitement et de ce fait, elle se sentit soudain gênée d’une telle rencontre. Elle ne savait pas très bien comment s’y prendre maintenant avec cette dernière. Pendant qu’elle réfléchissait, Zephy répondit inconsciemment à ses questions.

- Excusez de mettre aussi vite fin aux présentations mais notre amie ne se sent pas bien. Auriez-vous un peu d’eau?

Gabrielle bredouilla et prise au dépourvu fouilla maladroitement dans son sac fraîchement récupéré. Son visage prit une mine stupéfaite et interrogative à mesure qu’elle en découvrait le contenu puis un voile d’inquiétude s’y déposa. Son teint déjà d’une pâleur maladive blêmit davantage. Elle jeta un regard furtif sur la jeune femme qui s’occupait de descendre l’être mystérieuse du dos de son dragon. Elle se ressaisit en mettant enfin la main sur une gourde. Elle la secoua, il en restait encore un peu. Elle déboucha le flacon et respira pour s’assurer que c’était bien de l’eau. Ceci fait, elle la tendit à Zephy qui renversa le contenu entre les lèvres de l’autre « femme ».

Le sentiment d’être observée traversa l’esprit de la jeune femme et elle jeta rapidement un coup d’œil par-dessus son épaule. Un jeune homme à une dizaine de pas regardait dans leur direction. Elle fit comme si de rien n’était. Après tout n’importe quel passant aurait eu la curiosité de s’arrêter pour observer ce drôle de spectacle. Elle s’accroupit à leurs côtés et la créature se réveilla doucement. Visiblement, elle n’avait rien. Surement un simple malaise. Elle les observa alternativement toutes les deux en se demandant qui elles pouvaient bien être. Cette pensée lui arracha un triste sourire. Se questionner sur l’identité d’autres alors qu’on ne connaît pas la sienne. Drôle de chose.

L’inconnue remua les lèvres sans prononcer un seul mot et détourna son regard sur quelque chose derrières elles. Gabrielle sentit même sans avoir besoin de comprendre que quelqu’un approchait. L’homme qu’elle avait vu, probablement. Elle adressa un regard interrogateur à Zephy et lui demanda dans un murmure.


- Est-ce que je dois lui demander de passer son chemin ? Il ne me semble pas hostile.

Sans attendre une réponse à ce qui lui paraissait évident compte tenu de la réaction que son interlocutrice avait eut pour l’aubergiste, elle se releva et leur tourna le dos, venant à la rencontre de celui-ci. Elle plaça son précieux sac sur son dos, dégageant d’un revers de main les trois tresses coincées en dessous. Ses cheveux ébouriffés, se mouvaient doucement sous une brise naissante avec la nuit. Le visiteur s’était arrêté alors qu’elle venait à sa rencontre. Il était sorti de l’ombre et elle put clairement discerner ses traits à la lueur vive des rayons de lune. A première vue, il n’était pas plus vieux qu’elle, ou seulement d’une ou deux années. Son allure, les détails que révélaient son vêtement et les traits de son visage lui indiqua qu’il n’était pas résident de cette ville. Un voyageur si on prenait en compte son léger paquetage.

Elle arriva alors à niveau et s’arrêta à son tour laissant entre eux l’équivalent de deux pas. Elle s’éclaircit la voix essayant de la rendre la plus agréable et polie possible malgré cette froideur et ce manque d’intonations dont elle n’arrivait pas à se débarrasser.

- Excusez-moi mais… je pense qu’il serait préférable que vous n’approchiez pas plus pour l’instant.

Elle tenta d’esquisser un sourire indiquant qu’elle en était désolée mais ne parvint pas à quelque chose de très concluant. Elle reposa alors les yeux sur Zephy et sa compagne qui se redressait doucement puis se retourna vers le jeune homme auquel, sans qu’elle ne comprit pourquoi, elle demanda :

- Vous êtes un voyageur, n’est-ce pas ? Auriez-vous des plantes quelconques dans vos affaires ?
 
