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Abomination
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Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région du Calice
 
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



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MessagePosté le : Ven Oct 20, 2006 6:13 pm    Abomination Répondre en citant Envoyer un message privé

~ Prologue ~


Ses pensées revinrent doucement, comme un goutte à goutte qui lançait des rides dans le néant qu'était devenu son esprit et, peu à peu, il prit conscience de son environnement. Noir. C'était là la seul constatation possible. Non pas sombre, ni obscure mais noire. Un noire total, épais, insondable. Un endroit qui ne devait jamais avoir connu le moindre rayon de lumière. Un endroit où même un tel concept paraissait absurde. Pourtant, la noirceur semblait se mouvoir, dessinant des formes changeantes malgré l'absence totale de contrastes. Il aurait pu croire que son esprit, encore brumeux, tentait, par quelques artifices, de combler l'effroyable manque, s'il ne ressentait pas, sur son corps, les courants chauds et vaporeux s'agiter, le frôler, le pénétrer. Malgré la température élevée, il frissonna. Puis, soudainement, la compréhension se fit jour alors que les souvenirs de ses derniers instants de conscience lui revinrent. Mort. Il était mort. Cela ne faisait aucun doute. Maintenant, il se souvenait parfaitement de la fulgurante douleur lorsque la pointe acérée et puissante avait déchirée ses chaires. Mort. Bizarrement, il ressentit un grand soulagement. Toute frayeurs l'abonnèrent. Il savait où il était. Il se tenait dans le purgatoire, l'antichambre où il allait être jugé. Ohm allait envoyer l'abeille sacré pour dissiper les ténèbres et le guider jusqu'aux jardins célestes.

- Ohm ?

La question, surgit de toute part du néant comme parti intégrante de la noirceur, n'avait été que railleries. Omniprésente et toute puissante, la voix avait fait vibrer l'espace entier. Cette voix ! Il ne l'avait entendu qu'une foi auparavant, dans un contexte toute autre, mais il n'eut aucun mal à l'identifier.

- Toi ! Cria-t-il, ne pouvant cacher ni sa profonde déception, ni la colère brûlante qui venait d'exploser en lui, consumant instantanément son coeur en un immense brasier. Ta sorcellerie ne peut rien contre moi ! Contemples le pouvoir d'un serviteur d'Ohm !

- Serviteur d'Ohm ? Railla une nouvelle fois la présence immatérielle. Tu es mon serviteur. Tu ne saurais avoir d'autre maître. Oh ! Cela te révoltes. Tu n'en crois mots. Regardes donc derrière toi...



~ Chapitre I - Le forgeron ~


Sous ses mains, le mur reprit petit à petite sa solidité alors que le goût puissant et désagréable de la bile envahissait sa bouche. La capitaine Yuri Rizzura avait vu bien des horreurs au cours de sa carrière. En temps que mercenaire attaché à la protection de Cassandre, il avait participé à la dernière guerre du Ranove et, plus tard, avait prit part à nombres d'expéditions sanglantes contre des bandits. Sans compter la vie tumultueuse qu'il avait traversée avant d'être intégré dans la compagnie. Il avait vu des hommes empalés par les arbalètes ou déchiquetés par les boulets de canons. Il avait vu des prisonniers suppliciés, décapités, torturés... Et Pourtant, devant le spectacle qui s'offrait aujourd'hui à ses yeux, l'estomac venait subitement de lui manquer et rien n'aurait pu l'empêcher de déverser le peu de chose qu'il contenait. Le souffle court, Yuri releva doucement la tête. Aucun de ses hommes n'auraient pensé à raillerie. Tous avait la pâleur de la mort et, malgré le vent froid de ce mois novembre, leur front était imbibé d'une sueur malsaine. Le capitaine tourna le dos pour s'assurer de ne plus reposer son regard sur la rue mais la scène s'était gravé au plus profond de son âme, avec une précision tel que, les yeux fermés, tout les détails apparaissaient sans qu'il n'eut à fournir le moindre effort. Il senti un violant haut le coeur le reprendre. Que deux ! Il n'y avait que deux corps dans cette rue. Mais ils avaient été tués avec une telle brutalité, avec une telle atrocité, que leur sang s'étalait sur toute la largeur des pavés, souillant les murs même d'une horrible peinture. Les malheureux avait été démembrés et éviscérés, leurs cotes violemment écartées et les organes qu'elles abritaient éparpillées. Et les visages. Bien plus que cette atroce déchaînement de cruauté et d'abomination, bien plus que les vicaires répandus sur le sol, c'était ces visages qui avaient marqué le capitaine comme rien auparavant n'aurait pu le faire. Les têtes, qui gisaient un peu plus loin, exposaient une expression au delà de tout les mots. Malgré les mâchoires manquantes, les traits, les yeux, reflétaient une telle terreur ! Une terreur des plus abjectes ! Quelque chose d'indescriptible, d'inimaginable, d'inconcevable. Yuri avait pu voir, au cours de batailles passées, l'effet sur les hommes de créatures sans nom invoquées par des sorciers sans âme. Mais rien qui ne puissent être comparable. Lui même n'avait jamais ressentit de terreur si grande que celle qui l'avait saisit lorsque son regard avait croisé ces yeux morts gravés d'une horreur insoutenable.

C'était le cinquième meurtre, le cinquième acte d'atroce barbarie depuis le début du mois. Yuri venait de prendre toute la mesure de son erreur. Avant lui son éternel rival, le capitaine Mordors, avait été chargé de l'affaire. Puis ce dernier avait subitement disparu. Yuri avait pensé que la honte de ses échecs successif avait finit par pousser Mordoros à la désertion. Bien sûr il avait entendu les rumeurs sur l'horreur des crimes. Mais rien qui puisses le préparer à cela. Cassandre avait déjà connu plusieurs psychopathes sanglants. Et puis les hommes affectés à l 'affaire ne parlaient à plus personne. Il les avait cru hautins. Mais comment décrie de telles choses ? Ses certitudes avaient déjà été ébranlées lorsque Prostian, le lieutenant de Mordors, avait été retrouvé. Le pauvre homme avait définitivement sombré dans la folie, alternant un état cataleptique avec des crises d'angoisse et de délires violents. Et maintenant cela...

Cela faisait maintenant deux jours. Deux jours et, surtout, deux nuits peuplés de cauchemars infernales. Mais la lettre que Yuri tenait entre ses mains, si elle ne résoudrait rien, lui apportait, néanmoins, un profond soulagement. Lui et ses hommes étaient déchargés de l'affaire. Le Quartier général de sa compagnie, en accord avec le Duc de Cassandre, avait décidé de confier l'investigation à des mercenaires recrutés individuellement, des gens qui n'avait pas une réputation à défendre et dont le sort importerait mois pour la ville. La décision avait été sage. L'échec de la compagnie de la griffe argentée à protéger le duché de ces atroces massacres minait le moral des hommes et la confiance qu'avait les citoyens de la ville en leurs protecteur, pourtant de longue date. Aujourd'hui ces sentiments étaient arrivés à un point tel que la seul solution avait été de décharger la compagnie de cette responsabilité au moyen d'excuses douteuses dont on espérait que la postérité ne retiendrait rien. Cassandre n'avait jamais eu la réputation d'être une ville pieuse mais, ces derniers temps, les églises d'Ohm ne désemplissaient pas. Yuri lui même, alors que son père s'était battu lors de la révolution ésotérique pour libérer les hommes de la servitude de l'Eglise, s'était, hier soir, surprit à implorer Ohm de son pardon.

