Destins entrelacés, l'âme déclinante du pécheur A. Rajiendel
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Arioch
Modérabruti
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Posté le
: Lun Mar 09, 2009 1:36 pm
Destins entrelacés, l'âme déclinante du pécheur A. Rajiendel |
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Destins entrelacés, l'âme déclinante du pécheur A. Rajiendel.
Les raclements se rapprochaient.
Une chaîne en métal rouillée se faisait traîner sur le sol par une main gantée de noire. L’homme qui la tenait, un esclave à la stature imposante, semblait hésiter. Il leva les yeux vers la foule démente qui applaudissait le spectacle, encourageant ses efforts jusqu’à présent maintenu pour fouetter de son instrument le corps mince et pâle d’Azel Rajiendel, un jeune homme de vingt quatre ans.
Ce dernier avait déjà encaissé plusieurs séries d’attaques alors qu’il était suspendu par les bras, les pieds liés, à un crochet de boucher à quelques centimètres du sol. Durant le supplice, il avait veillé à ne pas se mordre la langue inutilement, ni à crier de douleur, par pudeur sans doutes. Dans un autre contexte, un peu de spectacle et d’inattendu n’aurait pas été pour lui déplaire, mais il avait admis bien assez tôt qu’il avait à ce moment là complètement perdu le contrôle des évènements.
Le jeune homme ne vit pas le coup suivant arriver, et n’eut pas le temps non plus de contracter son ventre. L’impact et la douleur lui coupèrent le souffle et il laissa échapper entre ses dents un peu de riz que les gardiens avaient distribué il y a une heure.
Ses muscles lui faisaient atrocement mal, tout comme ses côtes, mais il attendait déjà le prochain coup. Il essayait de se convaincre de ne pas s’attardait sur la douleur, mais son corps le trahissait en s’agitant en autant de spasmes de douleurs. Il essayait néanmoins de se maîtriser, au cas où il pourrait trouver un moyen de repousser l’échéance mortel. Pourtant, plus le temps passait et plus l’espoir s’amenuisait. Peut être pouvait-il se réserver le luxe d’offrir à son bourreau une petite pique bien senti, pour l’honneur et la postérité ? Bien qu’en vérité, il avait probablement trop peur de lancer une banalité affligeante lors de la dernière phrase de son vivant et qu’un justicier l’écrive sur sa stèle.
Rajiendel sonda le regard de son bourreau et y vit une certaine résignation. Un comble pensait-il, car il se retrouvait légitimement dans la position de la victime. Il se rappelait cependant qu’il lui manquait le temps pour ce genre de considérations. Et puis, il ne se voyait pas comme tel de toute façon. Il pensait réellement avoir mérité cela, d’une certaine manière. Juste un simple retour des choses, rien de plus.
Il est vrai qu’il baignait dans une certaine violence depuis son enfance dans les ruelles salles et puantes des quartiers populaires d’Audréa… et qu’il s’était adapté un peu trop facilement à la délinquance locale. Quand à son adolescence, il l’avait passé à arnaqué, voler, falsifier et à tricher sans vergogne pour se nourrir et surtout se divertir. Mais ce ne fut que plus tard qu’il entra dans une nouvelle catégorie, lorsque son frère Zackarie lui proposa de travailler avec lui.
Rajiendel avait pour certitude que s’il subsistait une once de justice en Arkantis, les salauds comme son frère et lui devraient payer définitivement un jour ou l’autre pour leurs frasques.
Mais pas celui-là, Azel s’en était convaincu. Il le ressentait physiquement, au plus profond des cellules de son organisme.
L’homme et son bourreau se trouvaient dans le sous-sol du « Bon Samaritain », un établissement qui réunissait plusieurs activités : L’hôtellerie tout d’abord, à des prix abordables pour les bourses moyennes ; un bordel à l’étage, pour les bourses plus lourdes ; et un sous-sol, officieux, où se déroulaient depuis quelques années des spectacles d’un goût plus exotique.
Le gérant de la taverne, Elden Erold, gérait ces trois activités avec succès depuis plus d’une trentaine d’année dans la petite bourgade de Médréla. Il n’avait jamais pris la peine de s’étendre au-delà de cette dernière, et son coup de génie était peut être là : entretenir les relations avec les milices locales de la campagne, plutôt que d’avoir les yeux plus gros que le ventre et de s’établir dans la capitale. Ca et aussi l’engouement de certains dignitaires, avocats, riches marchands, homme d’église ou autres, prêt à dépenser leur argent dans la course à la sensation ou à la satisfaction d’un désir pervers, latents ou non.
Tous payaient pour les évènements qui se déroulaient chaque fin de mois. Tous payaient pour voir une mise en scène de la violence.
Ce jour là était spécial. Il y avait une certaine fébrilité dans l’air bien que cela pouvait être aussi bien un mélange de sueur et l’humidité. Les gradins qui surplombaient les arènes de la vaste salle souterraine étaient bondés de monde, certes, mais ce qui rendait la situation excitante pour la majorité d’entre eux, c’était de pouvoir influer indirectement sur la scène qu’il voyait.
Ainsi, lorsque les premiers cris en sa faveur lui arrivèrent aux oreilles, Azel ne pu s’empêcher d’avoir un rictus. Il connaissait bien la sinistre réputation de l’endroit ainsi que ses règles, sans pour autant avoir songé à s’y rendre, contrairement à son frère. Tout comme il n’aurait jamais songé à ce que Zackarie le jette dans cet endroit pour qu’il s’y fasse exécuter d’une quelconque manière.
Azel crispa son corps lorsque l’esclave d’en face leva son bras en l’air. Mais le geste s’arrêta quand plusieurs groupes de personne scandèrent d’une seule voix dans le chaos de la foule: « Libérez le ! ».
L’esclave jeta un regard autour de lui et s’arrêta en direction de la porte aux planches vermoulue qui permettait d’entrer dans l’arène. Un panneau sur cette dernière coulissa pour laisser passer un drapeau vert tandis qu’un couteau fut jeté sur le sol de l’arène par un vieil homme déguisé en bouffon. Il s’était barbouillé d’un horrible maquillage jaune et portait des habits bouffants aux couleurs bariolées. Il réalisa une cabriole risquée au bord de la paroi et montra du doigt la poutre qui soutenait le poids d’Azel.
Les cris de la foule furent unanimes et l’esclave baissa la tête, impuissant. Il ramassa l’arme et la glissa sous sa ceinture de fortune, avant de se retrancher au fond de l’arène. La porte s’ouvrit alors, et un homme avec un masque noir entra. Il se dirigea ensuite vers Rajiendel et se plaça derrière son dos, qu’il arqua inconsciemment. Le système de poulie qui le maintenait en l’air s’activa et il descendit lentement au sol.
*C’est à moi de décidé quand je dois vivre ou mourir.*
Le nouvel arrivant empoigna brutalement les cheveux gras et ébouriffés du jeune homme et plaqua sa bouche contre son oreille.
- Ne fais rien de stupide, dit-il.
- La ferme Princesse Je-suis-boiteuse-à-vie, répondit aussitôt Azel, je pourrais très bien décidé d’être moins tendre avec toi aujourd’hui. Sans rire, c’est quand la dernière fois qu’on est pas allé ensemble voir ta cousine borgne à l’étage ?
- Je vais couper ces liens et tu pourras jouer à rentre dedans avec ton pote dit-il en découvrant une lame cachée à l’intérieur de sa manche.
Azel essaya de se détendre brièvement mais la corde qui l’attachait se rompit brutalement. Il tenta de se rattraper, ses bras désormais libérés, mais la douleur l’en empêcha. Sa tête percuta le sol au niveau de la tempe, et il remercia furtivement, dans un bref moment d’égarement, les enflures dégénérées qui ne l’avaient pas suspendu trop haut.
Il laissa échapper un gémissement en se redressant et vit que le couteau que tenait l’homme au masque noir était posé à coté de lui.
Il saisit sa chance en même temps que l’arme, tandis que son ancien possesseur quitta tranquillement l’arène, sous les injures probablement justifiées du public. Rajiendel entreprit de couper le plus rapidement possible les liens de ces pieds, tâche qu’il effectua en se coupant trois bon centimètres carrés de peau. L’esclave ne tenta rien durant ce laps de temps mais fit rappeler sa présence en claquant sa chaîne contre le sol –ce qui ne manqua pas d’agacer son partenaire.
A présent, le jeune homme pouvait se concentrer sur la prochaine étape de sa petite représentation. Il se releva complètement mais ne pouvait prétendre être au mieux de sa forme. Il cracha un long filet de salive et embrassa la salle du regard. La foule était plus déchaînée que jamais, mais il n’avait pas le monopole de l’attention. Il examina avec attention les gradins et devina que le public avait plusieurs autres distractions. Les deux autres arènes devaient contenir bien pire, ou simplement plus amusant.
Azel toisa l’esclave un moment, d’un air subitement détaché.
