ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 
  Retourner à l'accueilAccueil du site   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Afficher la liste des personnagesListe des Personnages   Afficher la liste des lieuxListe des Lieux   S'enregistrerS'enregistrer 

 

En chasse
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante

Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région des Marches, le Notus et le Sahel
 
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Jeu Mai 10, 2007 5:15 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le chef du village ne chercha pas à masquer sa surprise lorsque le puissant guerrier fit irruption dans la pièce sans crier garde. Hamal invita néanmoins Amindou à suivre les recommandations du boros et à descendre, Naoudine n'étant pas une femme particulièrement patiente. Les deux étrangers, accompagnés du chef, empruntèrent donc ensemble l'escalier pour déboucher dans la pièce principale où la grande table de bois massif était dressée de nombreux couverts et autour de laquelle avait déjà pris position plusieurs convives dont Hans, le chef des gardes. Les conversations qui allaient bon train entre les villageois cessèrent brusquement avec l'arrivée du vieux sorcier et du géant cuirassé d'os, chose que les deux compagnons ignorèrent complètement pour se concentrer sur les différents plats répartis sur la table. Si le boros avait l'air surpris, voir déçu, Amindou trépignait d'impatience. La cuisine des gens de ce coté ci des montagnes lui semblait terriblement exotique et il était impatient de découvrir de nouvelles choses. Si Naoudine dû presque se fâcher pour forcer le guerrier à manger, Amindou n'eut guerre besoin d'encouragement. Ses réserves avaient été mis à rudes épreuves et le sorcier n'avait tenu le coup que grâce ses potions aux pouvoirs énergétiques. Aussi il était bien décidé à se rattraper au dépend des villageois qui restèrent médusés devant l'appétit de leur hôtes.

Les hommes pressèrent Tark de questions auxquelles le boros ne répondit que sommairement quand ce n'était pas par un bref grognement entre deux bouchées. Amindou recevait également sa part d'interrogations mais, s'il répondait de bon coeur, son élocution particulière aussi bien que son usage intempestif de mots confus pour les gens de l'ancien empire finirent de décourager les convives d'en savoir un peu plus long sur leurs étranges hôtes. Aussi, un lourd silence finit par s'installer au dessus de la table seulement rompue par les bruits des couverts et du bors qui se bâfrait sans retenu aucune. Devant une telle situation le chef prit sur lui pour animer le repas et se mit à raconter l'histoire du village qui rejoint rapidement la sienne.


Pour sûr que j'ai pas toujours été un fermier, moi ![b] continuât-il en se resservant un généreux verre de vin.[b] J'ai passé presque vingt ans dans l'armée impériale avant d'atterrir ici. Ouais, j'ai été envoyé dans la Sahel alors que je savais à peine brandir une épée, mais quand en face de vous vous avez ces fous enturbannés, vous apprenez vite.

Naoudine foudroya son époux de regard.

Les Sahélites seront toujours plus fier et sage que ne le seront jamais les Houtja ! Trancha-t-elle d'une voix qui aurait aussi bien peu être la lame d'un cimeterre.

Hamal se recroquevilla instinctivement devant cette attaque subite tout en prenant conscience de sa maladresse. Il se redressa cependant bien vite pour poursuivre son récit.


Hum, oui... bien sûr, admit-il conciliant. De toute façon cela n'a plus guère d'importance maintenant. l'Empire n'est plus. Quand les Sahélites nous ont chassés de notre avant poste, la révolution ésotérique nous avait déjà coupée de l'état major, alors comme beaucoup d'autre j'ai abandonnée l'armée. On s'était d'abord installé à Istallis avec Narsoudin mais la ville fut prise par l'armé du désert alors on est parti vers le nord, et on a atterri ici... Mais je crois que je suis vraiment devenu Yunorien lorsque j'ai choisi de combattre les légions d'Ohm pendant la guerre de Haveroc...

Le chef resta un instant silencieux, comme perdu dans ses souvenirs ainsi qu'une grande parti des villageois présents. Évoquer les guerres avait souvent pour effet de faire ressurgir des images douloureuses.

Ouais, conclut-il après un long moment,depuis j'ai plus retouché une épée...
_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Tark
Aiguise sa plume



Messages : 146
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Ven Mai 18, 2007 11:56 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le nez dans son bol de pois, Tark-Ban Than entendait parler de Sahélites, d’Houjta. Il ne comprenait pas grand chose à ces noms là. Hamal et Naoudine n’avaient pas l’air d’appartenir à la même peuplade, pourtant aux yeux du Boros ces deux là étaient des humains tout à fait semblables. Ce pouvait-il que les hommes soient divisés en clans à l’instar du peuple de la jungle sacrée ?
Tark n’intervint pas et continua à écouter la suite de la conversation d’une oreille distraite. Les pois achevés, le guerrier s’attaquait désormais à ce que quelqu’un autour de cette table avait désigné comme du chou farci. Il était apparemment question de batailles, de mouvements de troupes. Mais même si ce genre de récit était plus à même d’intéresser Tark, celui-ci était bien incapable de localiser les places fortes dont il était question ainsi d’identifier les forces en présence. Il nota cependant pour sa gouverne que les hommes pouvaient bel et bien s’avérer être une des races les plus belliqueuses qui soit.
Ce n’est finalement que lorsque le chef du village prononça le mot épée que le Boros estima qu’il pouvait prendre la parole. Depuis qu’il était arrivé, les armes en acier des soldats le fascinaient. Ces armes étaient tout à fait différentes de celles qu’il avait l’habitude de manier, et si Tark ne se sentait pas de converser de guerres il se trouvait en revanche tout à fait à l’aise sur le sujet des outils qui les permettent.
Tark-Ban Than interpella donc Hans, le chef des gardes qui lui avait demandé quelques instants plus tôt d’où il venait, le Boros allait répondre à sa question.


- De l’autre côté des montagnes neigeuses, à douze cycles de marche en direction du soleil couchant. Ca vous va ?

Le chef des gardes, comme la plupart des convives, réfléchit un moment, le temps de se faire une idée d’où l’endroit pouvait se situer sur une carte. Tous s’accordèrent finalement pour dire qu’effectivement c’était assez loin. Amindou avait l’air moins surpris que les autres, son fameux arrière grand oncle l’avait sans doute déjà mis au parfum de ce qu’il savait sur les guerriers Boros. Tark posa à son tour la question qui le démangeait depuis un bout de temps.

- Chez moi on fabrique surtout des armes en le taillant dans les os des Nurg-Barg Num. Mais vos lames ont l’air bien différentes, je n’en ai jamais vu de cette sorte. Elles brillent au soleil. Avec quoi les fabriquez-vous ?

Hans hésita un instant avant de se lever et de tirer son épée de son fourreau. Il la présenta avant de la tendre directement au Boros. Le garde avait l’air plutôt satisfait de pouvoir partager ses connaissances, trop content de pouvoir démontrer la supériorité des techniques locales sur celles de ces primitifs découpant leurs lances dans les ossements d’on-ne-savait quelle bestiole.

- Ce sont surtout des lames faites d’acier, un alliage de fer et de carbone, des minerais. Celle-ci une épée batarde, d’une longueur supérieure à une épée classique elle est cependant assez maniable pour être tenue à une main. Nous utilisons également des hallebardes, des haches d’arme…

Tout en écoutant avec attention les informations de Hans, Tark accueillit la dite épée dans sa large paume, la soupesa et en inspecta le tranchant. C’était une lame fine et légère comparée à celle du Boros. Mais surtout c’était une arme froide. L’arme d’un Boros, en os, ne fait qu’un avec lui, elle est vivante car elle contient toujours l’âme de l’animal à qui appartenait l’os dans laquelle elle a été taillée. Cette épée de métal était impersonnelle, ce n’était qu’un simple objet, un objet de mort. Tark était au moins autant séduit par cette idée qu’elle le révulsait.
L’arme toujours à la main, il resongea à la seconde question qu’on lui avait soumis : la raison de sa venue. Il était peut-être temps pour Tark de révéler pourquoi il était si loin de chez lui.


