La faiblesse de l'assassin
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Ailin
Aiguise sa plume

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: Sam Oct 14, 2006 11:53 pm
La faiblesse de l'assassin |
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Un millier d'étoiles couronnait le joyau du Calice, firmament d'étincelles figées entre les édifices. Les muses de la capitale des arts se dessinaient en ces constellations confuses, dansant entre les audacieuses colonades et au rebord de somptueuses fontaines. Au coeur des jardins suspendus, des artistes cotoyaient les aristocrates autour de dîners fastueux. Quelques musiciennes entonnaient le dernier bolero, les accords frissonaient dans l'air rafraîchit, nés de leurs doigts agiles. Les toits d'or et de bronze, d'albâtre et de marbre brûlaient de concert sous le soleil couchant. Les saules pleuraient la fin du jour et déployaient leurs bras dans les bassins translucides, par désespoir. Les corolles se fermaient dans les brasiers vert sombre des feuillages ceignant les murs blancs. Des ombres flanaient au bord des piscines décorées de mosaïques. Les âmes désertaient les rues alors que les danseuses épousaient la nuit. La courtisane du Soleil se mirait dans le lac Espera où ses chandelles se liaient aux astres. Un sort semblait s'être emparée d'elle. Cassandre s'endormit. Ses voiles colorés cascadaient en paliers jusqu'à la plaine, ornés de perles iridescentes.
Une douce brise s'insinua entre les planches d'un volet dérisoire et fit vasciller la bougie. Laust serrait dans ses mains une enveloppe cachettée à la cire, marquée d'un sceau témoin de noblesse. Certains doutes l'assaillaient depuis la recontre avec son commanditaire. Il revoyait clairement la silhouette se dessiner dans son souvenir, ceignie de riches étoffes. Une barbe noire taillée avec soin, ajoutant à son élégance. Son regard pétillait de malice, les pupilles cinglaient Laust d'allusions rapides et calculatrices. Resserant sa cape sombre, l'homme lui tendit la lettre sans prononcer un mot. Un capuchon voilait son visage, il ne put en discerner le moindre trait. L'aristocrate cachait son malaise à merveille face à l'assassin dans son antre. Les appartements reflaitaient les lueurs malsaines de ses iris émeraude. De longues tapisseries recouvraient les murs de platre immaculé comme autant de cascades sanguinaires sacrifiées aux démons peints au plafond. Les meubles, bas, semblaient s'incliner face à l'obscurité oppressante de la chambre dont la suprémacie n'était convoitée que par quelques lanternes ouvragées. Ces dernières étendaient sur le sol des symbôles profanes en clair obscur que les flammes agitaient. Un narguilé siégeait dans un coin pour alimenter sa folie, non loin se trouvait le lit, recouvert de draps sombres et rouges et de coussins brodés. Quand le noble quitta la pièce, il n'adressa qu'un hochement de tête faussement reconnaissant au jeune homme.
Une voix résonna dans sa tête, suave. Mateus surgit des méandres de la confusion, rampant sur le bois lustré du bureau. La jeune femme enchaînée murmurait la sentence, inévitable tentation. Le serpent, sa monture, se dressa pour dévoiler la splendeur de ses écailles. Séduit, Laust voulu le toucher mais la créature lui échappa et s'enfuit.
Son attention revînt sur le contrat jaunit. Dans son délire, l'assassin l'avait décachetté et l'encre noire dessinait d'élégantes phrases aux sombres désirs. L'ordre était clair sans être précis, aucun nom n'apparaissait. Juste un lieu était indiqué, ainsi que la mention "Elle doit mourir au plus vite". La lettre se terminait par un pseudonyme "à communiquer à la victime". De nombreuses raisons peuvent pousser à acheter le meurtre mais la vengeance était de loin la plus courante et par la même, elle revêtait de bien nombreuses apparances. Celle-ci se teintait d'un sadisme dérangeant, l'homme était allé jusqu'à exiger une longue agonie. Cependant la récompense promise en valait la peine, Laust se mit donc en route.
Telle une ombre, il se fondait dans les allées. Les dalles murmuraient à peine à son passage, ses pas effleurant les pierres froides. Ses yeux scrutaient les ténèbres familères, il bondit pour se hisser sur un balcon bas. De là, il atteignit les toits en escalier qu'il franchit avec vivacité. La Lune se voila d'indignation quand l'assassin parvint à la fenêtre de sa victime. La jeune femme gisait sur un lit de satin, spectre délicieux à travers les voiles qui encadraient son sommeil. Une auréole d'argent dispensée par les étoiles s'immisceait avec audace sur sa peau hâlée.
Laust s'approcha sans un bruit, l'éclat froid du métal brillait déjà entre ses mains sûres. Il trancha soigneusement un des rideaux et muet d'horreur, il lâcha l'un des couteaux qui cogna contre le carrelage dans un soupir. Dans son coeur ressurgit les affres d'un sentiment perdu, tout son être frémit de surprise. Dans sa poitrine, une douce explosion secouait ses pourmons. Des larmes brillèrent entre ses cils, porteuses d'un terrible chagrin, perles de joie, de peur et de rage. Incapable d'agir, il refoula ses désirs, ignora la voix qui s'enivrait de mort dans son crâne et s'enfuit. Les prémices de la jalousie se dessinèrent se grâvèrent dans sa chair en frissons glacés. Que lui voulait-il ? Le désespoir cotoyait la colère et l'affection qu'il lui portait, mailles d'un lien qui ne s'était brisé malgré les ans. A défaut d'avoir été "ignoré". _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
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Eléa
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Posté le
: Dim Oct 15, 2006 12:37 am
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La lueur des bougies dessinaient d’étranges arabesques sur les murs de pierres sombres de la grande salle. Rébecca marchait, nus pieds et en chemise… Pourquoi ? Elle ne se posa pas vraiment la question et continua d’avancer en direction des portes donnant sur les terrasses. Elle ne savait pas pourquoi elle devait sortir mais elle en ressentait le besoin sans appel. Elle tourna lentement la poignée de bronze et poussa sur le lourd battant de bois sculpté… L’air froid s’engouffra dans la pièce mais elle ne frissonna pas, elle n’avait pas froid. Elle se glissa dehors, pâle fantôme nimbée d'une aura diffuse, et fit quelques pas sous la lune, brillante et pleine. Quelques nuages en voilaient à peine une partie. La jeune femme fixa l’astre à la lueur bleutée et sembla se remémorer quelque chose… Quelque chose mais quoi ? Une musique étouffée promenait ses notes poussiéreuses dans le coeur de la jeune femme, un souffle de vent teinté de parfums nocturnes s'éleva des jardins en contrebas, faisant danser ses boucles brunes autour d'elle. Elle entendit vaguement un choc sourd et sentit un frôlement, elle se retourna, le sang glacé soudain. L’image glissa, elle sursauta et se redressa en un sursaut… Elle était dans son lit…