- Allez, amène toi champion, l’interpella-il naturellement, on va quand même pas se faire piquer la vedette, non ? |
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Inaalwyn
Gribouille à peine

Messages : 24
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Posté le
: Ven Mar 13, 2009 7:51 pm
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Parmi les spectateurs, une jeune centaure, dorée comme le blé mûrit au soleil, se crispait à chaque coup qui s'abattait sur la victime, tandis que de longs frissons secouait sa peau et dressait le duvet lui recouvrant les bras. Elle ne comprenait pas ce qui se passait en ce lieu. Sans doutes était-ce une autre bizarrerie des humains, mais elle n'en comprenait pas le sens. Cet homme avait-il commis une faute ? Dans ce cas, pourquoi lui infliger une telle punition, qui risquait d'en faire un poids pour le groupe. Et si cette faute était si grave, pourquoi ne pas tout simplement le chasser du clan ? Un coup plus violent que les autres s'abattit sur le corps torturé, et la centaure agita nerveusement la queue, s'attirant les reproches d'un spectateur fouetté par les crins de lin, un gros homme luxueusement vêtu qui maugréa sur l'irrespect de certains et la fréquentation étrange du sous-sol ce soir-là.
Se détachant du spectacle, la femelle se remémora ce qui l'avait menée en ces lieux. Elle voyageait dans la région du Calice, en route vers ce fameux village qui serait victime d'étranges raids de centaures, et avait interrogé un groupe de miliciens sur l'existence d'une auberge dans le coin. En effet, le soir tombait et elle ne désirait pas passer la nuit seule dans les plaines. Les hommes en armes, avec d'étranges regards les uns envers les autres, et envers elle, lui avait alors indiqué la direction d'un bourg non loin, et lui avait parlé du "Bon Samaritain". L'un d'eux lui avait conseillé de demander au patron son "spectacle spécial", en disant qu'elle ne serait pas déçue, si ce qu'il savait de sa race était juste.
La jeune centaure s'était donc rendue à l'auberge, et, après avoir loué une chambre, avait fait sa demande au tenancier. Celui-ci l'avait détaillée de la tête aux sabots et l'avait faite descendre au sous-sol, lui faisant emprunter un escalier très peu pratique pour elle, sans lui demander la moindre pièce, et en prononçant quelques paroles fort sibyllines:
"Si le spectacle ne vous plaît pas, alors vous-même en offrirez surement un meilleur encore."
Sans doute, meilleur physionomiste que les miliciens, avait-il deviné quels seraient les sentiments de la jeune créature face à un tel spectacle.
Et en effet, la centaure se trouvait là, frissonnante et tendue comme un arc. Alors qu'elle était encore perdue dans ses souvenirs, elle sentit une main insistante lui caresser la croupe. Tournant vivement la tête, elle vit l'humain, visiblement aviné, qui prenait une telle liberté, en compagnie de deux autres hommes, rirent en racontant d'une voix forte et grasse qu'il n'avait jamais encore chevauché une centaure.
Furieuse, elle se ramassa, tandis que l'homme lui lançait une oeillade grossière, puis se tendit, envoyant violemment son sabot dans les côtes de l'homme qui craquèrent bruyamment, tandis que celui-ci s'envolait sur quelques mètres, avant d'atterrir violemment sur d'autres personnes placées derrière lui. Tandis qu'il s'effondrait en gémissant, ses amis sortirent des armes, et la centaure vit plusieurs autres hommes, armés eux aussi, courir dans sa direction. Elle n'était pas une guerrière, et avait laissé ses armes dans sa chambre, mais elle n'en était pas moins dangereuse. Elle se cabra et fouetta l'air de ses sabots. |
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Ailin
Aiguise sa plume
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Posté le
: Dim Mar 15, 2009 12:12 am
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Les lèvres plissées sur un petit instrument taillé à même la coque d’un fruit mort, Alken sifflait quelques notes d’un lais célèbre chez les siens tout en se frayant un chemin à travers la foule, jusqu’à trouver une place laissée vide par son propriétaire. La mélodie mourrait au milieu des cris des spectateurs déchainés, mais malgré ça, certains parmi eux voulurent se plaindre d’entendre ainsi siffler dans leur dos sans arrêt. Tous renoncèrent en voyant l’étrange musicien et son regard bicolore. Alken était aussi maigre qu’un spectre, enveloppé dans une cape grise à capuche dont l’étoffe prenait d’étranges teintes à la lueur des nombreux braséros disséminés parmi la foule. Le plus inquiétant étant la lumière blafarde qui se déversait à ses pieds. Ils le laissèrent donc en paix.
Alken avait atterri au Bon Samaritain par hasard, le cœur emplit d’une quête absurde. Il avait quitté les saltimbanques qui le recueillirent le soir de l’attaque du terrible fauve des montagnes, il apprit à aimer leur existence nomade, gagnant son pain par la divination et le spectacle, ils disaient qu’il était doué. Pourtant, un vide glacé avait creusé ses entrailles et Alken s’était enfuit voilà plusieurs semaines. Le nidelwos recherchait un voleur très particulier, les rumeurs disaient que l’établissement recueillait nombre de malfaiteurs de toutes sortes ; un bon point de départ pensait-il.
Le spectacle le divertissait peu bien qu’il prenait une tournure digne d’une bonne histoire, peut être assez pour lui permettre de se payer une chambre ce soir. Il cessa de jouer pour se concentrer sur la joute qui se préparait dans l’arène quand un homme le bouscula dans sa chute, jurant et crachant un peu de sang sur le sable qui recouvrait le sol. Non loin, la centaure qui venait de le frapper se voyait encerclé par plusieurs brutes avides d’en découdre, ne serait-ce que pour laver l’affront. Le manque de courtoisie de l’imprudent qui se tordait à terre avait tout d’abord désintéressé Alken mais devant l’expression quelque peu tendue de la femme hybride, le nidelwos décida d’équilibrer un poil plus la balance. Se faufilant parmi ceux qui s’agglutinaient déjà, échauffés par l’imminence d’une bagarre peu commune, le jeune homme s’interposa entre la centaure et les hommes qui la menaçaient. Ces derniers sourcillèrent de surprise devant le barde à l’œil doré mais quelques secondes suffirent à ce qu’ils reprennent contenance et raillant l’intrus, ils le menacèrent de leurs armes. Alken ne répondit pas, ses mâchoires se serrèrent dans un craquement bref, une huile chaude emplit sa bouche et l’instant d’après il l’expulsait en direction des brutes qui ne le virent pas allumer un petit briquet d’amadou qu’il gardait dans sa main droite.
Une flamme multicolore consuma l’air l’espace d’un battement de cœur, les plus proches virent leurs sourcils ou leur barbe roussir et les autres s’éloignèrent. Nombreux sont ceux qui se turent et se désintéressèrent de la rixe, de peur de finir en cendres. « Sorcier ! » s’écria l’un des scélérats mais le cracheur de flammes avait disparu. Ne restaient que des fumerolles bariolées, ondulant encore dans l’air saturé de soufre. Ces vapeurs commencèrent leur effet, dévorant peu à peu les sensations de tous ceux qui les respirèrent. « Oh non, tout ça n’a rien de magique. ». Alken se tenait juste derrière de l’impudent, murmurant. « Écoute donc ceci: il est des spectres cracheurs d’étoiles dans les monts qui m’enseignèrent leur art. La légende dit qu’ils sont des astres orgueilleux, chassés du ciel par la Lune toute puissante et condamnés à divertir les voyageurs pour obtenir un peu de l’admiration qui les maintient en vie. Mais ce pouvoir cédé par l’astre nocturne est une malédiction qui assèche leurs veines et vide leur cœur. C’est pourquoi, certains des malheureux qui s’égarent dans les vallées se voient arrachés à l’existence, sucé jusqu’à la moelle… ». Un sourire se dessina sur les lèvres du nidelwos alors qu’il enfonçait légèrement la pointe d’un poinçon dans la chair molle du menton de son unique spectateur. « Et vois-tu, j’ai bien peur de me sentir plus exsangue qu’un cadavre » Il lapa un peu du sang qui coula le long de la tige d’argent, le malheureux était incapable de se défendre et tous ceux qui regardaient hésitaient devant le regard dément d’Alken. « Je pourrai te boire jusqu’à ce que mes yeux luisent de tous l’éclat de ta misérable vie dérobée. Cependant, tu as de la chance car je serai clément…Si toi et tes amis partez sur le champ. » L’homme hocha brièvement la tête en signe d’assentiment et tous s’éclipsèrent sans demander leur reste. Pas peu fier de sa prestation, Alken fit mine d’épousseter sa cape tout en riant d’avoir si facilement abusé ces coupe-jarrets.
