L'auberge du "Coq lubrique" [Audréa]
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Arioch
Modérabruti
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Posté le
: Dim Mai 18, 2008 2:58 pm
L'auberge du "Coq lubrique" [Audréa] |
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Solal Merianath, artiste de son état, venait à peine d’entrer dans l’auberge du « Coq lubrique » qu’il se sentait déjà comme un intrus. C’était pourtant un bâtiment de classe modeste, et les gars dans son genre ne posaient généralement pas de problème à la clientèle. Clientèle qui noyait à cette heure-ci ses soucis dans une mousseuse bon marché.
Mais Solal avait ce soir deux handicaps majeurs. Le premier était qu’il n’avait pratiquement aucune pièces sur lui, et ça, le gérant ne le pardonnait jamais. Si l’empereur en personne était venu dans ce trou perdu de la capitale sans un sous en poche, il aurait eu droit au même tarif que les autres : la porte de derrière.
Le deuxième – et il ne fallait pas le prendre à la légère – était que les drogues commençaient à faire leurs effets.
En refermant la porte avec précaution, l’homme se dit que l’entreprise fastidieuse qu’il devait accomplir pouvait se gérer sans trop d’accroc. Pour l’instant. Mais il fallait faire vite.
Solal recoiffa ses longs cheveux noirs qui formaient des boudins crépus à certains endroits. Des perles de différentes couleurs ornaient ces derniers avec une harmonie non calculée.
*Allez mon vieux, fais le vite et bien. Pas de conneries.*
L’homme se dirigea vers le comptoir qui lui semblait beaucoup plus loin qu’à l’ordinaire. Il évita de justesse un saoulard en train de tomber de sa chaise, puis, se fraya un chemin à travers les corps qui vagabondaient à droite et à gauche dans un rituel qui lui était péniblement étranger.
*Ne parles à personne. C’est bien parti.*
Le comptoir n’était plus qu’à quelques mètres, mais le sol se déroba sous les pieds de Solal. Il se rattrapa de justesse au sein d’une serveuse qui lui adressa une violente gifle avant de se fondre dans la masse.
*Merde... merde... reprend le contrôle.*
Il avait pris un mélange particulièrement charmant de diverses plantes et substances, mais il pouvait sentir nettement le « Lys bleu » faire son effet. Beaucoup trop à son goût. Les utilisateurs avertis de cette drogue savent pertinemment qu’il ne faut surtout pas lutter et accepter son état, à moins de vouloir partir dans un délire particulièrement éprouvant.
Et ce qui devait arriver arriva.
Tout d’abord, un flash aveuglant. Ce foutu lampion qui se balançait au plafond rendait une lumière trop vive. Il fallait qu’il monte le décrocher. Plus tard. D’abord le comptoir. Il allongea son bras dans un geste théâtral pour en saisir le bord. Trop tôt. Il lui manquait encore quinze bon centimètres. Il souffla, hors d’haleine. Un cafard grimpait le long d’un tabouret.
*Concentre toi.*
De nouveau, il tendit son bras et ses doigts touchèrent enfin une surface poisseuse.
*Le comptoir...*
L’artiste poussa un long soupir et tenta de rassembler ses esprits. Pourquoi était-il là ? Une alchimie complexe s’opérait dans son cerveau alors que les drogues entraient petit à petit en conflit. Le lys bleu laissait place à la « Ronce des plaisirs, cette poudre verte qu’il aimait tant. Il sentit une incontrôlable bouffée de rire montait en lui, mais le tenancier arrivait.
*Pas maintenant. Pas maintenant. Ne. Rit. Pas.*
Un homme à la calvitie prononcée lui fit face, tout en essuyant un verre d’un torchon sale. Les yeux de Solal scrutaient avec une extrême minutie les reliefs de son visage. Des mouches lui mangeaient ce dernier et se glissaient dans sa bouche.
Solal, d’un naturel très pâle, vira au teint fantomatique en assistant à cette scène. Il faillit vomir mais s’en empêcha au dernier moment.
- Vous voulez quoi ? s’impatienta le tenancier.
