Ailin Nen'Chendi [Le regard de l'onde...]
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Ailin
Aiguise sa plume

Messages : 185
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Posté le
: Sam Juin 03, 2006 12:13 pm
Ailin Nen'Chendi [Le regard de l'onde...] |
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La pointe du pinceau effleura la surface de l'eau, l'encre pourpre se dilua dans les courants et l'écume rougit. Il maniait l'instrument avec une aisance née de l'habitude et, alors que les vipères de vert et d'or ondulaient sur le cuir tanné, une jeune guivre des rivières naissait sur ce fond blanc. D'un geste nonchalant, Ailin arrangea une mèche rebelle qui venait sournoisement nicher devant son regard. Chose rare chez un Atrewlien car tous les hommes qu'il connaissait étaient parfaitement chauves. D'un traînée écarlate, il orna les crocs affamés de l'animal dont l'étau mortel avait encore frappé. Un naïade défia les nageoires épineuses du léviathan d'un geste hardi, elle était tapie dans sur un lit d'algues dont la danse dissimulait ses charmes espiègles. Un sourire retroussa ses lèvres alors que sa main couchait les chimères de ses songes sur la surface lisse; mais bien vite ses impressions basculèrent et, rageur, il plongea le parchemin dans le cours d'eau où les deux êtres se dissipèrent, avalés par les grondements sourds de l'onde. Le support ainsi lavé, il l'enroula à la manière d'un parchemin qu'il ferma avec une lanière de cuir avant de le fixer à sa ceinture. Le jeune Atrewlien ramassa son arme puis quitta la crique, un dernier regard pour son refuge de silence fila quand même le long de son épaule. La lame en cerceau, de quatre pouces de diamètre, étincelait sous le couchant. Il apercevait déjà les tentes de son village natal se profilant sur cet horizon qu'il lui paressait si accessible. Un sursaut de sa mémoire le ramena vers des nuages de poussières des jeux auxquels il se livraient avec ses amies, un soir où l'orage déchirait les cieux de violents éclats ils avaient dû se réfugier dans la tente du vieux chaman, la joie pudique du vieillard racontant les légendes de leur peuple l'amusait toujours, même après vingt ans. Un désir soudain étreignit son coeur, il accéléra le pas dans les lueurs vascillantes du crépuscule.
Un sifflement suspect molesta le silence, suivi d'une légère piqûre dans la nuque. Ses doigts se risquèrent vers l'épicentre de la douleur et arrachèrent une pointe métallique de ses chairs déjà engourdies. Le malaise s'empara rapidement de tout son corps, son souffle charriait l'air avec une difficulté croissante et ses sensations semblaient échapper à tout contrôle. Ailin sombra vite dans le sommeil, emporté par les flots chaotiques des formes et couleurs qui mourraient dans les profondes ténèbres de l'inconscience. Balloté par le relief capricieux du sentier, la cage où il était prostré l'entraînait dans ses tangages. Ailin émergeait peu à peu, ses perceptions s'ordonnèrent et il ouvrit les yeux. Le contact prolongé avec les barreau de sa prison imprimait des marques douloureuses dans son dos, l'atrewlien se redressa mais de solides chaînes entravèrent ses gestes suite à quelques vaines tentatives de fuite. Il caressa les plumes qui pendaient à son cou dans l'espoir d'une improbable aide divine, cet acte supersticieux arracha un rire moqueur à ses geôliers, en réponse Ailin les fussila de son regard double puis s'abandonna au mutisme. Il constata que rien ne lui avait été dérobé mise à part son arme qui luisait sur le dos du cavalier de tête. Chaque jour l'un d'eux lui apportait un peu de pain rance accompagné d'un gobelet de soupe et chaque jour, il nourrissait son désespoir de cette infame nourriture. La pluie habilla les semaines qui suivirent, elle berçait le coeur de l'atrewlien d'une rancoeur tenace envers ceux qui lui ôtaient sa liberté. Ses compagnons devaient avoir quitté les côtes pour rejoindre les montagnes qui hérissaient le paysage. Ailin observa ses mains, des entailles à peine cicatrisées balafraient ses paumes, témoins de ses colères déversées sur les barreaux. Il n'était que l'ombre de lui-même, privé d'espérance et de dignité, son esprit agonisait et l'atrewlien ne pouvait que contempler son propre déclin. Il recueillit quelques perles célestes du bout des doigts, chaque goutte portait en elle les reflets de sa mémoire. Tous les visages de son enfance enlassaient sa peau pâle, toutes ses joies se noyaient dans leur étreinte glacée. Ce soir là, il pleura en silence. Des sanglots sacrifiés dans un soupir, amères saveurs d'une vie qui n'était plus. La nuit recueillit ses prières alors qu'il s'endormit, faible et misérable.
L'aurore déversait ses voiles dorés au sommet des tours de la ville, les silhouettes audacieuses jouaient des hauteurs, fruits d'un génie qui dépassait tout ce qu'Ailin avait pu voir auparavant. Alors que les murs grandissaient à leur approche, un vertige étreignit son coeur face à la splendeur des bannières flottant vers l'infini, les fontaines battaient la mesure de son émerveillement alors que son escorte pénétra dans l'enceinte d'un vaste palais. Les curieux se pressaient près des chevaux, attirés par les harangues du chef d'expédition. Un garde vint ouvrir sa prison et détâcha ses liens, en un éclair l'atrewlien s'empara de son arme qui narguait sa colère depuis si longtemps. Il frappa avec le plat de la lame, l'homme s'effondra à demi-inconscient. Une trompette vrilla les tympans d'Ailin qui fut vite maîtrisé après que l'alerte fut sonnée. De la foule fusèrent des menaces.
