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Tark
Aiguise sa plume

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: Mer Fév 07, 2007 7:29 pm
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A genou sur le sol, Tark demandait conseil à Nurk-Barg Hank. Si la voie qu’il comptait emprunter était celle qu’attendait l’Archonte, s’il pouvait toujours compter sur sa bénédiction même si loin du Sanctuaire. En échange de quoi le Boros assurait de sa loyauté et de sa dévotion envers la divinité, son peuple et pour la mission dont il était investi, laissant ainsi de côté toute notion d’individualisme ou d’orgueil. Tark-Ban Than, comme tous les guerriers Boros, était l’instrument du divin.
La prière du pénitent était bien emplie de piété et de ferveur, mais parler de véritable transe aurait été un peu exagéré. Certes Tark était concentré dans sa conversation avec son créateur mais ses sens n’en étaient pas moins en alerte et conscient de ce qui se passait autour de lui. Au contraire même, le contact avec le divin avait tendance à exacerber la perception des guerriers sacrés. Agé d’à peine deux ans, Tark-Ban Than était encore un novice en la matière, mais il ressentait déjà parfaitement les connexions qui le liaient à Nurk-Barg Hank. Comme s’il n’était qu’un composant d’un être immense et omnipotent qui lui prêtait sa force et son savoir. Peut-être un jour saurait-il - comme les plus anciens Boros - utiliser au mieux l’énergie de cette pieuse symbiose pour accomplir ce que des non-initiés qualifieraient de miracles.
Seulement pour le moment, Tark-Ban Than se contenta de sentir des présences aux alentours. Il ouvrit les yeux. Soleil était dans le dos du Boros et se dernier voyait son ombre imprimée sur le sol… ainsi qu’une autre plus petite dans le ciel. En pleine prière, Tark n’osa pas se retourner pour vérifier de quoi il s’agissait, mais à la façon dont l’ombre se déplaçait il devait s’agir d’une sorte de gros volatile. Le jeune Boros repensa alors aux Nakptos, ces oiseaux multicolores de la jungle de Nuxen. Les os creux de cette volaille ne valaient pas grand-chose mais Tark-Ban devait bien avouer qu’il était friand des brochettes qu'on avait l'habitude de préparer avec leur chair grasse. Mais assez pensé à la nourriture. Toujours à genou, le Boros senti ensuite des pas sur le sol. Il se concentra pour que Nurk-Barg Hank lui prête son savoir un instant et lui permette d’identifier ce qui approchait. Tark parvint vite à la conclusion qu’il s’agissait de deux hommes qui se dirigeaient vers lui et Amindou en courant, que l’un d’eux boitait et que… ce qu’il avait pris pour un vulgaire oiseau dans le ciel était bien plus gros et bien plus dangereux qu’un Nakptos.
Un bruit sourd retentit, Tark n’avait jamais entendu un son pareil. C’était un peu comme lorsqu’il avait vu un mage Huut faire éclater un rocher rien qu’avec la force de son esprit. Amindou avait sans doute des problèmes, mais Tark-Ban Than ne pouvait se permettre d’intervenir. Sa prière à Nurk-Barg Hank n’était pas achevée, et interrompre ainsi le dialogue avec l’Archonte serait synonyme de malédiction. Le Boros se replongea donc dans sa pieuse occupation alors qu’Amindou se débrouillait comme il pouvait. Certes le guerrier n’assurait pas vraiment là son rôle d’escorte, mais il y avait des priorités dans la vie. Et puis si le marabout venait à trépasser alors que Tark priait, c’était que l’Archonte le voulait. Tout se passait toujours selon ses souhaits.
Achevant sa prière, tournant le dos à Amindou et à ses ennuis, le Boros gardait tout même une oreille sur ce qui se passait derrière lui. Le vieux avait l’air de se débrouiller, il esquivait avec une agilité – ou une chance – étonnante. Cette créature qui avait l’air d’en vouloir au sorcier était vraiment étrange, et le guerrier de la jungle était à vrai dire assez tenté à l’idée de se retourner pour voir de quoi elle avait vraiment l’air. Tark reconnut ensuite le bruit d’une flèche que l’on tire sans grande assurance, puis celui d’une autre flèche. Cette fois-ci le cri qui retentit laissait entendre que le projectile avait atteint sa cible.
Les yeux clos, récitant toujours ses cantiques, le Boros esquissa un sourire. Ce vieux fou savait se défendre en fin de compte.
Quelques longues secondes passèrent.
- ... vil tala nor kaduc eko mundi.
Tark-Ban Than venait d’achever sa prière. Il souffla bruyamment et se leva d’un coup laissant exploser la puissance compressée sous sa carapace rigide. Attrapant sa lourde lame, il parcourut l’espace des yeux. Comme il l’avait pressenti il y avait là deux hommes qui fonçaient sur le pauvre Amindou, ce dernier avait l’air complètement affolé. La créature volante, elle, s’éloignait à tire d’aile. Tark fut quelque peu surpris en la voyant. On aurait dit un homme avec des ailes. Que pouvaient bien vouloir ces gens ? Tark-Ban Than n’était sur de rien mais à voir l’expression du vieux sorcier ça ne lui plaisait pas vraiment. Le Boros avait besoin d’Amindou pour le guider à travers ses terres et lui en apprendre plus sur les coutumes locales. Il ne lui serait plus d’une grande utilité une fois mort.
Tark-Ban Than serra alors le poing autour du manche de sa lame, son regard couleur ciel vira à l’orage, la lourde machine guerrière se mit en marche et fonça pour s’interposer entre Amindou et ses assaillants. La lame d’os décrivit un large arc de cercle, fauchant ce qui avait le malheur de se trouver sous son tranchant.
Bientôt cette même lame fut couverte de rouge. La Fouine avait perdu un bras, celui de Nez-Cassé saignait abondamment. Celui-ci se montrait plus coriace que Tark-Ban ne l’aurait cru. La façon dont il maniait son sabre laissait deviner que le bandit n’en était pas à son premier duel. Cette expérience du combat lui permettait de résister à la fougue barbare du Boros alors que la Fouine était déjà par terre, gémissant de douleur.
Tark lui était déchainé, il avait enfin devant lui des hommes. Hommes qui avaient tenté de pénétrer dans la jungle sacrée, hommes qui avaient tué plusieurs de ses frères. Le guerrier Boros hurlait et grognait sous les gerbes de sang qui tâchaient sa carapace osseuse, fendant sans relâche l'air de son épée. Se pouvait-il que les autres Boros envoyés dans l'Empire connaissent pareils combats ? _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
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Tark
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: Lun Fév 12, 2007 10:05 am
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Ce n'était pas juste un type en armure, il bougeait trop vite, trop aisément. C'était plutôt comme si l'armure faisait partie intégrante de lui. Nez-Cassé en avait croisé des choses pas nettes au cours de sa vie de hors-la-loi mais il n'avait encore jamais croisé une créature comme celle-ci. Le maraudeur préférait employer le terme de créature plutôt que d'homme, non seulement parce que cette chose n'avait en fin de compte rien d'humain mais surtout parce que sa façon de se battre allait contre toutes les conventions d'escrime connues. Un style sauvage et brutal mais qui laissait tout de même percevoir qu'il était le fruit d'un entraînement rigoureux et étrange. Même l'arme de cette chose cuirassée était singulière.
Et pourtant depuis qu'il était dans le métier et parcourait le monde en quête d'aventures et de deniers, le brigand avait appris à maîtriser les ficelles de bien des techniques de duel. Depuis les académiques bottes de l'école de formation des gardes de l'empire jusqu'aux coups bas des bagarres dans les taverne. Et même, disait-il, certains arcanes secrets Agelien. Le sabre de pirate de Nez-Cassé était d'ailleurs une arme personnelle et unique, un trophée de chasse en quelque sorte dont le maniement seyait particulièrement à son style de combat.
Mais malgré toute cette expérience, le chef des bandits avait du mal à esquiver les coups de son étrange adversaire, alors que ceux qu'il parvenait à porter ne semblaient pas causer grand mal à l'épaisse carapace. Il essayait parfois d'éviter le puissant colosse pour toucher directement le marabout, mais cette chose formait un rempart presque infranchissable.
Tordu par l'inquiétude et la douleur, le visage de Nez-Cassé était encore plus horrible qu'à son habitude. Se risquant à jeter un bref regard à la Fouine estropié, il doutait à présent de l'issue de la confrontation. De plus ses blessures saignaient abondamment et l'empêchaient de se mouvoir correctement. Ce vieux gredin de marabout avait assurément trouvé là un garde du corps des plus efficaces. Mais qu'elle était donc cette chose ? Un Eratho particulièrement costaud ? Ou bien un hybride ayant pour parent un Wirgl ?
Peut-être une invocation de ce sorcier… Epona se demandait aussi quelle était cette chose qui accompagnait le marabout et était soudainement intervenue pour le défendre après avoir quelque peu ignoré l'attaque.
L'Aérienne blessée était hors-jeu. Elle se tenait le ventre d'où dépassait la flèche qu'avait décoché ce maudit vieux fou qui s'était improvisé archer. Trop sûre d'elle Epona avait fatalement négligé l'arc du vieillard, et à présent elle se retrouvait à battre maladroitement des ailes, n'ayant d'autre choix que d'observer la suite combat de loin. La fière maraudeuse prit sur elle, un peu honteuse de s'être laissé avoir si facilement. Heureusement tout de même la blessure était douloureuse mais la flèche n'avait touché aucun organe vital. Epona se retrouvait tout de même bonne pour quelques semaines de rétablissement avant de pouvoir se remettre au travail… si son employeur survivait à la confrontation. Il lui était en outre impossible de lui venir en aide alors qu'il paraissait en sérieuse difficulté. Epona elle non plus n'avait encore jamais vu une telle créature cuirassée.
