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L'ouverture!
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Répondre au sujet    Arkantis Index du Forum / Le role play libre / Le cabaret de Cassandre
 
Zéphyrine
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MessagePosté le : Jeu Juin 01, 2006 9:47 pm    L'ouverture! Répondre en citant Envoyer un message privé

C’était un véritable branle bas de combat qui avait lieu dans l’immense bâtisse qui n’était autre que le célèbre Cabaret de la Ville des Arts, Cassandre.
Un groupe de jeunes et jolies filles s’affolaient pour mettre un peu d’ordre parmi les coussins qui ornent les banquettes rouges vives, rajustés les longs et transparents voiles noirs qui parcourent la grande salle et entourent la scène centrale.
Et pendant ce temps, une forte femme à la poitrine opulente et aux longs cheveux grisonnants aboyait ses ordres à la cuisinière et aux femmes de chambres qui s’affairaient dans les chambres à l’étage.
Tout devait être prêt pour que le Cabaret puisse rouvrir ces portes ce soir. Et Cassandra, la matriarche n’admettrai pas la moindre seconde de retard. Cette forte tête dirigeait ce lieu de fête depuis bien longtemps déjà et elle savait qu’il ne fallait surtout pas décevoir les clients.

Mais tout était prêt! Les caves étaient pleines de vins et autres liqueurs, les chambres étaient sublimes, propres et envoûtantes et la grande salle était bondée de jeunes et jolies danseuses prêtes à satisfaire les yeux et les rêves.

Cassandra, sourire aux lèvres pu alors ouvrir la porte et mettre le panneau « OUVERT » à la vue de tous.
Cassandre la belle allait charmer les visiteurs avec sa plus mystérieuse création, le Cabaret!



[HRP: voilà un petit RP pour vous mettre dans l'ambiance du Cabaret! Pour toutes questions le concernant vous pouvez me contacter!
Je tâcherai de vous proposez des animations qui pourront égayer nos RP et si la moindre idée vous vient n'hésiter pas je suis toute ouïe!

Cassandra sera votre hôte en ce charmant lieu! [/HRP]

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Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.

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Eléa
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Rébecca De Garante
 
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MessagePosté le : Mer Aoû 02, 2006 11:22 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Rébecca danseuse aux voiles



La pièce était plongée dans la pénombre, seule la faible flamme d’une bougie promenait ses ombres sur les murs et sur le corps pâle et particulièrement dénudé à peine dissimulé par un peignoir de soie pourpre d’une jeune femme… Celle-ci, assise devant une coiffeuse de corde tressée était occupée à se mirer, peignant lentement ses longs cheveux noirs dans lesquels quelques perles brillaient ça et là, retenues par des bandeaux tressés. Cependant ses yeux semblaient regarder sans voir et le reflet, plutôt joli au demeurant, qui la fixait ne paraissait pas avoir conscience de sa propre présence… En réalité, son esprit vagabondait loin… si loin… Bien au-delà des montagnes que l’on pouvait apercevoir par la fenêtre, bien au-delà des plaines qu’elle avait dû traverser il y avait quelques mois déjà pour rejoindre son rêve : Cassandre… La cité des arts… Et la liberté, toute relative elle le comprenait aujourd’hui, que cette ville seule pouvait lui offrir et avant tout la capacité à vivre par elle-même et pour elle-même. Les mots de ses parents lui revinrent furtivement en mémoire :

« -Mais que feras-tu toute seule là-bas ? » avait dit son père…

Et d’un certain côté elle ne pouvait lui donner tord… Mais sa mère avait su la comprendre et sans accepter son départ, du moins l’encourager à faire ce que bon lui semblait… C’est vrai qu’elle avait toujours été libre et c’est la raison pour laquelle elle étouffait dans ce village perdu, malgré la proximité de la mer qu’elle aimait tant et qui lui manquait parfois cruellement… Mais ici avait commencé une nouvelle vie pour elle et rien ne servait de se demander ce qu’aurait été son existence ailleurs… D’autant qu’en y réfléchissant, la seule idée qu’elle aurait pu ne pas entreprendre son voyage la faisait frémir de peur et de dégoût pour l’ennui auquel elle avait échappé rétrospectivement. Elle secoua ses boucles souples et inspira profondément, heureuse de découvrir qu’il ne s’agissait que d’un songe éveillé et qu’elle se trouvait belle et bien là où elle avait choisi de vivre. Elle sourit alors à son reflet et ses yeux s’illuminèrent :

« - Hum… Peut-être un peu plus de fard à joue… » murmura t-elle…
Ces derniers mois, elle avait dansé pour les cours des personnages les plus influents, et alors qu’elle était au sommet de son art semblait-il, elle avait été engagé pour l’inauguration du nouveau cabaret à la mode, ce qui était une bonne chose et lui assurait un coup d’éclat dans sa carrière déjà prometteuse. Ensuite… Eh bien elle aurait le temps d’y réfléchir… peut-être resterait-elle quelques temps si Cassandra jugeait bon pour l’image de son établissement de la programmer régulièrement…

Trois coups discrets frappés à la porte la firent sursauter :


« Voix de femme : - Rébecca ! ça va être à toi !

Rébecca : - C’est bon ! Je viens… »


Elle vérifia une dernière fois que tout était en ordre dans le miroir cerclé d’or, rajusta ses bracelets et laissa glisser son peignoir. Puis elle se dirigea d’un pas nonchalant vers la porte, tourna délicatement la poignée de bronze et quitta la pièce dans laquelle la lueur de la bougie continua à danser sur les coussins de velours et les voiles du baldaquin.