Son calme retrouvé, le jeune saltimbanque salua la centaure et abaissa sa capuche, dévoilant les tracés que les siens arborent naturellement, le temps passant. Ils s’entrelaçaient sur son front et fuyaient vers sa nuque pour s’épanouir au sommet de son crâne. De ses yeux, l’un d’or et l’autre vert, s’était enfuie toute la hargne qu’il avait feinte pour effrayer les ravisseurs. Il semblait si nonchalant et irrévérencieux, il ne dit rien si ce n’est son nom mimant toute l'humilité dont il était capable. « Je ne saurais vous conseiller de vous montrer moins impétueuse en un tel endroit, me permettrez-vous de vous accompagner à une autre place, là où personne ne nous reconnaîtra ? » _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
Chimère merveilleuse des songes. |
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Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé
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Posté le
: Dim Mar 15, 2009 11:33 pm
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- Je crois que ce qui me plait le plus chez cet homme c’est que malgré tout il reste persuadé que ces gens ovationnent son talent. A mes yeux, c’est cette naïveté délectable qui fait tout le charme de son spectacle.
- Je dois avouer que vous avez raison, cher Vicomte, ce contraste est tout à fait plaisant ! Malheureusement, tout le monde ne semble pas partager votre sensibilité, précisa le baron en balayant la foule avec un regard supérieur.
- Je le connais depuis des lustres, pour tout vous dire. Son « formidable talent » m’a tiré d’affaire plus d’une fois et je luis dois maints renseignements fort utiles. Alors voyez-vous, quand les affaires ont commencé à lui manquer et que les clients se faisaient rare, je me suis pris d’empathie pour ce brave bourreau, continua l’autre homme sur un ton faussement humain. Le seul problème avec ce genre d’individu, c’est qu’il a le verbe populaire et qu’il en abuse ! Ne vous lancez jamais dans une conversation ouverte avec ce curieux personnage, il serait capable de vous tenir la jambe une nuit entière…
- Tant qu’il ne vous la cisaille pas !
Les deux hommes échappèrent un léger rire distingué à peine perceptible sous les clameurs de la foule qui s’extasiait devant la fontaine ensanglantée que Louis offrait à leur regard au même instant.
- Toujours est-il que je n’ai pas hésité une seule seconde à le présenter à Monsieur Erold, convaincu qu’il ferait des merveilles ici bas...
- Et encore une fois vous avez visé juste ! Vous avez indéniablement un talent pour ce qui est des bonnes opérations, s’empressa d’ajouter le baron porté par son désir de flatter son interlocuteur.
- En effet, je ne suis pas peu fier de cette transaction. D’ailleurs, puisque nous en parlons, êtes vous parvenu à vous arranger pour satisfaire ma… petite requête ?
Le baron esquissa un large sourire artificiel tout en plongeant une main dans la poche droite de sa redingote émeraude. Du bout des doigts, il en retira une petite carte pliée en deux et recouverte d’enluminures.
- Bien entendu ! Je ne saurais me soustraire à un pareil engagement, surtout à votre égard mon cher Vicomte. Voici le numéro de la chambre, elles vous y attendront ce soir même, à onze heures précises.
- Votre dévouement me ravit, répondit l’encensé en attrapant le carton pour le détailler aussitôt. Soyez sûr que je saurais m’en souvenir en temps voulu.
- J’en suis certain, cher Vicomte, d’autant plus que d’après ce qu’on dit, elles ont…
- Il suffit ! Coupa-t-il sèchement en effectuant un geste ferme de la main à l’attention du baron, comme s’il eu s’agit d’un enfant. Faites moi grâce de vos commentaires déplacés. A présent, je dois me retirer. Il est grand temps que je me prépare, ajouta-t-il froidement en tapotant légèrement la poche dans laquelle il venait de glisser sa précieuse invitation.
Une fois seul, l’autre homme pesta de rage dans sa barbe en se demandant s’il ne venait pas d’anéantir avec sa dernière remarque tout son précédent travail. Etre bien vu par cet ordure de pince-sans-rire constituait malheureusement une priorité pour son entrée à la cour, se ressassait-il sans cesse. Soudain, un hurlement proche concentra à nouveau son attention vers l’arène qui s’étendait à ses pieds et il s’autorisa pour la première fois un râle de dégoût. Il s’était jusqu’à présent contraint à paraître emballé par la prestation qui s’offrait à ses yeux –complaisance avec le Vicomte oblige- mais cette fois il ne put retenir un haut le cœur à la vue de tant de chair mutilée.
- La piiiiiiince ! Prends la piiiince !!
- Non ! Le fil d’acier, c’est plus joli avec le fil d’acier !
Au milieu du grand cercle ensablé, deux misérables prisonniers étaient solidement ligotés sur une chaise, l’un à côté de l’autre, quasiment collés au niveau du bras qui leur manquait à chacun. « C’est une petite astuce que j’utilise parfois pour agrandir mon espace de travail » avait fièrement précisé Louis au début de sa représentation, alors que les premières ovations commençaient à s’élever de la foule.
Partout sur le corps des malheureux, on pouvait admirer de parfaites rosaces vermeilles qui luisaient sur la pâleur de leur peau. Les coulées carmines entremêlées de paillettes d’or soigneusement dosées par l’artiste se répandaient harmonieusement sur une large toile étalée au sol. Lentement, au fil des entailles et des huées du public, la peinture s’agrémentait de dessins divers, allant du fin tracé pourpre à la longue saillie grenat qui provoquait à chaque giclée un « ooooh » d’admiration général en provenance des gradins.
Louis, toujours aussi impassible et flegmatique, continuait son discours comme s’il ne s’adressait qu’à un seul homme.
- Ca, c’est pour donner un peu de dynamisme à mes œuvres vous voyez. Mais détrompez-vous, y’a rien de facile. Si je coupe pas assez, ça fait une tache trop stagnante, un gros pâté et ça peut me bousiller une toile. Mais attention ! Si je coupe trop, ça peut tout aussi bien compromettre le tableau en recouvrant le reste, et du coup il n’y a plus assez de sang pour la suite. Et puis si le cœur s’arrête de battre, je ne peux plus obtenir un aussi bon rendu. Une fois, on m’a ramené un type déjà à moitié amoché, l’organe nous a lâché en plein travail, plus aucune pression ! J’étais mort de honte de devoir laisser tout mon public en plan. Vous imaginez, y’en a même sûrement qui avait fait de la route exprès, quelle douleur !
Sur un massif établi installé en retrait était exposée toute une panoplie d’outils en ferraille, des plus simples aux plus exotiques, mélangés à un apparat de matériel de peinture. Brosses, plumes, pinceaux et rouleaux y côtoyaient sans peine un attirail complet de tenailles, lames et autres ustensiles crochus en tout genre.
A chaque fois que Louis s’approchait du lugubre étalage, le grondement de la foule s’accentuait. Chacun rugissait ses macabres envies en essayant d’influencer le choix de l’artiste en faveur de tel ou tel instrument. Mais cette fois ci, une voix aux intentions tout autre vint interrompre la représentation. Le bourreau s’arrêta aussi sec et échappa le rasoir qu’il venait d’attraper, pris d’une stupeur soudaine.
Cette voix était plus proche que les autres. Elle provenait de l’avant des gradins et semblait chargée de tout le dégoût et de toute l’amertume du monde. Malgré l’horreur des scènes qui se déroulaient alors en ce sous sol de débauche, l’aversion qui transpirait de ce simple mot n’était comparable à aucune autre au même instant :
« Louis ! »
Cette voix familière, Louis la reconnut aussitôt. C’était celle de sa femme. _________________ Posto ergo sum |
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Maej'tei
Aiguise sa plume
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Posté le
: Lun Mar 16, 2009 1:22 pm
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Au même moment, deux étages plus haut, en quête d'une distraction sensiblement différente...
L’atmosphère était écrasante. Les particules de l’air restaient figées et béantes, anormalement grossies. Elles-mêmes semblaient suer, compressées les unes contre les autres. La tension était palpable. La buée se frottait avec immoralité sur les vitres glaciales tandis qu’une lumière pourpre et tamisée, à la limite de l’indécence, léchait tous les coins et les recoins. Les lieux entiers transpiraient, laissant l’impudeur dégouliner du plafond au plancher. L’obscurité malsaine, avec habitude, semait une légère indécision. Les évènements qui coulaient ici bas, aussi bruts et vulgaires fussent-ils, étaient néanmoins noyés par un flou indicible.
Peut-être valait-il mieux se forcer à ne pas comprendre telles actions si l’on était pas doté d’une ouverture d’esprit infinie.
Hugues Labotte, bourgeois à la réputation décadente, se léchait grossièrement les babines. Le spectacle qui se déroulait sous ses yeux et ses mains, et pour lequel il était à la fois auteur, acteur et spectateur, demeurait d’une saveur immoralement délectable. De ses doigts boudinés et fripés, il palpait salement la chair d’une fille de joies. Sa bouche cascadait de manière baveuse sur les courbures féminines. Sa langue s’attardait parfois sur les zones intimes sans aucune délicatesse, provocant parfois quelques gémissements d’une fallacieuse jouissance.
Labotte se releva soudainement, enserré par une pulsion sauvage. Il agrippa brusquement les cheveux de sa partenaire, cherchant à guider le visage de la condamnée vers un endroit écœurant de son anatomie. La femme ne lui refusa rien, esclave de ses désirs.