Par contre grâce à sa vue perçante lui permettait de distinguer clairement la Fouine qui avait perdu un bras dans le bataille et gisait à présent misérablement sur le sol. Nez-Cassé n'avait pas l'air d'en mener large non plus. L'Aérienne songea qu'il était peut-être temps pour ces deux là de mettre un terme à leur vie de maraude. Ils exerçaient un métier dangereux et toute chose ayant une fin, il était normal qu'un bandit finisse par tomber sur un client plus fort que lui.
Epona vit ensuite Nez-Cassé perdre l'équilibre, sans doute son épaule sanguinolente qui le faisait souffrir, puis la créature lui donner un coup du plat de sa lame. Le brigand mordit la poussière. L'Aérienne avait l'impression de voir la scène au ralenti. La mort d'un homme - quel qu'il soit - n'est jamais un acte anodin. La chose cuirassée n'attendit pas: dès que Nez-Cassé fût à terre, elle prit le manche de son épée à deux mains et l'enfonça d'un coup sec dans le ventre du malheureux qui paru s'éteindre dans une dernière grimace. Epona ne détourna pas le regard et ne put s'empêcher d'être fascinée par la puissante créature guerrière qui avait hurlé de rage au moment où jaillirent les dernières gouttes de sang. La Fouine non plus ne semblait pas avoir de grandes chances de survie.
C'était malheureux à dire mais l'Aerienne ne ressentie pas plus qu'un léger pincement au cœur. Après tout, ces deux hommes n'étaient que de simples collègues de travail. Et pas des plus sympathiques qui plus est. Epona s'en était tiré. Elle avait mal mais elle s'en était tiré. Pour elle la vie continuait et elle comptait bien en profiter. Elle savait où se faire soigner et d'ici quelques semaines elle serait de nouveau sur pied et capable de voler aussi vite et haut que lorsqu'elle était au meilleur de sa forme.
La fière Aérienne écarta donc ses ailes pour s'éloigner. Elle pesta à nouveau en regardant ses pistolets. Et dire qu'avec ça elle n'avait même pas été capable de venir à bout d'un minable vieillard. Quelle honte. D'habitude les siens se débrouillaient mieux avec de simples lances. Epona remarqua alors que l'une des armes à feu était encore chargée. Elle hésita un instant avant de se retourner. Le vieux et sa créature n'avaient pas bougé. Epona sourit, elle dégaina son pistolet et mis en joue le l'imposante créature qui avait semblé invincible. Juste pour vérifier quelque chose, se dit-elle.
Elle pressa la gâchette, la détonation se fit entendre et la bille de métal fila se loger dans l'épaule de Tark-Ban Than qui s'écroula, surpris sous le coup de la douleur qui accompagna le craquement sourd de l'os de son omoplate. _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
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Azeem El'Bakshir
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Posté le
: Mer Fév 14, 2007 6:40 pm
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Amindou était fasciné par le combat qui se déroulait devant ses yeux. Le boros avait tranché le bras du premier bandit avec une facilité remarquable, laissant le pauvre humain, recroqueviller sur sol, hurler sa douleur alors que son sang s’échappait à gros bouillon de son membre amputé. Le deuxième briguant, visiblement plus expérimenté, combattait avec ardeur et agilité mais il s’effondra bientôt à son tour. Tark acheva rapidement ses deux adversaires jeté à terre alors que le sorcier exultait.
- Ah Bien joué grande chose ! Méchants hommes ne faisaient pas…
Une détonation sourde coupa la parole au sorcier suivit immédiatement par un craquement inquiétant et le boros chancela, manquant de s’effondrer à son tour. L’os qui protégeait son épaule venait d’être enfoncer par une force mystérieuse laissant apparaitre la chaire du guerrier d’où s’échappait un sang épais. Le vieil homme vit immédiatement la chose qui vol qui l’avait attaqué auparavant. Il encocha rapidement un flèche, banda son arc et tira. Cette fois l’aérienne se méfiait de l’arc du sorcier et reprit rapidement de l’altitude après avoir fait feu et esquiva la flèche en plongeant. Le projectile passa à un mètre au dessus de la créature qui s’éloigna rapidement, sa blessure rendant son vol pénible et douloureux. Amindou regarda un moment l’aérienne disparaitre avant de reporter son attention sur son compagnons. La blessure n’avait pas l’air trop grave mais le guerrier semblait plus affecté par le fait d’avoir été prit au dépourvu par la créature aillée. Le sorcier le laissa seul un instant et se dirigea d’un pas résolu vers les deux cadavres de leurs agresseurs. Arrivé près du corps estropié de la fouine, le vieil homme sorti un petit couteau rituel de sa besace et se pencha sur le visage livide. D’une main ferme il ouvrit la mâchoire crispé du bandit, prit la langue dans sa main et la trancha d’un geste assuré. Le sorcier se redressa, contempla un instant le morceau de chaire sanguinolente qu’il tenait à la main et l’enveloppa dans un morceau de tissu qui s’imbiba rapidement de sang et qu’il fourra dans sa besace. Amindou se dirigea ensuite vers le deuxième bandit qu’il mutila de la même manière. Satisfait le sorcier retourna alors vers son compagnons avec un rictus mauvais.
- Maintenant méchants hommes ne pourront plus parler… Ils ne pourront pas parler devant Astafara. Héhé, Astafara n’aime pas insolants qui ne répondent pas à questions, il leur infligera grands tourments…Et ça pourra servir pour magie… héhé...
Le guerrier ne porta qu’une oreille discrète au sorcier, trop occupé à essayer d’estimer la gravité de sa blessure.
- Tu veux potion pour la douleur grande chose ? J’ai aussi très bon produit pour aider à soigner et d’autre pour éviter que Vlhaan ne s’empare de ta blessure et repende son mal dans tout ton corps. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
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Tark
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Posté le
: Ven Fév 23, 2007 5:26 pm
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- Pas le poids ?
En fin de compte, Amindou n’avait pas l’air trop fâché que son protecteur ait préféré achever sa prière au lieu de venir à son secours dès qu’il en avait besoin. Pour le Boros c’était plutôt une bonne chose, quoique Amindou n’avait pas vraiment son mot à dire. Le culte de Nurk-Barg Hank passait avant tout, et si ce vieux sorcier osait critiquer l’Archonte en face de Tark, celui-ci risquait fort de goutter de sa lame.
De nouveau à genou et se tenant l'épaule, Tark-Ban Than jeta un regard en biais à Amindou. S'il avait bien accepté de jouer au garde du corps en échange d'un service de guide, le Boros était en revanche toujours aussi méfiant à l'égard du vieux sorcier et de ses mixtures. Après tout, Tark ne connaissait Amindou que depuis moins d'un jour, et ce dernier apprendrai que la confiance est quelque chose que les Guerrier Boros mettent beaucoup temps à accorder. Et encore plus vis-à-vis d'un étranger. Que ce fou aille ce faire voir, lui et son Vhlaan. Tark n’accepterai jamais aucune potion d’un sorcier qui arrache les langues des morts.
- J’ai pas besoin de ça je t’ai dit ! Grogna-t'il avec difficulté.
Car pourtant, la blessure de Tark le faisait souffrir, atrocement souffrir. Il était même persuadé de ne jamais avoir eu aussi mal, d'autant plus qu'il ne comprenait même pas ce qui avait pu le toucher. Il avait juste entendu en grand bruit et à présent un sang rouge foncé coulait à grosse gouttes le long de son dos et de son bras gauche. Tark tentait d'atteindre le trou dans son exosquelette cassé, mais il n'y parvenait pas. De plus il n'avait quasiment aucune compétence de soin. Alors tenter de se soigner sans même voir la blessure, il ne fallait pas y penser. Tark-Ban Than aurait également pu demander à Nurk-Barg Hang d’assister son serviteur. Mais la douleur lui faisait tourner la tête, il en oubliait presque les prières millénaires. Dans ses conditions il était bien incapable d'entrer en contact avec l'Archonte. Le Boros songea un instant à demander de l'aide à Amindou mais il se ravisa. Le fier guerrier cuirassé refusait l'idée de réclamer l'assistance d'un être aussi faible et pathétique que ce vieil homme desséché.
Serrant les dents, le guerrier rassembla ses forces et se releva péniblement. Il n'avait rien d'autre à faire que d'avancer. A présent que l'obstacle était éliminé, on pouvait reprendre la route. Qu'importe s'il avait mal, c'était sans doute une épreuve que Nurk-Barg Hank lui envoyait et qu'il devait surmonter.
En se redressant, l'os meurtri émis un nouveau craquement que Tark étouffa dans un nouveau grognement. Il devait plutôt se réjouir, il avait gagné. Il avait vaincu ses hommes. Lui, le fils de Tark, chasseur du clan Ban, avait remporté son premier combat, son premier vrai combat. C'était autre chose que la chasse, ou les duels d'entraînement. Non, cette fois Tark-Ban Than avait combattu et tué ce que les anciens appelaient l'Ennemi. Et même si cette ennemi là n'avait pas été le plus digne des adversaires, même si cette victoire n'était des plus glorieuses, le jeune guerrier Boros laissa un moment la fierté remplacer la douleur dans son cœur.
