Tome I – Des races de l’Avant
|
 |
 |
 |
| |
|
Adam Witold
Erudit

Messages : 18
Sexe : |
|
|
Posté le
: Sam Mai 13, 2006 6:05 pm
|
|
|
~ De l’apparition des humains et des agéliens ~
Prémices des races majeures de l’ancien empire
Au cours de mon dernier voyage, suite à un entretien passé avec un membre de la tribu boros des Cetras, j’ai pu recueillir diverses informations qui m’ont permis de soutenir de nouvelles recherches. J’ai notamment pu éclaircir la question encore mystérieuse du pourquoi et du comment de nos races majeures. Toutefois, les conclusions qui se sont offertes à moi se sont révélées des plus troublantes et il m’a semblé primordial d’en faire un rapport écrit.
C’est aux temps lointains où les archontes commencèrent à voir germer les premiers conflits à l’intérieur même de leur communauté que la notion de guerre fit son appariation. Les pères fondateurs de notre royaume réalisèrent alors que les créatures qu’ils étaient capables d’engendrer ne seraient plus destinées à leur seul confort, mais également à leur défense et à leur sécurité. Le problème majeur résultant de cela fut que l’habituelle unité de ce peuple dominant ne permettait pas à un parti, même bien défini, de donner naissance à une nouvelle race sans en faire directement profiter son opposant. En effet, le lien ancestral et mystique qui confondait les archontes donnait immédiatement à n’importe quel camp la faculté de soumettre à ses ordres, certes plus ou moins bien, n’importe quelle entité vivante vouant son origine à l’un de ses semblables, même si celui-ci lui était un ennemi direct.
Lorsqu'éclatèrent les premiers affrontements, les archontes ignoraient encore totalement ce fait. C’est alors qu’une de leurs factions particulièrement belliqueuse, connue dans certains écrits sous le nom de Sybil Rlen, donna naissance à la première de nos races majeures : les agéliens. Fruit de longues réflexions de la part de ses créateurs face au problème récent qu’était la guerre, cette ethnie fut dotée de caractéristiques nouvelles et innovatrices. Tout d’abord, les agéliens bénéficièrent d’une grande diversité physique, témoignant de l’incertitude de ses pères quant au compromis le plus efficace entre résistance et vitesse de reproduction de leurs sujets. Ainsi, les agéliens se multiplièrent au sein des archontes à une vitesse qui correspondait à leurs besoins : une armée forte, étoffée et facilement renouvelable. La constitution de ces individus pouvait varier d’une carrure fine, permettant une agilité sans faille utile à certaines techniques de combat, à une robustesse, certes loin d’égaler celle des guerriers boros, mais permettant toutefois le maniement d’armes lourdes et redoutables.
Le Sybil Rlen, pensant avoir trouvé là un instrument d’un avantage certain, fut d’autant plus affligé de découvrir que sa nouvelle création pouvait aisément tomber sous le contrôle de n’importe quelle autre faction archonte. Devenus conscient de l’incidence que pouvait avoir le fruit de leurs recherches, ils tentèrent alors désespérément d’anéantir leur propre ouvrage avant qu’il n’échappe totalement à leur contrôle. Malheureusement pour eux, son élaboration avait été si minutieuse qu’un tel procédé, une fois mis en route, était devenu impossible à maîtriser. C’est pourquoi, au sein de nos pères fondateurs, le Sybil Rlen, victime de son propre succès, fut considéré comme le précurseur de l’anarchie bouleversante qui vint mettre un terme à la bonne organisation de la société archonte.
Dans ce contexte de plus en plus hostile, les agéliens furent très rapidement adoptés parmi quasi-toutes les factions archontes, et furent parfois mêmes mis à profit dans des domaines autres que la guerre. Leur diversité leur permettait en effet de donner de bons résultats aussi bien dans des activités nécessitant une force physique développée que dans des activités manuelles exigeant une grande dextérité. La mentalité des nos pères évolua encore davantage, valorisant de plus en plus la violence au détriment de la sagesse. Les conflits se firent plus nombreux et acharnés, et malgré les innovations militaires individuelles des archontes, la guerre n’était pas chose naturelle et chacune des factions possédait des troupes de nature similaire, principalement basée sur les agéliens. L’une de ces jeunes factions, encore une fois vaguement relaté sous le nom de l’Aneral Sedeb, dont la traduction doit être proche de « partisans de la guerre », fut la première à prendre conscience de cette faiblesse et tenta d’y remédier par l’intermédiaire d’une nouvelle innovation.