*Quoi ?*
Les mouches avaient disparu.
*Il veut une réponse. Donne lui une foutue réponse.*
- Je.. euh, les mouches, balbutia-il.
*La chambre !*
- Quoi ? interrogea l’homme.
- La CHAMBRE ! dit-il en élevant la voix. Vous EN avEZ une ?
Il accentuait trop certaines syllabes, mais cela lui était égal. Il trouvait qu’il s’en sortait plutôt bien. Le tenancier le détailla de haut en bas en levant un sourcil, haussa les épaules et reprit son nettoyage.
- Oui, répondit-il d’un air mauvais. T’as de quoi payer ? C’est deux pièces d’argent.
L’artiste transpirait à grosse gouttes et maîtrisa le tremblement de sa mâchoire.
- Ouais, dit-il en affichant une grimace qui se voulait souriante.
Solal regarda l’horloge accroché au mur et constata qu’il avait mis plus de vingt minutes pour aller au bar. Personne n’avait rien remarqué ? Etrange. L’endroit était bruyant et agité, c’était peut être l’explication.
- Autre chose ? demanda le tenancier en soupirant.
- Une liqueur de Naast, répondit Solal en serrant les dents.
Le tenancier laissa l’artiste quelques instants et revint avec un petit verre rempli d’un liquide incolore. Solal régla sa commande et sa chambre avec une facilité déconcertante. Fier de son œuvre, il se retourna et partit vers une chaise vide avec l’aisance de ce qui lui rappelait le numéro des manchots unijambistes qu’il avait vu la veille.
Soudain, le vacarme s’était tue dans la tête de l’artiste, quelqu’un l’épiait. Il en était sur. Avait-t-on découvert sa supercherie ? Il scruta les personnes autour de lui. La serveurse. C’était sûrement elle. Bon dieu, allait-elle le dénoncer au gérant ? Il ne voulait pas encore dormir dans une ruelle puante. Et surtout, dans son état, il ne voulait pas savoir ce qu’il y découvrirait.
*Ressaisis toi, bordel.*
Solal se calma et pris place sur la chaise en faisant le moins de bruit possible.
*Reste naturel, personne ne t’a vu. Détend toi, cette femme se fout éperdument de ton sort.*
Son front le brûlait de plus en plus.
*Qu’est-ce que c’est que ça ? Le lys bleu ? Non, ça a des accents de Ronce, mais ce doit être cette satanée « Sauge divinatoire ». A moins que ce ne soit la « Poudre Agélienne ».*
Le monde autour de Solal se distordait dans un silence religieux. Les murs dégoulinaient de sueurs et se gondolait tandis que les personnes présentes riaient de lui et le montrait du doigt.
L’artiste frappa sa cuisse gauche et laissa sa bouche parler.
- Où est passé le canard ?
Il ne le savait pas et bu son verre d’un trait pour s’en souvenir. L’ambiance dans l’auberge devenait malsaine et l’artiste étouffait. Les battements de son cœur s’accéléraient comme s’il fuyait un groupe de pastèques carnivores en plein désert. Le peu de conscience qui lui restait lui indiquait qu’il perdait complètement le contrôle.
* Il faut que je sorte, sinon j’vais crever la bouche ouverte et les mouches vont venir*
Il se leva soudainement et son corps ondula dangereusement, comme s’il était constitué de gelée de groseille. C’était définitivement la poudre Agélienne mais la liqueur l’empêchait de coordonner ses mouvements correctement.
*Si ce FOUtu nAIn pouVAIT me LAcher*
Le nain le lâcha et les jambes de Solal décidèrent de répondre à son appel désespéré. Son visage n’était plus qu’un masque difforme alors qu’il traversait une nouvelle fois la salle vers la porte principale. Les gens s’adonnaient à un espèce de balai macabre qui ressemblait de plus en plus à une débauche chaotique et profondément nihiliste. Des hommes s’embrassaient en se versant de la bière sur la tête sous les yeux furibonds du tenancier qui portait un étendard avec l’emblème du Nouvel Empire. Le lion couronné d’or bondit hors de son tissu et sauta sur le comptoir en rugissant. La serveuse, quant à elle, affrontait un ornithorynque à l’aide d’une louche huileuse ; les mouches volaient dans la pièce et s’insinuaient dans les orbites des clients les plus agités.
