 |
 |
 |
| |
|
Zéphyrine
Modérateur

Messages : 268
Sexe : |
|
|
Posté le
: Mer Mai 24, 2006 9:53 pm
|
|
|
Zéphyrine n’avait quitté des yeux un seul instant le Directeur de cette intrigante université et attendait patiemment qu’il daigne donner une quelconque explication sur la réunion d’autant de personnes différentes en ce lieu. Elle se demandait surtout si la Magie aurait un rôle important à jouer dans ce qu’elle devinait une expérience hors du commun, du moins dans son cas…
Et il y avait cette grande question qui lui trottait inlassablement dans la tête… La Magie était-elle reconnue ou reniée dans cette grande, belle et imposante capitale?
Cela l’inquiétait quelque peu car sa vie était si liée et si dépendante à cet art, cette façon de vivre qu’elle avait du mal à s’imaginer en simple femme. Sa totale dévotion envers sa Déesse et sa Reine accaparait chacun de ses gestes, lui dictant chaque seconde la moindre de ses réactions.
L’éclaircissement d’une voix dans la salle la tira de sa rêverie et elle reporta toute son attention sur celui qui semblait être la personne la plus importante de cette assemblée. Elle eu un sourire malicieux quand il prononça avoir l’espoir que les lointains visiteurs aient fait bon voyage. Si il savait…
Il continua son discours semblant captiver toute la salle et amusant la jeune Prêtresse qui lui trouvait un air de vouloir bien faire et ne pas décevoir. Elle fut intriguée par la soi-disant discipline nouvelle et prometteuse mais ne montra pas la moindre impatience quant à savoir si il y avait de la Magie qui se promenait par ici… Pourtant, elle ne pu dissimuler son étonnement en sachant que c’était celui que l’on nomme Empereur qui devait donner son accord pour un tel projet. Elle ne savait rien de cet homme et se demandait si un Empereur c’était plus qu’un Roi ou une Reine ou même qu’une Prêtresse. Elle soupira maudissant son ignorance des coutumes de cette région. Les gens ne pouvaient-ils pas faire la même chose partout? Elle allait devoir en apprendre un minimum au moins sur Audréa… Quoiqu’il en était certain, elle n’irait pas lui lécher les bottes ou encore ne serait-ce que poser un genou à terre devant lui. Elle en déduit donc qu’il lui serait plus intelligent d’éviter ce genre de personne qui selon une intime conviction se croient bien plus forte d’un Dieu.
« Apprentissage de l’occultisme » ces quelques mots sortis de la bouche du Directeur fit sursauter Zéphyrine qui du se concentrer à nouveau sur la raison de sa présence dans cette université. Elle se mordit la lèvre inférieure en entendant la suite de ce paragraphe. Ainsi donc la Magie était crainte dans ce Royaume… Elle laissa échapper un murmure agacé « Et flûte! » avant de se reprendre et de soupirer un air mécontent sur le visage. Cela allait compliquer sa tâche… Elle avait eu raison de cacher sa véritable nature… Quelle guigne… Il allait lui falloir être prudente et surtout méfiante…
L’entrée on ne peut plus remarquer d’un jeune guide suivit par un homme dans la force de l’âge plutôt mûr comme la Prêtresse se plu à le remarquer, l’intrigua grandement. Car, il ne semblait pas être n’importe qui celui-la… Sir Loren Altar… Voici un nom qu’elle n’oublierait pas… Son air noble, distingué et surtout sur de lui provoqua un haussement de sourcils chez bien des personnes mais le Monsieur Gandon sembla l’ignorer totalement…
Zéphyrine se renfonça dans son fauteuil et se tourna vers l’orateur qui avant de reprendre rappela à l’ordre deux jeunes hommes. Elle ne pu retenir un petit sourire malicieux… Les garçons tous les mêmes…
« Domaine de la maîtrise physique » voilà donc des mots qu’elle n’appréciait guère…
Mais « cette nouvelle section devienne bientôt une référence commune en matière de sciences occultes » la rassura légèrement. Pourtant, une question la titillait… Les personnes qui étaient ici étaient normalement toutes des experts en matière de combat. Alors comment une Magicienne comme elle avait pu intéresser les organisateurs de ce projet? Et surtout qu’avait pu raconter la Reine pour les intéresser?
Elle lui avait demandé de rester humblement à sa place de jeune fille effacée… La Souveraine était parfois bien surprenante…
Le Directeur nomma ensuite un homme au nom tellement compliqué qu’elle ne retint que le début Azeem et le nom du Royaume du Sahel. Un endroit qu’elle s’était promis de visiter un jour! Les déserts étaient toujours si amusant…
Il énonça ensuite trois autres personnes sûrement des espèces de professeurs…
Elle fut heureuse de voir une femme car cela l’appuyait bien dans ses idées de Magie!
Le premier à prendre la parole était à n’en pas douter une personne hautement placée…
La jeune fille lui trouvait un air de pigeon se prenant pour un rapace et c’était de ce genre d’individu qu’il fallait toujours se méfier le plus. Le fait qu’il mentionna devoir tenir au courant de l’avancée de cette drôle d’histoire celui que l’on nomme Empereur l’appuya dans sa pensée. Elle allait vraiment devoir faire attention à ses paroles et surtout au moindre de ses gestes. Hors de question que l’on découvre son vrai visage…
La mention de périple raviva son attention qui s’effritait devant tant d’exemples montrant qu’elle risquait de ne pas être appréciée ou pire encore d’être jugée… Pas question qu’un volatile pareil soit le plus fort!
Elle ne serait pas la proie… Ni le vilain petit canard… Elle serait à la fois la maligne petite souris et le rusé renard…
Et celle qui même si elle le refuse sera son alliée ne sera autre que la deuxième personne qui s’avança.
Haydar Nobuo maîtrise la Magie ou les sciences occultes comme tout le monde se plaît à l’appeler par ici… Mais, elle oublia bien vite ses plans de manipulations en ressentant l’amour que portait cet homme à cette partie de sa vie.
Finalement ce petit voyage allait sûrement lui permettre d’aiguiser ses qualités innées et avant tout de permettre à tous ceux qui sont comme elle de pouvoir vivre librement et non plus dans le mensonge.
Il annonça ensuite qu’il allait leur falloir quitter l’établissement et elle ne pu dissimuler un petit sourire ironique. Et oui on veut bien y croire mais sans se mouiller! Il ne faut surtout pas salir son image de responsable de Royaume où la Magie fait peur…
Le fait de devoir partir on ne sait où pendant on ne sait combien de temps intrigua Zéphyrine. Tout cela lui semblait finalement très amusant… Elle commençait à se rendre compte que personne ici ne savait qui elle était et que ce qu’elle faisait ici personne ne le savait… Elle était juste l’envoyée d’une Reine, l’envoyée d’une personne à qui l’ont ne peut rien refuser…
Les choses étaient toujours plus simple quand on prend le temps d’étudier le monde qui nous entoure.
Tout allait si vite dans sa tête qu’elle se demandait si au fond ce n’était pas les Dieux qui manigançaient on ne sait quelle idée farfelue pour tester leurs fidèles…
Venisca en était tout à fait capable et cela ne surprendrait aucun de ceux qui la vénèrent et surtout pas la Grande Prêtresse pour qui elle n’a que de rares secrets. Mais laquelle des trois femmes les plus puissantes du Notus était la plus puissante? La plus mystérieuse? Personne ne pouvait le définir car personne au fond ne sait quoique se soit sur elles!
La jeune Prêtresse commençait vraiment à s’amuser…
Surtout en voyant cette Lhuna dont l’allure était des plus bizarres pour une Magicienne…
Zéphyrine eu l’impression de se promener toute nue… mais pourtant il était reconnu que plus nos cellules sont libres plus nous sommes réceptifs… Et il ne faut en rien que nos mouvements ne soient trop brusques… Et surtout en manipulant le feu… il était risqué de se vêtir de vêtements longs et encombrants…
Et puis pourquoi un tel manque de confiance en elle?
Elle était plus dangereuse qu’un homme armée cette femme car elle possède des pouvoirs…
Zéphy commençait vraiment à être de plus en plus intriguée!
Les Royaumes étaient nombreux et surtout très différents… Elle avait beaucoup à apprendre…
Elle soupira et n’écouta plus que distraitement.
Lorsque l’on annonça que chacun pouvait rejoindre sa chambre, elle resta assise regardant la salle se vider. Elle vit les deux jeunes garçons surpris quelques temps plus tôt en plein bavardage sortir ensemble, croisa le regard amical du gentil Monsieur Gandon qui la salua avec gentillesse et remarqua l’impatience du Loren Altar…
Elle se leva et rejoignit lentement son guide tout en gardant une oreille curieuse vers le Directeur et celui qui ne semblait guère admiré la Magie. Devant elle disparaissait le Sahelite et derrière elle le ton semblait monter entre les deux hommes.
Zéphyrine souffla et fit signe au jeune homme qui était envoyé pour la guider de l’amener jusqu’à sa chambre. Arrivée devant la petite pièce, elle ferma la porte au nez du pauvre garçon et lui demanda seulement de la prévenir à la moindre petite chose qui se rapportait au futur « périple ».
Elle s’avança d’un pas léger vers la grande fenêtre et l’ouvrit en grand. Un courant d’air se glissa dans ses cheveux et la fit frissonner. Les longues mèches brunes voletèrent avec grâce avant de chuter avec douceur sur ses fines épaules nues. En soupirant, elle s’accouda sur le rebord de la fenêtre et leva vers les cieux ses yeux pareils à deux joyaux azurs.
-Sai! Je te pensais plus rapide… Ta colère te ralentis mon ami…
Elle sourit avec malice et fixa l’ombre noire qui planait dans le ciel… _________________ Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.
La vie n'est rien sans Mystère et Secret...
Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG! |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Arioch
Modérabruti

Messages : 476
Sexe : |
|
|
Posté le
: Mer Mai 24, 2006 10:59 pm
|
|
|
Mael laissa s'échapper cette jeune inconnue d'aspect si frèle. Etait-ce réelement SA Claris ? Elle avait déjà disparut quand un visage rongé par le remord fit de nouveau face la rue surpeuplée.
- Qui es-tu ?... murmura le jeune homme.
L'homme soupira en baissant les yeux au sol, quand un enfant tira le ruban de soie noir qui tombait sur sa jambe droite. Instinctivement, l'homme saisit fermement la main du gamin qui poussa un petit cri. L'homme relacha aussitôt son étreinte et s'acroupit à sa hauteur pour ne pas l'impressioner.
- Que veut-tu bonhomme ? interrogea avec douceur Mael.
- Vous n'avez pas quelques pièce à me donner, seigneur ? répondit l'enfant avec timidité.
L'homme prit le temps d'inspecter le gamin devant lui, habillée d'une espèce de drap sale et puant. Mael porta la main à sa bourse et une mine radieuse s'afficha sur le visage du petit garçon.
- Tiens prend ces quelques...
- Merci ! coupa l'enfant avec un sourire malicieux.
L'enfant saisit la bourse pleine de Mael et s'enfuit agilement à travers la foule de plus en plus compacte du fait de sa petite taille. L'homme resta un moment stupéfait puis courut à sa poursuite.
-L'espèce de petit... REVIENS ICI !
L'homme essayait de se frayer un chemin en poussant les citadins qui juraient à tour de rôle. Le gamin obliqua soudainement à droite vers une petite ruelle déserte. Mael s'y engouffra et commençait à rattraper le gamin quand ce dernier sauta à la manière d'un chat sur une échelle pourtant placé beaucoup trop haute pour un humain haut comme trois pommes.