Il ramassa son épée maculée de sang et sans même prendre la peine d'en nettoyer la lame, Tark se remit en marche. Il avançait d'un pas caricaturalement assuré en bombant quelque peu le torse, son bras gauche plaqué contre le reste de son corps afin que celui-ci bouge le moins possible. Si Amindou désirait continuer lui aussi, il n'avait qu'à le suivre. Mais Tark-Ban n'attendrait pas plus longtemps, il avait une mission sacrée à accomplir.
Toujours sans lâcher le moindre mot - il avait trop mal pour parler - le Boros marcha quelques mètres. Sa respiration était forte et irrégulière. C'était comme si cette blessure lui avait fait soudain ressentir tout le poids de sa carapace faussement inviolable. Jeune, Tark avait toujours cru que ces épaisses plaques d'os le protégeraient toujours des coups, et à présent il se traînait péniblement, se vidant se son sang avec l'horrible sensation que le sol se dérobait sous ses pieds et que le ciel était en train de lui tomber sur la tête. Mais il devait surmonter cette épreuve, avancer et surmonter… _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

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Posté le
: Mar Fév 27, 2007 9:37 pm
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Amindou fronça les sourcils devant le refus obstiné du Boros de recevoir toute aide sa part. Le vieil homme contempla son protecteur qui avança péniblement en serrant son bras à l'épaule meurtri. Plusieurs filet d'un sang épais et sombre s'échappait de la plaque osseuse brisé au fure à mesure des pas irréguliers du guerrier. Tout cela ne présageait rien de bon. Lors de son séjour à Terre Nouvelle, Amindou avait vu deux hommes vêtus de manière étrange et coloré se battre avec les même drôles d'objets. Les deux hommes s'étaient fait face un long moment avec leur étrange chose braquée l'un sur l'autre jusqu'à ce qu'un troisième homme laissa tomber un mouchoir blanc. Alors les deux combatants avaient lancé leur magie en même temps et l'un d'eux s'etait immédiatement effondré, le ventr e ensanglanté. Le sorcier avaitalors vu un soigneur s'occuper du blessés à même la rue. Il plongea ses doigts dans les chaire ensanglantés sous les hurlement de douleur et finit par en ressortir un bille de métal. Amindou avait été très impressionné par la magie de ces étranges objets et il avait questionné la foule à leur sujet mais il n'avaient essuyé que moqueries et conclu que ces hommes ne devait pas plus en savoir que lui et pareil pouvoir devait être tenu secret et réservé à quelques initiés...
Le vieillard ramassa sa besace et son bâton et courra vers son compagnons de route. Cette fois il n'eut aucun mal à se maintenir à son niveau.
- Tu n'es pas très sage grande chose, ce n'est pas très sage de refuser de l'aide. La chose qui fait du bruit avec laquelle t'a attaqué la chose qui vole est une puissante magie ! J'ai vu à Terre Nouvelle, ça fait apparaître du métal dans les chairs ! Je crois qu'il faut retirer le métal, et tu n'y arrivera pas toi même...
Le boros ne détourna même pas la tête et resta concentré sur sa douleur. Amindou n'était même pas sûr que son compagnon ait entendu ce qu'il venait de lui dire. Le guerrier marchait de plus en plus difficilement, comme si à chacun des ses pas son corps se faisait plus lourd, sa carapace plus encombrante. Il manqua un instant de perdre l'équilibre mais se rétablit grâce à son épée. Il resta alors immobile un instant avant de reparti péniblement. Amindou secoua la tête, à ce rythme Tark ne tarderait pas à s'effondrer et peut être à mourir. Le vieil homme ignorait beaucoup de chose des boros, mais aussi solide soit ces créatures, il doutait qu'elles puissent survire bien plus longtemps que les humain à Vlhaan.
- Tu connais l'histoire de Kannoa grande chose ? Lança Amindou qui, n'attendant aucune réponse du guerrier, poursuivit aussitot. Kannoa était puissant et fière guerrier et Astafara voulu le mettre à l'épreuve. il captura famille de Kannoa et l'emmena avec lui dans royaume morts. Astafara demanda alors à Kannoa de lui ramener langue de Loompa Othaa, monstre légendaire qui vit dans marais... Papa Jamla révéla à Kannoa où se trouvait Loompa Othaa et Kannoa se mit en chasse. Mais pendent voyage, Kannoa fut attaqué par grand mangeur. Grand mangeur fut tué mais blessa guerrier à la cuisse, trois profondes entailles laissées par grandes dents. Il y avait village avec sorcier capable de soigner Kannoa plus au sud, mais Kannoa savait que cela lui ferait perdre beaucoup de temps et il préféra ignoré blessure et continuer. Kanoa était fort, et même blessé et alors que Vlhaan commençait déjà à lui ronger la jambe, il trouva Loompa Othaa, le tua, prit sa langue et repartit. Mais Vlhaan rongea bientôt tout corps de Kannoa et malgré sa vaillance Kannoa s'effondra brûlant de l'intérieur et mourut dans les marais. Sa famille est maintenant la possession d'Astafara pour l'éternité car Konnoa fut trop fier et il n'a pas voulue perdre journée à soigner sa blessure. Vhlann entre dans corps par blessure et lorsqu'il a commencer à ronger, rien ne peu plus l'arrêter. Tu devrais réfléchir grande chose à l'histoire de Kannoa... _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
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Tark
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Posté le
: Mar Mar 06, 2007 1:02 am
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Le Boros restait désespérait muet en poursuivant sa marche. Chaque pas lui semblait plus difficile que le précédent et il manqua plusieurs fois de perdre l’équilibre pour s’effondrer lourdement sur les flancs. Mais Tark-Ban Than avait décidé qu’il avancerait.
Du métal dans les chairs ? Et alors ? Tark n’avait pas eut besoin d’être sorcier pour comprendre que quelque chose était entrée en lui. Quelque chose qui se trouvait à présent coincé sous ses os et ravageait le Boros à grands coups de pulsions douloureuses. Seulement Tark-Ban Than ne pouvait l’extraire lui-même et ce dernier considérait que si lui ni Nurk-Barg Hank ne pouvaient agir, alors il n’y avait rien à faire.
Ses yeux qui tentaient de suivre un hypothétique chemin avaient grand mal à rester ouverts alors que ses oreilles écoutaient sans vraiment comprendre le récit d’Amindou. Il y était encore question de personnages aux noms imprononçables à qui il arrivait on ne savait trop quoi. Jamais des Boros ne racontaient de telles histoires, elles n’avaient aucun sens. Ou plutôt, Tark-Ban Than était dans un tel état d’abattement qu’il ne parvenait même pas à réaliser à quel point la mésaventure du dénommé Kannoa était proche de la sienne. Et aussi certainement son avenir si le Boros s’obstinait dans la voie du devoir accompli et sacrifice de soi. Voie qui ne s’avérait être souvent rien d’autre qu’une impasse fatale lorsqu’on ne prenait pas la précaution de faire la différence qu’il se doit d’exister entre un dogme et son application concrète et raisonnable. Mais le jeune Boros idéaliste n’en avait cure, il persévérait tandis que sa peau habituellement d’un bleu sombre laissait la place à des tâches d’un pâle azur entre les plaques de son exosquelette.
La vue de Tark-Ban Than lui paraissait de plus en plus mauvaise et restreinte. Bientôt il ne put voir au delà d’un mètre, et ce qui se devait d’arriver se produisit donc. Amindou n’en fut d’ailleurs pas surpris. Quant au Boros lui-même, il ne réalisa même pas qu’il venait de s’effondrer en manquant d’écraser le pauvre sorcier si ce dernier n’avait pris soin de s’écarter du lourd guerrier qui s’écroulait.
Tark ne voyait plus rien, n’entendait plus rien, il ne sentait plus rien. Ni le sol rocailleux sous lui ni, même cette douleur qui l’avait mise à terre. Tout autour de lui ne lui apparu soudainement que comme un désert de brume. Plus de montagne, plus de plaine, plus de ciel. Juste une épaisse atmosphère vaporeuse éclairée par une douce lumière légèrement bleutée. Où ce trouvait-il ? Avait-il périt ? A vrai dire, Tark ne se posait même pas la question. Il n’avait plus envie de penser. Après ce qu’il avait enduré, il avait décidé de rester là, sans rien faire et attendre en se laissant envelopper par la brume. Il était sans doute mort en brave, en mission pour Nurk-Barg Hank et obtenait sa récompense en ce lieu de repos éternel, se disait-il. Amindou pouvait bien se faire découper par une quelconque âme peu scrupuleuse, Tark n’en avait que faire. D’ailleurs il avait déjà oublié son compagnon de route.
C’est alors que l’horrible douleur à l’épaule revint, accompagnée de la trop franche et éblouissante lumière de Soleil. _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
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Azeem El'Bakshir
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Posté le
: Lun Mar 12, 2007 6:39 pm
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Malgré les incessantes tentatives d'Amindou pour convaincre Tark de s'arrêter afin qu'il puisse examiner sa blessure, le guerrier persista dans son obstination à continuer sa route tant bien que mal. Il avançait maintenant avec une difficulté qui semblait augmenter de minute en minute. Son équilibre devenait de plus en plus précaire à chaque pas et seule sa lourde épée le maintenait toujours debout. La peau visibles entre les plaques osseuses étaient désormais luisante d'une sueur malsaine alors que Tark respirait de plus en plus péniblement. Finalement à bout de force, la conscience du guerrier faillit et le boros s'effondra lourdement sur le sol. Il resta un un long moment ainsi, immobile, avant d'essayer péniblement de se relever mais cette fois, malgré toute sa volonté, Tark n'esquissa qu'un faible mouvement et resta le visage dans l'herbe sèche de la plaine.