« Abattons-le, c'est folie d'amener un indigène ici !
- Les marques sur son corps sont la preuve de sa soumission à l'ignorance ! Renchérit un autre.
Un noble approcha, somptueusement vêtu aux yeux des siens mais quand à lui, l'atrewlien maudit cette opulence. La rage flamboyait à travers les miroirs bleu et argent de son regard.
« Personne ne touchera à cet homme. Ecartez-vous, je vous prie. Il est le sujet d'une nouvelle expérience.
- Supercherie !Raillèrent les sceptiques.
- Vous verrez mes amis et bientôt vous vous prostènerez face à mon génie. S'il vous plait, Ammenez le dans mes appartements », dit-il en s'adressant aux mercenaires qui s'exécutèrent.
Réfugié au creux du fauteuil, Ailin observait celui qui se présentait comme un génie, l'arracher aux siens était-ce donc vraiment si fantastique ? Rien que cette idée suffit à le rendre fébrile, à animer son coeur d'une haine muette. Le savant s'assit en face de lui, jouant avec un cube de verre d'où s'échappait de fins volutes de fumée.
« Comment t'appelles-tu jeune homme ?
- Je n'ai plus de nom...Vous me l'avaez dérobé car ma vie est ailleurs.
L'atrewlien brandit ces mots comme des poignards.
- Au contraire, ne te tu rends pas compte de la chance que je te donne ? Une nouvelle vie s'offre à toi, si tu acceptes de m'aider bien sûr.
Il approcha du jeune indigène et pris soin de poser le flacon à proximité.
- Je ne veux rien qui vienne de vous...
Ailin hésita, le parfum qui exaltait de l'objet instillait dans sa tête un étrange vertige.
- J'ai tellement plus à te donner que ceux que tu as quitté, écoute moi seulement.
- Je ne suis pas parti... »
Cet étrange parfum désarmait sa colère, il voulu réagir mais ses animuosités mourraient les unes après les autres. Il ne pouvait qu'obéir...
A grand renfort de drogues, l'esprit d'Ailin basculait dans l'impuissance, il voyait ses sentiments sans pouvoir les atteindre. Les draps de soie recueillaient son corps immobile, jour après jour, les mêmes images occupaient son esprit. Cet homme assit à sa droite dans un grand fauteuil de velour noir, les ombres se confondaient dans ses contours, il plasmodiait l'histoire de Cassandre d'un ton monocorde et l'atrewlien souriait. Il s'appelait Erawan, savant et peintre à ses heures. Cette voix était si attirante, seul élément tangible de sa transe intemporelle, auquel s'accrocher pour ne pas sombrer dans le sommeil...Ses rêves, tortures inlassables et implacables...Il voyait la chair s'ouvrir sous le métal, le sang jaillir pour abreuver l'enfer de sa haine...Souffrance désirée, vengeance furieuse...Dans ses songes, le velour ébène brûlait et les flammes dévoraient le spectre de son tortionnaire...Lettres de sang sur le plafond de marbre...« Soit maudit... ».
Les spectres du soir fuyaient devant l'aube, leurs écharpes grises sillonées de lumière voletant derrière eux. Les harpes du salon cessèrent de jouer et les conversations n'étaient que murmures. Appuyé sur la rambarde marbrée, Ailin observait les perles de rosée qui baillaient sur la pierre blanche. Dans son brocard cousu d'argent, il avait fière allure. Cependant les marques tribales dépassaient de ses manches courtes et sur sa nuque, attestant de ses origines. De plus, sa parure d'épines et de plumes encerclait encore son cou. C'est avec minutie qu'il rassembla les gouttes, veillant à n'en perdre aucune puis il y déversa un peu d'encre colorée. Sa main gauche était gantée, son pouce et son index coiffés de métal alors que les autres arboraient trois plumes enchassées dans autant d'anneaux. Les teintes diluées dansaient en silence sous les caresse du duvet de l'extravagance de l'atrewlien. Un papillon aux ailes d'aquarelle naquit et s'envola quand, d'un coup de pouce, Ailin lui infusa l'ardeur de quelques instants. Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse. Le silence se brouilla d'exclamations fascinées. Certains le disaient talentueux mais il sentait peser sur lui le regard d'Erawan, toutes les reproches derrière ce sourire pudique, hyprocrisie dérangeante d'un tortionnaire devenu mentor. Pourtant n'avait-il pas réussi ? Peut-être que c'était amour d'un père qui inspirait cette impression de trahison, l'atrewlien avait appris à pardonner mais parfois la haine et les regrets trempaient ses yeux. Ces émotions avait sculpté son coeur à l'image de la rancoeur, sanctuaire où sa culpabilité venait mourir chaque soir. Lettres d'azur et d'argent, « Soit maudit...Même si je te remercie ». _________________ Fantôme éthéré, dissipé par la brise jalouse.
A la recherche de peut-être, un echo.
Perdu dans les liasses mordorées où naissent les pleurs et sourient les étoiles.
Chimère merveilleuse des songes. |
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Eléa
Impose son style