Il lui fallut quelques minutes pour retrouver son calme, tentant vainement de reprendre sa respiration, intimant à son cœur de battre moins vite… Encore moins vite… Elle frissonna, ramenant en arrière quelques mèches que la sueur avait collé sur son front brûlant… Ses yeux s’étant habitués à la pénombre, elle balaya la chambre du regard et constata que la fenêtre en face de son lit était grande ouverte… Elle pensait pourtant en avoir repoussé le battant la veille avant de se coucher… Depuis presque deux ans qu’elle avait acquit cette demeure bourgeoise dans un quartier résidentiel de la belle Cassandre, elle goûtait chaque nuit au repos absolu, loin du tumulte du cabaret où elle avait pourtant conservé sa chambre qui lui servait de boudoir lorsqu’elle se rendait chez Cassandra pour se donner en spectacle. Elle avait donc pris l’habitude de laisser ses fenêtres entre ouvertes pour laisser pénétrer dans ses appartements un peu de la fraîcheur de la nuit ainsi que quelques éclats de lune… Cette douce et discrète amie qui lui apportait son réconfort depuis maintenant deux ans…
*Le vent se sera sans doute faufilé, laissant l’ouverture béante en s’enfuyant…*
La danseuse soupira et sauta à bas de sa couche pour aller refermer les battants de la fenêtre. Ce faisant, elle inspecta les environs immédiats de la maison du regard, presque machinalement puis revint lentement vers le centre de la pièce. Sur une console, elle trouva une carafe, se servit un verre et y trempa les lèvres, le liquide cristallin lui sembla délicieusement frais après son sommeil agité. Elle s’apprêtait à regagner son lit lorsqu’un éclat froid et métallique attira son attention. Elle se baissa et ramassa l’objet : un couteau… Cette facture… Elle eut une étrange impression de familiarité… Elle fronça les sourcils, se concentrant, essayant de déchirer le voile du souvenir… Elle s’assit sur son lit, pensive… Elle connaissait cette arme, elle en était certaine… Mais où avait-elle bien pu la voir ? Quelque part, du fond de son inconscient, un souvenir luttait pour refaire surface… Un étrange sentiment d’oppression commença à la gagner, sans qu’elle en connaisse vraiment la raison. Elle sentit une sueur froide lui parcourir l’échine… Un étau commença à étreindre son cœur alors qu’une scène venue des recoins les plus secrets de sa mémoire se déroulait devant ses yeux… C’était une nuit… Une si belle nuit… L’atmosphère enfumée du cabaret, le bruit des gonds de la vieille balançoire… Les relents d’encens… La brûlure de sa peau effleurant la sienne… La gravité de sa voix… La douleur de la séparation… Et la lune bleutée… C’était cette nuit là qu’elle avait appris à aimer la lune…
Des larmes silencieuses glissèrent le long de ses joues… Elle resta là, immobile, jusqu’au levé du jour… _________________ Eternelles Ondines,
Divisez l'eau fine.
Venus, soeur de l'azur,
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Ailin
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Posté le
: Ven Oct 20, 2006 8:30 pm
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La porte scella son refuge, Laust restait adossé au battant. Son corps ne cessait de trembler, frénétique et épuisé, sa chair ne pouvait contenir les frissons glacés qui affluaient de son coeur. Larmes, convulsions. Son être se débattait, tentant de fuir la confusion qui l'écrasait contre le bois vermoulu. Sa raison butait sur le dédale d'émotions et s'écorchaient aux ronces acérées qui s'enroulaient en étau indomptable. Peu à peu, elles l'entraînèrent au bord de l'abysse où il trébucha, sombrant dans l'inconscience. Terassé par l'intensité de sa fuite, le visage silloné de marques humides, Laust s'abandonna aux ténèbres. L'aube le trouva allongé sur le dallage, la brise éteignait le brasier qui embrumait ses pensées alors qu'en ses songes, il nageait vers la surface de l'océan apaisé. Ses paupières s'ouvrirent quand il jaillit hors de l'eau. La réalité claqua comme un fouet, la fraîcheur de la pierre contre sa joue, les rayons aveuglants à travers le rideau. Une main tendue vers la sortie.
La lame traversa le papier avec une cruelle facilité, le nom du commanditaire gisait à la merci du métal vengeur. Mateus se terrait quelque part dans la fureur qui bouillonait dans les veines du jeune homme, le regard perdu dans le labyrinthe des rues qui s'ouvrait à sa fenêtre. Un milliers de questions avaient succédé à son éveil et la conscience encore engourdie, Laust s'efforçait de leur échapper.
Le passé avait ressurgit, faisant imploser ses convictions. Dans les ruines encore fumantes, la colère cotoyait la passion. Cette homme avait souillé le souvenir de la danseuse et Laust serrait les fragments de ce miroir contre lui, bien qu'ils lui écorchaient le coeur. La culpabilité goutta, rouge sang, rose flétrie de l'horreur. Il avait faillit...Les mots se perdirent dans un sanglot, elle était à sa merci murée dans le sommeil. Le poignard tendu vers son corps, implacable et pourtant. L'echo du choc rida l'image. Incapable, il avait fuit sa propre faiblesse. Sa plus belle faiblesse...Il avait fuit...
Un larme vînt se loger au coin de ses lèvres. Laust maudit la voix qui murmurait et laissa la fraîcheur du vent s'emparer de son torse dénudé. L'assassin se blottit dans l'entrelas de ses draps, vide. Ses sentiments s'étaient anihilés, sans pitié, et avaient engendré un désert. Cependant une douce pluie pansa les plaies craquelant son âme alors qu'il pensait à Rébecca. Uniquement à Rébecca, délaissant la culpabilité, l'effroi et la honte. _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
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Eléa
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Posté le
: Ven Oct 20, 2006 9:49 pm
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Les premières lueurs de l’aube avaient depuis longtemps embrasé le monde et les toits de la ville lorsque la porte s’ouvrit sur une femme d’âge mûr, vêtue de gris sombre, les cheveux remontés en un chignon sévère sur la nuque laissant à peine flotter quelques mèches sur ses tempes grisonnantes. Sivane pénétra à pas feutrés dans la demeure encore silencieuse, elle avait l’habitude d’éveiller sa maîtresse une fois le jour levé. Elle se dirigea donc vers les cuisines où elle entreprit de préparer un plateau sur lequel elle disposa des fruits, du lait de chèvre, des gâteaux au miel et quelques fleurs sauvages qui poussaient dans l’allée. Combien de fois avait-elle dit à Rébecca qu’il faudrait faire couper ces parasites qui dépareillaient par rapport aux massifs de fleurs symétriques des voisins ; mais cette dernière refusait toujours d’une pirouette, arguant du fait que ce qui était sauvage n’en était pas forcément mauvais… Qu’il n’y avait rien de plus beau que ces fleurs indomptables.« - Je les aime car elles me ressemblent… Elles se battent pour survivre… » avait dit la danseuse, plantant un baiser sur la jour de Sivane ; laquelle n’avait pas eu le courage d’argumenter contre les désirs de celle dont elle s’occupait avec tendresse depuis plusieurs années maintenant. Un sourire indulgent flottait encore sur ses lèvres quand elle gravit les escaliers doucement, son plateau devant elle.