Amindou secoua tristement la tête. Qu'avait donc gagnée cette créature bornée à s'acharner ainsi ? Si ce n'est compromettre un peu plus ses chances de survie... Le sorcier contempla un long moment l'immense corps étendu à ses pieds avant de ce décider à agir. Faisant fit des refus répétés de son compagnon de recevoir son aide, le vieil homme s'agenouilla près de l'épaule blessée du boros et commença à fouiller dans sa besace. Après un long moment passé à remuer les fioles qu'il transportait, il en sorti trois en plus de son couteau et d'un autre objet long et effilé. Avec des gestes attentionnés, il déboucha la plus grande des fioles et reversa une parti de son contenu sur la plaie. Le liquide brun rempli la blessure et dégoulina sur la carapace, nettoyant quelques peu le sang épais qui s'y étalait. Il versa alors le même liquide sur ses mains qu'il frictionna longuement l'une contre l'autre ainsi que sur ses deux couteaux.
- Hum potion devrait tenir Vlann éloigné de ta blessure, s'il n'est pas trop tard grande chose...
Le vieil homme poussa un long soupire en agrippant son outil effilé qui lui servait habituellement à extirper de nombreux ingrédients nécessaires à ses potions sur des animaux variés. Amindou observa longtemps la plaie béante visible au delà des la carapace osseuse fracassée. Le sorcier n'était pas un soigneur et il n'était pas du tout sûre de pouvoir faire la même chose que l'homme qu'il avait vu à l'oeuvre à Terre Nouvelle, d'autant que l'exosquelette de la créature rendait les choses plus compliquées pour lui. Le vieil homme inspira longuement, s'il ne faisait rien, le boros serait certainement tué par la magie de l'arme étrange... Amindou plongea son instrument dans la blessure et s'en servi pour écarté les chairs meurtries ce qui provoqua un long frissons dans le corps du guerrier. Malgré le grand soleil de l'après midi, le sorcier ne voyait rien si ce n'est du sang et des muscles déchirés. Peut être que le métal s'était répandu comme un poison dans le corps du boros ? Le vieil homme risqua un doigt dans la plaie béante et fouilla sans ménagement, poussant les chaires chaudes et poisseuses jusqu'à ce que, enfin, il sentit quelques chose de dur et d'étranger à ce corps meurtri. Avec un sourire de satisfaction, le vieille homme ramena délicatement la bille de métal hors de la blessure et poussa un long cri de victoire lorsqu'il pu la tenir entre ses deux doigts à la lumière du soleil.
- Ha ha ! Je t'avais dit grande chose ! Magie puissante qui fait apparaître métal dans le corps ! He he ! Je garde, dit-il en fourrant la balle encore sanguinolente dans sa besace. Hum vilaine blessure que tu as grande chose reprit il. J'espère que potion seront aussi efficace sur toi que sur humain.
Sans plus attendre le sorcier déboucha la seconde potion qu'il versa sur la blessure. Le liquide bleu épais pénétra dans les chairs et s'écoula doucement le long de la plaque osseuse. Amindou sorti de larges feuilles de sa besace, les déplia et les posa sur la blessure, se servant de l'exosquelette pour les maintenir en place. Le sorcier regarda un instant son travail, satisfait de lui. Ses soins devraient permettre de guérir la vilaine blessure de son compagnon, du moins s'il réagissait de la même manière que les humains. Amindou devait, maintenant, combattre la fièvre et le mal qui se développait dans le corps du grand guerrier. Mais cela faisait parti des chose que le vieil homme, en temps que sorcier, maîtrisait parfaitement. Il se saisit d'un morceau de charbon et commença à dessiner des symboles étranges sur tout le corps du boros. La carapace ne lui facilitait pas franchement la tache mais Amindou avait une parfaite connaissance des symboles magiques et passa facilement outre cette difficulté inhabituelle. Le sorcier courait ainsi le long du corps immense lorsque le guerrier recommença à bouger et émis un grognement annonciateur de son réveil prochain. Le vieil homme bondi sur ses pieds et couru s'emparer de la troisième potion qu'il avait sorti un peu plus tôt.
- Ah non grande chose, tu vas pas encore faire difficulté...
Le sorcier déboucha la fiole et la plaça juste sous le nez du guerrier alors que celui ci commençait à redresser la tête. Le boros grommela quelques chose d'inintelligible, plissa le nez et s'effondra de nouveau lorsque tous ses muscles se relâchèrent. Satisfait, Amindou reprit ses dessins occultes. Après un long moment et après avoir eu toute les peines du monde à retourner le lourd corps pour atteindre l'autre coté, le sorcier acheva les derniers symboles. Il vérifia longuement son travail, suivant d'un doigt attentif tout les traits afin d'être sûre de ne pas avoir commit d'erreurs qui pourraient avoir des conséquences dramatiques en mécontentant les esprits. Satisfait, le sorcier se releva et se saisit de son grand bâton et commença à incantater Chantant et dansant autour du corps allongé, passant son bâton au dessus de symboles précis tout en faisant vibrer les nombreux talissements qui ornaient celui ci. Après presque une heure de cérémonie durant laquelle le sorcier était entré en transe pour interférer avec les esprits capables de combattre le mal de Vlann, le sorcier s'effondra épuisé. Les esprits avaient accepté de sauver son compagnon et il n'avait plus qu'à attendre que celui ci ne ce réveil. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
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Tark
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Posté le
: Sam Mar 17, 2007 1:03 am
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Un cri de douleur plus déchirant encore de son épaule avait tiré le Boros de son sommeil forcé.
- Rhaaaaaaaaaaa !!!
Le sourire édenté du vieillard, voilà ce à quoi eut droit Tark-Ban Than en ouvrant les yeux. Par la suite il se demanda si ce fut cette vision seule qui l’avait fait s’évanouir à nouveau ou bien si le vieux sorcier avait fait usage d’une de ses mixtures. Car s’il était à terre, effondré et incapable du moindre mouvement, le guerrier Boros sentait bien Amindou s’affairer autour de lui. Il avait même l’air particulièrement occupé le marabout. Mais que fabriquait-il ? Tark était inquiet, autour de lui toujours cette brume étrange et à l’extérieur ce fou qui faisait il ne savait trop quoi, mais qui trifouillait son corps. A l’extérieur ? Qu’était alors l’intérieur ? Cette fièvre malsaine brouillait ses perceptions et semblait avoir bien atteint l’esprit du Boros. Une chose était sûre, tout cela n’avait rien d’agréable. Pour Tark il était temps de se remettre sur pieds, et au plus vite. Il se remémora alors cette histoire que lui avait comptée Amindou, l’histoire de ce Kannoa rongé par un certain Vlhann. Peut-être y avait-il finalement un brin de moral derrière tout ça.
Le Boros qui ressentait toujours la douleur de son épaule meurtrie, mais celle-ci se faisait moins criante, plus supportable. Elle s’estompa peu à peu jusqu’à ce qu’elle n’obscurcisse plus la pensée de Tark-Ban Than qui retrouvait peu à peu ses esprits en ouvrant prudemment les yeux.
- Amindou ? C’était la première fois que le Boros appelait le vieux sorcier par son nom.
Amindou se trouvait assit à côté de Tark, il avait l’air exténué. Le guerrier cuirassé se redressa lentement, peu sûr de ses gestes. Il inspecta d’un coup d’œil son épaule sans pour autant tenter de la bouger puis adressa un sourire presque sympathique au marabout. Sa blessure lui faisait toujours mal, il lui faudrait certainement un peu de temps pour récupérer complètement, mais au moins il avait de nouveau les idées claires et ne suait plus à grosses gouttes. Bref il se sentait mieux. Un vent frais vint caresser le visage du guerrier.
- Je ne sais pas où j’étais mais j’ai l’impression de revenir de très loin. Pourtant je n’ai vu ni Vlhann, ni Nurk-Barg Hank… C’est toi qui m’as soigné ? Merci… je crois que c’est que l’on dit dans ces circonstances…
Tark décida de se relever après quelques hésitations. Cet épisode face contre terre n’avait été des plus plaisants pour lui et il souhaitait désormais éloigné le plus possible son nez du niveau du sol. Sa lourde lame d’os était aussi par terre, le Boros l’a prit. Il n’avait même pas essuyé le sang séché qui enduisait la singulière lame taillée dans l’énorme fémur d’un Nurk-Barg Hunk et Tark s’empressa de redonner toute sa splendeur primitive à l’épée en la nettoyant d’un revers de la main. Après quoi il la replaça dans son dos ; Tark n’aurait plus besoin de canne pour marcher.
Les quelques pas qu’il fit pour rejoindre Amindou confirmèrent cette idée. Décidemment les Boros pouvaient récupérer très vite de leurs blessures, du moins lorsqu’on en avait extrait le plomb. Tark-Ban Than savait se qu’il devait à Amindou et lui en était on ne pouvait plus reconnaissant. Il reconnut également qu’il avait sans doute eut tort de médire sur son compte. C’est alors que Tark remarqua les symboles qui se trouvaient partout sur son armure. Qu’est ce que c’était que ces dessins ? Ce vieux fou s’était permis de gribouiller sur lui ! Tark faillit se mettre à hurler mais adopta finalement un air conciliant en comprenant que ces gribouillages l’avaient peut-être sauvé. De toute façon il était encore trop épuisé pour piquer une colère.
