Maej'tei
Aiguise sa plume

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: Lun Mar 16, 2009 7:02 pm
Dame Eleanor |
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[HRP : J'ouvre ce sujet pour que ce nouveau perso, qui n'interviendra que pour "Destins entrelacés" d'Arioch apparaisse quelque part au milieu des autres BG. Histoire qu'on ne vienne pas me dire "Ton perso n'a pas de background !"  Hé bah si ^^ ]
Au même moment, deux étages plus haut, en quête d'une distraction sensiblement différente...
L’atmosphère était écrasante. Les particules de l’air restaient figées et béantes, anormalement grossies. Elles-mêmes semblaient suer, compressées les unes contre les autres. La tension était palpable. La buée se frottait avec immoralité sur les vitres glaciales tandis qu’une lumière pourpre et tamisée, à la limite de l’indécence, léchait tous les coins et les recoins. Les lieux entiers transpiraient, laissant l’impudeur dégouliner du plafond au plancher. L’obscurité malsaine, avec habitude, semait une légère indécision. Les évènements qui coulaient ici bas, aussi bruts et vulgaires fussent-ils, étaient néanmoins noyés par un flou indicible.
Peut-être valait-il mieux se forcer à ne pas comprendre telles actions si l’on était pas doté d’une ouverture d’esprit infinie.
Hugues Labotte, bourgeois à la réputation décadente, se léchait grossièrement les babines. Le spectacle qui se déroulait sous ses yeux et ses mains, et pour lequel il était à la fois auteur, acteur et spectateur, demeurait d’une saveur immoralement délectable. De ses doigts boudinés et fripés, il palpait salement la chair d’une fille de joies. Sa bouche cascadait de manière baveuse sur les courbures féminines. Sa langue s’attardait parfois sur les zones intimes sans aucune délicatesse, provocant parfois quelques gémissements d’une fallacieuse jouissance.
Labotte se releva soudainement, enserré par une pulsion sauvage. Il agrippa brusquement les cheveux de sa partenaire, cherchant à guider le visage de la condamnée vers un endroit écœurant de son anatomie. La femme ne lui refusa rien, esclave de ses désirs.
Assise sur une chaise non loin de là, tapis dans l’ombre d’un paravent, Eleanor détournait le regard d’un spectacle qu’elle jugeait affreusement laid et dépourvu de toute poésie. Un spectacle qu’elle subissait pourtant chaque mois depuis le début du printemps dernier. Les jambes croisées, elle attendait que l’homme, se disant être son mari, achevât ses abjects déboires. Elle espérait de tout cœur qu’il ne l’obligeât pas à en prendre part… Mais malheureusement…
Debout et d’un regard avide de plaisir charnel, Labotte tendit un bras en direction d’Eleanor. Il souhaitait qu’elle les rejoignît. Lui… et sa catin du soir. Feintant l’ignorance, la dame assise sur sa chaise guida son regard vers l’autre bout de la pièce. Partout, des couples se faisaient et se défaisaient dans une danse répugnante. La sueur se mêlait à la semence masculine, apportant aux lieux ses odeurs si caractéristiques. Eleanor secoua imperceptiblement la tête, dépitée.
Labotte n’avait pas dit son dernier mot, d’un geste sec, il attrapa sa femme par l’épaule tandis que sa catin s’occupait avec passion de son entrejambe. Ramenant sèchement Eleanor à lui, il avala ses lèvres dans un baiser trempé d’une salive étonnamment brûlante. La dame contesta, repoussant de ses mains frêles le corps gras de son débauché de mari. Labotte n’apprécia que très peu la réplique. Levant sa main vers les plafonds encrassés, il gifla son épouse avec dureté. Il empoigna ensuite le menton de la dame et, tout en approchant son visage de celle-ci, il murmura :
« Ma douce Eleanor, vous êtes ma septième femme ; vous n’êtes donc pas la première à tenter de me tenir tête futilement. Hélas, les six autres avant vous ne sont plus là pour en témoigner. Je vous serai donc gré d’accepter avec honneur mes avances, sans quoi je serai dans l’obligation de quérir une huitième épouse et de vous contraindre au silence. »
Cette menace n’était pas la première. Les cicatrices boursouflées qui striaient le dos d’Eleanor étaient là pour en attester. A ce souvenir, elle crut sentir des picotements naviguer sur ses meurtrissures. Elle inspira un bon coup, salie et désespérée. Malgré elle, elle préférait revivre la torture sexuelle pendant quelques minutes, plutôt que la torture physique qui, selon les bons vouloirs de Labotte, pouvait bien durer plusieurs semaines entières…
Résignée, elle se leva de sa chaise et se dirigea vers son mari. Celui-ci, mesquin, sourit.
D’un geste lent, elle pinça les pans de sa robe avec ses doigts blancs, relevant doucement le vêtement. Le tissu fut mollement élevé jusque ses cuisses. Elle se plaça aux côtés de la catin et, dans un dégoût presque matériel, plia les genoux et abaissa son visage face à la ceinture du pervers, se promettant à elle-même que la fin de cette soumission sonnerait bientôt…_________________ L'Harmonie passe aussi par la diversité...
Tel le ciel embrasé d'une soirée d'été. |
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