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Kara
Exerce sa rhétorique

Messages : 84
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Posté le
: Jeu Mar 22, 2007 9:26 pm
Shivara |
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Bordée au sud par le fleuve Aguilon, Istalis, puissante cité portuaire de la région des marches abritait une population hétéroclite. Sa position stratégique entre le Sahel, la région du Calice et les côtes d’Hélianthe avait fait d’Istalis une ville prospère. Elle était une étape incontournable de toutes les caravanes commerciales. Pour cette raison, suscitant jalousies et convoitises, elle avait aussi subi de nombreux sièges. Lors de sa dernière reconstruction, un architecte particulièrement visionnaire avait réussi à en faire une forteresse qui n’avait plus été prise depuis deux siècles. Istalis disposait à l’extérieur du rempart, d’un port-forteresse dont la flotte faisait la loi dans les eaux de Cabale.
La ville était divisée en trois zones imbriquées, séparées chacune de fortifications gardées de jour comme de nuit. La couronne extérieure dévolue aux petites gens était protégée par un mur impressionnant abritant les soldats d’Istalis et de hautes tours de gués Elle comptait les quartiers les plus pauvres, mais aussi les artisans et marchés qui nécessitaient un accès facile vers les villages alentour et les cultures pour leur bon fonctionnement. On y trouvait de nombreuses auberges plus ou moins accueillantes. Mais elle cachait aussi la lie de la ville comme les détrousseurs de tous horizons et même, d’après les rumeurs, les assassins de Zara, sombre confrérie que n’importe quel homme bien nanti pouvait engager afin de résoudre certains problèmes. Pour cette raison, il ne faisait pas toujours bon s’y promener la nuit.
La couronne médiane moins étendue était protégée par la ceinture intérieure munie de solides portes à chaque point cardinal. Elle était le lieu de résidence des bourgeois de la ville, mais était aussi le cœur économique de la ville. Chaque guilde se devait d’y avoir un comptoir. Pour cette raison, de nombreux puissants cherchaient à s’y faire représenter. Il y avait notamment une maison Mathalienne et un temple Ko. L’accès à cette zone était soumis à la possession d’un sauf-conduit pour les non-résidents, les résidents quant à eux n’avaient qu’à présenter l’anneau de leur maison que chaque garde portier connaissait.
La couronne intérieure était protégée par un rempart encore plus strict dont les seuls accès étaient une porte nord et une porte sud-ouest. Elle abritait les aristocrates de la ville qui manœuvraient sans cesse pour augmenter leur influence. Chaque maison ducale avait un représentant au sénat impérial, en charge de l’élection du roi. À l’heure actuelle, le roi était un membre de la maison Almin dénommé Falak 1er, mais était plutôt connu sous le sobriquet « Le faible ».
Par une belle journée d’été, deux gamins des rues, assis à même le sol, observaient les passants qui allaient et venaient, à l’affût de la moindre occasion de leur soutirer leur bourse pendant que les marchands vantaient les mérites de leur camelote. Au milieu de cette cohue, un homme de belle prestance habillé élégamment errait entre les stands. Il portait un surcot de velours bleu nuit brodé de fils d’or en forme de d’aigle.
Un murmure s’éleva de la foule devant lui. Les gens s’écartaient rapidement pour laisser place au capitaine de la garde et ses hommes. Symbole d’autorité et de pouvoir, la garde était crainte par le peuple à juste cause, son chef, un homme méprisant de caractère impulsif était connu pour appliquer une justice expéditive. Arrivés devant les deux gamins, le capitaine, sans leur jeter un regard, les chassa d’un coup de pied comme on le ferait de deux rats provoquant quelques rires grossiers parmi ses hommes. Poursuivant sa route sans avoir prêté plus attention aux deux gamins, le capitaine reconnut l’homme élégant et se dirigea aussitôt vers lui. Ordonnant à ses hommes de poursuivre, il afficha un sourire des plus hypocrites.