Elle longea un étroit corridor qui devait la mener derrière la scène… Une fois encore, elle allait passer de l’ombre à la lumière… Et elle devait bien l’avouer… elle adorait ça… L’atmosphère enfumée semblait étouffer le bruit de ses pas… En un léger bond, elle fut sur scène au moment ou les tambourins entamaient leur langoureuse rythmique… Elle rejeta sa chevelure luisante en arrière et son corps commença à lui échapper… Dans ces moments de grâce, elle ne s’appartenait plus réellement. Ses hanches décrivaient de gracieuses courbes, faisant scintiller la perle qui trônait dans son nombril à chaque nouveau mouvement. Les voiles, fixés à ses poignets par de larges bracelets dorés vire-voltaient autour d’elle comme autant de papillons bariolés. Sa silhouette mince, ses bras tout en rondeur et ses jambes galbées… Tout en elle n’était que volupté, sensualité et promesse d’amour… Cela participait sans aucun doute à faire d’elle l’une des danseuses du ventre les plus en vogue de l’époque. De cela elle avait conscience bien sûr et savait en jouer à la perfection, déclinant ses sourires enjôleurs et ses déhanchés hypnotiques avec grâce et élégance… C’était presque devenu une seconde nature chez celle qui enflammait le cœur et le corps des hommes en cette chaude soirée d’été où le tout Cassandre se bousculait pour assister à l’événement de la saison : l’ouverture tant attendu du cabaret de Cassandra, personnage charismatique s’il en est dans le milieu culturel de la cité. Les lyres chantaient à l’unisson, égrainant les notes suaves de leur partition exaltée… Rébecca semblait transportée, sa poitrine se soulevant à un rythme de plus en plus irrégulier signifiant que la danse avait pris le pas sur sa raison une fois de plus… Il en était toujours ainsi, plus elle dansait et plus son corps s’abandonnait à son art… Ses pieds ne touchaient presque plus le sol, elle volait littéralement d’un bout à l’autre de la scène, son ventre luisant de sueur, ses reins se balançant en cadence et ses pupilles étrangement dilatées… Le rythme s’accéléra sensiblement, la chaleur augmenta encore autour de son corps fiévreux… Ses hanches s’agitèrent de plus en plus vite, et d’un bond gracieux, elle fut à terre en position de grand écart, ses voiles négligemment rejetés sur sa chair frémissante, sa longue chevelure pendant derrière elle, quelques mèches collées sur son visage embrasé alors que la musique mourait doucement au creux de son bassin…
Le silence s’était fait et les personnes présentes avaient retenu leur souffle jusqu’à l’apothéose du numéro de la sublime œuvre d’art vivante qui se tenait à présent haletante sur le sol…
Rébecca avait dansé…

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Zéphyrine
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MessagePosté le : Mar Aoû 08, 2006 1:18 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Cassandra était plus que fière de sa nouvelle recrue!
Enfin une danseuse qui avait la musique et le rythme dans la peau…

Elle s’installa dans un coin sombre et mira le spectacle tout en admirant l’hypnose dans laquelle la danse semblait plonger les hommes.
Il n’y avait vraiment rien de plus fragile qu’un homme…
Une femme pouvait les mener à leur perte sans le moindre effort de sa part…
L’arme absolue contre un homme était une femme…

Cela faisait des années qu’elle, Cassandra connaissait cette loi que rien ne pouvait contrer!
Elle l’utilisait depuis toujours pour tout réussir dans sa vie tout se don elle rêvait…
Et même, elle avec sa cinquantaine bien sonnée, elle savait encore faire chavirer l’esprit et le cœur des mâles!

Soupirant à cette pensée, elle dénoua le chignon qui retenait ses longs cheveux déjà blancs…
Elle les laissa cascader avec grâce dans son dos et nicher leurs pointes fragiles au creux de son dos que l’âge n’avait pas déformé…
Un sourire malicieux aux lèvres, elle tira sur son décolleté, laissant encore plus d’air à son opulente poitrine…

Elle ne pouvait rivaliser avec Rebecca car la jeune femme était vraiment sublime mais elle s’avait allié sa beauté de femme ayant réussi à celle de son intelligence en matière de séduction physique mais surtout à celle de la séduction par la parole.
Elle était une femme n’ayant besoin de personnes pour vivre et surtout plus des hommes…
Elle était riche, célèbre et admirée…
Que demander de plus?


A part: Pourvu que Rebecca ne partes pas… Si un jour quelque un devait me remplacer… je voudrait que ce soit elle!

Apercevant du coin de l’œil de nobles mâles au porte monnaie plutôt épais et dont la position était des plus envieuses, Cassandra sortit de l’ombre, son sourire charmeur et sa douce voix flatteuse aux lèvres pour les accueillir
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Eléa
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MessagePosté le : Mar Aoû 08, 2006 9:43 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Rébecca se releva dans ce silence lourd de sens qui suivait chacune de ses apparitions. Elle toisa l’assistance de toute l’arrogance que lui conférait le fait d’être l’une des plus belles femmes de la ville. Lorsqu’elle esquissa une révérence, les applaudissements crépitèrent d’un bout à l’autre de la salle et elle avait déjà regagné sa loge lorsqu’ils moururent enfin, noyés dans la musique du numéro suivant. Un sourire satisfait flottait toujours sur ses lèvres lorsqu’elle s’assit devant sa coiffeuse. Elle retoucha son maquillage, libera quelques boucles brunes qui s’échappaient de sa coiffure, passa une tunique fluide qui épousait parfaitement les gracieuses courbes de son corps, dégageant une de ses épaules, et après un dernier regard au charmant reflet qui lui souriait dans le miroir, se décida à aller voir si la générosité des hommes de Cassandre égalait leur goût en matière d’art…
Les conversations allaient bon train lorsqu’elle s’approcha du bar qui filait sur tout un pan de mur, face à la scène. Deux hommes d’un certain âge se découvrirent et s’inclinèrent sur son passage, ce à quoi elle répondit d’un regard enjôleur, tout en retenu. Un peu plus loin, elle s’accouda élégamment sur le rebord du comptoir mais n’eut pas le temps d’interpeller la serveuse ; une voix de contrebasse s’éleva derrière elle :


« - S’il vous plait, offrez donc un verre de ce que vous avez de meilleur à cette ravissante jeune personne, et bien sûr vous le mettrez sur ma note… »

Rébecca se retourna et dévisagea le nouveau venu, probablement un diplomate, alliant classe et stature imposante. Après avoir mentalement jaugé le gentilhomme, elle daigna lui adresser la parole :

« - « Ravissante… Jeune… Personne… Eh bien… Vous ne lésinez pas… Mais, ne vous méprenez pas… la flatterie ne vous mènera nul part… »

Quelques secondes s’écoulèrent pendant lesquelles ils se défièrent en silence… Puis, l’homme éclata d’un rire franc et fit signe à la serveuse d’obtempérer. Lorsque l’alcool vermeille cascada dans les verres ouvragés, il en tendit un à Rébecca qui l’accepta, le remerciant d’un sourire. Le cristal tinta lorsqu’il trinquèrent, puis ils échangèrent quelques banalités sur un ton badin. Mais Rébecca n’étant pas du genre à s’attarder trop longtemps au même endroit, s’excusa bientôt pour continuer à déambuler entre les tables, l’air dégagé et serein de celles que les regards rendent bien plus belles encore. Ainsi, elle distribua sourires et formules de politesse autour d’elle. Elle avisa alors Cassandra, en grande conversation avec deux riches aristocrates auxquels elle soutirait habilement pièce d’étain après pièce d’étain, trouvant dans leur ivresse un complicité passive. Rébecca ne put qu’admirer cette femme qui, les années passant, continuait à tenir ses affaires d’une main de maître. Elle fit un discret signe de tête entendu à Cassandra, la frôlant pour gagner la sortie… La jeune femme avait envie de prendre un peu l’air…