Il fallait faire vite, si la milice nocturne entrait dans ce bordel nauséabond et voyait cette scène, ils iraient tous en prison pour le reste de la nuit.
A mi-chemin, le lampion refaisait des siennes, mais Solal ne se laissa pas intimidé. Il protégea ses yeux avec son bras et changea de cap pour contourner cet homme qui nageait à l’intérieur du plancher poussiéreux. Il voulu lui proposer au dernier moment une carte marine, mais il devait tout d’abord penser à sa propre survie.
Les mouches commençaient à voler autour de l’artiste et menaçait à tout instant de fondre sur lui pour lui bouffait les entrailles. Il mis sa main contre sa bouche et son nez pour éviter le pire et entama les derniers mètres qui le séparait de la porte.
- SALOPARD, J’VAIS TE FAIRE LA PEAU !
Quelqu’un criait, mais qui ? Solal ne voulait pas se retourner car cela signifierait qu’il devrait encore assister à l’attaque de l’ornithorynque. De plus, la nausée qu’il avait eu au comptoir lui reprenait et il ne pouvait pas se permettre d’attendre davantage. Il ne savait pas précisément si c’était lui qu’on insultait ou le mammifère de la famille des Ornithorynchidae, mais cette interrogation cessa au moment où il ouvrit la porte. Un vent frais lui balaya le visage et il frissonna.
Il fit quelques mètres dans la rue et s’agenouilla devant le caniveau que l’on avait construit récemment. Les mouches étaient parties, mais pas la remontée acide qui peinait à remonter le long de son œsophage. Son estomac se tordait dans tout les sens tandis qu’il luttait vainement, dans un sursaut de dignité, en espérant que la sensation passe.
Mais il fallait être terriblement inconscient pour vouloir lutter à ce moment précis... ou simplement être défoncé à l’Agélienne. Il valait mieux en faire sortir une partie, au moins la liqueur, avant de se ratatiné comme une tranche de jambon avariée en plein soleil. Il pesait lentement le pour et le contre, et se dit qu’il était complètement débile pour s’être fait ce foutu mélange. Il se jura qu’il ne le ferait plus, tout en sachant pertinemment qu’il n’était pas digne de confiance.
*Pour quelle occasion suis-je dans cet état ? Je n’ai même pas de toile sous la main. Je me comporte comme si j’étais le dernier des parias d’Audréa. Ca doit faire plus de deux heures que j’ai commandé ma chambre et j’ai perdu mon temps depuis à gesticuler sans but. Je savais que ce mélange allait compliquer ma soirée mais je l’ai quand même fait. Suis-je aussi minable que j’en ai l’air ? Je me hais. Je hais cette vie aux relents d’urine qui est la mienne. Si seulement cette esbroufe pouvait finir. Maintenant. A jamais. Je voudrais que tout ceci...*
Il vomit. Il n’eut pas le temps d’écarter ses cheveux, et dérangea la pauvre vermine qui enflait le cadavre d’un chat aux plaies béantes et purulentes. Solal s’allongea contre les pavés polies de la rue et essuya la souillure à la commissure de ses lèvres. Il observa un moment le clair de lune tandis que les drogues commençaient à se dissiper. Il aurait peut-être une remontée de Lys bleu dans une demi-heure mais il savait qu’il pourrait gérer ça le ventre vide.
Le pire était passé et il s’en félicita. |
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Arioch
Modérabruti

Messages : 476
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Posté le
: Mar Juin 24, 2008 5:03 pm
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[HRP : Post co-écrit avec Logar]
Combien de temps s'était-t-il passé depuis qu'il faisait face à ces deux poivrots ? Il n'osait se l'avouer, mais il s'était probablement endormi sur place après ses exploits, dans la ruelle sombre à coté de l'auberge. Or, il était maintenant dans cette dernière. Devant un verre, qui plus est.
