 |
 |
 |
| |
|
Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé
|
Posté le
: Dim Mar 08, 2009 5:39 pm
La Percée de Scramasaxe |
|
|
Les quatres folies de Cravensfeld
Partie II - La Percée de Scramasaxe
- Tu crois que c’est encore loin ?
- Je n’en sais rien ! Avance !
- Oh ça va… détends-toi un peu, il va pas s’envoler le trou de Scraxmsama…
- La PERCEE de SCRAMASAXE, abruti ! Non mais pourquoi j’ai cru bon de t’emmener avec moi ? Je savais bien que tu ne serais qu’un boulet à mon pied…
- Mais ça fait deux jours que nous avons quitté Bribe ! Nous avons suivi les instructions à la lettre : « longer le Ranov jusqu’au hameau d’Albe, bifurqué en direction de la colline au niveau du mémorial du septième bataillon… » rends-toi à l’évidence, c’est peine perdue !
A ces mots, l’autre voyageur décrit un brusque demi-tour et attrapa son acolyte par le col avant de lui coller violemment sur la face la carte qu’il tenait jusqu’alors précieusement entre ses mains.
- J’en ai assez de tes jérémiades ! J’ai dit que nous trouverions la percée et nous allons la trouver ! Rugit-il en secouant l’habit du malheureux. Je n’ai pas l’intention de me laisser abattre par la première petite difficulté. Ca fait maintenant deux ans que Zoeïa a quitté ce monde et il ne s’est pas passé une seule journée sans que je pleure sa mort ! Elle était si… nous étions… tu ne crois pas que…
La voix de l’homme chancela, hésita une seconde, puis mua brusquement de la fureur à l’émotion, laissant place à une certaine mélancolie. Le gueulard libéra la gorge de son martyr et s’écroula un genoux sur le sentier, échappant un gémissement de peine.
- Tu ne crois pas que si j’ai le moindre espoir de pouvoir la revoir… je ne dois pas tout faire pour essayer, même cinq minutes, même cinq secondes, le temps de lui dire, qu’elle sache…
Témoin du chagrin de son compagnon, celui qui s’était fait agressé seulement quelques instants auparavant prit à peine le temps de réajuster son encolure et préféra céder à l’empathie plutôt qu’à la rancune. Posant une main sur l’épaule de l’homme à terre, il lui confia calmement :
- Ce que j’en dis c’est qu’il faut savoir rester raisonnable… Cette histoire de percée dans la falaise entre le monde des vivants et l’au-delà, c’est tout juste bon à appâter les nigauds et à faire vendre des cartes. Allez viens, faisons demi-tour…
*********
Ce matin là, le soleil ne se faisait pas prier et enveloppait le domaine Cravensfeld d’une vive lumière dorée. Les jardins du manoir, parfaitement entretenus, arboraient pelouses et haies d’un vert enchanteur comme un appel irrésistible à tous les amoureux de la nature sereine. Au milieu d’une prairie qui bordait le flanc gauche de l’imposante bâtisse, posté immobile entre quelques bancs boisés installés là pour l’occasion, un magicien patientait appuyé sur un bâton noueux dont l’extrémité était voilée par une épaisse pièce de tissu qui servait alors d’appui confortable pour les mains. Le crâne de l’homme qui ne comptait pas le moindre cheveu reluisait comme une sphère de cristal sous les rayons de l’astre du jour. Haydar Nobuo, désigné principal formateur occulte de ce qu’on appelait désormais familièrement « le cénacle d’Helmess », avait donné rendez-vous en ce lieu à tous ses apprentis afin d’attaquer sans tarder ses enseignements.
Les personnes en question affluèrent par petits groupes épars et s’installèrent une à une sur les gradins de fortune, avec le plus souvent une touche de curiosité non contenue dans le regard.
