~ Les nouveaux Royaumes de l’ancien Empire ~
Le Nouvel Empire, capitale : Audréa
Bien que cette région n’ait d’empire plus que le nom, elle reste d’une grande influence. Elle comprend l’ancienne capitale impériale et est gouvernée par le descendant direct de l’ancien Empereur. Malgré la révolution ésotérique, cette ville garde tous ses prestiges d’antan et son grand palais est, aujourd’hui plus que jamais, l’endroit idéal pour entretenir une des plus belle cours du monde. Les terres fertiles s’étendant tout autour de la ville subviennent parfaitement aux besoins des citadins et des nobles, et malgré la disparition des impôts impériaux, cette province reste une des plus riche, notamment grâce à sa position centrale et aux deux fleuves qui la traversent, qui en font une plaque tournante du commerce. De plus, nombre d’infrastructures de l’ancienne armée impériale sont toujours en place et ont rapidement été réinvesties par les restes de cette armée, qui bien qu’elle n’ait rien à voir avec sa puissance d’antan, représente une force militaire importante.
Le nouvel Empereur ne cache en rien sa volonté de réforme de l’Empire malgré la vive opposition des autres provinces devenues indépendante et nombreuses sont les intrigues menées pour voir son pouvoir restauré, ou, au contraire, pour l’affaiblir.
Le Royaume de Bonchadas, capitale : Magnas
Du temps de l’ancien Empire, le duc de Bonchadas était l’un des plus fidèles soutien de l’empereur. A vrai dire, la proximité de Magnas, capitale de sa province, avec la capitale impériale, ne lui laissait guerre le choix. Savoir que plusieurs légions peuvent atteindre votre ville en moins de deux jours suffit à faire disparaître toute velléité rebelle. Cela n’empêcha somme toute pas le Duc de Bonchadas de déclarer indépendant son duché à la suite de la révolution. Cependant, la proximité de l’empereur et sa protection n’avaient pas poussé le Duc à développer la puissance militaire de sa province et il ne fut pas long à conclure une nouvelle alliance avec l’Empereur actuel pour assurer la sécurité de son royaume. Aujourd’hui, Bonchadas, bien que toujours indépendante, n’est guère plus qu’un riche satellite du nouvel Empire.
Le Royaume d'Allisco, capitale : Flamin
De mémoire d’homme, la province d’Allisco a toujours figuré parmi les provinces les plus puissantes et les plus influentes, notamment grâce à sa grande armée et à son large contrôle sur les montagnes d’Angalis du Mur d’Inov, riches en fer et en matière précieuse, et stratégiquement avantageuses. La lignée des Comtes d’Allisco s’est toujours distinguée par une opposition ferme envers l’empire et, bien qu’ils n’aient jamais eu l’inconscience de mener une guerre d’indépendance, on ne compte plus les intrigues ourdies pour limiter le pouvoir impérial. Chef de file de cette contestation, la famille d’Allisco a souvent entraînée bon nombre de provinces moins puissantes dans sa zone l’influence, représentant un des principaux adversaires du trône. De son côté, le pouvoir impérial ne pouvait pas non plus envahir la province sans entraîner un mouvement de contestation unifié et donc dangereux. Ceci dit, il est quasiment de notoriété publique que l’empereur se trouvait derrière la plupart des conflits que la province d’Allisco a pu avoir avec nombre d’autres contrées au cours de sa longue histoire.
Il va sans dire que le Compte Elmor d’Allisco fut dans les premiers gouverneurs à profiter des troubles de la révolution ésotérique pour se déclarer indépendant. Ainsi est née, en l’an trois après Lyren, le royaume d’Allisco, gouverné par l’autoproclamé roi Elmor Ier. Libéré du frein impérial, celui-ci mis à profit sa force militaire supérieure pour envahir, et finalement annexer les provinces voisines d’Evola et de Matanis. Elmor divisa alors son nouveau royaume en quatre duchés : Trasco, Anivo, Evola et Matanis, dont il confia la direction à quatre de ses proches qu’il nomma Duc. Le fait qu’Elmor nomma des Duc alors qu’il n’était lui-même « que » comte marqua définitivement sa volonté de se débarrasser des reliques de l’Empire et affirma sa position de roi dont dépend sa propre noblesse. Elmor mourut finalement à 36 ans en 10 après Lyren, sous la lame d’un assassin, meurtre non encore résolu. Son fils, Almon, lui succéda sous le nom Elmor II et poursuivit l’œuvre de son père, notamment en renouvellent les anciennes alliances de manière à faire face en 15 après Lyren à l’expansion du nouvel empire suite au regroupement des reste de l’armée impériale.