Assise sur une chaise non loin de là, tapis dans l’ombre d’un paravent, Eleanor détournait le regard d’un spectacle qu’elle jugeait affreusement laid et dépourvu de toute poésie. Un spectacle qu’elle subissait pourtant chaque mois depuis le début du printemps dernier. Les jambes croisées, elle attendait que l’homme, se disant être son mari, achevât ses abjects déboires. Elle espérait de tout cœur qu’il ne l’obligeât pas à en prendre part… Mais malheureusement…
Debout et d’un regard avide de plaisir charnel, Labotte tendit un bras en direction d’Eleanor. Il souhaitait qu’elle les rejoignît. Lui… et sa catin du soir. Feintant l’ignorance, la dame assise sur sa chaise guida son regard vers l’autre bout de la pièce. Partout, des couples se faisaient et se défaisaient dans une danse répugnante. La sueur se mêlait à la semence masculine, apportant aux lieux ses odeurs si caractéristiques. Eleanor secoua imperceptiblement la tête, dépitée.
Labotte n’avait pas dit son dernier mot, d’un geste sec, il attrapa sa femme par l’épaule tandis que sa catin s’occupait avec passion de son entrejambe. Ramenant sèchement Eleanor à lui, il avala ses lèvres dans un baiser trempé d’une salive étonnamment brûlante. La dame contesta, repoussant de ses mains frêles le corps gras de son débauché de mari. Labotte n’apprécia que très peu la réplique. Levant sa main vers les plafonds encrassés, il gifla son épouse avec dureté. Il empoigna ensuite le menton de la dame et, tout en approchant son visage de celle-ci, il murmura :
« Ma douce Eleanor, vous êtes ma septième femme ; vous n’êtes donc pas la première à tenter de me tenir tête futilement. Hélas, les six autres avant vous ne sont plus là pour en témoigner. Je vous serai donc gré d’accepter avec honneur mes avances, sans quoi je serai dans l’obligation de quérir une huitième épouse et de vous contraindre au silence. »
Cette menace n’était pas la première. Les cicatrices boursouflées qui striaient le dos d’Eleanor étaient là pour en attester. A ce souvenir, elle crut sentir des picotements naviguer sur ses meurtrissures. Elle inspira un bon coup, salie et désespérée. Malgré elle, elle préférait revivre la torture sexuelle pendant quelques minutes, plutôt que la torture physique qui, selon les bons vouloirs de Labotte, pouvait bien durer plusieurs semaines entières…
Résignée, elle se leva de sa chaise et se dirigea vers son mari. Celui-ci, mesquin, sourit.
D’un geste lent, elle pinça les pans de sa robe avec ses doigts blancs, relevant doucement le vêtement. Le tissu fut mollement élevé jusque ses cuisses. Elle se plaça aux côtés de la catin et, dans un dégoût presque matériel, plia les genoux et abaissa son visage face à la ceinture du pervers, se promettant à elle-même que la fin de cette soumission sonnerait bientôt… _________________ L'Harmonie passe aussi par la diversité...
Tel le ciel embrasé d'une soirée d'été. |
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

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Posté le
: Mar Mar 17, 2009 12:12 pm
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Le sénateur Gordévaï agita quelques peu son immense corps boursouflé dans l’espoir de trouver une position un peu plus confortable. L’effort déployé restât néanmoins vain tant son obésité débordait de toute part du pauvre fauteuil bien trop petit pour une telle corpulence démesurée. Malgré la forte somme qu’il avait payé pour siéger dans la meilleure tribune avec vu imprenable sur les trois arènes, le sénateur ne quittait pas la fosse centrale des yeux. Dans celle ci, un colosse blond hirsute, certainement un barbare du Norvaska, martelait de la force de ses poings un jeune homme qui essayait tant bien que mal d’éviter les coups malgré ses mains entravées et ses pieds liés par une courte corde qui rendait la course difficile et périeuse. A chaque fois que le géant le rattrapait pour se déchaîner sur lui, la foule exultait en vivat et en encouragement. Bien que son traditionnel chignon ait depuis longtemps cédé sous le traitement cruel dont il était l’objet, sa chevelure rousse et sa peau pale révélait clairement ses origines Erysmatienne ce qui semblait être pour beaucoup dans le ravissement de la foule à voir son corps se couvrir d’ecchymoses. Souvent enviés et jalousés pour leur richesse, les Erysmatiens, peuple de marchands et de mercenaires formant une communauté relativement hermétique, ont tout au long de l’historie inspirés méfiance et haine aux près des foules de l’ancien empire qui en font régulièrement des boucs émissaires pour tout leurs malheurs. Lui-même Erysmatien, Gordévaï sentait bien les lourds regards qui pesaient sur lui qui trahissaient qu’une bonne partie du public le verrait très bien dans l’arène pour y subir le même traitement que son congénère. Le marchand répondait au regard mauvais pas un sourire gras et méprisant qui faisait remonter ses joues adipeuses d’horrible manière. Peut oseraient néanmoins l’attaqué car, outre les deux gardes centaures armés et vigilant qui l’encadraient, son chignons était maintenu par un unique pic en or disposé bien en évidence et qui marquait sa fonction de Maître Marchand, un des chefs d’une des grandes familles Erysmatienne. Or les gens de la tribune luxueuse connaissait fort bien les pressions dont pouvait être capable la Guilde Erysmatienne. En plus des deux centaures le sénateur était accompagné par un nain étrange, visiblement également erysmatien, qui balançait ses courtes jambes dans le vide. Il aurait presque pu passer pour enfant si ce n’est son visage ingrat et ses yeux moqueurs qui semblaient pénétrer l’âme de ceux qui croisaient son regard. Dans le dos du nain, debout, se tenait un homme à la peu tannée enveloppé dans une grande cape noir et coiffé d’un chapeau du même colorie aux larges bords à l’instar de ceux qu’affectionne les gens de la région des Marches.
Malgré la haine, amplifiée par le sombre lieu, que la foule portait à l’erysmatien elle fini par se lasser de voir le jeune homme se faire tabasser d’autant que celui-ci ne déniait plus faire d’effort pour échapper à son bourreau qui était, désormais, lui-même obligé de relever sa victime pour poursuivre son spectacle. Aussi le public finit par scander « duel » et fut rapidement exaucé par les organisateurs qui craignaient que l’erysmatien ne soit rapidement plus en état de tenir tout seul sur ses jambes. Apres le passage d’un homme déguisé en bouffon dont le sénateur ne comprenait guère s’il se voulait comique ou juste entretenir l’ardeur de la foule, un homme cagoulé apporta deux lourdes haches qu’il distribua à chacun des protagonistes. Les plus cultivés des spectateurs surent apprécier l’ironie du choix des armes. Des vêtements de l’Erysmatien ne subsistait que son pantalon en lambeau dont la forme bouffante caractéristique était néanmoins toujours reconnaissable et qui trahissait l’appartenance de son propriétaire à l’infanterie erysmatienne. Ces soldats mercenaires étaient connus pour se battre en combinant l’arc long et la Valkow, une lance à la longue lame effilé. Ce style de combat était régulièrement considérer comme lâche car évitant au maximum le contacte directe avec l’adversaire bien que les compagnies erysmatienne ne soit que rarement à cours de contrat. Aussi la hache n’était certainement pas l’arme de prédilection du jeune homme, bien au contraire du Norvaskien qui faisait habillement tourner son arme dans sa main tendit que son adversaire arrivait qu’avec peine à la soulever.
Tendit que le barbare pavanait devant la foule, le sénateur fit un signe de la main à l’homme dans son dos qui s’approcha immédiatement.
- Juan, vas-y... dit le marchand en indiquant l’arène d’un de ses doigts boudinés. Et n’oublie pas, si tu veux en sortir, donne du spectacle…
L’homme acquiesça sans rien ajouter et fendit la tribune jusqu'à la barrière qui surplombait la fosse. D’un pas agile il l’enjamba pour se laissa tomber souplement dans l’arène. Ce fut d’abord rire dans le public puis encouragement et enfin injure et hué lorsque Juan se plaça devant l’Erysamtien pour faire fasse au colosse blond. Sans quitter son adversaire des yeux, l’homme jeta son chapeau au loin puis sa cape et dans le même geste défourailla une longue épée à lame plate et à la garde ornée. Mais plus que l’épée c’est l’épaule gauche de l’homme qui retint l’attention du public et particulièrement sa manche soigneusement replié qui marquait l’absence du bras.
- Juan… lança dans un soupire l’Erysmatien
- Señor, mettez vous à l’écart, lui répondit sévèrement Juan sans tourner la tête. Il semble que votre oncle ait décidé de sauver votre vie… _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
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Inaalwyn
Gribouille à peine

Messages : 24
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Posté le
: Mar Mar 17, 2009 4:19 pm
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Alors qu'elle se retrouvait encerclée, la centaure vit une personne, un jeune homme à ce qu'il lui semblait, s'interposer entre elle et les brutes. Elle ne réalisa pas immédiatement ce qui se passait lorsqu'il se mit à souffler du feu. Mais, profitant de la diversion, elle envoya l'un de ses sabots en avant, et l'un des assaillants, frappé à l'angle de la mâchoire par la dure corne, s'effondra. Puis son sauveur fit une démonstration inquiétante de son talent d'acteur, mettant les autres en fuite.