Isak, lui, s’était réveillé en hâte et avait à peine eu le temps de profiter du calme de sa chambre avant de rejoindre les autres. Les affaires de la veille avaient éternisé sa soirée et les maigres heures de sommeil qu’il avait pu grappiller n’avaient pas été des plus limpides. Jetant un œil rapide sur l’assemblée –il était sans doute arrivé parmi les derniers- il chercha machinalement l’épaisse tignasse rousse d’Isabelle qui aurait probablement été ostentatoire avec de telles éclaircies. Au matin, il s’était presque cru en proie à de nouvelles visions de l’esprit qui serait encore venu troubler ses songes. Non… sa rencontre nocturne totalement fortuite avec l’analyste et la jeune femme s’était indéniablement produite, et cette dernière semblait d’ailleurs toujours convaincue que le hasard n’avaient aucune place dans l’histoire. Les poches gorgées de fatigue qu’il traînait sous ses yeux en étaient les premiers témoins.
Quelques instants plus tard, Haydar entama enfin son discours, plutôt ennuyeux pour le jeune homme, il fallait bien l’avouer. Lui qui rêvait déjà naïvement de pouvoir embraser la chair de ses opposants d’un simple geste de la main se trouvait alors bien loin du compte. Le mage disserta d’abord sur l’Histoire de la magie, ses utilités, sa philosophie et son éthique, sans oublier toute une panoplie de divagation concernant la puissance de l’esprit et la libération du cœur par les prises de conscience des forces environnantes. Isak commençait à penser qu’il n’avait finalement peut-être pas sa place en ce lieu, qu’il n’avait pas l’âme appropriée pour s’immerger totalement dans de telles histoires, quand soudain l’orateur se prit à parler de choses pour lesquelles il montrait depuis peu une attention toute particulière :
- … ce qui nous amène directement à nous poser la question : quelles sont alors les véritables limite de ce que nous appelons vulgairement « la magie » ? Il nous faut remonter très loin dans le passé afin de trouver l’écrit le plus intéressant à ce sujet. Le texte que je m’apprête à vous lire est considéré, à l’heure actuelle, comme une référence connue pour la grande majorité des pratiquants des arts occultes. Selon la légende, nous devons cet écrit au père fondateur en personne de la communauté des Archas.
Pendant qu’Haydar tirait de sa besace le gros volume de cuir sans lequel on ne l’avait jamais aperçu, quelques murmures s’échappèrent de l’auditoire. Il était rare d’entendre quelqu’un mentionner publiquement le nom des Archas de manière aussi naturelle. Cette secte à laquelle les rumeurs populaires attribuaient tant de sombres responsabilités s’imposait en général d’elle-même comme un sujet tabou. Ecartant les pages de son grimoire avec une attention exagérée, le mage apposa sur ses yeux un fin monocle avec sa main droite tandis que l’autre suivait les lignes qu’il lisait avec une émotion quasi palpable :
- Réciprocité, abstrait, providence, éternité…
L’impossible réciprocité : Entre la terre sémillante des créatures animées et le monde éthéré des défunts existe un sévère chemin qui ne se franchit qu’une fois. Jamais une âme du trépas ne saura revenir parmi ses soeurs éveillées, moribonde, et ainsi seulement peut être préservé l'équilibre du monde.
L’impossible abstrait : Le temps, implacable venin alangui que l’Homme se plait à mesurer n’est qu'une notion irréelle inventée par des êtres désireux d’offrir un repère à leur existence. Jamais une âme avide ne saura voyager parmi les heures, vagabonde, et ainsi seulement peut être préservé l'équilibre du monde.
L'impossible providence : Nos destinées sibyllines naissent du résultat d'une complexe équation à laquelle se heurte chaque être et chaque ombre. Jamais une âme fortunée ne saura se faire du hasard la caresse, profonde, et ainsi seulement peut être préservé l'équilibre du monde.
L'impossible éternité : Peu importe son plan, peu importe sa nature, peu importe qu’il soit éphémère ou qu’il dure autant qu’une pierre. Chaque entité de ce monde doit se rendre au néant tout comme elle n’est née de nulle part. Jamais une âme peureuse ne saura résister aux frontières, féconde, et ainsi seulement peut être préservé l'équilibre du monde.
Après la lecture, le silence s’installa au sein du cénacle. Haydar ferma son livre et Isak ne put s’empêcher de se sentir rassuré. Jusque-là, Isabelle ne semblait pas s'être payé sa tête et son appréhension envers la jeune femme était en train de s’estomper.