- Je suis un envoyé. Croyez-le ou non mais nous sommes plusieurs de mon peuple à arpenter en ce moment votre sol, et ce dans un seul but : mieux vous connaître. Chez moi, il y a plusieurs centaines de cycles de ça, une guerre a eu lieu. Une guerre entre nous, Boros, fils de Nurk-Barg Hank et des hommes venus d’ici. Des hommes qui ont cherché à nous envahir, à s’emparer de notre jungle sacrée au nom d’un certain empire. Nous les avons repoussés et personne n’est revenu depuis. Nous sommes un peuple de gardiens et nous nous devons de savoir ce qui menace ce que nous gardons. Ainsi l’ont décidé les anciens. Je suis ici afin de savoir si les hommes de l’empire ont toujours pour projet de se frotter aux fidèles gardiens du Sanctuaire de Nurk-Barg Hank.

Tark avait prononcé cette dernière phrase en regardant Hamal dans le fond des yeux. Autour du chef du village et de la créature cuirassée, un silence de plomb s’était installé. Les couverts s’étaient immobilisés, plus aucune mâchoire ne mastiquait. Les convives s’étaient soudainement tût et regardaient bouche bée cet étranger venu les juger. Cette fois même Amindou avait l'air interloqué par le discours de son compagnon de route.
Hans pensa en militaire, il fût le premier à reprendre la parole :


- Plusieurs de votre peuple vous dites, heu… combien exactement ?

Tark l’ignora royalement, il ne quittait pas le chef du village des yeux. Et comme ce dernier ne répondait rien, l'immense Boros qui paraissait soudainement moins sympathique, se leva brusquement en renversant au passage quelques assiettes. Il le toisait désormais du haut de ses deux mètres et le menaçait avec l’épée du garde. Et c’est dans la confusion que les quelques hommes d’arme présents se levèrent à leur tour, posant la main sur leurs fourreaux, sans pour autant sortir leurs armes. Hésitants sur la marche à suivre.
Tark-Ban Than, lui, n’hésitait pas du tout, il ne plaisantait pas non plus. Il était au cœur de sa mission divine. Il avait un khan face à lui, il se devait de connaitre ses intentions, peu importaient les moyens. Et c’est d’une voix autoritaire qui fit trembler les murs que le géant à l’armure d’os aboya :


- Khan ! As-tu oui ou non l’intention de réunir des troupes pour envahir le Sanctuaire de Nurg-Barg Hank? Réponds !

_________________
La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank !
 
Revenir en haut
Kara
Exerce sa rhétorique



Messages : 84
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Sam Mai 19, 2007 1:22 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Six hivers étaient passés depuis sa rencontre avec Amal El’zameth sur un marché d’Istalis. À son arrivée, elle avait découvert que la fameuse maison rouge abritait une école. Une très étrange école en vérité. Bien qu’ayant une certaine maîtrise en tant que voleuse, elle avait beaucoup appris entre ces murs. Elle y avait suivi des cours en vue d’améliorer sa dextérité. Ainsi elle y était devenue une très bonne acrobate et maniait assez adroitement de nombreuses armes. Elle s’était montrée une excellente élève dans ces deux domaines, à la grande joie de ses professeurs. Par contre, elle avait dû subir des cours qui, pour elle, lui avaient semblé parfaitement inutiles. Quel intérêt pouvait donc avoir un voleur de savoir lire, écrire et de se tenir en société ? Son avenir avait été incertain à cette période. De nature rebelle, elle avait été à deux doigts de quitter l’école, refusant tout net ce qui lui était imposé.
Alors qu’elle préparait ses affaires dans un ballot, bien décidée à quitter l’école, elle avait eu la surprise de voir apparaître à la porte de sa chambre, Amal tout de noir vêtu. Depuis son recrutement, elle ne l’avait pas revu, jusqu’à cet instant.
« Où comptes-tu partir ainsi ?
- Maître Amal ?
- Tes professeurs m’ont indiqué que tu étais très réticente sur certains cours.
- Je ne vois pas à quoi cela peut me servir.
- Hé bien, à pénétrer les cercles les plus riches. Je ne compte pas le nombre de fois où ce savoir m’a sauvé la vie. Si tu ne te contentes que des bourses des passants, il est, certes, peu utile de savoir lire. Pourtant, arriver à décrypter un avis d’arrestation peut t’éviter d’aller te jeter dans la gueule du loup. Ne crois-tu pas ?
- Peut-être, mais je ne laisserai pas maîtresse Malea me faire mettre une de ces horribles choses.
- De quoi, parles-tu ? »

Puis saisissant subitement que Shivara parlait d’une des robes de bourgeoise, Amal explosa de rire.
« Ainsi, c’est donc ça ! Mais tu ne crois pas qu’il peut parfois être utile d’être ce que tu es réellement au lieu de vouloir à tout prix persister à te faire passer pour un homme ?
- Non, je ne veux pas devenir un de ces pots de fleurs ! »

Devant la tournure de la conversation, Amal avait toutes les peines du monde à garder son sérieux. Vexée, Shivara se montrait encore plus brutale en empaquetant ses possessions. Reprenant contenance, Amal reprit d’une voix adoucie.
« Si tu fais cet effort pour moi, ce soir, je te montrerais quel pouvoir tu peux avoir sur les hommes avec ce genre de tenue. »
La jeune femme arrêta net.
« Quoi ?
- Oui, tu as bien entendu. Si tu consens à mettre la robe que je te ferais porter, je t’emmènerais dans la cité intérieure.
- La cité intérieure ? »

Amal l’avait alors quitté, perplexe, la laissant prendre sa décision. Lorsque Maîtresse Maela avait frappé à sa porte plus tard dans la journée, elle avait eu la surprise de trouver son élève encore là. Elle l’avait emmenée dans ses propres appartements où une baignoire remplie d’eau savonneuse l’attendait. Résolue à endurer toutes les tortures de Maîtresse Maela, Shivara avait glissé dans l’eau tiède sans renâcler. Une fois sèche, Maîtresse Maela avait commencé par lui faire mettre nombre de jupons et corsages, puis lui avait tiré ses cheveux mi-longs afin d’en faire un petit chignon. Ajoutant nombre de fausses mèches bouclées afin de lui donner une coiffure plus présentable, elle lui avait poudré et coloré les lèvres d’un rouge orangé. Ainsi fait, elle avait laissé Shivara seule un instant, reparaissant avec dans les bras une robe somptueuse faite de velours vert émeraude, ornée d’un liseré d’or en forme de fleurs. Une fois les lacets serrés, Maîtresse Maela l’avait quitté de nouveau sans un mot. Shivara, peu à l’aise dans cette tenue s’était toutefois examinée dans la psyché et avait découvert une jeune femme inconnue, à cents lieux de l’adolescent surpris par le maître. C’était pourtant bien elle.
« Je te trouve magnifique ainsi. Tu ne te rends pas compte du pouvoir que tu possèdes ainsi parée. » S’était exclamé Amal qui venait d’entrer dans la chambre.

Ce soir-là, Amal l’avait introduite dans la haute société d’Istalis en la présentant comme une jeune parente éloignée, au cours d’un bal en l’honneur de l’épouse de Falak, la reine Meredith. La guidant de la main, il lui avait fait remarquer les visages béats des jeunes aristocrates, les sourires de leurs aînés et les masques crispés de leurs épouses. Contre toute attente, Shivara s’amusait de leurs réactions, un sourire satisfait aux lèvres. Elles comprenaient enfin. Elle se sentait gauche, heureusement son guide était parvenu à lui éviter de trop grosses maladresses.
« Imagine ce que ces jeunes chiots accompliraient pour toi à la seule expression de tes désirs. Penses-tu réellement n’avoir aucun pouvoir ? Si tu observais le roi et la reine, pourrais-tu me dire qui a réellement le pouvoir ici ? Voilà pourquoi tu dois apprendre à lire, écrire et à porter ce genre de robe. Tu dois pouvoir être à l’aise parmi eux, et leur faire croire que tu leur fais un immense honneur en leur adressant la parole comme tu m’as vu le faire. »