Mael pesta et suivit tant bien que mal le petit voleur sur cette échelle branlante qui menaçait de rompre sous son poids d'adulte. Le gamin grimpa alors sur le toit et disparut du champ de vision du jeune homme. Un barreau de l'échelle en bois céda et l'homme faillit faire une chute aussi dangereuse pour ses reins que pour son ego... mais il réussit à se rattraper de peu à la corniche du haut de la main qu'il escalada en se hissant sur ses bras.
L'homme balaya du regard les toits d'ardoises envirronant et aperçut finalement la silhouette du gamin qui s'apprêtait à sauter dans le vide.
- HEY ! NE FAIS PAS CA IMBECILE ! cria Mael, affolé.
L'enfant se contenta de rire et sauta.
- Bon sang, mais il est complètement...
Le jeune homme, hors d'aleine rejoignit l'ancienne position de l'enfant et découvrit une charrette remplis de foin en contrebas. Mael rit nerveusement et sauta à son tour dans le véhicule, s'attirant ainsi les foudres du cocher, un vieillard moustachu.
- Par Ohm ! Qu'est-ce qu'vous z'avez tous à tomber du ciel sans prév'nir ?
Mael balaya une nouvelle fois son regard mais pas de traces du voleur.
- Hum... je suis désolé ! Vous ne savez pas où est passé le gamin ?
- Que Ohm me soit témoin, il est rentré dans ce batîment que v'là ! Espèce de fou !
- Euh... oui, désolé du dérangement. Merci...
Le jeune homme comtempla alors l'imposant édifice et rentra prestement sans se donner la peine de taper à la porte. Une forte odeur d'épice lui irrita les narines pendant un court moment, puis il réalisé qu'il était dans une cuisine... une très grande cuisine où fourmillaient des dizaines de femmes qui voguait de fourneau en fourneau avec dans un balais incessant rappelant à l'homme une ruche en effervescence.
- Que faites vous dans ma cuisine ? questionna une grosse dame noire, armée d'une louche.
- Je...euh... un gamin viens de me voler ma bourse et voilà que...
- Il est avec sa mère, coupa la femme d'un ton presque compatissant. Au fond, à droite, dans l'entrepôt.
L'homme hocha la tête et s'enquit de rejoindre le dit entrepôt. Il y trouva le voleur en train de se faire sermonner par sa mère. Mael comtempla un instant la scène en s'imaginant quel enfance il aurait eu sans cette mère acariâtre et hermétique qui avait dénoncer son père plusieurs années auparavant à l'inquisition... oui son père étudiait les forces ésotériques... oui son père lui avait appris les rudiments qu'il essayait aujourd'hui d'améliorer... était-ce cependant une raison de le voir exécuté ?
Un adolescent ne devrait jamais vivre ça. A cause de cela, il s'était enrôlé dans l'armée... quelle stupide erreur. L'armée peut vous broyer moralement un homme tout comme elle peut lui apporter la gloire. Mais cette dernière n'est qu'une gangraine qu'il vaut mieux ne pas connaître. Elle est cruelle, stupide et ne laisse pas de places aux faibles. Voila son véritable visage.
Mael prit alors la parole en toussant poliment. Les yeux du gamin s'écarquillèrent.
- Hum... bonjour madame... je suis ici pour...
- ...mon enfant j'imagine. Cela ne se reproduira plus messire, je vous le promet.
Son air se faisait suppliant et l'homme parla doucement pour rassurer la femme.
- Ce n'est pas grave madame. Il est encore jeune, c'est en faisant des expériences qu'on apprend chaque jour. C'est comme cela qu'on se forge un caractère.
- Ce n'est toutefois pas une excuse pour mon fils. Il sera sévèrement punis, soyez en sur messire.
- Ne le châtier pas pour cela, s'il me rend ma bourse avec disons... la moitié de son contenu, nous serons comme quitte.
Le visage de l'enfant s'illumina et la femme protesta.
- Oh, c'est trop de bonté monsieur ! Mais je ne peut accepter !
- Laissez la fierté là où elle est madame, ma bourse est bien trop lourde pour mes pauvres reins...
L'homme fit mine d'avoir un mal de dos en posant les mains sur ses hanches tout en s'inclinant en arrière et l'enfant rit de bon coeur. Ce dernier lui rendit sa bourse -délester des pièces les plus lourdes- et afficha un large sourire tandis que sa mère fit des signes religieux complexes à l'attention de Mael.
-Hum... par simple curiosité, dans quel bâtiment sommes-nous ? interrogea l'homme.
- Nous sommes dans les cuisines du Cénacle d'Helmess. Vous êtes nouveau en ville ?
- Oui.
- Je m'en doute. On ne parle que de ça en ce moment, une nouvelle section sur les arts impies ésotériques est ouverte dans cette école !
- Les forces ésotériques ?
- Oui ! Et ils sont nombreux à venir assister à la conférence... mais je crois qu'elle est finit maintenant...
- Savez vous comment je peux entrer dans le bâtiment ?
- Que voulez vous y faire...?
- Je suis curieux, voilà tout, dit mystérieusement Mael.
-Hum... prenez la porte à votre droite en sortant, mais si vous vous faite arrêter par un membre de l'école, ne dite pas que c'est moi qui laisse entrer les étrangers...
-Merci madame, au revoir !
Mael suivit l'indication de la mère et pénétra dans un couloir ornée de teintures et de tableau... l'atmosphère pesante qui se dégageait de ce décor trop pompeux au goût de l'homme faisait un contraste saisissant avec les cuisines précédentes. Un groupe d'étudiant passa devant lui sans lui porter un seul regard et Mael décida de les suivre. Il arriva devant un amphithéâtre vide d'où sortaient d'autres élèves.
C'est alors que son regard se porta sur le hall à sa gauche et apperçut l'étrangère qui ressemblait tant à Claris. Il voulut lui crier quelque chose pour capter son attention mais sa gorge était noué. Il rassembla son courage et marcha dans sa direction jusqu'à trouver un garde qui l'arrête d'un geste de la main. Un saelite.
- N'approchez pas, dit ce dernier d'un ton ferme.
- Puis-je parler à cette femme s'il vous plaît ?
La femme en question se retourna et fut surprise de voir Mael en ces lieux. Il lui adressa un sourire troublée et fut une fois de plus saisit par la ressemblance avec Claris.
Claris. C'était le nom de la paysanne improvisé infirmière qui s'était occupé de lui sur le front de Thédranas. Cette femme, il l'avait connu grâce à l'armée... et c'est cette même armée qui le lui avait reprise... quel profonde ironie du sort. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Shadee
Aiguise sa plume

Messages : 239
Sexe : |
|
|
Posté le
: Jeu Mai 25, 2006 12:55 am
|
|
|
Shadee tenait l’arme entre ses mains qu’elle ne pouvait quitter des yeux. Elle avait réussi… Elle resta un moment à contempler l’objet de très bonne facture et d’un travail des plus minutieux qu’il soit. Des motifs aux dessins précis et raffinés accompagnaient des pierres vertes incrustées dans la poignée de l’objet. Le kindjal était tout simplement magnifique et devait valoir extrêmement cher. C’était le premier présent précieux qu’elle recevait. Elle en fut à la fois gênée et fière. Elle ne sut pas quoi répondre à son nouveau maître… d’armes. Enfin, espérait-elle que ce soit dans ce sens et non dans un autre. Jamais personne ne lui avait imposé une autorité quelconque. Même pas son père adoptif. Elle hésita donc à prendre la parole, un « merci » ne lui semblait pas assez pour ce qu’il venait de faire pour elle. Il venait de lui offrir une nouvelle vie et un nouvel espoir d’arriver à ses fins. Elle n’eut pas à répondre, il s’en chargea pour elle.
- Tu vas m’accompagner à Cravensfeld, je crains ce que ces gens peuvent faire dans leurs recherches impies. N’oublies jamais que même si nous combattons le Madhina, nous ne devons jamais oublier notre devoir sacré envers la création de Yen. Je ferais pression pour que tu sois acceptée dans leurs cours. Tu devras me rapporter ce que tu vois et ce que tu entends, mais soit des plus prudentes avec ce qu’ils t’enseigneront. Ces choses risquent d’être bien plus dangereuses que tout ce auquel tu as pu faire face et peuvent menacer ton âme même. Seule ta foi te sauvera.
Elle releva les yeux sur l’Afar. Ils parlaient pour elle et le remerciaient sincèrement. Shadee se releva, libérant une de ses mains pour secouer le tissu de sa robe au niveau de ses genoux. Geste simple et futile comparé au flot de pensées qui inondaient à présent son esprit. Ne pas oublier leur devoir sacré. Servir et être attentif à tout ce qui se passerait pendant leur séjour. Faire des rapports réguliers. Ne pas se laisser impressionner et manipuler par les expériences et pratiques d’arts mystiques auxquelles elle assisterait… Tant de choses à penser… Serait-elle à la hauteur ? Elle en était convaincue au fond d’elle-même mais cela suffirait-il ? A ce moment précis, elle se jura de ne jamais le décevoir.
Elle lui sourit du mieux qu’elle put malgré un visage fatigué. Avec tous ces évènements et cette excitation, elle ne s’était pas reposé et encore moins remis long chemin qu’elle venait de parcourir pour rejoindre Audréa. A sa grande surprise, elle crut le voir sourire à son tour bien que discrètement. Ses traits s’étaient adoucis l’espace d’un instant et elle eut l’impression d’avoir un tout autre homme face à elle. La jeune fille finit par céder à sa joie et sa reconnaissance d’une façon assez singulière vue les circonstances. Surement était-ce le bref changement d’expressions de l’homme qui poussa son geste. En le disant aussi simplement qu’il soit, elle l’étreignit quelques secondes en lui adressant un « merci ». Ce ne fut que lorsqu’elle le relâcha – presque aussitôt – qu’elle regretta un peu ce geste impulsif et incontrôlé. Elle n’osa pas le regarder et fixa le sol jusqu’à ce que son attention soit attirée par autre chose derrière elle. Quelqu’un avait essayé d’approcher et s’était heurté à la garde d’Azeem El’Bakshir comme elle précédemment.
- N'approchez pas, dit un soldat d'un ton ferme.
- Puis-je parler à cette femme s'il vous plaît ?
Shadee fut interpellée par cette voix qui lui était vaguement familière. Elle se retourna, pour satisfaire sa curiosité et tout simplement parce qu’elle était certaine que la femme en question n’était autre qu’elle. L’homme de la place était là. Elle n’avait pas fait bien attention la première fois, trop occupée à retrouver le soldat parmi la foule. Mais maintenant qu’elle n’était plus à la recherche de qui que ce soit, elle s’attarda sur son allure et les détails qu’elle avait négligés. Le jeune homme n’était pas du Sud, c’était certain. Sa peau était bien trop claire. Il était de taille moyenne, les yeux d’une couleur hésitant entre le marron et le vert, soulignés par sa longue chevelure noire. Il portait des vêtements sombres dont une chemise négligemment ouverte au col. Il avait l’air plutôt honnête et gentil. Assez pour qu’elle prenne la peine d’intervenir après avoir consulté du regard l’Afar.
- Laissez-le s’il vous plaît. Je le connais. Il m’a été d’un grand secours aujourd’hui.