Brusquement, le calme fut rompu par un cri provenant du manoir. Au loin, une silhouette raide mais empressée s’avançait vers l’assemblée. Elbor De Marchas, essoufflé et la mine alerte apparut et se posta juste à côté de l’instructeur occulte. Inspirant une grande bouffée d’air il s’agita tout en faisant part de son désarroi :
- Mon mathalys… cette nuit… quelqu’un a assassiné mon mathalys !
~ HRP ~
Je suis heureux de vous faire part (enfin me direz vous...) de la suite de ce RP. Dans cette seconde partie, je ne peux que vous encourager à prendre davantage d’initiatives avec vos personnages (par exemple pour mener une enquête ou chercher des solutions à une énigme) afin de répondre à l’intrigue que je vais tenter de mettre en place, un peu comme dans le RP Abomination d’Azeem. De même que lui, je ne suis pas sûr du tout de la bonne marche d’une telle procédure, mais pourquoi ne pas tenter l’expérience ! _________________ Posto ergo sum |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes
|
Posté le
: Dim Mar 15, 2009 7:48 pm
|
|
|
Azeem rejoint à son tour la vaste pelouse longeant le manoir accompagné du vieux mercenaire et de Shadee. La jeune femme pris place dans les gradins tendis que les deux hommes préfèrent rester debout à coté de ceux-ci de manière à marquer leur distance avec les étudiants.
Nubuo ne fit pas attendre son public plus que de raison et se lança dans un long discoure sur la magie et son histoire. Tout au long du monologue, Azeem fut tour à tour partagé entre l’indignation, la consternation et l’inquiétude devant la naïveté des Houtjas quant aux phénomènes occultes. Malgré cela il contint autant que possible son irritation ne la laissant percer que de temps à autre par un long soupire appuyé ou par un froncement de sourcil sévère.
Enfin Nubuo se saisit d’un vieil ouvrage pour en faire la lecture et ainsi présenter les quatre impossibles à ses étudiants. Le texte était en Arkantis littéraire aussi Azeem eut quelques difficulté à en comprendre tout les passages mais grâce aux explications que Logar lui avait donné la veille, il put en saisir le fond. Le fait que comme lui avait raconté le mercenaire Cravensfeld avait réussi à contourner ces impossibles montrait bien la méconnaissance des Houtja. La question n’était pas que cela soit possible ou non mais bel est bien que ce qu’exposait le texte ne devait pas même etre tenté car y penser était déjà un blasphème. Au début de son existence, bien avant l’empire et le prodige, avant même l’avènement de Yen, le peuple du Sahel avait traversé un période des plus sombres car des pratiquants de l’Art, pourtant plein de bonnes intentions à l’origine, avait cru pouvoir explorer les voix de la mort. Les Sahélites avaient survécu qu’aux prix d’un bain de sang effroyable. Les premières citées du peuple du désert avait été brulées et, des millénaires après alors que le sable en ai recouvert les derniers vestiges, celle ci sont toujours frappés d’interdiction. Il est dit que c’est suite à ces événements que Yen envoya la Grande Salamandre éduquer les Sahélites dans ses principes.
Tandis qu’Azeem méditait sur les paroles de Nubuo, le directeur au bord de la panique fit irruption dans l’amphithéâtre improvisé pour annoncer l’assassinat de son mathaly. Azeem bien que n’éprouvant aucune compassion pour ces créatures prit immédiatement la mesure de cette nouvelle. La mort du mathaly révélait la volonté de les isoler et cela ne pouvait certainement pas être en leur faveur.
Alors que les gradins n’étaient plus que brouhaha et agitation, Azeem vit Fadel traverser la pelouse du manoir au galop pour arrêter sa monture au niveau du campement des sahélites où il fut accueillit par Abdelhak qui lui indiqua rapidement la position d’Azeem. Le lieutenant fit rapidement pivoter son coursier pour rejoindre l’Afar. A peine arrivé aux gradins, il mit pied à terre et se lança dans son compte rendue.