Maintenant le capitaine attendait les mercenaires que son aide de camps avait sélectionnés. La prime promise était colossale, hors de toute proportion, mais malgré cela, peu étaient venus se présenter.




HRP : Bon le Rp sera un chti peu spécial dans le sens où je ne participerais pas en temps que PJ mais juste comme maître du jeux. Le but étant que vos personnages mènent eux même l'enquête sur les meurtres horribles qui souillent les rues de Cassandre. Mon rôle sera alors de faire répondre les différents personnages où de décrire des indices particuliés. Je sais pas du tout si cela va fonctionner , sachant que si je vois que cela ne marche pas je transformeraist un PNJ en PJ pour guider l'enquête.
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Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

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Eléa
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MessagePosté le : Sam Oct 21, 2006 10:31 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

[post commun d'Ailin et Eléa]

La diligence roulait depuis des heures sur la piste poussiéreuse et ses passagers avaient visiblement hâte d’arriver à destination. Le soleil commençait à décroître dans le ciel et l’idée de devoir passer une nuit de plus dans un relais quelconque ne les enchantait guère. Le paysage défilait sous leurs yeux fatigués. Une jolie jeune femme qui avait l’air de sortir tout droit d’une revue à la mode était appuyée contre la vitre et comptait machinalement les kilomètres les séparant encore de Cassandre sur les bornes logées au bord de la route. L’étrange sourire flottant sur ses lèvres masquait mal son impatience. Il faut dire qu’elle avait une excellente raison de ne pas vouloir retarder son arrivée, chaque nuit qui passait était une chance de plus qui lui échappait d’attraper la « bête ». Rachel détourna son attention des bas côtés pour observer son compagnon qui faisait mine de somnoler à côté d’elle. Elle savait bien qu’il n’en était rien et qu’il voulait seulement éviter d’avoir à converser avec les autres passagers, il n’avait jamais aimé les provinciaux qu’il trouvait souvent ennuyeux au possible. Il n’avait pas tord du reste, seulement ils n’allaient pas n’importe où cette fois… Ils se rendaient à Cassandre… Ville des arts… Malheureusement pour eux, les représentants de cette magnifique capitale des arts qui se trouvaient voyager en leur compagnie ne rendaient pas justice au vernis culturel de la ville !!! Elle soupira, posant son regard sur la vieille aristocrate sévère qui lui faisait face, prenant tout de même soin d’adopter un sourire de circonstance. Les cahots de la route la berçaient doucement et la lassitude commençait à la gagner. Elle se laissa aller contre le dossier de son siège et posa sa tête sur l’épaule d’Ethan qui ne bougea pas. Les paupières subtilement colorées de la jeune femme se fermèrent doucement et elle plongea dans un monde de songes, peuplés de découvertes macabres et de prix récompensant les meilleurs reportages…

Ethan caressait machinalement le manche de l'instrument qui reposait dans le sac en cuir sur ses genoux. Ses doigts tapotaient une mélodie enfouie dans son imagination, l'ennui l'accablait aussi sûrement que la chaleur étouffante qui régnait dans la cabine. La proximité du lieu rendait le relief du chemin terriblement désagréable, il n'adressait pas même un regard à ceux qui leur faisaient face. Le doux contact des mèches châtains lui arrachèrent l'ébauche d'un sourire, le parfum gourmand qui auréolait son amie apaisait sa frustration. Finalement, il s'adonna à la contemplation du paysage monotone depuis qu'ils avaient quitté Bribe, mais au loin, se profilait l'ombre de la fastueuse Cassandre. D'ici, on ne percevait pas clairement l'audacieuse architecture des édifices défiant la gloire du ciel. Celle-ci, teintée de mauve et d'encre bleue donnait à l'ensemble une touche presque mystique, comme si la lumière du crépuscule s'écoulait en cascades rose et indigo sur les toits blancs de la ville. Son cœur d'artiste éveilla le vif désir d'immortaliser la scène mais il ne devait gâcher son matériel si précieux pour leur enquête. Il le réprima donc, d'un soupir, doublement frustré. Le jeune homme sentit Rachel frémir sur son épaule, il la rassura, murmurant, et tout en ignorant leurs hôtes, son regard s'intéressa de nouveau à l'horizon. Les heures s'écoulèrent au rythme des dernières teintes du jour qui disparaissaient dans la nuit, ils traversèrent enfin une large porte et une route agréablement pavée succéda au chemin poussiéreux. Autour d'eux, les bâtisses n'étaient que les ombres des porches sculptés et des balcons fleuris, si fiers durant le jour, et bientôt la calèche s'arrêta sans les brusquer. Un cocher vînt leur ouvrir, les aristocrates descendirent en le remerciant à peine. Ethan caressa la chevelure de la jeune fille pour la réveiller. Ses paupières s'ouvrirent sur le visage, explicitement soulagé, de son compagnon.

La houle de la diligence roulant sur la route cahoteuse s’était apaisée lorsque la jeune femme fut tirée de son repos d’une tendre caresse. Elle ouvrit les yeux sur un Ethan à l’air satisfait. Rachel n’eut pas besoin de questionner, elle sut d’emblée qu’ils avaient dû arriver à destination. Elle lui sourit et s’enroula dans sa capeline avant de sauter à bas de la cabine et de suivre le jeune homme vers une bâtisse à l’air cossue qui devait être l’auberge que leur contact sur place leur avait conseillé. Ils avaient l’habitude de descendre dans un hôtel chic du centre de la ville mais leur nouvelle enquête exigeant une certaine discrétion, ils s’étaient résolus à contre-cœur a prendre leurs quartiers dans une auberge plus populaire bien que propre et bien entretenue. Ils se souhaitèrent une bonne nuit devant la chambre de Rachel et s’accordèrent quelques heures de sommeil avant de débuter leurs investigations.
La nuit était tombée depuis plusieurs heures lorsque quelques coup discrets furent frappés à la porte de la jeune femme. Elle se saisit d’un calepin qu’elle glissa dans une sacoche de cuir qu’elle posa en bandoulière sur sa cape et descendit rejoindre Ethan devant l’accueil de l’auberge. Ensemble, ils sortirent sous la lune qui dispensait une lueur bleutée sur toute chose et prirent la direction du quartier des officiers ; leur contact leur avait communiqué le nom d’un capitaine Yuri Rizzura qui était censé se charger de l’affaire avant de, visiblement dépassé par les évènements, faire appel à des mercenaires…
Arrivé à la guérite de garde, le soldat en faction leur appris que le capitaine avait dû s’absenter, on avait encore découvert deux corps sans vie…
Les deux journalistes échangèrent un regard… La nouvelle était loin de les réjouir mais il fallait reconnaître qu’ils tenaient là une chance d’en apprendre un peu plus sur les circonstances des meurtres. Ils se hâtèrent donc vers la scène du crime. Ils surent qu’ils touchaient au but lorsqu’ils furent arrêtés par deux soldats au détour d’une ruelle sombre.
Ethan adopta une attitude nonchalante, à son habitude alors que Rachel rabaissa négligemment sa capuche d’un mouvement de tête, libérant ses longs cheveux et lui conférant un charme assuré. Elle plongea ses yeux pétillant dans ceux d’un des soldats:


Rachel : « - Vous devriez nous conduire à votre supérieur… Au nom de la liberté de la presse, nous représentons les voix des habitants de cette ville… De plus, nous sommes habilités à être tenu au courant des rebondissements de l’enquête autant que les mercenaires que le capitaine Rizzura a convoqué… »
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Isak Devmente
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Personnage joué :
Elden Barcarol
 
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MessagePosté le : Dim Oct 22, 2006 4:51 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Replié dans une humble chambre des quartiers bourgeois, Elden ne cessait de faire grincher ci et là des myriades de jurons étouffés tout en s’abîmant les empreintes sur le manche de son instrument. On entendait tantôt la caisse racler sur le parquet ciré, tantôt des pincements de cordes qui refusaient d’obtempérer. Alerté par le charivari, le maître de maison frappa à la porte et entra. Aussitôt, la mandoline cessa son caprice criard.