Elle lui avait adressé un sourire mais n’avait pu cacher son étonnement de le voir ici et de plus réclamer sa présence prétendant qu’il devait lui parler. Mais… lui parler de quoi ? Que faisait-il ici ? L’avait-il suivi ? Attendait-il quelque chose en échange de son aide ? L’avait-elle offensée en l’abandonnant si vite sans la peine de lui dire au revoir ? Elle n’avait aucune idée des rites et coutumes du Nouvel Empire et donc avait pu passer à côté de quelque chose sans s’en apercevoir.
Le soldat consulta lui aussi le regard de son chef et le laissa passer. Ou plutôt laissa passer Shadee qui préférait garder leur conversation loin de la portée de celui qu’elle servait à présent. Elle s’approcha serrant entre ses mains l’arme qu’on venait de lui offrir. Ses quelques anneaux qu’elle portait aux oreilles et à ses poignets scintillèrent en même temps que la garde du Kindjal lorsqu’elle traversa le halo de lumière qui les séparait, le jeune homme et elle. Elle se plaça devant lui mais cependant à distance raisonnable. Après tout elle ne connaissait ni son identité ni ses intentions.
- Ainsi nous nous rencontrons de nouveau… Bien que cette rencontre ne me parait pas très fortuite. Elle esquissa un léger sourire. Vous vouliez me parler ? Je vous écoute mais faites vite s’il vous plaît. Je suis lié aux activités de cet homme à présent… Et je ne peux pas le faire attendre.
Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour vérifier qu’ils ne partaient pas sans elle et reposa les yeux sur le jeune homme. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Takal Wandh'elanel
Aiguise sa plume

Messages : 234
Sexe : |
|
|
Posté le
: Jeu Mai 25, 2006 10:12 am
|
|
|
Voilà bientôt deux semaines que Takal avait mis pied à terre laissant son navire à ses compagnons pour une durée indéterminée. Il avait en effet profité d'une escale dans une crique bordant la Mer intérieur de Diofre pour prendre un baluchon remplis de quelques vivres dans la ferme intention de rejoindre le plus rapidement possible Audréa. La Mouette, un pirate très mauvais au combat mais Ô combien doué quand il s'agissait de s'informer, de soutirer des informations ou de se mettre au courant d'évènements importants avait eu vent des dernières nouvelles d'un certain Cénacle d'Helmess qui lui avaient semblé fort intéressantes, en particulier pour leur capitaine, qui pourrait y trouver un intérêt dans sa rudimentaire maitrîse de l'eau.
Takal s'était alors mis en marche d'un bon pas, préférant de loin la marche à la montée à cheval.
Il prit le dernier morceau de fromage restant dans son petit sac de tissu improvisé lors de son départ et mordit dedans en contemplant la gigantesque cité qui s'étendait devant lui. Il déchira le sac et se servit du tissu pour bander une blessure à la jambe qu'il avait reçu lors d'un combat l'opposant à un groupe de quatre brigands durant son périple. Il termina un noeud compliqué avec le tissu puis se remit en marche d'un pas rapide pour en finir avec la dernière distance le séparant d'Audréa.
Lorsqu'il parvint enfin à la porte principal il jeta un coup d'œil discret aux gardes par habitude et pénétra dans la ville.
- Qui veut mon bon poisson ? Venez ! Venez admirez mon étalage ! Tiens par exemple vous cher monsieur regard...
Le marchand se tut quand Takal s'arrêta et se tourna vers lui. Le pirate s'approcha du commerçant et regarda son poisson. Il parla un sourire narquois aux lèvres
- Je connais bien la mer et ta poiscaille, malgré de très beaux morceaux, me semble en piteux état.
Un vieille homme lorgnait l'étalage d'un regard gourmand. Ses habits rapiécés et sa peau sale ne laissait que peu de doute sur son cas. Takal sembla ne lui apporter aucune attention mais s'adressa au vendeur en ces termes :
- Tiens prends cette pièce et laisse ce pauvre bougre faire son choix.
Il tendit la piécette en question et s'éloigna, se frayant un passage dans la foule qui se pressait d'une boutique à l'autre. Un adolescent passa à côté du pirate, main dans la main avec son amie, lorsque ce dernier le stoppa net en posant sa main sur son épaule.
- Je... je vous jure je n'ai rien volé
- Je me fiche bien de savoir cela, je désirerais juste que tu m'indiques la direction à prendre pour rejoindre le Cénacle.
- Le Cénacle d'Helmess ? C'est tout simple il doit avoir lieu dans l'université d'Audréa qui se trouve au bout de la rue là bas.
- Merci bien, maintenant file profiter de cet instant avec cette jeune fille...
Il attira le garçon à lui et lui glissa à l'oreille
- ... sortez de l'enceinte de la ville et tourner immédiatement à droite, vous devriez y trouver une vieille cabane de bois abandonné, je l'ai aperçu en arrivant.
L'adolescent pris un teint rouge pivoine et balbutia un merci quasiment inaudible mais s'empressa de suivre le conseil et les deux tourtereaux s'enfuir vers la porte par laquelle le pirate était arrivé. Ce dernier éclata d'un rire joyeux. Il aimait beaucoup être en mer mais le contact avec les gens dans la rue lui manquait parfois...
- Surtout quand des hommes et des femmes à la bourse bien rempli passaient à proximité de doigts agiles. pensa-t-il en délestant de son or un riche commerçant qui lui tournait le dos.
Il reprit son chemin qui le mena tout droit vers la bâtisse convoitée. Des gardes surveillaient l'entrée d'un œil alerte et refusèrent le passage à plusieurs personnes qui tentèrent d'entrer. Il s'avança malgré tout quand des cris attirèrent son attention.
- l'espèce de petit... REVIENS ICI !
Un sillon se forma dans la foule, petit tout d'abord quand le gamin passa et qui s'agrandissait au passage de son poursuivant. Le spectacle était assez comique et Takal décida de les suivre. La course aboutit dans dans une ruelle après une chute dans un chariot de foin auprès duquel l'Anguille s'était posté en entendant le gamin y plonger. Le petit voleur pénétra dans l'université par une petite porte, suivit de sa victime. Les odeurs qui flottèrent un instant dans l'atmosphère semblaient indiquer que la porte donnait sur les cuisines.
Cette dernière information parut intéressante et Takal entrouvrit à son tour la porte. Il fit un rapide tour de la pièce du regard et avisa une poèle en équilibre précaire rempli de viande et de sauce. Il laissa la porte entrouverte et chercha un projectile, il chercha durant quelques minutes avant de trouver un caillou tout juste à la bonne taille. Il agrandit un peu l'entrebaillement visa, tira et, par chance il devait l'admettre, fit mouche. Le caillou s'écrasa dans la sauce et fit tomber le poèle à terre. Les cuisiniers et cuisinières présents se précipitèrent pour récupérer le plat laissant tout juste le temps à Takal de se précipiter sur une porte du mur opposé. Il la referma derrière lui et courut jusqu'au coin suivant du couloir où il s'arrêta en arborant une mine joyeuse.
- Eyh qui êtes vous ?! s'enquit un jeune homme qui l'accosta
- En quoi cela te concernerait-il ?
- Tout simplement parce que seuls les cuisiniers peuvent emprunter ce couloir.
- Je vois... pourtant tu ne me sembles pas être un cuisinier non plus.
- Non, en effet mais...
- Et bien dans ce cas tu ne dis rien à personne et j'en ferais de même.
- Ah si votre présence doit être indiqué !
Takal le prit par le col et le plaqua au mur, de son visage avait disparu toute sympathie.
- Écoute moi jeune crétin. Ici je ne suis pas chez moi mais je ne supporte pas que l'on se mette en travers de ma route ! Tu m'as bien compris ?
- Glup... Bien, bien monsieur... je... excusez moi... Bienvenue au Cénacle alors.
Il sentit la pression sur son tissu se relacher
- Bien je préfère cela, son sourire était revenu et sincèrement entre nous en quoi ta présence te dérangerait-elle ?
- ... Et bien, en rien je pense...
- Parfait, je ne signalerais pas ta présence dans ces couloirs et toi tu taieras la mienne. Ca marche ?
- Bien monsieur
- Merci à toi... bon et si tu voulais chiper de la nourriture c'est par là mais fais attention c'était un peu la débandade juste avant que l'on se "rencontre"
- Je ferais attention ajouta le jeune garçon en s'éloignant
- Imbécile marmonna Takal en serrant les dents.
Il lui fallait maintenant rejoindre ce groupe qui selon La Mouette devait être le pionnier de la première école officiel de ce que beaucoup appelaient les sciences occultes. _________________ Takal l'Incontrôlable
Talyanne La Petite
"La mort fait partie du cycle de la vie... cette fillette sera le résultat d'une expérience qui va briser pour une unique fois cette chaîne" © Le Mage Fou |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé
|
Posté le
: Ven Mai 26, 2006 9:17 am
|
|
|
- Ca n’est pas une coïncidence, murmura le professeur Ghanaz, ça ne peut pas être une coïncidence !
Isak se retourna en sursaut lorsque le directeur l’interpella d’une tape sur l’épaule.
- Tu ne devrais pas être en route pour le manoir toi ? J’étais pourtant sûr que Cravensfeld était un joli nom ! Comment peut-on refuser de se rendre dans un endroit qui porte un joli nom ?
Le jeune homme tenta de répondre tant bien que mal, mais Numide était une ville fort éloigné de la grande Audréa et il n’y avait que très peu de chance pour que le directeur l’entende. Il se mit cependant à courir en direction de l’étagère, après tout il n’avait plus rien à perdre, mais M. De Marchas s’interposa en affichant un sourire terrifiant.
- Aha ! Quand je vais raconter ça à l’empereur ! Cette statuette me revient de droit. Je l’ai vu le premier ! Mais… mais… ce n’est pas de l’or ?
Le temps d’un coup d’œil derrière son épaule et Isak se rappela qu’il avait emporté ses lames avec lui. Il en saisit une, la plus longue naturellement, et trancha d’un geste sec les mains de l’émissaire royal. Un violent éclair traversa la pièce et la biche d’argile se brisa sur le sol dans un fracas indescriptible.
- Cravensfeld ! Répéta le professeur Ghanaz une nouvelle fois. Cravensfeld ! Il nous connaît déjà ! Personne ne lui échappe ! Vous croyez qu’il aime le thé à la menthe ?
- Noooon ! La terre ! Hurla l’estropié sanglant en essayant désespérément d’attraper l’animal qui galopait frénétiquement autour de lui. Ne la laissez pas s’enfuir !
Un second cri d’horreur se dégagea du couloir et s’engouffra dans le bureau qui commençait littéralement à s’embraser. Deren apparut en sueur dans l’encadrement de la porte et se précipita sur le jeune sans pitié pour lui retirer ses armes.
- De Vémente ! C’était notre seule piste ! Aboya-t-il sous son nez.
Soudain, un frisson parcourut tout le corps d’Isak et son cauchemar s’envola aussi vite qu’une plume chassée par la tempête. Le jeune audréen avec lequel il avait fait connaissance la veille se tenait au dessus de lui, secouant vivement son épaule.
- Isak ! Réveilles-toi ! Tu n’est pas venu jusqu’ici pour être en retard ce matin, lança-t-il avec un sourire sur le coin des lèvres.