Aujourd’hui, après plusieurs années de conflits plus ou moins violents, la situation semble se stabiliser, même si les tensions sont toujours très vives entre le royaume d’Allisco et le nouvelle Empire, qui constituent les deux grandes puissances du début de l’ère théurgique, ce qui paradoxalement ramène l’échiquier des alliances à une situation semblable à celle qui existant du temps de l’ancien Empire.
Le Duché de Véra, capitale : Cassandre
Du temps de l’ancien empire, le Duché de Véra était une petite province, mais son ouverture sur les deux grands lacs de la région du calice et son contrôle sur le fleuve Ranov qui les relie en faisait un état riche et influent. On raconte qu’en des temps plus reculés, la capitale de la province, qui s’appelait alors Mardoc, située sur les Rives du grand lac Espéra, était une riche ville marchande principalement constitué de docks et d’entrepôts. La légende veut qu’aux alentours de l’an 4460 après le Prodige (125 avant Lyren), la femme du Duc Vénisso De Véra, alors gouverneur de la province, fut, lors d’un voyage avec son mari, si impressionnée par les splendeurs des villes comme Audréa ou Magnas qu’elle ne pu que déplorer la triste fonctionnalité de la capitale de son duché. Sous ses conseils insistants, son mari entreprit alors de transformer Mardoc et utilisa sa grande fortune pour faire appel à tout un bataillon d’architectes. Bientôt, des bâtiments aux courbes audacieuses s’élevèrent, tranchant avec les styles traditionnels de cette époque. La générosité du Duc s’étendit bientôt à toutes les formes d’art et la ville attira de plus en plus d’artistes, de peintres et de sculpteurs. Des jardins furent aménagés, des promenades furent crées et les rue furent éclairées. Vénissio renomma alors la capitale du nom de sa femme, qui lui avait inspiré ces transformations, et c’est ainsi que Mardoc la marchande devint Cassandre l’exubérante.
Les successeurs du Duc perpétuèrent cette action et Cassandre devint, en à peine quelques générations, un centre culturel d’une grande importance, opposant au style classique et académique d’Audréa un style plus frais et excentrique qui séduit rapidement les intellectuels de l’époque. Bien entendu, l’empereur ne vit pas d’un bon œil l’émergence de cette cité qui, d’une part faisait de l’ombre à sa capitale, et d’autre part diffusait des idées nouvelles qui allait souvent en contradiction avec l’ordre établi. Craignant les intrigues de l’empereur, le Duc de Véra se rapprocha du comte d’Allisco. Celui-ci assura non seulement la protection de la petite province, notamment contre le Comte Lorci, gouverneur de la province voisine de Fotjar et soutenu par l’empereur, qui convoitait depuis longtemps le contrôle du fleuve Ranov, mais il entreprit également de favoriser l’expansion du rayonnement de Cassandre, trop heureux d’éclipser Audréa. Il encouragea le Duc de Véra à créer des écoles d’arts nouveaux qu’il gratifia de nombreuses commandes bientôt imité par l’ensemble des provinces dans sa sphère d’influence et les arts de Cassandre devinrent bientôt un symbole de la contestation impériale.
Le duché de Véra ne survit à la révolution ésotérique que grâce à son trésor important qui lui permit d’engager un grand nombre de mercenaires, qui heureusement abondaient à l’époque, afin de protéger sa province des agressions voisines. Certaine de ces compagnies mercenaires sont d’ailleurs toujours au service du Duc et constituent la quasi totalité de ses forces armées. Lorsque le calme revint sur l’ancien empire, Cassandre profita pleinement de la renaissance et de l’explosion de la demande en artiste en tout genre, ainsi que de l’évolution des esprits qui marqua le début de l’ère Théurgique. Aujourd’hui, même la cour d’Audréa suit la mode de Cassandre. Le royaume, bien que considéré comme indépendant, à conservé l’appellation de Duché comme symbole de retrait et de prise de distance avec les luttes de pouvoirs. Le Duché n’en reste pas moins très lié au Royaume d’Allisco et l’ancienne rivalité de Cassandre et d’Audréa, bien qu’affaiblie, n’en est pas pour autant éteinte. La ville, désormais considérée comme la capitale des arts, est toujours vue comme un symbole de la nouvelle pensée et d’aucun disent que, si c’est Lyren Kejh qui à planté la graine de la révolution, c’est Cassandre qui lui offrit un terreau fertile par la diffusion de concepts progressif depuis déjà plusieurs générations.