Le petit matin trouva Rébecca à l’endroit exact où le cauchemar l’avait terrassée. Pâle, les traits tirés, semblable à une statue de marbre… A première vue, on n’aurait su dire qu’est-ce qui, de son cœur ou de son corps, était le plus glacé… Elle était consciente, du moins en avait-elle l’air, parce que quiconque aurait observé attentivement son visage défait, aurait pu se rendre compte que ses yeux étaient étrangement absents… ça en était presque effrayant…
Le grincement de la porte tournant sur ses gonds ne la tira pas de sa léthargie… Sivane entra et de saisissement, failli lâcher son plateau. Elle se reprit cependant et, abandonnant la collation sur une commode de bois sculpté s’approcha à la hâte de la jeune femme. Elle tâta son pouls et pressa un main tremblante contre son front brûlant. Elle la força à s’allonger et la recouvrit d’un duvet chaud et moelleux. Rébecca se laissa faire, comme une enfant. En réalité, si son corps ne lui obéissait plus, sa conscience effleurait parfois encore la réalité, mais elle avait l’impression d’être dans du coton et ne pouvait ni parler ni même manifester la moindre réaction qui aurait indiquer qu’elle comprenait ce qui se passait autour d’elle. Les ombres peuplaient ses songes et l’entraînaient toujours plus loin dans les profondeurs abyssales des méandres de son esprit torturé. Sivane alluma le feu dans la large cheminée qui occupait un coin de la chambre avant d’aller chercher des huiles dans la salle d’eau. Elle commença alors à frictionner vigoureusement Rébecca pour faire circuler son sang et tenter de la ramener mais n’obtint qu’un succès relatif, d’un rictus reconnaissant de la danseuse. Elle dû se rendre à l’évidence, elle n’arriverait à rien de cette façon, la jeune femme semblait souffrir d’un mal plus profond et sournois. Sivane se résolut donc à la laisser quelques minutes et sortit en trombe pour aller chercher de l’aide auprès des voisins, qui ne tardèrent pas à envoyer quérir le médecin, permettant ainsi à la servante de revenir veiller sa maîtresse. Il fallut également envoyer prévenir Cassandra que sa protégée ne danserait pas le soir même. Malgré les efforts de discrétion fait par les différentes personnes concernées, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre : « Rébecca, la danseuse aux voiles était souffrante et l’on craignait sérieusement pour sa santé… ». _________________ Eternelles Ondines,
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Ailin
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Posté le
: Sam Oct 21, 2006 12:35 am
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Il s'éveilla à la lueur du zénith. Le ciel semblait maussade et triste, plongé dans un halo doré sous la grisaille. D'ici, les toits n'étaient plus que des nacres ternis. On frappait à la porte, avec insitance. Laust émergea de sa torpeur avec difficulté , le monde semblait faire echo à son mal être. Il se décida finalement à enfiler une veste pour aller répondre. L'ombre se tenait sur le seuil, son regard paraissait pouvoir lire son âme à travers la chair. Le jeune homme frissona à cette idée, angoissé qu'il puisse réellement connaître la vérité. Le sinistre sadisme qui luisait en ces yeux noirs le rendait mal à l'aise par son étonnante sincérité.
« Vous avez fait plus que je ne l'escomptais, vous méritez largement ceci !»
Comment ça ? Il n'avait rien fait, où aurait-il trouver la force de l'assassiner de toutes façons. La joie de son interlocuteur était comme une main glacée autour de son coeur, une main dont l'étreinte se resserrait à chaque instant un peu plus.
« De quoi parlez-vous?...Demanda-t-il, masquant son inquiétude.
- L'empoisonner fut un chef d'oeuvre, elle gît sur son lit de mort. De plus, toute la haute-société en parle. Tenez, plus un supplément pour votre imagination.»
Un rire semblable à un millier d'aiguilles lui échappa, les ombres elles mêmes frémirent quand il retentit. Il jetta une bourse aux pieds de Laust, celui-ci considéra le sac en velour brodé sans bouger. Peut-être s'attendait-il à ce que l'assassin s'agenouillâ pour la ramasser, dans un ultime geste de soumission.
~Jamais ! Chien !~
Cette pensée le traversa alors qu'une sombre angoisse enflait en lui. L'aristocrate resta là quelques instants, sans broncher puis s'en fut. Laust éventra l'étoffe et répendit les écus sur le sol du couloir, en proie à sa fureur. Soudain, la réalité ressurgit comme un coup de tonnerre et le laissa coi quelques secondes...«Elle gît sur son lit de mort»...
Il courait entre les ruelles, ombre parmi les hommes, bondissant sur les terasses et courant sur les toit. Toute réflexion se noyait dans le flots des formes qui se fondaient autour de lui, sans même l'effleurer. Plus rien ne comptait que de la retrouver, de la revoir. Hors d'haleine, il avisa l'écart qui le séparait de l'énorme bâtisse devant lui mais il sauta, malgré la distance. Le vide se déroba sous lui, comme une gueule béante prête à l'engloutir entre ses crocs de marbre. Le choc fut brutal et lui coupa le souffle, entre ses doigts la pierre du rebord se faisait lisse et Laust perdait du terrain. Il sombrait petit à petit vers le précipice de poussière et de cris ~Non!~ Peut importait de passer inaperçu, elle ne pouvait s'en aller. L'assassin se saisit du lien devenu vivace après si longtemps, mentalement, il se concentra sur le souvenir de celle qui avait déjoué son indifférence. L'effort qu'il fournit le laissa chancelant quelques minutes, au bord du vide mais déjà les badauds l'oubliaient et vaquaient à leurs occupations. Chacun de ses muscle transis gémirent quand il atteignit la demeure de Rébecca.
Le jeune rassembla ses forces et concentra son attention vers le balcon de la danseuse, il semblait n'y avoir personne à l'intérieur. Son corps se dissipa en ruban cinabres, qui devinrent poussière portée par le vent avant de se reconstituer dans l'obscurité de la chambre. Laust se figea, un hiver brutal s'abattit en son coeur qui cessa de battre un instant. Il dû s'appuyer contre le mur pour ne pas tomber. Un fauteuil vide était tourné vers le lit, quelqu'un veillait sur elle. Il avait peu de temps. C'est pourquoi il ignora toutes ses angoisses et s'approcha de Rébecca. Elle paraissait perdue, seule l'oscillation de sa poitrine indiquait qu'elle respirait et donc qu'elle vivait.