- Afar, commença-t-il en Shaélite, comme vous l’aviez ordonné je suis partie repérer les alentours du manoir. Sur une route non loin j’ai rencontré une charrette montée par deux voyageurs. Le lieutenant lança un regard au mercenaire et bien que rien n’indiquait que Logar comprenne la langue du désert, il poursuivit plus bas. Je les ai interrogé sur leur présence. Ils parurent sincèrement surpris de voire un sahélite ici mais me livrèrent néanmoins et sans aucune peur l’atroce but qu’ils poursuivaient. Une légende Houtja semble dire que non loin du manoir un lieu nommé la percé de scarmasaque ou de scarmassac serait un point de passage vers l’autre monde. Les voyageur s’y rendait pour s’entretenir avec une personne qui leur était visiblement très chère et…disparue.
- Cela n’est en rien une excuse s’emportât Azeem.
- Et cela ne leur a pas été excusé Afar, se défendit Fadel. Ensuite je suis revenu ici pour vous en faire part.
- Bien, cela devait être car c’est la voix de Yen, répondit Azeem après un temps de réflexion avant de poursuivre à voix basse. Ecoute. Ce que tu me rapportes et ce qui se passe ici m’inquiète au plus haut point. Le mathaly qui nous accompagnait a été assassiné ce qui signifie que nous somme isolé. Prend le coursier et retourne à Audréa prévenir Al’Rasha et ramène le ici au plus vite avec tous nos hommes. Tu devras faire preuve de célérité et surtout de discrétion. Je compte sur toi.
- Afar, je serais là avec Al’Rasha demain avant que Yen ne referme Son œil.
Fadel salua azeem et retourna au campement préparer son départ. Azeem se retourna alors vers le vieux mercenaire qui faisait mine de les ignorer.
- Houtja, l’appela Azeem en Arkantis, tu es notre consultant pour la région du calice. Que sais-tu sur le lieu nommé la Percée de scarmasaque ou de scarmassac ? _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Logar/Lucy
Modérat-d'égout
|
Posté le
: Lun Mar 16, 2009 7:57 pm
|
|
|
Logar eut un sourire moqueur en entendant l'accent du Sahélite.
- Asax. La Percée de Scramasaxe. Comme l'a si bien dit votre lieutenant, Afar, c'est avant tout une légende, un endroit où il serait possible d'entrevoir les morts, certains disent même pouvoir les ramener. Mais aucun évènement concret n'a découlé de cette légende. Une enquête avait été menée par l'Inquisition autrefois, mais l'affaire n'a donné aucune suite. Une fois sur les lieux, rien n'avait été découvert et cela n'a servi à rien, à part alimenter le trafic des charlatans tentant de vendre des cartes vers un endroit supposé magique.
Le vieux mercenaire gratta sa barbe, tout en continuant. L'histoire ne semblait pas plus le passionner, comme du déjà vu. Il fit néanmoins une effort pour ouvrir d'autres perspectives.
- Par contre, au vu des récents évènements et de cette théorie des impossibles, il pourrait y avoir une part de vérité dans cette légende. De plus, un Scramasaxe est une sorte de sabre. Et les bouquins de Cravensfeld font référence à des objets... des reliques pour déclencher le pouvoir des Impossibles.
Je ne saurai dire si le lieu possède réellement un lien dans l'affaire, ou s'il n'est qu'un ramassis d'idioties.
Logar se passa une main dans les cheveux, il avait l'air assez soucieux des récents évènements. Le discours sur les Impossibles et sur les Archas ne lui avait tiré aucune once de surprise, mais dès l'annonce de la mort du Mathalys, le regard du mercenaire s'était fait bien plus présent et il n'arrêtait pas de scruter la foule alors même qu'il répondait à Azeem.
- Pour ma part, je suis beaucoup plus intrigué par le meurtre du Mathalys. Je savais qu'une lutte d'influence pouvait se jouer ici, et voilà que le premier acte vient d'être révélé au grand jour. C'est bien plus tangible qu'une vieille légende, et plus le temps passe plus il est difficile de résoudre un meurtre. Avec votre permission, j'aimerai vous délaisser quelques temps pour aller jeter un oeil sur la scène du crime.
Le "guide" des Sahélites jouait bien son rôle, et attendait même qu'on lui donne congé pour aller vaquer à ses occupations. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes
|
Posté le
: Jeu Mar 26, 2009 8:00 pm
|
|
|
Azeem ne fut pas dupe de la demande de permission du mercenaire mais, après tout, le vieil homme avait raison puisqu’ils devaient jouer des rôles autant les jouer correctement.