Après cette expérience, Shivara était devenue une élève des plus motivées. Son talent naturel et son travail avaient fait d’elle, une voleuse reconnue dans la confrérie, au point qu’Amal s’était occupé personnellement d’elle. Au fil du temps, son mentor était devenu le père qu’elle n’avait jamais connu. Plus proche d’elle qu’aucun autre de ses élèves, il l’avait adopté, lui donnant son nom. Elle était désormais Shivara El’zameth.
Malheureusement, tout ceci était révolu. Contrainte de fuir, elle se retrouvait maintenant vagabondant sur les routes, se contentant de maigres larcins pour survivre, regrettant cette période heureuse.
Cela avait commencé par ce vol dans la cité intérieure, une babiole aux dires de son client. Le travail des plus ordinaires n’avait présenté aucune difficulté particulière. Lorsqu’elle s’était rendu au point de livraison, elle avait aperçu des ombres fugitives, la guettant certainement. Le piège lui avait paru trop évident. Méfiante, elle avait pris le chemin des toits et avait découvert, plus loin, en contrebas le corps torturé de son client. S’enfuyant dans la nuit jusqu’à la maison El’zameth, son esprit s’était efforcé d’analyser la situation. Arrivée à destination, elle avait forcé le coffret renfermant l’objet et dévoilé la fameuse babiole. Tétanisée par ce qu’elle venait de découvrir, Shivara avait compris à cet instant qu’elle n’était plus en sécurité. Cet objet, elle le connaissait pour l’avoir déjà dérobé bien des années auparavant. Consciente du danger à le garder à ce moment-là, elle s’en était rapidement débarrassé auprès d’un marchand peu scrupuleux. Le destin avait voulu qu’il retombe entre ses mains. Les ombres qui lui avaient tendu ce piège, ne pouvaient n'être que ses légitimes propriétaires. Elle devait fuir immédiatement, ne pas attendre qu’il la trouve, sans laisser aucun indice. Si elle restait, elle mettrait toute la guilde en danger et pire que tout, son père adoptif aussi. Elle n’avait pas pu non plus lui laisser un mot d’explication. Cela aurait été trop imprudent. Refermant le coffret, elle l’avait mis dans un ballot, lui avait ajouté une tenue de rechange et quelques provisions. Habillée d’une culotte masculine sur laquelle montaient des chausses de cuir noir et d’une épaisse chemise de brocart noir, elle avait ajouté un chaud manteau à capuche par-dessus sa tenue, dissimulant sa rapière et balancé son baluchon sur l’épaule. Serrant son pendentif, cadeau d’Amal, elle avait jeté un dernier regard à son foyer qu’elle n’était pas sûre de pouvoir retrouver un jour et avait disparu dans la nuit.

Depuis cette triste soirée, Shivara s’éloignait le plus possible d’Istalis, dissimulant au mieux son identité et sa féminité comme à son habitude dès que le danger se faisait trop pressant. Abordant un petit village, elle s’était mis en quête d’un lieu où se reposer. Une curieuse agitation secouait le hameau. Intriguée la voleuse s’était enquis auprès d’un enfant du pourquoi de tout ce remue-ménage.
« C’est à cause des deux étrangers, messire. Ils nous ont sauvé des méchants…
- Deux étrangers ? Décris-les-moi, veux-tu ?
- Ben, y a un vieil homme bizarre, ma maman m’a dit que c’était un sorcier si vous savez ce que c’est. Et aussi un drôle de géant avec une carapace. J’ai jamais vu des gens comme ça, messire. Ils sont encore ici. Vous voulez que je vous emmène les voir ? »

Réfléchissant sur le bien-fondé d’une telle rencontre, Shivara hésitait. L’enfant, impatient, n’attendit pas sa réponse. Il lui prit une main l’entraînant sans résistance vers l’une des maisons.
« Ils sont chez Maître Thaus, c’est notre chef. » Ajouta l’enfant.
Arrivé à la maison, l’enfant poussa la porte et la tira à l’intérieur qui s’arrêta net devant la scène qui se déroulait à l’intérieur. Sa stupéfaction fut des plus totales lorsque Shivara découvrit l’immense être caparaçonné brandissant une épée bâtarde, d’un air des plus menaçants. Des hommes ayant dégainé leurs armes lui faisaient face, donnant l’impression d’attendre un signal d’un autre devant eux, sans armes.
Me voilà bien, maintenant au milieu de tous ces hommes armés.
Lâchant la main de l’enfant, Shivara écarta le pan de son manteau pour une prise en main rapide de son arme au cas où. Comment allaient-ils réagir à sa brutale intrusion ?
_________________
Kara
Ce que j'écris vous plaît ? Ou pas d'ailleurs ? Dîtes-le-moi alors par MP.


"Carpe diem, cueille dès à présent les roses de la vie"
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Ven Mai 25, 2007 4:28 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Suite à l'action soudaine du Boros un silence des plus tendu s'abattit sur le salle commune alors que chacun essayait d'interpréter le comportement du guerrier. Les hommes d'arme avaient sortit leur épée mais hésitait sur l'action à mener, pouvaient-ils vraiment espérer terrasser pareille créature ? Dans cette situation l'irruption impromptue d'une étrangère passa inaperçu, ou plutôt ne semblait pas une priorité quand un monstre de plus de deux mètre brandissait une arme d'un aire grave et menaçant. Ce fut Naoudine qui la première comprit la réelle nature de la question. Elle émit un rire sans joie dont l'ironie trancha brutalement le lourd silence.

- Je crois qu'il te demande si tu comptes lever une armée pour envahir ses terres de l'autre coté des montagnes... expliqua-t-elle à son mari avant de s'adresser directement à Tark : Mon cher époux, commença-t-elle avec une ironie qui n'échappa à personne, à déjà fort à faire avec les affaires du village, si petit soit-il, je doute qu'il puisse commander une armée, même de paysans...

Hans qui venait également de comprendre la requette du boros même s'il elle lui semblait particulièrement incongru au vu de la taille du village, hocha gravement la tête en approbation avec Naoudine et poursuit calmement. Une maladresse pouvait précipité la violence et il fallait éclaircir rapidement les choses avec cette créature.

- Hum, si je comprend bien, la nature de votre « mission sacrée » est de connaître les intentions des « Khans » à l'égare de vos terres ? Sans attendre de réponse, estimant que le lourd regard du boros était une confirmation, le chef de la garde poursuivit. Il faut que vous compreniez une chose des humains, c'est qu'il n'obéissent pas tous à un seul « Khan » et qu'il y a une hiérarchie, c'est à dire des « Khans » qui commandent aux autres « Khan » eux même commandés par des « Grand Khan » que l'on appelle généralement « Roi ». Ici vous êtes dans le village de Hustre qui obéit à notre bon Hamal ici présent, mais Hamal est vassal du Compte de Harloo, mon maître, qui se doit lui même d'obéir au Roi Lornord IV qui règne sur tout le royaume de Yunora. Ce que vous craignez n'est pas une chose anodine. Lever une armée, lui faire traverser les montagnes du bord du monde pour marcher je ne sais combien de temps dans les terres de l'au-delà n'est pas une mince affaire et représenterait un cauchemar logistique... d'autant qu'avec l'indépendance de Terre Nouvelle, le passage des cavernes bleues coûte une fortune.

- Oui oui ! Très cher,
le coupa soudainement Amindou, heureux de comprendre enfin quelque chose à la conversation. Pour le peuple des marais, les concepts militaires étaient très vague. Si le sorcier connaissait des mots comme « armée » ou « conquête » du fait de l'Arkantis, il n'était pas du tout sûr de leur signification, du moins celle ci lui paraissait absurde.