Surplombant le vieux sorcier fatigué par son exorcisme, le grand Boros lui tendit sa grosse main pour l’aider à se relever.
- Remettons-nous en route compagnon. Grande-Chose a toujours une mission à accomplir. Et puisque tu sembles curieux à ce sujet je peux te dire que…
Le grand guerrier n’acheva pas sa phrase. Il avait entendu une rumeur inhabituelle dans ses plaines qui jusqu’à présent – à l’exception de la rencontre avec les trois brigands – s’étaient montrées presque désertes. Ça venait de derrière ces collines. Tark-Ban Than ne put s’empêcher de se précipiter, en prenant toutefois quelques précautions pour son épaule.
L’oreille aiguisée du chasseur Boros ne l’avait pas trompé. Son œil non plus, un mince filet de fumée blanchâtre s’élevait dans les airs. Là, à quelques centaines de mètres, dans un contrefort, à flanc de colline, se trouvait un village.
Un village, c’était beaucoup dire. Un hameau tout au plus, une ferme et deux masures, voilà ce qui avait attiré l’attention de Tark-Ban Than qui scrutait de loin ce petit monde qui s’agitait. Il fit signe à Amindou de le rejoindre pour que celui-ci aussi regarde.
Ils ne pouvaient tout distinguer mais l’endroit avait l’air habité par une dizaine de personnes au moins. Des paysans s’occupaient des quelques cultures, ou de tâches divers. Un peu à l’écart, un berger faisait paître un troupeau d’animaux ressemblant à de grosses boules blanches, inconnus du Boros. Il était une nouvelle fois partagé entre excitation et méfiance. D’un côté la satisfaction d’avoir trouvé des humains, ce qui représentait une avancée notable dans sa quête, mais aussi l’appréhension étant donné que la dernière rencontre n’avait été des plus pacifique. Mais ces gens là avaient paraissaient si paisibles… Après avoir observé, tel un traqueur ces quelques humains Tark ressortit la carte de l’empire et demanda à son compagnon de route.
- C’est ça les villes dont tu m’as parlé ? Nous sommes déjà arrivés à destination ? _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
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Azeem El'Bakshir
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Posté le
: Ven Mar 23, 2007 5:49 pm
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Amindou se releva péniblement pour suivre son compagnon nouvellement remis sur pied. Le guerrier avait récupéré au delà de toute attente, prouvant toute la robustesse de sa race. Le sorcier avait craint la réaction du boros à son réveil. Son comportement semblait difficile à prévoir et Amindou avait peur que Tark lui en veuille de l'avoir soigné malgré son refus obstiné de recevoir toute aide. Finalement le guerrier s'était montré très satisfait des soins prodigués par son compagnon de fortune et l'avait même remercié. Chose à laquelle ne s'attendait pas vraiment le sorcier au vu du comportement taciturne et distant dont avait fait preuve Tark depuis leur rencontre.
Après avoir grimpé une courte pente, le vieil homme rejoint enfin le guerrier pour découvrir ce qui avait attiré l'attention de son compagnon. Niché au creux du vallon, quelques maisons s'étalaient de part et d'autre d'un petit cours d'eau qui serpentait entre les collines. Amindou sourit devant la question du boros.
- Non grande chose, ville beaucoup plus grande ! Beaucoup ! Tellement de maisons qu'on ne peut pas compter. Et puis on a encore beaucoup à marcher au moins jusqu'à ce que Janupa se réveille deux fois. Très longue marche...
Amindou observa le hameau un long moment. Tout semblait calme et paisible mais il savait par expérience que les habitants de l'ancien empire pouvaient devenir rapidement violents. Il avait croisé de nombreux villages depuis qu'il voyageait sur cette grande plaine et tous n'avaient pas été des plus accueillants... Plusieurs fois le vieil homme avait même dû utiliser certaines de ses potions pour fuir. Ces comportements le laissaient perplexe. Dans ses marais natales n'importes quelle villages se devait d'offrir l'hospitalité aux voyageurs au risque de mécontenter un sorcier, un esprit ou pire... Mais dans cette étrange pays les coutumes étaient très différentes et plus d'une fois il avait été chassé à coup de pierres. Aussi il s'inquiétait de la manière dont ces gens allaient réagir à sa venu et à celle de son compagnons de deux mètres dix à l'armure d'os. Le sorcier allait suggérer à son compagnons de faire demi tour mais le boros avait déjà commencé à avancer prudemment mais avec détermination vers les habitations. Le sorcier haussa les épaule, après tout, vu les compétences de Tark, et même avec une épaule immobilisée, les villageois avaient certainement plus à craindre du boros que le contraire. A moins, bien sûr, qu'ils ne disposent de bâtons magiques comme la chose qui vole. Mais ces objets semblaient rare. Amindou rejoint son compagnons.
- Humm... peut être qu'ils nous donneront à manger en échange de magie... philosopha-t-il pour lui même.
Alors que l'étrange duo approchait il fut repéré par plusieurs villageois et le paisible hameau s'agita soudainement. Les enfants qui jouaient ou travaillaient dehors furent tous emmenés à l'intérieur des maisons par les femmes alors que plusieurs hommes se saisirent de tout ce qui pouvaient servir à se défendre. Enfin cinq hommes surgirent d'une maison, se distinguant facilement des paysans par leurs uniformes brun et vert. Deux avaient un arc alors que les trois autres brandissaient une grande épée à deux mains. Ils se placèrent devant les villageois et attendirent en ne quittant pas les deux étrangers des yeux tout au long de leur approche.
L'agitation grandit au sein du petit regroupement au fur et à mesure que les hommes s'apercevaient que Tark n'avait rien d'humain. Finalement Amindou et le boros arrivèrent devant les hommes de gardes qui ne savait trop comment réagir devant ces voyageurs des plus inhabituels.
- Qui êtes vous ? Lança l'officier en charge des quatre soldats. Qu'est ce que vous fichez par là ? Et par Ohm, c'est quoi ça ! ajouta-t-il avec un regard inquiet vers le guerrier.
Sentant que la situation était plutôt tendu, Amindou se précipita pour prendre la parole.
- Nous somme simples voyageurs. Nous sommes pas ici pour faire mal ! Je suis Amindou. Je viens des marais au delà grandes montagnes. Grande chose c'est Tark. Grand guerrier qui m'a défendu et tué méchants hommes qui m'avaient volé. Il vient aussi d'au delà grandes montagne. Grand guerrier mais pas mauvais.
L'officier resta silencieux un moment, sourd aux murmures qui parcouraient le groupe de villageois. Son regard allait du vieil homme à l'aspect étrange à son non moins étonnant et gigantesque compagnon.
- Les voleurs, à quoi ils ressemblaient ? Mes hommes et moi avons été envoyés ici après que le chef du village ce soit plein de pillage à notre seigneur.
Amindou lança son plus beau sourire édenté au soldat avant de répondre.
- Méchants hommes étaient quatre, il m'ont volé tout mes disques qui échangent tout avant de partir. Mais j'ai lancé grande malédiction sur eux. Deux son revenu avec chose qui vole. Grande chose à tué le petit homme mauvais et le grand avec drôle de chapeau. Mais chose qui vole a utilisé bâton magique qui fait apparaître métal pour blesser Tark !
Les gardes essayaient tant bien que mal de comprendre ce que racontait le vieil homme qui parlait à toute allure et à grand renfort de gestes théâtrale, faisant aller et venir son grand bâton dont les nombreux talismans tintèrent dans le plus grand désordre. Un des hommes de gardes s'approcha de son officier pour demander d'un aire sceptique.
- Chef ? Vous croyez que grande-chose qui vole ça peut être Epona ?
- J'en sais rien, Hans, j'en sais rien...avoua dépité l'officier. Je suis pas sur d'avoir compris la moitié de ce que raconte ce vieux fou. Mais si son grand copain à tué Nez-Cassé et sa bande, ils ont rendu un fière service au pays... _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
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Tark
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Posté le
: Dim Mar 25, 2007 1:00 am
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Ceci n’était donc pas une ville et il faudrait encore marcher durant plusieurs cycles. Ce n’était pas un problème en soit. Mais puisqu’il avait enfin devant lui un village habité d’humains, Tark se dit qu’il valait mieux en profiter. Sa mission n’était-elle pas d’estimer la menace de l’empire sur sa jungle ? Pour cela il devait en observer les habitants, interroger les chefs de ce pays. Pour l’instant Tark-Ban Than n’avait croisé que des brigands. L’opinion du Boros, déjà endoctriné par les récits de guerre contre l’empire qu’on lui avait conté, sur les impériaux auraient put s’arrêter là. Mais Tark avait compris qu’il s’agissait là de marginaux peu enclins à la diplomatie. Un peu comme les Borz, le clan des Boros noirs, chez lui en somme.
Non, cette fois il s’agissait d’un village peuplé d’habitants en apparence pacifiques. Et même s’il n’y avait aucun grand khan ici, le travail d’enquête du jeune guerrier Boros allait pouvoir commencer. Il dévala la légère pente en direction du village avec plus d’assurance que celle qu’il avait descendue la veille en pénétrant sur ces terres. Tark s’habituait peu à peu à ces nouvelles contrées, et il n’y avait désormais guère que son épaule douloureuse pour assombrir son humeur.