Junov la Sainte, capitale : Erastit
L’histoire de Junov est intimement liée à la Religion et à l’Eglise d’Ohm du fait que, comme tout un chacun le sait, c’est dans cette province qu’est apparu il y a plus de quatre mille ans le Prodige. Le profond cratère, plus respectueusement nommé Saint Lieu D’illumination, engendré par la chute d’un corps céleste, ou, comme aiment à le rappeler les prêtres d’Ohm, par le prodige lui-même, est considéré par beaucoup comme le centre de l’univers.
Quoi qu’il en soit, le cratère et le Temple du Prodige, qui est bâti sur son fond, attirent chaque année une horde de pèlerins venus de tout l’ancien Empire et génère une manne financière des plus importantes pour la ville d’Erastit, bâtie sur sa bordure, et pour toute la province. Erastit fut la première capitale Impériale et le resta durant près de deux cent ans avant que l’Empereur Razanor Ier ne décide d’établir son gouvernement à Audréa. Néanmoins, la ville a toujours abrité le centre du pouvoir de l’Eglise au sein de la gigantesque Basilique d’Ohm, construction titanesque avec laquelle seul le palais Impérial d’Audréa peut soutenir la comparaison, sans pour autant espérer la rivaliser. La basilique abitre, outre les cinq Archiprêtres d’Ohm, qui représentent le pouvoir suprême de l’Eglise, quantité de moines, de clercs et d’ecclésiastes, ainsi que quatre régiments complets des Saints Gardes de l’Illumination, bras armés de l’Eglise. C’est également là que se trouve la grande bibliothèque et les archives de l’Eglise dont seule une petite partie est ouverte au public.
Durant la révolution Esotérique, nul gouverneur ne se risqua à envahir le sainte province, d’une part grâce à la Garde de l’illumination et à ses moines guerriers fanatiques, mais surtout à cause de la certitude de se mettre à dos leurs populations encore en grande partie attachées à la religion d’Ohm. Aujourd’hui, la province est entièrement contrôlée par l’Eglise qui en a évincé le gouverneur et représente plus que jamais un pouvoir politique majeur. Malgré sa proximité passée avec le pouvoir Impérial, l’Eglise ne s’est jamais prononcée en faveur du Nouvel Empire sans pour autant en démentir la légitimité et adopte, pour l’instant, une stratégie de neutralité vis-à-vis du conflit larvé opposant l’héritier de l’Empereur et le Royaume d’Allisco. Néanmoins, il ne fait aucun doute que les Archiprêtres ont le pouvoir de faire pencher drastiquement la balance d’un coté ou de l’autre suivant leur bon vouloir, ce qui fait d’eux des personnes très courtisées et au centre de nombreuses intrigues.
L’empire du Sahel, capitale : Karish
Durant la deuxième partie de son expansion, aux alentours de deux cent ans après le prodige, l’Empire ne se heurta qu’à peu de difficultés grâce à sa grande supériorité militaire sur les royaumes indépendants et divisés. Toutefois, deux obstacles majeurs s’opposèrent à son hégémonie sur le continent. Le premier fut le peuple agélien qui, quoique dispersé, mena de nombreuses batailles contre les troupes de l’empire pour finalement être repoussé dans les frontières que nous connaissons aujourd’hui. Le deuxième fut la rencontre avec l’empire du Sahel, également en plein expansion, et qui s’étendait de l’Infini Désert jusqu’au début de la chaîne des Epines du nord au sud, et de la mer de la Cabale jusqu’aux frontières du Notus d’est en ouest.