Au dehors, la nuit était claire, la lune n’étant pas avare de sa douce lueur bleutée. Rébecca contempla le ciel constellé d’étoiles, nonchalamment adossé contre un pilier sous le porche. Elle réfléchissait, c’était vrai qu’ici la vie était douce, c’est en tous cas ce qu’elle pensait en cet instant, après avoir dû faire ses preuves, après s’être battu pour se distinguer entre les centaines d’autres candidates à la réussite… Voilà qu’à présent elle dansait dans un des établissements les plus selects d’Arkantis ! Elle laissa échapper un soupir et baissa les paupières sur ses jolis yeux, emprisonnant leur lumière pendant quelques instant…

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Ailin
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MessagePosté le : Mer Aoû 09, 2006 12:26 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

L'ombre offrait un refuge aux malfrats et autres laissés pour compte, quelques feux allumés dans de vieilles jattes rouillées luttaient vainement contre ces ténèbres, appels de détresse lancés aux grands de ce monde mais qui, fardés d'arrogance, n'accordaient pas le moindre regard apitoyé à ceux qui furent brisés par les écueils de la pauvreté. Les ruelles se peuplaient d'une lie grouillante comme la vermine, Laust ne se plaisait guère dans cet environnement hostile, presque animal, malgré son goût prononcé pour l'obscurité. Un mendiant se présenta à lui, arborant un visage mû par l'agressivité et une dague brandie dans sa main gauche. Avant que le moindre mot ne s'échappa de ses lèvres entrouvertes, le jeune homme abattit sa lame que les braseros ne purent illuminer qu'un instant, d'un froid éclat accompagné de l'écoulement silencieux du sang fuyant la gorge béante du vieil homme que l'on retrouverait mort et pourrissant quelques jours plus tard, triste réalité que la solitude gangrénait.

Laust s'immisca hors des étroites allées en grimpant sur les toits et atteignit quelques minutes plus tard le but de son escapade nocturne. Le cabaret s'arrachait à la monotonie des rues par ses lumières écarlates qui cascadaient depuis les larges fenêtres, une atmosphère pesante filtrait sur le palier où s'égarait un doux parfum d'encens. Il n'accorda qu'un regard à la danseuse (à en juger par sa tenue) avant d'entrer, éclair d'or et d'émeraude tranchant avec le sombre reflet qu'il encontra, dissipé par les délicates paupières de la jeune femme. Sous le foulard qui masquait son visage, Laust ne put réprimer un sourire intrigué, né d'une quelconque nostalgie, des images floues imprimèrent son intellect de leurs aquarelles...Victimes, concubines...Toutes avaient été délaissées par ses soins, en dehors du flot incessant de son existance. Tant que son coeur ne cessait de battre, il assouvierait ce manque cruel...Mais pas ce soir, il se devait de noyer l'âcre souvenir de son récent larcin dans la douce chaleur d'un élixir tenace.

Ignorant subtilement les murmures de quelques convives, il se fraya un chemin jusqu'au comptoir. Deux, trois aristocrates arboraient de magnifiques parures et d'opulentes étoffes, futiles exagérations pensa-t-il. Plus loin, une dame, dont les avantages s'obstinaient malgré son âge avancé, semblait passionnée par sa conversation avec de charmants et riches personnages. De nouveau, il s'en détourna car seul l'éclat scintillant des boissons ne le séduisait, obsédante lubie dont les papillonages enivraient son désir.


« Une pinte d'ale je vous prie, sucrée et glacée. »

Les lueurs ambrées vibrèrent quand le tenancier en versa les affres dans le réceptacle cristallin avant d'y ajouter un fragment de sucre et quelque glace pilée. Laust paya, laissant valser les quelques florins de cuivre sur le bois écaillé du comptoir puis quitta promptement la salle. Les balconnades qu'offraient la vaste façade de l'établissement répondaient à ses attentes et il s'assit sur une large balançoire dont les coussins étaient généralement destinés aux romances.
Laust apréciait le moindre frisson, tantôt douce caresse aux arômes fruités, tantôt morsure brûlante des vapeurs alcooliques, sublime métamorphose de parfums et sensations dans son palet. Oubliant la réalité au point de ne remarquer la présence de cette danseuse dont il toisa les pupilles, quelques instants plus tôt.

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Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
Chimère merveilleuse des songes.
 
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Eléa
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MessagePosté le : Mer Aoû 09, 2006 8:15 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La fraîcheur de la nuit… Les bruits étouffés, la musique en sourdine… Qu’un peu de calme apaisait l’âme parfois… Des effluves d’encens provenant de l’intérieur de l’établissement vinrent picoter les narines de Rébecca, elle su ainsi que les portes avaient été ouvertes sur la nuit. Elle ramena son attention sous le porche où l’étranger s’était laissé glisser sur une balançoire. Elle se souvint l’avoir aperçu à son arrivée un moment auparavant. En y réfléchissant, de quoi se souvenait-elle au juste ? Une présence, une sensation de vide glacial, un bruissement et un éclair émeraude entre des cils de nuit… Oui… Si elle avait été plus impressionnable, cet homme lui aurait sans doute fait froid dans le dos. Mais en l’occurrence, n’ayant peur de rien, elle était plutôt curieuse de connaître le pédigrée de cet étrange personnage qui semblait entouré de lambeaux de mystère et d’échos de souffrances… La mort flottait autour de lui… La jeune femme laissait ainsi vagabonder ses pensées alors qu’elle restait là, si immobile qu’on aurait pu la confondre avec le pilier dans l’ombre duquel étaient dissimulés ses charmes, observant en silence l’aura de tristesse semblant emprisonner le voyageur. A l’intérieur, les tambourins reprirent leur office, marquant le début d’un nouveau numéro. Rébecca eut un léger frisson, comme chaque fois qu’elle côtoyait la scène en pensée. Elle était décidément faite pour ça, chaque fibre de son corps tendait vers cet aboutissement illusoire, chacun de ses souffles étaient réservés à ce paradis artificiel, cette jouissance suprême qu’elle ressentait dans le creux de ses reins quand son corps et son art ne faisaient plus qu’un… Elle songea avec délices à ces instants de grâce qu’elle revivrait encore et encore… Un sourire rêveur s’épanouit sur ses lèvres… Un léger craquement provenant du bois de la balançoire la sortit de sa rêverie. Elle se glissa lentement le long de la balustrade et s’arrêta à quelques centimètres de l’homme, presque invisible dans l’ombre, dans ses vêtements de cuir noir. Un large foulard dissimulait une bonne partie de son visage, elle chercha donc son regard mais celui-ci était perdu dans le vague, sans doute s’était-il abandonné à son ivresse. La belle danseuse se coula sur un fauteuil de rotin recouvert de confortables coussins, ne perdant pas l’inconnu des yeux…