- Hum, si ton meurtrier est quelque peu capable et j’ai bien l’impression qu’il s’agit du cas de la majorité des gens rassemblés en ce lieu, je doute que tu parviennes à le démasquer. Mais libre à toi d’y essayer. Ceci étant dit, enquêter sur cette affaire ne pourra que nous aider à mieux cerner les motivations de chacun. Aussi je vais t’accompagner. Allons donc voir cette « scène du crime ».
Azeem fit signe au mercenaire de le précéder et lui emboîta le pas.
- Ceci dit je crains fort que le premier acte c’est peut être déjà joué sans toi. Es-tu informé que notre convoi a été attaqué sur la route ? Par des hommes habillés et masqués de vert. Des fanatiques, de cela je n’ai guère de doute. Ils portaient une marque représentant un carré traversé d’une ligne oblique. Cela t’évoques-t-il quelque chose ?
Alors qu’ils passèrent devant les gradins où les étudiants s’agitaient en tout sens pour commenter l’événement, l’Afar fit signe à Shadee de venir vers lui. La jeune femme s’exécuta rapidement.
- Shadee, lui dit-t-il en shaélite, Je voudrais que tu cherches à t’intégrer parmi ces élèves, tache de les faire parler, de connaître leurs motivations et leurs opinions sur ce qui se passe ici et de savoir comment ils ont été amenés à participer à tous ça. Je vais accompagner le mercenaire pour essayer d’en savoir plus sur le meurtre de la créature.
La jeune fille acquiesçât avant de tourner les talons pour rejoindre les gradins. Azeem fit signe à Logar qu’ils pouvaient repartir et suivi le vieux mercenaire en ramenant la conversation sur la percé de Scramasaxe.
- Je dois vous dire que nous, sahélites, nous méfions des coïncidences, spécialement dans ce genre de moment ou de grandes forces semblent êtres réunies. De ce fait… est ce qu’il existe beaucoup d’autres légendes de ce genre parmi votre peuple. Je veux dire qui parle de l’autre monde et de ses frontières… et de la possibilité de les traverser ? _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
|
|
Ailin
Aiguise sa plume
|
Posté le
: Dim Avr 05, 2009 11:59 am
|
|
|
Ailin se remémorait son entrevue avec les professeurs, tous avaient été intrigués par ses œuvres et l’avaient prié de leur en laisser quelque unes afin de les examiner. Cependant, cet intérêt pour son travail ne le préoccupait guère car toutes ses pensées allaient vers son mécène, la Dame Listeria qui l’avait envoyé ici. Quelle était donc son but ? Le jeune Atrewlien n’était pas dupe, il observait les intrigues de la noblesse de Cassandre depuis quelques années déjà et sa présence en ce domaine n’était aucunement un pur acte de bonté de la part de sa maîtresse. D’étranges auras circulaient dans l’air, murmurées par la rosée du matin, qui hérissaient Ailin. Il gribouillait sans cesse pour oublier cette gêne et ses croquis palpitaient avec plus de vigueur que jamais. Il dessinait des visages, les yeux clos, comme s’ils étaient endormis. Tous avaient la bouche close, ne s’en échappaient que des murmures à peine esquissés du pinceau, minces lignes d’encre noire où s’entremêlaient des signes de couleurs vives à la manière de notes sur une partition. Des paroles lui revinrent à l’esprit, « Il peut saisir l’essence des choses qui l’inspirent et en figer l’empreinte sur le papier. Ce serait merveilleux ! S’il pouvait représenter les objets dans leur totalité, retranscrire la substance à travers chaque sensation et pas seulement ce qu’il voit. » L’un des professeurs s’était adressé ainsi à ses collègues oubliant presque la présence de l’indigène. « Peut être pourrait-il influencer la réalité ou anticiper l’avenir ? Sa sensibilité vis-à-vis des choses invisibles est très prometteuse. »
Il avait peur. Peur d’écouter toutes les vibrations qui lui parvenaient à travers l’infime quantité d’eau contenue dans l’air, peur d’inhaler chaque sentiment, chaque sensation qui s’y diluait. L’exercice le répugnait, tous ces visages le terrifiaient.