« Très cher, vous ici ? Mais que faîtes-vous donc dans cette fange ?
- Hélas, cher capitaine Malvin, un ennui mortel m’afflige ces derniers temps. J’ai cru bon trouver à me distraire sur les marchés. Mais qu’avais-je donc imaginé ?
- Vous m’amusez très cher. Ce quartier est méprisable, je doute que vous y trouviez quoi que se soit d’intéressant. Mais dites-moi ...»
Alors que les deux hommes continuaient leur conversation, un adolescent habillé misérablement s’était approché nonchalamment dans le dos du capitaine le frôlant sans toutefois le toucher et s’éloignait déjà sur un rythme un peu plus rapide sous le regard pénétrant de l’élégant dandy.
« Ah, cher capitaine, je suis au regret de vous quitter déjà. Cette incursion dans ce quartier m’a indisposé plus que je ne l’aurais cru. Si vous voulez bien m’en excusez.
- Oh, je vous en prie très cher. Nous nous reverrons très vite de toute façon. »
Sortant un mouchoir de dentelle de sa manche, l’élégant s’épongea précieusement le visage et laissa le capitaine. Il prit la même direction que l’adolescent et quitta le marché. Trois ruelles plus loin, il découvrit avec satisfaction l’adolescent adossé à un mur qui scrutait avec inquiétude l’élégant. Rangeant son mouchoir avec sécheresse, l’homme troqua son pas lent et pompeux pour un pas rapide et direct.
« Tu ne manques pas de ressource jeune homme !
- Que dites-vous seigneur ?
- Oh, tu peux feindre l’innocence.
- Heu ... Je ... Je ne comprends pas.
- Ah ? C’est par accident que la bourse du capitaine Malvin est tombée dans ta poche ?
- Je n’ai rien fait et je n’ai aucune bourse dans ma poche.
- Suffit ! Ne me prends pas pour un idiot ! J’ai trouvé que tu ne t’en étais pas trop mal sorti et je pensais te confier un petit travail pour moi avec une belle récompense à la clé, mais si tu n’as rien fait, n’en parlons plus...
- Non, attendez... C’est quoi ce travail ?
- À la bonne heure ! Présente-toi à la porte intérieure sud cette nuit à deux heures et demande à voir Menelik. C’est un garde-portier. Il te fera entrer dans la couronne médiane et te donnera des instructions.
Ne me déçois pas et sois-y ! »
L’élégant fit alors volte face et disparut dans une ruelle adjacente.
Alors qu’Istalis était couverte d’un voile étoilé, une ombre se faufilait dans le dédale des quartiers pauvres. Elle n’avait croisé qu’un ivrogne trop soûl pour seulement avoir remarqué son passage. Traversant la place de l’espoir, nom ironique dans ce quartier misérable, l’ombre se dirigeait d’un pas décidé vers la porte intérieure sud. La poterne éclairée par deux torchères était gardé par quatre hommes. Hésitant soudainement, l’ombre restait tapie à l’abri de leur regard vigilant.
« Qui va là ? » lança un garde.
L’ombre acculée se décida finalement à avancer dans la lumière.
« Heu ... Je cherche un garde.
- Ce n’est pas une heure pour chercher quelqu’un jeune homme.
- Pardonnez-moi. Un seigneur m’a convoqué cette nuit et je dois m’adresser à un dénommé Menelik.
- Je suis Menelik. Ah, certains seigneurs ont vraiment des goûts bizarres ! »
La dernière remarque du garde s’adressait plutôt à ses collègues pour éviter les questions indiscrètes.
« Viens, suis-moi ! » reprit-il.
Menelik entraîna le garçon par une ouverture dans la porte et s’éloigna de quelques pas.
« Remonte cette rue, tourne à la troisième rue à droite jusqu’à la maison rouge. Si tu arrives à pénétrer dans cette maison sans attirer l’attention, monte à l’étage. Dans une chambre, tu trouveras un médaillon de pierre noire. C’est ton objectif. Rapporte-le-moi et tu auras ta récompense. Allez, va ! »
Suivant les indications du garde, l’adolescent remonta l’artère le plus discrètement possible. Arrivé devant la maison rouge sans avoir croisé âme qui vive, il étudia l’imposante porte d’entrée sûrement fermé à clé et les fenêtres pourvues de solides grilles.