Le premier engagement entre la garde impériale et l’armée de Yen se fit dans la région des Marches en 257 apP et l’armée Impériale y subit une de ses plus importantes défaites, principalement pour avoir sous estimé le peuple du désert. D’autre part, l’Empire, qui avait fait de la religion d’Ohm une de ses armes les plus puissantes lors de ses conquêtes, motivant ses troupes et retournant les populations voire les armées de ses adversaires, se retrouva démuni devant la force de la foi en Yen. Rapidement, d’un conflit territorial, la guerre se transforma en un affrontement idéologique entre les deux grandes religions monothéistes de cette époque.
Largement dépassée en nombre, l’armée de Yen avait pour avantage d’être beaucoup plus unie que ne l’était la Garde Impériale, constituée, à cette époque, d’un patchwork d’armées levées dans différentes régions. De plus, le peuple du Sahel était technologiquement et socialement plus avancé que l’Empire, ce qui se ressentait grandement dans son style de combat et dans ses stratégies militaires. Cependant, malgré de nombreuses victoires et une résistance farouche, le peuple du désert recula peu à peu devant les inépuisables ressources dont disposaient l’Empire. Il fallut néanmoins à ce dernier plus de cent ans pour repousser l’armé de Yen jusqu'aux frontières de l’ancienne province du Sahel, c'est-à-dire au début de l’Infini Désert. Ce n’est que deux cent ans plus tard, en 542 apP que la garde Impériale pu marcher sur Karish et conquérir ce qui allait devenir la Province du Sahel, réalisant enfin l’unité de l’ensemble des royaumes humains annoncée par le prodige cinq cent ans auparavant.
S’ils pouvaient accepter la défaite militaire, il était, en revanche, impensable pour les Sahélites de se convertir à la religion d’Ohm comme le souhaitait, et l’imposait, leur nouveau gouverneur, le Baron Jarthus Athévis, encouragé en cela par l’Eglise qui avait déclaré la religion de Yen hérétique. Ce fut alors le début d’une longe guérilla, menée par les restes de l’armé de Yen, dirigée par l’élite intellectuelle de Karish et soutenue par le peuple.
Démuni devant ce nouveau style de conflit, le Baron Arthévis orchestra un des plus grands massacres de l’Histoire afin de mater définitivement la rébellion et, au cours de la nuit du 25 Avril 256 apP, plus de cinq mille habitants de Karish furent brûlés pour hérésie. Ce jour, nommé Unshor (Impardonnable) par les disciples de Yen, marqua également l’exil de la quasi totalité de la noblesse, des intellectuels et des mystiques du Sahel, ainsi qu’une grande partie du clergé de Yen et de son armée. Les Exilés se réfugièrent dans plusieurs formations rocheuses au sein du désert profond, notamment la chaîne d’Hajka ou les pics d’Oris jusqu'à la chaîne de l’Ij elle-même. Cette communauté forma le Madhina, qui, durant les quatre mille ans de l’Empire, ne cessa de lutter pour l’indépendance et la conservation des traditions et de la culture du Sahel.
Le Madhina profita de la révolution ésotérique pour reprendre Karish, en utilisant le soutien toujours très fort de la population et ce malgré d’innombrable tentative d’évangélisation par l’église d’Ohm. Les collaborateurs et les soldats de l’empire furent massacrés sans pitié en vengeance de l’Unshor.
Malgré l’indépendance et le rétablissement du culte de Yen au grand jour, le Sahel ne connu pas la paix pour autant. Peut de temps après la prise de pouvoir par le Madhina et le retour sur le trône du Roi du Sahel, celui-ci fut victime d’une lutte interne pour la première fois de son histoire. Le conflit opposait des membres radicaux, souhaitant la reformation de l’empire du Sahel, prêchant la guerre sainte et la destruction des incroyants, alors que les fondamentaux souhaitait un retour à la paix après quatre mille ans de guerre et rappelait que l’Empire du Sahel et la foi de Yen avait toujours fait montre de tolérance envers les autres confessions.
Les fondamentaux furent peu à peu évincés du Madhina par les membres radicaux et formèrent l’El Sayal. Cette divergence de point de vue n’empêcha pas pour autant l’armée de Yen, nouvellement reformée, de se déverser sur un monde à peine remis de la révolution. En 44 apL les troupes du Sahel contrôlaient de nouveau les villes d’Isélliis et de Melkhar et la conquête d’Istalis ne fut empêchée que grâce à une coalition entre différents royaumes de la région des marches, inquiets du pouvoir croissant du peuple du désert.