Or, il faut savoir que même pour de tels êtres supérieurs, l’élaboration d’une nouvelle race était un procédé fort complexe au cours duquel intervenaient de nombreux paramètres à ne pas négliger. C’est pourquoi, dans un souci de rapidité, l’Aneral Sedeb préféra un remaniement de la race agélienne plutôt que la création d’une nouvelle ethnie. Aux travaux du Sybil Rlen, ceux-ci souhaitèrent ajouter une chose toute particulière. Si l’on en croit les écrits, cette nouvelle race devait en fait constituer un piège tactique à l’égard de leurs opposants. En effet, l’Aneral Sedeb, sachant parfaitement que sa création tomberait sous le contrôle de chacun de ses ennemis, échafauda un plan consistant à semer la panique entre leurs rang en y introduisant des guerriers d’apparence supérieurs aux agéliens, mais de nature bien plus belliqueuse, dissipée, inattentive et autodestructrice. Ainsi les humains furent-ils crées.
S’en suivit l’Histoire comme je la connais déjà. Les humains se multiplièrent au sein des archontes à une vitesse encore plus fulgurante que leurs cousins agéliens, répandant tout aussi rapidement le chaos et l’anarchie sur ces terres de litige. Les factions s’émancipèrent encore davantage jusqu’à se livrer des batailles d’une rage sanglante, ce qui mena à l’annihilation presque totale de nos pères fondateurs, y compris de l’Aneral Sedeb, qui fut elle aussi victime de son “génie”, faute de l’avoir sous-estimé.
Etude biologique et psychologique des races majeures
Ces faits surprenants concernant la création de nos races majeures peuvent aujourd’hui justifier bon nombre de découvertes récentes à propos des différences biologiques qui les opposent. Dire que nous, humains, disposons d’une anatomie plus complexe que celle des agéliens serait l’illustration du parfait euphémisme. En effet, même si cela peut s’avérer particulièrement dégradant, il convient de garder en mémoire que nous avons été pensés dans l’unique but de semer le trouble dans une société plus qu’ordonnée.
Aucune différence physique particulière n’est à noter entre les humains et les agéliens si ce n’est que les humains ont tendance à être plus grands et massifs. Cependant, cela ne constitue en rien un élément utile dans la différenciation de ces deux races, étant donné qu’il n’est pas rare qu’un agélien surpasse la taille et la carrure moyenne humaine. La seule méthode de différenciation fiable réside donc, comme chacun le sait, dans ce que les hommes de science appellent désormais “les surgeons”, ces éléments visibles du corps qui se renouvellent continuellement, autrement dit les cheveux et les ongles. Là où ces surgeons se limitent à leur plus simple aspect chez un agélien, une légère “anomalie” cellulaire provoque chez les humains la pousse continuelle et indésirable de ces éléments. Dès lors, il est possible d’affirmer, par exemple, qu’un individu arborant une longue chevelure appartient indéniablement à la race humaine. Il est à noter que je mettrais aujourd’hui sans nul doute ce “dérèglement” en rapport avec l’œuvre des archontes révolutionnaires.
Il a été démontré par d’autres études scientifiques réalisées sur des sujets incarcérés que l’anatomie du corps humain peut se comparer, par analogie, à une horloge complexe composée de milliers de petits mécanismes et engrenages qui fonctionnent en parfaite cohésion les uns avec les autres. Par conséquent, le moindre désordre dans cette organisation minutieuse peut produire des dommages irréversibles, le rendant particulièrement fragile. Toutefois, il a aussi été démontré que le fort potentiel d’évolution humaine à tendu, avec le temps, à compenser ce manque par la mise en place d’un puissant système immunitaire (cicatrisation des plaies, résistance aux maladies, etc). L’anatomie agélienne, en revanche, fait appel à des organes presque tous capables de fonctionner indépendamment les uns des autres et fait preuve d’une grande simplicité, ce qui implique beaucoup moins de risques de troubles de santé, combiné à une capacité hors du commun de l’organisme à se régénérer.
Ceci explique partiellement que, de nos jours, les humains soient plus résistants à toutes les agressions que je qualifierais “d’internes”, tels les empoisonnements ou les infections, tandis que les agéliens montreront une ténacité supérieure face aux attaques physiques ponctuelles. En effet, il est bien connu qu’une arme à feu percera difficilement plus qu’un trou dans la chair d’un agélien alors qu’il aura des conséquences beaucoup plus néfastes pour le corps humain. Remarquons tout de même que ceci ne s’applique pas lorsque la blessure se rapporte au cœur ou à l’encéphale, réels piliers biologiques indispensable à la survie aussi bien à l’une qu’à l’autre des deux races majeures.