- Seul un Roi puissant pourrait se permettre une tel expédition, continua le garde sans prêter attention à l'intervention du vieil homme. Cela est donc inutile d'accabler notre « chère » Hamal, il est loin d'avoir le pouvoir d'une telle chose. Vous pouvez toujours allez questionner notre bon roi Lornord, mais à compter qu'il connaisse l'existence de votre peuple, il est très improbable qu'il est quelque velléité de conquête à votre égard. Les gens d'ici sont bien trop occupés à penser les plaies qu'a laissées la guerre d'Haveroc pour songer à allez batailler loin derrière les montagnes...
_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Tark
Aiguise sa plume



Messages : 146
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Dim Mai 27, 2007 6:26 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Comme d’autres, sous l’effet de la stupeur Hamal Thaus avait mit un moment avant de comprendre exactement ce que voulait Tark-Ban Than. De plus il était comme hypnotisé par cette lame qui se tenait tendue face à lui, le prenant en otage, prête à faire sauter sa pauvre tête avant que qui que ce soit n’ait le temps de réagir. Il se voyait déjà embroché sur place, ou pire, dévoré par cette créature à l’appétit qui semblait démesuré.
Et comme, malgré les explications successives de son épouse et de Hans, le géant menaçant n’avait pas l’air de vouloir desserrer les dents. Visiblement cet étranger venu d’au-delà les montagnes du bord du monde était venu pour l’entendre lui, c’était donc à lui et à personne d’autre de répondre. Le malheureux chef du village se sentit donc obligé de lâcher à mi-voix un « non » tout teinté de timidité.
Ce mot, aussi faible fût-il eut un effet immédiat sur le Boros qui dès qu’il l’entendit mit un terme à toute attitude hostile. Il baissa sa garde et dans un geste élégant et sûr de lui qui laissait transparaître la stricte éducation martiale du peuple des os, il rendit son arme à un chef de la garde qui ne savait plus vraiment quoi penser.


- Merci pour cette réponse claire, commenta Tark-Ban en se rasseyant le plus naturellement du monde, et faisant signe aux gardes qu’ils pouvaient ranger leurs épées.

Sur le coup, Hamal regretta de ne pas avoir une armée à sa disposition pour donner une leçon à cette chose qui venait de le menacer sous son propre toit alors qu’on lui offrait le gîte et le couvert. Mais il préféra se raviser en se rappelant que c’était probablement cette armée qu’il n’avait pas qui venait de lui sauver la vie. Ainsi comme les autres convives autour de la table, le chef du village se sentit respirer à nouveau et se réjouit plutôt de la façon dont s’était achevé ce malencontreux épisode que l’on s’accorda plus tard à attribuer au manque d’éducation de l’exotique barbare.
Et puis si ce Boros était avec Amindou, il ne fallait peut-être pas lui faire de mal, alors que l’on venait de régler une affaire avec le sorcier.

L’incident était clos, cependant même si Tark était parvenu à extorquer une réponse à ce khan, un goût amer lui restait dans la bouche. S’il se référait à ce que Hans lui avait expliqué, le Boros n’était parvenu à interroger qu’un chef de modeste envergure. La décision d’envoyer des hommes en Nuxen n’appartenait pas à ce pauvre Hamal. Le guerrier de la jungle entrevoyait de ce fait l’implacable hiérarchie qui régnait chez les hommes de l’empire ainsi que la difficulté de sa mission. Il comprenait à présent la remarque qu’Amindou lui avait faite la veille à ce propos, les khans, ces « rois » comme les nommait Hans n’était pas facilement accessibles.
Tark-Ban Than aurait voulu en apprendre plus sur ces rois qui exerçaient leur autorité sur ce territoire qui lui paraissait morcelé en de trop nombreuses parts, lorsqu’il s'aperçu que de nombreux convives avaient tourné la tête et fixaient à présent quelqu’un qui venait d’entrer dans la maison. Trop absorbé par ses pensées et sa mission, Tark n’avait pas remarqué sa présence.
A la façon dont tous le fixaient et d’après ses vêtements qui n’étaient pas ceux d’un paysan, le Boros compris que cet inconnu était un étranger. Notant rapidement la présence d’une lame sous son manteau, il craint un instant qu’il ne s’agisse de compagnons des gredins qui les avaient attaqué sur la route, Amindou et lui. Mais la présence bienveillante qui avait l’air de veiller sur Tark-Ban Than lui révéla qu’il n’avait rien à craindre de ce nouvel arrivant. Le jeune Boros était toujours étonné, mais pas moins ravi de constater les services que le lien qui l’unissait à Nurk-Barg Hank pouvait lui rendre. C’était une exacerbation de ses sens, une sensation véritablement grisante.
Et comme personne ne disait rien, Tark prit les devant en s’adressant à l’inconnu.


- Hé toi ! Tu viens pour manger ? Les voyages ça creuse, j’en sais quelque chose. Tu dois être affamé, allez installe-toi, il doit bien rester un petit quelque chose pour toi.
_________________
La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank !
 
Revenir en haut
Kara
Exerce sa rhétorique



Messages : 84
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Jeu Mai 31, 2007 8:23 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Les choses paraissaient s’être calmées. Le géant menaçant avait rangé son arme, visiblement au grand soulagement de l’assistance. Shivara relâcha alors le pan de son manteau, dissimulant de nouveau sa lame. Il était inutile d’attirer un peu plus l’attention. Elle pressentait que son geste ne fut pas passé inaperçu aux yeux de guerriers entraînés, mais son attitude apaisante reflétait sa volonté de ne pas susciter un nouvel esclandre. Malheureusement, elle était maintenant devenue l’objet de l’attention de chacun, une très mauvaise chose au goût de la voleuse. Elle se doutait bien, que dans ce petit hameau, elle n’aurait pas trouvé de riches proies à dépouiller. Mais ce qui la gênait davantage était le souvenir que ses habitants garderaient d’elle au cas où un membre de Zara la pisterait jusqu’ici. Sa capuche sur la tête, elle se sentait la cible de la curiosité ambiante. Continuer de se cacher ainsi dessous la ferait rendre encore plus intrigante. Résignée, elle la fit glisser sur ses épaules libérant des cheveux mi-longs noués sur la nuque. Le géant, le premier à parler, l’apostropha l’invitant à manger comme si cela ne dépendait que de lui. Amusée, mais nerveuse à l’idée que son déguisement soit percé à jour, elle se racla la gorge et prit un ton plus grave que son timbre habituel.

« Pardonnez mon intrusion, messieurs et dames. Cet enfant tenait absolument à me guider jusqu’ici. Je suis navrée de vous importuner ainsi. Je ne suis qu’un simple voyageur en quête d’un repas chaud avant de poursuivre ma route. Si vous consentiez à me fournir le couvert, je vous dédommagerais, n’en doutez pas. » Ajouta-t-elle, souriante dans l’idée de se rendre aimable. Elle détacha alors sa bourse de sa ceinture et y préleva un Estélin, pièce d'étain marquée du lion impérial.
« Tenez, voici pour le repas. »

Une femme, parmi l’attroupement, la maîtresse de maison au jugé de son assurance, se saisit de la pièce et lui répondit.
« Bienvenue. Tout ce que nous avons se trouve sur cette table, si notre ... hum ... invité n’a pas déjà tout dévoré.
- Je vous en remercie bien gracieusement, ma dame. »


Se dirigeant aussitôt vers le géant et le sorcier, sans doute, au vu de son accoutrement, Shivara s’exclama :
« Hé bien l’ami, tu as parfaitement raison, mon estomac se fait plutôt vide. Merci de ton invitation. Vous avez l’air d’avoir un solide appétit, à vous deux ou est-ce seulement toi, l’ami ? Je ne vais pas vous priver, j’espère... » Ajouta-t-elle d’un air taquin.

D’un pas qui se voulait sûr et masculin, la voleuse atteignit la table de son interlocuteur et s’y assis prestement.
En fait de petit quelque chose, comme l’avait exprimé le géant, il restait une bonne écuelle de pois encore tiède, amplement suffisante pour son petit estomac. Elle y plongea une cuillère de bois et commença prudemment à mâcher le contenu de l’assiette.
Ce n’était pas si mauvais que cela. De toute façon, à quoi pouvais-tu t’attendre dans ce village de paysans. Faudra bien t’habituer ma fille à manger ce que tu trouves. Tu es très loin de chez toi et tu as peu de chances de pouvoir y retourner. Après tout, tu as connu bien pire que ça.
Quelle étrange créature ! On dirait que son corps est constitué d’une carapace comme certains animaux que j’ai vus dans les livres. Pourtant, je ne me rappelle pas avoir lu quoi que ce soit de tel. Et son compagnon, avec ses grigris ! Sont bizarrement assortis tous les deux. Aucun risque que ce soit des pisteurs, ils attirent bien trop l’attention à eux deux. Me demande bien comment ils ont pu se retrouver ensemble dans ce coin perdu.