Rébecca : - Vous avez raison… C’est une belle soirée pour s’enivrer…

Elle avait prononcé ces mots d’une voix basse où la sensualité perçait malgré ses efforts pour la rendre la plus neutre possible. C’était devenu comme une seconde nature chez celle qui savait envoûter aussi bien que respirer. Elle dû s’en rendre compte parce qu’elle ramena sa tunique sur ses jambes, tentant de dissimuler le plus de peau possible comme pour contrebalancer ce que le timbre de sa voix aurait pu laisser penser. Curieusement, elle n’avait pas particulièrement envie de plaire ce soir… Le silence s’installa et Rébecca leva les yeux vers la lune, mais d’après les traits impassibles de son visage, nul n’aurait su dire si c’était pour cacher sa gêne en se donnant une contenance ou tout simplement parce qu’elle trouvait à l’astre presque scintillant plus d’attirance que ce qui se passait sous le porche à cet instant…
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Azeem El'Bakshir
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MessagePosté le : Jeu Aoû 10, 2006 10:47 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Azeem pénétra dans la grande salle du cabaret de Cassandre non sans une certaine réticence qu’il se donnait grande peine à masquer sans, pour autant, parvenir à se défaire de son air grave et sévère qu’il l’habillait aussi sûrement que sa cape juba, son turban ou ses complexes étoffes rubis. A son coté se tenait le Baron Javis De Phorante, ambassadeur d’Allisco à la cour du Nouvel Empereur.

Après avoir finalement réussi à pénétrer à la cour du Lion, suite à des efforts disproportionnés, Azeem devait bien s’avouer que son audience avec « Sa Majesté Impérial » fut un profond échec. « Sa Majesté Impérial »… le prince grimaça, le titre lui brûlait encore la langue et il se retint de cracher son dégoût sur les riches tapis de l’entrée. Comme il l’avait craint, la révolution ésotérique n’avait guère suffit à laver l’inimité qu’éprouvais les Houtjas envers les Sahélites. Toutefois, Azeem avait espéré que les intérêts que le nouvel empereur serait susceptible de retirer en l’aidant dans sa quête viennent contrebalancer cet état de fait. Cependant, comme lui avait plus tard souligné De Phorante, l'empereur ne se serait jamais risqué à apporter son soutien à un peuple, fussent ils des réfugiées, encore considéré par l’Eglise d’Ohm comme hérétique et impie alors même que le pouvoir impérial courtisait le clergé. Sa requête avait, néanmoins, intéressé l’ambassadeur du royaume d’Allisco qui lui avait alors proposé de l’accompagner lors de son prochain voyage vers Flamin. Une semaine plus tard, Azeem et sa suite descendait le Ranov sur l’embarcation du Baron pour se voir introduire à la cour du roi Elmor III qui avait accepté, lors de son dernier message par Mathaly, d’accorder audience à la délégation Sahélite.

De Phorante avait expliqué aux hommes du désert qu’en ces périodes estivales, les voyage vers Flamin était considérablement raccourci par l’ouverture du col des vierges qui permettait de rejoindre la capital d’Allisco sans avoir à contourner le Mur d’Inov par le nord. Mais plus que le temps ainsi gagné, l’ambassadeur semblait surtout se réjouir que cet itinéraire les autorise à faire escale à Cassandre et le noble semblait, en effet, infatigable lorsqu’il s’agissait de vanter la beauté de la ville et la prouesse des artistes qu’elle abritait. Bien sûr, il n’omit pas de préciser le rôle prédominant que le royaume d’Allisco a joué dans cette gloire en protégeant le duché des intrigues impériales et des agressions de Lorsinia. C’est ainsi que le baron leurs avait expliqué, non sans fierté, que le Duc de Véra avait rajouté les trois aigles au blason de son duché en remerciement aux secours que les rois d’Allisco lui avaient apporté durant le complot des lyres d’argent et les deux guerres du Ranov.

Deux des hommes de l’Afar se dispersèrent dans la pièce alors qu’Azeem, Fadel et Shadee suivirent le Baron vers la table que celui-ci avait réservé avant de quitter Audréa. Alors qu’il s’installait sur les luxueux fauteuils, l’Afar parcourut du regard la grande salle 0 la lourde décoration baroque. Sans savoir clairement pourquoi ce lieu le répugnait. Il y régnait une atmosphère de vice et plaisirs frivoles qui lui évoquait clairement la décadence. En son temps, Azeem avait souvent condamné le confort et les facilités du palais de Karish qui, selon lui, encourageait de trop l’oisiveté au détriment d’activité plus spirituel et enrichissante. Mais même les plus oisif des nobles du Sahel aurait été choqué par un tel débordement de luxe qui invitait à l’abandon du corps et, infiniment plus grave, de l’esprit. Pour le regard des religieux Sahélites, dont faisaient incontestablement parti Azeem et ses hommes, de tels lieux ne pouvaient qu’entraîner le pourrissement de l’âme.


- N’est ce pas un endroit Féerique Sir El’Bakshir ? L’interpella avec un sourire entendu le Baron.

Azeem mit un certain temps avant de répondre, cherchant ses mots de façon à ni ne se montrer incorrecte avec son hôte, ni à contredire ses pensés et traditions devant ses hommes.
- Un tel…débordement est tellement peu dans notre culture, Baron, nous somme peu usité et plutôt…déstabilisé par ce genre d’endroit. Finit-il par répondre.

Mais la question de l’ambassadeur n’appelait pas réellement de réponse et celui-ci était déjà concentré à passer commande auprès d’une serveuse aux charmes suggestifs. Azeem accepta le ver de vin offert par son hôte alors que sur la scène on annonçait la prochaine danseuse. De Phorante se pencha vers Azeem afin de se faire entendre par-dessus les applaudissements fébriles.