« Veuillez m’excuser, commença l’hôte sur un ton ferme, mais vous serait-il possible de terminer ce vacarme ? Voyez-vous, nous avons déjà reçu diverses plaintes de locataires qui bien évidemment partagent l’avis commun que minuit n’est point une horaire convenable pour s’adonner à de telles… pratiques. »

Faussement confus, le musicien apposa la paume de sa main sur la rosace vibrante afin de faire mourir ses derniers braillements.

« Vous m’en voyez désolé, soyez sûr que dorénavant…
- Non, monsieur ! Voici déjà la seconde fois que je me vois contraint de vous corriger, soyez sûr qu’il n’y aura pas d’avertissement supplémentaire. Si j’ai la désobligeance de recevoir de nouvelles plaintes, je vous demanderais bien vouloir déserter les lieux. Suis-je suffisamment clair ? »

Sans attendre de réponse, l’homme se retira dans le couloir en claquant violemment la porte à travers laquelle on pouvait encore l’entendre marmonner de colère au fur et à mesure q’il s’éloignait.

« Non mais vraiment, pour qui se prend-il ce fanfaron de fortune… Il va voir de quel bois je me chauffe. »

C’est ainsi que le lendemain soir, Elden Barcarol se retrouva sur le pas de la porte, tenant une large valise dans chaque main et endossant un sac de cuir brun d’où dépassait la tête de sa petite guitare. Effectivement, il avait eut l’occasion de voir comment on se chauffait à l’hôtel du petit calice. Comble de l’ironie ou étrange coïncidence, ladite maisonnée choisit justement cette même nuit pour connaître son premier incendie, et à coup sûr son dernier... C’était là sans doute une parfaite illustration des principaux défauts de notre musicien : malaisé, excessif et rancunier.

Une fois les cuisants adieux terminés, l’homme se trouva cependant fort embêté d’avoir perdu pareil logement. Ce quartier bon marché de la ville de Lorcinia n’en était pas pour le moins confortable et il s’y était somme toute habitué. Portant sa main crevassée à sa ceinture, il soupesa la maigre bourse qui y était suspendue.


*Bon sang, pensa-t-il, à peine quatre onces et demi. Satané coup du sort.*

Bien que cette somme eut permis à n’importe qui de passer le prochain hiver au chaud sans avoir à se soucier de sa gamelle, Elden était quelqu’un de fort prévoyant et dans sa situation actuelle, c'est-à-dire sans revenu et sans domicile, un brin de stabilité ne saurait être refusé.

Agrippant ses bagages, il les traîna avec force le long des allées pavées qui serpentaient entre les bâtisses. Après quelques haltes pour reprendre son souffle, il s’engagea dans une sombre dédale d’où s’échappait un fin halo de lumière par une fenêtre crasseuse. Dans un dernier effort, il tira ses affaires sur le palier d’une épaisse porte de bois sur laquelle il frappa trois coups brefs et distincts. Un silence accompagna sa forte respiration, puis on entendit un bruit de pas étouffé suivi d’un craquement soudain. Le lourd battant pivota sur ses gonds grinçants et une corpulente silhouette apparut dans l’ouverture, soulevant une voix gravement rauque :


« Ah… c’est toi. Un moment qu’on t’a pas vu par ici. Entre. »

Les deux personnages s’engouffrèrent dans un couloir qui partait sur la gauche en longeant la façade de la ruelle. Ils arrivèrent dans une large pièce chauffée par un foyer fébrile qui dégageait une faible lueur rougeâtre, aidée par quelques chandeliers posés ci et là. Un vieux comptoir de chêne dominait la pièce qui abritait également quelques fauteuils miteux et une table basse tortueuse.

Samson Fandulard était réputé pour avoir un orteil trempé dans toutes les affaires frauduleuses de la région. Pour toutes les personnes qu’il considérait de confiance, il était l’homme à connaître pour dénicher des boulots qui débouchaient sur des gains faciles, mais pas toujours légaux.


« Tu viens pour quoi ? Gronda-t-il nonchalamment.
- Du travail, Samson, comme toujours »

La voix légère d’Elden, comme à tant d’occasion, tranchait radicalement avec l’ambiance glauque de l’endroit et de son propriétaire.

« Grumf, meugla la barrique, pas grand-chose en s’moment. Ah si, p’t’être bien que… »

Il passa derrière le comptoir et ouvrit un tiroir avec tant de brutalité que la poigné manqua de lui rester entre les doigts. Saisissant une feuille de journal, il poussa un long soupir.

« Mouaih, c’est pas beau tout ça. Parait qu’y a un sale truc qui se trame à Cassandre. Même les polices locales veulent plus en entendre parler. Des meurtres encore, mais pas des propres. A c’qu’on en dit ça f’rait gerber un vieil inquisiteur. Y recherchent deux trois soudards aux tripes bien pendues pour reprendre l’enquête, comme ça fait un bout d’temps qu’ta plus peur du noir, tu pourrais bien faire l’affaire. »

Détachant un sourire malicieux, le musicien posa la question qui brûlait toujours plus ses lèvres :

« Combien ?
- Bon dieu ! Une sacrée somme… Ca doit vraiment pas être joli à voir.
- Haha ! Samson, je me demande encore comment tu fait pour dénicher des chantiers pareils.
- Bougre de con ! Si tu t’intéressait pas qu’à ta petite vie… On en parle dans tous les journaux depuis deux jours. »

Elden ne répondit rien. Après quelques secondes de silence, il se posta devant la chaleur de la cheminée tout en traînant ses valises.

« Dis moi, ça te dérange si je dépose quelques affaires par ici en attendant ? Je pense qu’il va falloir que je passe un peu de temps à Cassandre. »
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Arioch
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Personnage joué :
Mael Felagund
 
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MessagePosté le : Mar Oct 24, 2006 10:36 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Mael Felagund avançait d’un pas nonchalant dans les sombres boyaux des quartiers populaires de Cassandre. La première chose qui l’avait frappé lors de sa venue dans cette ville, ce fut son inimitable prestige et sa beauté fascinante. Il voulait en saisir chaque détails dans ses précieuses anales, de vieux bouquins qu’il conservait amoureusement dans une sacoche de cuir, posé sur sa hanche gauche.

Mais le jeune homme eut un autre son de cloche, venant de certains habitants et des gardes eux-mêmes…. Car tout ce qui brille n’est pas d’or, et peut parfois cacher une vérité insolente sous la première couche de vernie. Une rumeur s’installait tenacement depuis quelques jours, des cadavres avaient été découverts en pleine rue. Mutilés. Atrocement mutilés.

Certains parlaient d’un assassin boucher, d’autres de bête mystérieuse ou de démon de l’ancien temps… mais tous s’accordaient sur un point. Il fallait en finir avec ce cauchemar.Mael apercevait au loin des lueurs incandescentes, des gardes patrouillaient sûrement, torche à la main, afin de donner un semblant de sécurité à la population.