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Arioch
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MessagePosté le : Sam Juil 08, 2006 11:27 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael dévisageait maintenant le dragon, du moins, autant que sa condition de simple humain le permettait. La description mentale de ce visage fut à peine interrompu par les recommandations d'une jeune femme à la peau laiteuse.

- Excusez-moi mais… je pense qu’il serait préférable que vous n’approchiez pas plus pour l’instant.

L'annaliste saisit à peine ces paroles tandis qu'il enlevait lentement et machinalement le petit loquet de cuir sur sa sacoche.

- Vous êtes un voyageur, n’est-ce pas ? Auriez-vous des plantes quelconques dans vos affaires ?

Cette fois, l'homme consentit à détourner son regard de la bête. Ses yeux se posèrent sur la jeune femme. Elle semblait un peu plus jeune que lui et affichait un visage assez froid. Cette dernière laissait transparaître un certain charme malgré ses cheveux emmêlés et son attitude un peu hagarde.

L'homme détailla ensuite le reste de la compagnie, entièrement féminine et remarqua que tout les regards étaient fixés sur lui. Il recula instinctivement d'un pas tout en inclinant la tête. Devant lui se tenait deux autres femmes. La première était une superbe humaine dégageant une certaine aura de bienveillance et d'assurance, à l'allure distinguée.
La seconde était quant à elle sensiblement différente. Ce n'était pas une humaine... une atrewlienne plutôt, mais ses traits étaient pourtant différents... de ce fait, pour l'annaliste, sa beauté n'en était que plus exotique.

Mael ne connaissait pas du tout la région du Notus et c'était bien dans le but de résoudre ce problème qu'il arpentait depuis trois mois les routes de cette région.


*Cela doit être mon jour de chance... voilà qu'en une soirée je me retrouve avec trois charmantes jeunes femmes et un superbe dragon... le dragon !*

Le regard de l'homme se porta de nouveau sur la créature mais un choc sembla le percuter à la tête.

*Imbécile ! Répond à la question !*

L'attente provoqué par le mutisme de l'homme était devenue génante et l'homme esquissa une moue d'excuse tout en posant une main derrière sa tête.

- Hum... bonsoir mesdames... dit en hésitant Mael en inclinant de nouveau la tête. Veuillez m'excusez pour mon coté lunatique, enchaîna-t-il en souriant, mais je n'ai pas vraiment l'habitude de voir pareille créature...

*Je parle de la bête bien sur...*

L'homme ouvrit sa besace de cuir et fouilla à l'intérieur. Une odeur de vieux cuir s'en dégagea à sa grande satisfaction.

- Je m'apelle Mael Felagund, annaliste itinérant. Une sorte de euh... écrivain si je puis m'exprimer ainsi, dit-il, en fouillant dans son sac.

L'homme sortit alors quelques bouquets de racines et de plantes diverses en les présentant à la jeune femme aux cheveux relativement courts, ne sachant qu'en faire.

- Hum... voilà ce que j'ai... mais aucune de ces plantes ne possèdent de propriétés médicinale.

Un minuscules bouquet de petites plantes blanches était encore au fond et Mael essaya de le dissimuler sous un livre en tortillant son épaule.

- Veuillez m'excusez si mes manières sont grossières, je viens de Cassandre et je ne connais absolument pas cette région...

La charmante non-humaine tiqua au nom de la célèbre ville mais Mael ne s'en aperçut pas.
 
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Shadee
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MessagePosté le : Sam Juil 08, 2006 8:34 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

L’homme semblait absorbé par la majestueuse créature bleu dont les écailles réfléchissaient les rares rayons lumineux dans des ondulations éclatantes. Cette fascination se comprenait si bien que Gabrielle ne dit rien et attendit que l’homme finisse par revenir sur terre. Pendant ces quelques minutes de silence, la jeune femme observa du coin de l’œil les gestes aveugles et maladroits de son interlocuteur qui tentait d’ouvrir sa sacoche. Finalement, son visage prit une expression gênée et il bredouilla quelques excuses.