« Oh non...Rébecca...»
Ces mots lui échappèrent mais il s'en fichait à présent. Mateus se taisait, murée dans les ombres de son esprit.
« Je ne comprends pas...Oh, Rébecca...Non...»
Ses lèvres tremblaient, il passa sa main dans les boucles brunes. Elle était si paisible, seul son regard trahissait son état. Laust serra la main de la danseuse contre son coeur, comme pour redonner quelque chaleur à la chair gelée.
~Ne me laisse pas...~
« Je ne te laisserai pas partir. Promit-il, une pointe de colère dans la voix.Tu m'entends ?»
La poignée pivota, le jeune embrassa son index et le déposa sur les lèvres de l'endormie. Il ne voulait pas souiller son visage de ses larmes. Puis il s'enfuit, ne laissant qu'un éclair rouge au coin de l'oeil de Sivane qui n'y prêta pas attention. Elle retourna au chevet de sa maîtresse. _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
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Eléa
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Posté le
: Sam Oct 21, 2006 4:43 pm
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Les semaines s’étiraient paresseusement alors que les jours s’allongeaient, le printemps s’installant silencieusement. Les rumeurs sur la mort prochaine de Rébecca s’étaient tu peu à peu, ceux qui avaient su présenter des visages de circonstance, plaignant sincèrement la jeune femme avaient fini par trouver l’attente longue et avaient rangé leurs vêtements de deuils fraîchement taillés, abandonnant l’idée d’un futur évènement mondain pour s’intéresser à la programmation de l’opéra. Et petit à petit, on avait délaissé cette étrange histoire et laissé la danseuse libre d’hésiter entre la vie et la mort. Alors, dans l’indifférence générale, le fil ténu qui la reliait encore au monde terrestre l’avait retenu. Ses jours n’étaient apparemment plus en danger mais elle n’était pas tout à fait revenu parmi les vivants. Elle restait seule, allongée dans son lit ou sur une méridienne sous le porche et ne parlait à personne. Seule Sivane était autorisée à demeurer près d’elle, en dehors de sa servante, Rébecca ne recevait pas. Ainsi son sang réchauffa son corps et extérieurement, si ça n’avait été une certaine pâleur qui semblait s’être gravée dans sa chair et la profonde indifférence qui voilait ses yeux en permanence, on n’aurait pu croire la danseuse remise tout à fait.
L’air était tiède cette après-midi là, Sivane ramassait des baies pour confectionner des confitures et Rébecca somnolait sous le porche, une petite couverture de laine posée sur ses épaules. L’indolence marquait chacun de ses mouvements mais rien n’aurait pu la décider à retrouver l’agitation du monde. Elle savait bien entendu ce que les gens disaient d’elle mais elle préférait de beaucoup le calme de son jardin aux soirées enfumées et festives du tout Cassandre. Elle s’absorba dans la contemplation des nuages qui moutonnaient dans le ciel azur, ne cherchant surtout pas à leur trouver la moindre ressemblance avec quelque chose d’existant, la nature n’était belle que sauvage et loin de toute idée de civilisation… La jeune femme aimait ces moments où elle était libre de rentrer en elle, sans avoir à feindre de se sentir mieux pour ne pas inquiéter Sivane davantage… L’idée lui vint qu’elle pourrait rester ainsi, retirée du monde pour le reste de sa vie… Mais elle savait bien que cela ne lui serait pas permis. Un jour ou l’autre, il lui faudrait se mêler aux gens et accepter de retourner sur ses pas pour trouver la cause de ses souffrances… Ces souffrances si profondément inscrites dans sa chair… Elle soupira et se redressa légèrement, comme pour obliger ses pensées à s’intéresser au moment présent. Une légère brise se leva et vint lui caresser la joue, faisant danser ses boucles brunes autour d’elle. Elle tendit la main pour les rattraper et se fit la réflexion que ses bras étaient devenus si minces… Ses courbes qui envoûtaient les hommes lorsqu’elle dansait… Où étaient-elles ? Elle sentit sourdre un sanglot au fond de sa gorge, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même… Mais qui lui avait volé sa vie ? Elle demeura pensive quelques minutes… Ce poignard… Depuis que sa raison lui était revenu, oubliant son envie de vivre quelque part dans les ombres, elle avait évité d’y penser mais il faudrait bien qu’elle affronte la réalité… Ce couteau « lui » appartenait… Pas de doute possible mais pourquoi l’avait-elle retrouvé au pied de son lit ? Le visage de l’assassin passa devant les yeux fiévreux de la jeune femme et elle sourit malgré elle… _________________ Eternelles Ondines,
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Ailin
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Posté le
: Dim Oct 29, 2006 11:29 am
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Au fil des jours, la colère n'engendrait qu'un vide glacé et Laust frissonait le soir, en contemplant la Lune. Les rumeurs s'étaient faufilées à son palier, elle était hors de danger...Et pourtant, un goût amer avait craquelé le soulagement...Elle avait voulu partir sans lui...Ces quelques mots l'ébranlèrent comme un ouragan, la pluie était devenue cendre, la chaleur était hiver et la passion n'était que braises fumantes. Son regard s'éteignait, or terni sous l'argent du ciel et il n'y faisait rien. L'assassin n'avait pu lui rendre visite, bifurquant dans sa rue, effrayé à la vue de sa porte. Il ne pourrait affronter son regard si elle ne l'aimait plus. C'est pourquoi il attendait sans savoir pourquoi, sans savoir quoi mais inlassablement, Laust patientait. Transi par une douleur dévorante, il se tordait parfois en sanglots et le silence était le pire des echos à sa souffrance...Peut être aurait-il voulu qu'elle soit là pour tout démentir, mais il ne cessait de la voir, les mains crispées sur l'arme qu'il laissa choir sur le carrelage, à s'en faire couler le sang.
Ce soir là, il n'avait pas bronché. Impassible. Le murmure des pas l'avait atteint bien avant que l'homme n'ait forcé sa porte. Il s'était penché sur lui, Laust reconnu dans son regard la même passion fébrile qu'il ressentait lui-même au moment de tuer, comme la flamme d'une bougie dans un miroir fissuré de noir. C'est pourquoi, il dévia la lame avant qu'elle ne l'ait atteint mais le choc l'envoya rouler à terre. La chaise crissa sur le sol avant de tomber, un craquement en dernier soupir. Le temps paru se suspendre au fil du couteau de l'agresseur, il dérapa sur le dallage et lacéra les draps écarlates sans jamais atteindre Laust qui demeurait plus souple qu'une anguille et insaisissable qu'une ombre. La lutte dévastait son univers, les lampes gisaient éventrées et leurs complaintes vaporeuses n'arrachèrent qu'un soupir à leur maître. Le jeune homme haletait, son épaule avait souffert de l'acharnement impitoyable de l'assassin et avait laissé son empreinte sur les murs blancs.
