(Note : Pour ceux qui voudraient connaitre l'avant-histoire, je les invite cordialement à aller lire mon background, merci d'avance.)
Qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'aventurer comme ça dans ce vaste monde ? Elle ne l'imaginait pas aussi grand ! Fichtrement grand et long... Elle qui voulait visiter le monde entier allait sûrement mourrir de fatigue avant. Elle se trouvait sur le chemin entre magnas et Pampre... Sur ça il n'y avait pas grand-chose à voir, et elle ne s'éloignerait pas du chemin au vu de son équipement actuel.
Tient, en parlant d'équipement ? Elle ouvrit son sac et ouvrit son atlas et observa la grande carte du monde qui figurait en première page. Si elle regardait bien, elle se trouvait à peine à mi-chemin et elle avait fait quelque-chose comme deux heures de route sans se reposer. Et bien elle allait en profiter pour se reposer et aussi manger un morceau tient, son dernier repas remontait à deux heures et elle avait à peine mangé toute impatiente qu'elle était de partir. Maintenant elle regrettait de n'avoir pas plus mangé...
Elle rangea son atlas, fouilla au fond du sac et en sortit son petit baluchon, une simple serviette nouée en fait qui devait déjà se sentir honoré de se faire appeler "baluchon" de part son aspect médiocre. Elle l'ouvrit et déversa son contenu sur le sol : Un peu de monnaie, rien de bien faramineux, du savon, une brosse pour ses cheveux (ils étaient terriblement long et épuisant à coiffer...) et... rien d'autres.
"Non mais quelle... ! J'ai oublié la nourriture ! Mais je suis bête ou quoi ?"
C'est ce qu'elle commençait à penser le plus sérieusement du monde, partir en exploration à travers le monde et ne pas prévoir plus d'argent que quelques piécettes dont elle n'était même pas sûre qu'elles aient encore une valeure vu leur aspect sale et usé, et surtout... de provisions. Quel aventurier partirait à ladite aventure sans emporter de nourriture au moins pour tenir jusqu'à la prochaine ville ?
"Et bien... Il y a moi maintenant..."
Plus tard, sans qu'elle ne le sache, l'expression "intelligent comme Wolf" serait utilisé par les gens pour désigner une personne ayant oublié quelque-chose d'essentiel dans telle ou telle situation. C'était en fait une expression détournée. (Si ça passe pas bin je modifierais hein ^^)
Elle était là, à retourner ses idées noires, lorsqu'elle entendit un bruit familier. Des roues cahotant sur la route somme toute de mauvaise qualité sur sa gauche. Elle tourna la tête et vit une charette fermée par une grande toile recouverte de poussière des chemins qui s'avançait vers elle.
"Je pourrais lui demander de me conduire à la prochaine ville" pensa-t-elle émerveillée.
Immédiatement, elle secoua la tête de droite à gauche en signe de négations : Elle avait parlé de voyager seule, et elle le ferait même sans provisions non mais ! Tétu n'était pas un mot assez fort pour désigner l'obstination de Sanael lorsqu'elle avait une idée en tête. Il aurait fallut inventer un autre mot.
Elle comptait regarder passer la charette et l'homme qui la conduisait, jeune et plutôt bel homme bien que la moustache qu'il portait lui donnait un air un peu ridicule. Elle allait lui rendre son salut si il lui en faisait un et elle repartirait ensuite à sa suite, bien qu'il prendrait indéniablement de l'avance sur elle.
Rien ne se passa ainsi. La charette se mit à ralentir, puis à s'arréter progressivement pour s'arréter pile à sa hauteur. Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait puis regarda autour d'elle... Son sac ouvert, ses affaires éparpillée par-terre et surtout elle, qui avait l'air épuisée. Ca y est, elle avait compris... L'homme croyait qu'elle venait de se faire détrousser par quelques brigands et elle ne pouvait pas lui en vouloir de penser ça. Tout autour d'elle le laissait croire.
"Non, ce n'est pas ce que vous croyez, je vais très bien en fait je...
- Vous avez l'air épuisée, vous voulez faire un bout de route avec moi ?"
Elle fut interloquée, tellement interloquée qu'elle hocha la tête sans réfléchir, qu'elle ramassa ses affaires dans ce même état second et alla s'asseoir à coté de lui. Elle ne comprit pas ce qu'il lui arrivait.
C'est à peu près à ce moment là que la véritable carrière d'aventurière de Sanael commença, lorsque ce marchand du nom de Pierre Fabrelle la prit sur sa charette uniquement par charité. Le corps de la jeune fille avait simplement crié basta devant tant d'épuisement et avait prit le contrôle au moins le temps de la faire monter.
Durant l'heure que dura le voyage, ils parlèrent. Elle apprit qu'il était marchand depuis 2 ans, qu'il avait 18 ans, que les affaires allaient bien, qu'il voyageait à travers le monde entier et qu'il comptait bien se rendre prochainement dans les terres inexplorée afin de vendre toute sa marchandise là-bas. Son rêve, lui expliqua-t-il était d'ouvrir une chaine de commerce au niveau international. Cet homme avait des idées novatrices.
Elle lui apprit qu'elle s'appelait Sanael, Sanael Wolf, mais qu'il pouvait l'appeler Sana, qu'elle avait 16 ans et qu'elle venait de quitter son chez-soit pour devenir une grande scientifique dont rien du monde ne lui échapperait. L'homme l'écouta attentivement, sans doute le premier à le faire vu que sa famille ne lui avait jamais réellement prété attention lorsqu'elle parlait de ses projets, considérant sans doute qu'il s'agissait d'une autre de ses manies et que ça lui passerait.
"Enfin voilà ou j'en suis maintenant, acheva-t-elle en riant. Sans nourriture, sans argent et un peu dans la, excusez-moi l'expression, merde.
- Ca ne vous dirait pas qu'on fasse route ensemble ? demanda-t-il avec un sourire joyeux.
- Pourquoi feriez-vous ça ? demanda-t-elle un peu suspicieuse mais pas trop. Sanael était en fait assez naïve en général... Etonnant comment les traits de caractère pouvait se méler et se mélanger dans une seule et même personne.
- Et bien, parce que je voyage à travers le monde, que vous voulez-voir le monde vous aussi, que vous êtes jolies (ce dont vous ne semblez pas vous rendre compte) et que j'aimerais bien vous connaitre un peu plus."
Elle avait instinctivement rougit au fait qu'il lui dise qu'elle était jolie mais ne pipa pas mot. Elle analysait la situation... puis finit par demander après 5 minutes de réflexions.
"Que vous devrais-je en retour ?
- Puisque vous n'avez rien, votre présence me suffira. Mais...
- Mais ?
- Mais j'aimerais que vous m'aidiez à ouvrir des magasins.
- Comment pourrais-je le faire ? Je n'y connais rien en marchandage, et c'est à peine si je connais le prix de la vie...
- Lorsque vous serez devenu connue et que vous raconterez vos histoires à travers le monde, mentionnez simplement que vous avez fait route avec Pierre Fabrelle, un excellent marchand itinérant.
- Pas de problème !"
Ils se serrèrent la main pour passer l'acord uniquement oral puis elle reporta son attention sur la route. Au loin, elle appercevait la ville... Finalement, tout n'allait pas si mal, et puis pour une fois, quelqu'un croyait en elle. Etait même sûr qu'elle arriverait aux objectifs qu'elle s'était fixé. Elle commençait déjà à ressentir de l'amitié pour lui, et peut-être plus tard autre chose qui sait...?
Sans même le voir, elle s'assoupit... |
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