Assise en face du géant, Shivara observait celui-ci attentivement, notant dans sa mémoire tous les aspects physiques de son vis-à-vis. Avalant les pois qu’elle avait dans la bouche, elle reprit :
« Pardonnez ma mauvaise éducation, je ne me suis pas encore présenté. Je me prénomme Ravashi. À qui ai-je l’honneur ?
Tu me parais être un bien étrange voyageur. Je n’en ai encore jamais vu de comme toi. Et j’en ai pourtant déjà vu beaucoup de différents. Enfin si cela n’est pas trop indiscret bien sûr ... »

Plongeant de nouveau la cuillère dans les pois, elle la porta à la bouche, attendant une réponse.
_________________
Kara
Ce que j'écris vous plaît ? Ou pas d'ailleurs ? Dîtes-le-moi alors par MP.


"Carpe diem, cueille dès à présent les roses de la vie"
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Mar Juin 12, 2007 6:02 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Amindou avait assisté stupéfait à l'intervention brutale et inattendu de son compagnon qui était soudainement apparu sous un jour nouveau et bien plus menaçant. Néanmoins le long discours du chef de la garde puis la réponse plutôt brève du chef avait eu l'air de le calmer. Le sorcier n'avait pas vraiment tout saisi de ce qui avait été échangés mais percevait clairement la méfiance nouvelle qui s'était emparée des villageois envers les deux étrangers. Malgré cela, le nouvel arrivant, dont l'entrée était presque passée inaperçue dans ce moment de tension particulière, fut convié au repas après avoir laissé à Narsoudine plusieurs disques de métal. Le vieil homme détaillait avec insistance ce Ravashi qui prenait place autour de la table lorsque son arrière grand oncle, resté étrangement silencieux depuis sa rencontre avec Tark, se manifesta de nouveau.

- Méfie toi d'elle, l'avertit son ancêtre, elle cache son nom.

Elle ? Amindou détailla de nouveau le voyageur non sans un certain étonnement. Ce dernier avait bel et bien l'apparence d'un homme mais suite à la révélation de son arrière grand oncle, le sorcier pouvait effectivement distinguer quelque signes subtiles de son travestissement. Cependant comme l'avait si justement souligné son aïeul, là n'était pas réellement le danger. Après son séjours dans ces territoires étranges, Amindou pouvait facilement imaginer mille raisons pour lesquelles une femme pouvait chercher à dissimuler son sexe mais de là à se présenter sous un faux nom... Les peuples des marais accordaient une grande importance aux noms. Le premier représentait le corps et était donnée librement l'autre était le pendant de l'âme et gardé secret pour se prémunir des malédictions. Révéler ce dernier était signe d'une grande confiance et représentait un grand honneur pour celui qui s'en montrait digne. Tout deux avait toutefois une grande porté symbolique et représentaient un pouvoir certain. Mentir à ce sujet était non seulement une insulte profonde mais surtout révélateur de mauvaises intentions. Pourquoi quelqu'un chercherait-il à cacher son nom si ce n'était pour ce prémunir de la vengeance ? Tout au long des légendes de son peuple les rejetons d'Astafara et les mauvais esprits avaient l'habitude de se travestir sous de faux noms pour tromper et nuire aux mortels. Ce pouvait-il que cette étrangère était un esprit envoyé par Bahlan pour le pourchasser au delà des grandes montagnes ? Le sorcier était partagé en être une colère profonde et une certaine fierté. Envoyer une Homa'aga si loin des marais demandait d'y consacrer un grand pouvoir et beaucoup de magie. Que bahlan le craigne suffisamment pour effectuer de tels rituels flattait l'ego du vieille homme. D'un autre coté, en s'exilant derrière les Grandes Montagnes, Amindou avait symboliquement laissé de coté son ancienne vie sa défaite fasse à son rival et abandonnant son village aux mensonges qu'ils avaient crurent. Repenser à son bannissement et au jugement de l'âme qu'il avait subie lui était pénible.

- J'aurais sentit un Homa'aga intervint son oncle, vexé.

Malgré tout, Amindou arrêta de manger et fixa intensément la soit distante Ravashi d'un regard soudainement noir comme s'il cherchait à voire au travers d'elle, à lire son âme pour y débusquer le mauvais être qui l'habitait.

Le chef, inconscient du trouble qui habitait son hôte, et impatient de retrouver quelque peu sa stature devant l'assemblé de ses villageois, questionna son nouveau visiteur sans attendre que le Boros réponde à la question qui lui avait été posée.


- Hum, décidément notre village semble en passe de devenir un axe majeur, ironisa-t-il en prélude. Je me nome Hamal et je suis le chef de ce village. Peut on savoir ce qui vous amène dans notre belle région voyageur ? Désirez vous également vous entretenir avec un « Khan » ?
_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Tark
Aiguise sa plume



Messages : 146
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Jeu Juin 21, 2007 1:23 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Tout le monde s’était un peu rapprocher afin de permettre à ce Ravashi de prendre place autour de la table. Et se sentant enfin rassasié, Tark-Ban poussa en direction de ce dernier le choux-farci qu’il n’avait pas terminé. Cet homme avait l’air – comme tout le monde dans la région – de se poser des questions à propos du Boros. Il allait encore falloir se présenter, se qu’il fait sur un ton légèrement lassé.

- Etrange ? L’étrangeté est une chose bien relative. Dans ma forêt, c’est toi que tous mes frères regarderaient avec étonnement… ou colère… Enfin, mon nom est Tark-Ban Than, je suis un guerrier Boros et tu n’as pas tellement besoin d’en savoir plus. Mais si vraiment tu y tiens, tu n’auras qu’à questionner Amindou.

Tark présenta ainsi son compagnon de route en tournant la tête dans sa direction et en le désignant du menton. Il réalisa à cette occasion qu’une fois de plus le marabout marmonnait tout seul avant de se mettre à fixer de façon oppressante Ravashi. Décidemment la santé mentale de ce vieux bougre semblait irrémédiablement altérée. Quoique tous les sorciers paraissaient un peu fous aux yeux du guerrier, et tant qu’Amindou ne l’obligeait pas à entrer dans ses délires, tout cela ne dérangeait pas trop Tark-Ban.
Seulement lui et Amindou avaient encore une longue route devant eux, au moins quelques semaines de voyage encore, avant d’arriver à leur destination dans le Nouvel Empire. Interroger Hamal avait été un semi échec, mais le Boros n’en démordait pas de sa mission. D’après ce qu’Amindou avait dit, à l’endroit où il comptait se rendre – au centre de la fameuse carte – se trouvaient d’immense cités. Si Hamal dans son minuscule village était un khan de faible envergure, les dirigeant de ces cités devaient être bien plus puissants et sûrement eu fait de la question du Peuple des Os. En toute logique.

Tark n’avait plus faim, plus tellement envie de discuter, et surtout rester trop longtemps dans ses habitations humaines qui ne laissaient pas voir le ciel ne lui plaisait guère. Habitué à vivre en plein air, le Boros se découvrit ce qu’un savant nommerait de la claustrophobie. Mais Tark n’était en rien un savant alors il se contenta de se lever de table et de mettre le nez dehors sans rien dire.
La nuit commençait à tout envelopper dans une obscurité sereine, la plaine était incroyablement silencieuse. Si l’on faisait exception du conflit qui régnait dans la maison du petit Alphonse, ce dernier refusant apparemment d’aller se coucher malgré l’heure tardive.
C’était la deuxième nuit que Tark-Ban Than s’apprêtait à passer sur ces terres, il resongea un instant à la première et à la journée riche en évènements qui s’en était suivi. Espérons que la suite du voyage ne soit pas plus monotone…


- Al sloto va, Nurk-Barg Hank !
_________________
La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank !
 
Revenir en haut
Kara
Exerce sa rhétorique



Messages : 84
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Jeu Juil 05, 2007 1:32 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Assise devant les deux étonnants compagnons, Shivara mangeait ses pois lentement, se laissant ainsi tout le loisir de réfléchir à la situation dans laquelle elle se trouvait lorsque le géant lui répondit. Sa voix était ferme et franche, mais un quelque chose semblait l’agacer. Il ne paraissait pas être un de ses êtres fuyants bien au contraire. Son étrangeté, mise à part, il n’avait rien en commun avec ceux qu’elle voulait éviter.