Le matin le surprit au bord d’une mare, les pieds dans l’eau et le regard plongé dans les remous qu’il provoquait. La fraîcheur faisait courir sur sa peau de délicieux frissons et c’est ainsi que le trouva un majordome, sans doute envoyé par l’un des professeurs. Désormais, Ailin faisait parti des étudiants et devait se conforter à un certain emploi du temps ,ne manqua pas de lui rappeler l’homme qui ne put réprimer une remarque sur la manière dont l’indigène s’était vêtu. En effet ce dernier n’accordait à la pudeur qu’un pagne de lin blanc attaché à la taille par une petite broche d’argent. L’Atrewlien se leva donc et suivit le domestique jusqu’à la petite conférence donnée par le professeur Haydar Nobuo, indifférent à ses remontrances.
Ailin renonça à se faufiler entre les allées de bancs et s’assit sur l’herbe puis, contraint par les circonstances, s’intéressa à l’exposé du magicien posté devant la petite assemblée. Il passait une main distraite sur les nombreuses breloques de perles et coquillages qui pendaient à son cou tout en écoutant l’homme exposer des concepts ésotériques qui ne parlaient pas vraiment à Ailin…Réciprocité, abstrait, providence et éternité, pourquoi définir des frontières ténues du mystique ? Toute son existence avait été bâtie autour de ce lien qui l’unissait avec l’eau dont son corps s’abreuvait, il n’avait jamais cherché à comprendre son origine et cette vulgarisation l’emplissait de perplexité. Ainsi les hommes ne pouvaient contrôler que ce qui s’explique ?
L’Atrewlien cueillit une fleur et en mâcha la tige, savourant la sève sucrée qui glissait sur sa langue.
Soudain, il fut arraché à ses réflexions par l’annonce du meurtre d’un Mathalys, évènement qui ne manqua pas de provoquer nombres de réactions. Un mot parmi d’autres attira son attention, prononcé avec un accent étranger qu’il n’avait jamais entendu naguère. « Scramasaque ». Tournant la tête en direction de celui qui parlait, Ailin croisa le regard sérieux de deux hommes dont l’aura lui serra le cœur, qui battit plus fort dans sa poitrine nue. Ce mot, il l’avait entendu plus tôt alors qu’il vaquait à ses errances dans les longs couloirs du manoir, il semblait désigner un lieu où les rencontrent les vivants et les morts. Un désir étrange l’étreignit, mû par un désir enfoui depuis des années…Son premier maître était mort, emportant avec lui le secret de sa capture. Laissant le jeune indigène plein de chagrin et de doute…Peut-être en apprendrait-il plus auprès du professeur. Ailin se leva, si promptement que sa tête tourna et qu’il trébucha. Une jeune femme rousse l’observa tandis qu’il se relevait, du moins ainsi le supposa-t-il mais le regard de celle-ci convergeait vers les nombreux fétiches qui ornaient son torse. Parmi eux, se trouvait un médaillon tout à fait particulier, un animal étrange avait été serti entre les nageoires d’une majestueuse baleine ciselée d’argent. Ailin avait découvert cette minuscule statuette dans le sable et l’avait jointe à l’autre, totem de son peuple. Passablement intrigué, il s’affranchit de cette attention et marcha vers Haydar.
« Maître, je vous salue. L’instructeur inclina la tête en réponse, nulle gêne ne transparut dans son attitude face à l’indigène, les cheveux encore dégoulinant de l’eau de la mare. J’aimerais vous poser une question, j’ai entendu des choses à propos de Scarmasaque ou Scramasaxe. Est-il possible de rejoindre les âmes des morts sans l’être soi même ? » _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
Chimère merveilleuse des songes. |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
Logar/Lucy
Modérat-d'égout

Messages : 146
Sexe : |
|
|
Posté le
: Mar Avr 14, 2009 7:32 pm
|
|
|
Logar esquissa un sourire gêné lorsque le Sahélite parla à la première personne du singulier. "Allons donc voir "cette scène du crime"." Ce n'était donc pas pour tout de suite qu'Azeem lui laisserait un peu d'intimité. Espérons que le Sahélite soit aussi doué pour résoudre des crimes pour que mener ses hommes.
Les deux hommes marchèrent jusqu'en direction de la silhouette d'Elbor tout en discutant.