Lorsqu'il dévoila son visage, la jeune femelle dévisagea avec surprise les symboles lui couvrant le visage. En effet, elle avait souvent vu tatouages et peintures corporelles, mais ces marques semblaient d'un autre genre. Une seconde différence, plus subtile, attira son attention: ses yeux vairons. Elle n'en avait encore jamais vu de tels. Ses propres yeux, d'un bleu de pierre durant l'affrontement, semblèrent changer très légèrement de couleur, devenant d'un turquoise plus doux, tandis qu'elle le détaillait.
Lorsqu'il s'adressa à elle, lui conseillant la modération dans ses réaction, elle se contenta de hausser les épaules. Les centaures étaient traités de sauvages par les humains, mais nul parmi son peuple ne l'avait jamais considérée comme un objet. Elle était habituée au respect, et cela lui convenait très bien.
Sa seconde remarque lui parut bien plus utile.
J'ai loué une chambre à l'étage, et toutes mes affaires s'y trouvent. La plupart sont remplaçable, mais certaines sont trop précieuses à mes yeux pour être abandonnées. Cette chambre vous parait-elle suffisamment loin, ou dois-je renoncer à passer la nuit à l'abri ? |
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Arioch
Modérabruti
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Posté le
: Mer Mar 25, 2009 6:30 pm
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La fièvre gagnait de plus en plus la foule. Les parieurs agitaient leurs billets dans les airs en augmentant les mises au fur et à mesure du déroulement des scènes. Avec sa carrure, nul doute qu’Azel fut donné perdant, malgré le retournement de situation dont il avait bénéficié dû aux caprices du public. L’homme en face de lui paraissait un peu maladroit dans ses gestes. Au vue de son arme, ce n’était pas vraiment étonnant. Il est en effet plutôt difficile de manier correctement une chaîne. Fouetter un homme sous les fers est une chose, se battre face à une cible mouvante en est une autre.
L’esclave s’avança en faisant glisser les maillons de son arme rouillée entre ses doigts. Il s’épongea le front à l’aide de son poignet, puis fit tournoyer sa chaîne au dessus de sa tête. Azel se mit en garde et fit basculer son couteau dans sa main gauche.
- T’as vraiment été une enflure aujourd’hui, dit-il en levant les yeux au ciel. J’comprend ceci-dit, dormir dans ma pisse toute la nuit d’hier ça n’a pas dû être agréable. C’est fout ce qu’on est à l’étroit dans nos cellules, non ?
Il fronça les sourcils et corrigea la position de ses pieds. L’esclave se lança finalement à l’attaque, sous l’invective des parieurs. L’esclave enchaîna une série d’attaque plutôt rapide et Azel fit de son mieux pour les esquiver, car il lui semblait avoir une gène plus que conséquente au niveau de l’estomac. A vrai dire, il s’imaginait qu’on lui tordait les boyaux avec une paire de gant cloutés.
Le bouffon au visage jaune fit mine de sauter dans l’arène, puis mima des pleurs en se frottant les mains contre ses yeux. Ce faisant, il essuya une partie de son maquillage ignoble et grossier. Celui qu’il avait du soigneusement se badigeonnait la veille avec une pelle à tarte, en mettant pour la dernière fois enceinte Bertha la sourde, sa troisième régulière de l’année.
Un assistant s’approcha de lui, la main enveloppée dans un sac de toile marron, et en retira une arbalète déjà armée. Il lui donna et le bouffon la leva en l’air sous les applaudissements d’une partie du public.
Azel s’inquiéta de la petite scène qui se jouait au dessus deux. Le bouffon lui faisait pratiquement face et il avait une jolie vue sur le dos de l’esclave. Lequel des deux combattants allait-il viser ? Savait-il seulement manier cet engin ?
Rajiendel décida de se rapprocher de son adversaire pour cacher une partie de son corps. Presque immédiatement, le bouffon cala l’arbalète contre son épaule et tira. Le carreau lacéra profondément les côtes d’Azel et lui arracha un cri de douleur, suivit d’un juron.
Il entendit un claquement alors qu’il jetait un bref regard sur sa plaie, et il n’eut le temps que de protéger son visage avec son bras droit. La chaîne rouillée s’y abattit violemment et le jeune homme grimaça en la saisissant fermement. Il la tira ensuite d’un coup sec vers lui –il ne sentait pratiquement plus son bras- et son adversaire, pris au dépourvu, fut entraîné en avant.
Le jeune homme serra l’emprise sur son couteau et fonça vers l’esclave qui réussit à éviter de justesse un coup d’estoc. Il lâcha la chaîne, sous les sifflets railleurs de la foule, et se dégagea sur le coté, avant de se mettre en garde rapidement.
*Pauvre mer…*
Azel s’arrêta et pris un air offusqué.
- Je suis en train de prendre l’avantage ! Tu l’crois ça ? Il ont du parier gros sur ta réussite, espèce de trou du cul. Ils vont tous pleurer si ça continue !
- La ferme ! vociféra-t-il. Montre un peu de dignité, ça te fera pas de mal !
Un hurlement presque inhumain retentit, le son semblait venir d’une autre arène.
- De la dignité ? tiqua Azel. Tu me prends pour qui pauvre tâche ? Regarde un peu l’endroit où on est, je vois aucune traces de dignité dans le coin. Ta vie est foutue, tu sais pertinemment que tu vas crever ici, que ce soit dans les prochaines minutes ou dans les prochains jours.
Je sais comment ça se termine tout ça, et tu sais pourquoi ? Parce qu’il se trouve que je faisais partie des salopards qui ramène des blaireaux comme toi dans ce putain de bouge ! Amusant, non ? Demain, tu servira peut être de festin à une bande de sanglier, et tu regrettera sûrement nôtre intimité d’hier soir.
- Et si tu te contentait de venir te battre, afin qu’on en finisse ? répondit l’esclave, visiblement excédé.
- Tu tiens si peu à la vie ? questionna de façon rhétorique le jeune homme.
Les deux adversaires se rapprochèrent, Azel cracha par terre et contracta ses muscles endoloris. Ils se toisèrent un instant, et l’esclave attaqua. Sa lame fendit l’air horizontalement vers le visage de Rajiendel qui réussit à l’écarter avec la sienne. Il voulut en profiter pour assener un coup de poing de sa main droite mais il fut écarté par le bras de l’esclave. La garde d’Azel était ouverte et il se prit un coup de pied dans le ventre qui le fit reculer. Son adversaire se rua sur lui, le couteau en évidence, mais le jeune homme réussit à anticiper en servant de la force de l’esclave pour le projeter contre le sol.
L’esclave lâcha son couteau en tombant et Azel se précipita pour écraser la main du gladiateur de fortune avant qu’il ne puisse se ressaisir –ce qui ne manqua pas de le faire crier. Il lui administra ensuite un puissant coup de pied dans la mâchoire qu’il sentit clairement se briser. Une gerbe de sang se projeta sur le sol et la foule qui se concentrait sur ce combat manifesta son enthousiasme en criant de plus belle.
*Fais chier, si seulement j’avais pu parier sur moi…*
L’esclave gémit à la vue des dents qui jonchaient le sol. Azel se pencha en grognant, ramassa le couteau, et l’appuya fortement sous la gorge de l’homme à terre. Il se positionna derrière sa tête, de sorte à ne pas recevoir un éventuel coup inutile et le releva, sous la menace de son arme.
- Désolé mon gars, j’pense pas qu’il vont vouloir te sauver.
- Va… te… faire… fou… tre, articula péniblement l’esclave.
La suite allait maintenant théoriquement dépendre du public et de la perversité des organisateurs. Azel serra encore plus fort la lame, jusqu’à ce que du sang s’en écoule légèrement. Il leva la tête vers les spectateurs qui applaudissait, et attendit.
Il ressentit une nette impression d'inachevé et savait pourquoi. Il n'attendait plus qu'une chose à ce moment là et ne se fit pas illusion sur ce que c'était. Non, ce n'était pas la noble satisfaction qu'on lui demande d'épargner sa victime.
- T'as une cigarette sur toi ? _________________ I'm "Arioch del Castillo Naranja del buritos de la muerte", and I approve this message. |
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Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé
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Posté le
: Ven Mar 27, 2009 7:29 pm
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- MAIS… mais qu’est-ce que tu fais… ?
L’intention, d’abord virulente, se transforma rapidement en désespoir alors que ces derniers mots vacillaient sur le rebord de ses lèvres. Marianne, l’épouse du bourreau, les yeux exorbités par tant d’horreur et chargés de larmes amères, sentit vaciller ses genoux et se retint à la paroi de l’arène pour ne pas s’affaisser sous le poids de cette vision. Son mari se tenait là, devant elle, immobile. Il ne comprenait pas. Impossible pour lui de saisir pourquoi tant de dégoût. Il était artiste, il était même doué, et ces deux pauvres infidèles qu’il avait délestés de leur sang ne méritaient rien de mieux que le sort qu’il leur avait réservé. Comment sa femme pouvait elle une seule seconde ressentir de la pitié pour ces deux âmes impies qui dédaignaient vénérer le tout puissant Ohm dans sa grande bienveillance ?