Soudain, une éclair éteignit ses yeux et plongea la pièce dans l'obscurité. Pourquoi lutter? Ainsi, la mort prenait une tout autre signification. Elle n'apaiserait rien, elle ne résoudrait rien mais elle l'aiderait à oublier. Le trépas serait la drogue de son coeur pour l'éternité, pour alléger le fardeau d'un amour qui ne peut réellement effacer ce pourquoi il se battait. La pointe s'approchait, sourire d'opale, presque séduisant. Laust baissa sa garde et chaque seconde le rapprocha de l'ultime châtiment pour son plus grand échec. Les battements de son coeur avait un air de tambours funèbres, secouant la sueur et la poussière de grandes expirations épuisées. L'air siffla, flûte mutilée par la froide obéissance, bientôt il ne serait qu'un spectre. Oublié de tous, honni de tous. Personne ne le regretterait. Quel destin pathétique...
Sa poitrine ne fît qu'un bond pour s'extirper de la dernière étreinte, le poignard ricocha sur le cuir de sa tunique avant de s'éteindre dans un soupir mate. Surpris le tueur ne vit pas venir la contre-attaque qui le jeta à terre...Laust avait fait une promesse, il ne la laisserait pas partir...Désarmé et penaud face à la nouvelle fureur du jeune homme, le chasseur de tête ne bougeait pas mais il attendait que Laust s'approche. Celui-ci plongea et saisit son poignet, le brisant d'un geste vif et de son autre main il fit taire le cri de douleur...Un parchemin vint embrasser la pierre, le jeune homme savait de quoi il retournait, il l'avait compris. Son commanditaire avait condamné sa faiblesse et bientôt effaçerait les traces d'un passé blessant...Laust refusait de la lui livrer, envers et contre tout...Le tueur était à sa merci, la pitié déserta tout son être. Le glas de l'horreur résonna à lui briser le crâne. Laust hurla sa fureur, l'amour perdu et la vengeance avant d'abattre son bras vengeur. Le sang noir se mêla à ses larmes et ce fut le silence qui l'accueillit, encore une fois.
Il laissa fleurir la rose pourpre sur le carrelage, impuissant. Laust balança son arme sanguinolante dans un coin sombre et se maudit mille fois...Il était encore capable de tuer, pour elle...Pour elle...
Demain il livrerait la charogne à l'oubli de tous. _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
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Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
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Eléa
Impose son style

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Posté le
: Dim Oct 29, 2006 2:14 pm
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L’air embaumait de mille senteurs estivales, le ciel azuré ne se voilait d’aucun nuage ce matin-là lorsqu’une frêle silhouette traversait la place menant au temple. Les rues de la ville bourdonnaient d’une joyeuse animation qui ne trouvait pas échos dans le cœur de celle qui redécouvrait doucement que la vie ne s’était pas arrêtée même alors qu’elle se mourrait.
Rébecca, sous son voile discret, eut un frisson en voyant devant s’élever devant elle le majestueux édifice. C’était sa première incursion dans le monde des vivants depuis son « accident ». Elle s’était réveillée ce matin là avec une envie presque viscérale de confier son mal être à quelqu’un, fut-ce à l’ombre diffuse d’une divinité incertaine… Elle avait donc suivit son idée, malgré les exhortations de Sivane et se rendait à présent au temple pour se recueillir. Elle savait que sa fidèle gouvernante s’inquiétait mais que faire d’autre ? Rester à tourner en rond encore et encore ? Malgré elle, la vie recommençait à affluer dans ses veines… Elle se devait de tenter quelque chose pour se libérer enfin de ce poids si lourd qui compressait son cœur…
Elle s’approcha des grandes portes dorées et après une hésitation, pénétra dans l’ombre de la bâtisse, enveloppée par la fraîcheur presque mystique qui habitait les lieux.
Il lui fallut quelque minutes pour habituer ses yeux à la pénombre qui régnait dans le lieu saint. Elle avança ensuite timidement, choisissant une allée latérale, préférant éviter l’allée centrale, trop exposée à son goût. Elle se laissa imprégner du silence serein et de l’impression de quiétude qu’elle ne savait trouver qu’ici.
En s’agenouillant devant un petit autel, elle pria de toute son âme pour celui qui habitait son cœur et ses pensées depuis si longtemps, demandant d’être libérée de ses pulsions morbides qui ne la quittaient plus… Elle se sentit mieux, plus légère malgré les larmes qui coulaient le long de ses joues… Elle savait bien que rien ne changerait en elle mais elle se sentait comme libérée d’un poids… D’avoir même mentalement mis des mots sur son mal lui avait permis d’accepter l’aveu de son cœur… Elle pensa un moment qu’elle aurait dû venir plus tôt mais aurait-elle été prête ? Rien n’était moins sûr…
Un mouvement sur sa gauche attira son attention, pour autant elle ne bougea pas, n’accordant pas un regard de ce côté là, se contentant de noter une présence qui se voulait discrète du coin de l’œil.
*C’est bien ce que je pensais…*
En réalité, la jeune femme avait eu l’impression qu’on la suivait dans les rues ensoleillées, un peu plus tôt. Elle ne ressentit aucune peur… Elle ne ressentait plus grand chose à vrai dire.
Elle se recueilli encore quelques minutes puis se releva lentement, fit un signe de remerciement vers l’autel, alluma un cierge, déposant un felin dans une urne déposée là à cet effet et, après un dernier regard vers le chœurs, se dirigea à pas lents vers la sortie, notant au passage que l’ombre se fondait à présent derrière un pillier… _________________ Eternelles Ondines,
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Ailin
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Posté le
: Dim Nov 12, 2006 1:24 pm
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Laust contempla l'étoffe noire un instant, elle gisait au fond du tiroir et c'est à peine si on la distinguait de l'obscurité. Il suivit du regard les motifs cousus d'or, stigmates de souvenirs ternis par la poussière. L'assassin en chassa le vernis éphémère puis noua le tissu autour de son visage avant de rabattre sa capuche. L'ombre formait un masque insondable, un refuge d'où seuls ses yeux se montraient. Enfin, Laust ajusta quelques lames contre sa brigandine à l'abris de sa tunique de moire sombre. Un sourire sans joie retroussa ses lèvres alors qu'il observait son appartement dévasté, il n'avait même pas eu la force de laver le sang qui soullait les murs. Cela faisait plusieurs jours qu'il traquait le réseau de tueurs qu'avait engagé son ancien commanditaire. Ce-dernier avait d'ailleurs disparu de chez lui lorsque les premiers étaient morts de la main de Laust...