- Le comte d’Ourtiant ma parlé de cette nouvelle danseuse de manière fort élogieuse. Je suis impatient de voir si son talant, et ses charmes, font honneur à tout le bien que l’on m’en a rapporté. Oh, et je crois me souvenir que son style s’inspire grandement des danses du sud, cela devrait sans aucun doute vous intéresser de retrouver ainsi votre culture…

Azeem profita que le baron ait le regard fixé sur la scène pour s’autoriser un froncement de sourcil réprobateur. Ce lieu était bien le dernier endroit où il aurait souhaité voir sa culture exposée. L’Afar porta néanmoins son regard sur la scène, plus par politesse que véritable envies.

Et Rebecca dansa….

Malgré son à priori négatif, l’homme du désert se laissa, bien à contre cœur, captiver par la performance sans faille de l’artiste. Comme lui avait promis De Phorante, le style était clairement inspiré des danses du ventre du Sahel mais avec des influences qu’il ne connaissait pas et qui donnait une toute autre dimension. La sensualité, la grâce et la magie irradiait des moindres mouvements de Rebbeca sans jamais laisser place à la moindre vulgarité. Comme tout les spectateurs, Azeem ne pouvait être qu’hypnotisé.

Après les dernières notes, alors que le silence incrédule fit place à un frénétique crépitement d’applaudissement, Fadel, dans un mouvement instinctif, porta ses mains, paumes écartées et doigts joins aux extrémités, à hauteur de son visage et inclina brièvement la tête. Le signe de l’Ajara, signe du remerciement qui remplaçait au Sahel les applaudissements lors des représentations. Le soldat, se rendant compte de son geste en un tel lieu se reprit rapidement et lança un regard coupable vers Azeem. L’Afar esquissa un léger sourire avant réaliser le même geste en direction de la danseuse qui quittait la scène.


- Même l’enfer peut produire certains ravissements… lança-t-il en Sahélite à son lieutenant qui acquiesça d’un air grave.

- Vous dites, Sir ? Questionna De Phorante.

- Que son talant est vraiment remarquable… menti Azeem, très…étonnant…
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Azeem Hajak Alamra El’Bakshir

Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
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Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner
 
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Ailin
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MessagePosté le : Mar Aoû 22, 2006 12:05 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Un bruissement d'étoffe, un son doux et feutré comme la caresse des étoiles portée par la bise nocturne, du moins comme il aimait à le croire. Déjà la mousse s'effritait au fond de son verre, pétillant dans son agonie et pourtant si brillante et délicate. La mort gangrainait sa vision de toutes choses, poison de l'âme imprimé dans ses sensations, dans son coeur dont les battements n'étaient qu'une sinistre marche funèbre inlassable. C'était un brasier dont la fumée occultait toute compassion, une flamme à laquelle les papillons se brûlent, séduisante et mortelle. Indispensable...Laust s'accrochait à cette indifférence pour combler le vide qui tiraillait son corps aussi bien que son esprit, pour oublier qu'au bout du compte il dérobait la vie pour y goûter ne serait-ce qu'un instant, pour oublier que lui-même se croyait mort. Un être misérable, désespéré mais en aucun cas, un être vivant. Cette femme, il avait aperçu, Laust s'en souvenait mais elle n'était qu'un spectre dans les vapeurs qui tourmentaient son crâne d'un malaise agréablement anesthésiant.

" - Vous avez raison… C’est une belle soirée pour s’enivrer…"

Peut-être bien était-il ivre, délicieusement heureux de pouvoir se bercer d'illusions éphémères. Elle avait raison. Ses lèvres dessinaient un arc parfait à la lueur de la Lune et quand il l'entendit, Laust ne put que s'émerveiller de les voir bouger, d'avantage que pour ce qui s'échappait de ces fragments de chair délicatement retroussés. Ses paupières plissèrent son regard, l'air contrarié il se détourna légèrement, fixant un point dans le lointain. C'était certainement dû à son état, le revers de la médaille, cette faiblesse désarmante qui brisait ses murailles comme des mains déchirant les ténèbres dont il s'enveloppait, dans l'unique espoir de convaincre les autres de sa noirceur...Pour se convaincre lui-même, probablement...Mais il refusait de l'admettre car il était ce que les autres voyaient en lui et il choisissait ce qu'il leur montrait, il n'était que ce qu'il voulait être...Rien de plus...

"La vie est trop courte, il n'y a pas de meilleure soirée pour s'enivrer...C'est le meilleur moyen d'oublier..."

Ses mots lui échappèrent et il se maudit, l'ivresse rendait cette femme plus belle encore et il se laissait prendre au piège. D'un geste presque imperceptible elle dissimula ses jambes, il lui en fut reconnaissant, intérieurement. Laust s'affala dans les coussins, un crissement hurla depuis les gonds rouillés de la balançoire. Alors que son foulard tombait dans les soieries, le jeune homme tenta de s'en emparer mais la danseuse le retint, laissant l'écharpe s'échouer dans l'écarlate comme un serpent venimeux aux portes de la mort...

"Comme vous voudrez..."

Il se libéra de l'étreinte de sa main plus lentement qu'il ne l'aurait voulu, clignant des yeux pour reprendre ses esprits que l'alcool noyait.
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MessagePosté le : Mar Aoû 22, 2006 4:08 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Le profil pâle de la jeune femme se découpait nettement dans la clarté bleutée offerte par la lune et c’est à peine si ses traits se détendirent lorsque la voix brisa le silence :

Laust : "La vie est trop courte, il n'y a pas de meilleure soirée pour s'enivrer...C'est le meilleur moyen d'oublier..."

Rébecca reporta alors son attention sur le jeune homme, assis près d’elle. Son aura ne semblait pas perdre de son intense mystère et la tristesse continuait d’irradier de sa personne comme la résignation suintait de chacune des intonations de sa voix rendue plus basse par l’alcool. Des images émergèrent malgré elle de souvenirs lointains et indistincts… Elle en avait rencontré des gens pendant son périple pour venir jusqu’ici, destinés incertaines, espoirs déçus, croyances perdues et vies blessées en tous genres… Et maudits en sursit… Ceux-là, qui se maudissaient eux-même, Rébecca les connaissait bien pour avoir été naturellement attirée par eux, de part ses propres addictions au malheur… Qu’elle s’était plu à étudier, à décortiquer toujours et encore dans sa recherche presque sociologique de pouvoir sur sa propre vie… Ce drôle de sentiment de malaise, la jeune femme se prenait à le ressentir de nouveau, pour la première fois depuis longtemps, en présence de cet étrange personnage dissimulé sous son foulard censé le protéger mais de quoi ? Oublier… Que voulait-il donc oublier ? La course effrénée vers un but quelconque… La fuite en avant… Ou la futilité de l’existence ?
Rébecca fut tirée de sa rêverie par un mouvement de l’étranger qui se laissait aller dans les coussins de la balançoire... Lorsque son foulard glissa, il essaya de le rattraper mais la danseuse retint son geste avec douceur…


Laust : "Comme vous voudrez..."