L’endormi échappa un râle de fatigue et glissa ses doigts dans ses longs cheveux châtains. Ses pupilles s’habituèrent lentement aux quelques rayons de soleil matinaux qui perçaient par les carreaux de la pièce alors qu’il se redressait péniblement sur son matelas. Helmess Gandon savait ménager ceux qui contribuaient à sa fierté ! Il avait fait préparer une chambre particulière pour chacun des membres de son cénacle et leur avait fait porter des vivres pour la matinée.
Le jeune homme remercia son collègue pour l’avoir tiré du sommeil, s’habilla tout en rassemblant ses affaires et saisit son carquois qu’il hissa sur son épaule. C’était un objet des plus originaux qu’il avait lui-même fabriqué avec l’aide d’un forgeron de Numide. Une sorte de sac à dos en cuir transpercé de quatre fourreaux de tailles décroissantes qui se croisaient harmonieusement tout en exhibant les pommeaux d’un quatuor de fines lames facilement accessible d’un geste derrière la nuque.
Isak se mit en route pour la porte ouest de l’immense bâtiment. Afin de rejoindre cette dernière, il lui fallait traverser une grande partie de l’université, filant au milieu des couloirs toujours aussi somptueux et riches de décorations. En chemin, au détour d’une allée de tableaux représentant la toute puissance du dieu Ohm, il tomba par hasard nez à nez avec le professeur Ghanaz.
- Tiens ! Lança celui-ci. C’est notre champion de Numide !
- Bonjour monsieur, répondit respectueusement le duelliste.
- J’ai appris que vous nous quittiez déjà, nous n’aurons donc malheureusement pas le plaisir de nous recroiser.
- C’est exact, nous partons dès ce matin vers le sud… pour… le manoir Cravensfeld.
Le jeune homme avait hésité un instant avant de dévoiler le nom de sa destination, et, aux vues du regard perçant que lui jetait le professeur, il se demanda s’il n’avait pas fait un mauvais choix. Ce dernier conserva cependant un ton amical.
- Tu n’oublieras pas de rendre sa fiole à M. Digols, hein !
- Pardon ? S’étonna Isak.
- Je te dis de ne pas garder la fiole pour toi ! Insista le vieillard.
- Excusez-moi, mais je ne comprends pas de quoi vous parlez…
- Ah… tu es sûr ?
Cherchant s’il n’avait pas omis un détail au cours de son voyage, le nouveau venu marqua un court silence puis finit par nier d’un air incertain.
- Et bien… non je ne vois vraiment pas…
- Ah… bon et bien tant mieux alors, conclut l’excentrique. Je dois m’en aller, j’ai urgent à faire, mais je vous souhaite tout de même de réussir votre formation !
Sur ces mots, le professeur s’éloigna à pas rapides, puis vrilla soudain en direction du jeune homme pour l’aborder de nouveau.
- Oh, et a propos ! Ne vous inquiétez pas si ce cher Helmess Gandon vous a paru un peu confus dans ses plans…
Il se pencha en avant comme il en avait l’habitude pour murmurer à l’oreille de son interlocuteur.
- … entre nous, je l’ai toujours trouvé un peu dérangé ! Ajouta-t-il en tapotant de son index sur sa tempe plissée. Au revoir M. Devmente !
Isak regarda le vieux s’éclipser au coin du couloir avec un œil amusé puis continua son chemin. Après encore une dizaine de minutes de course d’orientation, il déboucha enfin sur le grand hall ouest de l’université. Il franchit la porte de sortie avec enthousiasme et sentit le contact frais de l’air matinal sur son visage. L’ouverture donnait sur une grande place pavée au centre de laquelle étaient parquées cinq imposantes diligences, chacune attelée à deux grands chevaux de posture royale. Les véhicules étaient faits de bois sombre et quelques gravures dorées arrondissaient leurs angles et agrémentait les contours de leurs portes.
Les trois encadrants du cénacle attendaient non loin de là en bavardant tranquillement et une bonne partie des personnes que le jeune homme avait aperçu la veille dans la salle d’Oren était déjà présente sur les lieux. A côté de M. De Marchas, un humanoïde à la peau très foncée se tenait droit et immobile, le regard glacial. Isak avait déjà entendu parler de ces créatures peu communes à de nombreuses reprises, mais il n’avait encore jamais eu l’occasion d’en approcher une.
Un mathalys ! Pensa-t-il étonné.
Le groupe patienta un long moment dans un silence gêné, car les conversations se faisaient rare au sein de ce clan on ne peut plus diversifié. Il était presque neuf heures trente quand Haydar Nobuo s’approcha enfin pour lancer le départ, tenant une feuille de papier jauni entre ses mains. Dans une besace qu’il portait en bandoulière, on devinait un épais volume à la couverture de cuir dont seule la reliure était apparente.
- Bien, je crois que nous pouvons y aller, expliqua-t-il l’air satisfait. M. Gandon m’a transmit une liste des personnes qui ont eut l’honneur d’être conviée à cet apprentissage. Simple formalité bien entendu.
Le tuteur baissa les yeux sur sa note et échappa une très légère grimace.
- Le sieur El’Bakshir nous accompagnera autant qu’il le souhaite dans notre entreprise. D’un commun accord avec le directeur, la diligence de queue lui est réservée ainsi qu’à sa garde. Il pourra y introduire les personnes qu’il souhaite.
Lhuna Etchevan et M. De Marchas grimpèrent dans le premier carrosse, puis les autres furent appelés un par un à monter à leur tour. Isak fut nommé rapidement et rejoignit le même véhicule que ses nouveaux enseignants, pensant que c’était là une bonne occasion d’en apprendre davantage sur leur séjour. Une fois sa liste terminée, le magicien s’installa lui aussi dans la diligence de tête et le convoi fit aussitôt route vers les portes de la ville.
~ HRP ~
Un petit peu de culture générale. ^^
Un cénacle signifie en quelque sorte une secte ou un clan fermé, mais en aucun cas un lieu ! Ce mot peut à la rigueur désigner une petite chapelle mais ce n’est pas le cas ici. Le bâtiment dont il s’agit est celui de l’université d’Audréa. _________________ Posto ergo sum |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Sai
Gribouille à peine

Messages : 17
|
|
|
Posté le
: Ven Mai 26, 2006 6:01 pm
|
|
|
Une ombre planait au dessus des montagnes de la Borée et se dirigeait en direction de la capitale du Notus. Virevoltant entre les nuages, l’hybride mi-flaikon, mi-corbeau se hâtait de rejoindre la Prêtresse qui, il le savait mieux que quiconque, avait tendance à échapper à la surveillance des personnes chargées de la protégée. Il s’était rendu pour la journée auprès de la famille de Corbeaux géants parmi laquelle il avait grandit, leur rendant une petite visite mensuelle.
Le jeune homme ne se souvenait plus s’il était né parmi les Corbeaux mais ceux-ci lui avaient inculqué leur éducation, leur mode de vie, ainsi que leurs coutumes. Ce n’est que lors d’une promenade aérienne au dessus de la capitale qu’il avait rencontré la prêtresse de Venisca et, après plusieurs entrevues, et s’étant pris d’affection pour la jeune femme qui lui avait enseigné les manières humaines, il s’était autoproclamé garde du corps de la demoiselle.
Au fil du temps, il avait appris à mieux la connaître et, bien que distant avec tout les autres humains ou autres humanoïde, il lui faisait entièrement confiance, surtout quand il s’agissait d’échapper à sa vigilance, ce qui avait le don de l’énerver, le sortant de sa réserve habituelle.
Lorsqu’il était parvenu au lieu de résidence de sa protégée, une jeune femme lui avait appris qu’elle avait quitté le royaume du Notus, sur ordre de la Reine, peu de temps auparavant. Après avoir passé sa colère quelques roches se trouvant à proximité, Il avait localisé la jeune femme par le biais de la magie et également grâce à son parfum qui flottait encore dans l’air. Il avait suivit ce chemin olfactif jusque dans des contrée nordique, fort éloignées du Notus.
Le jeune homme s’était posé sur une petite colline proche de la grande ville du nom d’Audréa. Il soupira. Pourquoi donc fallait-il qu’elle se rende dans une si grande cité et, qui plus est, à l’extérieur du royaume du Notus et pire encore, sans sa permission et sans lui. Il regarda une caravane rentrer par l’une des portes de la ville et choisit l’option de traverser cette cité par la voie terrestre. Il descendit tranquillement de la colline, se demandant de quelle manière il allait pouvoir sermonner la jeune femme qui avait réussi à s’échapper malgré sa vigilance.
Il rejoignit la route, se mêlant à une caravane de chariots, effrayant le couple qui guidaient les chevaux de l’un d’eux. Leur jetant un simple regard plutôt inexpressif, il replia ses ailes et accéléra le pas, longeant le bord de la chaussée. Une fois le porche de la ville passée, Il se mêla à la foule qui, à son grand déplaisir, était de plus en plus compact. Ne supportant plus d’être le centre d’attention, d’autant grâce à ses ailes, son apparence froide mêlée à la grande épée calée entre ses ailes, que par son physique hors du commun, ses cheveux et ses yeux de jais contrastant avec son teint pâle, il déploya ses ailes et, se propulsant grâce à ses jambes, il s’envola dans le ciel de la cité.
Une fois qu’il eu atteint une altitude respectable, il se mit à tournoyer, recherchant une trace de la jeune demoiselle qu’il recherchait. Il rechercha les bâtiments imposants car c’étaient surement ceux qui avaient le plus d’importance et les lieux où il avait le plus de chance de trouver sa proie. Il mit le cap sur ce qui semblait être un bâtiment voué à l’éducation. Arrivé à proximité, il remarqua qu’il y avait des locaux habitables. Il prit encore un peu d’altitude, observant le bâtiment et cherchant à calmer sa colère qui brouillait ses sens. Il perçut alors un parfum, porté par une bourrasque, qu’il reconnu immédiatement et il plongea en direction de la fenêtre ouverte qui avait provoqué le mouvement de l’air.
En s’approchant, il put reconnaître la fine silhouette de Zéphyrine et il put distinguer un sourire sur ses lèvres, ce qui l’exaspéra au plus haut point. Repliant ses amples ailes au dernier moment, il pénétra dans la pièce sans même attendre une invitation. Se redressant de toute sa hauteur, il fit face à la Prêtresse, son habituelle expression impassible remplacée par un visage sévère, porteur de colère.
- Tu devines ce que je désire, Zéphyrine …
Il dévisagea la jeune femme, attendant une réponse qui légitimerait la conduite de la jeune femme même si, il le savait très bien, ne pouvait être obtenue. Il parcouru la pièce de son regard avant de le reposer sur la Prêtresse. D’un ton impérieux, et tentant de calmer au mieux sa colère, il questionna la jeune femme, même si la moitié au moins des réponses étaient connue pour toute personne côtoyant la demoiselle.
- Je veux que tu me donne les raisons de ta présence en ce lieu ainsi que les raisons de ton départ qui t’on poussées à quitter le Notus sans me prévenir et sans me demander mon accord. De plus, j’aimerais également que tu me rapporte toutes les informations que tu as pu obtenir sur ces lieux.
Il resta debout au milieu de la pièce, dévisageant son interlocutrice. Il se doutait que la jeune femme allait agir de manière peu formelle en sa compagnie, mais il tenait tout de même à lui faire comprendre l’inquiétude qui le poursuivait depuis qu’il s’était séparée d’elle pour retrouver le clan des Corbeaux qui l’avaient éduqué, se doutant que la demoiselle allait se servir de son voyage dans les montagnes de la Borée pour éluder le sujet, à moins que celle-ci n’ait fait une découverte intéressante. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Takal Wandh'elanel
Aiguise sa plume

Messages : 234
Sexe : |
|
|
Posté le
: Dim Mai 28, 2006 10:35 am
|
|
|
- Raaah fichu couloirs qui n'en finissent pas... comment je vais... oh !