Outre ces quelques caractéristiques, c’est au niveau de la psychologie des individus que l’opposition entre humains et agéliens est la plus marquée. Etant donné l’infinité de temps qui s’est écoulé depuis l’époque des archontes, ainsi que l’évolution naturelle des races, des mœurs et des modèles, il serait incorrect d’affirmer que, vis-à-vis de l’entendement agélien, l’esprit humain est entièrement mauvais et instable. En revanche, il est vrai que ce dernier possède des prédispositions sans pareil pour la colère, l’orgueil, la cupidité, la mélancolie, ou toute autre émotion pouvant altérer sa raison et son sens commun. L’illustration la plus évidente de cela réside bien sûr dans l’organisation de l’ancien empire au fil des siècles, constante source de querelles et de conflits entre les différentes provinces. Rares sont les humains qui n’agissent pas en fonction de leurs intérêts, ainsi que ceux que le pouvoir ne corrompt pas, et nombreux sont les hommes qui croient que leur race est supérieure aux autres en tout points.
L’esprit agélien, pour sa part, est capable de faire preuve d’un sang froid impressionnant et se laisse difficilement submerger par les émotions. Ce peuple dispose de grandes capacités d’organisation grâce auxquelles il a réussi à tenir les humains hors de ses frontières suite à de nombreuses tentatives d’invasions de ces derniers. Pour plus de détails sur le sujet, se reporter au Libre Traité d’Histoire chapitre trois, « de l’organisation de la société agélienne ». La contrepartie de la sagesse manifeste des agéliens semble être le manque très répandu de spontanéité au sein des représentants de cette race. Il est également entendu que, jusqu'à un certain point, certaines émotions prédominantes chez les humais telles que la rage ou le sens de l’honneur peuvent parfois se montrer utiles et pousser les individus à aller au-delà de leurs capacités, phénomène très peu courrant chez un agélien. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Adam Witold
Erudit

Messages : 18
Sexe : |
|
|
Posté le
: Mar Juin 06, 2006 10:23 am
|
|
|
~ Les Hutzilos ~
Les échanges entre les humains et les hutzilos ont toujours été très formels, en partie à cause des nombreux interdits de l’église à leur sujet. Les individus de cette race, visiblement amphibiens, sont d’une taille souvent supérieure aux humains. Ils possèdent des membres musclés et des pieds palmés à l'instar des quatre doigts de leurs mains, laissant leurs pouces libres pour ne pas entraver leur habileté. Leur corps est recouvert d’une peau lisse et élastique d’une teinte bleutée ou verdâtre. Leurs yeux sans paupière sont disposés de part et d’autre d’un crâne allongé et profilé se terminant par une bouche réduite munie de nombreuses dents pointues et aiguisées. Leur cou est épais à cause des branchies qui y prennent place de part et d’autre. Les dissections de plusieurs individus ont révélées l’existence de larges poches sous cutanées pouvant se remplir d’air ou d’eau, permettant ainsi le maintien du corps entre deux eaux sans effort.
Aussi loin que remonte l’histoire, il semble que les hutzilos ont toujours régulièrement visité les côtes du Grand Océan pour commercer. C’est cependant avec l’établissement de la noblesse Impériale que les échanges avec cette race ont réellement prit leur essor. Les produits exotiques, aussi bien alimentaires que décoratifs, débarqués des gigantesques navires hutzilos étaient alors importés à prix d’or au travers tout l’ancien Empire. Malgré cet engouement de la noblesse, l’Eglise d’Ohm interdit à cette race, qu’elle qualifiait de « créatures impies issues des abysses infernales du Grand Océan », de poser le pied sur la terre bénie par Ohm. C’est ainsi que furent crées dans les villes de Numide et de Trilune de grands pontons permettant le commerce avec les Hutzilos sans que ceux-ci n’aient à toucher la terre ferme.
Malgré l’affaiblissement de l’interdit suite à la révolution ésotérique, il semble que les Hutzilos n’aient guère envie de changer leurs habitudes et préfèrent rester sur leurs navires ou sur les pontons leur étant réservés plutôt que de se risquer sur le sol de l’Ancien Empire. Les nombreux désordres qui agitèrent la cité de Numide durant la révolution ésotérique eurent pour conséquence la destructions de ces pontons et le refus des Hutzilos de visiter la ville, plaçant la cité de Trilune en position de monopole sur leurs produits. La grande flambée des prix qui s’en suivit ne fit que renforcer la demande sur ces biens exotiques de plus en plus considérés comme une preuve de richesse indéniable.