Le jeune homme se rendait, affaibli par l’ivresse qu’il avait lui-même souhaité… Rébecca le sentit tressaillire imperceptiblement au contact de sa main, quelques secondes s’écoulèrent pendant lesquelles il lutta pour finalement se dégager de l’étreinte de la jeune femme. Celle-ci su qu’elle venait de remporter une victoire, le jeune homme ne s’était pas enfuit, la laissant même voir son visage découvert, au risque de lui permettre de l’identifier… Elle s’inclina légèrement en signe d’assentiment.
Elle se pelotonna alors au fond de son fauteuil et appuya sa tête contre le dossier, observant le jeune homme…
Elle ne fut pas vraiment étonnée de découvrir un visage juvénile aux traits harmonieux, presque enfantin si ça n’avait été l’expression usée qu’on pouvait lire dans ses yeux éteints… Rébecca se prit à penser que décidément l’habit ne faisait pas le moine… Elle qui semblait si fraîche et pleine de vie gardait une totale maîtrise de sa vie, des évènements et savait toujours tirer parti de toute situation pour atteindre les buts qu’elle s’était fixée alors que ce jeune homme qui à première vue n’était que force et dureté cachait en fait une âme tourmentée dont la détresse touchait la jeune femme, malgré l’indifférence dont elle avait teinté son cœur… Mais que dire à pareil individu ? Elle savait que toutes paroles seraient superflues et risqueraient de briser l’équilibre précaire de ce moment particulier, rencontre éphémère de deux destinées contraires…
Elle se sentait lasse et ses paupières subtilement colorées se fermèrent sur ses pupilles quelques instants… Quelques instants seulement…

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MessagePosté le : Sam Sep 02, 2006 1:17 am     Répondre en citant Envoyer un message privé

Laust fixa son regard dans le sien, l'ivresse adoussissait imperceptiblement ses traits mais il lui adressa un sourire comme pour affirmer sa force, un moyen d'accepter une défaite qu'il haissait déjà. Et pourtant, il savait qu'elle ne serait dupe, cette désagréable impression qu'elle lisait en lui attisait une profonde frustration qu'il masquait derrière ses lèvres plissées. Une question s'imposa à lui, surgissant comme un écueil que son malaise ne pouvait engloutir et son sang bouillona...Pourquoi s'était-il rendu ? Piégé par les charmes d'une inconnue, il lui révéla ce qu'il dissimulait à tous. Séduit, surpris, il se perdait dans la marée rugissante qui déferlait en lui. Laust réalisa qu'elle était plus forte que lui. Dans son délire, il cru entendre les murmures d'une voix qui l'incitait à réagir, à prendre les armes. Une fois encore, il capitula face au calme souverain de son interlocutrice;et par là, il oublia les chimères malfaisantes. Ces chimères qui enflaient son coeur d'une fierté meurtrie. Il était blessé dans ses certitudes. Ses convictions bâtissaient un mensonge et établissaient les règles d'un jeu de faux-semblants depuis toujours. Pourtant tout l'édifice s'effondrait, lézardé de son assurance déclinante. Victime de l'alcool, brisé par une attirance inattendue. C'était une idée absurde, elle ne pouvait vaincre ce labyrinthe d'un regard. Son visage se durçit légèrement et se détourna, comme pour se dissumuler dans l'ombre. Laust choisit de complexifier les dédales de son intellect, voilant d'obscurité les miroirs de son âme. Il fuyait la clairvoyance insolente qui palpitait dans ce regard brillant.


"Je suis Laust, un simple vagabond...Et vous-êtes ?"


Sa voix trancha le silence comme une lame, fourbe et rapide. Un piège tendu à celle qui était assise à côté de lui. Laust cherchait à percer le mutisme qui endiguait l'atmosphère, à trouver la faille dans l'impassible silhouette. Il procédait comme un assassin, comme l'assassin qu'il était. Embusqué dans les ténèbres, dans l'attente de pouvoir frapper le point faible de sa victime. Ses pupilles se logèrent aux coins de ses yeux, scrutant la réaction de la danseuse, espérant la surprise. Le temps semblait stagner dans le marais croupissant de ses intentions, il suspendait sa course en quelques secondes éparses, livrées à l'éternité de l'angoissante attente. Un rictus triomphant s'étira sur son visage pour créer la confusion, pour déstabiliser l'adversaire par l'assurance de la victoire. Il bluffait dans l'espoir de semer le doute dans ce visage orné de lumière bleue.
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MessagePosté le : Sam Sep 02, 2006 12:20 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

La douceur de la nuit, les vibrations des instruments qui se propageaient jusqu’à eux, la caresse des soieries sur sa peau… La jeune femme aurait pu rester ainsi des heures, paupières closes… Elle n’avait pas besoin de voir de toutes façons… Elle sentit soudain l’atmosphère changer sensiblement et su que le jeune homme l’observait. Rébecca rouvrit les yeux et soutint le regard froid posé sur elle, qui démentait le sourire qui s’épanouissait sur les lèvres imperceptiblement crispées de l’étranger. Elle perçut les traces du combat intérieur qui faisait rage dans l’esprit de l’homme et, l’espace d’un instant, elle pensa qu’il allait peut-être basculer dans la frénésie meurtrière qui semblait affleurer dans les limbes de son inconscient… Elle ne bougea pourtant pas, continuant à lui offrir un visage détendu au regard insondable. Les traits du jeune homme se durcirent, il sembla finalement avoir repris possession de lui, mais il se détourna, préférant l’ombre à la lumière, ce qui déçu légèrement la danseuse. Cette tension avait provoqué en elle une montée d’adrénaline comparable à celle que l’on ressent à l’orée d’un combat. Elle fut surprise de constater l’étrange sensation que cet affrontement psychologique faisait naître en elle, elle se concentra sur les battements de son cœur qui semblaient s’être sensiblement accélérés et elle respira plus lentement. Elle réalisa qu’elle avait laissé l’ennui la gagner ces derniers temps ; certes elle adorait danser, sentir le pouvoir couler dans ses veines, ce pouvoir si particulier qu’elle avait sur son public… Cependant, depuis qu’elle était devenu si « populaire », tout lui était offert, elle n’avait plus à se battre, plus à faire le moindre effort pour obtenir ce dont elle avait envie. Elle possédait tout sauf l’excitation de l’aventure… A force de s’être modelée elle-même, elle en avait oublié toute spontanéité et avait perdu le pouvoir de ressentir… Elle se demanda comment cet étranger porteur de tant d’ondes négatives avait pu réveiller ça en elle…

Etranger : "Je suis Laust, un simple vagabond...Et vous-êtes ?"

