Bien... Voilà donc un nouveau personnage, pour être honnête, je l'ai imaginé pour éventuellement le jouer dans la quête de Maej'tei, si ça ne pause problème à personne vu que l'aventure est déjà commencée... Donc, un peu d'indulgence^^
Nom: Isabella De'lysendre
Surnom: Bella
Les portes vitrées s'ouvrirent à la volée, laissant s'échapper une bouffée de chaleur moite qui se fondit peu à peu en volutes blanches dans la fraîcheur de la nuit. Des rires assourdis trouvèrent écho dans les jardins silencieux et les notes égrainées par le quatuor à cordes le plus en vogue de son temps alla se répercuter contre les hauts murs de pierre, pour enfin mourir dans la végétation environnante. Une charmante silhouette ondula sur la terrasse pour aller s'appuyer contre la rambarde de marbre qui, bien que massive, n'en n'était pas moins sculptée avec goût.
-Eh bien ma chère... Que dites-vous de cela? Ce bon Marquis de Diofre s'adonnerait-il à de si... Fascinantes récréations?
L'homme se tenait toujours dans l'encadrement de la porte, appuyé contre le chambranle, deux coupes de vin pétillant dans les mains, il prenait le temps de voir quel effet ses paroles allait avoir sur son interlocutrice. Celle-ci se retourna, un sourire flottant sur ses lèvres pleines et vermeilles:
-Si c'est le cas... Il ne m'aura jamais convié à l'une de ses petites fêtes privées...
L'homme pouffa, et, s'avançant vers la jeune femme, lui tendit l'un des verres ciselés.
-Il est donc vrai que vous n'avez jamais été l'une de ses « invitée »... Pourtant... Il se pencha et effleura la peau délicate, laissant glisser sa main de la gorge jusqu'au bras tout en rondeur... Pourtant... J'ai du mal à croire qu'il soit homme à résister à la tentation... Allons... Vous n'auriez donc jamais ouïe dire un seul murmure d'amusements si... L'indiscret souffla dans le cou de sa compagne... Si... «inappropriés»?
-Loin de moi l'idée de « juger » mon ami... lâcha la jeune femme dans un rire. Vous savez fort bien qu'un tel rôle me siérait assez mal... Mais quoiqu'il en soit... Je pense l'Empereur suffisamment sévère pour ramener de l'ordre au sein de son propre Empire... ajouta t-elle, sur un ton badin, pesant pourtant chacun de ses mots.
Une lueur triomphale passa dans les iris vert d'eau de Bella... Elle maniait l'art de la conversation avec dextérité et savait toujours d'instinct quoi dire, quoi taire et surtout, sur quel ton le faire, pour ne jamais se mettre en danger. Outre ses qualités d'hôtesse, elle était réputée pour être intelligente, parlant plusieurs langues, elle avait étudié les arts dans la belle ville de Cassandre et avait de surcroît des notions de politique et d'économie qui lui permettait de ne jamais paraître déplacée, quelque soit le contexte. Elle avait grandi dans une famille plutôt bourgeoise et sans histoire, mais avait su très tôt que la vie l'ennuierait à mourir, le carcan social dans lequel on tentait de l'enfermer ne trouvant aucune grâce à ses yeux, elle avait quitté Bribe, sa ville natale, pour l'université de Cassandre mais avait rapidement trouvé sa propre voie, plongeant avec délectation dans une existence de luxe et de volupté. Pour ses parents, elle travaillait pour un galeriste de la capitale, l'aidant en coulisse à tenir les comptes, comment auraient-ils pu alors faire le lien entre leur petite Isabella et le monde inconnu des plaisirs de la chair?
Car Bella (c'est ainsi qu'elle se faisait appeler), était une courtisane... Rares étaient les femmes qui pouvaient prétendre à ce titre, la majeur partie des femmes de petites vertu n'étant que de vulgaires prostituées, attendant le client dans des hôtels miteux... Il y avait bien aussi certaines « prostituées de luxe », qui vivaient très confortablement du « fruit de leur labeur »... Mais « courtisane »... C'était autre chose. Bella n'avait en général que quelques amants... Mais immensément fortunés et tout autant généreux... Elle les accompagnait parfois en voyage, ou les recevait parfois chez elle pendant les quelques jours qu'ils devaient passer en ville. Depuis trois ans qu'elle avait commencé cette nouvelle vie, la jeune femme avait su tirer parti de sa position et était à la tête d'une fortune personnelle qui, n'étant pas immense, lui permettait tout au moins de profiter de la vie sans jamais s'inquiéter pour les lendemains... Et puis, ses amants continueraient à pourvoir à ses besoins et à la couvrir de présents. Mais de tout cela, personne ne soufflait mot, Bella sachant se faire discrète. Elle occupait une belle maison mais sans signe vraiment ostentatoire de richesse et, si elle ne se cachait pas en société avec ses amants, ils fréquentaient des cercles suffisamment fermés pour qu'elle ne soit pas montrée du doigt par le vulgaire dans la rue.
Son apparence physique était un autre atout, sa beauté bien qu'indéniable, n'avait rien de tapageur, ses tenues restaient soignées et son allure générale dégageait une certaine classe malgré un petit quelque chose de mutin... De taille moyenne, des formes harmonieuses, la peau soyeuse de celles qui en prennent grand soin, un visage où souriaient des yeux dont le blond vénitien de sa chevelure faisait ressortir la couleur vert mordorée... Tous s'accordaient à la décrire comme « charmante ». Et elle savait parfaitement en user.
La jeune femme laissa son regard vagabonder le long des murs du manoir qui se dressait devant elle, l'appuyant ici ou là pour saisir un détail, une irrégularité dans la pierre ou bien pour capter la lueur furtive qui filtrait parfois entre les lourds rideaux de velours que Bella imaginait se trouver à l'étage... Des demeures comme celle-ci... Elle en avait vu un certain nombre ces dernières années...
-Vous me paraissait bien songeuse ma chère...
Elle sourit d'un regard à son compagnon. Rencontré deux ans plus tôt, ce riche marchand d'art de Cassandre l'avait tout de suite intéressée. Elle aimait parler avec lui de ses voyages, ou bien qu'il lui montre ce qu'il avait rapporté de telle ou telle région du royaume. Finalement, elle l'aimait bien... Enfin, autant qu'elle puisse apprécier un homme qui l'entretenait... Leur relation était clairement définie, cependant, il arrive que telle personne vous plaise plus que telle autre. Ainsi Alexander Tarik, avait la chance d'être l'un des amants attitrés de Bella, et, sans aucun doute, son préféré.
-Non... Non, pas songeuse... Juste un peu... Disons... Dubitative... Vais-je choisir un autre verre de cet excellent champagne... Ou bien me laisserais-je tenter par une liqueur de pêche-de-vigne dont le domaine de votre ami tire sa fierté?
La réponse se perdit dans les conversations alors qu'ils regagnaient l'intérieur... _________________ Eternelles Ondines,
Divisez l'eau fine.
Venus, soeur de l'azur,
Emeus le flot pur. |
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