Une vingtaine d’années après l’indépendance, le conflit dégénéra entre le Madhina et l’El Sayal lorsque ce dernier s’opposa fermement et ouvertement au contrôle de plus en plus hégémonique de la population par les radicaux qui limitaient drastiquement les libertés du peuple tout en le maintenant dans l’ignorance, en réservant leurs enseignements à une seule élite choisie. Les rues de Karish se tintèrent une nouvelle fois de sang dans la nuit du 3 septembre 48apL lorsque le Madhina ordonna la purge de la ville de tous les blasphémateurs de l’El Sayal. Le point culminant du massacre fut l’exécution par décapitation du roi et de son fils pour haute trahison et blasphème devant Yen, afin de le remplacer par une nouvelle dynastie, plus proche des idées prônées par les radicaux.
La République de Midian, capitale : Rémore
La République de Midian, comme bien d’autres régions du monde, ne doit son nouveau statut qu’aux bouleversements de la révolution ésotérique et des conflits qui en suivirent. Durant cette période, les affrontements entre Archas et partisans de la magie ouverte occupaient toute l’attention de l’Empire, de son administration et de ses forces militaires. Il serait faux d’affirmer que l’impact fut seulement une démobilisation des forces impériales dans la vallée de Corride (même si cela est sûrement le facteur le plus important ayant mené à la chute du pouvoir du Duc) : pour soutenir l’économie vacillante de la région du Calice, il fut décidé d’investir massivement dans cette province anciennement nommée Demeter. La province calme et oublié devint en quelques années un centre de production respectable en termes de quantité et de constance dans la qualité de leurs produits tant agricole que manufacturés. Des lignes commerciales de grandes envergures étaient également en projet, mais elles n’ont pas pu voir le jour à cause de la dégradation de la situation politique suite à la révolution ésotérique.
Une fois ce nouvel état économique atteint, comme dans toute région riche, il s’est posé la question suivante : sommes-nous donc tellement attachés à l’Empire pour leur servir de bourgeoisie taxable à loisir pour une guerre qui ne touche principalement que la région du Calice ? Les élites, possédant le patrimoine, ne tardèrent pas à conclure qu’il fallait garder l’argent au sein de « Demeter », merci à l’Empereur pour ses investissements mais d’autres allaient en prendre les fruits ! Rapidement, les discours idéologiques furent repris pour la masse et les soulèvements eurent lieu. La guillotine trancha à un rythme infernal jusqu’à que les élites nobles furent purement effacées de la carte, sous prétexte de vengeance après tant d’année de servage. La République de Midian était créée.
Le nom de « Midian » vient d’une figure emblématique de la révolution, une femme symbolisant la liberté du peuple. On ne sait rien de son passé, sa seule trace d’existence trouve cœur dans les récits et les tableaux des révoltes. Elle perdit la vie durant les affrontements en Remore, en recevant une flèche à la place d’un centaure. A cet égard, beaucoup de centaures, pourtant particulièrement méfiant face aux humaines, éprouvent du respect envers la mémoire de Midian.
La transition entre les deux régimes a été, certes plus sanglante mais surtout, plus brève que dans le reste de l’Ancien Empire. Alors que les autres provinces subissaient de nombreux troubles qui eurent pour conséquence l’augmentation des prix et le rationnement des biens de première nécessité, la République de Midian tira son épingle du jeu en assurant le complément de production nécessaire à bien des provinces. Dans cette période de pénurie les coffres de la citée et des bourgeoisies Midianne se remplirent copieusement.
Actuellement, le calme est revenu dans la majeure partie du continent et beaucoup d’érudits ont prédit le déclin de la République suite à la diminution de ses échanges et au relatif isolement de Midian, encore à l’écart des principaux axes de commerces. Beaucoup de provinces firent le choix légitime de produire leurs propres biens ou de solliciter d’autre province de la vallée de la Corride qui, de nouveau stabilisées, reprirent leurs activités agricoles. Néanmoins depuis quelques années, soucieuse de conserver sa position dominante sur le plan de l’alimentation de base, les entrepreneurs agricoles de la République de Midian regroupés au sein de la Corporative Agricole Midianne ont cassé les prix de moitié. Les rationalistes affirment que la rentabilité d’un tel procédé est impossible et que ceci n’est qu’une ruse à court terme, mais au fil des ans et au regard de la constance des prix affichés, ils se font de moins en moins nombreux à douter de la pérennité économique de l’agriculture Midianne.