Ainsi le géant est un boros, un de ces guerriers si mystérieux qu’on en connaît à peine le nom parmi les miens.
« Rassure-toi Tark-Ban Than. Ma curiosité ne t’importunera pas plus. »
Après tout, je suis comme lui, je n’ai guère envie de raconter ma vie non plus.


Laissant le géant s’éloigner sans dire mots, elle se concentra sur son compagnon toujours attablé qui restait silencieux et l’observait avec insistance. Amindou l’avait appelé le guerrier. Elle n’aimait guère l’attention soutenue que le sorcier lui portait lorsqu’elle aperçut un flamboiement inquiétant dans ses yeux.

Que signifiait-il ? Pouvait-il l’avoir démasqué ? Ces yeux qui m’épient comme s’il attendait une quelconque attaque. Se peut-il que je me sois trompée et qu’il soit avec eux ? La prudence voudrait que je me lève et quitte ce lieu. Mais s’il fait vraiment parti de leurs traqueurs, m’en aller lui laisserait le loisir de prévenir ses compagnons. Dans quel guêpier me suis-je encore fourrée ? Il aurait peut-être mieux valu que j’évite ce village.

Elle restait là immobile, tout comme lui. Pouvait-il avoir manipulé le géant pour qu’il l’aide dans sa tâche ? Rendue nerveuse par le regard inquisiteur du sorcier, Shivara fut soulagée de l’interruption du chef de village. Raffermissant sa voix, elle dut toussoter légèrement avant de pouvoir lui répondre.

« Un axe majeur ? avec seulement trois voyageurs ? »

Ayant compris l’ironie masquée, elle affichait un léger sourire courtois. Profitant de l’occasion que lui offrait Hamal, elle ajouta :
« Mais peut-être n’avons-nous pas été les seuls ? J’ai cru apercevoir des voyageurs bien particuliers en venant ici. »
Tu manques désespérément de finesse. C’est stupide, si le sorcier en fait partie, il saura de qui tu parles. C’est trop tard maintenant, assume.
« Mais peut-être que vous, Amindou, avez rencontré les gens dont je parle ? »


Ses sens en alerte, Shivara sentait le regard oppressant de l’homme sur elle. Elle refréna à grand-peine son désir de sentir le pommeau de sa lame dans sa main. Ne pouvant sortir de la salle, aussi vite, sans éveiller les soupçons, elle répondit en éludant le plus possible les questions du chef.

« Je ne suis que de passage ici. Mes affaires m’appellent dans divers endroits de votre pays. Je suis sans doute un peu à l’écart de l’axe principal, mais j’aime prendre mon temps et flâner dans les campagnes environnantes. Quand à rencontrer qui que se soit, cela ne sera pas nécessaire. Je vous remercie d’autant de sollicitudes à mon égard. Je ne pensais pas de toute façon m'éterniser ici.»
_________________
Kara
Ce que j'écris vous plaît ? Ou pas d'ailleurs ? Dîtes-le-moi alors par MP.


"Carpe diem, cueille dès à présent les roses de la vie"
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Lun Juil 09, 2007 6:48 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Amindou ne lâchait toujours pas la nouvelle venue des yeux ce que cette dernière remarqua immanquablement. Le sorcier s'était à peine rendu compte de la disparition du Boros, alors que dans son esprit la réplique de la voyageuse tournait en boucle : « Mais peut-être que vous, Amindou, avez rencontré les gens dont je parle ? » La remarque n'avait rien d'anodine, le ton que Shivara avait employé avait quelques chose de sarcastique. Elle savait. Elle savait, ou du moins se doutait fortement, qu'Amindou avait effectivement rencontré ces personnes. Pour le sorcier il était claire que la jeune femme faisait allusion aux voleurs, aux mauvais hommes qui l'avaient attaqué, volé pour finalement essayer de le tuer. Malgré l'opinion contraire de son arrière grand oncle, Amindou fut, cette fois, persuadé que cette étrangère était venu pour lui nuire. Elle avait manipulé ce « Nez cassé » et celui ci ayant échoué grâce à l'intervention de Tark, elle était venue en personne et derrière elle, le veille homme voyait Bahlan. Il avait du envoyer un esprit posséder cette femme, dévorer son âme et la soumettre, quoi qu'en dise son arrière grand oncle. Que cela demeure caché à son ancêtre signifiait que son rival avait beaucoup progressé durant les dernières années...

- Par les milles testicules d'Astafara ! Jura Amindou dans sa langue natal en se levant soudainement, faisant sursauter tout les convives. Jamais il ne sera plus puissant que moi ! Jamais ! Le fils de crapaud noir !

En cette instant, tout les regards furent braqués sur le sorcier qui repoussa violemment son siège pour rejoindre d'un bond le mure derrière lui où était appuyé son bâton afin de se saisir de ce dernier. Le vieille homme fit alors aussitôt volte face, transperça Shivara du regard avant d'agiter dans sa direction son lourd morceau de bois tout en maugréant dans sa langue des paroles totalement inintelligibles pour le reste de l'assemblé.

- Je suis plus puissant ! Finit-il par crier en Arkantis, Oui ! Oui, plus puissant que ton maître ajouta-t-il à l'adresse de la jeune femme alors que ses innombrables talismans grelottaient dans un parfait désordre.

Hamal, craignant que son autorité soit à nouveau bafouée, fut le premier à réagir.


- Du calme vieil homme ! ordonna-t-il en haussant la voie pour couvrir le ramdam provoqué par le sorcier. Vous commencez à m'échauffer vous deux étrangers et vous abusez de mon hospitalité poursuivit-t-il sur un ton plus menaçant après un rapide coup d'oeil à la porte pour s'assurer de l'absence du boros.

Amindou foudroya le chef d'un regard si noire que ce dernier fut prit d'un mouvement de recule involontaire.


- Tu défends Mauvais esprit ! Pas de magie pour toi ! Cria-t-il au chef avant de repointer son bâton accusateur sur Shivéra. Mais magie pour toi ! Oui, Oui ! Magie pour toi et grandes souffrances !

Sur ce, le sorcier tourna les talons et sorti prestement laissant derrière lui les convives médusés et dans une incompréhension total. Dehors, le vieil homme retrouva le boros apparemment en pleine introspection.

- Mauvais esprit ici, dans nouvelle femme. Lança-t-il à son compagnons. Mais je suis plus puissant, je vais le tuer ajouta-t-il avec un sourire cruel.
_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Tark
Aiguise sa plume



Messages : 146
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Ven Juil 13, 2007 7:00 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La lumière de la lune était douce, tamisée derrière quelques fins nuages qui passaient rapidement sur la longue toile bleu marine du ciel. C’était une belle soirée de la saison chaude et on pouvait entendre les insectes des prés entamer leur mélodie du crépuscule…

Les cris d’Amindou à l’intérieur de la baraque tranchèrent singulièrement avec cette poésie reposante et eurent vite fait de tirer Tark-Ban Than de sa courte réflexion. D’où il était le Boros avait entendu son compagnon de route hurler comme Nurk-Barg Hum qu’on égorge. Et avant même que Tark ne puisse tenter de comprendre quoi que ce soit, il vit bondir le sorcier – bâton à la main - vociférant des menaces contre le voyageur qui venait d’arriver. Il était apparemment question d’un mauvais esprit et du fait qu’il fallait le tuer sans attendre. Amindou avait l’air des plus motivé pour accomplir cette noble tâche.


- Ah ? Se contenta de répondre le Boros qui ne savait vraiment quoi penser ni faire d’autre.

Une minute, Tark-Ban Than n’avait senti aucune présence maléfique quelle qu’elle soit, et ce voyageur qui s’était certes montré tout au plus un peu curieux n’avait absolument rien d’un mauvais esprit. Nurk-Barg Hank en aurait informé son serviteur si jamais ça avait été le cas. Le soleil avait tapé fort aujourd’hui, et à l’âge que devait avoir Amindou ce genre de choses ne pardonne pas. D’un autre côté, il était clair que le sorcier en connaissait bien plus long au sujet des esprits que Tark. Peut-être avait-il été capable de déceler ce que le Boros n’avait put voir.
Quoiqu’il en fût Tark-Ban Than était décidé à ne pas laisser assassiner ce mystérieux voyageur avant qu’on ne sache exactement de quoi il en retournait. Non pas que la vie de ce Ravashi paraissaient extrêmement précieuse pour Tark, mais il se disait surtout qui si on commençait à tuer tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin, il n’y aurait bientôt plus personne à interroger à propos d’une éventuelle attaque de la jungle sacrée.
L’imposant guerrier s’interposa donc entre le sorcier vindicatif dont les yeux avaient l’air de lancer des éclairs et le voyageur. Il posa sa grosse main sur la poitrine d’Amindou pour le retenir.