La voix du jeune homme la sortit de sa réflexion… Elle comprit qu’il l’observait du coin de l’œil et qu’il attendait une réaction de sa part… Mais elle était à nouveau totalement maîtresse d’elle-même. Elle savait se jouer des attentes des ses interlocuteurs pour leur offrir exactement ce qu’ils attendaient d’elle… Mais elle n’avait pas envie de lui mentir… Pas à lui… Elle résolu donc de lui montrer qui elle était tout comme lui-même l’avait fait peu de temps auparavant. Elle savait bien qu’il n’était pas un vagabond, la facture de son arme, la qualité de ses vêtements et son port de tête…
C’est alors qu’elle le vit se recouvrir de son masque… Son air triomphant ne fit pas illusion une seconde sur la jeune femme qui compris que le duel continuait. Elle sentait que rester passive signifiait le perdre, rompre le fil fragile tendu entre leurs existences ; d’un autre côté, elle devait prendre le risque de le brusquer sans être certaine qu’il soit prêt à rebondir… Elle soupira, la certitude vacilla l’espace d’un instant dans son regard mais lorsqu’elle se leva, elle savait ce qu’elle avait à faire… Elle s’approcha lentement et se pencha sur Laust, ses longues mèches parfumées frôlant son visage :


Rébecca : « - Vous insultez mon intelligence… Qui donc croyez-vous avoir en face de vous ? Comme vous avez su au premier regard ce que je suis… Je sais ce que vous êtes… Je me nomme Rébecca mais je suppose que ce nom ou un autre vous importe peu… »

Elle se détourna, signifiant la fin de leur entretien…
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MessagePosté le : Lun Sep 04, 2006 2:03 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Rébecca lui tourna le dos; son geste de dédain fut accompagné d'un charme plus subtil encore que ses formes généreuses. Les boucles brunes de sa chevelure murmuraient l'envoûtement d'un parfum merveilleux, sirènes brunes au chant muet. L'ivresse engendrait un désir toujours grandissant, Laust tendit la main pour y passer ses doigts mais un sursaut l'en empêcha. Les paroles qu'elles prononça plus tôt lui revinrent en mémoire. Il ne s'était pas trompé, elle savait lire dans son regard et dans ses gestes; ce qui attisait une colère passionnée en son coeur. Les vapeurs s'estompaient mais pas leurs effets, les vestiges de l'alcool nourrissaient le foyer de son palpitant furieux qui battait comme une usine folle, crâchant la fumée noire de la colère, brûlant de l'incendie de la passion. Déchiré par le paradoxe, le jeune homme restait figé dans l'ombre comme un lâche, comme un enfant. Il ne parvenait pas à savoir s'il avait emporté cette bataille, il détestait ce mépris, elle lui volait sa force. Laust voulait qu'elle le regarde, ce manque d'intérêt bouillonait en lui comme une force incontrôlable qui déferlait dans chaque fibre de son corps, la vérité claqua dans les airs mais sans un bruit. Rébecca niait son existence. Pour elle, il n'existait plus. Cette idée l'atteint en plein coeur, la douleur implosa comme volcan silencieux dont les affres asphyxiaient toute volonté. Il existait à travers les autres malgré le danger, il ne craignait que la mort. A travers elle, à travers son intérêt, il se sentait vivant mais elle venait de souffler cette sensation, comme l'on éteint une bougie. Et cela par le doux parfum de ses cheveux. Il pris un ton presque suppliant, déversant dans les accords de sa voix toute la sincérité dont il était capable. Lui mentir n'avançait à rien.

« Attendez...Rébecca. Il recouvra son calme. Il y a des vérités qui sont dures à entendre, mieux vaut peut être les garder secrète. Je crains pour moi...Cependant, je pense pouvoir vous révéler que les armes que vous voyez là sont mes outils... »

Sans se soucier des oreilles indiscrètes, il sourit. Soulagé et confiant, un peu trop peut être, mais l'euphorie jaillisait des sillons fertiles qu'avait déversés la douleur et il n'avait pas le coeur de lui résister. Laust se leva, accompagné du grinçement des gonds de la balançoire. Sous son pied, il décela la présence du foulard qu'il avait l'habitude de porter. A ce jeu, le jeune homme n'en aurait plus besoin. Il rit l'espace d'un instant et s'approcha encore de la danseuse.

« Avant de partir, accordez une dernière faveur. Ensuite, je ne vous importunerez plus. »

Laust n'attendait aucune réponse de la part de Rébecca, chacun de ses pas rendait le lien qui les unissait plus palpable encore et comme une sentence, ses doigts effleurèrent les mèches noires délicieusement recourbées et par mégarde, frôlèrent la nuque de la danseuse. Il fit preuve d'une douceur surprenante.

« Merci, Rébécca. Je vous laisse vaquer à vos occupations, bien que vous n'ayez pas grand besoin de mon autorisation. »

A son tour, il se détourna pour aller s'appuyer contre la rambarde du balcon. Nonchalant, Laust contempla le ciel étoilé et impreigna tout son corps de ce goût d'éternité. Ses iris brillaient dans le halo, liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
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MessagePosté le : Lun Sep 04, 2006 11:14 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Il lui avait fallu canaliser toute la force de sa volonté pour se relever et se détourner de lui… Lorsqu’elle s’était penchée sur lui, un peu trop sans doute, elle l’avait senti frémir et elle avait prié pour qu’il ne s’aperçoive pas qu’elle tremblait. Elle aurait pu tourner la situation à son avantage mais elle se refusait à gagner de cette façon… Elle voulait qu’il vienne à elle, qu’il veuille la laisser entrer dans son existence… Mais il l’avait rejeté en dehors de sa vie en une fraction de seconde, le temps nécessaire au mensonge d’accomplir son œuvre de destruction ; la violence contenue dans sa voix trahissant son envie de montrer à Rébecca l’indifférence qu’il voulait éprouver pour elle. Et le cœur de la jeune femme s’était déchiré. Et maintenant, la colère froide qui l’animait achevait d’ériger un mur infranchissable entre eux…

Laust : «- Attendez...Rébecca. »

La voix résonna dans la nuit et la danseuse se figea, le sang cognant à ses tempes. Le temps semblait suspendu aux lèvres du jeune homme, qu’elle caressait de son imagination. Quelques secondes s’écoulèrent qui parurent une éternité…