L'assassin se faufilait à travers la foule, rasant les murs où il se confondait dans l'obscurité. Elle avançait vers le temple, magnifique dans sa détresse bien que l'assurance ne guidait plus ses gestes. Un pincement lui serra le coeur alors qu'il aperçu une ombre fondre sur elle. Les secondes se figèrent dans l'instant, Laust fuyait le regard des gens avec adresse tout en s'approchant de l'homme encapuchonné qui n'était plus qu'à quelques mètres de lui. Un marchand attira l'attention de la foule, il en profita pour s'élancer, toutes lames dehors. Le sang entâcha la poussière dans un murmure métallique alors que la masse grouillante des gens attirés vers l'étalage du commerçant avalait le corps inanimé du tueur dont le coeur s'était arrêté de battre.
Le jeune homme se faufila dans le temple après avoir retourné sa tunique souillée, quelques peu honteux de sa présence blasphématoire en ce lieu. Rébécca se tenait à l'écart, agenouillée dans la fraîcheur et le silence, prostrée devant un autel. Le temps de calmer son souffle ivre d'adrénaline, il s'appuya contre un pilier.
Le calme du temple apaisa son coeur et il s'adonna à la contemplation de la danseuse. Drappée dans sa dignité, Laust vit ses épaules trésaillir légèrement, elle pleurait. Un doute lui serra la gorge, il voulu la consoler mais il demeura immobile. Rébecca rejoignit la sortie, calme comme une reine mais l'assissin cru déceler un regard à son attention. Trop bref pour qu'elle le reconnaisse pensa-t-il. Pourtant il la poursuivit sur la place, animée par la découverte du corps, et glissa dans un repli de sa tunique une broche d'argent en présent. Pour réclamer son pardon, pour apercevoir un sourire, pour lui dire qu'il veillait sur elle. Peut être...Laust avait agit d'instinct avant de disparaître, de peur d'être compromis.
~Au revoir, Rébecca...~ _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
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Eléa
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Posté le
: Dim Nov 12, 2006 2:04 pm
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La lumière l’aveugla alors qu’une bouffée de chaleur étouffante après la fraîcheur régnant dans le temple lui brûla les poumons. Rébecca resta un instant sur le parvis de l’église pour s’habituer au bruits…
Bruits ? Brouhaha indescriptible était un terme plus approprié. Sur sa droite, elle vit un attroupement de personnes qui gesticulaient, elle renonça à s’approcher et préféra se diriger dans une autre direction, quitte à faire un détour par les ruelles derrière le presbytère elle aimait autant ne pas se mêler à cette foule grouillante et hurlante. Elle arrêta néanmoins un gamin qui courait pour lui demander la cause de cette agitation et sa réponse glissa sur elle comme l’eau sur la roche… Après tout, la mort… Elle commençait à la connaître, comme une amie silencieuse qui la suivait sans jamais l’enlacer totalement…
Elle soupira et s’éloigna, mais à peine avait-elle fait quelques mètres qu’elle sembla chercher quelque chose du regard… Elle venait de sentir quelque chose de froid dans sa tunique. Promenant ses doigts sur l’objet elle le découvrit finement ciselé et pointu à une extrémité… Elle en conclu qu’il devait s’agir d’un bijoux… Peut-être une broche… Elle parcouru la foule des yeux mais ne décela aucune ombre que sa mémoire aurait reconnu immédiatement. Elle reprit donc sa marche et lentement, tourna dans une ruelle qui offrait l’avantage de contourner la zone sinistrée et de longer le canal sur quelques centaines de mètres.
Elle sentit la peau autour de ses yeux tirailler un peu, vestiges des larmes dont l’amertume était resté quelque part entre l’autel et le parvis du temple. Passant devant d’étroits escaliers qui descendaient au bord de l’eau, elle hésita avant de finalement se décider à les emprunter. Elle s’assit sur la berge et se penchant, aperçut un visage… Le sien ? Comme elle avait changé, comme la quiétude avait déserté ses traits… Elle frôla de ses doigts la surface miroitante qui se rida, brouillant le monde alentour en un tourbillon argent, confondant ciel et terre en une brume étincelante…
Elle ferma les yeux quelques instants… L’air était si doux près de l’eau… Les bruits de la ville, les cris des gens sur la place… Tout ça semblait avoir été absorbé par cet endroit, sorte de refuge régit par ses propres règles…
Son esprit vagabonda pendant ce qui lui sembla une éternité… Loin… Très loin… Jusqu’au porche d’un cabaret où jouait en sourdine une musique sur laquelle les cœurs valsaient langoureusement, mêlés à jamais dans l’instant…
Lorsque ses paupières se relevèrent, dévoilant à nouveau le monde à ses iris éteints, le reflet dans l’eau n’était pas redevenu tout à fait clair… Les particules mouvantes se mélangeaient encore pour reformer petit à petit une image de la réalité… Les courbes bleutées se rejoignirent et un visage… Un autre visage apparut alors… _________________ Eternelles Ondines,
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Ailin
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Posté le
: Dim Nov 19, 2006 12:05 am
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L'homme saisit son regard dans l'eau silencieuse du canal, les teintes humides ne parvenaient à effacer l'empreinte du chagrin qui s'étaient ancrée dans les traits de la danseuse.
Autrefois, il avait aimé le feu qui parcourait sa peau quand elle dansait pour les autres...L'effort sublimait ses charmes sous l'étreinte des braseros, chassée par l'éclat noir de ses cheveux...Elle ne n'avait jamais dansé pour lui...A l'abris des voilures de sa loge, il dissimula ses chimères, nourrissant le besoin de la contrôler. Après tout, le moindre de ses désirs était un ordre. Sa main se souvenaient encore de la froideur de son verre; ses lèvres, de l'âcre goût du vin. Elles désirèrent s'emparer de la saveur du sourire énygmatique de Rébecca. C'est ainsi qu'il déploya toutes les intrigues pour y parvenir, de l'opulence à la menace, tout s'était brisé comme la mer sur la falaise, sans parvenir à arracher la moindre poussière. La honte craquela cette passion futile, libérant les affres de la rancoeur. La volonté perdue dans l'immensité de cet océan écarlate, elle se brûlait les ailes dans la poursuite d'une idée encore plus folle. Folle de rage. Elle serait à lui, pour lui. La mort de Rébecca serait sienne, comme une ultime victoire marquant l'éternité au fer rouge.