L’air hagard et innocent que Louis tentait d’arborer ne s’accordait pas avec les taches vermeilles qui recouvraient ses vêtements ainsi que sa figure naïve d’étonnement. Lui dont sa lignée avait déjà été remerciée à maintes reprises par le Gardien de l’Ame, auguste Archiprêtre de la sainte basilique d’Erastit, comment pouvait-il faire fausse route ? Une poignée de secondes seulement après le cri d’écoeurement, la foule s’était déjà remise à conspuer :
- Qu’est-ce quelle veut cette grognasse ?!
- Que quelqu’un la pousse ! Il va manquer un peu de sang à Louis pour finir sa croûte !
- Ouais ! Saigne-là Louis !
Outrée et sidérée par toute la violence qui paradait autour d’elle, la femme éclata finalement en sanglot, les paroles hachées par une peine entremêlée d’une rare furie :
- Comment peux-tu… Je vois que tout le monde te connaît ! Quand Aline m’a dit qu’elle avait entendu parler d’un Lapince soit disant tortionnaire au Bon Samaritain, je n’ai pas cru un seul instant qu’il pouvait s’agir de toi ! Jamais plus, tu m’entends, JAMAIS PLUS tu ne reverras mes enfants !
Marianne tourna subitement les talons et se dirigea d’un pas enragé vers une porte de sortie, en haut des gradins. Au passage, elle laissa s’échapper une partie de son courroux en giflant un ivrogne qui tenta de lui glisser une main sur la cuisse, tandis que Louis, prisonnier de son arène, lança une tentative désespérée au milieu des râles du public :
- Mais, ma mie… ce sont des hérétiques… et… regarde, ça représente le clocher de la grande basilique sous une pluie d’automne ! Je l’ai peint pour toi ! Ma mie… attends… je t’aime !
Ces dernières paroles firent naître ça et là dans la foule quelques éclats de rire. Voir un bourreau aussi sentimental n’était sans doute pas courrant pour les habitués de ce sous-sol. Le malheureux boucher, soudain pris d’une vague d’abattement, baissa les yeux au sol afin d’observer le rasoir qu’il y avait fait tomber. Ce dernier était constellé de poussière emprisonnée par le sang déjà coagulé. Il le ramassa lentement, se dirigea vers les pauvres hommes ligotées d’un pas lourd et blafard, puis, d’un même geste sec, trancha simultanément les deux gorges qui s’offraient à lui. Les victimes, déjà complètement inconscientes, ne montrèrent aucun réflexe supplémentaire, si bien qu’on se demanda si elles étaient déjà mortes d’avoir perdu trop d’hémoglobine.
Louis échappa une larme. La vie est trop injuste, pensa-t-il profondément. _________________ Posto ergo sum |
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Ailin
Aiguise sa plume
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Posté le
: Dim Avr 05, 2009 2:11 pm
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« Je vous suis.»
Dit simplement Alken et lui et la centaure se dirigèrent vers l’une des portes qui les mènerait loin des tumultes de la salle des arènes. Ils se faufilèrent dans le large couloir sans échanger une parole, le Nidelwos mâchait une gomme sucrée qui donnait à son haleine une légère teinte mauve et tapotait en rythme sur ce qui ressemblait à une petite lanterne de bois fixée à sa ceinture, source de la lumière qui se diffusait sous sa cape.
Le spectacle auquel il avait assisté ce soir ne l’avait pas particulièrement inspiré, tant de violence gratuite manquait cruellement de subtilité à ses yeux, les hommes étaient brutaux et gaspillaient leur temps et leurs gestes. Aucune histoire intéressante ne pourrait être chantée à ce sujet, peut-être la centaure aurait-elle un récit passionnant à partager avec lui. A mesure qu’ils marchaient, il s’avisa que sa compagne ne s’était pas présentée à lui et pourtant l’avait invité dans sa chambre.
Alken s’étonnait de cet étrange déroulement et s’enquit auprès de l’hybride.
« Loin de moi l’idée de me montrer grossier mais oserais-je vous demander votre nom ? ». Il sourit, pour lui-même. « Mes histoires ne seront jamais considérées véridiques si elles parlent de beautés inconnues sauvées par un fantôme ». Il ajouta. « De plus, seriez vous encline à m’offrir l’hospitalité pour la nuit, je pourrais vous offrir l’un de mes récits en guise de paiement, je crains de n’avoir pas une seule maille ou estellin sur moi » Son ton n’avait rien d’implorant, peut être jouait-il encore un rôle. Pourtant, au fond de lui enflait le sentiment d’avoir fait fausse route en se rendant au Bon Samaritain. Une grande lassitude l’emplit et il s’efforçait de la dissimuler derrière cette joie légèrement hautaine dont il usait avec virtuosité. Ses troubles intérieurs ne concernaient que lui et bien que l’idée de confier à quelqu’un l’avait un jour étreint, il s’en était abstenu.
A cet instant un battant s’ouvrit brusquement devant lui, manquant de le faire tomber dans la poussière, ce que la femme qui l’avait ouvert acheva d’accomplir. Tous d’eux s’effondrèrent au sol, toussant et crachant les saletés que l’impact souleva tout autour d’eux. La maladroite était en pleurs, désorientée, elle se releva sans s’excuser mais ne put continuer son chemin car Alken la retenait par le bras.
« Sauf votre respect, gente dame, permettez moi de vous rendre ceci. Il lui tendit un châle de laine en piteux état dont elle s’empara sans le regarder, manifestement désireuse de quitter au plus vite les lieux. Que vous-arrive-t-il de si funeste ? Prenez donc ce sachet, il contient quelques graines qui, sucées une fois pelées, vous procureront un peu de réconfort. Je laisse le soin au hasard de nous permettre de nous rencontrer de nouveau en de moins embarrassantes circonstances. Adieu, gente dame ! ».
Ainsi il s’en fut, rattrapant le retard accumulé pour rejoindre la centaure.
« Pardonnez cette interruption, mon amie, arrivons-nous bientôt ? » _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
Chimère merveilleuse des songes. |
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Inaalwyn
Gribouille à peine

Messages : 24
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Posté le
: Dim Avr 12, 2009 9:46 pm
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Après qu'ils soient sortis de la salle aux arènes, la centaure avait pris la tête, afin de guider le nilwedos jusqu'à sa chambre. Après la fatigue de sa journée de voyage et les émotions de la soirée, elle boitait fortement, ses sabots produisant un son curieusement arythmique sur le sol. Alors qu'ils marchaient, celui-ci l'interrogea sur son nom.
Inaalwyn, du clan des hauts plateaux. Et vous êtes ?
Le ton avait été courtois, pas le moins du monde froid, mais on devinait que la femme-jument n'était pas des plus bavardes. Elle eut tout de même un sourire pour sa remarque sur sa beauté à elle et son statut de fantôme à lui. La demande qui suivit la surprit, mais elle répondit sans sourciller.
Je ne dois pas connaitre vos histoire, aussi vous offrir l'hospitalité contre l'une d'elle ne me dérange pas. De plus, je n'ai aucune utilité du lit, aussi pourrez-vous l'utiliser sans gêne.
Puis elle entendit un choc, et se tournant elle vit son compagnon à terre avec une autre femme qui sortait visiblement d'une autre chambre. Son air désespéré faillit faire faire demi-tour à l'hybride, mais celle-ci ne semblait désirer que partir, ce qu'elle fit dès qu'elle eut repris son châle.
Alors que le troubadour la rattrapait et l'interrogeait, elle désigna une porte un peu plus loin dans le couloir.
C'est ici.
Arrivée devant la porte, Inaalwyn l'ouvrit et laissa entrer l'homme. La chambre était assez petite, avec un lit et un simple coffre. Il restait assez de place au sol pour que la centaure puisse s'allonger, mais guère plus. Sur le coffre était posé un sac de peau, tandis qu'un arc et un carquois étaient appuyés contre. L'ensemble était assez miteux.
Une fois qu'ils furent entrés, la jeune femme attrapa son manteau posé sur le lit et l'étala au sol, avant de s'allonger dessus, tout en désignant le lit à son compagnon. D'un geste fatigué de la main, elle retira le bonnet coloré qui lui couvrait la tête, libérant un fleuve de cheveux couleur de lin, ornés de toutes sortes d'objets.