- Attends une minute mon vieux, du calme. Qu’est ce qui te fait croire que c’est un mauvais esprit ?

Tark en profita pour inspecter à nouveau le voyageur. C’était vrai même s’il n’avait pas vraiment l’air d’un esprit malfaisant ce Ravashi avait l’air plutôt louche. On sentait bien qu’il cherchait à dissimuler quelque chose. Il reprit :

- Ce n’est pas que je ne veux pas te laisser nous en débarrasser. Mais il faut être sûr, surtout s’il accepte le duel…

Le guerrier entendait par là un duel à la façon dont se confrontent ces congénères de la jungle. Chez les Boros, le duel est presque un acte sacré placé sous le signe de l’Archonte, et la majorité des différents ce règlent par le biais de ces combats à mort. Celui qui gagne est celui qui à raison, pour la simple et bonne raison que c’est lui que Nurk-Barg Hank a laissé vivre. Dans le cas présent donc, pour Tark si Amindou se trompait il avait toutes les chances de périr lors que la confrontation. Et le guerrier Boros n’avait aucune envie de perdre son guide.
Les autres personnes comme le Hamal, son épouse et les gardes tiraient eux aussi de drôles de têtes. On n’aurait trop su dire s’ils étaient fâchés ou inquiétés par tous ces étrangers qui n’arrêtaient pas de menacer tout le monde. Naoudine craqua finalement.


- Dehors ! Tout le monde dehors ! Immédiatement ! Etripez-vous entre vous si ça vous chante mais faites-le hors de chez moi ! Quittez ma maison ! Quittez mon village ! Hors de ma vue, barbares !!!
_________________
La violence est rarement solution, mais peut s'avérer excellente distraction...
Pour Nurk-Barg Hank !
 
Revenir en haut
Kara
Exerce sa rhétorique



Messages : 84
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Mar Juil 24, 2007 6:30 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La violence de la réaction du sorcier fit sursauter la voleuse qui se recula et saisit le pommeau de son arme, machinalement. Elle ne s’était pas attendu à telle réaction, mais sa colère, effet immédiat des questions qu’elle avait posé ne pouvait signifier qu’une chose. Le sorcier faisait partie de la confrérie, sans nul doute. Et maintenant, il devenait agressif car il l’avait démasqué. Gagnant à cet instant la sortie, il lui promettait magie et souffrance.
Magie ? Avec cet accoutrement, Shivara en aurait presque souri si elle n’était pas si en colère contre le sorcier. Il n’avait rien d’un mage surpuissant qui faisait trembler la cour d’Istalis. Néanmoins, il ne fallait pas sous-estimer le bougre.
Souffrance ?
Des souffrances ? Comme si vous ne l’avez pas déjà fait ?
Que pourriez vous m’infliger d’autre ? la mort ? Ha Ha Ha !!!


Son sang s’échauffait ; une rage contenue ne demandait qu’un signe d’elle pour se déverser sur l’homme. Elle en oubliait même toute prudence. La fuite était l’option de la raison, pourtant se retrouver face à l’un d’eux, l’attirait à l’extérieur comme un insecte par la flamme d’un feu de camp. Son cœur se réjouissait même d’une joie sauvage à plonger sa lame dans le corps de cet illuminé. L’affrontement était devenu inévitable.
Sans doute, serait-elle terrassée par le géant, qui lui faisait l’effet d’un rude guerrier, s’il venait à se mêler à la lutte. Mais sa furie la dominait. Elle ne pouvait se détourner de ce combat, même si l’issue semblait des plus sombres. Pourtant, elle ne se rappelait pas l’avoir vu armé. Avait-elle une chance contre lui, même ainsi ? En dépit de cela, elle avait ce besoin irrépressible de massacrer ce représentant de la secte. Des remous agitaient l’assistance et la maîtresse de maison explosa, chassant tous les étrangers. Le destin en avait décidé ainsi.

Le visage fermé, Shivara se releva et se dirigea vers la sortie. Adressant un bref hochement de la tête en guise de salut, elle tourna le dos à l’assemblée, déterminée à affronter le sorcier. S’arrêtant un instant sur le pas de la porte, elle détacha d’elle l’encombrant ballot. Elle ne voulait pas être gênée dans ses mouvements lors de l’explication. La voleuse en extirpa le précieux coffret et l’observa un instant, fascinée par le pouvoir qu’il avait sur sa vie. Fait dans un bois exotique, il était renforcé par des coins de métal cuivré et muni d’un mécanisme de fermeture à code. Trois molettes qui se mouvaient sur elles-mêmes, gravées de symboles étranges, en garantissaient le secret.
Si elle devait faiblir, elle détruirait le contenu. Elle s’en fit la promesse. Leur laisser le récupérer serait plus terrible que la mort. Franchissant la porte, ultime obstacle la séparant de ce qui l’attendait, elle jeta sur le côté le ballot inutile et garda en main le coffret.

Affichant un air farouche, elle défiait du regard le sorcier. Convaincue de l’identité de l’offenseur, elle s’exclama de sa voix de femme, surprenant quelque peu les spectateurs massés à l’intérieur. En cet instant, elle ne voulait plus paraître, mais être elle-même.

« Assassin de Zara, je sais pourquoi tu es là ! Je suis bien celle que tu cherches.
Mais sache que tu ne l’auras jamais. Plutôt le détruire que te laisser le prendre… »


Ouvrant le couvercle doucement, elle dévoila une sphère qui semblait être de verre d’une couleur rouge sang, voilée de lait. Elle l’en sortit laissant tomber son écrin. Serrant l’objet dans sa main gauche, elle posa sa main sur le pommeau de sa rapière et la sortit du fourreau.

« Et maintenant, je suis prête. Voyons ce que ta magie va me faire ! »
_________________
Kara
Ce que j'écris vous plaît ? Ou pas d'ailleurs ? Dîtes-le-moi alors par MP.


"Carpe diem, cueille dès à présent les roses de la vie"
 
Revenir en haut
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes



Messages : 546
Sexe : Sexe:Masculin
 
MessagePosté le : Mar Juil 31, 2007 8:33 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

A l’extérieur Amindou se préparait à l’inévitable combat. Il avait ouvertement défié le Homa'aga et nul doute que celui ci viendrait l’affronter maintenant que sa véritable nature avait été percé à jour. Le vieil homme chantait d’une voix forte, agitant son bâton en rythme pour appeler ses esprits à ses cotés. Il convoqua Amuln, Kamman, Moonga, Haskooma et bien sûr Tojolkoli, son arrière grand oncle qui, bien que toujours vexé, ne pouvait se soustraire aux serments et rituels qui le liaient à Amindou. Le vieil homme était transfiguré, voûté et exténué quelques minutes plus tôt, il était maintenant débordant d’une force nouvelle et terrible alors que les esprits lui communiquaient leur puissance puisée dans l’autre-monde. Il était Amindou Mobotolmé, le sorcier le plus puissant des marais et jamais Bahlan ne parviendra à le surpasser même avec l’aide d’un Homa'aga. Il n’hésiterait pas à faire appelle à Astafara lui même s’il le fallait. Le prix en serait colossal mais qu’importe, il vaincra le mauvais esprit et il utilisera le lien qui devait existé entre lui et Bahlan pour tuer son rival. Ah ! Le crapaud noir, il avait monté son peuple contre lui à force de perfidie et même alors qu’Amindou était en exile et marqué des cornes, il cherchait encore à lui nuire en envoyant un des pire rejeton d’Astafara ! Mais ce soir Bahlan allait mourir, son arme et sa malice retourné contre lui.