- Hep ! Toi ! héla une voix derrière lui.

Il se retourna et vit un soldat, la main sur la garde de son épée.

- T’es un étranger, non ?

Le jeune homme n’avait effectivement pas l’air d’un habitant local. Il portait une simple chemise blanche ainsi qu’un pantalon noir, un peu poussiéreux à cause de ses nombreux vagabondages.

- Effectivement, puis-je vous aider ? interrogea calmement Mael.

- J’pense pas. Mais moi oui, j’ai ordre de ne laisser approcher personne du périmètre de sécurité.

- Comment ça ? s’étonna le jeune homme.

- Tu approche des lieux d’un crime, les torches là bas, ce sont mes camarades qui essaient de ne pas vomir en présence du capitaine. Tu devrais pas te promener seul dorénavant, c’est une sorte de bête qui à fait ça et on la traque depuis quelques jours...

- Un assassin oui, il parait qu’on engage des mercenaires pour régler le problème ?

- T’as besoin d’argent ?

- Pas vraiment... je veux juste m’informer un peu sur le sujet.

- Alors un conseil, oublie tout de suite et rentre chez toi.

Le garde l’observa en silence, laissant Mael dans ses réflexions.
« Et pourquoi pas ? » se dit-il en passant une main dans ses long cheveux noirs.
S’il pouvait noter les détails de son enquête ou de sa traque sur l’origine de ces meurtres... il pourrait, grâce à ses anales, montrer un autre visage, plus sombre, de Cassandre l’exubérante !

Cette idée l’enchantait, et puis, quoi de plus normal pour un annaliste itinérant, de faire part du réel et ceci, de façon la plus neutre et objective que possible. C’était décidé, il allait s’engager dans ce groupe de mercenaire, mais il fallait tout d’abord trouver son employeur...

- En fait, oui, j’ai besoin d’argent et j’aimerai faire partie des enquêteurs.

Ce changement d’attitude surprit le soldat qui cracha par terre en guise d’assentiment, puis luidit, tout en le dévisageant :

- Comme tu veux, mais tu sais pas dans quoi tu te fourre.

Le garde l’escorta alors jusqu'à un petit attroupement, aux allures de conspirateurs...
 
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Azeem El'Bakshir
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MessagePosté le : Jeu Oct 26, 2006 7:00 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Yuri n'avait fait qu'enfleurer la scène abominable qui s'étalait dans la rue. Nul besoin d'en supporter plus. De toute manière il n'en aurait pas eu le courage. Il ne pouvait prendre le risque de revoir ces visages déformés par une horreur au delà de tout ce qui est imaginable. Cela hantait déjà que bien trop ses nuits. Les trois corps avaient été massacrés avec la même violence, avec la même ignominie. Le peu qu'il avait vu de ce meurtre-ci lui confirma ce qu'il avait déjà entendu. Les crimes n'avaient de semblable que leur insoutenable brutalité. Rien qui puisse s'apparenter à une procédure rituel comme ce fut le cas lors de l'affaire Maheloëck ou, encore, à une quelconque habitude macabre comme il avait pu le découvrir dans les archives de Cassandre traitant des criminels les plus sanglants. Le capitaine leva les yeux vers le ciel comme pour les laver des atrocités qu'ils avaient contemplés. Les vents forts de cette fin d'hivers avaient amenés de lourds nuages qui pesaient sur toute la région. La pluie ne devrait pas tarder et Yuri espérait, presque superstitieusement, qu'elle puisse laver les rues du mal qui y courait.

Le soldat revint à la réalité. Des quelques mercenaires qui avaient répondu à l'appelle aucun ne lui avaient semblé capable, ni même apte, à réaliser ce vers quoi ils se dirigeaient. Yuri avait espéré voir des gens compétents, qui puissent avoir une chance, si faible soit elle, de mettre un terme à ces horreurs. Il avait espéré des gens que ces choses ne font qu'enfleurer, qui puissent regarde de telles atrocité en face. il avait espérer... Il avait espérer un inquisiteur. Réaliser cela fut un choc profond pour Yuri mais il n'eut pas la force de refuser cette vérité. Il avait espérer voir venir à son secours ces êtres qui, armés de leur fois indestructible, osaient défier les démons. Son père devait se retourner dans sa tombe. Le capitaine secoua la tête de droite à gauche pour chasser de telles pensés. C'était stupide. Il n'avait jamais cru à ces histoires. Les inquisiteur avaient été le fléau du vieil empire. Son père les avait farouchement combattu et lui même aurait pris plaisir à en mettre un à mort. Et pourtant...

Des voix commençaient à s'élever du barrage mis en place par deux gardes plus haut dans la rue. Yuri s'empressa d'aller voir par lui même, trop heureux de pouvoir s'éloigner de quelques mètres de l'odeur de sang malsaine qui embaumait les pavés. A son arrivé un des soldats se tourna vers lui tout en désignant un homme et une femme qui, de part la tenu, n'avait, à priori, rien à faire ici.


- Deux journalistes, capitaine, Ils insistent pour voire la scène du crime, dit-il avant de continuer à voix basse mais chargé d'un mépris certain. Il sont d'Audréa.

Yuri détailla longuement les deux étrangers d'un regard brillant d'une colère à peine contenu. Des journalistes. Des journalistes d'Audréa qui venaient se repaître des malheurs de leur ville. Ces gens étaient en dessous de tout. Si seulement ils avaient la moindre idée de ce qui les attendait quelques mètres plus bas...Alors ils perdraient cet air sûr d'eux et plein d'arrogance.

- Allez y, leur dit-il sèchement. Et quand vous aurez vu, alors comme nous tous vous prierez pour pouvoir un jour l'oublier.

A peine le capitaine eut fini sa phrase qu'un nouveau garde les rejoignit, traînant à sa suite un jeune homme habillé simplement. Le soldat annonça à son supérieur que celui ci était un nouveau mercenaire qui s'intéressait à l'enquête. Yuri soupira, et sans dire un mot désigna de la main la scène du crime. Il secoua la tète de gauche à droite.

- Des incapables, que des incapables, Ohm ais pitié de nous...lança-t-il pour lui même
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Eléa
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MessagePosté le : Jeu Oct 26, 2006 9:06 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le regard chargé d’un mélange de mépris et de colère du capitaine n’avait pas échappé à la jeune femme. Elle n’y prêta simplement aucune attention, non qu’elle ait craint son courroux, mais son intérêt était déjà accaparé par autre chose et se concentrait déjà plus loin dans la ruelle, tendant de toute sa clairvoyance vers les « lieux du drame ».