Comme je vous l'ai dit, installez-vous sur le lit, il m'est inutile. |
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Maej'tei
Aiguise sa plume

Messages : 110
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Posté le
: Lun Avr 13, 2009 2:32 am
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Là haut, Labotte bouclait lentement sa ceinture, affichant un large sourire de satisfaction. Cette fois-ci, il s’enchantait de constater qu’il n’avait même pas eu besoin de s’en servir pour fouetter une quelconque partenaire réticente. Et, pour lui, la soumission mentale, plus que physique, était toujours un élément clef qui le menait vers une jouissance plus forte encore. Ainsi, dominant les lieux de son regard empreint de perversité, il exhiba ses dents jaunies dans un sourire écœurant. Il embrassa la salle du regard, éternellement plongée dans un pourpre mesquin, contemplant ce qui, selon lui, était magnifique : une orgie perpétuelle.
Il se lécha les babines de nouveau, sentant encore une vague de désir l’assaillir. Cependant, préférant, sur ce coup, jouer la carte de la raison plutôt que celle de la passion, il obligea son désir à se cantonner au plaisir visuel. Son entrejambe ne cessait guère de lui rappeler que ses vingt ans étaient hélas révolus depuis quelques décennies maintenant…
Labotte mit du temps à se revêtir convenablement. Il en était néanmoins tout autre de Dame Eleanor.
Sa robe de soie blanche était déjà déplissée et coulait le long de ses jambes, ses mains étaient débarrassées d’une viscosité dégradante et ses cheveux aimaient de nouveau l’ordre et la discipline, enroulée dans un chignon élégant. Il ne restait plus à cette femme qu’à ôter le teint carmin qui salissait sa peau de porcelaine ; mais pour cela, il lui fallait quitter cette salle noyée par le péché. Malheureusement, sa volonté n’était pas la seule à décider.
Labotte lui prit grossièrement la main, forçant un peu plus tard la belle à se tenir à son bras. Eleanor n’en n’avait pas spécialement envie, mais après le supplice qu’elle venait d’endurer, ce ne serait certainement pas cela qui l’achèverait.
L’indécent bourgeois, dans tout son manque de délicatesse, tira le bras de son épouse tout en avançant vers la sortie. Il ne put s’empêcher, d’un bref coup d’œil, de regarder une dernière fois sa précédente catin s’asseoir sur les cuisses d’un homme essoufflé par ses propres vices. Labotte sourit.
Lorsque Eleanor, traînée par son mari, franchit le seuil de la porte, elle eut le sincère sentiment d’humer l’air frais. Hélas, elle comprit rapidement sa désillusion quand elle vit que le couloir dans lequel ils se tenaient n’étaient que le prolongement de la salle contiguë. Certes, les hommes et les femmes échouées là n’en étaient qu’aux préliminaires, mais on devinait parfaitement le devenir répugnant de leur relation. La jeune femme, finalement poussé par le dégoût, décida de plonger ses yeux au sol, laissant Hugues Labotte la trimballer ou il le souhaitait du moment qu’ils s’en fussent de là le plus rapidement possible. Ainsi, ne discerna-t-elle que des rayures écorchant un plancher miteux, des rosaces de bois orner encore faiblement les lattes étiolées et les quelques trous parsemés deçà delà. Elle distinguait également des bottes de cuir tantôt déplorables, tantôt cruellement dispendieuses s’agiter avec énergie ou, au contraire, avec une extrême douceur. A croire que le Bon Samaritain était l’un des seuls lieux en Arkantis à pouvoir prétendre mêler les gueux et les nobles, les reléguant tous au même niveau.
Un vieillard les interpella :
- Monseigneur Labotte ! Je vous cherchai justement !
- Ah ! Mon bon Gilles, mon Cicérone ! s’exclama le bourgeois boudiné. Qu’as tu donc à me proposer comme distraction cette fois-ci ?
Le vieillard, susnommé Gilles Le Cicérone, connaissait comme sa poche les habitués du Bon Samaritain et, bien sûr, ses gros clients. Mais il était surtout réputé pour suivre, conseiller et connaître les moindres évènements et distractions qui s’opéraient en ces lieux décadents. Son secret, personne ne l’avait jamais percé et, ce vieux Gilles dit le Cicérone n’était pas prêt de le dévoiler ! De cette manière, il lança au bourgeois
- Monseigneur Labotte, je vous conseillerai vivement de vous rendre dans les sous-sols, dans les arènes du bon Samaritain. Il s’y passe de très belles choses ! Des choses qui pourraient bien apaiser votre corps fatigué après vos folles escapades.
- Ah ? et pourquoi devrais-je m’y rendre ?
- Dans l’une des arènes, un artiste, qui se fait nommer Lapince, vient de se faire ridiculiser par sa femme alors qu’il exerçait son art sur un gueux condamné. La foule en était bidonné ! Dans la deuxième, un Erysmatien à manquer de se faire massacrer jusqu’à que le sénateur Gordévaï, en personne, ordonne à un de ses hommes de bondir littéralement dans l’arène ! L’issu du combat est de nouveau incertaine. Finalement, dans la troisième arène, un certain… comment déjà ?… Rajiendel, Azel Rajiendel a fait claquer des dents les gros parieurs en tournant la lutte à son avantage ! Vous devriez vous y rendre de ce pas ! la foule est euphorique. C’est une soirée grandiose Monseigneur Labotte !
- Bien, lança le bourgeois ravi, je m’y rends donc de ce pas ! Merci mon bon vieux Cicérone !
Hugues Labotte tourna des talons, embarquant la pauvre Eleanor dans sa course aux péchés. Il se devait d’assister à ces combats, il ne manquerait cela pour rien au monde. Ah, ce bon vieux Gilles était tout de même un sacré conseiller. Jusqu’à ce que ce denier n’agrippe sèchement la manche de Labotte tout en sifflant :
- Monseigneur, avez-vous oublié votre générosité avec la catin que je vous avais conseillé ?
Le vieillard tendit sa main fripée, attendant son dû. Le bourgeois sourit, gêné et s’empressa de glisser un Estéllin dans la paume de son interlocuteur. Celui-ci déguerpit sans plus attendre en affirmant fortement :
- N’oubliez pas Monseigneur Labotte, nous sommes aux paradis du vice ! Et le plus puissant d’entre tous demeure sans conteste l’argent !
Quelques minutes plus tard, Labotte et Dame Eleanor étaient arrivés dans les gradins, s’y étant déjà installés entre plusieurs parieurs déchaînés. Un bouffon s’agitait étrangement au sein de la foule, exhibant et agitant une arbalète comme s’il s’agissait d’une vulgaire branche d’arbre. Le bourgeois sourit. Le spectacle, décalé, était de son goût. Il ne tarda guère à plonger son regard vers le dit Rajiendel qui, en quelques secondes, prit l’avantage. Les coups se mirent à pleuvoir puis, plus rien. Le vainqueur, semblait-il, se tourna vers la foule, agrippant un couteau dans une main et soutenant le perdant de l’autre. Apparemment, il attendait le verdict de son public. Et Labotte en faisait partie.
Le bourgeois connaissait les règles de pareils combats. Le pouce pointé vers le haut en scandant « La vie ! » signifiait que le combat souhaitait être poursuivit. Le pouce dégoulinant vers le bas et accompagné de « A mort ! » ordonnait le fait que la lutte devait prendre fin. Un silence de quelques petites fractions de secondes s’immisça dans l’arène du Bon Samaritain. Labotte se leva et, jugeant ne pas avoir assez profité du spectacle, dressa son pouce grassouillet et gueula à plein poumons :
« La vie ! » _________________ L'Harmonie passe aussi par la diversité...
Tel le ciel embrasé d'une soirée d'été. |
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Ailin
Aiguise sa plume
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Posté le
: Ven Avr 17, 2009 5:20 pm
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Elle était là, contre le mur poisseux de suie et de sueur, le corps maintenu par une étreinte brutale. Essayant d’épargner cette épreuve à sa conscience, elle regardait ailleurs et par ses yeux grands ouverts, elle tentait de fuir. Sa peau frissonnante exhalait la chaleur infernale, son cœur battait si lentement qu’elle espérait qu’il pourrait s’arrêter; mais son heure demeurait lointaine. Au-delà des pleurs et de la douleur, elle flottait dans un océan d’indifférence feinte. Même la peur était absente, sa chair n’était que l’écrin d’une brute anonyme, fruste et quotidien tourment. Elle n’avait aucun désir d’être ici mais les circonstances avaient estompé tout élan de sa part, elle crierait pour que ça s’arrête et que l’intrus la laisse seule. Contrefaire l’extase était sa seule arme, son individualité annihilée, que lui restait-elle ? Elle attendrait la fin, ivre de ses ténèbres, perdue dans ses ruines. Chaque pensée s’enfuyait comme le sang d’une blessure, elle avait oublié les raisons de son état et le sens de tout cela. Parce que l’oubli la maintenait en vie. Cette vie qu’elle haïssait mais qu’elle n’avait pas la force de quitter, espérant peut être un écho. Un bruit accapara son attention, un mouvement dans l’ombre au fond de la pièce. Lassée, elle s’abandonna dans les bras de l’intrus et accéléra son souffle. Ses poumons gonflés de dégoût crachèrent le plaisir écœurant mais l’homme ne réagit pas, pour la première fois, il posa ses yeux sur elle. Sa masse colossale l’écrasait contre le mur, il ne bougeait plus. Un filet écarlate ornait ses lèvres, son regard demeurait étrangement immobile. C’est alors qu’elle aperçut la pointe brillante qui saillait de la gorge de l’homme, une gerbe rouge éclaboussa son visage quand se rétractèrent les quelques millimètres d’argent. Le goût, aigre et ferreux, l’envahit, ses yeux brûlèrent. Elle glissa, la pierre du mur lacéra son dos nu et la pièce disparut dans les ténèbres…
Le silence la réveilla, la pièce était plongée dans la pénombre. Ses épaules lui faisaient mal, elle était recouverte de ses vêtements. Son esprit engourdi fut soudain secoué d’un souvenir récent, un frisson de terreur lui glaça le sang. Une silhouette était debout devant elle. Laust perçut son trouble et parla.