- Hey l’artiste. Ca fait une demi-heure que j’te cause ! T’as imprimé quelque chose au moins ou ton cerveau c’est de la guimauve ?!
Non, le cerveau de Solal n'était faite en guimauve, il était simplement confus. Le "Lys bleu" refaisait des siennes, et ce n'était pas à l'avantage de l'artiste en ce moment qui avait toutes les peines du monde à se concentrer sur la conversation. Il était assis à une table dans un coin de la salle et fixait le contenu de son verre, le visage dénué d'expression.
Les reflets violets de l'alcool absorbait toutes les pensées de l'artiste. A vrai dire, il lui semblait se fondre dedans et s'imaginer qu'il jouait avec, écartant de ses bras l'écume blanchâtre à la surface.
*Stop. Putain de Lys... reprend le contrôle, reprend le contrôle, reprend le...*
L’homme assis en face de Solal fit un signe de tête à son acolyte. D’un geste plutôt vif pour sa carrure (on aurait dit qu’il avait fait ça toute sa vie),il plaça violemment son poing dans les côtes de Solal.
La douleur aida l’artiste à revenir à la réalité, du moins, à un état de conscience convenable.
Il se tenait donc les côtes en compagnie de deux hommes, l’un grand et costaud avec une gueule à faire peur. L’autre, celui qui avait parlé, avait un début de calvitie et mâchonnait sans arrêt un cure-dent en bois. Ils portaient le même type d’habit, un truc trop cher pour la tronche qu’ils avaient.
- Ok, ok. On va reprendre depuis l’début espèce de bon à rien. L’homme qui parlait s’arrêta pour se gratter le sommet du crâne. C’est simple, je pose des questions et toi tu y réponds. Et si jamais tu fais le malin, je…
Le grand type lui remit un coup dans les côtes. Le chauve s’énerva. Il dit un truc du genre « T’es plus débile qu’un Wirgl ou quoi ? Est-ce que je t’ai dit de le toucher, hein ?! Espèce d’incapable, d’abruti de débile de… » puis prendre une grande inspiration. L’autre avait baissé les yeux en disant un « Désolé patron » , avec une voix plutôt agréable pour un corps pareil.
*Bon sang, mais... je ne suis pas au Coq ! . Pourtant, l’endroit puait aussi l'alcool et la sueur, mais il remarqua qu'autour de lui, il y avait des dockers qui chantait dans un vacarme assez épuisant. Il se trouvait peut être à coté du fleuve.
Enfin, la question essentielle germa dans l'esprit de Solal :
*Mais bordel, pourquoi est-ce qu'on me frappe ! *
La situation n’avait pas l’air d’attirer grandement l’attention.
- Bien, bien, excuse-moi, ce n’était pas voulu l’artiste. Mais bon… Je pose les questions. Et tu réponds. Si on s’est bien compris, articule-moi un joli oui.
L’homme chauve ne souriait pas. A présent, Solal avait l'entier contrôle de son corps, la douleur et surtout la conscience que cette situation était particulièrement dangereuse l'avait fait redescendre en flèche. Il avait géré sa remontée de Lys bleu aussi subitement qu'elle était apparue, ce qui lui indiquait qu'il s'était passé aux alentours d'une demi-heure. Les drogues qu'il avait consommé il y a plus de deux heures étaient toujours présentes, mais diluées en trop grande quantité dans le sang pour faire de nouveau effet.
* J'ai bien fait de vomir.*
Il était seul, et plus aucune excuses ne pouvait le sortir de ce pétrin. Il faisait toujours face à ces deux agresseurs, mais son regard avait changé. Plus alerte que jamais. Il n'avait pas d'arme sur lui, à part cette foutue choppe dans sa main droite.
Un bref regard aux alentours lui indiqua que la porte n'était pas si loin. Pouvait-il la fracasser son verre contre le crâne du plus costaud et partir en courant ? Est-ce que son corps serait suffisamment obtempérant ?
Il décida de répondre, avant d'agir.
- Ouais.