Amindou de son côté avait l’air plus méfiant. Il fallait dire que le vieux marabout paraissait moins bien armé pour se défendre si jamais l’affaire tournait mal. Mais dans ce cas l’intimidant Boros était là pour le protéger, et ce dernier savait à présent qu’Amidou cachait bien son jeu. Derrière ses airs de vieillard sénile, il n’était rien de moins qu’un redoutable sorcier. En suivant Tark, il avait marmonné à quelque chose à propos de nourriture qui n’échappa pas l’ouïe du guerrier.
- Tu sais, s’il n’y a que ton estomac qui t’importe, je peux toujours chasser…
Au fur et à mesure que Tark-Ban Than et son compagnon approchaient des habitations, ceux-ci pouvaient sentir l’inquiétude des villageois et l’animosité que déclenchait la vue d’un sinistre géant en armure d’ossement et d’un étrange mage. Le Boros en profita pour remarquer que tous les hommes ne se ressemblaient pas, les plus frêles et les petits préférant se cacher alors que les plus forts semblaient désireux de chercher à se défendre. Le guerrier asexué était au courant du fait que chez certaines espèces la femelle se distingue du mâle, il avait juste un peu de mal à différencier nettement ces hommes de leurs femmes.
Tark et Amindou avancèrent jusqu’au centre du hameau pour ce retrouver finalement encerclés par plusieurs de paysans armés de fourches et de faucilles et d’autres hommes qui avaient l’air d’en savoir un peu plus sur l’art de la guerre. Le Boros restait impassible alors qu’il lisait la crainte sur leurs visages. Il garda également son calme lorsqu’un des soldats apostropha Amindou pour demander ce qu’était le Boros. Tous ces regards qui se posaient sur lui rendaient Tark-Ban Than mal à l’aise, faisant du même coup disparaître l’assurance qu’il avait pu gagner. Sa blessure à l’épaule lui faisait toujours mal. Ce qui bien qu’il fasse des efforts la contenir, accentuait l’irritabilité du Boros.
Tenté à plusieurs reprises de prendre en main sa lame d’os, non pas qu’il se sentait vraiment menacé, Tark voulait surtout montrer qu’il se défendrait si jamais l’un d’entre eux avait le malheur d’abattre sa fourche sur lui. Le jeune guerrier préféra cependant suivre la sage voix de Hank, alors que celle d’Amindou toujours aussi rapide et confuse tentait d’expliquer les intentions des voyageurs. Le Boros avait décidé de garder le silence alors que le marabout déblatérait, il se débrouillait très bien et connaissait mieux le pays. De plus selon un vieux proverbe de Nuxen, il n’est nullement nécessaire de prendre la parole si l’on n’a rien de mieux à dire.
Pendant ce temps donc, Tark en profita pour observer les vêtements, les armes, l’architecture, les traits de ces hommes qu’on lui avait demandé de juger. Ils avaient l’air fatigués, leur vie n’était sans doute pas facile tous les jours. En quittant son territoire natal pour ces plaines lointaines, le jeune guerrier n’avait pas vraiment prit le temps de réfléchir à qui pouvait vraiment être ces humains qu’évoquaient parfois les anciens. On les lui avait présenté comme des êtres faibles mais féroces, surtout lorsqu’ils étaient en groupe. Mais à présent il ne savait plus quoi penser. Il comprenait presque leur crainte, lui-même n’aurait peut-être pas réagit différemment s’il avait croisé un être inconnu dans la jungle. Et peut-être plus violemment encore… (la jungle était un territoire sacré après tout).
En temps que guerrier, Tark était particulièrement intéressé par les épées en acier des soldats. Le sabre de Nez-Cassé était fait dans le même matériau et déjà le Boros s’était interrogé à son sujet. Ces lames qui reflétaient les rayons de Soleil avaient l’air capable d’entailler la lourde épée en os de Tark. Avec cette histoire de blessure à l’épaule, il en avait oublié de récupérer le sabre. Cette fois-ci, si tout se passait bien Tark-Ban Than n’oublierait d’interroger un des gardes sur son épée.
Justement, l’atmosphère avait l’air de se détendre. Apparemment ces gens avaient l’air contents d’apprendre que le Boros et le sorcier les aient débarrassé de cette bande de brigands en chemin. Un fier service au pays ? Il avait rendu service. Seulement Tark avait comme l’impression qu’on ne les prenait pas vraiment aux sérieux, mais c’était sûrement parce qu’Amindou avait une façon bien à lui d’exprimer les choses.
- Al non ! Reviens ici ! Al !
- Hé toi géant !
C’était un jeune garçon qui venait d’échapper à la vigilance de sa mère. Alors que les quelques enfants de son âges avaient été sommés de rester dans les maisons, celui était sortit braver le monstre qui terrorisait ses petites sœurs. Tark se retourna, comprenant que c’était à lui qu’on s’adressait.
- Géant ?
Tark n’avait nullement l’impression d’être un géant. D’ailleurs comparé à la plupart des autres Guerriers Boros il était même un peu petit. Mais il était vrai que face à ce petit bout d’homme le Boros avait l’air d’une montagne.
Ce dernier s’approcha calmement du garçonnet et se pencha vers lui. Après cet élan de bravoure, le jeune intrépide avait l’air beaucoup moins sûr de lui face à l’imposant guerrier qui lui faisait de l’ombre. Il parvint finalement à demander :
- Ça veut dire quoi les dessins sur votre armure monsieur le géant ?
Le grand Boros esquissa un sourire, presque attendri. Ces humains avaient vraiment des comportements étonnants parfois. Tark-Ban Than lança un regard complice à Amindou.
- Pour les dessins il faut voir ça avec le vieux sorcier, il paraît que ça soigne… Répondit-il en désignant son épaule endommagée.
Si la mère du petit Al avait au départ craint pour son fils, elle fut rassurée de voir que comme l’avait dit son compagnon au sourire édenté, le grand monstre cuirassé n’était pas mauvais. En revanche tous avaient l’air étonnés de l’entendre parler si aisément leur langue, il venait de très loin pourtant. D’ailleurs il poursuivit en s’adressant aux soldats.
- Vous dites que nous vous avons rendu un service en tuant ces hommes qui nous ont attaqués. Je ne sais si c’est la même chose ici, mais chez moi quand quelqu’un rend un service on le remercie.
Tark n'avait pas dit cela sur le ton d'un reproche mais plutôt comme une incitation. Il rejoignit Amindou qui faisait un drôle de tête et, tout en frottant les symboles que le sorcier avait dessiné sur son squelette externe, lui glissa :
- Ne me regarde pas comme ça, tu voulais à manger non ? _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
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Azeem El'Bakshir
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Posté le
: Jeu Avr 05, 2007 5:20 pm
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La situation s'était sensiblement détendu depuis que soldats et villageois s'étaient rendu compte que ni le vieil homme ni le grand guerrier n'avaient d'intentions malveillantes à leur égard. D'autant semblait-il qu'ils avaient mis un terme définitif aux exactions de nez cassé et de sa bande de voleur qui les avaient plusieurs fois attaqué au point que le chef se résignât à demander assistance à la garde royale. La bravade du jeune garçon avait fini de détendre l'atmosphère et les gens, curieux, cherchaient désormais à en savoir un peu plus sur les origines mystérieuses de cette grande créature qui, à la surprise de tous, semblait parler et comprendre parfaitement l'Arkantis.
Le chef de la garde reporta son attention sur Amindou.
- Sorcier hein ? Je vous déconseil de trop vous vanter d'vos connaissances occultes. Vous avez de la chance que notre royaume de Yunora soit plutôt pas trop dans le genre d'être dévots à Ohm, faut dire que la guerre d'Haveroc à laisser des traces...et pis c'est qu'on est pas loin du Notus, alors pensez que des truc étranges nos grands parents ont pas attendu Lyren pour en voir... mais si vous allez vers le nord, gaffez bien ce que vous dites car ils pourraient bien vous passer au bûcher sans hésiter, c'est que les esprits n'évoluent pas vite dans les grandes plaines...et beaucoup sont plutôt méfiant envers la magie, et c'est peu dire...
Un homme de grande taille au physique durci par les dures labeurs quotidien se démarqua alors de l'attroupement pour interrompre le soldat. Il n'était pas de prime jeunesse mais conservait un certaine prestance qui le distinguait des autres villageois et qui laissait présagé qu'il n'avait pas passé toute sa vie à travailler la terre.
- Je suis Hamal Thaus et je suis le chef de ce village, se présenta-t-il. Puis en s'adressant au boros : Vous avez raison étranger, aussi bizarre soit votre apparence, nous vous devons des remerciements pour avoir tué nez cassé et ses acolytes. Notre village n'est pas riche mais nous pouvons vous offrir l'hospitalité pour ce soir. J'ai des chambres inutilisées dans ma maison depuis le départ de mes fils pour la ville. Elle sont à votre disposition, si vous le souhaitez.
Amindou accepta au nom de son compagnons et ils traversèrent le petit regroupement d'homme auquel s'était joint femmes et enfants qui, bien que rassurés, se tenaient prudemment à bonnes distances des étrangers. Les voyageurs suivirent Hamal et le chef de la garde vers une maison qui faisait également office de ferme située au nord du village au bout d'un chemin de terre. A l'intérieur ils furent accueillit par un femme d'une quarantaine d'années à l'allure plutôt forte qui jeta un regard méfiant au deux étrangers avant de disparaître dans une pièce sans dire un mots.