Laust : «- Il y a des vérités qui sont dures à entendre, mieux vaut peut être les garder secrète. Je crains pour moi...Cependant, je pense pouvoir vous révéler que les armes que vous voyez là sont mes outils... »

Elle se retourna et regarda les armes qu’il lui désignait. Elle respira mieux, il venait de la rattraper au vol, de rétablir la connexion particulière qui existait entre eux. Elle lui en fut reconnaissante. Lorsqu’il se leva, faisant gémir les gonds de la balançoire, elle sursauta imperceptiblement et lorsqu’il rit, la surprise le disputa au bien-être en elle. Elle était incapable de la moindre réaction, entièrement sous l’influence du jeune homme, n’écoutant que sa voix alors qu’il s’approchait. Elle tressailli au contact de sa main, sentant son sang couler comme de la lave dans ses veines. Il ne lui avait volé que ce contact… Presque chaste en comparaison à ce que les hommes attendaient d’elle en général. Elle fut soulagée qu’il s’éloigne d’elle, ayant besoin de reprendre le contrôle d’elle-même.
Voilà… Il ne lui demanderait rien d’autre, attendant d’elle qu’elle s’efface à présent, avant qu’il ne soit trop tard… ce qu’elle fit, sans vraiment réaliser qu’elle fuyait, qu’elle se fuyait. Elle recula jusqu’à la porte et pénétra dans la grande salle du cabaret. Une bouffée de fumée et de rires l’accueilli, la déstabilisant, après la fraîcheur et le calme de la nuit. Elle tituba entre les tables. La chaleur… La moiteur… Les hommes qui la saluaient et auxquels elle répondait à peine, par automatisme, inconsciente de leur présence comme elle l’était d’elle-même… Dans une sorte de brouillard, elle frôla une table, manquant renverser une chope, elle se retourna, murmurant de vagues excuses. Elle inclina la tête devant la tablée, croisant le regard sévère d’un Sahélite, apparemment de haut rang si l’on en jugeait par l’escorte qui veillait sur lui.
Elle aperçut Cassandra plus loin, toujours occupée avec de nobles seigneurs en mal de distraction...
Elle réalisa soudain qu’elle n’était pas là… Qu’elle était restée là-bas, sous le porche, près de l’étranger… Les yeux dans le vague, elle le voyait, appuyé contre la balustrade… Un étrange sourire s’épanouit malgré elle sur ses lèvres. Elle fit demi-tour et regagna la sortie, sans plus prêter attention aux regards posés sur elle. Elle poussa enfin la porte et fit quelques pas sous le porche. Laust n’avait pas bougé. Il lui tournait le dos, mais elle sut qu’il l’avait senti approcher, comme s’il avait mentalement suivi son incursion dans le monde des vivants, comptant chacun de ses pas. Elle s’avança et s’adossa contre un pilier, à quelques centimètres à peine du jeune homme. Pendant quelques minutes, ils restèrent silencieux ; Rébecca craignait de briser à nouveau l’équilibre, c’était à croire que seul le silence savait les unir…

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MessagePosté le : Ven Sep 29, 2006 9:58 pm     Répondre en citant Envoyer un message privé

Un nuage érigeait une ville silencieuse sur l'horizon, voilée par les fumées s'échappant des cheminées comme une forêt aux feuillages cendrés et éphémères. Des dômes gigantesques se coiffaient d'étoiles, les voûtes vaporeuses imprimées de dentelles d'argent, les tours d'un palais se dressaient vers la Lune comme une main tendue. Les terasses noires cascadaient dans les jardins immobiles et cotonneux, les astres illuminaient le prodigieux édifice. Habitants opalins d'un au-delà, spectres minuscules à la lisière de l'infini. L'un d'entre eux fusa vers la terre, son agonie muette se para d'écharpes enflammées avant de disparaître.

*Je te dois un souhait, en hommage...*

Ainsi s'adressait-il en pensée à l'immortel décédé, dont le sacrifice trouva echo dans les iris doré du jeune homme, l'espace d'un instant. Rébecca quitta le balcon pour rejoindre l'intérieur. Chaque seconde tirait sur le lien invisible qui se tissait entre eux. Laust frémit au son de ses pas, étouffé par l'air épais, gonflé par la chaleur du cabaret. Ses paupières s'affaissèrent, tentant de dissiper l'enchantement qui frissonait encore en lui, en vain. La cité des nuages s'effondra, les ponts implosèrent, dispersés aux quatres vents. Les flèches se courbèrent puis cédèrent, une vague immense engloutit les toits dans un vortex muet. Les ruines n'étaient plus qu'un amas de nuées emmêlées, telle la chevelure de la nuit sécouée par le mistral. Les prodiges célestes étaient le miroir de la tempête qui se déchaînait en son coeur, emplissant le vide qui peu à peu rongeait ses entrailles. Une impression de manque naquît de cet apocalypse. Immisçant les battements désespérés de cette solitude d'un instant, dans toutes les fibres de son être. Laust sentait chaque parcelle de lui-même gronder, frissoner. Noyant son esprit d'un flot d'émotions antagonistes, peur, euphorie, colère, soumission, passion, terreur...

*Je veux qu'elle revienne...*

Un voeu unique, adressé à ce dieu détruit. Une certitude ancrée loin de la folie. Prononcée pour échapper à l'étau des impétueux courants de son coeur. Toutes ses murailles ruinées par l'ébriété, il contemplait les vapeurs d'alcool consumant sa raison, sur l'horizon...Il se maudit, face à sa propre impuissance...Et pourtant il demeurait impassible, comme toujours.
En réponse à ses appels, la présence particulière de la danseuse effleura sa conscience. D'abord, quelques pas murmurés sur la pierre, puis le parfum sensuel impreignant ses cheveux caressèrent ses sens. La silhouette de Rébecca se dessina en traits de sensations dans les pensées du jeune homme avant même de jaillir des ombres. Tracés à l'encre nocturne, ses charmes se nuancaient dans l'obscurité et se révélaient aux lueurs rougeoyantes des torches. La douce fraîcheur scintillait encore dans la sueur qui longeait sa peau, résorbée par la froide bise. Il la contempla, un certaine pudeur dans le regard, il plongea son esprit dans celui de la jeune femme. Laissant s'égarer ses pensées dans les profondeurs de ses yeux, Laust adressa une prière muette à cet éclat apaisant. Il la salua d'un hochement de tête innoffensif, se faisant violence pour ne pas s'approcher plus près encore. Sans dire mot, il s'abandonna intérieurement à elle tout en restant immobile.

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