Dans le même esprit, les entrepreneurs de la CAM parcourent les provinces pour racheter les concessions agricoles non rentables et de s’y installé pour mettre en place leurs techniques de culture intensive. La CAM est ainsi en passe de devenir l’organisme agricole le plus important du continent.
D’un point de vue politique, l’idéologie de la République de Midian repose sur la souveraineté du peuple, à l’inverse de la dictature par droit de sang ou par droit divin d’un individu dans les autres systèmes politiques de l’Ancien Empire. Chaque individu a droit à la liberté sous réserve de respecter l’intérêt général de la société Midianne, défini par l’Agora et mis en œuvre par le Conseil au travers des institutions.
L’anarchie rêvée par certains des révolutionnaires de l’époque n’a jamais vu le jour. Et les détracteurs de la République parlent de verrouillage du pouvoir. Un système d’institutions a été mis en place, avec une hiérarchie pyramidale dont le sommet est nommé par les membres du Conseil parmi une liste qu’ils définissent eux-mêmes, pour éviter l’intrusion de contre-révolutionnaires au sein de l’administration. Les 3 principales institutions sont l’Agence des Bonnes Mœurs (qui est en charge du respect de l’idéologie républicaine parmi les citoyens, et dispose à ce titre de nombreux pouvoirs de police), la CAM et l’Institut de l’Urbanisme qui gagne récemment en influence suite à la politique de rivalité des maires en matières de construction.
La souveraineté appartient au peuple, il est ainsi légitime que l’ensemble de la population Midianne ait le droit de vote, moyennant le paiement d’une somme équivalent à 2 mois de salaire (respectant ainsi une certaine équité car plus petit est le revenu mensuel, plus petite est la somme) au titre des frais d’organisation du scrutin.
Seuls les citoyens ayant au mieux servi la République de Midian peuvent interférer à l’Agora. Pour être éligible, il faut donc payer un impôt équivalent à la construction de 3 maisons à un étage. L’Agora élit ensuite le Président du Conseil en son sein, et celui-ci nomme la liste de ses Conseillers et la soumet en retour à l’approbation de l’Agora.
Actuellement le Président du Conseil est Edouard Strindell, grand propriétaire hôtelier.
On note, comme personnes d’influence, le Conseiller au Commerce Monsieur Dastalion Al’Helfein et le Conseiller à l’Agriculture le centaure Monsieur Sevran Du Galop. Tous les deux sont membres de la direction de la CAM.
Au niveau de la situation religieuse, la République de Midian a élevé le devoir républicain au rang de devoir moral, voir religieux. La figure de Midian orne la façade de chaque bâtiment institutionnel, et beaucoup évoque son nom avec une solennité quasi-mystique. Des essais prônent Midian comme réincarnation d’un archonte bienveillant trouvent quelques succès au niveau du peuple, toutes classes confondues, mais le pouvoir en place n’a pas officiellement validé cette version.
L’Eglise d’Ohm est encore présente par tradition mais son avenir est sujet à polémique. Son déclin fut effectivement très fort durant les années qui suivirent la transformation en république. Mais récemment, les déçus du modèle républicain mais aussi les citoyens seulement désireux de retrouver une certaine stabilité parmi tous les changements de la société se tournent de nouveau vers Ohm. Il paraîtrait que le Conseil envisagerait même de créer une institution pour réglementer cette situation et clarifier les relations avec la hiérarchie cléricale de Junov.
Comme partout, la République de Midian s’est construite par le sang et les armes. Néanmoins, les armes ont été portées non pas par une armée de métier mais par la globalité des habitants de l’ex-province impériale. Le sentiment patriotique au début de l’instauration était donc très fort et, le paysan n’ayant plus peur de prendre sa fourche pour défendre sa liberté nouvellement acquise, l’armée Midianne se trouvait être la plus importante de tout l’Ancien Empire bien que souffrant d’un manque d’entraînement et d’expérience. Cependant avec les troubles qui ont perdurés plus longtemps dans les autres provinces la nouvelle république n’eut pas à faire face à des menaces sérieuses durant ses premières heures.