Takal se plaqua au mur et jeta un coup d'oeil dans le couloir qu'il allait prendre un instant plus tôt. Un jeune y avançait en chantonnant
-Lalala... chère petite maman
Ton fils part à l'aventure
Chère petite maman
J'ai été choisi parmi l'éliiiiiiiiite... lala OUGNF ! MMMMMHMMMMMH MMMMMH!
Takal le baillona et le saucissona sans ménagement. Il le fouilla et, mis à part des babiolles sans intérêts, trouva une enveloppe. Il la décacheta et la lut tandis que son prisonnier gesticulait inutilement
| Citation : | Chère mère,
J'ai finallement était choisi pour faire partie de l'expérience à laquelle tu rêvais de me voir participer. Je n'ai certes pas encore saisi un tel engouement de ta part pour cet évènement mais je n'en suis pas moins heureux de t'apporter cette joie.
Tu m'excuseras de ne pas t'indiquer notre première destination mais je n'en suis moi même pas encore certain.
J'essairai de t'écrire le plus souvent possible.
A bientôt,
Gandel |
- Voilà qui est mignon... J'ai une idée, c'est toi qui vas aller porter cette lettre en main propre à ta mère et je partirais à ta place.
- MMMMMMh ! MMMMMH MMMH!
- Tu ne me sembles pas très d'accord. Tant pis pour toi puisque c'est quand même ce qui va arriver, à un détail prêt que j'ai omis de te dire. Tu ne pourras porter cette lettre qu'une fois que tu aura réussi à défaire tes liens, et je crains d'ailleurs que tu n'y parvienne pas seul. Mais ne t'en fais pas, je vais t'installer confortablement dans ce placard à balais où ceux qui s'occupent du ménage te trouveront.
- MMMMMh ! MMMMH !
- Maintenant TAIS TOI !
Les yeux verts pâles de Takal luirent un instant à la lumière du réduit dans lequel ils se trouvaient. Le futur ex-élève du Cénacle se tut et le pirate prit ses vêtements et s'en revêtit. Il relut plusieurs fois le prénom qui se trouvait en bas de la lettre et le grava dans sa mémoire.
- Voilàn, je te rends ta lettre et l'enveloppe, mais je garde tes vêtements ET les miens. Adieu l'ami et merci.
Takal sortit de la petite pièce et prit la direction opposé à celle qu'avait emprunté le malheureux jeune homme. Il se perdit une fois de plus dans les couloirs avant de tomber enfin dans une pièce où étaient rassemblé plusieurs membre de "l'élite" dont semblait parler la lettre. Aucun ne le remarqua.
Peu de temps après son arrivé le groupe présent se dirigea vers la sortie. Il se contenta de le suivre et ils arrivèrent vers ce qui semblait être le convoi dans lequel ils allaient prendre place.
Une sorte d'appel commença, et les noms se succédèrent. Quand enfin :
- Deneloth..... Deneloth Gandel
Takal s'avança en se maudissant de ne pas avoir cherché à connaître le nom de famille de celui dont il avait prit l'identité. Il monta à bord du convoi et profitant que personne ne faisait attention à lui, s'assoupit.
Il s'était embarqué dans un convoi dont il ne connaissait pas la destination, dont il n'avait que quelques infos et pourtant il était serein. Cela le changerait un peu du pillage des navires de l'empire qu'il commençait à trouver ennuyant ces derniers temps/ _________________ Takal l'Incontrôlable
Talyanne La Petite
"La mort fait partie du cycle de la vie... cette fillette sera le résultat d'une expérience qui va briser pour une unique fois cette chaîne" © Le Mage Fou |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

Messages : 546
Sexe : |
|
|
Posté le
: Dim Mai 28, 2006 3:24 pm
|
|
|
Azeem déboucha sur la grande place et se dirigea vers le convoi d’une démarche droite et digne, la main gauche refermée sur le pommeau de la Larme de Yen qui reposait dans son fourreau ornementé. Il parcouru du regard les groupes d’étudiants pour s’arrêter sur la silhouette noir, décharnée et luisante qui se tenait à coté du groupe des professeurs. Il avait déjà croisé des individus de cette espèce au palais et éprouvait une certaine répulsion à leurs égard. La guilde Mathalienne avait établie un comptoir à Karish mais les gens du désert n’avaient que peu recours à leur service, les besoins de cette race était bien trop incompatibles avec les conditions du désert.
Azeem s’approcha de la dernière diligence du convois qui lui avait été réserver en entraînant Shadee à sa suite. Enfin de compte il avait été bien plus facile de la faire accepter en temps qu’étudiante que ce qu’il craignait de prime abord. Les sahélites avait, ici, un aura de mystère aussi bien à cause des propagandes de l’église qui ne manquait pas prêcher contre leurs connaissances et leurs pratiques impies que des récits des hommes de la garde Impérial qui étaient revenu du Sahel. Gandon s’était plutôt vu flatté qu’une personne de Karish veulent étudier dans sa précieuse Université. Azeem éprouvait toujours des doutes sur sa décision de prendre la jeune fille à son service et plus encor à lui faire courir de tels risques en la faisant participer à ces cours diaboliques. Avait il vraiment le droit de risquer ainsi l’âme de cette enfant ?
Il ne saurait y avoir de cause plus juste que la protection de la création de Yen, ni de sacrifice trop important pour la préserver.
L’afar repéra Abdelhak et Karim qui descendirent l’avenu, montés sur leur fier coursier du désert, pour se placer derrière la diligence de queue tout en balayant la place de leurs regards vigilants. Azeem leur accorda un signe de tête avant d’embarquer dans la voiture.
Il n’était encor jamais monté dans de tel véhicule et il s’y senti étrangement vulnérable. Comment pouvait-il réagir efficacement en cas de danger avec une vision si limité de l’environnement extérieur ? Azeem essaya de trouver une position confortable, mais pour les gens du Sahel, habitués à s’asseoir à même le sol, ces sièges étaient des plus inconfortable. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Zéphyrine
Modérateur

Messages : 268
Sexe : |
|
|
Posté le
: Lun Mai 29, 2006 1:44 pm
|
|
|
- Tu devines ce que je désire, Zéphyrine …
Sai la dévisageait avec insistance, elle savait qu’elle aurait du l’attendre pour partir mais sa curiosité avait été la plus forte. La jeune femme soupira et glissa ses longs doigts fins dans sa chevelure brune.
- Je veux que tu me donne les raisons de ta présence en ce lieu ainsi que les raisons de ton départ qui t’on poussées à quitter le Notus sans me prévenir et sans me demander mon accord. De plus, j’aimerais également que tu me rapporte toutes les informations que tu as pu obtenir sur ces lieux.
Et bien comme elle s’en doutait, il lui fit la morale et bien sur s’intéressa surtout à sa présence ici. Elle croisa les bras sur sa poitrine, rejeta ses longs cheveux en arrière et sourit avec malice avant de lui répondre sur un ton moqueur:
-Sai mon cher ami! Je vais t’apporter les explications que tu es venu chercher. Et bien pour commencer je suis ici sur ordre de la Reine alors ne commence pas à discuter ou à me prendre la tête sur une soi-disant fuite… De plus, je suis une grande fille et je n’ai guère besoin d’un chaperon! Et ce que j’ai appris pour le moment n’est guère intéressant! Une histoire d’enseignements de Sciences Occultes lors d’une espèce de périple.
Sur ces mots elle lui tourna le dos et alla s’allonger sur le lit. Les draps blancs faisaient ressortir la couleur pêche de sa peau et illuminait son teint. Elle croisa les bras sous sa tête et murmura à son ami:
-Allez, prends le matelas que j’ai demander qu’on m’apporte pour toi! Pour cette nuit je t’autorise à veiller sur moi!
Elle lui sourit avec tendresse avant de se tourner sur le coté et de fermer les yeux. Pour une fois, elle allait enfin pouvoir passer une nuit calme et reposante…
Le lendemain matin, lorsque le jeune guide timide tapa à la porte de Zéphyrine, la jeune femme était déjà bien éveillée et prête à partir. Quoique cela semblait bizarre au garçon qu’un simple petit sac puisse lui faire office de sac de voyage pour un périple… Mais, il oublia bien vite ce détail quand il croisa le regard de l’homme aux ailes noires.
Ce fut donc dans un silence de plomb qu’il guide la belle femme et celui qu’elle avait désigné comme son « garde du corps » sur un ton ne laissant aucune place à la moindre question. Pourtant avant de monter dans son carrosse elle lui sourit gentiment tout en le remerciant pour son aide précieuse lors de son court séjour. _________________ Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.
La vie n'est rien sans Mystère et Secret...
Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG! |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Arioch
Modérabruti

Messages : 476
Sexe : |
|
|
Posté le
: Jeu Juin 01, 2006 5:12 pm
|
|
|
Mael surveillait du haut de son cheval les alentours de la région, les traces de la caravane étaient tellement grossière que n'importe quel villageois aurait put les suivre. Pourquoi avait-il agit sur ce coup de tête ? N'avait-il pas mieux à faire ? Ce n'est pas en poursuivant la jeune femme de son passé qu'il allait remplir ses annales.
La monture qu'il venait de s'offrir n'était certes, ni un étalon, ni une bête de somme... mais il supportait relativement bien les longs voyages... et qui sait où la caravane pourrait l'amener.
- Claris... pourquoi tu réapparait soudainement dans ma vie...?
=============
*Flashback*
- Ainsi nous nous rencontrons de nouveau… Bien que cette rencontre ne me parait pas très fortuite. Elle esquissa un léger sourire. Vous vouliez me parler ? Je vous écoute mais faites vite s’il vous plaît. Je suis lié aux activités de cet homme à présent… Et je ne peux pas le faire attendre.
Oui, je veux te parler. J'ai tant de choses à te demander... qui es-tu ? Pourquoi es-tu ici ? Pourquoi ton visage est semblable au sien ? Ta voix... elle est moins douce que celle de Claris... ou non... peut-être est-ce le contraire ? Ce regard... c'est bien celui qui m'a aidé à me sortir de la maladie... est-ce toi Claris ? Répond moi...
- Je...euh... je suis vraiment désoler de vous accoster de la sorte, dit Mael avec une grimace involontaire, vous devez me prendre pour un fou...
L'homme caressait nerveusement le ruban de tissu noir qui pendait sur son flanc droit. Il baissa les yeux un instant, ravalant ainsi une mine sombre et essaya d'afficher ce qu'il aurait put décrire de "sourire".
- ...laissez moi me présenter. Mael Felagund. Annaliste itinérant. Vous... vous ressemblez de très près à une de mes anciennes amie...
Sa seule amie à vrai dire. Et c'était bien pour cela que sa relation en était devenu ambigue bien qu'il se plaisait à prétendre le contraire à l'époque.
Le saelite qui se trouvait non loin de la jeune femme, fit un signe à ses suivants et le groupe partit dans un des couloirs de l'université. La femme devant lui, esquissa une excuse et partit à la suite de l'homme des contrées arides.
Il voulut la retenir mais se ravisa. Qui était-il pour aborder ainsi une inconnue ? Ce n'était pas Claris, mais en tout cas la ressemble était frappante. L'homme resta sur place un moment, comme figé dans une action.