Capitaine Yuri Rizzura: « - Allez y, leur dit-il sèchement. Et quand vous aurez vu, alors comme nous tous vous prierez pour pouvoir un jour l'oublier. »

Les deux journalistes ne se le firent pas dirent deux fois, passant devant les soldats d’une démarche assurée et nonchalante. Lorsqu’ils frôlèrent le soldat qui les avaient « si bien reçu », Rachel n’eut pas besoin de se retourner pour savoir l’éclat moqueur passer dans les yeux d’Ethan. Elle réprima de justesse un sourire fort peu à propos et s’engagea dans la ruelle, suivi de son compagnon. Elle sentait déjà monter en elle la décharge d’adrénaline qui précédait toujours à un « combat » quel qu’il soit. Elle ne ressentait aucune appréhension, d’une part par ce que son cerveau était en ébullition et d’autre part parce qu’auprès d’Ethan, elle n’avait jamais peur. Elle nota la présence d’une autre personne, annoncé par le garde comme un mercenaire… Le jaugeant du coin de l’œil, elle ne fut pas dupe un instant : *Mercenaire hein... ? Hum… Puis quoi encore.. ?*
Elle reporta son attention sur les premières traces de sang qu’elle commençait à déceler sur le sol humide… Elle perçut le glissement annonçant l’ouverture du sac de son ami, Ethan préparait son matériel… S’enhardissant, Rachel parcouru encore quelques mètres… Elle aperçut d’abord des masses sombres gisant sur le sol plus loin dans une flaque d’eau… Elle nota mentalement leur étrange position… Elle allait s’approcher davantage lorsqu’elle sentit la main d’Ethan sur son bras, elle compris et avança plus prudemment. Elle sortit son calepin et commença à prendre des notes, décrivant avant tout les abord immédiats de la scène du crime, mesurant le nombre approximatif d’enjambées entre les deux corps de bâtiments, comptant le nombre de fenêtres donnant sur l’espace étroit… Arrivé à deux mètres des corps, Rachel eut un sursaut, ce qu’elle avait pris pour de l’eau était en réalité du sang ! Et tellement de sang… Elle se demanda comment un corps pouvait en contenir autant… Mais plus que le sang, ce qui la désarçonna, c’était que ces corps étaient sans têtes ! Elle eut un haut le cœur mais se contint néanmoins, elle était une professionnelle en reportage, pas question de donner à ce provincial de capitaine la satisfaction de la voir perdre contenance. Elle se retourna donc calmement vers un soldat à la mine verdâtre et l’interrogea en articulant chaque mot :


Rachel : « - Hum… Et… Le reste ? »

Elle suivit du regard la direction indiquée par le pauvre homme et fit quelques pas sur sa droite pour découvrir l’indescriptible. Elle eut un mouvement instinctif de recul qui n’échappa pas à Ethan. Il se glissa près d’elle et lui enserra discrètement la taille, comme s’il voulait s’entretenir de l’affaire avec elle à voix basse, mais ce qu’il lui chuchota dans le creux de l’oreille n’étaient que des paroles rassurantes ; elle se sentit moins oppressée et respira mieux. Sur les conseils de son ami, elle inspira profondément et osa à nouveau un regard vers les visages déformés par la terreur… Elle frissonna à nouveau mais tint bon. Elle fixa son calepin, sa main tremblait un peu mais elle sut lui intimer l’ordre de transcrire les notes nécessaires à son futur papier. De même qu’elle sut imposer sa volonté à tout son être, s’obligeant à paraître en pleine possession de ses moyens et « sur le coup ». Elle réprima une forte nausée en passant près des attributs mutilés pour inspecter l’autre partie de la ruelle. Mais il n’y avait rien de plus de vraiment digne d’intérêt. Elle sortit enfin de son mutisme et revenant vers le capitaine, elle lâcha négligemment :

Rachel : «- Pour information, s’il vous revenait des détails même insignifiants, les incapables sont descendu à l’auberge du tertre… Et au fait… Je ne prie jamais… »

Présumant qu’Ethan en aurait sûrement encore pour un moment pour capturer les images dont il aurait besoin, elle s’éloigna, cherchant quelque témoin éventuel en la personne de quelque habitant à interroger, trouvant inutile de perdre son temps avec les soldats qui visiblement ne lui diraient rien vu le peu de sympathie qu’elle leur inspirait…

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MessagePosté le : Jeu Oct 26, 2006 10:43 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Les carrioles de marchands qui faisaient route entre Lorcinia et Cassandre étaient loin de manquer. Après un bref arrangement passé avec un détaillant de tissu local, Elden s’en tira à moindre coût pour effectuer un voyage sans encombre le long des rives tranquilles du vaste lac Espera, confortablement calé entre quelques étoffes bon marché.

Deux jours à peine après ses premiers ouï-dire sur les massacres de la grande exubérante, l’homme se trouvait sur les lieux de l’investigation. Bien qu’il eût déjà séjourné de nombreuses fois dans la ville aux milles visages, jamais auparavant il n’avait été amené à y dénicher pareille atmosphère. Cette fin de saison se montrait particulièrement rude. De violentes bourrasques dissuadaient encore les touristes d’ordinaire si nombreux dans la région mais ne chassaient pas pour autant les épais nuages de sombre augure qui engrisaillaient les pierres et les pavés.

Les rumeurs concernant les récentes tueries de Cassandre avaient contribué à y installer une ambiance glauque et inquiétante. Maintes théories avaient été avancées quant à la nature du criminel, mais l’opinion publique semblait finalement avoir penché en faveur de l’hypothèse d’une bête mystique et démoniaque assoiffée de sang. Les poignées de témoin qui avaient eu le mauvais sort d’apercevoir les victimes de ces boucheries avançaient sans hésitation que si la folie appartenait malheureusement au genre humain, nul Homme ne pouvait en revanche susciter une telle expression d’horreur sur le visage de ses martyrs.

Quoi qu’il en soit, il ne faisait plus bon déambuler dans la cité une fois le jour tombé et une suspicion sans limite flottaient à chaque recoin de bâtiment. Après avoir troqué son habit rouge terni contre un ensemble aux couleurs de nuit, Elden établit son pied-à-terre dans la première auberge venue et se présenta modestement à l’hôtel des polices locales.


« Je n’ai jamais eu à mener d’enquête auparavant, mais j’ai un sens de l’observation fort développé et je sait faire mourir l’obscurité partout où je me trouve, déclara-t-il le ton rehaussé d’un brin de mystère.
- Pas la peine de t’user mon gars ! Pas de sélection, c’est les ordres, coupa l’officier chargé d’accueillir les mercenaires. J’espère seulement que t’a pas la bile qui gigote à la moindre saignée… »

Les quelques volontaires pour l’investigation privée furent guidés à travers la ville jusqu’au lieu du dernier crime en date où les restes cadavériques n’avaient pas encore été touchés et la découverte des corps écorchés en fit renoncer plus d’un. Sans doute la peur de connaître un jour la vision qui pouvait causer une telle expression d’effroi se montrait plus dissuasive que les quelconques motivations financières qui pouvaient pousser un mercenaire à s’engager dans un pareil bourbier.

Néanmoins, Elden possédait un avantage certain lorsqu’il s’agissait de contempler une scène aussi exécrable sans détourner le regard, celui de savoir faire abstraction de toute signification humaine du spectacle auquel il se livrait. Malgré quelques inévitables revers d’estomac, il parvint assez rapidement à céder à la plus parfaite objectivité. Il ne voyait plus un massacre, il voyait des corps disséminés sur le sol, il ne voyait plus de terreur, simplement du sang qui mouillait les trottoirs et l’évidence indubitable que quelque chose de cauchemardesque reposait non loin de là, paré à reproduire de telles atrocités.

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MessagePosté le : Ven Oct 27, 2006 8:56 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

"Ne vous approchez pas plus, je n'ai pas besoin de vous." Adressa Ethan à l'une des sentinelles qui le darda d'un mélange de surprise et mépris. Il capitula face au regard glacial empli d'orgueil malgré la scène...