- Hum... bonsoir mesdames... dit-il, le ton hésitant, en inclinant de nouveau la tête. Veuillez m'excusez pour mon coté lunatique, enchaîna-t-il en souriant, mais je n'ai pas vraiment l'habitude de voir pareille créature...

A ces mots, il fouilla dans son sac tandis que Gabrielle jetait un rapide coup d’œil sur le dragon puis sur les deux personnes avec qui elle avait récemment fait connaissance. Elle avait raison, l’homme se fascinait de la présence d’une telle créature en plein milieu d’une ville. Elle était d’ailleurs presque certaine que l’homme n’en avait jamais vu auparavant si ce n’est dans des livres. Des reproductions habilement dessinées par des vieux sages soucieux de laisser leur connaissance à disposition des autres même après qu’ils aient disparu.
Elle posa de nouveau les yeux sur mains de l’homme qui disparaissaient de nouveau à l’intérieur de la besace pendant qu’il se présentait.


- Je m'appelle Mael Felagund, annaliste itinérant. Une sorte de euh... écrivain si je puis m'exprimer ainsi.

Itinérant ? Ecrivain ? Gabrielle se dit alors que s’il avait voyagé autant et noté ce qu’il avait vu le long de son chemin, peut-être qu’elle arriverait à se rappeler quelque chose sur ses origines. Elle pourrait lui demander de lui confier son recueil pour le consulter mais pour le moment cela serait sans doutes trop brusque et déplacé.

* Plus tard... *

Elle le laissa se présenter sans le faire elle-même, non pas qu’elle ne voulait pas mais plutôt que cela lui était impossible.
Il sortit quelques plantes et lui tendit en précisant bien qu’elles n’étaient pas médicinales. Gabrielle observa ce qu’il lui avait déposé entre ses mains et se laissa faussement absorbée par l’examen des herbes. Elle perçut brièvement une nervosité dans l’attitude du dénommé Mael. Elle jugea bon de l’ignorer et tria rapidement les plantes et racines. Au bout de quelques secondes, elle lui rendit la plupart des herbes et n’en garda que trois.


- Veuillez m'excusez si mes manières sont grossières, je viens de Cassandre et je ne connais absolument pas cette région... s’excusa une nouvelle fois Mael.

- Certaines de ces plantes ont des propriétés médicinales… Mais rares sont les personnes qui le savent.

Gabrielle lui avait répondu à côté, sans prendre en compte ce qu’il venait de dire. Comme si elle était dans un monde où elle seule décidait de ce qui était important ou non et agissait de la sorte ignorant tout le reste. Elle lui tourna le dos et s’approcha de l’atrewlienne encore au sol. Elle n’avait aucune idée de comment elle connaissait toutes ces choses mais le fait que cela était pour elle une certitude lui suffisait à se laisser pleinement guidée par son intuition. Elle fouilla dans son sac et en sortit un pilon et un mortier en bois.
Peut-être était-elle médecin ?Non elle n'avait pas l'air d'un médecin...
Ou botaniste ?
Elle ne se souvenait pas.
Elle y déposa les quelques plantes qu’elle avait découpées négligemment avec les mains et les écrasa à l’aide du pilon. Elle récupéra un peu d’eau de sa gourde encore posée à côté de la jeune créature et finit sa préparation.


- Buvez ça, vous irez rapidement mieux.

L’atrewlienne semblait hésiter à accepter son aide mais Gabrielle ne se laissa pas abattre et tendait encore le bol, décidée à lui faire accepter.

- Vous n’avez rien à craindre, ce n’est pas toxique. Elle fronça les sourcils. Si ça vous rassure je peux en boire avant vous, ajouta t’elle.
 
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