Aucune chance d’entrer par là ! Le mur ne me semble pas trop lisse. Je peux toujours tenter le coup par là.
L’adolescent chercha la jointure de deux pierres testant sa prise de son poids. Apparemment satisfait, il commença aussitôt à escalader le mur. Pouce après pouce, il se hissait doucement vers le toit de la maison. Essoufflé par l’effort, mais aussi inquiet d’avoir été vu, il bascula de l’autre côté du faîte du toit et découvrit un jardin intérieur. Deux sentinelles arpentaient le promenoir avec indolence. Cela devenait délicat. Profitant du demi-tour effectué par les deux hommes, le voleur se laissa glisser discrètement sur la terrasse supérieure de la maison et se plaqua contre la porte-fenêtre. Extirpant deux petits outils de sa poche, il entreprit de forcer la serrure. Le cliquetis semblait terriblement bruyant aux oreilles de l’intrus. Après de longues secondes, la porte céda, donnant accès à une petite chambre. Il y avait peu de chance de trouver l’objet ici. Une autre porte ouverte l’amena dans un couloir faiblement éclairé. Le longeant à pas de loup, il laissa plusieurs portes du même genre que celle d’où il provenait. Virant brusquement à droite, le couloir aboutit à une nouvelle porte, mais celle-ci était plus richement ornée. Cela était de bon augure. Tournant la poignée, il eut la surprise de la trouver non verrouillée. Entrebâillant la porte de quelques pouces, il ne vit qu’obscurité. Il se faufila alors à l’intérieur et attendit que sa vue s’adapte à la nuit. Des rais de lumière filtraient au travers d’une persienne ce qui lui permit de distinguer un lit à baldaquin devant lui. Il avança précautionneusement et réussit à atteindre le lit sans bruits. C’est alors qu’il se rendit compte qu’aucun dormeur n’y était installé. Tâtonnant sur la table de chevet attenante, il trouva une bougie qu’il décida d’allumer. Promenant la chandelle alentour, il distingua de riches tentures et une commode ornementée de dorures sur laquelle était posé le fameux médaillon. Cela avait été trop facile.
Une vive lumière illumina alors la pièce.
Un homme assis dans un fauteuil disposé dans un coin de la pièce le jaugeait avec intérêt.
« Bien, tu es venu, j’en suis très heureux.
- Vous ? Mais pourquoi ?
- Je suis Amal, maître de séant. Ce médaillon t’appartient maintenant. Je voulais juste constater si tu le méritais et tu ne m’as pas déçu.
- Je ne comprends pas, est-ce un nouveau jeu des gens riches ?
- Non, rassure-toi, ce n’était qu’un test pour savoir si tu étais apte à intégrer notre confrérie. Chaque membre possède le même médaillon que celui-ci. Grâce à cela, tu seras toujours ici chez toi. Un refuge, en quelque sorte.
- De quelle confrérie parlez-vous ?
- Celle des voleurs, bien sûr.
- Je ne veux pas ! J’ai déjà subi la soi-disant protection d’une confrérie. Qui me dit que la vôtre est meilleure ?
- Une autre ? Etrange. Si tu ne désires pas rester, rien ne t’y force. La porte est toujours ouverte et personne ne t’arrêtera, je t’en fais la promesse.
- Vous m’avez piégé et vous espérez que je vais vous croire ? »
À cette question, Amal se leva et décrocha sa bourse de sa ceinture et s’approcha du jeune voleur stupéfait.
« Tiens, cette bourse contient suffisamment de pièces pour payer ton travail. Mais sache que tu n’arriveras plus pendant très longtemps à dissimuler ta féminité. »
Les yeux du voleur s’agrandirent comme des soucoupes.
« Comment avez-vous su ?
- Comme j’ai su que tu serais une bonne recrue.
- Jamais encore personne n’a réussi à me démasquer, je...
- Ceci me prouve encore que ta place est ici.
- Peut-être ...
- Comment te prénommes-tu ?
- Je m’appelle Shivara.
- Bienvenue chez toi, Shivara… » _________________ Kara
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Kara
Exerce sa rhétorique