===========
L'homme reprit le fil de ses pensées lorsque le cri perçant d'un aigle se fit entendre.
Il cligna des yeux en se maintenant la tête pour les ré-ouvrir sur un champ de bataille.
Celui de Thédranas, 5 ans auparavant.
L'odeur des cadavres... des centaines, des milliers. Par quel ordre absurde, ces hommes étaient-ils sacrifiés ? Au nom de quel valeurs ? Le bien, le mal, tout cela n'a aucune importance sur un champ de bataille. Il suffit simplement d'écouter les ordres et vous saurez alors qui seront les prochains humains à être exterminer.
Si Mael résonnait de façon manichéenne, il aurait pu se considéré dans le camp des "méchants". Après tout, l'armée d'en face n'aspirait qu'à être indépendante.
Les tambours résonnaient. Typique du nouveau général ça. Il aimait l'esbrouffe ce chacal. Le porte-étendard du Nouvel Empire se faufilait entre des pieux plantés à la hâte tandis que la tranchée principale, creusés par les sapeurs la veille, déversait un flot noir de soldats aussi prêt à charger que des condamnés à mort.
Mael était obligé de porter un masque de tissu pour supporter l'odeur du charnier à coté de lui. Les corbeaux s'en donner à coeur joie et l'annaliste leurs lança un regard mauvais.
Le porte-étendard franchit alors les limites des lignes de l'empire et agita dans un mouvement circulaire sa hampe.
En face, les soldats étaient appuyés par trois sorciers dont on ne connaissait pas leurs apparence. Allant au delà des simples illusions, ces pratiquant de la sorcellerie était capable de faire pencher une bataille en leurs faveurs.
L'homme à la hampe hurla et chargea en direction des lignes ennemies, son mouvement fut suivit par les autres militaires avec une motivation beaucoup moins visible. Les deux armées s'élancèrent, chacune essayant d'affaiblir l'opposant par un tir de barrage continu grâce aux archers.
C'était au tour de Mael de sortir de son trou à rat et de charger avec la prochaine vague. Son coeur commençait à s'emballer et sa main droite se crispait sur le manche de son épée alors qu'un groupe de rat faisait enfler le ventre d'un cadavre.
Les deux armées s'entrechoquèrent une fois de plus pour leurs joutes quotidiennes et c'est alors que les sortilèges des trois sorciers rebelles entrèrent en action pour succéder aux flèches imprécises.
Et c'est ainsi que commença cette douce journée d'automne où les soldats tombèrent inexorablement sur le champ de bataille à l'instar des feuilles mortes.
Mael releva la tête et afficha un visage grave. Sa monture suivait toujours la piste de la caravane. La suite de la jeune fille était à une demi-journée de marche d'écart. Rien d'insurmontable en somme.
~HRP~
Certes, je sais ce qu'est un cénacle... mais je croyais que le lieu s'appelait le "cénacle d'Hermès"  . J'ai déja vu des batîments intitulés : "Cercle des pêcheurs de XXX" qui était comme son nom l'indique, un lieu réservé aux pêcheur. D'où mon interprétation.[/b]
Edit Zéphy: les commandes [center] et [/center] ne fonctionnant pas je me suis permis de les enlever pour que ça face plus joli... |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Shadee
Aiguise sa plume

Messages : 239
Sexe : |
|
|
Posté le
: Jeu Juin 01, 2006 9:52 pm
|
|
|
Shadee suivit Azeem et les autres sahelites vers la diligence qu’on leur avait attribuée prenant soin de toujours laisser une distance de trois pas entre elle et l’Afar comme lui avait bien préciser un des serviteurs. Elle n’était pas habitué à tant de règles de conduite et essayait de les assimiler du mieux qu’elle put et rapidement au fur et à mesure qu’on les lui énonçait. Elle n’avait pas pu se changer prise au dépourvu mais un des hommes de suite d’Azeem lui avait promis d’y remédier dès leur arrivée. On la fit monter dans la même diligence que le chef sahélite et après quelques minutes ils partirent enfin.
La jeune femme, un coude contre le rebord de la vitre qui lui servait d’appui pour sa tête, regardait vaguement le paysage gris et monotone qui défilait. Ses yeux dégageaient une certaine indifférence et un voile de fatigue les obscurcit davantage. Elle avait très mal dormi bien qu’elle fut épuisée du voyage et de la longue errance dans la ville. Pourquoi ? Peut-être le brusque changement de temps - il faisait plus froid ici – ou encore plus simplement le type de couche qu’on avait mis à sa disposition était-il trop confortable. Outre ces détails, elle se souvint surtout des cauchemars, encore et toujours ces même cauchemars qui hantaient ses nuits. Une secousse la tira un peu sa réflexion mais pas assez pour ramener son esprit sur l’instant présent. Il était ailleurs, resté sur les évènements de la veille. L’Afar ne lui adressait pas la parole. En fait, il ne parlait qu’à de rares occasions avec son bras droit, enfin supposait-elle qu’il l’était. Elle n’en fut pas gênée, au contraire, cela l’arrangeait plutôt car ainsi elle n’avait pas à affronter de nouveau son regard intimidant. Non, elle préférait cette indifférence qui lui permettait d’imaginer ce qu’elle aurait à faire, ce qui allait se passer et de penser à ce jeune homme qui était venu la trouver jusqu’au hall de l’université pour une simple ressemblance. Pour une simple ressemblance… Elle se remémora la scène.
Le jeune homme lui apparut clairement comme s’il avait été une nouvelle fois devant elle. Elle avait ressenti une profonde tristesse et une douleur, plus ancrée encore, au fond de lui. Sa voix hésitante, ce geste nerveux de palper le tissu de sa ceinture, tout dans son attitude lui avait révélé ses sentiments enfouis. Mais ce qui l’avait le plus trahi c’était ses yeux. Elle avait eu largement le temps de les observer alors qu’il la regardait comme si elle était quelqu’un de cher. Ce garçon quel qu’il soit avait du beaucoup souffrir à cause de cette personne dont il lui attribuait une ressemblance. Une personne défunte d’après ce qu’elle avait pu en juger. Le ton de sa voix s’était comme éteint alors qu’il l’énonçait comme une ancienne amie et son regard s’était soudainement obscurci.
Shadee se rendit compte qu’elle ne s’était même pas présentée. Elle l’avait simplement écouté et l’avait une seconde fois planté sur place en formulant maladroitement des excuses. En réfléchissant bien, elle se disait que ce n’était pas plus mal ainsi car après tout, qu’aurait-elle pu lui apporter ou lui répondre ? Soit elle ressemblait à cette femme et après ? Elle ne pouvait rien pour lui. Et qu’attendait-il d’elle ? S’il pensait qu’il pourrait combler avec elle la perte de cette personne, il se trompait. Elle ne serait jamais cette femme et ne la remplacerait jamais même si elle l’avait voulu. Le passé est le passé même s’il est dur d’y renoncer.
Elle écarquilla les yeux. « Le passé est le passé… » Elle eut un pincement au cœur. Elle jugeait cet homme alors qu’elle-même agissait de la même façon que lui. Si elle était là aujourd’hui. Si elle avait fait tout ce chemin. Si elle avait fait face au chef rebelle lui-même pour lui permettre de l’accompagner, elle, simple assistante au dispensaire, voleuse l’autre moitié du temps et vivant dans les taudis avec des gamins dits « vermine », « voyous » par les autorités de Karish… N’était-ce pas par souci de vengeance ? Et donc intimement lié, non en fait complètement lié, à son passé ? Elle se mit soudain à se recroqueviller sur elle-même, ramenant ses jambes vers sa poitrine et enlaçant ses genoux de son autre bras, les pieds sur le siège. Elle ne craignait pas que l’on prête attention à se changement d’attitude car les sièges lui paraissaient tellement peu confortable qu’elle supposa que les soldats même l’Afar en personne devaient entre être aussi indisposés qu’elle.
Les deux hommes entamèrent une nouvelle conversation et Shadee se décida à les écouter cette fois-ci. Autant en savoir le plus possible sur ce qui l’attendait puisqu’ils ne l’avaient pas vraiment informée de l’issu de leur voyage. Et puis de cette façon, le temps semblait passer plus vite et son esprit avait moins l’occasion de se perdre dans des souvenirs ou des remords qu’elle aurait préféré oublier.
Tandis qu’elle ne perdait pas un mot de leur discussion, elle les observa tour à tour. Et quand vint celui d’Azeem, sa simple apparence fit naître en elle des dizaines de questions. Qui était-il vraiment ? D’où tirait-il une telle confiance en lui ? Qu’avait-il de particulier pour que tous ces hommes et femmes le suivent aveuglément dans sa quête de redonner à El Sayal le contrôle du peuple du Sahel ? Pourquoi lui avait-il inspiré une telle confiance, un tel respect, et en même temps suscité de la crainte chez elle ? Elle, qui n’avait jamais été impressionnée par qui que ce soit depuis qu’elle était enfant. La téméraire Shadee avait plié sous un seul regard de cet homme. Elle se sentait redevenir une simple enfant à chaque fois qu’elle se trouvait en sa présence. « Pathétique », se disait elle.
Elle l’examina sous toutes les coutures, mémorisant chacun des ses traits, chacune des formes de son visage, les détails de sa tunique et les différentes expressions qu’il prenait selon son humeur et sa réactivité. Elle n’arrivait pas à lui donner un âge. Il paraissait vieux mais elle savait qu’on ne pouvait se fier aux rides qui se dessinaient autours des yeux. Le soleil en était seul responsable bien plus que le temps. Il n’était pas rare de croiser des garçons à peine sortis de l’adolescence qui semblaient avoir deux fois leur âge. Peu importe, il était incontestablement bel homme sous ce masque constant d’homme sérieux au regard sévère. Peut-être en d’autres circonstances aurait-elle pu en tomber amoureuse… malgré l’évidente différence d’âge.
Elle détourna vivement les yeux alors qu’elle croisait le regard de l’Afar. Surement s’était-il senti observé avec un peu trop d’attention. Son cœur, sous l’effet de surprise, avait accéléré sa cadence et elle sentit même son sang battre dans ses tempes. Et cela empira lorsque d’une voix grave Fadel s’adressa à elle.
- Quelque chose ne va pas ?
Elle se sentit obliger de regarder son interlocuteur par politesse, ce qu’elle fit. Elle était soulagée malgré sa gêne que ce ne soit que Fadel et non l’Afar qui ne l’interroge. Il ne l’impressionnait pas, lui. Elle fit un grand effort pour que sa voix soit claire et posée.
- Tout va bien… Pardonnez-moi de mon indiscrétion… J’écoutais votre conversation alors qu’elle ne me concernait pas.