De la culture Hutzilos, on ne sait que peu de choses. Certains érudits avancent l’hypothèse d’une cité sous-marine, ce qui est effectivement probable vis-à-vis de la constitution de ces être, mais n’importe comment, leur corps ne semble pas être capable de supporter de trop fortes pressions, ce qui exclut la possibilité d’un habitat à trop grande profondeur comme certaines histoires se plaisent à le raconter. De même, les matériaux utilisés dans la construction de leurs bateaux ne peuvent être issus uniquement du fond sous-marin. Il est donc fort probable qu’ils aient colonisé des terres au delà du Grand Océan, comme des archipels, pouvant leur fournir des ressources tout en garantissant une proximité avec l’eau salé qui leur semble vitale.
La société des Hutzilos semble tourner autour de l’équipage des Techuchitas, de gigantesques navires aux proportions démesurées. Les Techuchitas, que les humains appellent plus simplement « des arches », peuvent facilement mesurer plus de cent mètres de long pour environ soixante de large. Ils possèdent de nombreux ponts dont le plus haut culmine à près de dix mettre au dessus du niveau de la mer. On peut estimer que l’équipage se compte à près de quatre milles individus ce qui fait de ces structures plus des villes flottantes que des navires. L’ensemble est propulsé par un système extrêmement complexe de voilures reparti sur trois séries parallèles de cinq mats. Les arches sont escortées par une flottille de bâtiments de tailles plus réduites qui peuvent varier d’une arche à l’autre, mais qui comportent toujours au moins deux Xycochas, des vaisseaux qui, bien que semblant petits par rapport au Techuchitas, dépassent largement en taille n’importe quel bâtiment humain ou agélien.
Les Xycochas ont, sans aucun doute, un but militaire de protection, ils sont armés de plusieurs rangées de balistes et de catapultes pouvant tirer des jarres de liquide hautement inflammable. En plus de ces deux navires de guerres, gravitent autour des arches d’autre bâtiments plus hétéroclites comme des navires de pêche, de quarantaine ou de reconnaissance qui permettent de guider les Techuchitas sur des courants marins favorables. Chaque flotte, c'est-à-dire le Techuchita et son escorte, ce qui représente environ cinq à six mille individus, peut être considérée comme un clan, voire comme un état à part entière au sein de leur civilisation. Chacune aborde des pictogrammes et des couleurs distinctives sur leurs coques et leurs voiles qui les différencient sans confusion possible. Il est très probable qu’il existe des conflits et de profondes rivalités interraciales comme le prouve cette identification très forte des individus à leur flotte et leur organisation stricte de type militaire.
Les hutzilos sont tous des marins compétents et défendent âprement leurs navires, comme l’Histoire a pu nous l’apprendre en plusieurs occasions. La plus grande bataille opposant des humains et cette race eut lieu peu après la révolution ésotérique, lorsque la province d’Océane, forte de sa flotte nouvellement équipée de canons et de son indépendance, attaqua une flotte Hutzilos qui croisait vers Numide. Les Océaniens avaient l’intention, non seulement de mettre la main sur les cargaisons des hutzilos mais aussi, et surtout, de capturer leurs navires pour les utiliser dans la volonté d’acquérir la suprématie maritime. L’effet de surprise de la flotte Océane fut rapidement réduit à néant lorsqu’un bâtiment léger d’exploration s’approcha pour demander des explications. Il fut promptement détruit mais eut, néanmoins, le temps d’envoyer un signal à la flotte hutzilos qui manoeuvra de façon particulièrement habile et incroyablement rapidement, prenant au dépourvu l’armada d’Océane. En ce jour là, aucun navire humain ne rentra au port et peu de leurs hommes d’équipage survécurent. Malgré cette démonstration de leur grande supériorité navale, les hutzilos sont régulièrement attaqués par des pirates désespérés ou trop attirés par les richesses que transportent les navires. Jusqu'à ce jour aucun n’a jamais réussit.
Au combat, les hutzilos arborent des lances à hampes courtes et des boucliers ronds souvent richement décorés. Ils ne portent en revanche aucune armure, certainement dans un souci de mobilité lors des manoeuvres navales et de poids pour la nage. Malgré leur équipement, ils préfèrent éviter autant que possible les abordages et s’emploient généralement à couler les navires ennemis avant que ceux-ci n’arrivent au contact. Nous pouvons également noter que cette race utilise exclusivement du bronze pour la forge de ses armes, ainsi que pour toutes les pièces métalliques, très probablement pour la grande résistance à la corrosion qu’offre cet alliage en comparaison des aciers plus classiques de notre civilisation.