« Vous n’avez rien à craindre. Le ton de sa voix se voulait apaisant, il parlait sans hâte ni brusquerie. Pourtant le cœur battait comme un tambour dans la poitrine de la jeune femme et l’étourdissait.
- Qui êtes-vous ? Déglutit-elle.
- Un assassin. Mon nom importe peu.
Elle regarda le cadavre qui gisait à ses pieds, la chair diaphane auréolée de sang. Le silence était oppressant, elle voulu continuer mais Laust la devança.
« Il était sur mon chemin. Il n’a pas eu de chance. La jeune femme se renfrogna, l’idée faisant doucement son chemin dans son esprit.
- Je suis venu pour vous. Quelqu’un a exigé que vous disparaissiez.
-...Qui...Pourquoi… ? Elle tremblait, le froid l’empêchait de demander de l’aide. Elle était sans défenses.
- Vous n’aurez pas besoin de savoir qui, là où vous vous rendez et je ne sais pas pourquoi.La voix de l’homme demeurait atone, il paraissait si nonchalant. Je dois aller au bout de mes engagements.
- Je vois…Alors, c’est la fin ? Un calme étrange se répandit dans tout son être, elle se rendit compte qu’elle ne pouvait arracher ses yeux du regard de l’assassin, si puissant et implacable, comme si les ronces mordorées de ces iris la retenaient prisonnière.
- Oui. C’est terminé. »
A l’instant où il prononça le dernier mot, une douleur immense déchira la poitrine de la jeune femme et son cœur s’arrêta, la déferlante ne dura qu’une fraction de seconde. Le poinçon était allé droit au but, libérant un poison mortel. Laust abaissa les paupières de sa victime et s’en fut sans attirer l’attention. Il quitta l’étage à la suite d’une couple étrange, l’un semblait être un bourgeois bien en chair traînant à ses côtés une dame au regard las. L’assassin les accompagna jusqu’aux arènes, prenant soin de se laisser distancer de quelques pas et les rejoignit dans les gradins pour s’asseoir à côté du gentilhomme.
Laust croisa le regard de sa compagne, ses yeux ne s’attardèrent point car soudain son cœur bascula. Une douleur sourde craquela sa conscience, une voix chantait dans crâne, elle chantait une ode pour sa dernière victime et ses accents emplissaient sa tête jusqu’à menacer de la faire exploser. Sa vision devînt floue, une silhouette se détacha de la jeune femme et approcha de lui son visage vaporeux et dénué de traits. Un murmure lui parvint.
« Tue. Pour moi. Encore. Sinon, je vais disparaître. »
Laust inspira profondément, ferma les yeux et se détendit. La jeune dame ne le regardait pas, elle, à l'instar de tous les autres, n'était pas consciente de ce qu'il venait de se passer.
« La vie ! »
Le cri l’éveilla tout à fait et mû par une intense détermination, Laust s’adressa à l’homme qui s’était levé.
« Vous semblez être adepte de ce genre de spectacle. Si vous le désirez, je pourrais rendre les choses plus amusantes…Il sourit…A condition d’y mettre le prix. »
D’un habile mouvement du poignet, il fit glisser un poinçon entre l’index et le majeur de sa main droite. _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
Chimère merveilleuse des songes. |
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Balrog
Rassemble ses idées

Personnage joué :
Khoan
Messages : 3
Sexe : |
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Posté le
: Jeu Avr 23, 2009 7:14 pm
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Une journée comme les autres dans une forêt qui borde le nouvel Empire. Khoan était maintenant tapit sous des racines depuis une heure, immobile, silencieux. Un spectacle tout à fait nouveau s’offrait à lui et ne manquait pas de retenir son attention, une vingtaine de soldats de l’Empire s’attelaient à démonter leur campement. Les tentes étaient roulées et placées sur des charrettes, les chevaux étaient nourris et du bois rassemblé pour le repas du midi. Cela faisait des années que Khoan n’avait pas vu de soldat et malgré le mélange de peur et d’excitation qui l’habitait, il ne pouvait s’empêcher de rester à les observer. La curiosité avait toujours eut raison de lui, elle passait avant la faim, la soif, ou encore le sommeil. Cela dit la journée était déjà bien entamée et le jeune homme n’avait encore pas trouvé de quoi se nourrir. Il décida donc d’être raisonnable et de se mettre en quête d’un quelconque sanglier pour son repas du jour.
Soudain une sensation bien connue l’envahit. Une montée d’adrénaline caractéristique qui ne l'avait jamais trahit.
* Quelqu’un approche ... *
Khoan se releva rapidement, jeta un coup d’œil autour de lui, et se rassit. Il put compter cinq soldats qui approchaient.
Il entendit :
-Sergent ! Quelque chose derrière le talus !
-Allez, deux hommes de front, les deux autres me contournent tout ça. Si ça se mange je le veux sur le feu pour midi.
Dans sa tête tout bascula, la tranquillité laissa place à l’instinct de survie, il faillait prendre une décision. Il considéra les choix qui s’offraient à lui et en une fraction de seconde il comprit que rien, cette fois, ne pourrait le sortir de ce guêpier. La solution la moins risquée cependant restait la fuite.
Il n’attendit pas plus longtemps. Il se dressa soudainement et couru vers la droite du talus, il s’élança à toute vitesse dans le tremplin qu’offrait ce dernier et une fois au sommet, d’un bond, il décolla du sol pour retomber en pleine poitrine d’un des soldats. Celui-ci culbuta en arrière et, avant qu’il n’eut pu comprendre quoi que ce soit, entendit son sergent crier :
- ARRETEZ MOI CE BATARD !!
Une flèche fut décochée. Lorsque Khoan l’entendit fendre les airs il sentit une douleur aigue dans le mollet et le sol parut se dérober sous le pas qui suivit. Il chuta brutalement dans un soulèvement de poussière.
Celle-ci retomba lentement au sol, lui permettant, de seconde en seconde, de voir plus distinctement les hommes approcher. Khoan tenta lamentablement de ramper mais le sergent avançait déjà d’un pas assuré et lui assena un coup d’épée rangée dans son fourreau.
D’abord une douleur intense, puis la perte de la vue, puis plus rien…
… Rien, puis le bruit de pas de chevaux, puis enfin une douleur intense.
Le réveil fut particulièrement désagréable et la sensation laissée par le sang séché sur son visage ainsi que dans sa bouche n’y était pas étrangère. Mais le pire était cette douleur récurrente dans sa tête qui l’empêchait littéralement de se repérer dans l’espace. Il n’avait aucune idée d’où il se trouvait ni combien de temps c’était écoulé depuis qu’il était inconscient.
- Regardez moi ça, notre cher ami se réveille ! Graam tu peux le remercier pour t’avoir ridiculisé.
Ce que sentit Khoan après ces mots lui semblât être un coup de bâton ou un objet dans ce genre, en tout cas ce dont il était sûr c’était qu’il l’avait reçu dans les côtes.
Après quelques minutes il revint à lui et se rendit alors compte qu’il était dans une cage pour animaux à l’arrière d’une charrette. Horreur, les humains qu’il avait décidé de fuir étaient en train de le ramener dans leur monde malsain. Il se leva d’un coup et saisit les barreaux, il secoua la cage dans tous les sens, vaine entreprise. Il ne pouvait pour autant s’empêcher de tout tenter pour se sortir de là.
Fuir, fuir à tous prix, il ne pouvait pas retourner dans cet univers qu’il méprisait tant.
Le sergent fit un signe de la tête. Un soldat s’approcha de la cage avec une lance qu’il tenait à l’envers.
Douleur, voile noir, rien …
Cette fois le bruit de gouttes tombant sur le sol vint le chercher dans le néant. Pendant un temps qui lui paru infiniment long, il se rapprocha peu à peu d’un état de conscience normal, percevant de plus en plus de chose. Il revenait à lui.
Il faisait froid et humide, au loin, étouffé par les murs alentours, il entendait le vacarme d’une foule, perpétuel brouhaha qui vint remplacer le bruit de goutte à goutte. Il voyait trouble. Il longea donc les murs de pierre et arriva contre des barreaux métalliques.
* Mais dans quoi je me suis fourré ?! * |
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Thème visuel par Zeph
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