Messages : 264
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Posté le
: Sam Juin 03, 2006 12:20 pm
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Enfin tu es là!!!!!!!!!
Je suis folle de joie.
Ce que je pense de ta bio? Tu le sais bien voyons, elle est tout simplement sublime, comme tout ce que tu écris. Tu sais faire chanter les mots que se soit pour décrire une oeuvre d'art ou une valse envoûtante
Alors sois le bienvenu en Arkantis cher ami
A bientôt où tu sais... Cette ville compte désormais une raison de plus pour que je m'y intéresse tout particulièrement
Eléa rêvassait au bord de l’eau tranquille… La chaleur s’était faite suffocante depuis quelques semaines et la jeune Atrewlienne ne quittait presque plus l’onde claire et fraîche, refuge bienfaisant de la torpeur qui s’emparait d’elle et la laissait alanguie, le corps offert aux flots purs. Elle avait beau essayer de se reprendre, son esprit refusait de se fixer sur quoi que se soit et vagabondait par-delà le temps et l’espace, au grès des souvenirs qui la submergeaient de toute leur émotion. C’est ainsi que sont fait les fothères, tellement sensibles au monde qui les entoure, aux peurs et aux appels de la nature qui leur est si chère. Pas étonnant alors que tout autour d’eux, dans leurs vies puissent garder si longtemps cette sorte d’emprise émotionnelle bien après que leur mémoire consciente n’eut oubliée…
Eléa abaissa ses paupières sur ses pupilles lumineuses et les images reprirent leur courses folles, dansant, virevoltant devant ses yeux clos. Et cette image, ce visage craintif, découvert il y avait si longtemps… Et le mensonge alors même qu’elle se devait d’être irréprochable de part la fonction de son père adoptif… L’amer et doucereux goût de la faute… Etait-ce cela que sa mère avait ressenti dans de toutes autres circonstances ?
Le sommeil vint se poser délicatement sur elle alors qu’elle entrouvrait les lèvres et murmurait… _________________ Eternelles Ondines,
Divisez l'eau fine.
Venus, soeur de l'azur,
Emeus le flot pur. |
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Isak Devmente
Mangeur de Pangolin enflammé