Aujourd'hui, l'ardeur semblait éteinte, réduite en cendres. Un dégoût amer étreignit son palet, à l'égard de cette affection qu'elle lui inspirait encore, drappée dans toute sa noblesse. La jeune femme demeura immobile, ne lui adressa pas un regard. Cette indifférence renforçait son plaisir plus encore qu'elle ne froissait son ego. Rébecca gisait pâle comme l'écume abandonnée sur la plage, scintillante...mais seule.
« Bonjour Rébecca. Ton miracle t'aurait-il rendu pieuse ?
Il parlait sans aigreur, tout juste capable de masquer son ressenti. Le visage de l'aristocrate n'arborait pas la moindre expression si ce n'est une froideur hautaine, soulignée par une barbe sombre et pointue. Dans ses yeux glacials n'apparaissaient que les images de l'extérieur, les liasses d'ébène posées comme un voile sur les empreintes de son coeur.
-Tu es toujours aussi forte, capable même d'échapper à la mort. Peut être parviendras-tu à retrouver le chemin de la scène, le cabaret s'ennuie de ta présence, Rébecca. Je te souhaite de retrouver le bonheur...
L'homme s'approcha d'elle et appausa sa main sur son épaule feignant la compassion avant de l'enserrer dans un terrible étau. Il ne cessa de contempler le regard ternis à la surface de l'eau. La jeune femme ne frémit qu'à la surface du canal, dominée de la sombre image de son ravisseur. Le reflet de la longue cape noire l'enveloppa comme un nuage de tempête quand il se pencha sur elle. Ses lèvres effilées effleurèrent l'oreille de la jeune femme, charriant le parfum capiteux de l'absinthe.
...Car la prochaine fois, je te tuerai.»
Les mots résonnaient comme une sentence alors qu'il se relevait dans un bruissement d'étoffes, il réajusta son brocard et se fondit dans l'obscurité d'une ruelle, pareil à un spectre. _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
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Eléa
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Posté le
: Dim Nov 19, 2006 11:46 pm
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Rébecca n’avait pas cillé… Elle avait cru d’abord à un fantôme surgissant de son imagination, puis avait compris que les fantômes étaient bien réels… L’amertume contenue dans sa voix… Elle se souvenait de ses assauts sans cesse répétés, inlassablement réitérés et éternellement déçus… Non, elle ne l’avait jamais aimé, comment aurait-elle pu ? Peut-être au début, aurait-il eu une chance de se faire aimer d’elle, lorsque la grandeur côtoyait la simplicité, lorsqu’elle l’avait rencontré n’était-il pas charmant ? Son érudition l’avait attiré, son assurance et son intérêt pour toutes choses… Puis il était devenu si faible, sa passion dévorante l’avait consumé de l’intérieur. Il avait perdu tout attrait pour elle alors qu’il tentait vainement de lui plaire à tous prix… Son arrogance lorsqu’elle l’avait repoussé n’avait plus connu de limites… Il était excessif en toute chose et Rébecca l’avait trouvé si pitoyable… Avait-il voulu la couvrir de bijoux ? Leur éclat ne l’avait pas plus touchée que les chardons poussant dans les champs en friche à la sortie de la ville. Avait-il voulu lui faire peur ? Ses menaces loin d’effrayer la jeune femme avait simplement déposé sur son visage la profonde pitié qu’il lui inspirait désormais… Cela, et cela seulement, il ne pourrait jamais lui pardonner…
Rébecca se souvint du contact brutal de ses doigts sur sa peau pâle et eut un sourire las :
*… Ne seras-tu jamais un homme ?*
Les hommes, ceux que l’on respectait, n’avaient nul besoin d’éprouver leur force en écrasant les autres… Elle resserra ses doigts sur l’objet dans sa tunique, le visage de Laust passa devant ses yeux qui s’éclairèrent l’espace d’un instant :
*Où es-tu ? Toi l’unique dont la marque est à jamais sur mon cœur…*
Elle soupira, regardant le reflet transparent :
*Regardes… Ce qu’ils ont fait de toi…*
Elle se releva lentement et gravit les marches qui la ramèneraient dans le monde des vivants.
Elle traversa la ville comme dans un rêve, sans prêter attention à ce qui se passait autour d’elle, son seul désir était de rentrer s’isoler, loin des gens, loin de tout.
C’est avec soulagement qu’elle referma la lourde porte de bois sur elle, s’appuyant contre le battant elle resta là quelques minutes, son cœur battant irrégulièrement, signe de son malaise. Elle résolut de ne pas tenir compte des menaces faites à son encontre et de ne surtout rien dire à Sivane, qui s’inquiétait déjà assez comme ça.
Elle monta dans sa chambre et, après un bon bain, s’étendit sur son lit, les yeux fixés sur les branches d’arbres que le vent faisait danser devant sa fenêtre.
La nuit la surprit ainsi… La maison était silencieuse… Rébecca se leva en chemise et descendit les escaliers en silence et dans l’obscurité. Elle parvint sur la terrasse et allait se laisser aller sur la méridienne lorsque le reflet de l’eau du petit lac au fond du jardin attira son regard. Elle inspira l’air frais de la nuit et se glissa le long de l’allée, appréciant le contact de l’herbe douce sous ses pieds nus.
Arrivée au bord du lac, elle écouta chanter les grenouilles et se sentit attirée vers la mer d’huile où se mirait la lune. Elle avança furtivement entre les roseaux. Elle frémit au contact de l’eau froide mais avança plus encore, laissant avec délice l’élément envelopper son corps de ses bras amoureux. Elle nagea ainsi quelques minutes… Le temps semblait s’être suspendu, elle se sentit revivre…
Plus tard, elle regagna la rive et se hissa sur un lit de trèfles où elle resta étendu, les paupières clauses, le tissu léger de sa chemise devenu transparent collé sur sa peau où perlaient des goûtes d’eau et de lune… _________________ Eternelles Ondines,
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Ailin
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Posté le
: Dim Nov 26, 2006 10:46 pm
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La réalité fuyait sous ses pas, sans cohérence. L'air semblait effacer la ville au fil de sa course. Les formes s'écoulaient autour de lui bafouant les teintes qui s'emmêlaient, les étoiles cinglaient l'obscurité de rubans argentés. Le temps semblait retenir son souffle. Laust haletait, son coeur battait à rompre ses tempes, assourdi par les battements fébriles. L'ombre le talonait, glissant sur le dallage comme l'eau sur les toits, sans avoir à souffrir les obstacles. Elle balayait toute vérité de son implacable fureur, les flots noirs engloutissaient tout espoir dans le néant entrelassé. La bête le happa, il s'effondra sur la pierre éclaboussant son visage d'encre. Le monde se déroba sans un bruit, soufflé par la bourrasque. L'assassin sentait son corps devenir poussière, la moindre parcelle de sa chair s'égrenait autour de lui, sans douleur, sans émotion. Des larmes lui montèrent aux yeux, son visage se craquelait. Il voulait tendre une main mais elle n'existait plus. Il voulu crier son nom mais sa voix n'était plus...Rébecca...