Enfin la voyageuse sorti de la maison du chef suite à l’imposante colère de Naoudine. Le Homa'aga se tourne vers lui et brandi une étrange sphère rouge en criant en Arkantis. Mais pour Amindou en pleine transe, cette langue était redevenu celle des démons, des esclavagistes qui avaient asservie son peuple avant qu’Hojimbo ne les délivre. La comprendre c’était risquer son âme. Cependant, et malgré son regard fixé sur l’autre monde, Amindou vit clairement la femme poser sa dague sur la sphère rouge. Nul doute que cette dernière aller lui jeter un sort. Le sorcier balaya un nouvel avertissement de son arrière grand oncle et lança sur le Homa'aga tout la force de Haskooma. Amindou sentit la puissance colossal de l’esprit millénaire gronder dans l’autre monde et se jeter sur la jeune femme. Haskooma était le tueur de mauvais être, un des esprits les plus puissants auquel Amindou pouvait faire appel, nul rejeton d’Astafara ne pouvait lui faire face. Le sorcier espérait seulement qu’Haskooma ne détruise pas entièrement le Homa'aga, qu’il laisse une morceau de la conscience putride afin qu’il puisse remonter jusqu'à Bahlan. La jeune femme fut saisit d’un tremblement aussi violant que chaotique alors que l’esprit percuta son reflet dans l’autre monde tendit qu’une douleur au-delà de tout ce qu’elle avait connu traversa son corps, comme si chacune de ses cellules venaient d’exploser alors que son âme était impitoyablement disséquée. Puis brutalement plus rien. La jeune femme se retrouva à genoux sur le sol, visiblement indemne si ce n’est un mince filet de sang s’échappant de sa bouche… Amindou resta horrifié. Le Homa'aga aurait du hurler et se consumer alors que son âme était déchiré par la puissance d’Haskooma. Au lieu de ça son esprit était parti. L’avait-t-il trahi ? Ce pouvait-il que Bahlan est lui aussi pu s’attirer les faveurs de Haskooma ? Impossible ! A la lisière de sa conscience entre les deux mondes Amindou put entendre le rire narquois de son arrière grand oncle ce qui finit de mettre le sorcier dans une rage noire.

_________________
Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
Revenir en haut
Kara
Exerce sa rhétorique



Messages : 84
Sexe : Sexe:Féminin
 
MessagePosté le : Sam Aoû 11, 2007 10:58 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le choc avait surpris la jeune voleuse. Une onde, telle une vague irréelle, cependant destructrice, l’avait complètement pénétrée en quête d’une prise sur son esprit. Chaque parcelle d’elle-même avait été meurtri par le toucher destructeur d’un invisible agresseur. Une douleur insupportable l’avait fait se mettre à genoux, du sang dans la bouche. Et tout s’arrêta net, sans qu’elle en comprenne la raison. Elle tremblait encore du choc. Ainsi donc, ce fossile putréfiant possédait de réelles ressources magiques. Ce n’était pas avec ça qu’il allait la briser. Dévisageant son adversaire qui semblait contrarié de l’arrêt soudain de son attaque, elle fut prise d’un éclat de rire des plus saugrenus dans telle situation.

« C’est tout ce dont tu es capable ? Les tiens m’ont fait déjà bien pire, ne le sais-tu donc pas ? »

Se relevant avec lenteur, Shivara observait les deux hommes immobiles. Essuyant du revers de la main le filet de sang qui s’écoulait, elle affichait un sourire éclatant à son adversaire. Resserrant sa prise sur la garde de son arme, elle l’approcha verticalement de ses lèvres, un salut qu’elle exécutait avant chaque combat. Levant son coude, la flamberge était maintenant à l’horizontale prête à frapper. Aussi véloce et agile qu’elle pouvait l’être, la voleuse s’élança vers le sorcier surpris. Le géant ne semblait pas vouloir intervenir. Shivara n’eut pas la moindre hésitation, elle fendit l’air du tranchant de sa lame. Le sorcier allait payer. Son épée dansait dans les airs et n’attendait que le chant du sang. Pourtant au lieu de tailler son ennemi, la lame percuta, dans un choc sourd qui fit trembler son poignet, le bâton du sorcier. Il avait réussi à parer son attaque trop prévisible sans doute. Shivara porta tout son poids sur son arme, mais le sorcier rabougri avait plus de force qu’il n’y paraissait. Le tranchant parvint toutefois à lui entailler la joue, faisant perler une goutte cramoisie. Le sourire de Shivara s’élargit.

« Sang pour sang. »

Un des grigris de l’envoûteur s’entortillait autour de sa lame. Elle rompit alors le contact en sectionnant la cordelette qui la retenait. La voleuse recula d’un pas, se mettant en relative sécurité et entreprit de libérer sa rapière de la guirlande impertinente s’aidant de la main qui tenait toujours la sphère rubiconde. Au contact du grigri, son précieux otage commença à irradier de la chaleur. Shivara en lâcha aussitôt la guirlande et rouvrit la main qui emprisonnait le globe. Le voile blanc s’obscurcissait et devenait nuit, avalant tout le rouge qui constituait encore la boule. Surprise, la voleuse était comme hypnotisée par ce qu’il se produisait devant elle. La chaleur devenait intolérable. Une grimace de douleur avait remplacé son sourire. La brûlure était terrible. Elle ne put retenir sa main qui abandonna la sphère. Cette dernière ne se brisa pas en rencontrant le sol, ce qui aurait mieux valu pour eux. Elle n’en fut même pas ébréchée. Les yeux affolés, Shivara ne faisait plus garde à la riposte qu’allait bientôt exécuter son adversaire. Son attention était entièrement acquise sur l’objet à terre devenu complètement noir. La peur s’était emparée d’elle. Une ombre se libérait…

« Qu’avez-vous fait, sombre imbécile ?
Même les frères de Zara savent qu’il ne faut pas éveiller Rahlmar ! »


La voleuse terrorisée, restait toutefois là, un masque déterminé sur le visage. Était-ce le sortilège ? Le contact avec le grigri ? La combinaison des deux ? Peu importait maintenant. Elle ne laisserait pas l’esprit de Rahlmar tout détruire, comme autrefois. Tant qu’il resterait un esprit éthéré, elle ne pourrait rien faire, tout au plus le distraire. En contre partie, il n’avait que peu d’emprise sur le monde physique sous cette forme, malheureusement, son pouvoir corrupteur était très puissant. Il pouvait provoquer de nombreux massacres, juste en manipulant des esprits faibles. La voleuse doutait qu’il puisse être détruit sous cette forme. De plus, il aimait à se servir d’âmes qu’il capturait comme bouclier. Mais cette forme ne le satisfaisait que très peu. Rahlmar préférait donner la mort lui-même. C’est seulement au moment où il prendrait possession d’un corps qu’il serait affaibli. L’acte lui demandait quantité d’énergie et pendant un court laps de temps, la lutte contre l’esprit qu’il possédait le rendait vulnérable. Tuer l’hôte renverrait l’esprit dans sa prison de verre, mais condamnerait une nouvelle âme au même sort que Lara. Elle ne pouvait faire autrement et, surtout, ne pas se souvenir sinon sa main faiblirait. L’esprit, goûtant à sa nouvelle liberté comme du miel divin, était avide de vie. Il semblait hésiter à choisir un hôte.
Était-ce elle qu’il avait choisi ? Si tel était le cas, son ennemi avait été bien malin. En la tuant, il récupérerait leur précieuse idole et se débarrasserait d’elle par la même occasion. Elle était impuissante face à l’ombre noire qui s’épaississait entre elle et les deux hommes. Une main ténébreuse se formait et se dirigeait vers elle. Maudissant le sorcier et ce qu’il avait provoqué, Shivara se mit en garde, prête à subir son destin...
_________________
Kara
Ce que j'écris vous plaît ? Ou pas d'ailleurs ? Dîtes-le-moi alors par MP.


"Carpe diem, cueille dès à présent les roses de la vie"
 
Revenir en haut
Montrer les messages depuis    
 
 
Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / L'Ancien Empire / La région des Marches, le Notus et le Sahel Page 3 sur 4
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante
 
 
Réponse rapide :

Nom d'utilisateur : 


 

Sauter vers   

Vous pouvez poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum

 
 

Thème visuel par Zeph Powered by phpBB © 2004, 2005 phpBB Group       Traduction par : phpBB-fr.com