Elle inclina légèrement la tête en guise d’excuse et replongea son regard sur le paysage qui n’avait pas changé depuis lors. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

Messages : 546
Sexe : |
|
|
Posté le
: Sam Juin 03, 2006 9:33 am
|
|
|
Azeem laissa ses yeux dériver sur les paysages verdoyants qui défilaient derrière l’étroite fenêtre de la diligence. Il embrassa d’un même regard les grands champs où s’affairaient les payants du nouvel empire, la profonde foret à main gauche dont les longues ombres des arbres reculaient peu à peu au fur et à mesure que le soleil s’élevait, les taches multicolores des grandes voiles des navire qui voguaient sur le scintillement lointain du fleuve... Il y avait tant de choses sur lesquelles pouvaient se poser les yeux. Il émanait de tout cela une beauté chargée de vie et de mouvement mais Azeem avait conscience des dangers que recelaient ces merveilles car elles apportent distraction et alanguissement. Au cœur des immenses étendus de sable du désert, là où le regard ne peut voir que les dunes et quelques roches éparses déchirées par les vents, l’esprit peut se rencontrer, être livré à soi même sans que rien ne vienne troubler ni sa méditation ni son introspection. La sagesse vient du désert se plaisent à répéter les ermites, et Azeem, de part son expérience, ne pouvait que leur donner raison. Mais cela suffisait-il ? Est-ce seulement parce qu’il avait passé plus de temps dans le désert que n’importe qui au palais qu’est née la légende d’Azeem El’Alîm ? Non, bien sûr, le Madhina avait aussi sa part de responsabilité…
Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’ils étaient partie et les cahots désordonnés du véhicule lui devenaient de plus en plus pénible et inconfortable bien qu’il veillait à ne rien laissé paraître. Sahdee était assise en face de lui et contemplait également le paysage sans vraiment le voir, les yeux perdu dans ses rêveries. Azeem ne pu que lui donner raison, le rêve reposait l’esprit aussi sûrement que le sommeil reposait le corps et la jeune fille allait avoir besoin de tout son esprit et de toute sa concentration dans les prochains jours.
Apres un long moment de silence emplie par les claquements des sabots et le bruit des roues cerclées de métal, Fadel se décida à questionner l’Afar sur ce qu’il attendait du séjour. On pouvait faire confiance au lieutenant pour s’inquiéter des détails concrets, et c’est justement pour son sens pratique qu’Azeem l’avait choisi pour le seconder. Mais il devait bien avouer qu’il ne savait guère à quoi s’en tenir sur les événements qui allaient se dérouler au Manoir. Il avait juste la certitude que cela requerrait toute son attention. Alors qu’il expliquait cela à son homme, il senti sur lui l’attention de la jeune fille qui ne se dissipa qu’avec l’intervention de Fadel. Azeem ne pouvait que difficilement se tromper sur le ton de l’injonction de son lieutenant.
Rancœur, pourquoi éprouve-t-il de la rancoeur envers cette enfant ? Croit-il qu’elle puisse le remplacer ? Ou me distraire ? Ou est ce juste qu’une femme n’a guère sa place ici ? en cela je ne puis lui donner tort, et pourtant…
Shadee bredouilla quelques excuses mais l’Afar vient à son secours.
- Shadee, tu as tort car cela te concerne aussi. A vrai dire cela te concerne surtout. Comme je l’ai dit je ne connais pas la nature réelle de ces cours ni leurs aboutissements. Mais nous ne pouvons les ignorer. Seul le fou y verrait une coïncidence.
Azeem observe un moment la jeune fille qui lui faisait face, étudiant sa tenu et la façon qu’elle avait d’éviter son regard.
- Sahdee, que sais tu sur l’Art ?
- Seulement ce que tout le monde sait, guère plus.
- Ecoutes moi bien Shadde l’ardente, car ce que je vais te révéler risque de t’être primordial. L’Art donne accès à un pouvoir immense qui est limité par trois principes immuables. Nul ne doit les enfreindre car ce sont les principes de Yen lui-même. Nul ne peut utiliser l’Art pour porter directement atteinte à une créature de Yen, nul ne peut utiliser l'Art à l’encontre du libre arbitre et nul ne peu utiliser l’Art pour une cause injuste devant le regard de Yen. Cela signifie que les pouvoirs ne peuvent être utilisé de manières à être directement létal ni à ordonnée à l’esprit d’une personne sans qu’elle n’ai d’autre choix que de suivre l’injonction. Enfin, le dernier va de soit, l’Art en temps que cadeau de Yen ne peut se dresser contre Ses lois. Tout l’art réside alors dans le fait de contourner les deux premiers principes sans jamais les enfreindre. C’est pourquoi seul les plus sages et les plus pieux peuvent la pratiquer car une erreur de jugement peut précipiter l’âme dans les enfers. L’Art peut être utilisée pour tromper un personne afin de la pousser à une action, mais jamais pour lui ordonner cette action. De même que l’Art peut être employé pour rendre un ennemie vulnérable mais jamais pour le blesser directement. Les nuance sont fines mais primordiales. Les Houtja ne connaissent pas où n’appliquent pas ces principes, mais toi tu le devra, pour le salut de ton âme, et ce malgré ce qu’ils te demanderont au cours de leurs enseignement. Si tu as le moindre doute abstiens toi. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé
|
Posté le
: Sam Juin 03, 2006 2:46 pm
|
|
|
Le paysage défilait derrière la vitre, des images muettes qui accompagnaient le silence gêné de la diligence de tête du convoi, offrant autant de raisons de se perdre en béates rêveries. Sans compter le mathalys, six personnes étaient montées à bord. Les trois encadrants, Isak, suivi de près par Deren, et une jeune fille inconnue d’allure fort timide. Cette dernière portait des vêtements simples faits d’un épais tissu gris et sa chevelure rousse était maîtrisée grâce à une large tresse qui tirait ses mèches vers l’arrière. Elle avait le teint pâle et les traits caractéristiques des régions nordiques pluvieuses des ondenielles.
Personne ne disait mot. Sans doute la présence des élèves empêchait-elle toute conversation sereine entre les professeurs. Chacun avait le regard rivé au dehors et patientait plus ou moins nerveusement. M. De Marchas ne cessait d’astiquer une montre reluisante qu’il avait entourée autour de son poignet, Lhuna poussait de temps à autres de profonds soupirs tandis que le magicien conservait un air stoïque et imperturbable. Comme tous les autres, Isak se perdit dans ses pensées et songea à tous les événements de ces derniers jours. Son arrivée dans la grande capitale, son accueil des plus surprenants à l’université, ses interrogations à propos de ce nom qui lui revenait sans cesse en tête.
Il se tordait l’esprit à chercher un lien logique plausible qui expliquerait la fameuse coïncidence de la veille, mais plus il cherchait et plus ses idées s’évaporaient dans l’impression que quelque chose de mystique se cachait derrière. Un sentiment inconnu d’incompréhension qui ne trouvait d’apaisement que dans l’irrationnel.
C’est le genre d’étrangeté qui me ferait croire au destin, pensa-t-il. Des coïncidences, des impressions d’être guidé par une force qui m'est propre. Des liens mystiques qui nous unissent avec une ardoise invisible … Y a-t-il une énergie ? Une tendance qui se dompte comme un animal sauvage ? Il serait chaotique s’il devait nous amener vers ce que nous devons devenir.
Après quelques heures de route dans cette atmosphère de plus en plus pesante, le jeune homme rapatria son attention à l’intérieur du carrosse et croisa un instant le regard de Melle Etchevan qui lui lança un sourire discret. Elle était sans doute la moins intimidante des trois instructeurs. Il hésita longuement à engager la conversation, mais il n’eut finalement pas à se donner cette peine. Assise en face de lui, Lhuna lui jeta un nouveau coup d’œil complice et fit sonner sa voix claire qui trancha immédiatement avec l’ambiance austère qui s’était confortablement installée parmi eux depuis le début du voyage.
- Tu te poses des questions sur l’endroit où tu te rends ?
- Au manoir Cravensfeld, répondit Isak en esquissant à son tour un léger sourire.
- Exact ! Mais tu n’a jamais entendu parler de Sigmund Cravensfeld n’est-ce pas ?
Ces mots résonnèrent dans l’esprit d’Isak tel un tambour tonnant. Non seulement son interlocutrice s’adressait à lui de manière simple sans se confondre en politesse, ce dont il avait très peu l’habitude et qui tendait à le dérouter, mais elle avait également touché du doigt un sujet qui l’interpellait grandement. Il se sentit soudain mal à l’aise, comme si cette femme pouvait lire dans ses pensées et s’en donnait à cœur joie, d’autant plus qu’il ne connaissait pas réellement ses aptitudes occultes.
Ne laissant la place à aucune réponse, Haydar Nobuo interrompit la conversation en hâte, faisant ressortir tout le sérieux de sa voix.
- Allons, allons mademoiselle, nous savons tous que cette histoire n’est qu’un conte pour enfants ! Il ne serait pas sage d’embrouiller leurs esprits avec de pareilles bêtises.
- Ne vous en faites pas, répondit Lhuna en s’affirmant, les histoires ont toujours du bon. Et puis, on n’a rien d’autre à faire pour le moment, n’est-ce pas. Autant s’occuper un brin !
Quoi qu’il en soit, ce début de conversation avait avivé la curiosité des deux jeunes hommes présents et le magicien sentit qu’il aurait bien du mal à faire entendre raison. Il se résigna finalement en un léger rictus et se tourna vers M. De Marchas qui n’avait pas prit part au discours. Melle Etchevan fixa tour à tour les trois élèves et engagea son récit sur un ton captivant.
- Et bien, voyez-vous, avant que l’empire soit bouleversé il y a une cinquantaine d’années, cette légende était très célèbre au sein de la communauté des Archas. On racontait que Sigmund Cravensfeld était le plus grand enchanteur dont il soit fait mention dans les archives de la secte. Bien évidemment, très peu de gens avaient accès à un tel endroit, ce qui entretenait une part du mythe ! On disait que cet homme avait réussi à dompter un pouvoir au dessus de toute conception qui aurait pu lui assurer sans mal une existence quasi éternelle…
La conteuse fit valser un nouveau regard mystérieux autour d’elle, s’arrêta un instant sur les sourcils froncés d’Haydar, puis reprit.
- Je dis “aurait pu” car d’après la suite de l’histoire, ce pouvoir l’aurait rendu tellement puissant qu’il effraya la totalité de ses compères, qui tentèrent alors de le prévenir d’un avenir possiblement catastrophique. Etant décrit comme un homme sage, Cravensfeld se contraignit lui-même à écouter ces conseils. Cependant, ne pouvant se résoudre à abandonner définitivement un tel savoir, il se trouva face à un douloureux dilemme. C’est pourquoi il choisit à son tour de perpétuer l’impossibilité. Tordu, n’est-ce pas ?
Melle Etchevan profita de cet instant d’incompréhension pour s’arrêter encore quelques instants. Sentant les interrogations venir de la part des deux garçons, elle continua.
- Grâce à des méthodes que nul ne peut aujourd’hui décrire, il serait parvenu à emprisonner sa puissance tel un bijou dans un coffre et à la conserver là où personne ne pourrait l’atteindre, lui-même compris. Le mythe dit qu’il l’aurait scellé de plusieurs énigmes, ou plutôt épreuves. Quatre épreuves aussi absurdes qu’irréalisables… je veux dire… sur le plan physique. Quatre mystères sans queue ni tête, quatre folies…
Devant le comportement de plus en plus irritable du magicien, la conteuse tenta d’apaiser ce dernier d’un regard agréable puis s’empressa d’ajouter.
- Bien entendu, la seule chose qui ait jamais été vraie dans cela, c’est qu’il existe bel et bien une famille de nobles portant le nom singulier de Cravensfeld et qui a des antécédents au sein de communautés occultes. C’est d’ailleurs pourquoi nous nous rendons à leur ancienne demeure, aujourd’hui reconvertie en un établissement plus, comment dire… pédagogique.
- Et à propos du pouvoir ? Coupa Isak avec impatience.
- Euh… et bien en fait… comment dire…
Lhuna marqua une pause afin d’aiguiser davantage le suspens de son récit, puis sourit de plus belle.