Ses paupières s'ouvrirent, l'éclat de la Lune l'attira lentement loin des songes. La vapeur accompagna son soupir, il s'était assoupi contre un arbre. Le jeune homme ne voulait pas la déranger, un sourire lui avait suffit puis il s'était éloigné pour lui accorder cet instant paisible. Il se leva et écartant une branche de sa main, il la vit allongée. Ses yeux mis-ouverts contemplaient le ciel, Laust sourit, car la lumière du soir lui allait si bien. Son corps se dessinait en lignes d'argent où perlait l'eau du bassin. Ses cheveux humides enlassaient son visage de noir, en un parfait désordre. Soucieux de ne pas se trahir, il ôta ses bottes et s'immisca dans le silencieux refuge de Rébecca.
Peut-être l'avait-elle vu venir car elle ne cilla pas à son approche.
L'assassin dénoua le foulard qui barrait son visage et lui pris la main. Son regard retrouva la broche qu'il lui offrit, en cette rencontre d'un instant. Le brise vînt saluer leurs retrouvailles, la danseuse frissona et Laust la serra contre lui. Le cauchemar cingla sa mémoire, ses yeux saignèrent de larmes. Toutes les blessures s'étaient rouvertes à l'instant où leurs corps s'étreignirent. Il pleurait le temps perdu, il pleurait de joie sans honte car jamais un regard ne l'avait vu ainsi. Le jeune homme ne dit rien, la voix étranglée par les soubresauts de son âme.
Il la serra plus fort pour sentir son coeur battre dans l'espoir que c'était pour lui, un sourire étira ses lèvres tremblantes alors que son être s'apaisait. Laust passa sa main dans les boucles noires, comme la toute première fois. Enfin il parvînt à articuler:
« Je suis heureux de te revoir, enfin...Je suis désolé...pour tout...Je ne t'ai jamais oublié, je t'aime Rébecca.»
A ces quelques mot, il plongea ses yeux dans ceux de la danseuse. Alentour, plus rien n'avait d'importance. L'assassin n'attendait plus rien, le soulagement l'avait submergé et balaya la tempête loin à l'horizon. Suspendu à son regard, il se résigna car il aimait cette faiblesse. _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
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Eléa
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Posté le
: Dim Déc 17, 2006 10:53 pm
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Le froid habillait son corps de perles de glaces, scintillantes sous la lueur bleutée de la lune, cette amie si chère à son cœur… Les étoiles semblaient raconter une histoire, leur histoire… Rébecca songea, dans une demi-conscience, que jamais elle n’avait eu de plus belle preuve ‘amour que cette absence, qui pour elle avait sans doute été synonyme de survie… Elle le vit en rêve, aller et venir, ses vêtements de nuit le dissimulant aux yeux du monde… Et aux siens… Les larmes perlèrent et se mêlèrent aux gouttes de lune… Le silence nocturne lui souffla sa venue… Elle ne bougea pas, sentant approcher le destin… Elle était prête… A accepter sa sentence… S’il souhaitait qu’elle vive, l’oxygène continuerait à affluer en son sein… S’il la voulait morte, elle saurait le laisser abréger cette vie qui n’en était plus une sans lui… Elle savait qu’il l’aimait… Mais aurait-il le choix ?
Elle ressentit la chaleur de sa main sur la sienne… Soulevant totalement ses paupières cernées de noir, elle lu les tourments sur son visage où transparaissait les mois de profonde inquiétude et les nuits de solitude infinie… Elle frissonna et il l’attira à lui, elle frémit, comme sous la porche lorsqu’il avait effleuré sa nuque. Elle sentit se rompre la digue contenant les émotions du jeune homme et le laissa pleurer l’amer, lui caressant le front avec douceur, lui offrant le calme après la tempête. Il s’apaisa et passa sa main dans les boucles brunes de la jeune femme, il aimait ça… déjà auparavant…
Laust: « Je suis heureux de te revoir, enfin...Je suis désolé...pour tout...Je ne t'ai jamais oublié, je t'aime Rébecca.»
Lorsqu’il plongea son regard franc dans celui de Rébecca, la jeune femme sut que jamais plus rien ne pourrait changer ce qui s’était tissé entre eux et malgré eux… la fatalité les avait finalement rattrapé après bien des lunes d’errances et de lutte acharnée contre ce qui leur semblait alors comme impossible… La bouche de la jeune femme s’entrouvrit en un sourire énigmatique… Elle caressa la jour de son amour et, arrêtant son doigt sur les lèvres tremblantes de Laust, murmura :
Rébecca : « - Je sais… Chut… Tout ça n’a plus d’importance… Je t’ai aimé dès le premier regard… Je suis prête à en payer le prix… Mais le temps viendra bien assez tôt… »
Elle approcha le visage du jeune homme du sien et l’embrassa. Ils restèrent là, enlacés jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Ils résolurent de se retirer à l’abris des regards et pénétrèrent dans la maison silencieuse. Rébecca referma le verrou sur eux et ils oublièrent l’espace de quelques heures le reste du monde…
Le soir venu, ils parlaient encore, se disant tout, ne s’épargnant aucun détail de la longue agonie qui les avait torturé des mois durant. Ils avaient tant de choses à se dire, à partager, ils eurent l’impression qu’ils n’auraient pas assez d’une vie pour s’avouer tout ce qu’il avaient gardé en eux si longtemps…
La réalité finit cependant par les rattraper en la personne de Sivane qui, inquiète de ne pas avoir vu sa maîtresse de la journée vint aux nouvelles. Trouvant porte close, elle eut si peur que Rébecca dû sortir pour la rassurer et, prétextant un regain de bonne santé, la renvoya chez elle sans appel. Sivane dut s’exécuter de mauvaise grâce, insistant cependant pour revenir le lendemain pour s’occuper de la maison, Rébecca dut se plier à cette exigence, comprenant que les choses allaient s’avérer bien plus difficiles que ce qu’elle imaginait…
De retour dans la chambre, elle s’assit près de son amant et, se blottissant contre lui, soupira avant de trouver enfin le courage d’aborder le sujet qu’ils avaient éviter avec soin…
Rébecca : « - Je ne veux pas te perdre à nouveau… Restes… Je le veux… Il sera facile de te cacher ici, le temps de décider quoi faire… »
Le sentant retissant, elle le serra plus fort contre elle :
Rébecca : « - Je t’en prie… Nos ennemis rodent dans l’ombre… Je le sais… Ils ne craignent même plus la lumière du jour… Si je dois mourir, que ce ne soit pas loin de toi… » _________________ Eternelles Ondines,
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Thème visuel par Zeph
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