Le sang veinait la ruelle de noir, telle une sinistre dentelle cousue dans la pierre à la lueur des torches. Les corps gisaient, les têtes arrachées avaient disparu avec leur identité, ils n'étaient plus que des amas de chair et d'os. Saillant de leurs poitrines ouvertes, les côtes brisées étaient comme les dents d'une gueule béante...Affamée, vidée...Malgré tout son arrogance, Ethan dû se reconnaître secoué au premier abord mais la force de l'horreur inspirait chez lui des frissons glacés et stimulants...Après tout, tant qu'il n'était pas à leur place. Son visage ne trahit pas le moindre dégoût.
Son attention braquée vers l'image ondulant à travers l'oculaire humide de son instrument, bercée par le cliquetis des clés que sa main maniait avec expertise. Ils étaient parfaitement immobiles dans la pénombre, les lueurs dansantes rampaient dans le sang, serpents avides. Ethan suivait les vibrations fébriles et éphémères de leurs appendices. Le jeune homme déchirait l'obscurité par l'éclat de son brocard, impassible, il saisissait le bourdonnement des ombres venues dévorer les restes. L'armée de vermine constellait la chair rougîe, envahissait les interstices, parcourait les vaisseaux. Une plaie saignait encore, déversant les quelques larmes pourpres qui lui restaient, une à une, Ethan immortalisa la complainte des trépassés d'une judicieuse vision approchée. Les perles laiteuses d'un régiment s'affairait à ronger les abords du précipice du buste, l'acharnement malsain des bêtes s'ornait de l'argent du ciel. Cet étrange mariage le séduit, captivé, il ferma légèrement le diaphragme du monocle pour capturer la manifiscence de la vie après la mort.
Les mots du capitaine lui revinrent en mémoire...Il n'oubliera pas, pour rien au monde...Cet homme n'était qu'un soldat, il ne regardait que le miroir humain brisé, éparpillé dans toute l'allée. Avait-il la moindre idée de ce qui se tramait dans ces cadavres ? La pourriture, la nécrose...Il chassa ces pensées, il ne servait à rien de le prendre en considération. Ethan abandonna ses prises de vue et secoua d'un geste vif l'instrument qui libéra une bulle translucide. Celle-ci vibra quelques instant, se remémorant la scène qu'elle enfermait puis s'affaissa. Le jeune homme la recueillit alors dans un flacon qu'il rangea dans son sac...
Rachel, elle semblait raguallardie. Ethan avait sentit sa tension étreignant son épaule, il lui avait murmuré quelques mots pour lui transmettre la force de rabattre le caquet de ces provinciaux et de leur morale futile. Elle agissait merveilleusement, avec toute l'indifférence qui fit la fierté de son compagnon. Ils échangèrent un sourire complice, puis Ethan se remit au travail. Le journaliste porta son intérêt sur le lieu, une banale ruelle. C'était un crime gratuit, la violence à l'état brute, déclinée sur les murs en traînées écarlates. La sauvagerie lui donnait des sueurs froides, l'oeil liquide s'impreignait des lignes brisées et des courbes malsaines sur la chaux blanche. Il ne croyait pas à la version du démon, Satan n'avait pas sa place auprès des craintes du jeune Audréain, mais il aimait à créer l'illusion de l'intervention du Malin. Ainsi, son instrument lisait les avertissements sinistres dont l'unique sens était celui qu'Ethan leur donnait...La peur...
Quand il eut terminé, il s'approcha du capitaine et ne voulant vexer Rachel, il s'éloigna finalement pour la rejoindre réprimant la question qui lui brûlait les lèvres. Quel était le sentiment du capitaine sur l'auteur d'un tel massacre ? Ethan se confia à la journaliste, il s'enivrait du dédain qu'il pouvait instillait chez les gardes ainsi que de l'incrédulité de ceux qui avaient aperçu le Monocle. Ôde silencieuse à son génie.

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MessagePosté le : Sam Oct 28, 2006 11:26 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Rachel sourit à son compagnon, l’air mi-amusé mi-fâché du jeune homme lui plaisait beaucoup. En son fort intérieur, elle se sermonna, pensant qu’elle devrait un jour arrêter de compliquer la vie d’Ethan. Elle soupira et, penchant la tête sur le côté, sembla se perdre dans ses réflexions. Elle se souvenait soudain d’un détail que lui avait indiqué son contact sur place. Elle balaya à nouveau la rue du regard avant de revenir à pas lent vers le groupe de soldats. Ignorant leurs expressions peu amènes elle s’adressa d’abord au capitaine Rizzura :

Rachel « - Bien… Reprenons à zéro si vous le voulez bien… Si je ne m’abuse la résolution rapide et efficace de cette affaire doit importer pour vous davantage que la flagrante animosité que je vous inspire… Alors essayons d’avancer si vous le voulez bien… »

La jeune femme offrait ainsi au capitaine l’occasion d’enterrer pour un temps la hache de guerre. Elle fit quelques pas dans la ruelle et reprit :

Rachel « - Ainsi ces deux « victimes » sont les numéros quatre et cinq n’est-ce pas ? Pouvez-vous nous dire où et quand exactement ont été trouvé les autres corps ? J’aimerais aller jeter un coup d’œil dans la journée si possible… Hum… Je suppose qu’il n’y a aucun témoin… Je veux dire… De témoins qui seraient encore en mesure de témoigner… A ce propos… Pourrions-nous rencontrer le lieutenant Prostian ? Je sais bien qu’il n’est apparemment pas en état de répondre à nos questions mais… On ne sait jamais et j’ai pour habitude de ne jamais rien négliger… »

Rachel parut se rappeler autre chose :

Rachel « - Ah… Une dernière chose… Nous souhaiterions également nous entretenir avec le capitaine Mordors… »

La jeune femme savait qu’elle touchait là un point sensible mais elle n’avait en l’occurrence pas le choix. Tant pis pour l’égo du capitaine Rizzura, elle tenait à cet entretien avec son rival… Dans son dos, elle sentit le regard approbateur de son compagnon… Elle sut alors qu’il ne lui tiendrait pas rigueur pour son cynisme légendaire… Elle se concentra sur les réponses de Rizzura, mais son esprit anticipait déjà et elle avait hâte de rentrer à l'auberge pour étudier les images capturées par son compagnon...
Elle sentit remuer dans l'ombre derrière elle, se remémorant rapidement la disposition des lieux et des différentes protagonistes présents, elle en déduit avec raison qu'il s'agissait là de cet étrange personnage qui furetait déjà à leur arrivée. Elle se souvenait de l'avoir croisé à l'auberge... Elle avait alors pensé qu'il s'agissait d'un musicien, la corne sur ses doigts à l'endroit où ils frottent les cordes ne trompait pas...

* Hum... Besoin de liquidités sans doute...*
Elle en était là dans ses réflexions lorsque un autre homme dont l'allure dénotait une certaine érudition s'adressa lui aussi à Rizzura...

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MessagePosté le : Dim Oct 29, 2006 12:59 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le garde qui accompagnait Mael s’arrêta au niveau d’un homme imposant, à l’air désabusé. Ce dernier pointa un doigt vers le groupe de soldat qui bloquait le passage et l’annaliste inclina la tête.

- Des incapables, que des incapables, dit l’homme, Ohm ais pitié de nous...

Mael ne fit pas attention à la remarque et se fraya un chemin à travers les gardes pour finalement admirer dans sa totalité une scène bien particulière. Deux cadavres, ou du moins, ce qu’il en restait, trônaient au milieu d’une véritable marre de sang.

Le jeune homme fronça les sourcils et dévisagea les personnes présentes. Outre les soldats, un couple se démarquait de part leur attitude et leurs habits. Ils n’étaient pas sans rappeler ces gens qui gravitent sans cesse autour des personnalités éminentes, sa mère en faisant partie à une époque qui lui semblait bien lointaine.