- On raconte que… il serait parvenu à manipuler…
- La providence ! Surgit une nouvelle voix d’un recoin inattendu de la cabine.
Le silence se fit instantanément. Tous les yeux se tournèrent en direction de la jeune fille rousse qui venait de prendre la parole inopinément. Elle ne sembla pas gênée un seul instant, mais devant l’absence de réaction de l’auditoire, elle continua sur un ton condescendant.
- C’est un grand classique des contes anciens. N’importe qui avec un minimum de culture connaît cette histoire. Elle prend sa source au sein des Archas aux alentours de l’an 4300 et se popularise grâce aux petits évènements quotidiens…
L’élève se tourna vers les deux garçons, fixa Isak avec insistance et enchaîna d’une voix nébuleuse.
- Vous savez, ces choses étranges qui nous font croire au destin. Ces coïncidences, ces impressions que nous sommes chacun guidé par une force qui nous est propre. Ces liens mystiques qui nous unissent avec le côté invisible de l’ardoise… C’est une énergie, une tendance qui se dompte, un plan chaotique qui nous englobe et nous amène vers ce que nous devons devenir. La légende dit que Cravensfeld serait parvenu à interpréter ces reflux d’énergie, elle dit qu’il se serait approprié… la providence…
- Baliverne ! Clama Haydar sèchement. C’est une face inexistante des arts occultes !
Devant la tension qui semblait s’être emparée du magicien, la donneuse de leçon ralentit encore davantage le flot de ses paroles tout en fixant l’homme opiniâtrement.
- Je ne fais mention que d’une légende monsieur. Une histoire truculente que l’on aime à faire entendre dans les conversations distinguées. De plus, si vous connaissez vraiment votre domaine, vous savez sans nul doute qu’un tel savoir ne s’emprisonne pas. C’est une compétence, c’est une foi, mais ça n’a rien d’une formule qui se conserve à l’ombre d’un reliquaire !
Un lourd grondement se fit soudain entendre. L’espace d’une seconde, Isak crut que son nouvel instructeur n’avait pas supporté cet affront et avait répondu par la force, mais il se ravisa rapidement. Le bruit venait de l’extérieur.
Leur véhicule s’arrêta net. On entendit un bruit sourd. Une multitude de sabots ferrés frappaient sur le chemin.
- Châtiment ! Tonna une voix grave et surfaite.
Haydar se précipita au dehors, suivi par les autres. A l’avant de chaque diligence, un cadavre de cocher sanglant avait laissé ses rennes bringuebaler librement. En amont du sentier, une rangée d’une dizaine de cavaliers bloquait le passage du convoi.
Sombres spectres masqués vêtus de vert, ils soutenaient des postures augurales. Un ordre millimétrique semblait régner entre leurs rangs. Droits sur des montures immobiles, aucun ne faisait le moindre mouvement. Le secret s’installa. On entendait seulement les fortes respirations des chevaux impériaux. Isak ne pu compter les secondes tant chacune s’étendait en longueur.
- Nous venons récupérer le livre ! Continua enfin la voix tonitruante qui provenait de l’assaillant central. Nous savons votre but, abandonnez, vous n’y parviendrez pas.
Haydar se montra fort étonné. Ses mains se crispèrent sur son bâton. Il grimaça de plus belle.
- Messieurs, commença-t-il en faisait un pas vers l’avant, je ne comprend pas que…
Sans prévenir, le magicien projeta un large et rapide mouvement de bras dans les airs, entraînant sa canne dans sa course. Une vive lumière détourna le regard des spectateurs et vint mourir sur le sol poussiéreux en un millier d’étincelles crépitantes.
Eclair et embrasement, tout s’entrechoqua en une seconde. Isak échappa un léger cri de stupeur et masqua ses yeux de ses paumes. Une odeur d’irréel caressa ses narines, une vision de souffre, parfum éthéré de l’insolite. Un éclat d’ombre s’éternisa dans l’atmosphère pendant une fraction de temps infime.
Lorsqu’il braqua à nouveau son regard devant lui, tous les cavaliers s’étaient retrouvés à terre. Les agresseurs se relevèrent précipitamment, dégagèrent diverses armes argentées de sous leurs habits et chargèrent frénétiquement le groupe de voyageurs, en silence, tels d’implacables fantômes, épouvantails meurtriers.
Le jeune homme, étant descendu du véhicule de tête, se trouvait aux premières loges de la scène. Reprenant ses esprits, il eut à peine le temps d’esquiver un coup fauchant la poussière dans sa direction pour se retrouver à plat ventre sur le sol. _________________ Posto ergo sum |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

Messages : 546
Sexe : |
|
|
Posté le
: Mer Juin 07, 2006 7:55 pm
|
|
|
Azeem fut interrompu par un grondement qui ébranla la diligence suivit d'un bruit sec qui accompagna l'apparition dans l'habitacle de la pointe ensanglantée d'un carreau qui venait d'épingler le coché au bois sombre du véhicule. Fadel se précipita a l'extérieur suivit par l'Afar alors que les deux cavaliers sahélite les encadrèrent, la lame de leur cimeterre levée, prêt à charger.
Les homme du désert observèrent le professeur qui fit face aux inquiétants cavaliers pour les prendre par surprise et les désarçonner d’un puissant enchantement. Le combat s’engagea presque immédiatement, ballet sanglant entre des capes vertes tournoyantes et les étudiants, qui prirent aussitôt la défense de leur professeur.
- Afar ? Questionna Fadel en attente d’un ordre.
Azeem détourna les yeux de l’hypnotique spectacle pour les poser sur son lieutenant.
- Les affaires des houtjas ne nous concernent pas. Comment pouvons nous savoir qui est dans la juste voix. Il se pourrait que ces hommes étranges résolvent nos problème quant à ces volontés inconsciente d’exploration de ce qui se trouve au-delà de leur compréhension.
Azeem ressentait pourtant que le sang ne serait pas la solution, si tel avait été le cas son escorte laissé à Audréa aurait largement suffit à faire disparaître ces irresponsables. Mais, dans ce genre de situation, la violence pouvait engendré bien trop facilement des martyres qui exhorteraient les autres à défier les oppresseurs et à pousser plus en avant leur investigation. Non la leçon devait prendre une autre tournure. Cependant, l’afar pouvait discerné les jeux politique sous-jacents à cet affrontement et y prendre part serait des plus risqués pour lui et pourrait anéantir ses chances de réalisé ses objectifs. Trop de chose étaient en jeux.
Les agresseurs semblaient être des guerriers accomplies et malgré leur appartenance à l’élite, les étudiants étaient désorganisés et semblaient plier sous les hommes en vert, déjà deux d’entre eux gisait sans vie sur la route. Les mystérieux soldats se battaient avec une rage visible, avec une dévotion qui ne faisait aucun doute. Azeem avait apprit à reconnaître les fanatiques et cela l’obligeait à prendre en considération un fait nouveau. Ce genre de personne ne faisait pas de détail, il n’y aurait pas de survivant.
Les arbalétriers responsable du meurtre des cochés resurgir soudainement de la lisère de la foret où ils s’étaient dissimulés le temps de recharger leurs armes. Ils étaient six, six carreaux sifflèrent et six étudiants s’écroulèrent, fauchés en pleine course alors qu’ils allaient porter assistance à l’avant du convoi. Azeem prit sa décision et distribua ses ordres d’une voie ferme et claire au dessus du chaos de la bataille.
- Abdelhak, Karim , les archers, Fadel avec moi !
L’afar sorti dans un grand geste la Larme de Yen dont la lame d’aspect cristalline étincela au soleil du début d’après midi. Un élan d’excitation se rependit chez les sahélite à la vue de la sainte relique, chaque homme se sentant investie de la force issu du symbole de la Voix du Juste qui se libéra dans un vague violente lorsque retenti le cri de guerre traditionnel des guerriers du désert.
- Ya hya chouhada !
Les deux cavalier éperonnèrent leur monture qui bondir dans un galop furieux pour percuter le rang des arbalétriers. Azeem, Fadel sur les talons, remontât au pas de course le convoi pour charger les guerriers en robes vertes dans un élan furieux. La lame translucide du cimeterre de l’Afar fendit l’air horizontalement pour rencontrée l’arme argenté d’un ennemie en un choc métallique qui fit vibrer l’espace alentour. Le duel s’engagea, furieux intense, monopolisant tous les sens de deux combattants qui enchaînèrent les passes d’armes des plus classiques aux plus complexes. Le style brute et rageur du guerrier vert tranchait avec les mouvements fluides d’Azeem dont la large lame, perdu au milieu de virevoltement d’étoffes rouges et ocres, s’abattait en rythme avec les ferventes prières emplies d’une force mystique qu’il déclamait en sahélite, tel autant de lances acérées.
Un coup puissant, une ouverture, l’afar frappa un coup rapide et la lame traversa la protection de cuire pour se repaître, l’espace d’un bref instant, de la chaire tendre, avant de se retirer avec la même célérité. La blessure combla le vide d’un flot sanglant et le guerrier succomba au réflexe mortel qui le poussa à poser sa main sur la plaie dans le vain espoir de contenir la douleur. Le mouvement ouvrit une brèche dans sa garde et la lame s'abattit, froide et précise, pour trancher dans un éclaire cristallin la carotide offerte. La dernière phrase de la prière mourut dans la bouche de l’afar en même temps que son adversaire.
- Et puisse Yen daigner te juger et infliger le juste châtiment.
Azeem se redressa de toute sa taille pour embrasse d’un regard le combat qui redoublait de violence dans un océan chaotique de défenseur et d’agresseur. Plus loin ses deux cavaliers étaient aux prises avec les archées qui, n’ayant pas eu le temps de recharger, avaient sorti leur épée et se défendait comme de beaux diables. Les étudiants avaient toujours l’avantage du nombre mais les mystérieux guerriers avaient pour eux l’organisation tendit que les jeunes hommes combattait chacun suivant leurs styles et sans concertation aucune. Désignant du doigt des étudiants que le flot des combats avait rejeté à l’écart et qui attendaient une ouverture pour se ruer a l’assaut, Azeem s’adressa à eux sur le ton impérieux du commandement.
- Toi, toi et toi, engagez les archées.
Puis la voix de l’Afart retenti, grave et claire, déchirant le fracas des armes pour atteindre tout les combattants.
- Houtja ! Reculez ! Former une ligne ! Ne laissez pas l’ennemie vous entraîner en avant. Toi et toi sur la gauche ! Toi portes toi à droite !
Les étudiants, en tant qu’élites militaires, étaient habitués et conditionnés à l’exécution des ordres et suivirent les instructions d’Azeem sans hésitation. Certes l’homme du désert ne ressemblait en rien à leurs officiers habituels mais tous reconnurent le ton de ceux qui ont vu maintes batailles, de ceux qui ont été rodé au commandement par l’expérience de la guerre.
Rapidement les Jeunes hommes reculèrent pour former une ligne qui contenait l’assaut des mystérieux guerriers alors que les autres étudiants les encerclèrent pour faire jouer le nombre en leurs faveurs.
La formation mise en place l’Afar, faisant danser sa lame cristalline dans ses mains, se relança au combat, Fadel à ses cotés en criant
- Ya Hya Chouhada ! Crie de guerre qu’il reprit aussitôt en Arkantis, Longue vie aux Combattants !
L’affrontement redoubla d’intensité. _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
|
|
 |
|
 |
Thème visuel par Zeph
Powered by phpBB
© 2004, 2005 phpBB Group Traduction par : phpBB-fr.com
|