La plupart des bâtiments des flottes hutzilos ne pénètrent jamais dans les ports humains et se contentent de mouiller au large tandis que des barges de dimensions plus réduites et plus adaptées assurent le trafic des marchandises jusqu’aux pontons.
De ce fait, le seul aperçu dont nous disposons de la vie à bord des bateaux hutzilos provient du récit du Capitaine pirate Jonhatan Kroos qui, après avoir été capturé, s’est miraculeusement échappé d’un techuchita qu’il avait eu l’inconscience de prendre d’assaut. Il demeura prisonnier avec son équipage pendant deux jours sur le pont supérieur de l’arche afin qu’Opoyota purifie leurs âmes avant leur sacrifice à Xychoxo. Kroos décrit l’organisation très militaire qu’il a pu percevoir au sein de l’équipage de même que la stricte division qui existe entre les deux sexes. Les hommes s'occupent des manoeuvre des navire, des combats, de la pêche et du commerce, alors que les femmes, reconnaissables à une constitution plus faible et à une crête faite de peau tendue entre cinq épines osseuses sur la tête, s'occupent de l'entretien du navire et des voiles, de la préparation de la nourriture et des offices à la déesse Nazasaca.
Kroos dépeint la religion des ces être comme cruelle mais un tel jugement serait faire preuve de peu d’objectivité. Bien que particulièrement distant, j'ai eu la surprise de constater que les hutizilos répondaient presque avec enthousiasme à mes questions sur ce sujet à l'inverse du mutisme qu'ils m'ont opposé sur leur style vie et autres coutumes. J'ai pu ainsi apprendre que cette race vénère la grande mère (ou mer, les deux mots étant confondus et se traduisant par Tezicox) personnifiée par la déesse Nazasaca, à qui ils doivent offrir le chalchiuatl (eau précieuse, ce qui fait référence au sang en tant que liquide vital) dans le but de la nourrir afin qu’à son tour elle puisse assurer la subsistance de leur peuple. Cependant, seuls des êtres purs, en bonne condition physique et pleinement volontaires peuvent se donner en sacrifice à Nazasaca. Les prêtresses font absorber une drogue au volontaire afin de le plonger dans un état semi comateux où il ne sentira aucune douleur. Ceci fait, le sacrifié est conduit au pont supérieur pour être présenté au soleil puis suspendu la tête en bas dans le quotequis, un puit qui traverse de haut en bas la coque du techuchita pour déboucher dans la mer sous la ligne de flottaison. Une prêtresse pratique alors deux profondes incisions au niveau de ses poignets avec un couteau rituel pour trancher ses veines et laisser le sang s'écouler dans la mer. Un fois vidé de son liquide vital, le corps est embaumé et enduit d'un mortier de sable et d'eau pour mouler un sarcophage autour de la chaire défunte qui sera ensuite jetée par dessus bord et reposera au fond de l'océan.
Les prisonniers d’autres races sont, quant à eux, sacrifiés au grand leviathanne, Xychoxo, dieu de la guerre et de la mort de façon à assurer à la flotte victoire et succès au combat et à la protéger des épidémies. Les captifs sont attachés à des lestes par les prêtres puis liés à une corde pour être descendus dans le quotequis et plongés dans la mer. Le sang libéré par les nombreuses marques rituelles auparavant exécutées par les prêtres attirent rapidement les poissons carnassiers qui ont vite fait de faire disparaître le corps.
Outre Nazasaca et Xychoxo, Opoyota, personnification du dieu soleil, est la troisième divinité majeure du panthéon des hutzilos. Opoyota est le mari de Nazasaca et ne requiert pas de sacrifice car il se régénère chaque soir en plongeant dans la mer pour rejoindre son amante. Outre ce triptyque divin, la mythologie hutzilos semble particulièrement riche et abonde de héros, dieux mineurs ou autres démiurges. Les rites des morts sont en revanche particulièrement simples et, à l'exception des sacrifiés volontaires, les hutzilos se contentent juste de lester les cadavres et de les jeter par le quotequis avec une brève prière, sans observer par la suite de période de deuil ni d'autre célébration. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
|
|
 |
|
 |
Thème visuel par Zeph
Powered by phpBB
© 2004, 2005 phpBB Group Traduction par : phpBB-fr.com
|