- Mmm... je pense en avoir entendu parler, mais mes informations sont très fragmentaires. Il y a quelques rapports d'avant la révolution ésotérique qui parlent de règlements de compte entre Archas, et ce groupe était impliqué une ou deux fois. Très peu d'activité, mais ancien donc. La communauté des Archas était divisée à leur sujet, et vu que leurs actions étaient négligeables, aucune directive n'a été prise par l'Eglise.
Des ordres furent donnés à une certaine Shadee, avant que l'Afar ne s'adresse de nouveau au vieux mercenaire. La demande fut cette fois plus étrange et vague. Logar fronça les sourcils.
- Euh...Oui, évidemment. Je pourrai presque vous citer une légende sur le sujet pour chaque ville de l'Ancien Empire, mais je ne pense pas que cela vous intéresserait. Pour ce qui est de légendes avec un fond de vérité ?
Les jours de pleine lune, une sorcière avec une Pierre du Trouveur trempée dans un bouillon de sang menstruel permet de communiquer avec l'esprit d'un mort. Mais généralement, la discussion n'a ni queue ni tête.
Dans les montagnes du Mur d'Inov, les fantômes des chiens des bergers hurlent pendant une semaine après leur mort s'il ont été tués par un loup. Mais pas par un ours d'ailleurs.
Une sorcière à l'Ouest de Cassandre savait animer un cadavre en l'incrustant de vers qu'elle avait nourri avec des baies noires.
Logar haussa les épaules.
- Si tu veux parler de "vraie" résurrection par contre, aucune à ma connaissance n'a eu lieu. Les magiciens les plus sérieux... ou du moins les Archas... ont toujours considéré cela comme infaisable. D'où le terme d'Impossible. De même, l'idéologie officielle de l'Eglise d'Ohm est qu'une fois que l'on est rentré au Royaume, on ne peut en revenir.
Ils arrivèrent enfin devant Elbor de Marchas, qui avait pris un siège place sur un siège, et s'essuyait le visage avec un mouchoir pour tenter de retrouver ses esprits. Un cercle de personne était réuni autour de lui et discutait vivement.
Apparemment le Mathalys n'avait aucune blessure et la possibilité d'empoisonnement par nourriture était écartée vu que Elbor avait mangé le même plat. Conclusion rapide: c'était sans compter les différences de métabolisme entre les deux espèces.
Logar poussa deux hommes pour se faire de la place, à lui et à l'Afar.
- Messieurs... Monsieur de Marchas... Je pense qu'avec tous les évènements qui se sont déjà produits dans ce convoi, toute aide doit être la bienvenue. L'Afar El'Bakshir et moi-même aimerions-savoir si nous pourrions être d'une quelconque utilité. Pourriez-vous nous accompagner jusqu'au corps du Mathalys ?
Le Sir se pressa d'acquiescer de la tête avant de conduire les deux hommes d'un pas pressé jusqu'au bassin, où le Mathalys reposait encore. Personne d'autre en vue. Rien ne semblait pas avoir été déjà déplacé. Logar doutait de trouver un quelconque indice, mais il inspecta néanmoins les lieux de fond en comble, ouvrant délicatement les tiroirs et feuilletant du bout des doigts les journaux, regardant s'il ne manquait pas ici ou là un objet qui devrait y être. C'était surtout l'occasion pour lui d'en apprendre plus sur les raisons de la présence ici d'Elbor de Marchas, en regardant dans ses affaires personnelles. Assurer la gestion du projet pour le compte de l'Empereur ? Mmm, pour le Comte d'Aknow ?
Logar décida de tenir Elbor occupé avec lui et Azeem dans la pièce, pendant qu'il faisait la somme des informations qu'il accumulait. Rien ne valait laisser un homme parler. Azeem trouverait sûrement de quoi s'occuper lui aussi.
- Mmm... quel a été votre emploi du temps depuis l'arrivée du convoi au manoir ? Aviez-vous un message particulier à faire passer par votre Mathalys ? Quelqu'un en était-il au courant ? |
|
|
|
| Revenir en haut |
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
 |
Thème visuel par Zeph
Powered by phpBB
© 2004, 2005 phpBB Group Traduction par : phpBB-fr.com
|