- Ma femme, Naoudine, elle n'est pas très loquace, et même un peu brutal, mais elle a bon fond... lança le chef en guise de présentation. Je vais vous montrer vos chambres... Pour le confort faudra oublier mais ça sera mieux que le dehors. Et puis quelque chose me dit que vous êtes pas trop habitué à dormir dans des lits...
Après avoir gravi un escalier en bois qui gémie d'inquiétante manière au passage du Boros, le chef désigna deux chambres situées sous les combles de part et d'autre d'un bref couloir.
- Voilà les chambres de mes fils, elles n'ont pas été occupées depuis un petit moment, mais vous y serez bien pour la nuit. S'adressant à Tark, Je vous conseil de dormir dans la chambre de droite, le plafond y est plus haut... Je vous appellerais pour le repas, en attendant reposer vous... lança-t-il avant de redescendre retrouver le chef de la garde, laissant les deux compagnons seul à l'étage.
Amindou franchi la porte de sa chambre, appuya délicatement son bâton contre un mur, se débarrassa prestement de sa besace et de son arc avant de littéralement sauter sur le lit. Depuis qu'il était partis de son village dans les marais il avait eu en de nombreuse fois l'occasion de découvrir le confort du martelas des gens du dehors qu'il considérait de loin comme leur meilleur invention.
- Ah ! Regarde grande chose, je suis sûr que tu n'as pas ça dans jungle, lança-t-il au guerrier au travers de la porte tout en sautant sur le lit.
Le boros se contenta de hocher la tête et rentra dans sa chambre. Il examina rapidement la porte et, une fois qu'il eut compris sa fonction la referma. Amindou ne se formalisa pas outre mesure de l'attitude de son compagnons, supposant que celui ci voulait s'isoler pour prier une nouvelle fois ses dieux encore inconnus. Le sorcier s'allongea. La journée avait été épuisante et il ne tarda pas à somnoler. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
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Tark
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Posté le
: Sam Avr 07, 2007 10:55 pm
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Non en effet il n’y avait pas ça dans la jungle. Ni toutes ces choses, tous ces objets que Tark-Ban Than n’avait encore jamais vu.
Dès que le Boros était arrivé dans le village, l’architecture des maisons avait immédiatement attiré son attention. Il avait déjà remarqué des habitations ressemblant à celles-ci, mais c’était la première fois qu’il avait le privilège d’entrer ainsi dans l’une d’elle. Et une fois à l’intérieur Tark avait été encore plus intrigué, il y faisait plus sombre qu’à l’extérieur, plus frais aussi. C’était un peu comme une grotte en fin de compte. Tark-Ban Than ne fit aucun commentaire. Cela n’avait absolument rien à voir avec les cabanes rudimentaires que son peuple construisait parfois. Il fallait le comprendre, les Guerriers Boros ne sont pas des bâtisseurs. Nul besoin de maison lorsque l’on vit dans une jungle au climat agréable toute l’année et que l’on porte une carapace qui rend inutile tout autre moyen de se protéger.
La maison était elle-même divisée en plusieurs habitations individuelles dans lesquelles il était possible de s’isoler au moyen d’un mur mobile. Alors que son compagnon de route semblait ravi, Tark ressentait le besoin d’être seul, de méditer un peu sur ces nouvelles idées qui lui étaient venues. Il s’enferma donc dans la chambre que lui avait désigné Hamal Thaus et en examina consciencieusement l’ameublement. Son regard du guerrier se posa finalement sur le lit qui trônait au milieu de la pièce. Il fallait dormir là-dessus ? Il imita Amidou s’asseyant sur le lit. Celui-ci grinça sinistrement et le Boros fit la grimace. C’était mou et inconfortable, il dormirait par terre comme il en avait l’habitude. En revanche ce meuble ferait un parfois reposoir pour son épée. Tark se décida à s’en séparé comprenant qu’il n’en aurait probablement pas besoin ici. L’énorme lame d’os trônait à présent sur la vielle couverture telle une relique sur son autel.
Même si cette pièce était plus vaste que celle où somnolait désormais le sorcier Amindou, le Boros ne pouvait s’empêcher de se sentir à l’étroit entre toutes ces cloisons. Tark s’approcha donc de la fenêtre et s’y accouda. De là il pouvait voir la plaine qui s’étendait jusqu’aux montagnes, et Soleil commençait à descendre, il allait disparaître de ce côté pour se rendre de l’autre, là où vivaient ces frères. Le jeune guerrier en voyage songea au chemin qu’il avait parcourut, et n’osait imaginer celui qui restait à parcourir. Où ce sentier le mènerait-il ? Vers d’autres combat, d’autres découvertes ? Il y avait toujours cette dangereuse ennemie volante qui était parvenu à s’échapper. Et à présent que Tark avait découvert que tous les habitants de la région n’étaient pas que des barbares, il redoutait d’avantage une nouvelle confrontation avec l’aérienne. Elle chercherait sans aucun doute à se venger. Et Tark aussi réclamait des comptes, son sang de guerrier réclamait une revanche contre ce traître adversaire qui l’avait attaqué de façon déloyale. Elle était blessée et lui aussi, le premier rétabli aurait l’avantage. Le Boros se sentait exalté par ce nouveau défi, mais il se retint de pousser un cri de guerre en se disant que cela effraierait peut-être les villageois. D’ailleurs dans la jungle, après avoir crié, il était impossible de chasser, toutes proies s’étant enfuies, prises de terreur.
On lui avait dit de se reposer en attendant le repas, mais Tark-Ban Than ne se sentait pas vraiment fatigué. Il avait seulement encore mal à l’épaule. Amindou était parvenu à extraire le morceau de métal et à refermer en partie la blessure. Mais le Boros avait encore un trou béant au niveau de l’omoplate. L’os avait littéralement éclaté et on pouvait voir la chair bleutée en dessous. Cela prendrait des mois, des années peut-être pour que tout se reconstitue, et Tark ne disposait pas de tout ce temps. Il le savait, un trou dans l’armure d’os était une chance supplémentaire de se faire tuer. L’ambiance était peut-être détendue dans ce charmant petit village, mais le Boros était encore loin de se considérer en terrain ami.
Comme l’indiquaient les trois anneaux gravés sur sa corne frontale, Tark-Ban Than était un guerrier de troisième rang. Il avait déjà accompli sa chasse initiatique, et avait déjà mené ses frères lors de traques. Mais plus que des décorations de guerre, ces décorations honorifiques montraient surtout la force de son lien avec la grande Archonte Nurk-Barg Hank. Tark connaissait les cinq prières élémentaires et savait comment attirer les faveurs de son dieu. Grâce à cela le jeune Boros pouvait entre autre feu de n’importe quel brindille ou encore repérer les créatures alentours. Ce qui lui avait déjà rendu de nombreux services. Cependant, Tark était incapable de se soigner, il savait que cela était possible. Il avait déjà vu Yur-Ban Himn sauver la vie de Faa-Ban Than alors que celui-ci avait pris un rocher sur la tête. Mais Tark s’était jusqu’alors montré incapable d’une telle maîtrise. Il devait pourtant essayer, il ne pouvait se permettre de conserver une telle faille.
A la fenêtre, le Boros regarda Soelil disparaitre derrière les montagnes. La nuit commençait à tomber, l’obscurité envahissait la plaine, c’était un moment propice pour la prière. Tark-Ban Than, jeune guerrier Boros, en mission loin de sa jungle natale implora son dieu de lui venir en aide. Il ferma ses lourdes paupières et entama une respiration profonde et régulière. Il ne savait exactement quels mots prononcer pour formuler sa requête, alors il demanda le plus humblement du monde à Nurg-Barg Hank de bien vouloir soigner sa blessure.
- Nurk-Barg, al solo tir vonti. Tark-Ban kra… kra himn… do than…than. Hafsar kra peli… peli do himu… do…
Rien ne se passa. N’était-ce pas en ces termes qu’il fallait prier l’Archonte ? Le ton était un peu hésitant certes. Tark entreprit donc de recommencer, plus clairement et avec plus de conviction.
- Nurk-Barg, al solo tir vonti. Tark-Ban kra than do himn. Peli do himu hafsar kra. Elo sir por mo !
Ce n’était pas vraiment conventionnel comme prière. Nurg-Barg Hank avait raison d’ignorer une telle requête. Après tout, Tark ne méritait pas d’être soigné, il s’était laissé prendre bêtement, il avait manqué de discernement, ce qui était impardonnable. Le Boros rouvrit les yeux mais n’eut pas le temps de pousser un soupir de renoncement.
Il dû s’agripper au rebord de la fenêtre, au point de faire craquer le bois entre ses épaisses phalanges. Il était pris de palpitations, une chaleur inconnue entait en lui, ça le brûlait, sa blessure le brulait. S’il ne pouvait la voir, Tark était certain qu’elle était en feu. Les yeux exorbités, serrant les dents pour ne pas crier, le jeune guerrier sentait la structure de son armure osseuse se modifier en émettant d’horribles craquements. Tark-Ban Than ne put le supporter plus longtemps, il hurla, lâcha le bord de fenêtre qui portait à présent la marque de ses doigts et s’écroula en faisant trembler tout l’étage.