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Logar/Lucy
Modérat-d'égout

Messages : 146
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Posté le
: Mar Oct 28, 2008 10:55 pm
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Poochy et Garvin
Solal n’avait pas exactement répondu « oui », et les rouages de la logique du grand type à sale gueule n’avaient pas eu besoin de fonctionner longtemps pour qu’il arme de nouveau son bras. Comme devinant son intention, le chauve fut plus rapide et tapa du poing sur la table tout en menaçant son acolyte avec son cure-dent.
Le costaud s’arrêta net et le bavard continua comme si de rien n’était.
- Bien, l’artiste. Tu vois que quand tu fais le civilisé, on finit par se comprendre. (il recommença avec application à mâchonner son cure-dent) T’as d’la veine petit, on est des gens sympas : on te propose un boulot. Ce s’rait idiot de refuser, hein ? Pas vrai Garvin ?
- Si, c’est vrai patron. Ce serait idiot de…euh…de…
- Ouais bon, la prochaine fois je te demanderai plutôt de la fermer. Bref l’artiste, tu vas faire quelque chose pour nous. Demain, il y a une exposition de toiles dans la rue du Bégain Rose. C’est organisé par ce véreux de Elroy Crum. On t’a dégoté une invitation.
Parmi les invités, il y aura une gamine aux cheveux et aux yeux noirs qui répond au prénom de Lucy. Tu vas l’enlever et la conduire, seule, dans cette auberge à minuit. Tu diras au tavernier que tu désires une chambre avec un lit avec un système métrique occidental.
Le petit chauve s’arrêta de parler et il regarda par-dessus l’épaule de Solal.
– Hey la catin, t’arrêtes de l’mater ok ?!
- Oh, mais elle a l’air si craquante ta nouvelle recrue, Poochy. C’était une voix suave qui parlait doucement dans l’oreille droite de Solal. L’artiste remarqua que la femme lui massait sensuellement les épaules. Depuis combien de temps était-elle près d’eux ? Si jamais il foire, tu me laisses m’en occuper hein ? Allez soit sympa Poochy, s’il te plait, il est trop chou.
- Casse-toi, tu nous gènes.
La catin mordilla le haut de l’oreille de Solal. Sans un bruit. Solal ne sentait plus les mains sur ses épaules. Son tortionnaire se remit à parler.
- Bah, j’aurai voulu la jouer à l’amiable, en te proposant quelques substances si jamais tu réussissais mais bon… les femmes, elles gâchent toujours tout. Est-ce que tu as compris… Solal ? Je ne retiendrai pas Garvin cette fois si tu te goures de réponse. Si t’as des questions, j’veux bien aussi te fournir des précisions sur ta mission.
Garvin, lui, avait l’air totalement perdu : il venait de se rappeler que Poochy avait dit que c’était lui, et pas Solal, qui devait poser les questions. Une grande interrogation philosophique se formait dans son esprit : « Taper ? ».
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Solal
- Bah, j’aurai voulu la jouer à l’amiable, en te proposant quelques substances si jamais tu réussissais mais bon… les femmes, elles gâchent toujours tout. Est-ce que tu as compris… Solal ? Je ne retiendrai pas Garvin cette fois si tu te goures de réponse. Si t’as des questions, j’veux bien aussi te fournir des précisions sur ta mission.
Il n'en fallait pas plus pour que Solal se mettent à détester ces deux individus. Non content de le frapper, ils voulaient maintenant qu'ils effectue un "travail" pour eux.
Mais de quel tâcheron de romancier sortaient-ils ? Solal n'avait pas beaucoup lu durant sa vie, mais la situation lui apparaissait de plus en plus fantasque et improbable. Un peu comme certaines de ces histoire des manuscrits qu'il volait, encore enfant, chez des imprimeurs pour le revendre à bas prix au marché noir.
Il n'y avait aucune espèce de logique dans la manoeuvre de ces hommes. Pourquoi s'embêter d'un homme comme lui pour un rapt d'enfant ? Pourquoi Solal, un marginal comme il en existe des tas dans tout Audréa, incapable de servir correctement depuis toujours la collectivé, serait soudainement devenu l'outil d'un enlèvement ?