A l’heure actuelle toutefois, le sentiment patriotique des premiers jours s’est affaibli et, à mesure que le niveau de vie augmentait et que le spectre des guerres entre royaumes est écarté, nombreux sont les citoyens à se désintéresser du militaire pour simplement profiter du cadre paisible de la vie dans la société Midianne. L’armée régulière n’a jamais été démantelée et son effectif est stable par rapport au temps de l’Ancien Empire : des troupes capables de surveiller les frontières ou d’agir sur des problèmes localisés, mais en nombre insuffisant pour soutenir un conflit ouvert avec un autre territoire. Le Conseiller Militaire, Johnson Reynald, argue néanmoins que le Midiannais connaissent leur terrain et seraient à même de mener efficacement des guérillas si jamais une armée ennemie venait à franchir les frontières. De plus, l’effectif des polices de l’Agence des Bonnes Mœurs est compté séparément à celui de l’armée. Enfin, la plupart des provinces voisines de la vallée de la Corride sont encore trop sinistré par la guerre d’Haveroc pour avoir des intentions belliqueuses envers la république. Pour autant, plusieurs groupuscules de divers bords, républicains convaincus, marchand d’armes, partisans militaristes… font pression pour la démission de l’actuel Conseiller Militaire, jugé par eux trop laxiste, et font campagne pour une « républicanisation par les armes » de tout l’Ancien Empire. Si la propagande pour le discrédit du Conseiller touche la masse populaire, l’idée de « républicanisation » reste pour l’instant plus difficile à accepter.
La région n’est pas un bassin historique de population. C’est une migration volontaire qui s’est orchestrée pendant l’Ancien Empire, où l’on désirait faire de la province une terre d’abondance sans y mettre le moindre poids politique du fait de son éloignement. Ainsi, la population connaissait une vie calme mais pleine de labeur. Suite à la révolution, la chute des impôts permis un développement incroyable de la propriété privée. La course à l’argent était lancée en même temps que l’économie de la République, et les comportements bourgeois était vantée par la doctrine citoyenne. Couplée à la nouvelle vague institutionnelle, ce changement des modes de vie ne tarda pas à uniformiser l’ensemble de la société. Une sorte de norme, tout comme l’idée que l’on se faisait de l’intérêt général, fut inconsciemment définie.
Parallèlement, tant grâce au sacrifice de Midian que grâce à la volonté de réduire en cendre toutes les pratiques de l’Ancien Empire, les centaures qui abondent dans la région furent acceptés comme individus titulaires de droits. Aucune discrimination n’eut plus court, et eu égard à leur force physique, de nombreux travaux ouvriers leur sont mieux rémunérés. Quant aux centaures qui ne désirent pas intégrer la société Midianne, la République leur garantie plusieurs hectares de forêts vierges pour qu’ils puissent y vivre selon leurs coutumes ancestrales malgré la progression du défrichage.
Mais ce son de cloche ne résonne pas dans toutes les bouches. Certains citoyens refusent cette société dépensière à l’urbanisation excessive et préfèrent vivre dans les villages encore épargnés par la folie des grandeurs, d’une vie simple. Plusieurs centaures se sentent parqués et surveillés dans leur enclot de simili-forêt, tandis que nombreux sont ceux ayant succombé au droit nouvellement acquis dans la ville : celui d’hanter les bas-fond à la recherche de bières après leurs 12 heures de travail quotidiennes. L’Agence des Mœurs fonctionne à merveille et la délation par les « bons » citoyens de leurs voisins déviants alimente encore la machine à couper les têtes.
Enfin, les plus radicaux jugent que l’on a remplacé la tyrannie d’un homme par la tyrannie d’un Conseil, et que les idéaux révolutionnaires mériteraient une autre révolution : ceux-là organisent sabotage et attentats pour se faire entendre, leurs groupes et leurs motivations sont aussi divers qu’il y a d’étoiles dans le ciel. On parle des Enfants de Midian, groupuscule modéré mais clandestin qui prône la désobéissance civile. On parle des Loups de la Républiques, dont les œuvres sanglantes sont des plus atroces. On parle de la Fureur des Bois, des centaures extrémistes qui ne jurent que de récupérer leurs terres. |
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