La femme semblait pâlir mais un simple murmure dans le silence funéraire de la part de son coéquipier lui fit reprendre contenance. L’homme déballa ensuite un étrange outil et s’enquit d’examiner les lieux.

Mael replongea son regard sur les cadavres, à la fois sombre et scientifique. « Une horreur sans nom », voilà ce qu’il se lisait sur les visages des hommes à ses cotés. Mais des horreurs, le jeune garçon en avaient déjà vues des semblables, voir pires. La guerre. Rien n’est pire que la guerre.

Ce mal qui rongeait il y a de cela quelques années l’empire. On ne devient pas un homme en faisant la guerre comme l’avait appris à ses dépend le vagabond. On n’est qu’un simple pion déshumanisé sur l’échiquier géant d’un champ de bataille. Un simple tas de chair, à l’instar de ces cadavres atrocement mutilés en pleine rue.

Mael s’avança et se pencha vers la marre de sang brune, sous le regard de l’homme à l’instrument. Au vu de la décomposition naissante des corps, il lui parut étonnant qu’aucuns témoins n’ai vu la scène avant sa découverte... à moins les cadavres soient déplacés... mais aucune traces de sang en dehors d’un certains périmètre.

Un soldat fit un signe religieux et récita un mantra de protection. Inutile, pensa Mael, car la guerre lui avait appris une chose :
Il n’y a pas pire que l’être humain lui-même.
Point de démons, ni de bêtes féroces, ce crime était bien l’œuvre d’un malade... du moins, c’était l’avis de l’annaliste.

La jeune femme pris alors à part un des hommes, apparemment le gradé.


- Ainsi ces deux « victimes » sont les numéros quatre et cinq n’est-ce pas ? Pouvez-vous nous dire où et quand exactement ont été trouvé les autres corps ? J’aimerais aller jeter un coup d’œil dans la journée si possible… Hum… Je suppose qu’il n’y a aucun témoin… Je veux dire… De témoins qui seraient encore en mesure de témoigner… A ce propos… Pourrions-nous rencontrer le lieutenant Prostian ? Je sais bien qu’il n’est apparemment pas en état de répondre à nos questions mais… On ne sait jamais et j’ai pour habitude de ne jamais rien négliger…

Mael se leva et s’approcha d’eux en prenant soin d’éviter les restes du repas d’un des hommes. La femme lui accorda un bref regard.

- Quel est votre avis sur l’origine de ces meurtres monsieur ? interrogea Mael pour la première fois. Ne pensez vous pas que ces meurtres puisse avoir été commis pour une quelconque croyance ? Peut être a-t-on affaire à des meurtres religieux...
 
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MessagePosté le : Dim Oct 29, 2006 8:43 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le capitaine soupira devant les questions de la journaliste mais s'attacha néanmoins à répondre du mieux qu'il pu. Après tout cette pimbêche avait raison. Si elle et son compagnons voulaient plonger leurs mains manucurées dans cette ignoble affaire, autant qu'ils aient accès aux informations qu'ils souhaitent. Yuri ne les croyait absolument pas capable de trouver le fin mot à tout cela, mais sait on jamais. C'est donc d'une voix à laquelle il essaya de donner un ton neutre qu'il répondit.

- Ceci est le sixième crimes mais cela porte les victimes à douze. Il y eu deux victimes lors du premier et cinquième meurtre, trois lors du deuxième et une seul pour le quatrième et cinquième. Presque tout les meurtres ont eu lieu dans les quartier pauvres, à l 'exception du deuxième qui a eu lieu dans le parc des sculpteurs et du quatrième sur les docks. Si vous voulez savoir où exactement, il faudra venir à la caserne de notre compagnie. Vous pourriez y rencontrer le lieutenant Prostian, mais vous n'en tirerez rien. Le pauvre homme a perdu la raison et nous avons dû l'enfermer à cause de ses crises violentes. Quant à Mordores, il a disparue corps et bien avec le reste des hommes qui l'accompagnaient. Seul Prostian à été retrouvé. D'apres ses délires ils auraient été assaillit par des ombres qui les auraient massacrés. A notre connaissance il n'y a eu aucun témoin, du moins aucun témoins visuelle car beaucoup ont entendu les hurlement des victimes mais rien d'autre d'intéressant et aucun n'a osé regarder dans la rue.

Yuri regarda le jeune homme qui s'était joint à la conversation et qui allait maintenant de ses questions. Une nouvelle fois le capitaine soupira et haussa les épaules avant de répondre.

- L'hypothèse d'un crime religieux est plutôt écarté pour l'instant. Le capitaine désigna d'un geste vague les corps mutilés. Ce type de meurtre met souvent en place un rituel très précis que l'on retrouve à chaque fois. Et dans le cas des sectes elles préfèrent généralement commettre leurs atrocités impies dans leurs repères où elles ont alors tout le loisir de réaliser leurs immondes rites démoniaques. Mordors avait demandé l'avis de plusieurs érudits à même de nous renseigner sur cette question. Leurs conclusions rejoignent les nôtres. Et puis regardez les cadavres, la manière dont ils ont été tués. Le capitaine ne pu réprimer un frisson. Aucune armes ne déchirent les chaires ainsi. Ils ont été massacré à main nu, voilà ce que je pense. Même le plus mauvais des humains n'est pas capable de faire de telles choses. Mes hommes pensent tous que ceci est l'oeuvre du démon. Je n'ai jamais été un religieux, loin de là, mais aujourd'hui... Yuri secoua tristement la tête de gauche à droite. Je sais plus. Mais ce qui fait ça n'est pas humain, j'en mettrais ma main au feu.
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MessagePosté le : Lun Oct 30, 2006 2:43 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Il fallait contempler le spectacle morbide un très long moment avant de parvenir à s’y retrouver dans cet amoncellement d’organes et de chair éparpillée. Du sang était même venu jusqu’à entacher le mur de l’autre côté de la rue, comme si on avait pressé les cœurs des victimes si fort qu’ils avaient explosés en répandant leur précieux contenu vermeil partout sur les pierres alentours. Gardant cette image en tête, Elden frôla un instant l’idée lugubre que ces pauvres gens semblaient avoir tout bonnement implosés, écartant leurs cotes, dispersant leurs tripes et expédiant leurs membres et leurs crânes à plusieurs pas de là, comme si une force démoniaque les avaient enserrés et consumés si fort de l’intérieur qu’ils avaient fini par éclater.

Soudain, une pensée encore bien plus sordide traversa l’esprit de l’investigateur. Après une si longue contemplation de la scène, il était tout à fait incapable d’attribuer un sexe à l’un ou l’autre des cadavres, si toutefois on pouvait les nommer de la sorte. Les dépouilles, ainsi démembrées et décapitées ne révélaient pas le moindre secret à ce propos. Un peu plus loin, baignant dans une épaisse flaque bordeaux à moitié desséchée où de longs cheveux étaient emprisonnés dans le liquide coagulé, il crut distinguer les traits fins d’une femme et les joues rêches d’un homme et fut conforté dans cette idée en examinant les membres qui traînaient çà et là sur le sol, tantôt larges et velus, tantôt lisses et élancés.

Alors qu’Elden était perdu dans ses pensées, la place accueillit de son terrible décor quelques nouvelles personnes, probablement des mercenaires tout comme lui. Il reconnut sans mal parmi ceux là le style trop soigné d’un couple de journalistes mondains qui apparemment s’affairait encore à fourrer son nez partout où il n’avait rien à y faire. Il avait déjà croisé ces deux là. Après une brève concentration, il se souvint les avoir vu la veille descendre d’une diligence et trouver refuge à la même auberge que la sienne. L’homme fut cependant surpris de constater que la jeune femme, malgré ses allures de citadine bon chic bon genre, parvint à se contenir avec dignité face au tableau sanglant.