Le dos du Boros était fumant, il était prostré, la tête dans les mains, il pleurait. De joie ou de douleur, en tout cas, même s’il elle n’avait pas entièrement disparue, la blessure s’était en grande partie résorbée.
- Par Ohm ! Mais qu’est ce que vous fichez là haut ?! A taaable !! _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank ! |
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

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Posté le
: Ven Avr 13, 2007 5:11 pm
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Amindou fut tiré de son semi sommeille par deux coups discrets sur sa porte. N'étant pas encore au fait de la coutume qui voulait que l'on frape avant d'entrer dans une pièce occupée, le sorcier s'interrogea sur l'origine et le pourquoi de ces bruits. Il laissa les coups se répéter deux fois avant de se décider à se lever pour allez voire. Méfiant, il se saisit de son bâton au passage et ouvrit doucement le porte. Derrière se trouvait le chef du village qui regardait nerveusement vers les escaliers qui menaient à l'étage.
- J'aurais à vous parler, seul à seul... lança Hammal sans autre introduction au sorcier surprit de découvrir qu'il était la cause des bruits étranges. Je peux entrer ?
Amindou regarda le chef de manière suspicieuse. Que faisait-il à tapoter derrière sa porte ? Était-il en train de faire de la magie, de lui lancer un sort ? Et pourquoi lui demandait-t-il la permission d'entrer dans sa propre maison ? Tout cela était fort étrange pour le vieil homme qui laissa cependant passage à son hôte. Ce dernier entra prestement dans la petite chambre et referma rapidement la porte.
- Voila, commença-t-il. Tout à l'heure vous avez dit que vous étiez sorcier...comme vous l'a dit Hans, le chef de la garde, la magie ne nous est pas totalement étrangère même si les sorciers sont plutôt rares, faut dire qu'avant Lyren l'inquisition v'nait souvent nous « visiter », alors ça suscitait pas forcement les vocations. Mais depuis l'an dernier y a ce type étrange qui est arrivé à Hamblock, un village pas bien plus gros que le notre au nord, et depuis nos bêtes ne sont pas bien en forme et les petits nées c'te année sont pas bien vigoureux et beaucoup sont morts quelques semaines après leur naissance. Hans veut pas me croire, mais avec les gars on est sûr que ce type étrange nous a lancé un sort ! Une sorte de malédiction comme ont dit ! C'est que les gens d'Hamblock nous ont jamais vraiment aimés. Ils ont toujours été jaloux de nos récoltes... Alors je me disais que comme vous avez réussi à soigner votre grand ami, vous pourriez pt'etre nous aider à combattre le mauvais sort... Bien sûre nous vous récompenseront pour votre peine...s'empressa d'ajouter le chef, je suppose que vous avez besoin de vivres, tout les voyageurs ont besoin de vivre...
- Oui oui, répondit Amindou en hochant vivement le tête. Nous avons besoin vivre, mais aussi disques de métal qui échangent tout. Devant la visible incompréhension de son interlocuteur Amindou dessina des cercles dans la paume de sa main avec son index. Disques de métal, répéta-t-il.
- Ah de l'argent ! Comprit finalement le chef, vous voulez de l'argent en échange de vos services ?
- Oui oui, de l'argent, répéta Amindou en hochant la tête plus vigoureusement, de l'argent, à Terre Nouvelle on me donnait beaucoup disques de métal pour magie.
- Hum, nous ne pouvons pas vous donner grand chose car nous ne somme pas bien riche mais nous avons quelques économie. Mais vous êtes sûr de pouvoir lever la malédiction ?
- Oui oui, affirma le sorcier, ça c'est facile, je sais faire très bien !
- Et vous pourriez, hum, comme dire, hésita le chef, leur rendre la pareil...
Amindou se fendit d'un large sourire en comprenant ou voulait en venir Hammal.
- Vous voulez que je lance malédiction sur Hamblock ? Hé Hé, ça aussi je fais très bien...
Un violant crie provenant de la deuxième chambre interrompit la tractation. Le chef bondit sur ses pieds et porta instinctivement sa main à sa ceinture bien qu'il n'y portait plus son épée depuis bien des années, mais certaines habitudes se perdent difficilement. Amindou reconnu le voix puissante de son compagnons et se voulu rassurant.
- Grande chose prie des dieux inconnues, nous ne devons pas le déranger, dit-il. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
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Tark
Aiguise sa plume

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Posté le
: Lun Avr 23, 2007 11:51 am
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On avait appelé, ce devait être la femme du khan. Tark-Ban Than se releva prestement. Il avait réussi, en partie seulement certes mais il avait réussi à invoquer son dieu pour soigner sa blessure. La surprise l’avait déconcentré, ce qui avait sans doute interrompu le processus, mais la prochaine fois Tark était sûr qu’il pourrait aller jusqu’au bout. Le jeune guerrier Boros n’omettrait pas de dédier quelques offrandes de remerciement à Nurk-Barg Hank après le repas. Cependant plus que tout Tark-Ban Than se sentait bien extraordinairement bien, ce n’était pas seulement que cette douleur à l’épaule avait disparu, il se sentait changé.
Tout lui parvenait autrement, comme s’il percevait différemment le monde qui l’entourait, plus intensément. Toujours cette sensation avec Nurk-Barg Hank, la sensation de n’être que l’organe d’une puissance omniprésente et bienveillante. Peut-être était-ce cela la force dont parlait parfois les anciens Boros, la force du lien qui rattachait l’Archonte à ses créatures. Tark-Ban Than devina ainsi la présence du khan du village dans la chambre d’Amindou. Après cet épreuve il constatait avec jubilation que ce lien s’était renforcer, et qu’il se renforcerait sûrement encore plus avec le temps. En tout jeune guerrier, Tark songea émerveillé aux possibilités et aux pouvoirs des anciens qui lui paraissaient désormais à portée.
Mais il était temps de se restaurer, après tout c’était pour cela qu’on était ici. Le Boros sortit de sa chambre en manquant de peu de s’assommer contre une poutre du plafond et, ne se gênant pas pour ouvrir la porte sans frapper, interpella son compagnon de route.
- Amindou, lève-toi je crois qu’on nous appelle. Tu avais l’air d’avoir faim non ?
Le khan était effectivement là, il regardait son imposant visiteur avec un mélange d’étonnement et de légère inquiétude. A coup sûr on l’avait entendu crier et tous s’étaient retenus de s’enfuir de la maison tel le gibier affolé. Ah ces humains ! Il ne leur fallait vraiment pas grand-chose. A l’avenir Tark-Ban Than essaierait de se retenir davantage.
Hammal n’eut pas le temps de dire quoi ce soit que la voix autoritaire de Naoudine retentit une seconde fois.
- A table j’ai dit ! Il n’y aura pas deuxième service et les retardataires mangeront froid !
Tark, Amindou et même Hammal avait tout intérêt à exécuter les ordres de la matrone.
C’était une solide table en vieux chêne autour de laquelle pouvait facilement s’asseoir une dizaine de personne. Et d’ailleurs d’autres villageois venaient apparemment prendre leur repas à la table du chef. Hans, le capitaine de la garde était aussi présent. Certains avaient même apporté un petit quelque chose. C’était presque à croire que les habitants avaient vidé leurs provisions pour nourrir ces deux visiteurs. Mais Tark-Ban Than n’était nullement gêné. Non à vrai dire, c’était plutôt la nature des plats qui le laissaient songeur. Quand il avait entendu parler de repas, il avait associé cela à une chasse puis à un feu au dessus duquel on ferait rôtir le fruit de la traque. De ce fait le Boros ne put s’empêcher d’être légèrement déçu en constatant que toute la nourriture était déjà sur la table, prête à être mangée et surtout que la part de viande dans le repas était plus que réduite. Comment ces gens pouvaient espérer grandir en ne mangeant que de la verdure ? Pas étonnant qu’ils soient si petits.
Après quelques palabres auxquelles Tark préféra ne pas participer, tout le prit place en face d’une assiette. Ces gens n’étaient peut être pas bien grands mais leurs tables étaient adapté à leur taille, et se ne fût pas sans difficulté que le Boros s’assit. En face d’un grand bol rempli de gros pois verts bien peu appétissant pour le chasseur.
Mais Naoudine protesta en voyant que son hôte cuirassé rechiganait à avaler quoi que ce soit.
- Allons un grand gaillard comme vous, vous allez me frustrer si vous n’avalez rien.
Tark-Ban Than n’osa pas lui désobéir. Pour tout dire, il y avait quelque chose chez cette maîtresse de maison peu commode qui l’intimidait. Il attrapa un pois du bout des doigts, le regarda un instant d’un air désespéré. Puis l’avala.
Ce n’était pas si mauvais après tout, ça n’avait pas vraiment de goût mais c’était mangeable.
Les personnes autour de la table jetaient à présent des regards intrigués en direction de cet invité inhabituel qui avait d’abord rechigné à gouter quoi que ce soit qui avalait à présent des plats entiers. Cette blessure et ces séances de soin à répétition avaient affamé le Boros.
- Heu…Vous mangez toujours comme ça ?
- Tous les trois cycles pourquoi ? répondit Tark la bouche pleine de pois.
D’autres questions vinrent à leur tour.
- D’où venez-vous exactement ?
- Pourquoi êtes-vous ici ?
Ça, Tark-Ban Than ne savait s’il pouvait leur révéler. Quant à ses objectifs, Tark pensait s’entretenir avec le chef du village un peu plus tard. _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank ! |
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