Messages : 432
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Posté le
: Sam Juin 03, 2006 12:40 pm
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| Eléa a écrit : | Alors sois le bienvenu en Arkantis cher ami |
Plutôt deux fois qu'une ! Non, que dis-je, trois fois même !
Tu pourrais décrire à merveille le plaisir que j'ai à accueillir un RPgiste, ou plutôt un poète aussi talentueux, tu pourrais le décrire à merveille, comme tout le reste.
Je rejoins Eléa, texte sublime et histoire très prenante.
Un grand bravo ! _________________ Posto ergo sum |
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Takal Wandh'elanel
Aiguise sa plume

Messages : 234
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Posté le
: Sam Juin 03, 2006 1:01 pm
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À cette allure là mes rp vont se noyer dans les vôtres
En tous les cas ben je ne peux que dire un "gigantesque bravo" à la vue d'un tel rp.... qui n'est que la bio de départ oO _________________ Takal l'Incontrôlable
Talyanne La Petite
"La mort fait partie du cycle de la vie... cette fillette sera le résultat d'une expérience qui va briser pour une unique fois cette chaîne" © Le Mage Fou |
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Azeem El'Bakshir
Tyran albinos des Andes

Messages : 546
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Posté le
: Sam Juin 03, 2006 1:18 pm
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Seigneur !
Quant j’ai vu la petite plume qui indiquait un nouveau message sur les portail des nouveaux arrivant, rien n’aurait pu me préparer a ce que j’aillait y rencontrer.
Un texte magique, tout simplement
Je suis très heureux et fière de compter quelqu’un d’aussi talentueux parmi nous, les portes d’Arkantis te sont grande ouverte  _________________ Azeem Hajak Alamra El’Bakshir
Il faut quatre choses pour soutenir un monde :
Le courage du Brave, le Savoir du Sage, les Prières du pieux et la Justice du Grand.
Mais tout cela n’est rien sans celui qui Gouverne et connaît l’art de Gouverner |
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Zéphyrine
Modérateur

Messages : 268
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Posté le
: Lun Juin 05, 2006 9:09 pm
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Bon euh je vais aller ranger mes petites feuilles noircies d'encre moi... et euh me remettre au boulot...
Parce que la c'est tellement beau que je ne sais même plus quoi dire...
Ah oui bienvenue et c'est une joie plutôt un honneur que de t'acceuillir dans notre humble monde!!!! _________________ Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.
La vie n'est rien sans Mystère et Secret...
Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG! |
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Zéphyrine
Modérateur

Messages : 268
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Posté le
: Lun Juin 05, 2006 9:54 pm
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De rien  _________________ Zéphyrine, Grande Prêtresse de Venisca.
La vie n'est rien sans Mystère et Secret...
Le Notus
Pour en savoir plus sur ce Royaume et les régions (Pampero, La Borée, Sirocco et le Lac Autan) vous pouvez vous rendre sur mon BG! |
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