Un peu plus tard, cette dernière entreprit de questionner le capitaine et le musicien tendit son oreille aiguisée avec intérêt, prenant soin de mettre quelques informations à l’écrit. Lorsque Rizzura évoqua le sort d’un certain Prostian, Elden ne pu retenir un rictus de mépris.


*Ces militaires, songea-t-il, le jour où il comprendrons quelque chose à l’esprit humain…*

A ses yeux, il était évident que ce lieutenant constituait un élément à ne pas négliger pour le début de son enquête, et si ses imbéciles de collègues n’avaient rien su en tirer, il ne devait pas pour autant se résoudre à laisser tomber une telle piste. Il lui fallait donc retourner à la caserne, mais auparavant, il s’approcha des personnes qui venaient de questionner le capitaine Rizzura afin de se faire connaître, adoptant pour cela un ton des plus neutre possible.

« Messieurs dames, permettez-moi de vous saluer, commença-t-il en se courbant très légèrement devant la journaliste, Elden Barcarol, aujourd’hui au service de la ville de Cassandre. Je ne sais quelles sont vos motivations concernant cette sinistre affaire, mais il m’apparaît indiscutable que toute information la concernant ne doit pas demeurer secrète. »

Lançant un regard insistant au capitaine et à ses hommes, il continua.

« Force est de constater que les autorités locales tiennent à se débarrasser au plus vite de ce fardeau, et je ne les en blâmerais point. Tout le monde n’a pas le cœur à supporter de telles visions... Cependant, si vous comptez vous-même mener votre investigation, nous avons sans doute vocation à nous recroiser bientôt. Pour ma part, je résiderais quelques temps à l’auberge du tertre. Si vous frissonnez dans l’ombre, n’hésitez pas à faire appel à moi. Pour l’heure je m’en retourne à la caserne. Bien le bonsoir. »
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MessagePosté le : Dim Nov 12, 2006 1:04 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Rachel écouta distraitement le capitaine répondre au jeune homme en balayant une dernière fois la scène du regard… L’hypothèse d’un meurtre rituel n’avait même pas effleuré son esprit à vrai dire tant la « boucherie » rougeoyant dans ses yeux ne permettait aucun recoupement allant dans ce sens… Elle dû faire un effort pour prêter une attention toute relative à l’homme qui s’adressa ensuite à eux :

Etranger : « Messieurs dames, permettez-moi de vous saluer, commença-t-il en se courbant très légèrement devant la journaliste, Elden Barcarol, aujourd’hui au service de la ville de Cassandre. Je ne sais quelles sont vos motivations concernant cette sinistre affaire, mais il m’apparaît indiscutable que toute information la concernant ne doit pas demeurer secrète. »

La jeune femme ne put réprimer un semblant de sourire ironique, elle ne savait pas au fond ce qu’elle trouvait le plus drôle, les pathétiques efforts du capitaine Rizzura pour garder un semblant de dignité dans cet effroyable séisme qui allait maintenant le poursuivre jusqu’à la fin de sa carrière, il serait celui qui n’avait pas réussi ; ou bien l’assurance totalement déplacé de cet étrange personnage qui prétendait leur donner une leçon de morale en ces lieux et à cette heure… Elle fut néanmoins assez d’accord avec le-dit Barcarol sur l’incompétence flagrante des autorités locales même si personnellement, elle l’auraient dit autrement, chose qu’elle comptait bien rétablir dans on futur papier.

Elden Barcarol : « Force est de constater que les autorités locales tiennent à se débarrasser au plus vite de ce fardeau, et je ne les en blâmerais point. Tout le monde n’a pas le cœur à supporter de telles visions... Cependant, si vous comptez vous-même mener votre investigation, nous avons sans doute vocation à nous recroiser bientôt. Pour ma part, je résiderais quelques temps à l’auberge du tertre. Si vous frissonnez dans l’ombre, n’hésitez pas à faire appel à moi. Pour l’heure je m’en retourne à la caserne. Bien le bonsoir. »

Rachel se contenta d’incliner la tête sans qu’aucun muscle de son visage ne trahisse la moindre émotion…
*"Si vous comptez…" Non… Juste que nous aimons passer nos nuits à patauger dans le sang dans les ruelles mal-famées…*
L’idée que cet homme était descendu à la même auberge qu’eux déplut à Rachel mais elle se rasséréna en pensant qu’ainsi elle pourrait l’avoir à l’œil…
Elle le vit d’éloigner avec indifférence et lorsqu’il eut tourner le coin de la rue, elle reporta son attention sur Rizzura, quelque chose de diffus tenter d’affleurer sa conscience… Quelque chose qu’il avait dit et…


Rachel : « - Excusez-moi capitaine, une dernière chose… Vous nous avez parlé de douze meurtres… Hors si je compte bien, deux victimes pour les première et cinquième attaques, trois pour la deuxième, une pour les troisième et quatrième plus deux pour la sixième… Cela nous fait onze corps… »

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MessagePosté le : Ven Nov 17, 2006 6:48 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La remarque de la journaliste sembla gêner le capitaine et, effectivement, le mercenaire se maudissait intérieurement pour sa maladresse. Il répondit néanmoins à la journaliste avec le plus de dignité possible.

- Il y a eu effectivement "que" onze victimes, si j'ai parlé de douze morts c'est que, lors du troisième meurtre, nous avons retrouvé un cadavre, une ruelle plus loin, aussi atrocement mutilé. Cependant nous pouvons dire sans risque d'erreur, qu'il ne fut pas tuée par la même "chose". Ses mutilations ont incontestablement été effectuées au moyen d'objets tranchants, quoi qu'avec une grande cruauté, et le cadavre a été énucléé. Cependant si j'ai dit douze victimes c'est que je considère, personnellement, que ce meurtre est liée à ces horreurs, bien qu'aucune preuve réelle n'aille dans ce sens, je me refuse à croire en une telle coïncidence.

Rizzura poussa un soupire, il aurait aimé conserver cette enquête sous la seul juridiction de ses hommes, mais si, comme il le croyait, les deux meurtres étaient bel et bien liés, mieux valait ne rien cacher à ces enquêteurs de fortune.

- Ce que je dois vous dire, c'est que, cette fois, le cadavre n'était pas vraiment un civile mais un garde de l'illumination. D'après son sceau de pureté, il s'agissait du Frère-Capitaine Homatin Délessandre du 2eme régiment des Frères de la Certitude. Là ou cela est étrange, c'est que le régiment stationné à église de Cassandre dit ne connaître personne de ce nom et que jamais aucun régiment des Frères de la Certitude n'a été présent dans cette région. Nous avons envoyé un message par Mathalys à la grande basilique d'Erastit, mais le clergé d'Ohm nous a assuré que ce régiment a été dissous après la bataille de la plaine d'Haveroc contre le royaume d'Yunora, il y a dix ans. Le capitaine Délessante à été porté disparu suite à cette même bataille. C'est tout ce que nous savons pour l'instant sur ce sujet. Après un long moment de silence, le capitaine fixa tour à tour les enquêteurs avant de s'éclaircir la gorge et de reprendre la parole.Maintenant, excusez moi, mais nous devons nettoyer cette horreur.
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Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

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