Messages : 84
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Posté le
: Ven Mar 23, 2007 10:12 am
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Rhaaaaaaaaaa, j'ai écrit des persos clichés
C'est que ce n'est toujours évident d'être originale, hi hi.
Pas grave, si ça te plaît quand même...
Je crois que tu trouveras mon autre perso un peu moins cliché (Enfin, j'espère...)
Patience ! _________________ Kara
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Tark
Aiguise sa plume

Messages : 146
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Posté le
: Ven Mar 23, 2007 5:25 pm
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Ben c'est juste que la jeune voleuse qui se fait passer pour un garçon, j'ai comme l'impression d'avoir vu ça quelque part... et puis comme le nom du perso était Shivara, on se doutait que c'était une fille... enfin n'empêche que l'histoire est excellente, que j'ai adoré et j'ai hâte de croiser la route de Shishi
D'ailleurs peut-être que moi aussi je prépare d'autres personnages... _________________ La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank ! |
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

Messages : 546
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Posté le
: Ven Mar 23, 2007 5:53 pm
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Effectivement l'histoire est prenante et bien racontée même si elle n'est pas effectivement des plus originale. Je n'avais pas calculé que c'était une fille malgré le nom du perso mais je me doutait un peu que le coup de la maison c'était un test
Bon en tout cas très bien pour Istaalis, ça fait une ville de plus de défini
Reste plus qu'a attendre le nouveau perso qui je pense sera beaucoup plus surprenant (d'après le peu que je sais  ) _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
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Kara
Exerce sa rhétorique

Messages : 84
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Posté le
: Jeu Mar 29, 2007 11:42 am
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Bien, bien,
tout ce que je lis n'est pas trop mal. Vous avez de toute façon parfaitement raison, c'est assez classique comme perso. Je vais donc prendre mon temps pour le deuxième pour éviter cela.
Désolé Maej', je n'ai pas du tout ce style poétique que tu affectionnes dans les descriptions. Je ne m'y essaierais même pas d'ailleurs. Je dois être un peu trop "carrée"...  _________________ Kara
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Maej'tei
Aiguise sa plume

Messages : 110
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Posté le
: Jeu Mar 29, 2007 6:38 pm
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| Citation : | | Vous avez de toute façon parfaitement raison, c'est assez classique comme perso. |
C'est, certes, classique, mais cela n'empêche que ton BG est tout de même captivant
| Citation : | | Désolé Maej', je n'ai pas du tout ce style poétique que tu affectionnes dans les description. Je ne m'y essaierais même pas d'ailleurs. Je dois être un peu trop "carrée"... |
N'essaies pas, ce ne serait plus toi. C'est plutôt à moi de savoir m'adapter à l'auteur. Je dois apprendre à lire des styles différents, ne pas être ancré sur mes positions. Et puis, trop de poésie tue la poésie. Je tombe dans ce piège bien souvent. Tu n'es pas trop "carrée", tu as ton style à toi et ce n'est pas plus mal, car tu le sais, ton style est ... ( Je ne sais pas comment dire ) ... captivant !
Et puis, je l'aime bien moi, cette petite Shivara ! _________________ L'Harmonie passe aussi par la diversité...
Tel le ciel embrasé d'une soirée d'été. |
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Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé

Messages : 432
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Posté le
: Ven Avr 13, 2007 12:42 am
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Bon, voila, je termine mon tour de rattrapage
J'ose espérer que vous pardonnerez mon retard...
Le pire, c'est que je suis obligé de répéter ce qui a déjà été dit ! Il est vrai que l'histoire ne donne pas à fond dans l'originalité mais c'est bien un tout petit reproche pour un texte dans lequel on se plonge si facilement !
Pour ce qui est du style d'écriture, le "carré" comme celui de Kara ou d'Azeem, moi je dit que c'est tout aussi efficace que le reste !
Bravo ! _________________ Posto ergo sum |
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Thème visuel par Zeph
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