*Ca sent les emmerdes à plein nez, il faut que je me tire d'ici...*
L'homme dégarni avait stoppé le mouvement de sa langue contre son cure-dent et fronçait à présent les sourcils. Il s'impatientait visiblement et la brute d'à coté hésitait à porter à lever la main sur Solal.
- Je crois que nous avons un sérieux problème, messieurs. Votre plan est voué à l'échec et je vais vous dire pourquoi en quelques mots.
L'homme chauve ouvrit la bouche et laissa tomber son cure-dent sur la table poisseuse. Solal devait faire vite avant que l'ambiance dégénère, il venait de mettre les pieds dans le plat, il fallait maintenant assumer jusqu'au bout.
- Vous prenez le premier type dans la rue en train de dormir dans un caniveau et vous croyez que vous pouvez le rendre complice d'un enlèvement à la con, parce que l'un de vous sait jouer de ses poings et peut-être même du couteau. Manque de pot, le dernier sac à merde que vous ramassez se trouve être celui qui, non seulement n'attache aucune importance à sa propre vie, mais qui fait partie d'une faction aux membres beaucoup plus expérimentés et dangereux que deux pauvres gars dans une taverne de pisseuse à coté des docks, et qui, je dois vous l'avouez, n'hésiterez pas à venger ma mort ou ma séquestration.
Alors maintenant qu'est-ce qu'on fait ? je sais pas comment, mais vous conaissez mon nom, très bien. Mais mon avis c'est que vous vous êtes complètement trompé de type pour ce genre de boulot, alors le mieux, dans notre interêt à tous, ça serait de partir gentiment chacun de notre coté et d'oublier tout ça.
*Et bien, si avec ça je sors pas de la taverne les pieds devants...*
Le monologue de Solal était un parfais exemple de sa versatilité, et il s'en rendait très bien compte. Alors qu'il voulait étudier la situation et se faire la belle, le voilà qu'il se laissait emporter par des propos relevant de la pure esbrouffe.
Non seulement il n'y avait aucune faction obscure pour lui porter secour, mais Solal tenait à sa vie, même si son attitude -notamment avec les drogues- semblait indiquer le contraire. Solal ne voulait pas mourrir, il était trop lâche pour cela, il voulait simplement fuir.
Il serra plus fortement la choppe d'alcool tandis qu'il sentait que la brute allait décocher un nouveau coup de poing dans ses côtes. Cette fois, il allait saisir sa chance et il pourrait peut-être fuir, sans espérer toutefois une intervention divine, en athée hérétique qu'il était. |
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Logar/Lucy
Modérat-d'égout
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Posté le
: Lun Nov 10, 2008 9:58 pm
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Le chauve sortit un mouchoir de la poche intérieure de son veston. Il mastiquait un cure-dent imaginaire pour remplacer celui qu'il avait fait tomber, ça donnait des bruits de mastication assez agaçant. Poochy s'épongeait le front en regardant d'un air énervé la faune de la taverne.
- Euuuh... patron ? Le grand type était sérieusement un imbécile fini. Son acolyte finit par sortir un nouveau cure-dent et sembla se calmer un moment.
- Ok, Solal. Si tu veux que ça se passe comme ça, c'est ton affaire.Un sourire heureux se dessina sur la face de Garvin lorsqu'il comprit par lui-même qu'il allait falloir frapper de nouveau. Voilà l'invitation. Je te rappelle que c'est demain, au Begain Rose, et que la fille c'est Lucy. On va garder un oeil sur toi, et vérifier tes trucs avec ta soit-disant faction. On t'as pas suivi depuis longtemps, l'artiste, mais j'ai quand même eu l'impression que t'étais tellement un bon à rien que je me demande comment une telle organisation pourrait vouloir de toi.
Poochy se leva et fit signe à son complice, qui avait l'air totalement perdu, de faire de même. Le petit chauve rajusta son costume et sortit une cigarette.
- Si demain soir à minuit on a pas la gamine, on considérera ça comme un échec. A plus l'artiste.
Les deux compères s'en allaient déjà. |
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